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 L'indécision

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Tr0n

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MessageSujet: L'indécision   Jeu 13 Mar - 16:54

Elle lui cracha au visage.

" Ton cul est pire que le vieux bordel de la rue d'Lampyre. Tout le monde y vient pour s'donner du bien. "

Elle n'était pas une de ces prostituées à la dégaîne dépravée, une de ces péripatéticiennes don pour nos vieilles villes imprégnées d'aliénations sexuelles et de démences perverses, une des ces putes galvaudées par la société. Non. Fille aux moeurs douteuses, elle s'ennivrait sans équivoque du plaisir charnel. La virilité l'émoustillait et sa pupille turquoise s'illuminait au moindre signe de verdeur vigoureuse. Elle n'avait de cesse que de regarder l'olisbos vivant, attisant son appétit. Quelle délectation dans ce membre masculin, digne d'une pâtisserie gustative de "Bernadet"... Un succulent ébaudissement alléchant ses papilles, une exquise douceur sur sa langue. La suave domination du sexe faible au travers des lèvres. L'aplomb gaillard de l'homme la besognant, fermeté durable, persistante raideur, seule raison de leur existence en elle, pour elle.

Chaque soir, ses filets mystifiaient ces maris volages, enfilades gémissantes derrière des soieries, linceuls d'une âme accorte. Tous, naïfs et crédules, croyaient la posséder au travers de leur membre aux nervures palpitantes. Mais la prépotence de son corps d'une avilissante beauté était le plus gracieux baiser de Judas. L'harmonie paradoxale de ses coquâtres fusionnant dans son épicurisme n'était qu'un loisir lubrique dissonant de sa Vérité. Ils dévoraient chaque parcelle de son corps glorifiant ses seins, magnifiant son ventre si plat, immortalisant ses formes voluptueuses dans leurs souvenirs. Une ode auérolant son visage digne du charisme des canons du Vatican. La perfection les submergeait; elle n'avait plus qu'à cueillir dans la clairière de sa conscience, ses propres fantasmes, les amants esclaves.

Sans paraître vulgaire, elle baisait et suçait à tout va.

Elle lui crachait au visage.

" Mais tes seins sont si... Que j'aime être assis dans ce pétrin... "

Ces chimères adultérines envahissaient le repaire de sa convoitise. La peur de se faire... Prendre... A la manière d'un songe pénétrant, elle pressentait déjà les assauts de son dernier amant marié. Il n'était ni beau, ni séduisant, ni même charismatique. Il était simple, affligeant de banalité, mais il disposait du plus bel "atout". Il était l'époux de sa meilleure amie et à ce titre son sexe vallait tout l'or du monde. Il avait une autre saveur, le goût du risque et du danger, l'amertume de la trahison, le remord de la honte. Cette nacre blanche d'un Eden aujourd'hui disparu dans les voluptes de son propre passé inondé d'échecs...

Ennivrée, elle avait cédé, involontairement et se cachait derrière sa naïveté adorablement féminine et trompeuse. Elle n'était désormais que l'abject affection égoïste de son plaisir d'un soir. Elle dénigrait tous ces tabous d'une société déjà pervertie par la décadence. La déliquescence d'un fruit offert au détour d'un marché aux Capucins n'était que le prémice d'une débauche échangiste grandissante. Elle voulait croquer elle aussi, non pas dans la pomme ni la figue, mais dans Adam...

Elle se crachait au visage.

Sur son propre reflet dans le miroir.

L'éphémère illusion d'avoir rêvé.

Elle était juste mariée depuis dix ans, mariée avec la pire des amantes, la timidité, l'émoi subconscient de l'indécision sexuelle.

" Je te hais. "


Dernière édition par Tr0n le Jeu 13 Mar - 19:39, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: L'indécision   Jeu 13 Mar - 17:16

Génial Très Heureux

La fin, quoique peu claire à la première lecture, vaut le détour, de même que la mise en bouche, le plat de résistance, et le petit verre de rouge aux chandelles que tu nous offres en faisant chanter la langue Française.

