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Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"

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Le Vagabond



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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Dim 15 Juin - 1:22






Confiant sans pour autant être rassuré, il revint se mêler à une foule toujours aussi oppressante. Il était conscient de ce qu’il venait de faire, et mesurait pleinement la portée d’un tel acte. Il était presque heureux d’avoir pris cette décision. Pour la première fois depuis un long moment, il avait un objectif, une tenue de route à respecter, un but précis… Il savait qu’une fois encore, il n’aurait pas le droit à l’erreur. Il estimait devoir rendre la monnaie de sa pièce à une petite fille, l’ayant réveillé un beau matin, avec un immense sourire planté au milieu de son visage aux traits fins.

Pressé, il scruta tout autour de lui : les gens se bousculaient avec confusion, quelques riches chanceux parvenaient encore à monter dans un taxi, monnayant d’onéreux compromis, d’autres plus décidés, se rendaient au centre d’enrôlement le plus proche. C’est justement ces derniers que le jeune homme tentait de repérer. Lorsque enfin, il en aperçut un à moins de deux cents mètres, il s’enthousiasma puis s’enfonça dans la masse, espérant atteindre rapidement la place. Tandis qu’il bousculait de nombreuses personnes qui allaient en sens inverse, il s’arrêta brusquement, observant les soldats présents au poste. Son cœur s’affola brutalement. Dans un geste presque machinal, il se retourna, pour faire dos aux forces de l’autorité présentes… Il venait à l’instant même de se rendre compte d’un oubli majeur : les gardes allaient sans aucun doute le reconnaître. Un ancien Condamnateur, devenu fugitif et à ce moment présent ardemment recherché, n’allait sans nul doute pas passer au travers d’une telle épreuve. La volonté qui l’avait saisi passagèrement lui avait fait perdre sa lucidité l’espace de quelques secondes. Cherchant rapidement une solution, il observa les rues avoisinantes, espérant trouver une opportunité à saisir… Cependant, il n’y avait rien… Les diverses échoppes étaient toutes fermées, comme en temps de guerre. Il fallait pourtant une possibilité au jeune homme. Tout en scrutant les environs, son regard s’arrêta sur une ruelle étroite, semblant déserte. Il réfléchit quelques secondes avant de se décider, puis se mit en marche, d’un pas vif et pressé. La petite rue se trouvait être en réalité une impasse. Parée de grands murs en pierre rouge, il s’agissait sans nul doute d’une sortie de secours pour les bâtiments environnant, ou peut-être simplement d’un passage pour évacuer les ordures. Vergil n’avait pas vraiment le temps de s’y attarder réellement, il avait son idée, et devait l’appliquer avant de changer d’avis…

Il sortit son épée de l’étui qu’il portait jusqu’alors sur son dos. La lame, clair, brillante, reflétait un ciel étrangement pourpre. Il la saisit à pleine main, leva l’arme à hauteur de sa tête puis la porta derrière son cou. De sa main droite, il souleva ses longs cheveux, puis glissa le long Katana entre ces derniers et sa nuque. D’un geste brusque, il releva le sabre… Il rengaina enfin sa lame, il en avait terminé. Dans sa main droite, il y avait encore une pleine poignée de ses anciens cheveux… Il savait que pour passer inaperçu, il lui fallait adopter des mesures radicales. Cependant, il n’avait pas tout a fait terminé son changement d’apparence physique. Il observa la ruelle où il se trouvait, avant d’y voir un large conteneur métallique, peint d’un vert grossier, aux bords légèrement rouillés. Il s’en approcha, laissant tomber au vent les restes de son ancienne chevelure, puis se mit sur la pointe des pieds, tout en tentant d’ouvrir la benne. Le couvercle assez lourd, ne put être relevé sans aucun bruit… Un intense grincement, suivit d’un effroyable fracas de tôle froissée… Mais le contenant offrait à présent au jeune homme la possibilité d’en sonder le contenu. Il escalada le bord, puis chercha, tel un effréné en quête d’or, ou d’une tout autre cause perdue, et pourtant… Une pièce difforme, sans doute provenant d’un moteur, traînait sur le côté. Il l’a saisit rapidement, la frotta énergiquement dans ses mains, avant de la reposer sur le tas. Il les observa alors : elles étaient noir, couvertes de suie. Satisfait, il les plongea dans ses cheveux, puis se secoua intégralement. Il se tira quelques mèches, avant de frotter directement ses mains sur son visage… Il était à présent les cheveux courts, totalement décoiffé, le visage creusé de fatigue, sale, méconnaissable. Il ne lui en fallait pas plus pour revenir enfin sur ses pas. Il avait un aspect tout autre désormais, et espérait passer au centre de recrutement sans trop de problèmes.

Il comptait d’ailleurs sur une faible de la vigilance au contrôle des soldats pour passer inaperçu. Il savait qu’en période de conflits, les contrôles d’identité étaient moins stricts. Il s’agissait d’une donnée importante, ne prenant pas réellement en compte les critères personnels de chaque soldat contrôlant, mais qui dépendait en fait d’une directive officieuse. En effet, les officiers instructeurs ordonnaient en cas de recrutement auprès de la population civile, d’être assez laxiste concernant les contrôles d’identité. Il y avait ici un atout purement stratégique : une vérification trop franche aurait dissuadé des criminels, en quête de discrétion, de s’enrôler le temps d’une bataille… Et le manque à gagner en terme d’armée pouvait devenir assez conséquent. Une milice composée en partie de scélérats pouvait constituer une force de résistance tenace, ces gens ayant souvent l’habitude d’affrontements, même à une échelle bien moindre. Si ce bras armé de fortune pouvait être bien ardu à contrôler pour n’importe quel officier régulier, il n’en demeurait pas moins une constituante régulière des troupes de combat. Cette cohorte avait pour autre énorme avantage de ne pas avoir d’équipement régulier, ainsi, l’Etat n’avait pas à fournir des armures ou armes de façon massive, mais simplement de façon ponctuelle. Enfin, il s’agissait de l’un des rares régiments à pouvoir assez souvent se renouveler en intégralité entre chaque bataille. Vergil comptait bien utiliser une telle situation à son avantage, après tout, passer pour un voleur était bien moins préjudiciable que de passer pour un traître et un meurtrier…

Il s’approcha d’un pas confiant vers le comptoir, quant il s’arrêta devant l’une des deux files de volontaires. Il y avait moins d’une demie douzaine de personnes dans chacune d’elles… Le jeune homme se plaça dans l’une d’elle, et attendit quelque minutes. Devant lui, il y avait un homme, plutôt petit, assez âgé, arborant quelques cicatrices. Il paraissait étonnamment calme, du moins, pour quelqu’un qui allait s’engager dans l’une des plus terribles batailles ayant jamais opposé les deux camps rivaux. Il devina assez rapidement qu’il s’agissait sans nul doute d’un ancien combattant, nostalgique d'une hypothétique gloire, vraisemblablement passée… L’homme se présenta comme tout autre personnage, avec plus de détermination sans doute que Vergil lui-même. On lui montra plusieurs papiers, qu’il approuva, puis il poussa une porte battante à l’arrière de la salle. Le jeune homme avança à son tour, puis attendit les instructions du soldat présent devant lui :


- Veuillez signer ici, ici et ici, fit-il en montrant plusieurs notes.

- Où allons-nous être placé ? demanda-t-il tout en signant.

- J’en sais rien, et c’est pas mes oignons, rétorqua-t-il sèchement.

- Je vois …

- Quelles affaires vous voulez conserver ? questionna l’homme en uniforme, saisissait une planche de note.

- Rien d’autre que ceci… annonça-t-il en tendant le fourreau de son arme.

Ey ! T’as piqué ça où toi ? Un type comme toi devrait pas avoir un tel machin entre ses mains, tout en admirant l’étui du sabre.

Vergil réfléchit rapidement à la remarque du garde. Il venait de marquer un point, comment quelqu’un avec une apparence si négligée pouvait détenir une arme d’une si haute facture ? Il se hâta, lorsqu’un mensonge lui vint enfin à l’esprit… Sans même prendre la peine d’estimer la portée de ce dernier, il lança :

- Je l’ai trouvé dans une ruelle, en cherchant des pièces de moteurs.

L’homme demeurait silencieux. Il n’avait évidemment pas marché au canular du jeune homme. Pourtant, il savait bien qu’une telle incohérence ne suffirait pas à justifier un refus. Enfin, il pensa à cet instant que la guerre serait une forme juste et louable de punition pour celui qu’il estimait être un voleur. Il soupira, énervé et frustré, avant de lâcher :

- C’est bon… La porte est là derrière, termina-t-il en pointant une porte à la teinte bleu pâle.

Vergil ne dit pas un mot. Il saisit son arme, puis se dirigea d’un pas confiant vers la porte. Il souffla, soulagé du succès de son « enrôlement ». A présent, il était parvenu à intégrer une armée, qu’il avait pourtant quitté le moment même où il avait été jugé comme étant un traître… Il devait à présent tenter de retrouver Lioreus, car si une jeune fille lui avait offert un premier sourire depuis longtemps, il se devait de lui rendre son geste…







Je passe en coup de vent, on dirait que malgré le Bac qui approche, les ouvriers de ma cave se sont un peu mis au taff (il serait temps)... Bon courage à tous ceux ayant passé, et le traditionnel "merde" à ceux qui doivent encore passer des épreuves =)
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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Sam 28 Juin - 0:56






Derrière cette porte se trouvait un simple couloir, assez étroit, à l’atmosphère étouffante. Vergil avançait d’un pas peu assuré, tout en observant les murs l’entourant. Ils étaient écaillés de toutes parts, et arborait une impressionnante quantité de poussière. Le jeune homme devinait qu’un tel local, au centre ville d’Odysseus, n’avait que rarement fonctionné à plein régime, d’où un entretien plus que laxiste… Il y avait, au bout de la petite pièce mal éclairée, une nouvelle porte, grise, froide, âpre. Il s’y dirigea en toute logique, puis franchit d’un pas déterminé l’entrée. Il leva alors les yeux sur l’endroit qu’il venait de découvrir, puis scruta, l’œil attentif, les environs. Il se trouvait à l’ouverture d’un grand hall, affichant de larges vitres, salles pour certaines, brisées pour d’autres. La lumière pénétrait sans peine dans l’édifice, éblouissant ses occupants d’un puissant halo. Tout en avançant doucement dans l’espace disponible, le jeune homme scruta autour de lui les visages des hommes, debouts attendant avec impatience, ou assis sur des bancs délabrés… A sa gauche se trouvait un groupe de mercenaires, reconnaissables à leurs multiples tatouages. Il observa un vieil homme, posé sur l’une des banquettes aménagées, qui tenait nerveusement son arme en main, de peur de se faire voler. Les larcins dans de telles prémices n’étaient pas rares, entre engagés, ce qui ajoutait encore une dose de tension supplémentaire à une situation qui n’en avait guère besoin. Vergil, lui, ne craignait nullement ce genre de méthode sur sa personne : il n’avait rien d’autre que son arme, que pouvait-on encore lui voler ?

