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 Vésicule biliaire

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dale cooper

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MessageSujet: Vésicule biliaire   Mar 21 Avr - 15:05

LABYRINTHES, saison 2

Vésicule biliaire





Chapitre 1 : junk food


Ca commence encore dans un junk food.

Pourquoi ? Pourquoi la police par défaut quand tu ouvres un putain de traitement de texte est toujours ce putain de times roman à la con ?

Sérieux. Ca me fout la rage.

Bref.

Ca commence encore dans un junk food comme la dernière fois. Sauf que cette fois, c'est un peu plus artisanal. On est plus tout à fait dans l'indus du mac do, mais plutôt dans un environnement au carrelage passablement blanc et avec des calendriers bollywood aux murs, pour donner à la fois une impression d'hygiène et une ambiance orientale. Sauf qu'on est dans un kebab et pas dans un restau indien où on peut s'asseoir, discuter avec la meuf qu'on a invitée, prendre son temps et déguster des kilogrammes de glutamates.

Mais putain ! Pourquoi, ô putain, pourquoi ils se sont sentis obligés de modifier l'interface de grooveshark ? Il est où le bouton pour mettre la playlist en mode repeat ? Mais sérieux, quoi ? Ils ont tous décidé de me pourrir la vie cette semaine ou bien ? Je comprends rien à cette interface ! Je vais quand même pas m'arrêter d'écrire toutes les trois minutes trente et un pour rejouer la chanson ? Si ? Sérieux, les mecs. Les mecs, quoi. Allez tous bien vous faire enculer.

J'en étais aux glutamates. Sauf que là, il y en a pas, il y a de la graisse liquide au fond de ta galette qui te coule sur le menton à température ambiante, du coup tu la sens pas avant qu'elle vienne se répandre sur ton sweat-shirt. Mais on y est pas encore. Et de toute manière, ce premier chapitre n'ira pas jusqu'au meilleur moment du kebab : celui où tu es enfin sorti du bouiboui et que tu peux te régaler.

Je connais ce kebab depuis des années. Il est pratiquement en bas de chez moi et là tout de suite maintenant, j'ai une grosse grosse dalle. Ouais, je sais,c'est pas très malin de ma part. Si j'avais vraiment bien géré la soirée, on serait allé se poser à la Taverne Saint Martin, se bâfrer un truc grillé avec une montagne de frittes.

J'ai rien trouvé de mieux que de mettre neuf fois d'affilée ma chanson dans la playlist. C'est « The Night » de Valerie Dore. Ca n'a aucune espèce d'importance, mais comme je sens que ça vous titille et que tôt ou tard vous essaierez de savoir ce que j'écoute, autant vous le dire. Vous êtes contents de cette information ? Ca vous apporte quelque chose ? Vous connaissez pas et vous allez pas faire l'effort d'aller chercher à savoir à quoi ça ressemble. Et dans le pire des cas vous le ferez et vous trouverez ça à chier. C'est bon ? Je peux continuer ?

Donc.

Comme dans la plupart de mes histoires, je parle d'un gars à la première personne qui a invité une fille qu'il connaît à peine, mais qu'il a un petit peu envie de serrer. Quoi ? Ouais, je sais, c'est rengaine et ça fait écho à tous ces putains de billets facebook sur le harcèlement de rue, la vilaine vision que les hommes portent sur les femmes, tout ça. J'en ai strictement rien à battre. Ca fait des années que j'en suis conscient et tout le monde laisse filer, à commencer par tous les boulets du net qui se ruent sur le moindre profil de meuf qui débarque pour les MP et les SMS comme des chauds bouillants sans même savoir si les meufs en question sont de vraies princesses ou d'authentiques poufiasses. Parce que les connasses il y en a autant que les connards. Ce genre de filles insupportables qui braillent et qui font des allusions plus ou moins golri à leur sexualité supposée « so 2015 » et en réalité quasi inexistante. Moi j'en ai marre des brailleuses qui se la jouent « charmeuses » pour attirer l'attention de quatorze mecs d'un coup. Pour peu que dans l'assistance il y en ait deux ou trois, l'ambiance devient réellement inbitable. Tension sexuelle, mon cul ! Tout ce que ça apporte, c'est de voir les mecs revenir à l'âge des cavernes et gonfler leur torse et se lancer dans une compétition de vannes foireuses. « Femme qui rit... ». Résultat des courses ? Les plus lourds, s'ils se sentent évincés de la course au vagin, se rabattent sur les copines silencieuses et discrètes qu'ils pensent trop timides pour avouer un quelconque intérêt à leur bouffonnerie. Il y en a même qui se mettent à peloter et foutre des mains au cul sous prétexte de bonne humeur et d'atmosphère détendue. Le genre d'atmosphère créée de toute pièce par les deux ou trois connasses susmentionnées et qui, elles, se laissent tripoter à loisir pour compenser leur vacuité. Quand on a une main sur son nichon, on fait plus trop gaffe aux âneries qu'une connasse peut débiter. Sauf quand on essaie d'avoir une vraie conversation avec un individu normal présent dans la même pièce. Chose rendue souvent difficile parce qu'entrecoupée d'éclats de rire débiles et de vannes foireuses.

Peu importe. Vous vous sentirez de toute manière sans doute pas visés. Dommage, parce que je parlais de vous.

La soirée avait plutôt bien commencée. J'avais dégoté cette fille loin de ce genre d'ambiance crapuleuse et j'étais bien content de ne pas pouvoir la ranger dans aucune des catégories de pétasses connue. J'avais bon espoir qu'elle devienne rapidement un palliatif à ma rancoeur et à mon dégoût de l'espèce humaine. Ca s'annonçait bien à vrai dire.