Petit reproche, car il en faut sans quoi, en plus de t'être inconnu, je te suis parfaitement inutile (ce serait con, avouons-le): les termes "complexes" que tu emploies sont parfaitement utilisés mais attention à leur densité. Surtout que certains pourraient être remplacés tout aussi avantageusement par des termes plus simples, enfin disons "plus courant", qui ne nécessitent pas de la part du lecteur un très léger (ou très long, ça varie selon la taille du cerveau) temps d'arrêt sur ce mot. Même si on en connaît l'emploi, on s'arrête forcément un peu dessus. C'est comme une foutue cerise sur un tas de crème chantilly surplombant une glace vanille/chocolat, le genre que l'on achète à la sortie de la station Palais-Royal. Tu le sais bien qu'on met des cerises, tu connais l'expression "C'est la cerise sur le gâteau", mais "merdre" c'est surprenant!

La fin du récit est vraiment marrante, on sent que la boucle est bouclée, tu nous a bien roulés avec ce "crachat" auquel on donnait une toute autre signification. Mais gaffe quand même, on ne comprend pas forcément de suite de quoi il s'agit. L'avant dernière phrase est un peu évasive, je ne sais pas vraiment pourquoi, mais à la première lecture on en saisit pas bien le sens, on ne saisit pas vraiment que cette jeune femme est loin du portrait que tu viens de dresser d'elle, que c'est en fait un rêve, un fantasme même, qu'elle regrette de ne pouvoir exaucer.

Monsieur, chapeau Heureux
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MessageSujet: Re: L'indécision   Ven 14 Mar - 11:50

La résistance française des mots, des phrases harranguant la foule de ses drapeaux vengeurs à l'égard de la malorthographe, vaincra. Ne parlons pas de nos syndicalistes grammaticaux révélant leurs pancartes héliastes d'un désir vocabulistique complexe... C'est en jouissant d'un bon petit ballon de rouge à la sandwitcherie du coin qu'ils trouvèrent un accord avec le patronat de l'inculture. Et c'est en bandant qu'ils signèrent la mort de la langue de Proust en décidant selon les principes de Molière, que la simplicité était mère de tout. Mais la simplicité suffit pour mener une vie pauvre.

C'est dans un "Vocab' Vocab' on t'en..." que l'empapaoutage commença. Les sms apparurent, les jeunes ne surent plus aligner deux mots sans une erreur, et Bernard Pivot dû arrêter son bouillon de culture sous peine de finir comme diurétique dans une armoire à pharmacie staracadémiesque (vous savez celle qui est dans la cuisine du château).

Enfin bref, je ne brûlerais personne de manière inquisitrice, mais j'aurais une question, simple elle.

Comment puis je deviner de la complexité du vocabulaire quand mon propre ressenti est celui d'un texte assez pauvre mais je l'accorde parfois dense ? Quels sont les mots "compliqués" ? C'est très subjectif comme interprétation. Je vais donc devoir quémander sur plus de précisions dans les mots qui te "paraissent" compliqués. J'aime les mots et mon vocable ne se réduit pas aux 5 000 mots "courants" classifiés par les biens pensants. La langue française est un immense parc, et j'aime à me promener partout. Serait prétention et élitiste de dire que je cherche derrière les buissons les couples jouissant ? Voyeur certe, mais curieux surtout. Pour ne pas paraphraser Frédéric Dard, je dirais "simplement", qu'écrire c'est l'art pornographique de compliquer sa vie sexuelle en cherchant à se convaincre de la jouissance de sa simplicité. Certains aiment les rapports tendres et doux, d'autres les pervers échangistes, le tout saupoudré d'un soupçon de mots crus parfois excitant. Les mots sont calqués sur le même principe; l'amour vache, l'amour manipulateur, l'amour passionnel, l'amour compliqué, l'amour simple.

