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| | [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n | |
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| Ce texte mérite-t-il d'entrer au Panthéon de Ter Aelis ? | | Oui | | 61% | [ 21 ] | | Non | | 38% | [ 13 ] |
| | Total des votes : 34 | | |
| | Auteur | Message |
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Tr0n Protecteur des Lettres

 Age : 28 Inscrit le : 13 Mar 2008 Messages : 840 Localisation : Bordeaux, Niort
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Mer 21 Mai - 15:03 | |
| | Citation: | | quarante pages sont nécessairement plus révélatrices d'un style et d'une écriture que deux |
"Nécessairement" où l'art d'être embourbé dans un carcan littéraire... Tu sais très bien que ce genre de croyance divine d'une sacrosainte éducation - embrigadement - qui voudrait que la taille révèle la beauté d'un style, est une chose qui me fait bondir. Trois poésies en prose du spleen de Baudelaire suffisent à démontrer le talent et la force de quelques lignes seulement, sur une idée, un thème, où un sentiment, quand à côté de ça cinq cent lignes de Balzac vous emmerde à mourir, avec des descriptions inconcises (mais stylistiquement irréprochables) et sont nécessaires à la révélation redondante d'un style désagréable aux ouailles. Chacun sa vision des choses. Mais c'est bien souvent dans les écrits courts qu'on se rend compte de la véritable qualité et du talent, et qu'on révèle bien souvent les jeunes auteurs et rarement dans l'inverse. Pourquoi crois-tu que l'essentiel des futurs auteurs commencent bien souvent par des jobs de pigistes ou par l'écriture de 20 pages grand maximum ? Sans doute que les petites productions sont celles à juste titre qui révèle le plus de talent.
Un peu comme à la manière du cinéma. Un court métrage est souvent à mes yeux, d'une valeur "émotionnelle" et "stylistique" beaucoup plus chargée. Mais en effet, c'est un travail ardu. On ne commence pas par la fin, c'est ce que tu essaies de me dire là. Ma démonstration tendait à dire simplement qu'il faut débuter par la qualité sur des écrits courts avant d'oser faire mieux. Ceux qui prétendent le contraire se planteront. Le temps arrivera où j'aurais acquis la matûrité nécessaire à l'élaboration de "structures" plus longues, plus développées, pour passer à autre chose qu'un maximum de 10-15 pages.
| Citation: | | ils manquent de souffle et de matière |
Une personne incapable de donner de la vie à 30 lignes, sera incapable d'en donner à 3 000.
| Citation: | | il ne faut surtout pas confondre le roman et la nouvelle |
Ne t'inquiète pas pour moi mon Goldounet. Je ne confonds pas.
_________________ Je suis ce que je veux mais je parais ce que je cache. |
|  | | Nahïs



 Age : 18 Inscrit le : 02 Fév 2008 Messages : 151 Localisation : Au-delà des nuages...
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Mer 21 Mai - 21:53 | |
| Ce texte a un style, original de surcroit. Je m'arrête là, nul besoin de s'étaler quand un vote franc suffit: oui!! ( et ce n'est pas parce que j'aime mon bisounours de mentor^^) _________________
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|  | | Tr0n Protecteur des Lettres

 Age : 28 Inscrit le : 13 Mar 2008 Messages : 840 Localisation : Bordeaux, Niort
 | |  | | Plumo