On s'était donné rendez-vous devant le multiplex, on avait vu un film pas trop dégueu et sans 3D, puis on avait bu quelques bières d'importation dans un chouette pub. Il était tard, on avait plus grand chose à faire, surtout pas dans un local « nocturne » où on aurait pas pu parler. On avait tous les deux conscience qu'il était bien trop tôt pour tenter quoi que ce soit de plus. Je crois surtout, qu'on appréciait tous les deux ce moment de début de relation plein de promesses et qu'on voulait poursuivre encore quelques temps sur cette lancée. Le charme, la séduction. Les vrais bons moments, pas la drague poussive ou les concours de vannes foireuses agrémentés de rires alcoolisés ou feints.

Je décidai de la raccompagner. Hasard total, elle habitait le même quartier que moi. En passant devant le kebab, je me suis dit que ça pourrait être un bon moyen de gagner une bonne demie heure en sa compagnie.

Et dire que la taverne servait encore à cette heure-là.

Deux kebab frittes, salade tomate oignon, sauce blanche en galette. Un coca et un ice tea. Parfait pour se caler une petite dalle et se rapprocher l'un de l'autre dans la fraîcheur du soir et partager une dernière clope à deux à moins de dix centimètres de distance l'un de l'autre.

A cette heure-ci, forcément, dans un quartier comme le notre, ça grouille de mecs et de meufs à moitié bourrés qui viennent faire leur pause kebab avant de continuer à se saouler jusqu'au black out.

C'est cool. On se marre en se moquant plus ou moins discrètement de cet étalage de singes sur deux pattes, gloire du troisième millénaire occidental. Une meuf assise sur un bout de trottoir grelotte dans sa cuite, en débardeur. Elle fouille dans son sac pour chercher son porte-monnaie. Une fois trouvé dans les entrailles de sa bourse simili LV, elle le tend derrière elle à une hypothétique connaissance et gueule de sa voix cassée « Marion... tu me prends un kebab ? J'ai la dalle ! Marion, putain ! J'ai la dalle ! ».

En fait, la Marion en question est en train de rafler la mise, trois mètres derrière sa copine. Elle est visiblement moins jolie que son amie défoncée au gin, mais elle a su se garder un minimum de sobriété. Marion est donc en phase séduction, flanquée de deux grands marins ramassés dans un pub et prêts à raccompagner la copine saoule chez elle, pour la déposer dans un canapé, le cul trempé de pisse et profiter du lit avec une Marion victorieuse et à poil à l'intérieur. Reste encore à déterminer lequel des deux sera le number one, car Marion prend un malin plaisir à mettre ses deux prétendants en lice. Rires, moues, remarques ineptes qui se veulent pertinentes, accords, désaccords. La conversation passe de Kendji Girac à la programmation culturelle de NT1.

Elle et moi nous marrons à deux pas de ce jeu trivial et désespérant, faisant mine de tenir des paris sur la suite de leur soirée.

Vient enfin le moment d'être servis.

Grand seigneur, je dégaine un billet de cinq et un ticket restau. C'est pour moi cette fois. Non pas que je sois particulièrement attaché aux traditions de l'homme qui invite, mais surtout parce que la fille a déjà payé la dernière tournée de pintes au pub. Equilibre des comptes.

« Voilà, deux kebab frittes sauce blanche, un coca et un ice tea. Ca fait dix euros.
— Super merci.
— Bonne soirée.
— Et euh... la monnaie ?
— On rend pas la monnaie sur les tickets restaurants.
— Bah c'est pas grave, t'as qu'à rendre la monnaie sur le billet de cinq. »

Je lance un regard désabusé à ma copine qui se termine avec les yeux au ciel et une grimace de circonstance.

« Les cinq euros c'est pour un kebab. Le ticket restaurant c'est pour un autre kebab. On rend pas la monnaie sur les tickets restaurant. »



Je... Ok. On recommence.

« Oui, mais c'est moi qui paie les deux kebab. Un kebab et une boisson, cinq euros. Deux kebab et une autre boisson, dix euros. D'accord ?
— Non, Monsieur, je peux pas.
— Tu peux pas quoi ?
— Je rends pas la monnaie.
— Mais je t'ai donné treize euros. Cinq euros en billet et huit en ticket.
— Oui, oui.
— Je comprends pas.
— Je. Rends. Pas. La monnaie sur les...
— Oui, tu l'as déjà dit trois fois ça.
— Merci, au revoir, il y a des clients.
— Non, non, non. Tu me dois trois euros. C'est pas compliqué pourtant. Deux kebabs, ça fait dix. Un ticket et un billet ça fait treize. Il manque trois euros là.
— S'il vous plaît. Je peux pas, j'ai pas le temps.
— Ben, si t'as pas le temps, tu me rends la monnaie et on en parle plus.
— Kjsy panuzyrupao yp, apiua !
— Ca c'est très mal poli, ce que vous faîtes. Je reste courtois et patient, et vous vous m'insulter dans votre langage de crypto-fasciste oriental. Pourquoi vous faites ça ?
— Allez, c'est bon ! Tu dégages maintenant !
— Viens, laisse tomber, c'est un con, ce type.
— Attends, deux minutes. C'est une question de principe. Je peux parler au patron ?
— Y'a pas de patron ici. C'est moi. Allez !
— Non, non ! Ca fait des années que je viens ici, je sais très bien que c'est pas toi le boss. Le chef, je le connais, je le croise toutes les semaines ou presque. Alors t'arrête ton char et...
— Zkeru mlpizrue, pinpui rez !
— Ah non, hein !
— C'est bon je te dis ; c'est pas grave. Tu sais quoi ? Je vais aller à la tirette chercher un billet et on va régler ça autrement.
— Non, non. Il essaie de nous entourlouper et ça se fait pas.
— Bon, tu pars maintenant.
— En fait, t'es un voleur ? T'essaies de me tirer trois balles, comme ça, l'air de rien, avec un prétexte à la con.
— Oh ! Zl ryeoiz n pzirue npàçezr !
— Tu peux me parler en français s'il te plaît ? Tu parles français, non ? Tu sais la langue officielle dans ce pays ? Celle de l'Ursaff et des impôts ? Tu connais l'Urssaf ? Ou bien tu fais du black et en plus tu essaies de te mettre de la monnaie en plus dans ta poche ?
— Je suis pas black, hein ! Toi tu es raciste ! Hey ! C'est un raciste !
— Oh putain !
— Tu traites qui de putain ? C'est moi que tu traites ?
— Bon, on se calme. Pour la dernière fois : je te dis, que je t'ai donné treize euros et que tu me dois TROIS EUROS sur un PUTAIN DE BILLET DE CINQ ! Tu rends pas la monnaie sur un ticket restau, ça j'ai bien compris et tu as RAISON ! Mais tu peux me rendre la monnaie sur mon PUTAIN DE BILLET DE CINQ, non ?
— Allez, pars, maintenant. Pars. Azl yelm u, zer, lize'n !
— Oh, LA VACHE ! »