Attentif, il se posa contre un mur, qui était plongé dans une clarté éblouissante. Le fugitif se demanda à cet instant comment trouver l’homme qu’il était sensé protéger… Dans un premier temps, il n’en avait pas la moindre idée, il préférait sans nul doute attendre de voir comment la situation allait évoluer d’elle-même… Il se frotta le front, essuyant les quelques gouttes de sueur, mêlées à la suie, qui perlaient sur son crâne. Une sonnerie retentit alors : un sifflement puissant, aigu, net, presque chirurgical. Elle dura quelques secondes, avant de prendre fin aussi brutalement qu’elle apparut. L’ambiance retomba, le silence plombait le bâtiment entier ou presque… Les haut-parleurs disposés dans l’enceinte grésillèrent alors, pour laisser la place à une voix sèche :


Citation:
Les navettes de transport viennent d’arriver, il est demandé à tout le monde de se présenter à ses dernières, dans le calme, et sans précipitation.


Le moment tant attendu approchait enfin. Vergil se redressa à l’appel précédant, puis suivit le mouvement global de la foule, qui se dirigeait d’un pas peu assuré vers l’extrémité Nord de l’atrium. Il n’y avait plus à reculer, le chemin semblait tout tracé…

Le jeune homme tentait de progresser jusqu’aux embarcadères, mais son avancée fut ralentie par un évènement aussi aléatoire que prévisible. Une bagarre venait d’éclater à quelques mètres à peine de lui… Il s’approcha, piqué par la curiosité, motivé par le désir d’en savoir d’avantage… En tendant l’oreille auprès de certains, il devina que le conflit avait une origine simpliste. L’un des deux individus avait regardé d’un œil suspicieux le suivant, ce dernier s'était emporté et le combat avait éclaté. On entendit alors des sifflets affolés venant de l’intérieur du bâtiment. Suivirent des cris, les gens s’écartèrent, laissant passer les forces de sécurité. Les hommes en armure semi-lourde, approchaient avec des « tiges bleues ». Un tel nom révélait aisément l’aspect de l’arme, qui était en réalité une tige argenté, mesurant entre 80 et 100 centimètres, où était disposée une pierre de mysticite usinée, chargée électriquement. Les trois hommes écartèrent la foule assez facilement, puis plantèrent leurs instruments sur les deux dissidents, qui se battaient au sol. Les deux individus se tordirent de douleur, et plièrent devant l’intensité de la décharge. Le corps totalement choqué, ils demeurèrent quelques secondes au sol, paralysés, abasourdis. Les soldats retirèrent alors leurs instruments, les deux hommes gisant au sol, les muscles tétanisés par le violent choc électrique. Deux autres soldats vinrent ensuite, puis à cinq, ils soulevèrent lourdement les deux êtres inertes, sans nul doute pour les placer quelques minutes en observation.

Vergil était navré d’assister à de telles scènes d’emportement, surtout entre frères d’arme. Lui qui affectionnait par-dessus tout avoir à son commandement un corps ordonné, discipliné, devait faire parti du plus informe de tous les bataillons. Il soupira, lassé de voir une fois encore les bassesses et les élucubrations d’hommes motivés par l’unique gloire, par la seule reconnaissance… Le mouvement amorcé reprit alors doucement son cours vers le Nord de l’immense atrium. Vergil, de sa position, pouvait déjà apercevoir les sombres navettes de transport, ces funestes transporteurs précurseurs de la bataille à venir… En une poignée de minutes, le jeune homme se trouvait déjà à quelques mètres à peine des vaisseaux. Les moteurs antigrav des engins provoquaient un terrible vacarme, et empêchaient quiconque de s’entendre facilement. Les soutes étaient déjà grandes ouvertes, et les soldats de fortune se bousculaient à l’entrée de ces colosses d’acier… Il n’y avait que trois navettes, pour plusieurs milliers de combattants. Les vaisseaux faisaient près de quarante mètres de hauteur, vingt de largeur, pour une longueur proche de soixante-quinze mètres. Ils n’étaient que très légèrement armés, car les engins servaient essentiellement au transport interne… Leurs coques blindées pouvaient supporter un feu de faible puissance, mais la vitesse des astronefs compensait leurs faiblesses au combat.

Vergil regarda tout autour de lui, avant de se diriger patiemment vers le vaisseau le plus proche de sa position. Tous se bousculaient, pour divers motifs : l’anxiété, la rage, la frustration, ou simplement la peur. Rares étaient les calmes devant une telle situation, et pourtant… Le jeune homme remonta le ponton éclairé de dizaines de halos verdâtres, puis arriva enfin au cœur du vaisseau. Il était simplement composé d’une immense soute, organisée selon plusieurs étages, avec des places groupées. Suivant le mouvement général, il escalada l’une des échelles colées aux parois, puis s’arrêta au cinquième étage, disposant encore d’un bon nombre de places libres. Il traversa la moitié du vaisseau, puis s’assit, à côté de l’une des ouvertures sur l’extérieur. Il pouvait alors observer Odysseus, de son petit hublot, sans même à devoir se lever… Il se relâcha alors, pensif. Il songeait à sa position, son choix, sa volonté. Plus il y pensait, plus il tentait de se persuader qu’il devait le faire. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de se souvenir que les dernières prises de positions qu’il avait dû déterminer s’avéraient le plus souvent être les mauvaises. Mais il était trop tard désormais, il ne pouvait plus reculer, il ne le voulait pas non plus d’ailleurs… Intimement, il voulait participer à cet affrontement, pour se prouver à lui-même qu’il était quelqu’un de bien, car il était le premier à en douter.

Devant l’attente de plus en plus pesante, le fugitif observait nerveusement les rayons se remplir de bétail. Certains semblaient déterminés, d’autres absolument effrayés… L’ambiance était détestable : des railleries, des moqueries, des insultes… Vergil, agacé, était pourtant conscient que s’il voulait continuer, il allait devoir faire avec. Il releva alors, les yeux, et vit un homme imposant, s’asseoir à ses côtés. Il avait le visage déchiré par une cicatrice, qui partait du coin supérieur gauche de son front jusqu’au bas du menton. Son armure semblait d’une autre époque, elle était inconnue à Vergil, qui connaissait pourtant plusieurs générations de cuirasses Galtéennes… Son épée crantée, en acier trempé, était grossièrement ouvragée, et usée par de nombreux périples. Il baissa alors les yeux, ne voulant pas se faire remarquer d’un tel colosse chauve, puis fixa le hublot. Il aurait tant voulu s’évader par cette fenêtre, partir le plus loin possible, avec celle qu’il aime, et ne plus jamais revenir… Mais ce n’était pas le cas, ça ne le serait sans doute jamais.

L’activité humaine cessa alors momentanément, il n’y avait plus un seul homme debout. Le grondement des moteurs se fit plus sourd encore, les vibrations à l’intérieur de la coque s’intensifièrent… Il y eut une première secousse, suivie d’une seconde, le vacarme des moteurs se fit plus régulier… Vergil, qui observait toujours la cité par le hublot, vit peu à peu les immeubles descendre… Le vaisseau avait enfin décollé. Il amorça un virage de quarante-cinq degrés, puis accéléra, tout en prenant de l’altitude. Le jeune homme, observant la ville s’éloigner à vue d’œil, constatait un fait : on les dirigeait directement sur le front, sur le lieu présumé des affrontements. Il n’y aurait visiblement pas d’arrière poste, mais bien un unique front. Vergil se tourna alors vers l’échelle, d’où provenait un soldat, portant un paquet de petites fiches blanches, qu’il distribuait à chaque homme. Il s’arrêta devant le jeune homme, pointa un de ses papiers. Le fugitif, résigné, le saisit, puis vit l’homme poursuivre sa marche. Il retourna la feuille, avant d’y voir en son sommet, écrit en toute lettre :


Citation:
Ordre d’affectation









Un poutou particulier à G3n3sis, très belle créa (et mes condoléances pour la tuture ^^')
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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Mer 16 Juil - 23:54




Animé d’un étrange sentiment, mêlant à la fois anxiété et excitation, il parcourut avec entrain le mot à l’importance capitale :

Citation:
… Que votre courage et votre bravoure soient loués…


Vergil s’amusa de ces quelques lignes à peine lues. Il reconnaissait bien là les belles, adroites, efficaces et rusées plumes des rédacteurs aux ordres du Sénat. La lettre comportait en effet une partie textuelle importante, où il était exposé exhaustivement la nature de la mission qu’avait chaque soldat, professionnel ou non. Une méthode de communication indirecte, stérile et lâche, entre une autorité défaillante et un bras armé totalement désorganisé. Si un certain chaos régnait entre les combattants pseudo volontaires, la situation semblait encore bien pire dans les hautes sphères.
Le jeune homme passa rapidement les quelques paragraphes, avant d’arriver aux quelques lignes concernant uniquement son affectation. Il découvrit avec surprise, mais pas sans un soupçon de déception, qu’il devait simplement faire parti d’une sorte d’arrière garde :


Citation:
    - Division : D
    - Régiment : 137
    - Mission : appui et ravitaillement du flanc droit …


Il s’arrêta presque aussitôt… Déçu de ne pouvoir remplir une autre tâche qu’une simple opération de maintenance, il serra de ses deux mains la lettre, frustré. Bien sûr, il aurait aimé participer aux affrontements, d’une façon directe, et au lieu de cela, le destin, ou plus la malchance, en décidait autrement. D’un geste rapide et impulsif, il chiffonna la feuille, avant de la déchirer. S’en était trop pour lui : alors même qu’il était décidé, déterminé, le sort changeait la donne… Le jeune homme, qui n’était pourtant pas de nature superstitieux, commençait à imaginer un certain acharnement, une détestable obstination qu’avait la chance à le fuir, continuellement. Il se reposa contre la paroi, derrière lui, puis fixa d’un air distrait le hublot, le seul échappatoire qu’avait son regard, sa pensée.
Le ciel était rosé, le soir arrivant rapidement à mesure que la durée des jours s’amenuisait. L’immense étendue lactée était comme parsemée d’îlots blanchâtres, rougeoyants timidement à la venue de la nuit. Les tours du centre-ville d’Odysseus n’étaient guère plus imposantes qu’un amas de fétus de paille, reflétant le Soleil couchant sur leurs robes de verre. Pourtant, en observant avec plus d’attention, Vergil put apercevoir à plusieurs dizaines de mètres du vaisseau un second transporteur de troupe, provenant certainement lui aussi de l’embarcadère. Ils avançaient parfaitement à l’unisson : même direction, même vitesse, même cap… Tandis que le jeune homme baissait progressivement les yeux pour laisser sa vue quitter le hublot, son attention fut portée sur un détail particulier.

