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 REU-NO-TREUKS'

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Nicolas



Masculin Nombre de messages : 1502
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Localisation : Tentaka
Date d'inscription : 25/11/2007

Personnages RP
Pseudo: Murène de Virtù
Pseudo : Andy de Falque
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MessageSujet: REU-NO-TREUKS'   Jeu 5 Fév - 17:02

REU-NO-TREUKS'





                                   À la guerre, ce n'est pas le plus fort qui gagne,
                                   mais celui qui a la conscience d'être le plus fort.
                                   Or nous nous savons les plus forts.
                                   Nous avons donc gagné.


                       Dudu-traxian III, Réfléchir simple



           Il y eut une période agitée pour les Prussians, sous le règne d'Euphraggus Ombilis et de ses clones, où la quintessence du luxe consistait à arborer dans ses quartiers, lorsque l'on appartenait aux plus hautes fractions nobiliaires, des dejjekes, statuettes érotiques d'inspiration prénatale en fulthium, alliage précieux d'elrikium et de sulfure de plomb. Une certaine émulation au sein des élites poussa à la démultiplication de ces œuvres d'art, pourtant unanimement reconnues comme repoussantes, émulation devenue escarmouches quand le sulfure vint à manquer, escarmouches devenues guerre civile quand la pénurie fut totale. Ainsi commencèrent les grandes manœuvres expansionnistes d'une race jusqu'ici renfermée sur son système mais orgueilleuse, à la conquête du plomb de l'Univers. Et voici maintenant l'histoire du conflit particulier qui se joua au beau milieu de la galaxie t-Vulp. 9 (Voie Lactée) entre une division lourde de Prussians dévoués au seigneur Dufrogg et des autochtones défendant chèrement leurs composés saturnins.

           Jusqu'ici la technique consistant à saper la force vitale des plus grands organismes d'une planète avait conduit les Prussians de victoire en victoire. Ils avaient ainsi attendu en vol stationnaire autour de la « Terre » (ictiaea Ww30.1) que leur poison génétique fasse effet sur les plus grandes colonies de populi tremuloides (peupliers-trembles) et d'armillariae solidipes (champignons canadiens d'une biomasse inégalée).  Ce poison mutatif était redoutable mais prenait un certain temps à faire effet et c'est dix générations de Prussians qui se succédèrent avant un bilan mitigé de la situation. Si les populi tremuloides avaient fini par s'affaisser jusqu'à pousser à l'horizontale, le zindium (781ème formule) avait été accueilli avec gourmandise par armillaria solidipes qui avait mutée d'une façon plus qu'agressive en croissant exponentiellement et en absorbant toute autre forme de vie dans la majeure partie du secteur êct-8.8 (Amérique du Nord). Cet adversaire de taille restait inflexible face à toutes les tentatives de négociations : on lui avait pourtant offert en tribut la moitié du yullium disponible à bord de la division et il l'avait goulûment absorbé, mais le champignon faisait mine d'ignorer la possibilité d'un arrangement. On convint de lui laisser le contrôle total du secteur et de préparer la conquête du reste de la planète.

           L'incident eut lieu peu de temps avant le débarquement programmé. Un projectile à très faible vitesse heurta le point le plus vulnérable du vaisseau cardinal d'amirauté et la conflagration initiale provoqua une réaction en chaîne. Cette série d'explosion qui se propagea de vaisseaux-fils en vaisseaux-petits-fils n'était pas due au carburant utilisé, qui se trouvait être le yullium et dont les Prussians commençaient à manquer, mais au caractère hautement inflammable du gel dont leurs gonades étaient pleines. En temps normal, ils résolvaient ce problème d'instabilité en soulageant leurs ardeurs sur des êtres autochtones qu'ils soumettaient à l'état d'esclaves sexuels, mais ils s'étaient montré assez peu satisfaits des scolopendrae giganteae capturés, êtres à première vue très aguicheurs mais assez froids dans leurs rapports. Le mystérieux projectile qui avait percé à jour le camouflage des Prussians et détruit 68% de leur flotte (coup de maître de la part des autochtones que d'avoir prévu si longtemps à l'avance la trajectoire parfaite de cet antique reliquat de satellite ictian, admettra plus tard l'historien Dudu-traxian IV dans une étude fractionnée – et controversée – du règne des Ombilis) révéla après de minutieuses analyses une menace jusqu'ici sous-estimée : homo sapiens sapiens.