 Age : 17 Inscrit le : 25 Nov 2007 Messages : 528 Localisation : Paris
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Mer 21 Mai - 23:52 | |
| Goldmund, la voie de la raison.
Aaaah, Roland Barthes, ce grand monsieur! En plus du génie que je lui accorde volontiers du siège de mon bureau, il a toute ma gratitude: ce bon littéraire m'a rapporté un 18/20 à mon dernier oral blanc grâce à une de ses analyses de Rimbaud. C'était un grand homme Petite larme.
TrOn, ne deviens pas piquant, pour une fois que je ne me la joue pas La Rochejaquelein! Ne reprends pas non plus mes propos à tort et à travers dans des citations amputant totalement le caractère réel de mes dires, mmh, on ne me la fait pas à moi celle-la. Ni à personne d'autre d'ailleurs, pourvu qu'il fut possédé d'un tant soit peu de neurones. Certes, nous traitons de méthodes, ce qui entraîne ainsi un beau débat, mais laissons-lui cet adjectif, n'en changeons pas, c'est tellement plus sympathique.
Franchement, TrOn, tu peux penser toutes les conneries du monde, inutile pour autant de nous les universaliser:
| Citation: | | quand à côté de ça cinq cent lignes de Balzac vous emmerde à mourir, avec des descriptions inconcises |
A côté de ça, tu peux dire des choses intelligentes et claires, mais là franchement. Autant, tu aurais dis que Rousseau était un faux-cul barbant que je t'aurais sans doute témoigné ma joie et mon admiration par message privé, mais accorder à tous un opinion un peu bébête et peu développé, ça me gêne. D'autant que des milliers de personnes autrement plus qualifiées que nous, aussi bien que des millions de personnes tout autant qualifiées, ont reconnu Balzac comme le génie d'un peuple. Avouons que ça la fout mal si moi, Vladimir Haulet, jeune puceau (c'est une expression...) de 17 ans encore au lycée, je clâme haut et fort que Flaubert, Racine, Francis Ponge, Rimbaud, Baudelaire, Ionesco et toute la trique ne sont qu'un ramassis de vieilles merdes décharnées flottant au gré des conneries d'Académiciens en état de fossilisation millénaire. J'ai le droit de le penser par contre, même si c'est ici loin d'être le cas.
Euuh...Comparer la taille d'une prose, de Baudelaire ou de Dupont, à celle d'un roman, de Balzac ou de Dupond, c'est un tant soit peu idiot. Certes, la prose a un côté plus brillant, plus explosif, que le roman de Balzac. Malgré tout, je ne pourrais pas me contenter de proses, j'aurais constamment une sensation d'insatisfaction profonde, la désagréable impression de rester sur ma faim. Quel intérêt à la virtuosité de Racine si ce n'est sa constate perfection sur toute la ligne, que l'on fasse allusion à Phèdre ou à Bérénice?
Quel intérêt à une comédie humaine synthétisée en 20 pages? Deux. Ajouter une nouvelle tâche à Hercule et une nouvelle note à bien inscrire sur la longue liste des conneries humaines à ne jamais faire si l'on peut un jour remonter le temps. Toute la richesse de ce livre réside dans la complexité de ses personnages, chose qui malgré tous les talents ne peut être révélée dans son plus grand art à travers de nombreuses expériences et études du dudit môsieur/madame/mademoiselle/jeune/croûton/monstre. Il est tellement plus simple de créer un personnage le temps d'une page que d'en faire vivre un à la manière de Zola. En cinq pages, on peut montrer quelques bribes de son caractère, le rendre attachant ou antipathique, lui faire dire beaucoup de choses. Jamais la profondeur tant convoitée chez certains grands classiques ne sera pour autant aussi brillamment retrouvée.
| TrOn a écrit: | Tout le monde peut écrire une histoire originale, tout le monde n'a pas le talent pour manier les mots. |
*Hurle de rire un bon coup puis s'en retourne pianoter sur son clavier*
Une histoire originale, oui, ça même un gamin de primaire peut le faire. Une histoire incroyablement bien développée et structurée, non. Je fréquente tous les jours, et bosse une fois par semaine, avec des écrivains qui réalisent des polars, des bouquins de sf, ou des romans plus traditionnels. Quand tu les vois mettre au point la trame de leur récit et le caractère de leurs personnages, tu ne peux que t'incliner. Ce sont des types d'une trempe bien autre que celle du commun des écrivains, des auteurs capables de t'inventer une histoire et des personnages incroyablement riches en un mois et de te rédiger le tout en cinq, avec un résultat pour le moins épatant! Ce sont des forces de travail incroyables. La perfection dans la lignée de la trame, l'incroyable jeu des dérivations et des retours aux intrigues, les invraisemblables retournements de situation, ne s'inventent pas en claquant des doigts et sont source de sueur. Agatha Christie et bien d'autres témoignent.
Je soutiens cependant ta volonté de t'entraîner en premier lieu en écrivant de courts écrits. C'est effectivement pure perte que de se lancer directement dans la rédaction d'un Astrée II si l'on ne maîtrise que très mal son style. Malgré tout, j'ai tendance à croire que s'acharner sur de petits écrits en prose sans aucun lien entre eux demeure quelque chose de relativement futile à long terme. S'ils constituent un recueil comme Le Parti Pris des Choses de Francis Ponge, on peut effectivement y voir un chef-d'œuvre. En d'autres cas, c'est de la branlette, du faire-valoir, un moyen facile de se faire mousser et admirer.
Bon courage en tout cas, le chemin sera long et douloureux, Verlaine et Rimbaud peuvent t'en dire quelque chose. _________________
 