De la fenêtre, il pouvait observer le sol survolé : les immenses plaines de Korolis Almams. L’endroit était dit « semi-aride », ayant une terre pauvre, et ne disposant pas d’une clémence climatique suffisante pour y faire proliférer une quelconque forme de culture. Ces étendues constituaient la frontière naturelle séparant les contrées sous le contrôle direct d’Odysseus et celles anciennement sous la tutelle du feu Gouverneur de Troia… Mais son regard n’était pas exactement porté sur le sol stérile, mais plus sur les ombres y régnant. Il y avait en effet une gigantesque zone ombragée. Vergil devina qu’un autre vaisseau devait se trouver au dessus du transporteur, un vaisseau d’une taille colossale. Il ne voyait pourtant qu’un seul et unique type de structure volante pouvant expliquer une telle silhouette : une forteresse céleste. Ces vaisseaux, immenses tant en taille qu’en arsenal, pouvaient à eux seuls décider de l’issue d’une guerre. Souvent plus vaste qu’une cité entière, ils pouvaient accueillir des dizaines de milliers d’hommes… Une flotte conventionnelle entière pouvait être contenue dans ces astronefs, classés dans l’ordre des « Alexander ». Ils étaient pour la plupart datés de quelques dizaines d’années, étant extrêmement onéreux tant à employer qu’à entretenir. De plus, ils étaient souvent munis d’équipements issus d’une technologie dont le savoir fut peu à peu occulté par les âges. Le dernier engin de la sorte qu’avait vu Vergil était posté dans le désert de la péninsule d’Yosen, et venait de décoller pour le ciel de Troia, avant d’en causer vraisemblablement la perte…

Le jeune homme ressentit alors une série de légères secousses, suivie d’un ralentissement. Le vaisseau perdait à vu d’œil de l’altitude : ils étaient enfin en approche. Le voyage ne fut pas extrêmement long, mais sa monotonie pouvait corrompre la perception que l’on en avait. Le sol se rapprochait inexorablement, lorsque les premiers baraquements furent en vue. Ils apparaissaient peu à peu aux yeux de Vergil : trois, cinq, huit, puis des dizaines, vois des centaines entières… Le spectacle était très impressionnant, surtout vu du ciel, car l’étendue tout entière pouvait être contemplée avec une certaine distance, mêlée de béatitude devant un tel déploiement. On pouvait voir plusieurs cercles rouges marqués au sol, indiquant ainsi la présence d’aires d’atterrissages… Le transporteur amorça lourdement son virage, se stabilisa en l’air, avant de descendre net, à la verticale. Les passagers ressentirent une série de vibrations, avant de s’arrêter. Le bruit assourdissant des moteurs antigrav cessa, l’engin était définitivement posé au sol. Une lumière rouge s’illumina dans l’allée où se situait le jeune homme, avant qu’une voix ne se fasse entendre, grésillant via les quelques haut-parleurs disposés dans l’ensemble du vaisseau :


Citation:
Votre attention à tous, nous venons de nous poser. Veuillez prendre le chemin de la soute, d’où vous pourrez sortir…


Le jeune homme se dressa lourdement, fatigué par un voyage certes court mais qu’il jugeait de bien trop long. Il suivit l’allée, se retournant une dernière fois sur sa place pour vérifier s’il n’avait rien omit, avant de prendre l’échelle. Chaque barreau franchit était comme un pas de plus vers une lente et inexorable agonie, pourtant, Vergil n’était pas anxieux comme nombre d’hommes présents, lui avait hâte de trouver son homme, de participer à cette bataille, celle annoncée par tous comme étant la plus grande des cinq derniers siècles… Il posa enfin pied à terre, avant de se diriger d’un pas rapide vers l’extérieur. Il voulait sentir ce que sentait un homme à la veille d’un des jours les plus important de sa vie. Pourtant, à sa sortie, il s’avoua être quelque peu déçu par son expérience… Il ne humait pas comme il l’aurait désiré une odeur de nonchalance, de confiance, ou simplement de camaraderie. Il y avait simplement un parfum de peur, ainsi qu’une odeur désagréablement amer. Vergil était arrêté, au milieu d’un camp de fortune. Il y avait de nombreux hommes, quelques femmes aussi, toutes et tous en armures, d’une qualité souvent variable. Il progressa doucement vers l’origine du parfum amer ressenti. A mesure que le fugitif progressait, la tension était palpable entre les individus. Il avait l’impression de se retrouver dans cet immense hall, quelques minutes avant son embarcation. Il était conscient que la situation pouvait à chaque instant dégénérer de façon critique, sans même qu’une quelconque autorité n’aie le temps de réagir, et cependant, rien ne se passait.

Il franchit une série de tentes en matériaux préfabriqués, lorsqu’il arriva devant trois immenses tables, munies chacune de bancs où plusieurs dizaines d’hommes étaient assis. Le fugitif devina qu’il s’agissait de l’un des lieux où il était possible de se restaurer, un luxe qu’il n’avait pas connu depuis déjà deux jours. Il s’approcha, vit des bacs remplis d’assiettes, de couteaux, de fourchettes… Après avoir pris un matériel militaire peu orthodoxe, il s’approcha de l’un des grandes marmites présentes, puis tendit son bol de la même façon que la jeune femme devant lui. Il se fit alors sévèrement dévisager par un homme aux cheveux gras, au ventre bien portant, avant de recevoir enfin la tant attendue nourriture. Enthousiaste, il s’assit au sol, préférant la solitude à une ambiance qu’il imaginait hostile… Posé contre une poutrelle, il plongea énergiquement sa fourchette dans l’étrange préparation, la goûta, avant de comprendre finalement d’où provenait la terrible odeur amère. Devant un tel fiasco culinaire, il décida malgré tout de manger, car d’un côté, il ignorait encore le déroulement de sa prochaine journée, et d’une autre part, il avait une faim gargantuesque.
Le repas fut aussi court que désagréable, même s’il se réjouissait d’avoir pu profiter d'un met chaud. Face à la nuit qui tombait progressivement, Vergil estima qu’il était temps de se mettre en quête de Lioreus. Il se redressa, saisit l’étui de son sabre, puis commença à vagabonder entre les divers campements.

La tâche s’annonçait ardue, mais le jeune homme ne désespérait pas… Après une grosse demi-heure, ses paupières commençaient à lui ordonner de se stopper, devant l’échec de sa recherche. Il ralentit progressivement le pas, se frotta maladivement les yeux, avant de regarder une dernière fois tout autour de lui… Il y avait plusieurs sacs de couchage, d’où provenaient déjà quelques pompeux ronflements, un tonneau métallique en feu qui réchauffait les quelques veilleurs, une femme en armure d’infanterie perdue dans ses songes, un mercenaire frottant nerveusement le bouc, et une ombre assez massive qui toussait à l’écart. Espérant une dernière fois, il s’approcha progressivement de cette dernière, sans doute souhaitait-il y trouver l’oncle d’une petite orpheline…







Un très grand merci à Dyraa pour la super cré, très beau boulot.
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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Jeu 24 Juil - 0:13




L’homme était allongé sur le flanc, tel un animal mourant attendant son heure. Soudainement, le colosse laissa échapper un profond toussotement, qui fit découvrir sa puissante voix rauque… Il semblait solitaire, de dos à l’ensemble des personnes présentes, mais peinait à trouver le sommeil. Dubitatif, le jeune homme s’approcha de la masse, fit quelques pas de côté afin de distinguer une esquisse de visage. Il se baissa alors, avant d’enfin reconnaître celui qu’il avait recherché depuis un bon moment déjà. Cela ne faisait plus le moindre doute, il s’agissait bien de Lioreus. Soulagé, le jeune homme s’avança alors, se plaça à quelques mètres à peine du solide personnage, avant de s’accroupir à son tour. Il se frotta péniblement le visage, fatigué, puis dit à voix basse :

- Bonsoir Lioreus.

Ce dernier ouvrit difficilement les yeux, toussa une nouvelle fois, pour enfin se redresser lourdement. Il regarda avec l'air assoupi de celui qui venait de le faire sortir de sa léthargie, mais peinait à le reconnaître distinctement.

- C’est Nyrel, vous vous souvenez ? interrogea-t-il.

- Nyrel ?

La voix de l’individu venait de s’éclaircir. Il venait pour la première fois depuis de longues heures d’entendre une voix familière. Il se frotta les yeux, puis observa l’aspect du jeune homme, et notamment sa chevelure qui avait bien changé…


- Qu’est-ce que vous faites ici ? Et vos cheveux ?

On m’a recruté de force moi aussi, et la coupe se devait d’être aussi réglementaire que possible… ironisa-t-il.

Bien sûr, le fugitif ne pouvait dire la vérité. Il n’allait pas avouer à Lioreus qu’il était venu pour le protéger, après tout, comment un jeune homme pouvait-il protéger un individu d’une telle carrure ? Ce dernier n’aurait pas pu concevoir une telle « aberration », du moins le pensait-il… Vergil poursuivit alors, curieux et inquiet à la fois :

- Où vous a-t-on donc placé ?

- Regardez, fit-il en montrant du doigt une feuille au papier blanc.

Etonné, le fugitif s’approcha doucement, lorsqu’il comprit où venait en venir son compère. Il reconnut rapidement le papier, ainsi que les lettres en capitales, dénonçant l’ordre d’affectation de l’oncle de Soraine. Il la saisit délicatement, et s’arrêta quelques secondes avant de la retourner… Après tout, Lioreus ne voulait pas dire directement où il allait être placé, il n’était donc pas satisfait d’une telle situation. Résigné, Vergil fit pivoter la feuille, et lut, en silence. En un instant à peine, il avait comprit, il venait de finir. Il espérait encore, mais tout fut balayé par quelques séries de lettres, fatidiquement placées, méthodiquement glacées… Le jeune homme savait quoi lire, où chercher, et à peine avait-il achevé sa bien triste lecture, il abaissa le regard pour enfin reposer la feuille à sa place. Il soupira, las d’un sort qui n’était toujours pas décidé à lui sourire, pour finalement lancer d’un ton abattu :

- Je suis désolé…

- …

Rien ne sortait de cette bouche muette, car rien n’avait à en sortir. Vergil avait dit tout ce qui pouvait être dit. La situation semblait cruellement se compliquer pour les deux hommes ; l’un allait être en arrière, placé pour une mission secondaire, tandis que l’autre serait au front, en première ligne des affrontements. Le fugitif leva les yeux au ciel, pensif devant une promesse qui s’annonçait de plus en plus difficile à tenir.

Les deux hommes, perdus dans leurs songes, sursautèrent alors. Une puissante détonation venait de provoquer un vacarme effroyable… Tous se levèrent aux alentours, en regardant, l’air affolé, autour d’eux, cherchant désespérément d’où pouvait venir un tel bruit. Pourtant, la réponse à cette interrogation ne se trouvait pas être sur terre, mais bien quelques centaines de mètres plus hauts. Une gigantesque gerbe de flammes illuminait cette nuit sans lune, qui semblait provenir de l’imposant Gowaidin, forteresse céleste Eurékane … Devant l’horreur d’une telle situation, tous courraient au plus pressé, devant l’ampleur de la situation, et pourtant… Les plus attentifs constatèrent rapidement que l’engin était parfaitement intact. Alors pourquoi un tel feu ? Une détonation si importante ne s’expliquait pas… Encore une fois, la réponse revint du ciel. Un sifflement, de moins en moins aigu se fit alors entendre. Un rai de lumière bleutée apparut violemment contre l’astronef, avant de provoquer à nouveau une terrible déflagration. L’ensemble de la structure en lévitation s’illumina d’une lueur rouge, mais ne broncha pas. Cela ne semblait pas faire le moindre doute, les premières hostilités directes venaient d’être engagées… Le halo pourpre englobant la structure était en fait la matérialisation visible du bouclier de protection propre au vaisseau. Tant que ce dernier tenait, l’engin n’avait rien à craindre pour sa sécurité. Pourtant, la sérénité ne parvenait pas à percer au sein des hommes au sol. Ils observèrent tous alors l’ouverture d’une légère brèche dans l’ensemble du bloc. Une douce lumière blanche en émanait… L’ouverture siffla à son tour, s’illumina progressivement, avant de laissait échapper une véritable comète. Le rayon transperça l’ombre permanente de la nuit, avant que l’on puisse l’entendre s’écraser sur une structure au loin.

