AccueilFAQRechercherS’enregistrerConnexion
 

Critique de la Critique

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aillas
Maitre du Hasard
Maitre du Hasard


Sexe:Masculin
Age : 18
Inscrit le : 23 Déc 2007
Messages : 815
Localisation : En Adalerin, en train de discuter avec les intrépides...

MessageSujet: Critique de la Critique   Jeu 10 Avr - 23:15

Et la critique acerbe fut balayée par la consensualité



~~°~~



Il existe beaucoup de façon de faire avaler une pilule, de la dorer et de l'enrober. Au moins autant qu'il existe de personnes sur cette planète, et ces diverses multitudes se confondent encore de jours en jours au rythme des émotions. On en sait jamais vraiment à quel sein se vouer, on hésite toujours entre deux horizons. Et finalement on arrive toujours à zigzaguer entre deux tangentes, deux façon d'agir et de procéder qui nous plaisent ou nous rejettent.


Léo a écrit:
Cela fait qu'on ne sait pas bien q'il faut se taper le poète...



Certains sont adeptes de la non-violence, le verbe plat et le sourire plein, le badaud sourit et, sans ne rien dire, exècre le tableau qu'on lui tend. Aussi, il trouvera bien quelques phrases bâteau pour faire suggèrer que ça pourrait être mieux. On verra alors les fameux, très fameux "Pas mal". Ce qui est généralement synonyme de "Bof". Tout le monde garde le sourire et jamais un mot plus haut que l'autre ne viendra trahir cette quiètude pâlotte qui transpire la solitude. Les oeuvres s'entassent et sous les congratulations, les oeuvriers ploient avec grâce et font la révérence avant de bâcler un nouveau travail.

Dommage conséquence que ces pommades à profusion, unique insulte à la beauté des oeuvres, c'est l'incapacité d'en déceler les défauts. La facilité de l'amour débordant, de l'affection aveuglante, de toutes ces manies qui bornent nos esprits et les ligottent dans des principes aux caractères douteux de sollicitude.


Ferré a écrit:
... Ou se taper la putain.



Art de la branlade, du lancer de poids et du fléau d'armes. La manière forte et sournoise d'appliquer la correction, la dénuder de toute compréhension de l'auteur et comparer, avec allégresse et facilité pour les âmes éduquées, la production avancée aux meilleurs talents dont le passé fourmille. La critique déshumanisée et devenue obscène par un surcroît d'insensibilité qui fait flancher et tend à exploser le critiqué et lui apprendre qu'il n'est, de toute manière, pas à la hauteur des sempiternels cadavres qui nous servent de modèles.

La flagellation de l'âme sensible par des phrases acerbes et irrascibles, les tempêtes de nuages qui valsent autours des éssais et qui en écharpent la chair. Pas de répit et encore moins de pitié, on témoignera de son affection à ceux qui manient aussi bien le verbe et on leur demandera de continuer à faire danser les allégories sous les chants endiablés des critiques harassantes. Communauté sui se fâne et qui pourrie, collégiale famille qui titube de sa propre véhémence.


Alors voici que je me suis interrogé sur les biens fondés de toute critique et j'en suis arrivé à cette conclusion toute solennelle et empreinte de toute la pompeuse classe que je pouvais lui infliger. Voilà ma théorie, celle qui fait que je déblattère, un petit quelque chose sans consistance ni constance... J'approuve et j'adhère.


"Et la critique acerbe fut balayée par la consensualité"


Depuis l'auteur de cette phrase a laissé couler l'eau des rivières et bâti moults ponts. La morale? Simplement qu'une critique réussie se doit d'être au delà de l'objectivité, elle se doit d'être intégrée. Sauf qu'une critique intégrée l'est en fonction de la consensualité inhérente à ladite critique. Donc une critique réussie se doit de heurter les idéaux et non la morale. Choquer le verbe sans brûler le sujet. Allumer la peinture sans engluer le pinceau.

Cependant, on notera qu'il est aisé de la part du critiqué de repousser l'argument grâce à une phrase bouclier du style, c'est de l'art je fais ce qu'il me plaît.