Pour petite explication, cette femme qui se voit dans le miroir, qui imagine ce qu'elle aimerait être sans les tabous d'une société et d'une éducation moraliste, c'est moi, référence inconsciente à mon ego qui aimerait être un con plutôt qu'un complexificateur (et non pacificateur - référence cinématographique). Peut être est ce compliqué, peut être que non, comme j'aime à le dire et comme les personnes ici présentes devraient le comprendre,

Un texte une fois publiée appartient au lecteur.

On ne jouit pas de sa qualité littéraire, on jouit des mots dans l'instant, ... [EDIT Ramrod : On est un peu trop "Tous publics" sur ce forum. Ton texte est très finement amené sur ce sujet, cette dernière phrase ... moins.]

Un petit,

:lol!:

s'impose.
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MessageSujet: Re: L'indécision   Ven 14 Mar - 13:32

Belle répartie Clin d\'Oeil

J'éclaire tout d'abord un sentier qui m'appartient et sur lequel quelques tags ont inscrit: j'adhère et j'adore ce type d'écriture.
Seulement, mon conseil était, pensant que tu voulais ce texte ouvert à tous et non pas réservés à un certain public, ce qui en soit se vaut car l'art n'était que rarement populaire avant le XXème, mon conseil était donc de simplifier ce texte. Simplifier n'est pas scarifier, il n'est nullement question de déraciner certains mots peu communs du TrOn (blague du jour) de ton texte. Il est ici question de rendre le bouquet plus beau en remplaçant quelques streliziacées par de simples roses rouges, mais ceci afin de rendre l'ensemble plus beau, sans pour autant le changer en banal.
Tu n'aimeras sans doute pas ce vers, mais il me semble de bon ton:

"Soyez simple avec art."
Nicolas Boileau

Or, je m'attarderai un peu sur cette citation, car quiconque a lu l'Art Poétique, sait bien que cet auteur ne fait pas non plus dans le populaire, niveau écriture. Alexandrins, forme très rigide ou explosive, syntaxes parfois archi-complexes. Cependant, à aucun moment il ne m'est venu cette sensation, que j'ai eu ici: le doute. Le doute d'une utilisation aussi riche du vocabulaire Français, ce qui est à ton honneur d'ailleurs. En lisant Boileau, le vocabulaire était là, parfaitement employé, mais de manière plus régulière, moins folle. En lisant ton texte, j'ai eu un doute donc, ce doute qui toquait à la porte et y glissait une lettre un peu étrange: mais pourquoi utiliser avec autant de rage ces mots parfois peu accessibles?

Les théories et les hypothèses se sont alors succédé: veut-il rendre volontairement ce texte peu accessible? Utilise-t-il ces termes un peu inacessibles de même que l'on utilise la litote, la périphrase, pour diminuer le choc des images sur le lecteur? A-t-il la rage des lettres, combat-il pour faire vivre des mots exclus par la bêtise de notre société? En soit, de nombreux fantasmes des plus sogrenus aux moins probables me sont passés par la tête, le nez et tout le reste.

Tu me demandes de recueillir les termes qui m'ont semblé soit trop complexes pour l'expression voulue, ou ceux qui m'avaient simplement paru un tantinet ardus.
Voici en introduction le passage de ton texte qui me paraît parfaitement adapté à ce que tu souhaites dire: il est doté d'un riche vocabulaire mais qui cependant ne fait ni douter ni stopper le lecteur, mais le fais au contraire rêver, jouir de cette aisance littéraire que tu lui proposes. C'est, selon moi, le modèle à suivre:

Citation :
Ces chimères adultérines envahissaient le repaire de sa convoitise. La peur de se faire... Prendre... A la manière d'un songe pénétrant, elle pressentait déjà les assauts de son dernier amant marié. Il n'était ni beau, ni séduisant, ni même charismatique. Il était simple, affligeant de banalité, mais il disposait du plus bel "atout". Il était l'époux de sa meilleure amie et à ce titre son sexe vallait tout l'or du monde. Il avait une autre saveur, le goût du risque et du danger, l'amertume de la trahison, le remord de la honte. Cette nacre blanche d'un Eden aujourd'hui disparu dans les voluptes de son propre passé inondé d'échecs...