De la position de Vergil, il était impossible de déterminer où venait de s’écraser la riposte, mais le jeune homme comprenait que « la guerre des nerfs » venait de débuter. Le but des diverses manœuvres n’était pas de causer un nombre conséquent de dégâts, mais bien de décourager les troupes, en les empêchant notamment de trouver un éventuel sommeil, mais aussi en les oppressant de façon constante. Il semblait évident que les tirs ne cesseraient pas avant la fin de la bataille… Les larmes aux yeux, Lioreus se recoucha, abattu par l’expérience qui s’annonçait à lui. Sans doute n’avait-il pas le cœur à parler, ou bien même à regarder la vérité en face. Il se savait condamné ou presque, tel l’homme jugé à mort face à son bourreau, sauf qu’ici, le bourreau n’était pas plus imposant qu’une simple feuille de papier… Tandis que les explosions ne cessaient pas, l’homme à forte carrure parvint tout de même à trouver le sommeil, sans doute en avait-il besoin…

Vergil lui demeurait pensif. Il savait qu’il ne devait pas échouer une fois encore, non seulement pour la petite Soraine, mais aussi pour lui. Il avait besoin de réussir, pas pour satisfaire un ego définitivement oublié, mais pour lui redonner confiance en lui. Il s’assit alors sur l’un petit tonneau, faisant office de tabouret de fortune, puis se frotta maladivement le menton… Il ne voyait absolument pas comment assurer la survie de Lioreus, d’autant plus si ce dernier devait aller au front. Si Vergil n’avait jamais participé à de grandes batailles, il savait pourtant pertinemment que la durée de vie moyenne d’un homme au front relevait de quelques heures, tout au plus, et que moins d’un guerrier sur vingt survivait à sa première journée. Le jeune homme n’aimait que trop peu se fier à de vulgaires données statistiques, pourtant, celles-ci avaient au moins le mérite d’être aussi claires qu’éloquentes. Il décrocha le fourreau contenant son épée de dos, avant de se perdre dans les multiples détails sculptés sur l’étui. Il releva la tête, contempla son compère qui dormait malgré les explosions incessantes. Ses yeux se fixèrent alors sur la feuille d’affectation, fatidique promesse d’un sort funeste… Pourtant, Vergil venait de trouver la solution. Elle venait à l’instant de se présenter à lui, comme une évidence qui avait toujours été là… Il se releva, décidé, s’approcha du dormeur, se pencha et saisit la feuille. Il sentit alors une main tirer le bas de son manteau. Le jeune homme se retourna, surpris, et vit alors Lioreus, éveillé, lui demandant :


- Que faites-vous ?

Lui ne lâcha pas un seul et unique mot, s’approcha de l’imposant personnage, avant de saisir à pleine main le fourreau de son arme. Le jeune homme parvint alors à déceler de l’anxiété mêlée d’une teinte d’incompréhension dans le regard de son interlocuteur. Vergil se pencha, toujours sans prononcer la moindre parole. Il leva sa main gauche, avant de frapper durement la tête de l’individu, qui s’effondra net, assommé. Le fugitif attrapa énergiquement la petite page blanche, l’inséra discrètement à l’intérieur de sa veste, avant de déposer la sienne à la place de l’ancienne. Il s’éloigna alors, certain de ses convictions, avant de se retourner une dernière fois sur Lioreus, comme apaisé malgré son état. Vergil esquissa un léger sourire, et partit alors, en quête d’un endroit où se reposer. Il savait que sa nuit serait courte, mais il avait cependant besoin de dormir, devant la lourde tâche qui l’attendait au lendemain : se battre au front.





Encore une fois,un coup de chapeau à Dyraa pour la très belle créa, très bon boulot =)
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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Lun 28 Juil - 23:27




Vergil se réveilla en sursaut, troublé par une vive douleur au pied droit. Gêné, il se redressa doucement, puis contempla une superbe emprunte de pas sur le bas de la jambe… L’empressement semblait gagner l’ensemble des troupes Eurékanes, mais il fallait pourtant garder son sang froid. Le jeune homme se leva, fit un léger tour d’horizon, pour constater que tous courraient, à la nourriture, aux armes, aux blessés, qu’importait. Il bailla alors, s’arrachant en partie la mâchoire d’un mouvement pâteux… Il fit quelque pas chancelants, face à la dureté d’un sommeil inachevé. Ses yeux le picotaient, son front était aussi plissé que blême, ses mains étaient engourdies... Il n’avait pas la moindre idée de l’heure, pas la moindre notion de temps, pas même la douce chaleur d’un rayon de soleil pour lui indiquer ne serait-ce qu’une esquisse de l’instant de la journée, rien. Son pas était lourd, endigué d’une fatigue récurrente, persistante face à des heures qui allaient s’annoncer de plus en plus dures à braver.

Tandis qu’il progressait laborieusement vers une destination qui lui était totalement inconnue, au beau milieu des tentes, campements, sacs de voyages, mercenaires, officiers… Il sentit une présence alerte, pressante, oppressante se rapprocher. Vergil ralentit alors, courba légèrement les épaules, qui furent rapidement mises à contribution. Un choc violent, brutal, imprévu le secoua durement. On venait de le percuter, il l’avait deviné, compris. Il fut comme réveillé, sortit d’un épais brouillard. S’en suivirent quelques cris, des injures, avant que l’on ne le retourne nerveusement. Le jeune homme avait en face de lui un officier, de carrure moyenne, à peine plus âgé que lui, poussiéreux d’une bousculade incongrue. Il s’égosilla fortement, avant d’interroger avec plus de clarté :


- Eh bien soldat, vous n’avez donc pas le moindre respect pour l’uniforme d’un supérieur, garde à vous !

Vergil, comme agressé, s’exécuta rapidement, gonflant le torse. Il ne devait pas faire de vagues, ne pas attirer l’attention, il se devait d’obéir, même si l’envie de s’emporter était forte.

- Qui êtes-vous pour défier ainsi l’autorité ? Vous ne voyez donc pas qui vous venez de bousculer ?

- Si je puis me permettre Monsieur…

Capitaine, fit-il sèchement, et non, je ne vous permets pas. Veuillez décliner vos nom et régiment sur le champ.

Lioreus Archontis, Division A, Régiment 24 mon Capitaine…

- Division A ?! Vous n’êtes pas encore parti ? Dépêchez-vous à rejoindre votre groupe, il doit lever le camp d’ici moins d’une heure… Rompez et disparaissez !

Sans prononcer le moindre mot supplémentaire, le jeune homme s’exécuta. Il n’avait que peu de crédit à accorder aux tergiversations d’un jeune officier en manque d’autorité qui cherche à s’affirmer. Déplorant une telle étroitesse d’esprit, il se tourna alors, et fit marche vers la tête du campement… Si l’homme s’avérait être particulièrement hostile et agressif, il avait cependant délivré malgré lui une information importante pour Vergil, qui savait désormais où aller. Tandis que le jeune homme hâtait le pas, il leva quelques instants les yeux au ciel, contemplatif d’un spectacle à la fois splendide et effrayant. Des astronefs en tous genres et de toutes les tailles volaient de façon totalement désordonnée, offrant à ceux sachant l’admirer une cacophonie argentée, dominée en tout point par quelques colosses d’acier, plus imposants pour certains que des villes entières. Si le jeune homme avait conscience de l’importance capitale d’un combat au sol, il savait pourtant que la clé de la bataille se livrerait au beau milieu des cieux… La nation qui contrôle les airs peut contrôler le moindre déplacement à longue distance, le moindre transport de marchandises, le moindre ravitaillement… La vraie bataille, celle qui allait décider très certainement de l’issue même d’un conflit multi centenaire, devait se livrer à quelques centaines de pieds de la surface terrestre. Devant un tel déploiement armé, Vergil en avait presque oublié l’arrêt des frappes de dissuasion, éclipsé par une activité aérienne fourmillante… Rêveur face à un spectacle aussi magnifique qu’effrayant, le jeune homme fut ramené à la réalité, sur les cris de quelques voix puissantes. Désireux d’en apprendre d’avantage, il s’approcha d’un pas vacillant, n’oubliant pas pour autant son but de rejoindre sa division de combat. Il se présenta alors devant un important regroupement, où un homme, situé à plusieurs dizaines de mètres sur un piédestal s’égosillait avec énergie :

- Pour un ultime appel, je demande Idrilloris Adrostios !

Un homme, d’une quarantaine d’année passée, signala sa présence. Il s’agissait d’un appel, visant à reformer les divisions avant de partir en manœuvre sur le terrain. Curieux, le jeune homme s’approcha de l’un des hommes présents, puis lui demanda discrètement :

- Dites-moi, quel Division est-il en train d’appeler ?

- La Division A, pourquoi ?

- … Merci, souffla-t-il.

Satisfait, le jeune homme s’approcha, confient d’avoir retrouvé ses confrères, et attendit que le nom de Lioreus soit lancé, ce qui se produisit rapidement.


- Lioreus Archodis !

- Oui. fit-t-il timidement.

Désormais, tout allait s’accélérer. Vergil s’en doutait, même s’il n’imaginait pas encore la mesure des évènements. Après quelques minutes d’appel, la voix de l’orateur s’éclaircit, afin de distiller quelques ultimes instructions
:

- Votre Division part dès à présent, alors il n’y a pas de temps à perdre. Pour des raisons de sécurité, il faudra se rendre au front à pied, la voie des airs n’étant pas assurée. Il vous faudra une heure tout au plus pour vous y rendre. Vous n’aurez qu’à suivre les convois au sol pour rejoindre vos postes… Bonne chance soldats !

Sur l’instant, Vergil avait pour seule envie de jurer. Il ne fallait pas de la chance aux soldats pour survivre, un coup du sort n’était pas suffisant ici. Pour cet annonciateur, porter ainsi la parole de ses supérieurs était sa façon de vivre sa guerre, jamais il ne verrait de près ou de loin un champ de bataille… Pour lui, le nombre de vies perdues ne constitueraient ni plus ni moins qu’un chiffre dans son bloc-notes, qu’une donnée supplémentaire à transmettre. Peu lui importait qu’un homme fût père de famille, ou un scélérat, un soldat n’était rien d’autre qu’un nom suivit d’un matricule, qui allait rentrer après la bataille, ou non. Contenant sa rage, le jeune homme se mordit la langue au sang, puis suivit l’ensemble de ses confrères, dont la marche avait débutée.