           Lors de l'étude préalable des systèmes biologiques présents sur ictiaea Ww30.1, cette espèce avait pourtant créé l'hilarité parmi les Prussians par l'acharnement qu'elle semblait déployer à s'auto-détruire et avait de fait été diagnostiquée comme inoffensive. Arrivés au sommet de la chaîne alimentaire, elle était devenue son propre prédateur et certains de ses membres désévoluaient de leur propre chef vers des régimes sans ingestion d'animal, sapant la base élémentaire de l'absorption vitale. Homo sapiens sapiens s'était scindé en colonies rivales aux fonctionnements erratiques (la seule à trouver une maigre grâce aux yeux des Prussians était celle du sous-secteur nu-7.5.5 (Corée du Nord)), tuait ses enfants en toute connaissance de cause par la consommation de dérivés de solanaceae juss, (alcaloïdes nicotineux) et, ce qui le rendait vraiment hilarant, ne semblait avoir aucune notion de reproduction. Les membres d'équipage avaient récupéré une documentation visuelle inégalée sur ce sujet et se repaissaient des erreurs évidentes des autochtones ictians quant à la procréation : ingestion de composés inhibant totalement le fonctionnement des gonades, rapports entre individus homogénétiquement sexués (et/ou avec ovis aries), combinaisons incroyables mais stériles d'embouts et d'orifices, etc. Ils étaient fascinés par cette vidéo où une femelle sapientesque déployait par son organe de mastication une membrane imperméable sur l'agent turgescent du mâle, rendait inopérante la saillie qui s'ensuivait : le pauvre ne semblait même pas réaliser la trahison de sa partenaire et s'activait dans une inutile frénésie que les Prussians s'amusaient à singer sur les appareils de bord.

           La rupture de la chaîne logistique et la réduction drastique de leurs capacités guerrières contraignirent les Prussians à une approche basée sur l'infiltration et la subtilité, heureusement deux grandes de leurs forces. À peine avaient-ils décodé quelques-uns des innombrables langages des autochtones (encore une aberrance organisationnelle) que, par un extraordinaire coup de chance, le souverain d'homo sapiens sapiens se révélait-il de lui-même lors de la captation d'un échange verbal avec un trottoir : « le gr-gr-gros champignon en Amérique, c'est pas-c'est pas-c'est pas un coup d'Poutine junior, comme on dit, t'sais ! Moi je-je-je sais qui c'est, hin hin ! Et j'ai pas peur de l'dire, naon ! C'est les egst-zegs-eggzdra-sexta... les zaliens ! Et c'est moi qu'i' cherchent, les zaliens, pazque ch'uis l'empereur du monde, moi ! Mais chhhhhht... » La ruse consistant à camoufler leur suzerain au cœur d'un sous-sous-secteur peu peuplé et peu fortifié, tût-6.6.0.1 (Haute-Saône), avait été éventée rapidement et l'individu discrètement exfiltré ; afin de ne pas attirer l'attention, le vaisseau l'ayant récupéré diffusait un assortiment des cris caractéristiques des espèces animales régionales.

           Une fois à bord, l'empereur du monde Renault Trucks (son nom était tissé sur sa couronne) fut présenté à l'amiral Leragg, ancien clone en second de l'amiral Sizi-Traxian, ce dernier ayant été réduit à l'état de mousse végétative lors de l'attaque sur la flotte prussiane. L'entretien avait pour but de faire prendre conscience au représentant ictian des abyssaux retards technologique et mnémonique de son espèce et de le pousser à une reddition de sa planète. Comment un être si chétif et pourvu d'un squelette – l'antémiral Villiong imite à la perfection la démarche symétrique d'homo sapiens sapiens, à se crever l'andémose de rire – pouvait-il régner sur une planète si riche ? multi-songea Leragg. Soyons sérieux – oh la drôle de petite excroissance de la face ! – et respectons les usages protocolaires. Renault Trucks se présenta de façon non-verbale mais en humidifiant son vêtement antérieur à l'aide d'un liquide très odorifère, ce en quoi il fut imité par l'amiral. Pour comprendre la scène qui s'ensuivit, il faut savoir que les Prussians expriment leur respect mutuel en s'échangeant un unule pris dans leur cavité turhénienne et en le déposant dans la cavité de leur vis-à-vis. Leragg était ennuyé, son unule au bout du palpe, cherchant où la cavité en question pouvait se situer dans l'enveloppe de l'empereur. Il prit le parti d'aller au plus simple et écarta doucement l'orifice double de cette fascinante excroissance faciale entre les yeux, ce à quoi Renault Trucks répondit par un chant – AAAAAaaAAAAAAAAHHH – et différents craquements. L'unule avait besoin d'un peu de lubrification et Leragg le porta au bec avant de le plonger plus en avant dans le visage sapientesque, qui se scinda un peu. Les présentations étaient achevées mais l'empereur tut toute parole et tout chant et s'étala mollement sur l'estrade d'amirauté ; il fut à nouveau imité par l'amiral qui espérait entrer dans le vif du sujet une fois ce rite tribal arrivé à son terme. On conclut plus tard que le souverain ictian était mort de causes inconnues.