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|  | | Goldmund Journaliste


Inscrit le : 23 Déc 2007 Messages : 754 Localisation : Plus loin qu'ailleurs
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 0:37 | |
| J'ajoute mon grain de sel.
| Tr0n a écrit: | | "Nécessairement" où l'art d'être embourbé dans un carcan littéraire... Tu sais très bien que ce genre de croyance divine d'une sacrosainte éducation - embrigadement - qui voudrait que la taille révèle la beauté d'un style, est une chose qui me fait bondir. Trois poésies en prose du spleen de Baudelaire suffisent à démontrer le talent et la force de quelques lignes seulement, sur une idée, un thème, où un sentiment, quand à côté de ça cinq cent lignes de Balzac vous emmerde à mourir, avec des descriptions inconcises (mais stylistiquement irréprochables) et sont nécessaires à la révélation redondante d'un style désagréable aux ouailles. |
Et dix poèmes de Baudelaire, pour peu qu'on les choisissent bien, seront plus révélateurs de l'esthétique baudelairienne que trois. C'est d'un pragmatisme terrible ce que tu me forces à dire, mais il faut bien commencer par le commencement: une oeuvre avant d'être talentueuse, ce sont des mots agencés dans un certain ordre, dans une certaine quantité. Tu te plais à toujours tout ramener à la perversion de l'enseignement, à une éloge de l'inculture; dans le cas présent ça ne me semble pas vraiment pertinent.
Que tu sois adepte d'une production littéraire plus condensée, plus dynamique, plus écourtée que celle de Balzac - pour prendre le cas extrême - je n'ai rien à redire: c'est précisément la raison pour laquelle je suis moi-même friand de théâtre. Mon propos n'est pas de trancher en déclarant d'office ce qui est bien et ce qui est mal. Ca ne m'intéresse pas. Je me borne à suggérer cette équation très simple, et sans doute, comme tu l'as souligné, un peu généralisatrice: plus il y a de matière, plus le critique possède d'outils pour nourrir son commentaire et structurer son point de vue. Est-ce que ça veut dire qu'une oeuvre courte est inférieure à une oeuvre longue ? Non. Est-ce que ça veut dire que nous aurons moins à en dire ? Sans doute. Si Baudelaire n'avait écrit qu'un seul poème, peu importe lequel, prenons celui que tu estimeras être le plus brillant: il ne serait sans doute pas passé à la postérité.
PS: Barthes n'est pas d'une lecture facile, tu m'impressionnes Pluplume. _________________
simplification ... ication ... tion absence de simplification
Avons-nous cru que nous mènerait loin
... le chemin...
... qui se perd...
... dans l'évidence... |
|  | | KinderWalker



 Age : 19 Inscrit le : 27 Déc 2007 Messages : 379 Localisation : Caen / Rouen
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 1:17 | |
| | Tr0n a écrit: | [justify] "Nécessairement" où l'art d'être embourbé dans un carcan littéraire... Tu sais très bien que ce genre de croyance divine d'une sacrosainte éducation - embrigadement - qui voudrait que la taille révèle la beauté d'un style, est une chose qui me fait bondir. Trois poésies en prose du spleen de Baudelaire suffisent à démontrer le talent et la force de quelques lignes seulement, sur une idée, un thème, où un sentiment, quand à côté de ça cinq cent lignes de Balzac vous emmerde à mourir, avec des descriptions inconcises (mais stylistiquement irréprochables) et sont nécessaires à la révélation redondante d'un style désagréable aux ouailles. Chacun sa vision des choses. Mais c'est bien souvent dans les écrits courts qu'on se rend compte de la véritable qualité et du talent, et qu'on révèle bien souvent les jeunes auteurs et rarement dans l'inverse. Pourquoi crois-tu que l'essentiel des futurs auteurs commencent bien souvent par des jobs de pigistes ou par l'écriture de 20 pages grand maximum ? Sans doute que les petites productions sont celles à juste titre qui révèle le plus de talent.
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Je m'insère un peu abruptement, mais je voudrais réagir à ce que tu dis. Autant je suis peu ou prou d'accord sur cet axiome : l'écrit court révèle la majorité des nouveaux écrivains, autant, dire que c'est parce que c'est court qu'ils se révèlent - tour de Pise syntaxique - ne me semble pas pertinent. L'immense majorité des écrivains ne produit et produisait quasi que ça ; articles de revues avant-gardistes et petites nouvelles en feuilletons. Pour moi, c'est un parti de facilité, qu'il vienne d'un besoin d'assise financière ou d'une impatience mal contenue. Les autres existent - je suis fervent défenseur de Little - mais sont plus rares comme tu le dis, et prennent comparativement beaucoup plus de risques en se jetant dans un pavé de six cents pages qui absorbera deux à trois ans, quand une nouvelle de cinquante pages suffira pour avoir un premier ressenti de la critique et du public. Pour finir et conclure mon intervention nocturne, une courte oeuvre - bien écrite - me touchera, comme une flèche tirée qu'on enlève bien vite à coup de morphine et de cataplasmes, alors qu'une longue épopée -toujours aussi bien réalisée - m'écrasera de sa complexité comme une maison qui te tombe sur le coin de la gueule.
Blague à part, j'ai voté non : trop court et trop condensé pour en ressentir tout ce qu'il est possible d'y mettre. Même si le style reste très fluide et cadencé, il manque de changement de rythme ou de crescendo pour me convaincre _________________
Ce sale type qu'est le Flocon mort vivant , je cite, a dit :_ Kinder aime raconter les scènes les plus immondément underground des films approximativement asiatiques les moins regardables en riant comme un camé. |
|  | | Tr0n Protecteur des Lettres