Ennivrée, elle avait cédé, involontairement et se cachait derrière sa naïveté adorablement féminine et trompeuse. Elle n'était désormais que l'abject affection égoïste de son plaisir d'un soir. Elle dénigrait tous ces tabous d'une société déjà pervertie par la décadence. La déliquescence d'un fruit offert au détour d'un marché aux Capucins n'était que le prémice d'une débauche échangiste grandissante. Elle voulait croquer elle aussi, non pas dans la pomme ni la figue, mais dans Adam...

Ici donc, rien de bien complexe, mais un texte très riche. J'ai adoré lire (et relire, c'est rare, mes condoléances) ce passage.
Maintenant, voilà ce qui m'a moins plu, ou qui tout du moins m'a semblé un peu trop baroque, dans le sens encombré de fioritures parfois trop vastes comparées à ce qu'elles sont censées exprimer.
Citation :

l'émoi subconscient de l'indécision sexuelle.
Dommage, car c'est l'avant-dernière phrase de ton texte. Qu'est-ce qui ne me plaît pas dedans? Le terme de "l'émoi" me semble mal pris. C'est un peu comme en poésie, quand à force de rechercher la rime le poète finissant par en trouver une bon marché et l'emploie au dépend du sens. Le terme de "l'émoi" me semble sonner faux ici: pourquoi l'émotion soudaine? Car c'est le sens du terme d'émoi. Or, remplacé dans la phrase, on se rend bien compte que quelque chose cloche. C'est ici que, en tant que lecteur voici mon avis, tu ferais bien de remplacer ce terme par un autre.
Allez, une autre, c'est ça qu'est bon, la diversité
Citation :
Mais la prépotence de son corps d'une avilissante beauté était le plus gracieux baiser de Judas.
Pourquoi prépotence? La prépotence de son corps peut aller dans une phrase seule, mais comparé au "plus gracieux baiser de Judas", référence à la trahison, il en perd son latin ce pauvre mot. Prépotence ou autrement dit autorité. Ce qui donnerait donc
"Mais l'autorité de son corps d'une avilissante beauté était le plus gracieux baiser de Judas."
Voulais-tu entendre ici, plutôt: la fermeté au sens physique? Ou encore la capacité qu'a son corps de s'offrir très rapidement aux inconnus? Avec prépotence, je ne saisis pas vraiment le sens, l'idée de la phrase, surtout avec une telle comparaison. Peut-être gagnerais-tu à jouer sur un vocabulaire plus simple sur cette phrase.
D'autres exemples peuvent être pris mais il me semble inutile de tenter de te persuader plus avant, l'idée ayant été transmise.

La simplicité rime, mais n'est pas synonyme, de facilité. Une écriture simple n'est pas une écriture simpliste.
Certaines pages de Gustave Flaubert sont écrites de manière très simples, pourvues d'un vocabulaire ordinaire. Peut-on pour autant considérer Flaubert comme un simpliste? Dur à faire avaler à de ses lecteurs. Je me servirai de cette citation de Flaubert, donc:
Citation :
On peut juger de la beauté d'un livre, à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donnés et à la longueur de temps qu'on met ensuite à en revenir.
La phrase est très riche, très forte. Pourtant, quel champ lexical avons-nous ici? "juger; beauté; vigueur; coups de poing; donner; revenir" Tout cela n'est pas bien complexe. Cependant, le résultat est sublime.

Je t'invite donc à ne pas fuir la simplicité, de même que d'autres fuient les mots un tant soit peu archaïques. Je t'encourage à ne rien fuir, à tout tâter, à ne pas t'enfermer, à fuir la spécialité pour acclamer l'ouverture, et en exploitant tout, de passer d'une écriture complexe à une écriture riche.
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MessageSujet: Re: L'indécision   Ven 14 Mar - 13:57

Plumo a écrit:
Belle répartie Clin d\'Oeil

Tu n'aimeras sans doute pas ce vers, mais il me semble de bon ton:

"Soyez simple avec art."
Nicolas Boileau



Il est tellement de mots de "grands" sur la simplicité que j'en viens souvent à sourire jaune face à toute l'ironie de leur pédance. Nicolas Boileau, parnassien, si mes souvenirs ne se trompent pas, était à la solde de l'absolutisme de Louis XIV qui lui versait une pension assez... Impressionnante. Les mots qu'il reste sont de mon point de vue, souvent les moins bons, et les phrases proverbiales, en effet, très peu pour moi. La littérature n'est simple que dans l'oeil du profane, jamais dans celui de l'esthète. Qui pourrait saisir toutes les nuances d'un Van Gogh ? Et pourtant tout le monde peut le voir et en déduire de la simplicité ou de la complexité ? L'art est élitiste, les mots ne sont qu'un vecteur ni simple, ni compliqué qui ne sont que trop subjectifs pour être jugés complexes comme je l'expliquerais par la suite.

Plumo a écrit:

Les théories et les hypothèses se sont alors succédé: veut-il rendre volontairement ce texte peu accessible? Utilise-t-il ces termes un peu inacessibles de même que l'on utilise la litote, la périphrase, pour diminuer le choc des images sur le lecteur? A-t-il la rage des lettres, combat-il pour faire vivre des mots exclus par la bêtise de notre société? En soit, de nombreux fantasmes des plus sogrenus aux moins probables me sont passés par la tête, le nez et tout le reste.

Fantasme, ce texte t'appartient, il n'est plus à moi depuis que j'ai cliqué sur le bouton "publier", il est la propriété de celui qui le lit, de celui qui l'imagine et qui le critique. Je me souviens de la stylistique, de la métaphore, des techniques, mais je ne les utilise plus délibérément pour donner du sens et de la profondeur structurale. Les mots sont ceux qui me viennent, ceux qui me paraissent le plus juste dans la nuance importante de l'idée que j'ai souhaité transmettre au lecteur. Volontairement ? Oui. Le vocabulaire n'est en soi pas "difficile", ce sont des mots que tous, nous devrions en effet, connaître.

Plumo a écrit:

l'émoi subconscient de l'indécision sexuelle.

Il ne fallait peut être cher Plumo pas comprendre, dans ma prétention élitiste choisie, le sens "émotionnel". L'émoi ? Ou plutôt les moi... Un petit jeu de mot masquait, je dois l'avouer qui m'a fait sourire lorsqu'il est sorti de mon clavier.

Plumo a écrit:

Pourquoi prépotence?

C'est le sens "domination" que j'exprime ici. Pourquoi ? Bonne question. Le mot "autorité" a toujours écorché mon oreil, domination est déjà utilisée me semble-t-il et je déteste la répétition, sainte horreur même. J'avais des dérivées du mot "absolu" mais ça ne m'allait guère. Celui ci est venu tout seul comme un cheveu sur la soupe. Inexpliquablement étrange n'est ce pas ?


Plumo a écrit:
On peut juger de la beauté d'un livre, à la vigueur des coups de poing qu'il vous a donnés et à la longueur de temps qu'on met ensuite à en revenir.
La phrase est très riche, très forte. Pourtant, quel champ lexical avons-nous ici? "juger; beauté; vigueur; coups de poing; donner; revenir" Tout cela n'est pas bien complexe. Cependant, le résultat est sublime.

Nos avis divergent sur cette phrase. Je ne l'étudierais pas dans le détail mais je la trouve creuse, sans vie, et indigne d'un auteur qui est classé dans "les lectures classiques de la langue française". Elle écorche mes oreilles, et rien que l'ignominie de ce mot banni de mon langage "on" m'assassine. Trahison à Proust ! Honte sur Flaubert !