La fille a bien tenté de me consoler. De me dire que c'était pas grave, qu'il fallait relativiser. Elle m'a même proposé son kebab puisque j'avais balancé le mien à la face de ce gros con avant de me barrer en courant avec elle, poursuivis par une bande de turcs musclés et vindicatifs. Heureusement, je connaissais le quartier dans ses moindres méandres, ce qui nous aura sans doute épargné une baston injuste et infamante.

N'empêche que, j'ai senti que je ne reverrai plus cette fille. Tout au pire je la croiserai de temps en temps au Carrefour Market et on se sourirait poliment et gênés.

Le rêve s'est brisé. Pour une poignée d'euros volés en toute impunité.

La rage. La rage c'est ce qui me consume depuis des années. Elle naît dans l'injustice et la frustration.

L'iniquité. Il n'y a rien de tel pour me faire péter un câble.

Cette nuit là, j'ai pété mon câble, comme je ne l'avais pas fait depuis longtemps.

J'ai attendu qu'il baisse le rideau de fer, qu'il dise au revoir à ses clients turcs qui se sont dispersés en scooter et je l'ai suivi. Il a longé le petit parc un moment, avant de sortir son téléphone portable et s'arrêter pour écrire un sms.

Il a pris la première volé de chaîne en plein figure. Il a crié faiblement, plus sous la surprise que sous le coup de la douleur. Il s'est baissé pour attrapé son téléphone. En se relevant, il a respiré la décharge de la bombe de gaz. Il a aussi tôt commencé à cracher et à suffoquer. J'en ai profité pour lui asséner d'autres coups de chaînes. Il battait des mains devant lui pour essayer d'éviter les coups. Je lui ai saisi le bout des doigts et je l'es ai plié très forts. C'est le genre de douleur qui accapare l'attention. Il m'a saisit le bras, comme je m'y attendais. La panique est si prévisible. De mon autre main, j'ai sorti calmement le couteau en faïence japonais. C'est fragile, c'est pas pointu, mais le tranchant est particulièrement efficace. Je lui ai lacéré le visage tant que j'ai pu. C'est une douleur supportable à laquelle on ne fait pas trop attention. J'ai tenté de viser les yeux, mais je crois que je ne suis pas parvenus à les trancher. Il serrait les paupières bien trop fermement. Je me suis rabattu sur les oreilles.

Parait-il, en voyant les blessures, les urgentistes ont appelé les flics. Le mec aurait insisté pour ne pas trop en dire, soit disant que c'était un accident. Les flics ont quand même insisté pour vérifier son identité et le confier à la police des Frontières à sa sortie d'hôpital. D'après ce que j'ai compris, il n'était pas déclaré aux Urssaf.

Le lendemain, Rachelle appelait pour prendre de mes nouvelles. Elle me proposait d'aller manger des glutamates en ville, dans un vrai restau oriental. Pas dans un pauvre kebab merdique.


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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Mar 21 Avr - 19:23

la tout de suite pas le temps de commenter des masses, mais j'ai bien aimé, comme d'hab, même si c'est qu'un oneshot à la con, à la bile. Tout s'enchaîne bien, même le passage entre troisième et première personne.
Cela dit, ton mec, il part vite de tout à fait raisonnable à totalement barré. Parce que pour trois euros et une histoire de coeur, c'est un peu excessif comme réaction Très Heureux

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Redofre

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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Mer 22 Avr - 14:07

Je vais tenter un petit commentaire en brutalisant un peu ce qui me reste de mémoire. Il faudra donc en excuser les inexactitudes ou formulations un peu hâtives. La littérature violente ça me rappelle Nicolas Winding Refn, ou parfois Ambrose Bierce, voire Vernon Sullivan. Enfin, ce genre de choses, très différentes mais ayant un point commun. Ou presque. On crache sans concessions sur ce qu' on aime pas. Par la violence, métaphore privée de sa conscientisation. Tendance reprise plus ou moins élégamment dans la culture rap qui a bien appauvri la veine de ce fait. Si le rap assumait la vision du style de Bukowski il serait surement plus écoutable. Mais en général on préfère la surface du truc. La violence a un côté réac à n' en pas douter, et ce qui en fait le style est souvent d' utiliser cette violence en contraste, c'est à dire sans concessions, excepté pour ce qui donnera un peu le dessin psychologique, le discours du film ou de la narration.. Nicolas winding refn y fait des concessions au mythe, à la morale "non transcrite" genre l' amour, la protection d' un sentiment précis. Bukowski y fait des concessions au OSEF. Ambrose Bierce à la raison. Vernon Sullivan... Ma foi à pas grand chose si je m' en souviens bien, si ce n' est la splendeur du geste cathartique et de la figure extrême dans sa nature.
Ici on retrouve un peu du parfum de tout ça. Simplement j' identifie deux concessions : celle à l' autorité convenue par le social patriarcal (le perso se trouve soutenu par l' Urssaf? et les services d' immigration?) ainsi qu' à un centrisme tout aussi patriarcal (motivations du bonhomme: sa libido, son ego). Ca fait de sa violence une sorte d' opportunisme tout à fait gentillet (au fond c'est un gentil citoyen qui voudrait préserver les valeurs paternelles, leçon à coups de chaînes à l' appui: une bonne fessée et ça va mieux). N' ayant pas lu d' autres nouvelles, je ne sais pas si il s' agit ici d' un discours propre ou d' une occurence rageuse envers un gars du genre que tu aurais croisé Heureux Lautréamont a ses qualités pour ça, n' entretenant aucune valeur, si ce n' est sa logorrhée sublimant le "stream of consciousness". Mais ce n' est pas l' affiliation que tu semblais poursuivre ici.
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Mer 22 Avr - 18:42