           Les réserves en yullium tendaient à s'épuiser dangereusement et l'invasion de la planète commençait à être remise en question. C'est alors que se polysynthétisa miraculeusement une idée extraordinaire dans l'esprit de l'amiral Leragg. Des centaines de volontaires prussians débarquèrent ainsi selon une habile répartition sur ictiaea Ww30.1 après un passage en salles d'imprimerie. Tous revêtaient l'apparence et la tenue du défunt empereur Renault Trucks. Fort de cet habile camouflage d'autorité suprême, les infiltrés devaient prendre le contrôle de chaque colonie d'homo sapiens sapiens et contraindre les autochtones à la livraison de tout leur plomb. Étrangement, le succès ne fut pas au rendez-vous. Les ictians dans le meilleur des cas moquaient et la plupart du temps fuyaient la figure de leur empereur au lieu de lui obéir. Dans certains secteurs septentrionaux, les Prussians sous couverture étaient même taillés en pièces par des sapientesques ne souhaitant pas se soumettre à l'autorité. Des documents vidéo partagés sur le réseau électro-informatique des autochtones révélaient la déficience de communication à laquelle les infiltrés étaient confrontés, comme celui dont voici une retranscription des échanges, intitulé Pti délire a paris avec jul et jc. « Ch'uis l'empereur du monde, moi ! Toi donneras plomb ! Et j'ai pas peur de l'dire, naon ! _  Hé mais va t'faire foutre ! J'te donne rien, sale clodo ! _ Plomb pour à les egst-zegs-eggzdra-sexta... les zaliens ! _ Tu veux qu'j'te casse la gueule ? Elle est déjà toute cassée, ta gueule ! _ Mais chhhhhht... »

           En parallèle de ce demi-échec, les ictians continuaient candidement d'ignorer la menace qui planait sur eux, un organe d'information aussi pointu que le Nouveau Détective étant délaissé au profit de ceux traitant des sujets triviaux, comme l'instabilité de leurs équipements à énergie nucléaire. Pourtant, dans le numéro 1810 de ce précieux document, l'action prussiane était savamment disséquée : Secret d'actualité : le champignon qui a envahi l'Amérique serait d'origine extraterrestre ! Impossible : un vagabond au visage balafré photographié aux quatre coins du monde la même journée ! Témoignage choc : j'ai vu une soucoupe qui meuglait !

           Peut-être avons-nous été dupés par homo sapiens sapiens – ces scolopendrae gigantae ont des muqueuses si rugeuses ! – et que Renault Trucks n'était qu'un leurre, poly-médita Leragg. Je n'avais pas pensé – rhakakakaka ! – qu'ils pourraient être si fourbes. Ces animaux adorent communiquer – Sizi-Traxian aurait-il été contre un copulage dans son avant-mousse ? –, c'est incroyable la déperdition d'énergie qu'ils y mettent. L'amiral tenait en palpes et visionnait avec lassitude deux télétranscopies prises au hasard dans la masse des innombrables données récupérées aux sapientesques : « Смешной, говорящий котёнок - позитив на весь день =) », extrait vidéo de l'étude d'une espèce endogène, et « Réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU à Londres : Vladimir Poutine junior fera-t-il obstacle à Kenrick Obama qui souhaite former un nouvel état américain en Cisjordanie ? », obscur bulletin relatant le rassemblement de... les plus grands chefs de la planète ?! Plus question d'être trompé, cette fois-ci – tutunut, hihihi –, c'est notre dernière chance d'arracher la victoire aux sapientesques !

           L'information était sûre et les trois infiltrés du secteur rêra-9.8.2 étaient accompagnés pour cette mission de la dernière chance des deux meilleurs espions de la flotte, eux-aussi en tenue de faux-empereur (seul modèle ictian disponible). La délégation sapientesque était protégée très rudimentairement et il suffisait d'actionner l'épaississeur de temporage Sis II pour agir au sus des gardes, qui laissaient poindre des signes d'inquiétude face aux déguisements pourtant parfaits de la fine équipe prussiane. Néanmoins, l'appareil était gourmand en yullium et une unique utilisation était permise ; il faudrait choisir judicieusement quel dirigeant ictian exfiltrer et ramener devant Leragg. L'un deux possédait forcément l'autorité sur l'ensemble des colonies autochtones – une pyramide n'a qu'un sommet, Dudu-Traxian III, Pensées –, il suffisait de l'identifier. Une vision transversale de leurs fluides révélaient que les synapsions d'une majorité des membres du conseil étaient focalisés sur l'idée de reproduction avec l'un des leurs. L'arrière de ses membres antérieurs étaient relevés par des ustensiles à dessous rouges et le haut de son encrânage débordait d'une riche pilosité dorée, des signes extérieurs qui ne pouvaient pas tromper quant à sa dominance. Les Prussians agirent avec rapidité et efficacité et un vaisseau récupéra l'escouade et son captif au-dessus de la grande colonie sapientesque de Londres, tout en diffusant de très esthétiques cris de colomba palumbus.

           Le leader ictian mouilla son vêtement antérieur une fois en face de l'amiral, qui commençait à être familier et amusé de ces rites, et il fit de même. Son nom était indiqué sur l'étrange couronne rectangulaire que la femelle portait à son torse : Marion Maréchal Le Pen. Son unule au palpe, Leragg allait procéder aux présentations.

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