 Age : 28 Inscrit le : 13 Mar 2008 Messages : 840 Localisation : Bordeaux, Niort
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 1:40 | |
| Je suis tout à fait d'accord avec toi Kinder. Mais connaissant très bien le monde de l'édition, je pourrais simplement te dire qu'une nouvelle de 40 pages peut prendre autant de temps à rédiger qu'un roman de 600 pages. Etrange non ? Et qu'il est faux de croire que c'est la solution de facilité pour l'auteur. Je me placerais plutôt du point de vue du critique qui lui aurait la flemme de juger de la qualité rédactionnelle d'un petit nouveau sur 600 pages. D'ailleurs il le jugera en lui demandant d'être un gentil pigiste pendant quelques années. D'ailleurs le jour où un jeune écrivain percera en commençant par 600 pages je veux un appel téléphonique dans la minute. Ca n'existe que dans les rêves utopiques de certains. Et ça n'a rien à voir avec la "facilité" car de mon point de vue il est redoutablement plus difficile d'être conçis et court que d'avoir toute la place qu'on souhaite pour développer ses structures. Le fond, la forme, le style, la façon d'écrire, les objectifs se forment dans le temps. Et je ne vois pas en quoi "mettre une histoire", ou "écrire plus", montrerez un quelconque talent supplémentaire à ce que j'écris. Si tel est le cas alors c'est que j'ai échoué à faire ressentir avec mes quelques lignes ici.
Je n'ai jamais dit qu'écrire dans la "longueur" était mauvais. J'ai bien dit qu'il fallait savoir maîtriser l'art de la nouvelle courte à la perfection avant de pouvoir stylistiquement parlant se lancer dans le roman. Rien ne prouve que le fond, la forme, où la profondeur seront plus au rendez vous dans la quantité - où qu'il y aura plus de substance. Mon exemple cite Balzac que je considère comme monotone - et surtout monocorde dans la majorité de ses romans. L'écriture est un outil de communication qui sert à faire passer tout un tas de choses en fonction du style que l'on manipule. Certains auteurs savent faire ressentir plus que d'autres, tout bêtemment.
Je ne puis que sourire.