Citation :
la tout de suite pas le temps de commenter des masses, mais j'ai bien aimé, comme d'hab, même si c'est qu'un oneshot à la con, à la bile. Tout s'enchaîne bien, même le passage entre troisième et première personne. Cela dit, ton mec, il part vite de tout à fait raisonnable à totalement barré. Parce que pour trois euros et une histoire de coeur, c'est un peu excessif comme réaction.


Cher lecteur,

Permets-moi de me présenter. Je suis Rachelle.

Ô ne t'offusque pas de ma réponse. J'imagine qu'il doit être particulièrement étrange pour un humain de ta facture, qu'un simple personnage de fiction s'adresse à toi directement. Mais tel nous a conçu notre auteur. Bien que nous partageons une certaine connaissance commune ou parallèle de sa propre expérience, nous n'avons aucune pré-science quant à notre destin. Je ne sais si moi-même ou David, l'autre personnage, existerons encore au terme de cette page, si nous serons détruits, chassés d'une volée de touche de clavier ou embrasés par notre propre feu.

Je suis par contre étonnée de constater que tu puisses voir en nous l'expression d'un "oneshot à la con". Pour ce qui est de la bile, je crois que notre auteur t'en sera ravi, puisque j'ai cru comprendre qu'il avait toujours du mal à dénicher des titres. Il t'en sera fort gréé, j'en suis persuadée.




Citation :
Je vais tenter un petit commentaire en brutalisant un peu ce qui me reste de mémoire. Il faudra donc en excuser les inexactitudes ou formulations un peu hâtives. La littérature violente ça me rappelle Nicolas Winding Refn, ou parfois Ambrose Bierce, voire Vernon Sullivan. Enfin, ce genre de choses, très différentes mais ayant un point commun. Ou presque. On crache sans concessions sur ce qu' on aime pas. Par la violence, métaphore privée de sa conscientisation. Tendance reprise plus ou moins élégamment dans la culture rap qui a bien appauvri la veine de ce fait. Si le rap assumait la vision du style de Bukowski il serait surement plus écoutable. Mais en général on préfère la surface du truc. La violence a un côté réac à n' en pas douter, et ce qui en fait le style est souvent d' utiliser cette violence en contraste, c'est à dire sans concessions, excepté pour ce qui donnera un peu le dessin psychologique, le discours du film ou de la narration.. Nicolas winding refn y fait des concessions au mythe, à la morale "non transcrite" genre l' amour, la protection d' un sentiment précis. Bukowski y fait des concessions au OSEF. Ambrose Bierce à la raison. Vernon Sullivan... Ma foi à pas grand chose si je m' en souviens bien, si ce n' est la splendeur du geste cathartique et de la figure extrême dans sa nature.
Ici on retrouve un peu du parfum de tout ça. Simplement j' identifie deux concessions : celle à l' autorité convenue par le social patriarcal (le perso se trouve soutenu par l' Urssaf? et les services d' immigration?) ainsi qu' à un centrisme tout aussi patriarcal (motivations du bonhomme: sa libido, son ego). Ca fait de sa violence une sorte d' opportunisme tout à fait gentillet (au fond c'est un gentil citoyen qui voudrait préserver les valeurs paternelles, leçon à coups de chaînes à l' appui: une bonne fessée et ça va mieux). N' ayant pas lu d' autres nouvelles, je ne sais pas si il s' agit ici d' un discours propre ou d' une occurence rageuse envers un gars du genre que tu aurais croisé Heureux Lautréamont a ses qualités pour ça, n' entretenant aucune valeur, si ce n' est sa logorrhée sublimant le "stream of consciousness". Mais ce n' est pas l' affiliation que tu semblais poursuivre ici.

Cher commentateur,

Je me trouve fort désolée pour toi : je ne suis qu'un personnage, et je n'ai qu'une vision très parcellaire de votre "monde extérieur". J'espère que ta mémoire se remettra promptement de toute cette brutalité.

Pour ce qui est de la violence des propos, puis que c'est le détail qui aura retenu le plus votre attention, dites-vous simplement que nous sommes nés sur Ter Aelis. Mieux, nous sommes nés de Ter Aelis.


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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Mer 22 Avr - 18:42

Chapitre 2 : joyeux anniversaire Meli




Franchement, je fus très agréablement surpris. Jamais je n'aurais espéré qu'elle me rappelle après cette histoire débile au kebab. Il allait sans dire que j'avais très mal dormi, la nuit précédente. Ne serait-ce que parce que je m'étais couché tard, et que j'étais resté ressasser cette histoire de ticket restau pendant des heures.