La terre était ocre, sèche, balayée par un vent de Sud, un vent chaud, un vent sec. Les nuages de poussière se heurtaient aux rochers, aux herbes hautes dispersées en touffes, ou encore sur le groupe compact de soldats. Vergil estimait qu’il marchait depuis près de 45 minutes, lorsqu’il se retourna une dernière fois vers les campements. Ils ne représentaient pas plus qu’un sombre amas, d’où s’échappaient quelques fumées dans un ciel taché d’argent et d’acier. Il espérait que Lioreus comprendrait son geste, qu’il ne l’interprèterait pas d’une façon hasardeuse, sans pour autant en avoir la moindre conviction. A défaut de certitude, il fallait se contenter d’espérer… Il poursuivit alors sa route, perdu un peu plus dans ses pensées, qui le ramenaient irrémédiablement vers une seule et unique personne : elle. Il se demandait constamment ce qu’elle pouvait faire, où elle pouvait être, ce qu’elle allait faire, ce qu’elle aurait fait à sa place, ce à quoi elle songeait… Le jeune homme se doutait cependant de ce qu’elle faisait ou de ce qu’elle allait faire : elle était comme tous les soldats Eurékans, en marche vers un champ de bataille que personne ne voulait fouler. Pourtant, Vergil savait qu’elle, elle le voulait. Elle était une patriote, au courage sans faille. Si elle n’aimait guère se battre, certes, mais elle aimait trop sa nation pour la laisser sans défense, sans qu’elle n’intervienne pour elle. Si seulement il avait pu la voir de nouveau, elle…

Au-delà d’une dernière colline, il y avait une vaste plaine, aride, déserte. A quelques centaines de mètres du groupe, on pouvait remarquer une concentration anormalement élevée d’hommes en contrebas. Il était là, en face de lui, le tant répugné, et assez paradoxalement le tant attendu champ de bataille. Parcouru par les vents chauds de la péninsule d’Yosen, cet espace aride constituait l’ultime frontière avec le désert sableux, appartenant à l’ancienne contrée de Troia. A l’horizon, on pouvait contempler les quelques monts rocheux parsemant l’immense erg, d’où semblait être émises plusieurs lueurs étranges…
Malgré un Soleil timide, la chaleur s’était déjà installée en cette matinée. Tandis que les gardes présents avaient la peau éraflée par le climat, on fit déplacer la division de Vergil vers une place de réunion de fortune. Un individu grimpa sur une caisse, se plaçant en hauteur et dominant nombre des personnes présentes. Le jeune homme se tourna alors vers ce personnage, et constata avec stupeur qu’il ne s’agissait pas de n’importe quel officier, mais d’un Condamnateur en personne…







Un poutou tout particulier à Ramrod pour la laideur criante de sa créa tout à fait abominable -ou pas ^^'- tongue
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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Lun 4 Aoû - 15:36




L'officier supérieur, en apparat de combat, se racla nonchalamment la gorge, expulsa un cracha verdâtre, avant de lancer :

- Messieurs, je ne vais pas vous cacher que cette journée risque d'être la dernière que vous passerez sur cette terre. D'ici moins de deux heures, les combats seront déjà engagés, et les premiers seront déjà tombés. Faites honneur à la patrie que vous défendez, et pensez à notre étendard, ainsi qu'aux longues années de constructions et de labeurs qu'il représente. Je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est bonne chance.

Le ton était sec, dur, sans pour autant être faux. Loin de s'embarrasser d'une quelconque trace d'optimisme, les mots se voulaient justes, réalistes. Vergil avait facilement reconnu son ancien collègue, qui avait d'ailleurs été présent lors de l'annonce des accusations vis-à-vis du jeune homme. Il s'agissait de l'un des deux personnages froids et distants, venus proférer la funeste sentence. Si Annhon était mort, il n'en était pas de même pour Alexis, visiblement chargé d'organiser la défense frontale de l'armée.

Si le fugitif se permettait quelques instants de réflexion, plusieurs officiers en jugeaient autrement : il faillait préparer l'assaut ennemi. On choisit alors des hommes, triés sur le volet par dizaines, afin de les regrouper, tels les animaux que l'on parque dans un pré. Vergil obéit aux instructions d'un individu qu'il n'apercevait même pas, puis suivit plusieurs de ses compagnons. On les fit s'avancer au delà de l'arrière poste, face aux montagnes, à l'aridité, à la peur. Les hommes s'alignèrent selon les instructions de l'officier présent; personne n'osait protester, ou même se risquer au moindre commentaire. Tous voulaient se réserver un dernier moment d'intimité au beau milieu de leurs pensées... Certains les dirigeaient vers leurs familles, d'autres vers une symbolique patriotique, ou encore vers quelques richesses miroitées. Le jeune homme ne dérogeait pas à cette « règle ». Il songeait à Lioreus, à la petite Soraine, à « elle », encore et toujours. Elle aussi allait se battre, les invocateurs étaient les fers de lance de l'armée Eurékane, ils étaient l'un des rares espoirs face à un ennemi supérieur en nombre. Il ne songeait cependant pas à la mort. Il s'était imaginé qu'en une telle situation, un individu devait être totalement paralysé par un sentiment de mort constant, mais il constata rapidement que ce n'était pas le cas. Il se perdait parmi ses souvenirs, bloqué entre la poussière brûlante du champ de bataille et la douce fraîcheur de ses rêves... Étrange position que celle du soldat aux portes de l'office mortuaire. Pourtant, une terrible odeur le fit revenir à la brutale réalité. Un parfum aigre, acide, persistant... Il tourna lentement la tête, vers un homme, à peine plus jeune que lui, en sueur. Il tremblait, son regard était plongé dans la torpeur, ses membres semblaient hésitants, vacillants. Vergil baissa discrètement les yeux, pour découvrir une large tâche aux pieds du jeune homme. Il releva quelque peu son regard, pour observer un filet de liquide jaunâtre s'écoulant du bas de l'armure de son « voisin ». Le fugitif présumait qu'il s'agissait d'un jeune appelé, qui aurait sans doute voulu profiter de l'insouciance d'une jeunesse paisible, qu'il ne pouvait plus connaître. Soit il allait mourir, soit l'expérience qu'il allait subir le transformerait jusqu'au plus profond de son être. Les esprits ne sortent pas indemnes d'une guerre, pas lorsqu'ils sont formatés pour le combat, pas lorsqu'ils sont martyrisés par la violence. Vergil se tourna lentement, pour faire faces aux montagnes. Il voulait laisser partir son esprit volatile au gré de son imagination, mais l'odeur de l'acier, mêlée à celle de l'urine lui soulevait littéralement le cœur. Il était prisonnier par sa position de soldat, et emprisonné par quelques détails repoussants.

Il se gratta nerveusement le nez, avant qu'il ne ressente quelques vibrations provenant du sol craquelé... On pouvait effectivement voir des pierres bouger légèrement, sous l'action d'une force alors inconnue. La sensation s'accentua, au moment où elle se fut précédée de grondements. Cependant, une fois encore, l'explication à un tel phénomène se trouvait être dans les cieux... Par delà les montagnes, on pouvait voir depuis plusieurs secondes l'équivalent « d'ombres » en mouvement. La flotte de Paramécia était en déplacement, l'affrontement approchait à grands pas. Les premiers reflets brillants apparurent au loin, laissant échapper quelques funestes promesses. C'est alors que les grondements redoublèrent en intensité. Cette fois-ci, ils ne provenaient pas de la flotte approchante, mais de celle qui lui serait opposée. Les forteresses célestes se mirent en marche, accompagnées de leurs innombrables engins de morts. Le combat s'annonçait aussi magnifique que désastreux.

Tout s'accéléra brutalement. Le premier des deux monstres opposés venait de se réveiller, faisant gronder sa soif de destruction, son rival répondant avec tout autant d'ardeur à l'approche de la confrontation. L'anxiété gagnait les rangs, qui se gonflaient de secondes en secondes de nouveaux agneaux à sacrifier. Les convois arrivaient massivement, transportant nourriture, soins, armes et soldats de toutes sortes : mercenaire, ingénieur, élite, mage... Les pions se plaçaient progressivement sur l'échiquier, à mesure que les engins volant se rapprochaient. Vergil, aussi anxieux qu'excité, pouvait deviner les transporteurs de troupe au loin, débarquant leurs « marchandises » sur les sentiers de la guerre. Les vaisseaux confrontés n'étaient plus séparés que par quelques centaines de mètres, et trônaient déjà dans le ciel, masquant le soleil de leurs imposantes présences. Les premiers hommes pouvaient être discernés à l'horizon, tout était prêt !

Vergil ne savait plus où donner de la tête, fasciné par un tel déploiement, dont il n'avait auparavant fait qu'imaginer. Pourtant, le spectacle qui s'offrait devant lui dépassait de loin toutes les esquisses affichées dans n'importe quel livre qu'il avait pu étudier. Le jeune homme ne parvenait plus à tenir en place : il ne pouvait se retenir de plier et de déplier successivement ses genoux, comme habités par un démon. Son excitation n'avait d'égale que son admiration devant le tableau offert par le ciel.
Les astronefs les plus massifs s'étaient arrêtés, tandis qu'une multitude d'engins de toutes tailles volaient autour, comme un essaim d'abeille cherchant à s'installer. Le bruit était désagréable, bourdonnant, assourdissant, et pourtant, il ne suffisait pas à détourner la fascination des différents hommes présents. Tous avaient les yeux rivés aux cieux, comme si la voie des airs pouvait s'annoncer comme synonyme d'espoir. Il y avait trois forteresses célestes : le Gowaidin, l'Antropostathis et le majestueux Dephtys, l'engin le plus imposant et le plus perfectionné de l'histoire de l'aéronautique Galtéenne. Des centaines de lumières jaunes, rouges, bleues ou simplement blanches pouvaient être perçues, se rapprochant presque d'un ciel de nuit claire, où seules les étoiles persistent. Les pions Eurékans semblaient à présent en place, il ne maquait plus que son adversaire pour en découdre une dernière fois.

Cependant, en face, rien ne pouvait laisser imaginer une quelconque réponse d'une pareille envergure. Les alentours des montagnes étaient dégagés, seuls les transporteurs s'activaient à distance, déposant les troupes au sol... Mais pas le moindre vaisseau de combat. Les tirs de la nuit venaient pourtant forcément d'une force de frappe élevée, alors où pouvaient-ils être ? Vergil était inquiet, il scrutait désespérément les environs, sans pour autant déceler la moindre présence. Il y avait un problème, tout n'était pas comme prévu. Le combat tant annoncé, opposant les deux plus grandes puissances planétaires virait-il à la plus magistrale des farces ? Parallèlement, l'ennemi semblait avancer au sol. La certitude était au moins présente, le jeune allait devoir s'employer, des hommes tomberont bel et bien au champ d'honneur. Une fusée éclata alors ! Elle venait des positions retranchées, l'assaut était donné ! Le fugitif avança timidement, d'un pas peu assuré, lorsque plusieurs de ses confrères firent de même. Le sol craquait lentement sous le poids de la masse, qui avançait inéluctablement vers sa funeste destination. Les hommes sortirent un à un les armes de leurs fourreaux. La peur avait fait place à la rage, l'angoisse à la haine. Il n'était plus question de réfléchir, il n'y avait plus rien à penser, plus personne à qui porter attention, juste se taire, froncer le visage, et avancer.

L'orchestre terrestre était prêt, les hommes des deux camps, séparés de trois cent pas tout au plus... Vergil pouvait discerner avec précision les armures de ses adversaires : elles étaient claires, presque lumineuses. Les étendards volaient fièrement, symbolisant la gloire d'un régiment, le courage d'un héros, ou la puissance d'un Empire. La première ligne adverse arborait d'immenses lances de combat, hautes de plusieurs mètres. Un sirène retentit alors. Tous s'arrêtèrent, comme figés, attendant nerveusement le premier mouvement du camp opposé. Cette guerre des nerfs étaient la dernière porte avant le combat direct. Un silence pesant régnait. Il n'y avait pas le moindre murmure, pas la moindre prière, juste des visages haineux, et un silence, ce silence malsain. Mais la mécanique guerrière n'était pas parfaitement huilée. Il manquait une partie de l'orchestre pour commencer à jouer.

Ou presque ...