_________________ Je suis ce que je veux mais je parais ce que je cache. |
|  | | Plumo

 Age : 17 Inscrit le : 25 Nov 2007 Messages : 528 Localisation : Paris
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 11:13 | |
| | Tr0n a écrit: | D'ailleurs le jour où un jeune écrivain percera en commençant par 600 pages je veux un appel téléphonique dans la minute.
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Ton numéro de téléphone s'il te plaît?
La première publication, mis à part un document internet (Bad Voltage) gratuit, de Jonathan Littel fait plus de 900 pages et a remporté le Prix Goncourt 2008: Les Bienveillantes.
Je reviens cependant sur un point sur lequel j'aurais pu être mal compris. Je suis un fervent défenseur des nouvelles, genre que je trouve incroyablement riche et instructif. Effectivement, il est très difficile de rédiger une bonne nouvelle. Les Nouvelles de St Petersbourg de Gogol sont tout simplement géniales et denses. Dur dur de s'élever à un tel niveau, dans les faits tout du moins. De plus, la nouvelle est un genre relativement consacré par certains grands auteurs. Je pense notamment à la Boule de Suif de Maupassant, disciple de Flaubert, qui reçut de la part de son maître ces quelques mots après la parution de sa nouvelle:
"Il me tarde de vous dire que je considère Boule de Suif comme un chef-d'oeuvre! Oui, jeune homme! Ni plus, ni moins, cela est d'un maître.(...) Ce petit conte restera, soyez-en sûr!(...)J'ai envie de te bécoter pendant un quart d'heure! Non, vraiment, je suis content! Je me suis amusé, et j'admire! Rebravo! Nom de Dieu!"
Boule de Suif fait tout de même une bonne 60aine de pages. Un court récit, oui, c'est une bonne chose. Une nouvelle un peu consistante, quoique bien moins large qu'un roman, c'est tellement mieux de mon point de vue: si l'auteur est bon, c'est un régal! _________________
 
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|  | | Tr0n Protecteur des Lettres

 Age : 28 Inscrit le : 13 Mar 2008 Messages : 840 Localisation : Bordeaux, Niort
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 14:44 | |
| | Citation: | | c'est tellement mieux de mon point de vue: |
De ton point de vue en effet. Tu ne peux donc pas critiquer objectivement ce fait là.
Tu te focalises sur l'histoire et la profondeur du fond. Nous ne pouvons pas débattre ou nous entendre là dessus car je suis dans le domaine de l'émotion. Pour moi l'important c'est le doux son des mots qui se marient entre eux pour faire ressentir de l'émotion pure et dure. Boule de suif n'a pas d'écho chez moi, c'est une histoire stylistiquement menée de main de maître, un exceptionnel chef d'oeuvre littéaire, mais qui ne me retournera jamais la trippe à la première lecture comme à la seconde. La profondeur n'est pas synonyme de "fond", d"histoire" ou de "réflexion philosophique". Je préfère verser une larme sur Jorge Luis Borges dans "Neuf essais sur Dante" ou de la prose Baudelerienne, que de lire une histoire de Dino Buzzati, Mérimée, Aymé, ou Maupassant puisque tu le cites. C'est incomparable en terme de "force" des mots. Et écrire reste pour moi un travail sur la puissance du mot non pas pour exprimer des idées - chose que tout le monde peut arriver à faire par le travail et un peu de talent - , mais bel et bien des émotions. Un vecteur beaucoup plus profond que celui que trop peu de gens lui donne si ce n'est satisfaire leur soif de lecture.
C'est pareil dans la peinture, dans la musique ou dans l'art. Je cherche la retranscription de l'émotion par la technique, celle qui va toucher la corde sensible en transmettant des sentiments précis. Et c'est dans la concision que j'oriente mon travail. Mais puisque tu me titilles, je m'en vais donc écrire une vingtaine de page sur l'histoire "A Juliette" plutôt que 30 lignes. Est-ce que ça changera "réellement" la façon d'écrire ? Est-ce que ça te permettra de juger plus facilement ? Peut être que oui, peut être que non. La brieveté est parfois mère des sensations...
| Citation: | | mis à part un document internet (Bad Voltage) gratuit |
Mon Dieu... Les éditions Signet Book font-elles du tout gratuit ?
| Citation: | | La première publication, mis à part un document internet (Bad Voltage) gratuit, de Jonathan Littel fait plus de 900 pages et a remporté le Prix Goncourt 2008: Les Bienveillantes. |
Normal toutes ses autres publications ont été refusées... Et il a trimé comme tout le monde. Il a percé non pas grâce à son roman mais grâce à tout ce qu'il a fait avant. Ses manuscrits cyberpunk n'y étant pas pour rien, ni ses traductions de Sade et Genet (si je ne me trompe pas) ainsi que ses multiples articles de revues qui ont échoué. Je m'intéresse suffisament aux gagnants du Goncourt pour te dire que malgré la façade de ses combats en Yougo ou de son boulot en Russie, le dit monsieur n'a pas rien branlé pendant 20 ans... Il n'a pas percé comme ça du jour au lendemain dans l'esprit de Gallimard ni des juges du Goncourt juste grâce à son roman... Et je te pends si tu persistes à dire le contraire car tu sais en étant honnète qu'il est loin de n'avoir fait que ça et qu'il n'a pas été connu par son éditeur uniquement pour ça.
Des "premiers" romans qui donnent l'impression que son auteur perce je peux t'en citer 200. Je te parle de gens qui n'ont rien publié, rien proposé, rien offert si ce n'est un roman. Ca n'existe pas. L'écriture est un travail sur le "long" terme et même lui reconnaît avoir écrit des scènes de son roman sous forme de nouvelles et les avoir proposés à l'édition refusée... Comme quoi...
_________________ Je suis ce que je veux mais je parais ce que je cache. |
|  | | Plumo