Rachelle m'avait donné rendez-vous à la sortie de son boulot, dans une agence commerciale de téléphones portables. En attendant la fin de son boulot, et comme je déteste réellement ce genre de boutique, je décidai de faire chier un vendeur pour passer le temps.
Pour une fois, il n'y avait pas trois quart d'heure d'attente. Je furetais donc autour des vitrines, essayant de comprendre les chiffres, sigles et autres logo incompréhensibles inscrits sur les étiquettes trop petites. Je ne comprenais pas les prix. Je veux dire, j'ai jamais payé un téléphone plus de deux euros depuis au moins quinze ans. Comment des abrutis étaient-ils prêts à dépenser des fortunes pour des appareils à l'obsolescence programmée à moins de six mois ? J'ai toujours eu l'impression qu'un nouveau téléphone plus mieux que tous les autres sur le marché sortait tous les deux ou trois semaines. C'était parfaitement ridicule.

Un vendeur en chemise blanche avec son prénom écrit sur un badge s'approcha de moi d'un air enjoué. Il me fit l'effet d'un stagiaire en école de commerce prêt à me vendre n'importe quoi, déjà satisfait d'avoir explosé ses objectifs avant la fin de la semaine.

Je lui souris aimablement avec toute l'hypocrisie dont j'étais capable. Il me posa deux ou trois questions auxquelles je répondis volontairement à côté et il s'embarqua tout seul dans sa déballe de commercial de mes couilles. Je ne l'écoutais pas et l'ignorais presque. Mais à chaque fois que je sentais son attention baisser, je le relançais sur un nouvel objet en vitrine. Il donnait l'impression de connaître sur le bout des doigts toutes les fiches techniques, mais je décelais trop facilement dans son discours les arguments qu'il dirigeait vers les téléphones les mieux margés. J'en avais strictement rien à foutre et l'idée de lui faire perdre son temps alors que le dernier rush de clients du soir arrivait, me faisait triper.

Je jetais des coups d'oeil de temps en temps à Rachelle, qui s'amusait de mon petit jeu. Elle avait parfaitement bien compris ma manoeuvre et s'en réjouissait de loin. Elle me souriait discrètement d'un air narquois fiché au dessus de son écran. Elle n'était pas à proprement parlé une vendeuse d'après ce que j'avais compris. Elle m'avait avoué mépriser ce boulot, cette boutique et tous son personnel. Comme la plupart des gens de son âge, elle attendait mieux, mais ne savait pas quoi. Enfin, c'était ce qu'elle en pensait, ou du moins ce qu'elle en disait. Pour ma part, je devinais autre chose en elle. Quelque chose de bien plus passionnant que sa fausse image de jeune salariée rangée et avenante.

Le vendeur commençait réellement à s'impatienter. Il en était presque arrivé au point de me supplier de le libérer de ses obligations. Il avait déjà manqué au moins deux ventes lorsque je tapai sèchement du doigt contre la vitrine.

« Celui-là. Il a l'air pas mal, non ? Je crois que c'est le genre de modèle qui me conviendrait le mieux. »

Bien entendu cette assertion allait contre toutes les indications que l'apprenti arnaqueur venaient de me débiter depuis une demi-heure. Je sentis son énervement frémir ; il respira un grand coup, pour me faire comprendre qu'il tentait à garder son calme et qu'il en avait vraiment marre de moi.

Je vis du coin de l'oeil, Rachelle laisser son poste, disparaître dans un couloir, puis en ressortir avec son sac à main et son manteau sous le bras. Sa journée d'esclavage se terminait. Je la regardai sortir dans la rue un sourire aux lèvres et je plantai mon vendeur en plein milieu de sa phrase pour me casser à mon tour. Je l'entendis maugréer, et avant que je n'ai quitté le magasin, il m'asséna un copieux « connard ! » dans le dos. Je me figeai aussitôt et me dirigeai vers le responsable de l'établissement, celui qui portait la mention « directeur d'agence » sur son badge. Sans me soucier de la conversation qu'il entretenait avec une bourgeoise de haut niveau, je lui signalais que son imbécile de jeune vendeur venait de me traiter de connard. La bourgeoise en perdit son sourire. J'en profitai pour raconter des bobards, ajoutant avec conviction que je m'étais montré patient et réceptif aux opérations de vente mais que blablabla...

En sortant je montrai mon doigt du milieu à mon petit connard de vendeur tandis qu'il me toisait d'un air mauvais. Je venais sans doute de lui pourrir la soirée, ce qui me convenait allègrement.

Je fis la bise à Rachelle et nous nous éloignèrent de cet antre consumériste.

Plus tard dans la soirée, elle me fit quelques révélations à propos de son équipe de travail.

« Tu sais, David, j'ai repensé à hier toute la nuit et toute la journée. T'as eu raison de faire ça à ce sale type. Il l'avait bien mérité. Je vous ai suivi dans la ruelle, près du parc. Tu te débrouilles plutôt bien pour ce qui est de neutraliser l'adversaire. T'as un style assez audacieux. Moi je préfère les paralyser d'un coup pour de bon. J'utilise des tasers. Simple, efficace, et puis surtout ça évite toute mauvaise surprise. J'en ai toujours deux sur moi. Des fois trois quand je sais que je risque d'en avoir besoin. Deux décharges coup sur coup ça peut tuer net. »

Elle me parla de tout son arsenal de sac à main : bombe au poivre, bombe irritante, gaz incapacitant et même des grenades aveuglantes et du spray très toxique (dont certains mélanges de sa propre création). Elle jouait aussi parfois du couteau, portait des aiguilles ou des lames de rasoir dans ses cheveux, et s'entraînait au self defense depuis toute petite. Elle avait a son tableau de chasse un beau paquet de trophées. Elle m'impressionnait. J'avais déjà une certaine expérience des expéditions punitives, mais elle, elle était passée maîtresse dans l'art de la contre-attaque. Elle n'avait plus d'amie. A chaque fois qu'elle en avait sauvée une d'une agression, celle-ci coupait les ponts face à sa sauvagerie.