Je suis sans doute un pédant mais j'ai la croyance que les mots sont tout, sens comme structure, et que leur apparente complexité, n'est là que pour les faire chanter. Quand le vocabulaire est acquis, la perception de ce texte change, complètement, pour en chercher le sens profond; non pas celui de la femme qui crache sur son propre fantasme. Il est une partie importante de moi, qui elle en effet, est complexe, difficile à saisir, et rend certaines phrases peut être étranges comme le "je te hais" ou "l'émoi subconscient de l'indécision". Ce sont d'ailleurs étrangement les parties que j'ai le plus accentué en tapant. Estrange, isn't it ?
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MessageSujet: Re: L'indécision   Ven 14 Mar - 15:03

Ah, dommage, tu n'as rien compris de ce que j'ai voulu te dire. Je vais revenir sur les quelques points que tu as soulevé, par goût du débat tout d'abord, mais surtout dans l'espoir de mieux te faire comprendre le sens que j'accorde aux mots que j'ai énoncés un peu plus tôt.
A mon tour je te citerai, c'est effectivement plus commode.

Citation :
Il est tellement de mots de "grands" sur la simplicité que j'en viens souvent à sourire jaune face à toute l'ironie de leur pédance. Nicolas Boileau, parnassien, si mes souvenirs ne se trompent pas, était à la solde de l'absolutisme de Louis XIV qui lui versait une pension assez... Impressionnante. Les mots qu'il reste sont de mon point de vue, souvent les moins bons, et les phrases proverbiales, en effet, très peu pour moi. La littérature n'est simple que dans l'oeil du profane, jamais dans celui de l'esthète. Qui pourrait saisir toutes les nuances d'un Van Gogh ? Et pourtant tout le monde peut le voir et en déduire de la simplicité ou de la complexité ? L'art est élitiste, les mots ne sont qu'un vecteur ni simple, ni compliqué qui ne sont que trop subjectifs pour être jugés complexes comme je l'expliquerais par la suite.

Tu as très mal compris le sens de la citation. Elle ne signifie pas soyez simple dans votre art. Elle sous-entend que l'artiste doit effectuer une tâche bien plus ardue: sous une apparente simplicité, il se doit de faire passer tous les messages, tous les sous-entendus, toutes les subtilités de son texte. C'est bien plus complexe en effet que d'utiliser des formulations complexes mais juste du premier coup. Cette simplicité permet entre autre d'exprimer notre pensée sous un jour innocent, je pense ainsi à Voltaire évidemment, à Beaumarchais, et à bien d'autres. C'est aussi l'incroyable capacité à traduire de manière simple et en quelques lignes toute une scène, toute une émotion.
L'art est élitiste? Non. L'art est composé par l'élite, nuance. Je te propose d'aller admirer des oeuvres d'Andy Warhol.
J'illustre. Dostoïevski avait pour correspondant un ami qui, épris de littérature, s'était mis en tête d'écrire un roman. Or dans ce roman prenait place une scène émouvante qu'il peinait à décrire: une petite fille était agenouillée dans la boue d'un champ de blé sous une pluie battante, pleurant. Il demanda ainsi à Dostoïevski des conseils, quelles métaphores, quelles termes utiliser. Dostoïevski lui répondit simplement: "La petite fille pleurait."

Citation :
Fantasme, ce texte t'appartient, il n'est plus à moi depuis que j'ai cliqué sur le bouton "publier", il est la propriété de celui qui le lit, de celui qui l'imagine et qui le critique. Je me souviens de la stylistique, de la métaphore, des techniques, mais je ne les utilise plus délibérément pour donner du sens et de la profondeur structurale. Les mots sont ceux qui me viennent, ceux qui me paraissent le plus juste dans la nuance importante de l'idée que j'ai souhaité transmettre au lecteur. Volontairement ? Oui. Le vocabulaire n'est en soi pas "difficile", ce sont des mots que tous, nous devrions en effet, connaître.
Il est parfois étrange de voir à quel point une personne douée d'intelligence peut se refuser à comprendre ce qu'elle est tout à fait capable de lire et d'assimiler. J'ai pourtant bien appuyé sur le fait que toutes ces hypothèses m'étaient propres, qu'elles n'étaient sans doute pas celles de l'auteur. Et te voilà parti dans une tirade gargantuesque traitant du pourquoi et du comment de l'analyse du lecteur, et du fossé qui la sépare de la pensée véritable de l'auteur. Tu dérives même sur l'utilité de la stylistique et de sa véracité. Vaste débat qui ne répond pas le moins du monde à mon unique question: pourquoi utiliser de manière si acharnée un vocabulaire qui, malgré tout, reste peu accessible à la majorité des lecteurs.