Les yeux rivés au ciel, Vergil aperçut avec horreur une colonne de feu s'écraser sur le Gowaidin, le foudroyant avec violence. L'attaque semblait venir de nul part, et pourtant elle avait bien eu lieu. Le jeune homme baissa le regard, réfléchit un instant, avant de voir le sol brusquement s'assombrir. Une ombre, non, des centaines d'ombres monstrueuses cachaient la lumière du Soleil... La flotte ennemie était là, apparue par miracle, au beau milieu du ciel de la plaine. Paramécia semblait manier à merveille l'art de la dissimulation. Les premiers missiles partirent alors, dans une assommante cacophonie. L'affrontement avait débuté, enfin.










Tout d'abord, un gros merci à Lay² pour la bien jolie créa Wink

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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Lun 11 Aoû - 1:43





Le ciel était vêtu d'une saillante robe de flammes. Les premières carcasses s'écrasaient déjà au sol, dégageant d'effroyables gerbes de fumée noirâtre. Face à Vergil, les troupes ennemies engageaient le combat. Les hommes courraient par centaines, rage aux lèvres, haine au regard, peur au ventre... Épée en main, l'officier présent ordonna la charge. Les premiers à s'engager furent hésitant, avant d'être poussés par un véritable mouvement de troupe. Le jeune homme s'élança alors, mué d'une colère qu'il n'expliquait pas, scandant une violence qu'il ne comprenait pas. Etait-ce un simple « effet de groupe » ? Un sentiment imprégné d'une situation? Cette sensation brutale de haine venait-elle exclusivement de lui? Peu lui importait, rien ne comptait désormais, sauf « elle », toujours « elle »...

A quelques secondes d'un impact crucial, le fugitif prononça avec rage d'un revers d'épée :


- Dagnir Tarma Sûlis !

Un rai de lumière, projeté horizontalement, s'écrasa sur la première ligne adverse. Les armures furent morcelées, les corps déchiquetés. Une dizaine d'hommes s'effondra comme un seul être, vaincu par une mort violente, rapide, indolore... Ceux là en eurent déjà terminé avec la guerre...
Vergil se rua sur le premier fantassin ennemi venu. D'un coup sec, il explosa le bouclier de son adversaire direct, avant de le transpercer de part en part. Le sang s'écoula de la lame blanche, avec une douceur presque apaisante. Mais le jeune homme n'avait pas de temps à perdre. Il retira son épée, puis s'enfonça dans les lignes de combat. Il s'approcha furtivement d'un soldat adverse, se dissimulant dans son dos, avant de le décapiter sèchement. La tête du malheureux s'en alla s'écraser au loin, le visage figé dans un ultime instant de rage. Le reste du corps s'effondra, le pantin désarticulé n'était plus. A quelques mètres de lui, un de ses confrères vint alors s'écrouler, le bas ventre en sang, montrant à l'air libre ses entrailles encore chaudes. D'un accès de colère, le fugitif bondit sur l'auteur de l'assassinat, lui broya l'épaule en tentant de le frapper, avant de l'achever, lui ouvrant froidement la gorge. Le combat dans toute sa splendeur ! Vergil n'en revenait même pas de ses actes. Il était comme transcendé par cet événement, transporté par cette grande occasion, qui semblait exacerber totalement ses sens, ses sentiments. Il n'y avait plus qu'un seul mot d'ordre : tuer.
Toujours en progressant, il fut accrocher par un blessé, le retenant au sol. Le fugitif se baissa, et examina avec désintérêt l'homme qui l'empêchait d'avancer. Il s'agissait d'un individu d'une trentaine d'années passées, les yeux bleus, le teint blanc. Il avait le visage tacheté de sang, le bras droit en lambeau, l'abdomen éventré. Il suffoqua alors, crachant d'une gerbe d'hémoglobine :


- Ai ... Aide moi ...

Vergil, agacé, l'écarta d'un rapide revers, avant de reprendre son chemin. Il considérait qu'on ne demandait pas de l'aide sur un champ de bataille : lorsqu'on se bat, soit on tue, soit on est tué. Il n'avait pas de temps à accorder à un mourant... Ou si ?

Il s'arrêta alors, désorienté, perdu. Que venait-il de faire ? Que lui était-il passé par la tête ? Pourquoi n'avait-il pas réagi ? Pourquoi l'avait-il rejeté ? Il l'ignorait ... Il n'expliquait pas sa réaction, ou plutôt, son absence de réaction. Cet homme était mourant, mais, intimement, Vergil eut l'impression que c'était bien lui le mort. Il regarda alors ses mains, elles étaient hésitantes, tremblantes. Que lui arrivait-il donc ? Les effets de la mysticite ? Il se sentait comme à cet instant, où à Odysseus, il avait manqué d'exécuter froidement trois personnes l'ayant agressé. Il se retourna alors, sans savoir exactement quoi dire, quoi faire. Le jeune homme recula, pour apercevoir le corps du malheureux, mort. Il soupira alors. Qui était-il ? Ou plutôt, qui était-il en train de devenir ? Assurément une personne qu'il ne voulait pas être. Les larmes lui montèrent alors, comme submergé d'émotions. Il perdait le contrôle, son contrôle, il ne parvenait plus à se maîtriser, il ne parvenait plus à rien, à rien d'autre qu'à tuer, à la manière d'une machine, programmée pour effectuer sans relâche la tâche qui lui a été ordonnée.
Il n'entendait plus rien, ne voyait plus rien, il n'était plus là, sur ce champ de bataille, déjà bien entamé pourtant. Il imaginait bien des soldats courir, affolés, blessés ou même zélés, mais ne parvenait à les discerner totalement. Il n'y avait que des ombres, de vagues taches, floues, qui s'agitaient de façon désordonnées. Plus d'odeur, juste quelques bruits sourds, quelques cris mués en murmures. Il devait cependant se secouer, se bouger, se battre, pour Soraine, pour « elle » aussi, pour « elle » surtout, pour « elle »... Voulait-il seulement se battre ? Jusqu'à il y avait quelques minutes, cela ne faisait pas le moindre doute, mais à présent, il semblait prendre conscience qu'il n'était peut-être pas réellement celui qui désirait se battre. Il se sentait, utilisé, instrumentalisé par quelque chose qu'il ne comprenait pas, qu'il ne connaissait jusqu'alors pas.
On le bouscula alors violemment dans le dos. Il alla s'écraser sur le corps d'un soldat Paramécian, le visage brûlé par une quelconque magie... L'odeur revint alors, celle de la chair grillée, carbonisée... Le son revint à son tour, les explosions se firent bruyantes, persistantes... Il ouvrit les yeux, pour enfin comprendre qu'il était bel et bien là, présent, à se battre. Il devait réagir, et allait s'y employer. Il prit sa respiration, puis, en un unique effort, se dressa. Le jeune homme comprit qu'il fallait avancer, avec ses frères d'arme, repousser autant que possible les troupes adverses. Il serra de toutes ses forces la poignée de son arme, et repartit à l'affrontement. Il aperçut alors un mercenaire sur le point d'être abattu par un garde Paramécian. D'un saut, il ouvrit le dos de se dernier, qui se mit alors à gémir de tout son corps, désirant dans une ultime tentative désespérée de se libérer de la douleur, en vain... Il s'effondra sur le sol, se recroquevilla sur lui-même, puis cessa enfin de bouger, de vivre tout simplement. Vergil ignorait depuis combien de temps il se battait, mais savait que le combat serait long...

Il se retourna, et observa non sans témoigner un certain enthousiasme que les premières troupes de renfort intervenaient dans le même temps. Une garde régulière pour les soutenir, enfin un régiment d'armée professionnel ! Arborant fièrement leurs armures en alliage renforcé, ces hommes se ruèrent à leur tour dans le funeste orchestre guerrier. Les boucliers volèrent, les cris fusèrent...

Le jeune homme, toujours à courir, s'approcha d'un adversaire direct, armé d'une impressionnante hallebarde de combat. Ce dernier tenta d'embrocher Vergil, qui ne dut son salut qu'à une roulade sur le côté. Il se releva alors, le regard alerte, et d'un geste vif, trancha le manche de la grande arme, qui fut coupée nette. Désorienté, l'adversaire du jeune homme baissa alors sa garde, stupéfait par le mouvement de ce dernier... Il n'en fallut guère plus au fugitif, qui transperça le corps du malheureux, lui perforant mortellement le cœur. La dépouille, pendue au bout de la lame, glissa doucement le long de celle-ci, pour se poser délicatement sur le sol chaud des Plaines d'Yosen. La lame, vierge de tout affrontement, avait pour habitude d'avoir un reflet semblable à un véritable miroir. Désormais, elle n'était plus que le triste reflet de la guerre, le bien terne visage de la mort, arborant des couleurs vives, rougeoyantes, pourpres... Ainsi, c'était donc « ça » la guerre tant décrite. Vergil s'était pourtant longtemps préparé à un tel événement, ses livres décrivant avec précision le déroulement des plus grandes batailles de l'Histoire. Le livres peuvent cependant dire réellement ce qu'est la guerre ? Le jeune en avait à présent la certitude, il était évident que la réponse était « non ». Il semblait convaincu que jamais les mots ne pourraient remplacer une telle expérience, un tel vécu, et, à défaut, une telle fin...

Il s'avança une fois encore. Il ne parvenait plus à discerner le front installé par l'armée Eurékane, il ne parvenait même pas à se situer sur le champ de bataille. Peu lui importait, il n'avait pas vraiment à chercher son chemin, il devait se contenter de survivre... Il rabaissa alors les yeux, et vit un homme en armure lourde courir en sa direction, brandissant une rapière. Le jeune homme tourna la tête, chercha rapidement une solution, et aperçut un corps gisant à ses pieds. L'idée lui vint alors, comme une évidence. D'un coup sec, il arracha de sa lame la visière du casque du défunt, et la déposa quelques centimètres devant lui. D'un revers, il frappa cette dernière, qui s'envola littéralement. Le bout de métal s'écrasa en plein dans le visage de son agresseur, qui s'arrêta net, le visage ensanglanté d'une telle attaque. Le jeune homme courut à son tour, désirant en finir. D'un cri de rage, il décapita l'homme blessé, qui put observer l'espace d'un dixième de secondes tout au plus son corps s'éloigner de façon critique de sa tête. L'encéphale tomba à quelques mètres au loin, vomissant une écœurante gerbe d'hémoglobine...

La bataille battait son plein, on pouvait dénombrer plusieurs milliers de corps gisant au sol, malgré cela, les plus puissantes forces au sol n'étaient pas encore engagées, d'un côté comme de l'autre, du moins, jusqu'à présent, la suite semblait annoncer un radical changement... En effet, Vergil, de sa position, pouvait discerner au loin plusieurs silhouettes, brillantes, presque lumineuses, tant leurs armures étaient pures. Enfin, l'ensemble des protagonistes semblait se profiler à l'horizon...







Coup de chapeau une fois encore à Lay², sublime ouvrage présenté Smile
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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Jeu 14 Aoû - 23:08





Le ciel arborait peu à peu de sombres nuages. Les vaisseaux tombaient par dizaines, des milliers de faisceaux luisaient par delà l'obscurité naissante, le tout dans une cacophonie assommante... Les forteresses célestes échangeaient d'impressionnantes rafales, ravageant parties après parties chacune d'elles, les croiseurs lourds tombaient un à un, dévastant la surface à l'instant de l'impact. Des débris de tailles variables voltigeaient allègrement sur le champ de bataille, blessant souvent mortellement les malheureux frappés du triste sort. Le combat des cieux était des plus impressionnants, jusqu'à peut-être même grandiose. Pourtant, les affrontements au sol semblaient atteindre progressivement un degré similaire de beauté, de violence, de morts ...