 Age : 17 Inscrit le : 25 Nov 2007 Messages : 528 Localisation : Paris
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 18:41 | |
| Arrête de citer des bouts de phrases qui n'ont aucun sens ou j'arrête toute conversation avec toi. C'est un dialogue de sourds!
| Citation: | | Tu te focalises sur l'histoire et la profondeur du fond. |
Faux. Je suis un Flaubertien pur et dur. Malgré tout, la pureté de la forme en deux pages, c'est bien plus simple que la pureté de la forme durant 200 pages. Lis donc la correspondance entre Flaubert et George Sand, ils expliquent tous deux cela fort bien; par ailleurs, ces lettres sont souvent des condensés de perfection, malgré tout ce serait bien insuffisant pour me marquer à vie, contrairement à Madame Bovary. En toute logique, je préfère donc un bouquin qui me tiendra toute une après-midi et un bout de la soirée plutôt qu'un petit écrit qui me tiendra aux tripes pendant quelques minutes.
Littel, je le connais personnellement, de même que son père, Bob Littel, et je peux t'assurer que la plupart des informations que tu pourras amasser sur lui grâce à Wikipedia sont fausses. Malgré tout, il est absolument vrai que "Les Bienveillantes" est un faux-premier roman puisqu'il a d'abord publié Bad Voltage, d'abord publié sur Internet gratuitement avant d'être ramassé par Signet Book . Tu auras ainsi l'insigne honneur d'apprendre que, tout intéressé que tu sois aux Goncourt, Littel n'a jamais publié de nouvelle avant Les Bienveillantes. Biens sûr, il a bûché comme tout le monde, comme tu l'as remarqué avec sagesse, mais je ne vois pas en quoi cela appuie ta thèse ou la mienne.
Il est très énervant de constater que tu ne prends pas le temps de me lire mais uniquement celui de me répondre.
| Citation: | La profondeur n'est pas synonyme de "fond", d"histoire" ou de "réflexion philosophique". |
Tu auras beaucoup de mal à prouver ça même à un abruti fini. Si la profondeur d'un texte ne réside ni dans son fond, c'est-à-dire dans ce qu'il raconte, ni dans son histoire, c'est-à-dire le prétexte qu'il emploie pour transmettre tel ou tel idée, ni dans sa réflexion, philosophique ou non, la profondeur d'un texlivre se trouve-t-elle pour toi dans l'altitude à laquelle il a été imprimé?
| Citation: | | Mais puisque tu me titilles, je m'en vais donc écrire une vingtaine de page sur l'histoire "A Juliette" plutôt que 30 lignes. Est-ce que ça changera "réellement" la façon d'écrire ? Est-ce que ça te permettra de juger plus facilement ? Peut être que oui, peut être que non. La brieveté est parfois mère des sensations... |
Mmmh...TrOn, c'est de la mauvaise foi, là, hein? Allez, avoue...Enfin, j'espère que c'est de la mauvaise foi, car dans le cas contraire, il ne me reste plus qu'une hypothèse, et elle est très vexante. Non, effectivement, la longueur de ton écrit ne changera sans doute pas ta façon d'écrire. Je pensais que tu aurais compris que ce qui est intéressant, dans la longueur, c'est de voir à quel point cette façon d'écrire peut briller et de la voir varier d'un sujet à l'autre avec un brio toujours renouvelé (ou pas). Sans parler de l'étonnant spectacle de son évolution, de son amélioration, de ses soubresauts tout au long du même thème. Sans parler non plus du fond et de l'histoire puisque tu n'en as cure.
| Citation: | | La brieveté est parfois mère des sensations... |
Bof...J'aurais plutôt cité Musset:
| Fantasio a écrit: | Un bon sonnet vaut mieux qu'un long poème, Et un verre de vin vaut mieux qu'un long sonne |
ou
| Gustave Flaubert a écrit: | On peut juger de la beauté d'un livre, à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donnés et à la longueur de temps qu'on met ensuite à en revenir.
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|  | | KinderWalker