Citation :
Il ne fallait peut être cher Plumo pas comprendre, dans ma prétention élitiste choisie, le sens "émotionnel". L'émoi ? Ou plutôt les moi... Un petit jeu de mot masquait, je dois l'avouer qui m'a fait sourire lorsqu'il est sorti de mon clavier.
Cher TrOn, un jeu de mot a du mérite lorsqu'il a une signification. Un jeu de mot correct serait plutôt:
-Eh! Tron!

Citation :
C'est le sens "domination" que j'exprime ici. Pourquoi ? Bonne question. Le mot "autorité" a toujours écorché mon oreil, domination est déjà utilisée me semble-t-il et je déteste la répétition, sainte horreur même. J'avais des dérivées du mot "absolu" mais ça ne m'allait guère. Celui ci est venu tout seul comme un cheveu sur la soupe. Inexpliquablement étrange n'est ce pas ?

Etrangement inexplicable, à la limite. Restons dans le cadre de notre belle langue Française.
Mais j'y vois moi une explication toute trouvée: ne pas chercher le mot correct et prendre le premier, impropre celui-la, cela a un nom très simple lui: la paresse. Rien d'étrange, de loufoque, "d'inexpliquablement étrange" ici, si ce n'est la justification que tu donnes à l'emploi de ce terme.

Citation :
Nos avis divergent sur cette phrase. Je ne l'étudierais pas dans le détail mais je la trouve creuse, sans vie, et indigne d'un auteur qui est classé dans "les lectures classiques de la langue française". Elle écorche mes oreilles, et rien que l'ignominie de ce mot banni de mon langage "on" m'assassine. Trahison à Proust ! Honte sur Flaubert !

Je suis sans doute un pédant mais j'ai la croyance que les mots sont tout, sens comme structure, et que leur apparente complexité, n'est là que pour les faire chanter. Quand le vocabulaire est acquis, la perception de ce texte change, complètement, pour en chercher le sens profond; non pas celui de la femme qui crache sur son propre fantasme. Il est une partie importante de moi, qui elle en effet, est complexe, difficile à saisir, et rend certaines phrases peut être étranges comme le "je te hais" ou "l'émoi subconscient de l'indécision". Ce sont d'ailleurs étrangement les parties que j'ai le plus accentué en tapant. Estrange, isn't it ?

Pour le coup, tu aurais gagné à l'étudier: dire d'une phrase de Flaubert qu'elle est creuse, sans vie, et indigne de lui sans pour autant dire pourquoi, ça passe pour de la crétinerie, chose que d'ailleurs Flaubert haïssait et critiquait souvent.
"rien que l'ignominie de ce mot banni de mon langage "on" m'assassine. "
Ce à quoi je répondrais volontiers: Quand on est con, on est con!
Ce qui ne te concerne pas, car ton texte est loin de l'être, mais qui concerne la phrase écrite ici.

Citation :
Je suis sans doute un pédant mais j'ai la croyance que les mots sont tout, sens comme structure, et que leur apparente complexité, n'est là que pour les faire chanter. Quand le vocabulaire est acquis, la perception de ce texte change, complètement, pour en chercher le sens profond; non pas celui de la femme qui crache sur son propre fantasme. Il est une partie importante de moi, qui elle en effet, est complexe, difficile à saisir, et rend certaines phrases peut être étranges comme le "je te hais" ou "l'émoi subconscient de l'indécision". Ce sont d'ailleurs étrangement les parties que j'ai le plus accentué en tapant. Estrange, isn't it ?