A moins d'une centaine de mètres, de cinq bataillons, d'une douzaines de milliers de soldats, et d'autant de cadavres jonchant le sol, les Juges avançaient d'un pas lent, paisible. Une véritable aura se dégageait de leur présence : ces soldats légendaires inspiraient tant la crainte que le respect. Mais par pour Vergil... Depuis son affrontement avec Barshtaat, depuis la mort de Tomias, depuis la destruction de Troia, depuis cette spirale infernale, le seul sentiment que percevait le jeune homme face à la lueur de ces armures était la haine. Il considérait d'ailleurs ces guerriers, mais aussi généraux, comme directement responsables de sa situation, pour le moins précaire. Il devait les affronter, régler ses comptes, quitte à mourir. Il prit sa respiration, soupira puis s'élança vers l'avant : il n'avait pas de temps à perdre, plus de temps à perdre...

Il s'arrêta alors, se planta sur place, les yeux rivés au ciel, une fois encore. Un cri perçant, troublant, malsain, venait d'attirer son attention. Une créature immense était là, présente, au beau milieu du balais de flammes offert par des protagonistes de métal et d'acier. Elle était comparable à un long dragon, disposant d'une paire d'ailes des plus blanches. Le monstre imposait à tous une présence effrayante : long de plusieurs dizaines de mètres, il paralysa le champ de bataille d'un puissant si ce n'était glacial cri. D'un battement d'ailes, il s'interposa entre les deux forteresses célestes opposées, qui cessèrent alors le feu. Le temps paraissait comme arrêté, figé dans un instant d'effroi. Le monstre se tourna alors vers le vaisseau Paramécian, déploya l'envergure de ses organes à plumes, puis s'illumina d'un éclat blanc, plus éblouissant encore que mille Soleils... On ne pouvait alors plus distinguer qu'une masse blanche, informe, inquiétante. Ce fut alors, en l'espace d'une seconde tout au plus, dans un fracas de tonnerre, l'ensemble lumineux alla foudroyer le colosse d'acier. L'impact fut si terrible et violent qu'une onde de choc s'abattit sur l'ensemble des plaines, déstabilisant le moindre soldat présent. Vergil, qui trébucha, manqua de s'effondrer au sol, mais il n'aurait pas pour autant voulu manquer un spectacle aussi rare...
Au bout de quelques instants, la lumière se tut, le monstre réapparut de l'autre côté de l'engin de métal, qui s'effondrait lentement... L'ensemble de la structure était en flamme, plus un seul canon de vomissait la moindre salve, l'engin tombait lentement, pour s'écraser au sol, comme un animal enragé frappé en plein cœur. On pouvait lire de la stupeur, ou même simplement de la peur sur les visages de nombreux hommes, demeurant ébahis par le spectacle offert. Quel était ce monstre ? D'où pouvait provenir une telle créature ? Les questions fusaient, pourtant, les réponses se voulaient aussi simples qu'évidentes. Vergil percuta alors : ce qui semblait obscure ne faisait plus le moindre doute. Il se retourna, fit dos au sens du mouvement, pour observer au loin plusieurs individus, en tenues de satin blanc, ornées de quelques légères pièces d'armures... La destruction du vaisseau ennemi était l'œuvre des invocateurs, et ce monstre était l'une des divinités du Panthéon.
Le sol trembla, la poussière vola, la terre vacilla, la forteresse était désormais au sol, dévastant la moindre parcelle de sable lors du crash. Les particules soulevées s'infiltrèrent partout : dans les armures, dans les rouages des engins de guerre, tout fut envahi. Les yeux de Vergil commençaient à l'irriter, la poussière ardente troublant violemment sa vue. Il posa un genou à terre, aveuglé, puis se frotta les oculaires. Il avait le regard humide, il devinait ses yeux rouges sang d'après la douleur qu'il en ressentait, pourtant il ne devait pas reculer. Le jeune homme prit sa respiration, gonfla rageusement son torse, puis se redressa. Sa vue était opaque, son regard furetait sur le champs de bataille. Les Juges n'étaient plus là ! Pourtant, Vergil les avait aperçu, sans même la moindre hésitation. Il se retourna, cherchant de toute part, espérant les voir au plus vite. Tant qu'il pouvait les voir, il savait où ils étaient, et quelle menace ils pouvaient représenter, mais à présent, l'inquiétude totale planait sur leurs sujets. Le fugitif faisait à présent dos au sens de la marche, il tentait de discerner l'arrière de ses troupes. Ses yeux, encore émoussés, s'arrêtèrent net, sur plusieurs éclats blancs, progressant au sein des rangs Eurékans. Ils étaient là, il n'y avait pas le moindre doute. En un sursaut, le jeune homme courut vers eux. Il devait savoir où ils allaient, ce qu'ils voulaient faire. Il avança rapidement parmi les décombres, enjambant armures morcelées, blessés graves et cadavres encore chauds.

Le ciel était plus que jamais paré de flammes. Les créatures commençaient à apparaître en grand nombre, on pouvait même en observer jusqu'à une quinzaine. Il y en avait de toutes les sortes : des dragons aux ailes de plumes d'or, des colosses aux yeux de feu, des oiseaux au plumage de lumière... Un enfant en temps normal s'émerveillerait devant pareil spectacle, alors que les hommes présents s'horrifiaient d'une telle vision. L'affrontement céleste paraissait comme rééquilibré, les créatures ravageaient les vaisseaux un à un. Pourtant, ils n'étaient pas seuls à se battre aux côtés des engins volants... Plusieurs être volaient eux-même dans les airs, démolissant les astronefs légers en les frôlant de la main. Il s'agissait de mages, spécialement entraînés pour le combat aérien. Ils étaient d'une part des cibles difficiles à atteindre grâce à une petite taille, mais aussi grâce à une mobilité accrue, mais aussi de puissants éléments militaires, pouvant en quelques secondes réduire un vaisseau de taille moyenne d'un sortilège. Le ciel gronda alors à nouveau, annonçant ainsi l'arrivée de protagonistes. Tandis que les nuages prenaient place au milieu de la fumée ambiante, on put apercevoir, venant du versant des monts, d'immenses structures d'acier... Vergil s'arrêta un instant encore, et observa non sans effroi la venue de quatre autres forteresses célestes. Les affrontements semblèrent prendre une tout autre ampleur, bien plus importante. Pour la première fois en deux cents ans d'affrontement, il était réuni sept vaisseaux de classe « Alexander » en une unique bataille. Cette dernière s'annonçait à jamais gravée dans l'histoire Galtéenne, cependant, le jeune homme, se tournant à nouveau vers les lignes arrières, comprit que si le combat avait une tout autre proportion dans le ciel, il allait en être de même au sol...

Les dix Juges s'étaient arrêtés à leur tour, comme figé dans un autre temps, au beau milieu des décombres et des corps. Ils ne bougeaient plus, attendaient, face à leurs opposants, et quels opposants... En face, à quelques pas tout au plus des « Bourreaux d'acier », se trouvaient onze hommes, onze soldats, onze héros. Ils étaient des « héros » avant même cette bataille, avant même cette guerre, avant même cet affrontement, à l'issue cruciale, décisive. Ces onze n'étaient autres que les onze derniers Condamnateurs, encore en vie, encore présent, prêts à se battre. Il y avait dans l'ordre, Eyzel Fransteus, Siobhan Maltronis, Zaliara Armondonis, Séphrénio Costhozatarus, Alexis Ezea'ttiel, Freïdev Zato, Charis Talhies, Galaadrimis Androstis, Vardo Gwenhwyvar, Saeros Lomelindis et enfin, Claudius Terrato. Les onze plus grands guerriers de toute une génération entière de soldats. Bien sûr, tous n'étaient pas là pour cet affrontement, tous ne pouvaient être présents, aux côtés de leurs confrères, pour le combat le plus important de toute une existence d'homme. Deux étaient morts, deux étaient portés disparus, pour un dernier, considéré comme haut traître de la nation Eurékane. Tous ces hommes et femmes étaient là, fixes, comme seuls sur un champ de bataille en proie au ravage, seuls face à un destin qu'ils ne maîtrisaient pour ainsi dire quasiment plus. Un silence plombant, effrayant et malsain régnait, lorsque Claudius s'avança d'un pas. Il s'accroupit lentement, afin de ramasser une poignée de sable, mêlée à quelques particules ferreuses. Le poing droit serré, la grossière poussière s'échappa après un court instant, se dispersant une dernière fois dans le décor où elle avait vu le jour. Le plus grand guerrier de l'histoire Eurékane se releva alors, fixant les dix armures de métal, les dix Hauts Juges de la cité impériale de Pandémonium, les dix gardiens du trône de l'Empereur... Le leader des Condamnateurs recula alors d'un pas, réintégrant les rangs de ses alliés. Même si la discorde était encore présente entre les onze guerriers, ils étaient tout de même présents, soudés, prêts à en découdre une dernière fois.
L'un des Juges progressa d'un pas, ressortant ainsi du rang formé. Son armure était tout bonnement impressionnante : un heaume aux reflets étincelants, orné de sculptures d'or, un vaste ensemble de pièce métalliques, ainsi qu'une cape sombre, frappée du sceau de la famille Impériale de Pandémonium. Vergil, de sa position, parvenait même à percevoir la respiration de cet imposant adversaire, chaque expiration résonnant sous la visière du guerrier. L'homme regarda tout autour de lui, d'un geste lent et posé de la tête, puis fixa à son tour Claudius. Dans un dernier effort, il brisa le mur de l'indifférence :


- C'est aujourd'hui que se joue la destinée d'un monde entier. Le Soleil semble se coucher... A son prochain levé, le monde qu'il observait jusqu'alors avec indifférence aura changé, à jamais. Que ce jour soit le marquant de la fin d'une ère, la fin de l'ère des Superpuissances, car à l'aube, Galtéa ne sera plus parée que d'un unique étendard. Sachez messieurs, que ce sera un honneur que de vous affronter. Bénies soient vos âmes, bénies soient celles de toutes et tous en ce monde ...

L'imposante carrure recula alors. Les paroles résonnèrent de longs instants dans les têtes des divers individus présents, pourtant, Eyzel cria alors avec nervosité, et colère :

- Bénies soient les âmes des civils morts, assassinés lors de la destruction de Troia, assassinés par vos soins. Ce soir, leurs mémoires seront vengés, leur volonté unanimement respectée...

Sa voix était empreinte de mépris. Ces propos violents, provocateurs, sonnèrent tel un affront à la face des Juges. Le Condamnateur, survivant de la mission organisée à Tamaras, avait le regard rouge, colérique. Dans un accès de rage, il s'élança avec fureur, déclenchant ainsi le début du plus épique des combats de l'Histoire...