J'étais curieux de voir ça. Elle me répondit qu'elle serait ravie de me faire une petite démo à l'occasion. J'envisageai brièvement la possibilité de tabasser son jeune collègue de l'école de commerce, mais elle n'aimait pas trop l'idée d'une confrontation sur son « terrain civil », ce qui pour le commun des mortels aurait pu signifier « lieu de travail » ou « cercle de connaissances ».

Je fis « tant pis » et lui promis de ne pas m'immiscer dans son terrain civil, sauf en cas d'urgence.

Comme promis, nous nous étions rendus au restaurant indien. Les épices et le vin nous échauffait quelque peu, et nos mollets se frôlèrent avec de plus en plus d'assurance au fil de la soirée.

Ses lèvres rouges m'hypnotisaient. Tout comme ses jolis yeux maquillés, son petit décolleté mignon, ses gestes délicats et ses longs doigts agiles.

Je refusais de penser au moment où nous roulerions tous les deux sur ses couvertures. Pourtant l'idée restait prégnante et je compris bien qu'elle savait où se perdaient mes pensées.

Elle me sourit et posa sa main sur la mienne.

« Je crois qu'on va bien s'entendre, tous les deux. ».
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Chikoun
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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Mer 22 Avr - 19:37

bien bien ce titre

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Erlidann

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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Mer 22 Avr - 20:25

J'ai cru à un spam suite à mes recherches récentes. (Rien en rapport avec des cougars donc déjà, ça aurait pu être un indice.) J'ai regardé AdBlock Edge, il était bien activé donc j'ai cliqué.

Et ça tombe pas mal, je vais reprendre le réflexe de cliquer par ici, à droite, à gauche, en haut, en bas.

Tiens, je reprendrais bien une fritte.

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Redofre

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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Mer 22 Avr - 21:52

Redofre attend la suite, en commençant à flipper pour David Dansant
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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Jeu 23 Avr - 18:20

Interlude : mangez-en tous !





Ca fait du bruit. Ca hurle. C'est insupportable. Ma patience, ma bonne volonté et ce qu'il me restait de bienveillance ont fondu comme neige au soleil. Je rêve d'écraser des enfants sous des engins de chantier et voir leurs parents éclaboussés patauger dans les fluides corporels et les esquilles de petits crânes explosés.

Je me renseigne sur le prix de location d'une moissonneuse agricole. Bien sûr la vue du sang et des entrailles m'apporterait une satisfaction de courte durée. Je ne suis même pas certain que je réussirais à désinfester toute la marmaille de la cour en bas de chez moi avant l'intervention musclée du GIGN. Au mieux, je me ferais sniper, au pire je devrais me taper une procédure interminable devant juges, experts psychiatres et partie civile, qui mettraient entre cinq et dix ans avant de savoir si mes actes étaient la réaction à un pétage de plomb inopiné ou bien le fruit d'un esprit complètement dérangé.

Mmm... Il doit bien y avoir une meilleure solution. Qui garantirait mon impunité.

J'ai pas envie de déménager. J'étais là avant. Et le quartier est plutôt sympa. Du moins il l'était avant le débarquement en masse de cette engeance maléfique.

J'entrevois bien une solution basée sur la patience et le moyen terme. Il faudrait pour cela que je me calme un peu et que je fasse mine de paraître sympathique. Peut-être qu'au bout de quelques jours d'un travail d'approche lent et naturel, je pourrais me lier d'amitié pour ces voisines, boire des coups avec elles, les inviter à l'apéro, jusqu'au jour où elles me rendraient la pareille et que prétextant une envie pressante, j'investisse la salle de bain et introduise de la strychnine dans leurs tubes de dentifrice.

Mouais... chiant au possible.

Ou alors, je bricole un truc, genre accident domestique ou explosion de poubelles pour détourner l'attention, et j'en profite pour kidnapper une des gamines. Si possible une de celles qui sait pas bien marcher. Une fois la disparition intervenue, tout ce petit monde se disperse et j'ai à peu près vingt minutes pour dissoudre le corps étranglé dans un bain d'acide. Le reste du squelette risque d'être un soucis si je ne l'éparpille pas dans la nature très rapidement.

Ou alors je vais l'enterrer au fond du bois. Non ! Le balancer d'une falaise à l'autre bout du département. C'est mieux.

Il faut que je justifie mon absence. Ah.

Un incendie de poubelle différé. Ouais, pas mal ça.

J'étais parti faire des courses, Monsieur l'adjudant. D'ailleurs, j'ai gardé la facturette de ma carte bancaire. Quelle tragédie pour les parents.
Est-ce que ça vaut le coup de la torturer un peu ? Je veux dire, j'en veux plus à ces connasses de voisines d'avoir laisser des gosses sans surveillance depuis des jours. J'ai pas particulièrement de haine envers les mioches elles-mêmes. N'empêche qu'il faut que quelqu'un paie.

Je crois que je vais quand même opter pour la baston frontale.
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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Jeu 23 Avr - 23:27




La seule véritable question est :



à qui profite le crime ?





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Chikoun
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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Ven 24 Avr - 0:19

J'aime bien le développement de la personnalité et de la relation entre le gars et la fille. C'est sympa.