 Age : 19 Inscrit le : 27 Déc 2007 Messages : 379 Localisation : Caen / Rouen
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 19:00 | |
| Un truc m'énerve passablement. Tu essaie de me faire croire qu'écrire sur beaucoup de pages ne représente que des avantages. Mais créer un scénario qui tient la route sur 900 pages n'est pas une partie de plaisir. Et je ne te parles même pas de la difficulté pour ne pas se répéter. Rester homogène et parfait sur des centaines de pages représente selon moi la plus grande difficulté au monde de l'écriture.
Pour ce que j'en sais, Littel a bossé son bouquin neuf ans. Cites moi donc des artistes débutant - dans le bon sens - qui en ferais autant. _________________
Ce sale type qu'est le Flocon mort vivant , je cite, a dit :_ Kinder aime raconter les scènes les plus immondément underground des films approximativement asiatiques les moins regardables en riant comme un camé. |
|  | | Plumo

 Age : 17 Inscrit le : 25 Nov 2007 Messages : 528 Localisation : Paris
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 19:15 | |
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Et à qui s'adresse cet élégant tutu? _________________
 
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|  | | Tr0n Protecteur des Lettres

 Age : 28 Inscrit le : 13 Mar 2008 Messages : 840 Localisation : Bordeaux, Niort
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 20:19 | |
| | Citation: | Pour ce que j'en sais, Littel a bossé son bouquin neuf ans. Cites moi donc des artistes débutant - dans le bon sens - qui en ferais autant. | Littel n'était plus un écrivain débutant quand il a commencé son roman. Il a rédigé le premier jet des bienveillantes, en 4 mois. Dixit son interview dans le Figaro que je me souviens d'avoir lu.Mon cher Plumo je ne m'appuie pas une seule seconde sur Wikimerdia contrairement à d'autres. Tout ce que je dis est issu de ma lecture quotidienne de journaux et de revues littéraires ou non. J'ai même retrouvé l'interview précise dans laquelle il racontait l'histoire de son roman. Sinon puisque c'est un ami à toi tu demanderas l'avis de Michel Tournier lors de cette élection au Goncourt et sur la qualité de son roman. Sinon il est faux de croire que la longueur d'un roman est prétexte à plus de travail que la brièveté d'une nouvelle. Ce ne sont comme il a déjà été dit - par Goldmund -, pas du tout les mêmes méthodes de travail. Je pourrais te citer quelques auteurs qui ont mis des années à travailler leurs nouvelles pour qu'elles atteignent un degré de subtilité et de profondeur conséquent. De TON point de vue le roman est plus compliqué, du mien pas du tout. Il est même très difficile de maîtriser la concision de quelques pages pour en faire ressentir de l'émotion. On tombe souvent dans le fade, le déjà-vu, la facilité.
Je t'accorde que je ne développe qu'un point de vue et c'est d'ailleurs ce qui te fait croire l'illusion que je suis un adorateur du court. Chose qui est parfaitement fausse. Je ne modère pas mon propos dans mon argumentation mais rien ne te prouve que je suis convaincu par l'une ou l'autre des façons d'écrire. Je développe juste le fait qu'il est faux de croire à la longueur difficile. Comme tu pourras me prouver qu'il est faux de croire le contraire. C'est étrange cette propension à croire que plus c'est long plus c'est bon, et plus c'est long plus c'est dur alors qu'en général ça devient flasque et mou. La concision et la synthétique mon cher, ça s'acquiert difficilement aussi difficilement qu'un développement narratif, ou la construction d'un récit.Quant au "tu" je n'ai pas tout compris dans ce que dit Kinder. | Citation: | | Tu essaie de me faire croire qu'écrire sur beaucoup de pages ne représente que des avantages | Ah non moi je ne fais rien "croire" du tout. Ecrire dans la longueur m'est beaucoup plus facile que tu ne le crois, tout comme la recherche de scénarii. J'ai d'ailleurs un projet de roman sur le très long terme qui nécessite des recherches approfondis (et donc des voyages). Mais à quoi ça sert si tu n'as pas la plume capable de faire vomir un mec sur 3 pages ? A rien...Enfin bon à quoi sert-il de convaincre ? C'est un ressenti que j'ai. La structuration courte me paraît être un énorme mur face à la structuration globale sur le long terme. Pourquoi ? J'ai déjà effectué des travaux sur la longueur, j'ai la méthodologie pour les mettre en place. Méthodologie qui n'est pas si difficile que ça à connaître quand depuis tout petit on lit des romans.