_________________

Franz; pour le parrainage... Aie du courage.
~~~~


Dernière édition par Aillas le Jeu 10 Avr - 23:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Irrumo





Inscrit le : 06 Jan 2008
Messages : 126

MessageSujet: Re: Critique de la Critique   Jeu 10 Avr - 23:20

Aillas a écrit:

Donc une critique réussie se doit d'heurter les idéaux et non la morale.

Cependant, on notera qu'il est aisé de la part du critiqué de repousser l'argument grâce à une phrase bouclier du style, c'est de l'art je fais ce qu'il me plaît.


de heurter
plait

[EDIT RAMROD] Et hormis corriger l'orthographe ? Un avis serait préférable.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: Critique de la Critique   Jeu 10 Avr - 23:31

La critique nécessite l'amitié.
Mais l'amitié est bien rare.
Revenir en haut Aller en bas
Garg Kertome



Sexe:Masculin
Age : 25
Inscrit le : 19 Mar 2008
Messages : 44

MessageSujet: Re: Critique de la Critique   Ven 11 Avr - 10:30

Les observations d'Aillas rencontrent globalement mon acquiescement, bien que la consensualité, comme je le disais ailleurs, je la préfère en deux mots.

Toutefois, ne manquons pas de distinction en confondant critique et correction. Je préfère annoncer la couleur (orange) : si mes chers élèves viennent un jour se plaindre de ce que je les fis avancer d'une férule trop rigoureuse, ils savent où se la carrer.

Parce que le critique n'est qu'un conteur de sa propre subjectivité, parfois tenté de se prendre pour un juge omnipotent devant sa propre incapacité à faire mieux que ce qu'il conspue. Un enseignant, mentor, ou toutes ces sortes de choses se rend disponible pour l'amélioration de ses disciples. Son avis est attendu, car c'est lui qui donne le devoir, même si cette correction ne se défend pas d'une certaine subjectivité intrinsèque à l'exercice de la technè, quoi qu'en disent les aristotéliciens.

En outre, dans correction, on retrouve correct. Ce qui l'est ne porte pas à commentaire ; c'est ce qui ne l'est pas, dans le sens d'incorrect ou dans le sens de remarquable, qui doit être mis en exergue. Ainsi, petit à petit, soit nous rabotons ce qui dépasse, soit nous indiquons le point trop lisse, qui mériterait quelques aspérités. Mais en toute modestie, bien entendu : lorsqu'un élève n'a plus rien à apprendre, lorsqu'il nous surpasse même, lorsqu'un devoir est entièrement correct ou remarquable, il ne reste plus qu'à l'envoyer paître le sourire aux lèvres.

_________________


"Si ni vous ni moi n'avons rien à nous dire, il faut qu'on en parle."
Revenir en haut Aller en bas
Tr0n
Protecteur des Lettres
Protecteur des Lettres


Sexe:Masculin
Age : 27
Inscrit le : 13 Mar 2008
Messages : 759
Localisation : Bordeaux, Niort

MessageSujet: Re: Critique de la Critique   Ven 11 Avr - 10:59

Ca sent bon les effluves printaniers. Ce bon vieux Léo, dartadantesque de la reine, émet la plus belle des réponses. J'préfère cent fois m'taper la putain que l'poète. Chiant. Emmerdant. Assommant. En plus il faut faire de l'esprit. Quelle immondissime perte de temps ! J'aurais préféré une orientation vers "De l'utilité de la critique". Quant à l'objectivité vue la vacuité humaine, je doute d'un quelconque au-delà dans lequelle la critique se complairait à être comme telle. C'est du flan. Ca se renverse, ça vaut rien. Du moment qu'on s'échappe de la correction, on rentre dans les perceptions, et jusqu'à preuve logique du contraire par raisonnement mathématique, vous ne trouverez jamais de consensualité, si tant est de taire son Soi.

_________________
Je suis ce que je veux mais je parais ce que je cache.
Revenir en haut Aller en bas

Critique de la Critique

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ter Aelis :: Le port des mystérieux Non-Dits :: Les débats-