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La.Louve.des.Cerises

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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Ven 24 Avr - 14:20

Je passe juste pour dire que j'ai lu que une infime partie , j'aime bien déjà le commencement !
Bref, je vais continuer à lire la suite et viendrait commenter ensuite Salut
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Ven 24 Avr - 15:57

Chapitre 3 : j'ai un flacon vert posé sur mon bureau



« Hier soir, j'ai regardé une vidéo qui traînait sur facebook. C'était un montage d'un américain de huit minutes et quelques à propos du mensonge dans lequel nous vivons tous. Enfin. « Nous ». Les occidentaux, quoi. Cette frange de la population massée de part et d'autre de l'Atlantique nord. C'était plein d'emphase et de musique épique, genre triomphe de la vérité. Les images montraient surtout la beauté du monde, les animaux dans leurs environnements naturels magnifiques. Les hommes passaient pour des myriades de cancrelats ineptes, incapables de voir la fragilité de la Terre. Ce type de conneries. Je trouve ce genre de vidéos assez navrantes, mais je suis restée regarder jusqu'au bout. En gros, le message voulait dire que nous sommes tous individuellement porteurs d'espoir et que nous aspirons au changement pour accéder au bonheur universel. Par contre collectivement nous sommes incapables de discernement et nous préférons suivre des chemins tout tracés par « EUX », l'élite qui a soif de pouvoir. L'argent n'est pas une fin en soi, c'est juste un outil d'asservissement. Ce connard d'américain a même réussi à recycler ce soi-disant aphorisme de la sagesse indienne : « quand il n'y aura plus de poissons dans les rivières et caetera, l'homme n'aura plus qu'à bouffer ses billets de banque ». Conneries ! Bref ! Pour lui, les élections démocratiques ne sont qu'une illusion et tous les maux de la Terre sont causées par un pour cent de la population mondiale. Je te fais pas un dessin, tu as compris l'idée. Ca m'a fait penser à tous ces bien pensants, ces indignés, ces francs parleurs avec leurs beaux discours qui mènent à rien. A chaque fois ça se finit sur une queue de poisson du style : « qu'attendez-vous pour changer tout ça ? ». A chaque fois il est question de nous mettre le nez dans la merde, de nous ouvrir l'esprit et de pointer du doigt toutes nos petites trahisons de tous les jours. Et après ? Puisque de tout manière nous ne sommes que des pourceaux insignifiants et incapables, qu'est-ce qu'on peut faire ? Nous unir sur la place de la Mairie et faire encore une autre putain de communion collective, regroupés autour d'une même idée lancinante et idyllique ? Allons ! On peut pas massacrer une bande de gauchos tous les mois pour mobiliser tout un pays. Et quand bien même, après ? On ferait la queue pour collectionner le hors série d'une revue à moyen tirage sous prétexte de posséder un exemplaire collector tiré à plusieurs millions d'unités ?
Ca me fait marrer doucement ! Tu me passes la sauce sucrée ?
Ouais, donc, je disais : puisqu'on est tous des cafards débiles incapables de la moindre réaction sensée, pourquoi ces connards de youtubers et de philosophes à la con nous donnent pas les clefs pour agir ? Genre un plan quinquennal ou un programme facile à suivre : lundi prochain vous arrêtez d'aller chez mac do ; mardi prochain, vous vous engagez à ne plus payer vos loyers et vos prêts bancaires ; mercredi vous n'allez plus au boulot mais vous faites un barbecue avec vos voisins ; jeudi vous pillez une agence immobilière ; vendredi vous allez nettoyer la plage ; samedi vous faites une grosse partouze et dimanche vous brûlez une église ? Sérieux ? Pourquoi personne ne prend la peine de se bouger le cul au lieu de ressasser toujours des saloperies basées sur la honte et la culpabilité. Tu ferais quoi, toi, David, pour changer le monde ?
— Mmm... déjà je pense je poserais une bombe chez Google. Ca serait déjà un bon début. Ensuite j'irais chasser un lapin et je le tuerais moi-même avant de le cuisiner avec des champignons ou des herbes sauvages ramassées en forêt. Je choperais sans doute la chiasse parce que sans Google, ça serait pas évident de trouver des tuto pour expliquer comment faire tout ça.
— Toi aussi tu penses que le monde irait sans doute bien mieux si les gens tuaient eux-même leur manger ? Pour moi c'est une évidence. On aurait plus jamais le même rapport à la bouffe et le respect de la vie animale aurait beaucoup à y gagner.
— Tu sais, Rachelle, j'ai appris à m'en remettre à la sérendipité pour les petits changements de l'univers.
— Comment ça ? Je vois pas. Tu t'en remets au hasard ? Tu laisses pisser et tu attends que tout se mette en place naturellement ? C'est pas très courageux de ta part.
— Ah ah ! Je vais te raconter une histoire. Comment en est-on arrivé à cette merde aujourd'hui dans la région ? Je veux dire, la Loi NOTR était plutôt bien avancée et tout ce genre de trucs bidon. Bref. C'est l'histoire de Mme X, qui brigue une place de conseillère régionale mais qui se casse une jambe dans les escaliers en sortant de chez elle. Comme elle passe genre trois semaines dans le coma, il faut la remplacer dare dare. Et son parti ne trouve rien de mieux que de présenter une parfaite inconnue à la va vite, plus ou moins vaguement initiée aux affaires internes et qui a surtout le seul avantage d'être une femme, ce qui correspond à un impératif de vote démocratique. En fait, la remplaçante n'a jamais trop adhéré à la position de son parti, poussée au cul par son con de mari qui s'était fait grillé un peu partout à cause de malversations. Comme il est resté très influent malgré ses interdictions de se présenter aux élections, il a poursuivi sa carrière et sa femme était son prête-nom. En gros il pensait pouvoir la piloter tranquille depuis son canapé. Pas de bol, la nénette, appelons-la Mme Y, a des idées un peu plus radicale et sympathise avec des infréquentables notoires. Du coup une fois installée à un poste stratégique à la Région, elle retourne sa veste et appuie les méchants. Et ça fout la merde, et ça fait tomber peu à peu les dominos jusqu'à l'Assemblée.
— Mmm... Tout ça par pur hasard ?
— Non. Pas tout à fait. Si Mme X, celle qui devait être élue à la base, s'est pétée la gueule dans les escaliers, c'est surtout parce qu'elle avait pris la fâcheuse habitude de ne jamais descendre ses poubelles. Elle les laissait plusieurs jours sur le palier, parce qu'elle savait pertinemment que quelqu'un ramasserait derrière elle. Il faut dire que l'odeur de la litière d'un chat entier dans des parties communes ça persuade assez facilement le voisinage. Alors, un jour, quelqu'un en a eu marre et s'est mis à guetter ses allées et venues avant de badigeonner de l'huile d'arachide sur la première marche de l'escalier. Et zou, dégringolade dans la cage.
— T'es sérieux ?
— J'ai fait gaffe, hein. J'ai passé la serpillière. De toute manière à dix heures du mat', personne d'autre ne prend les escaliers au quatrième.
— Pas mal. L'effet papillon, quoi. Mais ton intervention quasi-divine, est-ce que c'est vraiment de la sérendipité ? Je veux dire, c'est un acte conscient qui l'a expulsé au fond du trou.
— Mais je pouvais pas prévoir que son parti allait se chier dessus autant par la suite. Et puis : action/réaction. Elle fait sa princesse de Clèves des pissotières pendant des mois, faut pas s'étonner qu'elle récolte un retour de bâton.
— En parlant de retour de bâton. Je t'ai déjà parlé de cet espèce de détraqué qui fout la trouille à tout le quartier en se prenant pour un espèce de chef mafieux de pacotille ?
— L'autre espèce de bandit qui gueule tout le temps après les punks à chiens ?
— Ouais, celui qui montre son flingue à sa ceinture dès qu'on ose lui répondre.
— Ouais, ouais, je vois parfaitement de qui tu parles. Il habite 20 rue...
— … 20 rue des rémailleurs !
— T'as un plan d'approche ?
— Mieux que ça : j'ai le digicode de l'immeuble.
— On prend un dessert avant ?
— Allez ! Va pour une glace à la pistache.
— Pistache ?
— Oui. Pourquoi ?
— C'est aussi mon parfum préféré.
— Je crois que je t'aime.
— Pas mieux ! »
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MessageSujet: Re: Vésicule biliaire   Ven 24 Avr - 16:17