| Citation: | dans la longueur, c'est de voir à quel point cette façon d'écrire peut briller et de la voir varier d'un sujet à l'autre avec un brio toujours renouvelé | Je ne puis que sourire.| Citation: | Tu auras beaucoup de mal à prouver ça même à un abruti fini. Si la profondeur d'un texte ne réside ni dans son fond, c'est-à-dire dans ce qu'il raconte, ni dans son histoire, c'est-à-dire le prétexte qu'il emploie pour transmettre tel ou tel idée, ni dans sa réflexion, philosophique ou non, la profondeur d'un texlivre se trouve-t-elle pour toi dans l'altitude à laquelle il a été imprimé? | Prouver ? Je parle de sensations et tu me parles "logique". La danse des mots mon cher... Ne l'oublie pas... Tu n'auras pas d'autres réponses de ma part, car tu t'entêtes toi aussi à ne pas lire mes réponses - certes malhabiles car rédigées rapidement depuis mon travail. Ce qui me fascine dans un "écrit" c'est le mariage des mots. Tu peux avoir tout le bagage syntaxique, littéraire, de maître, tout ce que tu veux, tu n'auras une pupille ouverte que si les sons qui sortent de tes écrits sonnent à mes oreilles. Je vois l'écriture comme de l'art, et comme de la musique, comme de la danse contemporaine et des mouvements spécifiques qui ne sont justement pas réfléchis uniquement dans cet axe littéreux "simple". Tu ne peux pas jouer avec de la consonnance sur le long terme... C'est d'ailleurs pour ça que Sade, puis Céline ont révolutionné la façon d'écrire. Le roman t'enferme dans une "structure" qui ne me donne pas la liberté d'écrire comme je le souhaiterais, qui me contraint à produire de la ligne pour donner de la substance. C'est aux antipodes de ma façon de voir "l'art" tout simplement.D'ailleurs j'ai cessé depuis longtemps de lire des romans. Je n'y trouve plus la qualité que j'appréciais et qui me donnait des étoiles dans les yeux. Je ne dévore plus rien, si ce n'est ces "petites" choses qui paraissent si simples mais qui sont d'une putain de difficulté à faire. Et bref, quand je vois des jeunes qui après avoir écrit 2 ans quelques nouvelles par-ci par-là se lancent dans le romanesque... C'est ça que je critiquais pas le génie lambda qui perce.Petite Soeur si tu m'entends, la fourchette là, elle est pour toi ! Petite précision.Je suis un amoureux de la prose poétique, et rares sont les romans qui arrivent par le "son" à attirer mon oeil alors que la nouvelle est un outil de communication qui par le travail peut y arriver. Mais jamais personne en effet ne me convaincra que la longueur porte plus que la courteur (si je puis me permettre !).
Plus tu travailles ? Beh plus tu travailles. Ca ne prouve pas que tu deviens meilleur.
Plus tu écris ? Beh plus tu écris. Ca ne prouve pas que tu écris mieux ou que tu resplendis par un quelconque talent. On peut bien entendu savoir écrire des choses courtes et être incapable de passer au stade supérieur comme on peut voir le contraire.
Bref, je cesse mes réponses ici.
Ca me fatigue nerveuse, et je n'ai plus ma verve d'antan à développer "correctement" une argumentation - flemme sans doute après 50 h de boulot par semaine !
_________________ Je suis ce que je veux mais je parais ce que je cache. |
|  | | Irrumo



Inscrit le : 06 Jan 2008 Messages : 126
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Jeu 22 Mai - 20:34 | |
| | J'ai un peu survolé la dispute. Tout ce que j'en ai retiré, c'est la présence incongrue et injustifiée d'un imparfait du subjonctif dans un post de Tron. Raison suffisante pour voter non. |
|  | | Muad'Dib

 Inscrit le : 24 Jan 2008 Messages : 11
 | Sujet: Re: [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n Ven 23 Mai - 0:21 | |
| Il me vient en pensée ceci:
"Homme sans histoire recherche éditeur pour devenir écrivain."
Oups! sans doute un pomme V
Dont acte
J'ai voté OUI. |
|  | | | [Première Session / 2ème étape ] Les femmes - Tr0n | |
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