Un gros merci à un p'tit nouveau, Nakumi, qui nous présente ici un très beau travail
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MessageSujet: Re: Galtéa : "La fin de l'ère des Superpuissances"   Mar 19 Aoû - 1:01





Au loin, Vergil parvint malgré tout à reconnaître l'opposant à son ancien coéquipier : Barshtaat en personne. Le choc fut terrible, on pouvait ressentir la vibration due au contact dans l'ensemble du champ de bataille. Dans un même élan, l'ensemble de l'élite Eurékane se lança à son tour. Le jeune homme, qui assistait en bon spectateur ébahi à la scène, clignait des yeux au moindre impact violent, tel un gamin observant avec un certain recul son père, enfonçant un clou à l'aide d'un marteau. Pourtant, quelques secondes plus tard, le fugitif entendit un cri colérique, si ce n'était rageur, se rapprocher... D'un geste vif, il se retourna, pour voir un soldat en armure impériale se jeter sur lui, glaive en main. Il n'eut pas le temps de brandir son sabre, il se contenta d'encaisser le choc, abandonnant par la même occasion son arme... Évitant de peu une blessure fatale, il se trouvait désormais aux prises avec ce nouvel adversaire. L'homme avait les pupilles totalement dilatées, il n'avait pas la moindre once de lucidité, de sang froid, seule l'adrénaline pouvait encore le faire lutter. Face à cette opposition déséquilibrée, le jeune homme put rapidement désarmer son opposant, qui s'écroula au sol, suite à un coup de genoux dûment asséné au bas ventre. Profitant de cet instant de répit, il sauta sur son épée, dont il s'en équipa aussitôt. Il s'orienta enfin sur son agresseur, qui rampait avec difficulté vers son arme, avant de le frapper violemment à la tête. Le soldat retomba de tout son poids, inconscient, assommé. Vergil s'approcha alors, se prépara à transpercer une ultime fois son adversaire à l'agonie, lorsqu'il se ravisa...
Il ne fallait pas céder, il ne devait pas le faire. Il se savait différent, il se savait ne pas être un assassin, et exécuter cet homme aurait signifié tout l'inverse. Il se devait de rester droit avec ses engagements. Bien sûr, il était prêt à l'éliminer de la sorte, mais son ennemi ne présentait plus la moindre forme de menace : il était inconscient, avec au mieux la mâchoire brisée, mais sans doute plus encore. Vergil n'avait plus de raisons de le tuer, s'il devait exécuter quelqu'un, ce ne serait certainement pas un « simple » soldat. Dans cette optique, le fugitif fixa le duel qui se déroulait à une quarantaine de mètres au plus de sa position. Il pouvait toujours distinguer les onze lames Eurékanes, confrontées au dix armures de lumière des Juges. Les sortilèges se répondaient consécutivement à d'impressionnantes frappes, faisant ainsi virevolter dans les airs des nuages de poussières, teintés d'un rouge pourpre, d'un rouge sang. Le jeune homme hésita alors : devait-il se lancer aux côtés de ses anciens frères d'arme, alors qu'il était toujours considéré par ces derniers comme un traître ? Devait-il demeurer à distance, tel le témoin impuissant d'un combat à l'issue assurément dramatique ? Pourrait-il en modifier le dénouement ? Que devait-il faire ? Que pouvait-il faire ? Que voulait-il faire ? Que faire ? Qu'aurait-elle fait, « elle » ? « Elle » se serait battue... Il en était certain, elle se serait battue pour son honneur, pour sa patrie, pour ses amis, pour lui... Le doute se dissipa presque instantanément. Il n'y avait plus à douter : il devait lui aussi participer à cet affrontement. Pas pour lui, pas pour Euréka, encore moins pour les Condamnateurs, mais pour elle, car « elle », elle l'aurait fait.

Convaincu, Vergil serra de toute son âme le pommeau de sa lame, et courut alors, sans vraiment oser regarder le combat qui se déroulait jusqu'alors, sans véritablement vouloir faire face à cet adversaire, aussi prestigieux fusse-t-il ... Progressant dans le dos de ses ennemis, il s'approcha de l'un d'eux, qui semblait chercher un instant de répit, avant de lui asséner un terrible coup de tranchant juste sur les cottes flottantes. Un être normal, équipé d'une armure standard aurait eu le corps à moitié tranché, tant le jeune homme avait mis de force dans son coup. Son adversaire, lui, fut propulsé à quelques mètres de là, dans un impressionnant bruit de taule froissée. Surpris, plusieurs Condamnateurs s'arrêtèrent dans leur mouvement. La plupart essoufflés, ils fixaient Vergil avec insistance, avec incompréhension. Comment pouvait-il donc être là ? Leur imagination ne leur jouait pourtant pas le moindre tour, le jeune homme se tenait bien là, face à eux, à leurs côtés. Il avait désormais les cheveux courts, il avait le teint blafard, il avait le regard cerné, mais ils étaient bien là, lui et son épée.
Personne ne savait comment interpréter une telle présence : le jeune homme était-il en quête de rachat ? Était-ce une nouvelle ruse orchestrée afin de lui offrir une part de crédit devant ses anciens frères d'arme ? Aux yeux de Claudius, tout comme à d'autres, il avait en tout cas choisi son camp durant cet affrontement : le premier coup déclarait ouvertement sa prise de position. Certains se tournèrent l'espace d'un instant en direction du Général Terrato, espérant de sa part un signe de la tête, un acquiescement, peu importait... Mais ce dernier était comme les autres, surpris, abasourdi.

L'instant aussi long parut-il pour Vergil, ne dura en réalité qu'une poignée de secondes. En effet, un Juge se jeta sur lui, espérant venger l'affront. Le jeune homme parvint à repousser la charge, plaçant sa lame en opposition... Cependant, il fut durement secoué, comme rarement il l'avait été par un simple humain. Désirant surprendre son adversaire direct, il se rua sur son opposant, dans une contre-attaque rapide. D'un revers, il cogna l'épaule droite du « Bourreau d'acier », mais ce dernier ne broncha pas, il n'en lâcha pas même son épées lourde. Ce dernier, étonné mais pas pour autant décontenancé, frappa violemment sa lame au sol, provoquant une puissante onde de choc. Vergil n'eut guère le temps d'esquiver l'assaut, et fut repoussé à plusieurs mètres, sonné. Il roula en arrière, avant de s'écraser sur le cadavre d'un Garde Prétorien Eurékan, qui avait vraisemblablement le torse éventré. Le jeune homme se releva difficilement, souffla un dernière fois avant de courir à nouveau vers le lieu de la lutte. Il aperçut à proximité Freïdev Zato ainsi que Zaliara Armondonis aux prises avec l'une des impressionnantes silhouettes de métal. Tandis qu'ils semblaient engagés dans une position inconfortable, le fugitif attaqua brusquement en traître le Juge. La frappe fut chirurgicale, le tranchant allant directement se planter en direction du cœur... Pourtant, il fut arrêté dans son geste par une gêne, un obstacle dans sa course. Il n'avait pas transpercé l'organe vital, mais s'était visiblement arrêté avant. Vue la position de son attaque, Vergil en conclut rapidement qu'il n'avait pas réussi à passer au travers de l'omoplate de son adversaire. Le jeune homme n'eut d'autres choix que de retirer son arme, face à l'inefficacité de son dernier assaut. Ce dernier poussa un cri de douleur, mêlé sans nul doute à un intense sentiment de rage. Il posa un genoux à terre, mais parvenait toujours à tenir tête à ses trois opposants. D'un geste élancé, il parvint à saisir l'arme de Freïdev, une épée longue, et réussit à la retourner contre Zaliara, qui fut interrompue nette dans son assaut, le bas ventre arborant de part en part la fine lame du Condamnateur... La guerrière s'effondra sans un mot, dans un mouvement désordonné, désarticulé. Un sang d'un pourpre sombre, noir, s'échappait de son abdomen ouvert. Les yeux obnubilés, sa mâchoire se serra une dernière fois, avant que ses forces ne l'eurent abandonné totalement. Freïdev, désemparé, n'avait pas prévu une telle frappe. Bénéficiant d'un effet de surprise bienvenu, le "Bourreau d'acier" chuchota quelques paroles au creux de sa lame, avant que ne soit projetée une vague d'énergie bleutée, assommant quiconque sur un faible rayon. Vergil fut durement repoussé par la charge magique, offrant un moment de liberté à son opposant. Freïdev quand à lui était allongé, sonné, aux côtés de Zaliara... Le Juge se redressa alors, se dirigea rapidement vers son adversaire, et malgré son épaule douloureuse, prononça une formule, inconnue de Vergil, qu'il ne parvint à entendre que partiellement. L'imposante carrure de métal posa sa main sur le crâne de Freïdev, foudroyant ainsi l'encéphale du malheureux, dans un éclat de lumière bleutée. Le Condamnateur s'écroula à son tour, la tête fumante, le cerveau bouilli par l'impressionnante décharge... Les deux corps gisaient inertes, côte à côte, vaincus de la même main, dans un instant d'inattention.

Vergil, encore engourdi de l'onde de choc, ne pouvait que constater les dégâts, non sans déplorer une affligeante impuissance. Après quelques pas, il se trouva face à l'assassin Paramécian, qui était pourtant salement touché à l'épaule. Le jeune homme refusa d'offrir le moindre instant de répit à cet adversaire hors norme, et se rua sur ce dernier, tout en empoignant rageusement son épée, et criant à s'en époumoner :


- Dagnir Tarma Sûlis !

Les rais blanchâtres furent projetés les uns après les autres, s'écrasant sans retenu sur la carcasse de ferraille. Cette dernière, dans un geste instinctif, ne put que contenir l'attaque, mais fut malgré tout projetée à terre. L'armure avait été ébranlée, l'acier blanc trempé était émoussé, le titan ne semblait plus si invulnérable... Il se redressa alors doucement, ramassant soigneusement son arme, une lourde lame à l'aspect torturé. Malgré cela, le jeune homme n'en avait pas terminé avec le Juge. Vergil frappa son adversaire, qui repoussait tant bien que mal les charges ennemies, souffrant d'une position à genoux pour le moins défavorable. Il n'avait pourtant pas le temps de se relever, pouvant être au moindre instant déséquilibré par le fugitif. Ce dernier, guidé par une haine indescriptible, une anxiété croissante ainsi qu'un tension palpable, frappait de plus en plus fort, comme porté par l'élan de vengeance qui s'était développé en son sein... Il se présenta alors face à face avec son ennemi. Il asséna le premier coup, espérant que l'initiative lui apporterait l'avantage. Il fut alors une fois encore repoussé, mais pas découragé pour autant. Il bondit soudainement, prenant ainsi un peu de hauteur, et profitant d'une force née de la gravité terrestre. Instinctivement, il exécuta une vrille, qui lui permit d'esquiver la lame adverse, placée en opposition, lorsque la lame du jeune homme toucha enfin au but.
Cette fois-ci, elle s'enfonça, sans être opposée à la moindre résistance. Le tranchant avait profité d'une des rares lumières arborées par l'armure en composite du Juge, située à la jonction entre l'épaule et le torse. L'épée rentra dans la carcasse de chair, faisant entendre son léger bruitage si caractéristique, s'approchant du son émit par un grain de raison croqué à pleine dent. Le sang s'écoula doucement, le long de l'amas de ferraille. Malgré l'hémoglobine, le visage du jeune homme était toujours reflété par l'armure impressionnante de son adversaire. Celui-ci chuta alors, abandonné de ses dernières convictions.

La scène provoqua un véritable blanc dans l'affrontement. Tous s'arrêtèrent un instant, afin d'assister à une scène encore jamais vue : la mort au combat d'un des Hauts Juges Paramécians. Ainsi, ils n'étaient pas invincibles, ils pouvaient être vaincus. Cette preuve motiva plus que tout les Condamnateurs survivants, faisant par la même occasion renaître un espoir de victoire...








Un grand merci à Lay² pour la super créa, encore une fois un sacré étalage de talent de la part du gribouilleur =)

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