Jeu : labyrinthe

Certaines vérités n'en sont pas.


Le jeu du labyrinthe consiste à retrouver son chemin à travers un dédale de lignes imbriquées les unes dans les autres.

Certaines vérités n'en sont pas.

Le jeu du labyrinthe consiste à retrouver son chemin à travers un dédale de lignes imbriquées les unes dans les autres. La façon la plus basique de résoudre un labyrinthe est de suivre les lignes jusqu'à un cul de sac, puis de recommencer jusqu'à épuiser certaines vérités qui n'en sont pas.

Cette première méthode consiste à suivre chaque ligne jusqu'à un cul de sac puis recommencer tout depuis le début.

Jeu : labyrinthe


Certaines vérités n'en sont pas.

Le jeu du labyrinthe consiste à retrouver son chemin à travers un dédale de lignes imbriquées les unes dans les autres.

Certaines vérités n'en sont pas.

Le jeu du labyrinthe consiste à retrouver son chemin à travers un dédale de lignes imbriquées les unes dans les autres. La façon la plus basique de résoudre un labyrinthe est de suivre les lignes jusqu'à un cul de sac, puis de recommencer jusqu'à épuiser certaines vérités qui n'en sont pas.

Cette première méthode consiste à suivre chaque ligne jusqu'à un cul de sac puis recommencer tout depuis le début et épuiser toutes les possibilités.

Une autre méthode de vérité qui n'en est pas.

Une autre méthode est de commencer par la fin et de suivre le fil à rebours

Certains voudront prendre de la hauteur et avoir une vision d'ensemble du labyrinthe. Voir les pièges et mémoriser le bon chemin

Déjouer les pièges et suivre le bon chemin

Prendre de la hauteur et se perdre dans l'entrelacs des vérités qui n'en sont toujours pas.

Le jeu du labyrinthe consiste à retrouver son chemin à travers un dédale de lignes imbriquées les unes dans les autres.

La seule possibilité donnée à celui qui se perd dans le labyrinthe est d'aller de l'avant, de s'abandonner et de persévérez. Car au bout du chemin le jeu du labyrinthe consiste à retrouver son chemin à travers un dédale de lignes imbriquées les unes dans les autres.

Certains voudront prendre le chemin à rebours.

Certains voudront voir des vérités qui n'en sont pas.

Certains labyrinthes n'en sont pas.

Et parfois quelque part, au détour d'un angle, on aboutit à un jardin de paix, de calme, qui suffit à justifier sa perte en ces lieux. La quiétude d'un banc de marbre blanc, entourés de rosiers en fleur apporte la sérénité, jusqu'à ce qu'un autre joueur vienne troubler cet instant de calme et qu'il faille se lever pour retrouver le chemin de la sortie.

Jeu : labyrinthe


Certaines vérités n'en sont pas.

Le jeu du labyrinthe consiste à retrouver son chemin à travers un dédale de lignes imbriquées les unes dans les autres.

Maze. Maze. Maze. Maze.

Midori Snyder a écrit un très joli livre à propos d'un labyrinthe.

Je vous conseille de prendre un moment pour reprendre le fil de vos idées et trouver vous-mêmes le seul chemin de certaines vérités qui n'en sont pas.

Il s'agit d'un jeu. Dans lequel vous vous empêtrez à retrouver votre chemin dans un dédale de ligne.

Quelque part dans ce labyrinthe que vous traversez, j'ai caché une clef.

Une clef de lecture pour décrypter l'énigme et affronter mon labyrinthe.

Mais quelque part commencer par la fin, c'est un peu tricher, puisque dans un vrai labyrinthe, vous ne pouvez pas voir le chemin devant vous. Et de toutes manières...

Certaines vérités n'en sont pas.
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Vésicule biliaire
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