A différencier difficulté d'accès et absence totale de sens. Comme dit précédemment, une fois le jeu de mot de "l'émoi" en "les moi" opéré, la phrase ne gagne rien et perd tout son sens, à la première comme à la énième lecture. Je t'accorde cependant que la complexité, la difficulté d'accès est une clef importante de la littérature, qui permet d'exprimer des tabous, de faire passer avec habilité des messages polémiques. Dans ton texte, cette subtilité du langage permet par exemple de parler de scènes crus de manière soutenue, ce que je trouve admirablement bien fait.

Avec l'espoir que tu ne prendras pas ma réaction comme une agression, mais comme un conseil.
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MessageSujet: Re: L'indécision   Ven 14 Mar - 17:32

Bon je n'arrive pas à structurer ma réponse. Après avoir écrit 200 lignes je les supprime donc, mais sache juste que l'interprétation sur le choix d'une phrase simple à la place de structures métaphoriques peut être interprété d'une manière radicalement différente. Je te laisse le soin d'y réfléchir car malheureusement le week end est proche et, le travail que je dois terminer ne l'est pas.

Quant à Flaubert, je le botterais bien du haut de son piédestal tellement les mots qu'il écrit n'ont aucun écho à mes perceptions. Il emploie constamment des structures simples, écorchées et qui n'ont pas la fluidité de celles de Proust ou Stendhal. Cette citation est malheureusement une preuve de mon opinion du caractère toonesque de sa plume qui m'a toujours envi donner de vomir depuis mes 13 ans. J'ai beau tourné la phrase dans tous les sens, elle n'a aucun sens que celui d'être compliqué avec des mots simples, tout l'inverse de ce que j'attends de l'art.

Pour aborder l'élitisme, je n'ai rien caché dans ce texte, il a été écrit en quelques minutes en plein boulot, griffoné à la hâte et recopiée avec quelques corrections. Rien n'est caché, rien n'est élitiste, et le jeu de mot sur l'émoi n'est rien qu'un non sens qui sert le sens du texte. Imagine toi être cette femme, rongé par les tabous, par sa morale avec des idées qui lui arrivent en pleine face. Imagine tous les non sens qui te font revenir à la réalité, cet aspect difficile, complexe, dur, de sens qui disparaît, de l'émotion qu'on ne comprend pas vraiment. Tu as bien ressenti ça à la fin ? Du mal à comprendre ?

C'est tout, globalement je suis totalement d'accord, avec les concepts développés, autant sur l'élitisme que sur la simplicité. Et je ne prend rien pour une aggression, si tu veux je pourrais te faire part de vrais critiques de ce texte par des professionnels, ils sont beaucoup moins tendres que toi Clin d\'Oeil


EDIT: Je viens de rire en me relisant, un paragraphe est bourré de fautes..

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MessageSujet: Re: L'indécision   Ven 14 Mar - 18:08

[Edit] Disons, pour simplifier, que tes arguments sonnent un peu faux, et que je trouve dommage, car tu sembles avoir du talent, que tu le gâches avec des pensées parfois un peu...d'un autre temps.

Allez sinon à nouveau chapeau pour ton texte Heureux


Dernière édition par Plumo le Ven 14 Mar - 19:32, édité 2 fois
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Rodram



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MessageSujet: Re: L'indécision   Ven 14 Mar - 18:16

Heureux
Avant que le ton monte encore, j'aimerai qu'il redescende. Du moins ici.
Sinon, continuez via MP.
Merci.
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MessageSujet: Re: L'indécision   Mar 18 Mar - 12:46

?

Oula je suis bien loin d'être énervé ou quoi que ce soit d'autre.

Et j'aime les pensées d'un... autre temps qui sont parfois issues de perceptions différentes comme la perception que tu as de ce texte. Tu me félicites, et pourtant, il est loin, très loin d'être de bonne qualité selon nombre d'autres avis. Comme quoi, il suffit de peu de choses pour croire en la complexité, j'irais même jusqu'à te citer un proche ami "Un peu trop simple à mon goût, tu aurais pu accentuer l'aspect séducteur au travers d'une description un tantinet plus longue. En plus on ne perçoit pas la dimension psychanalytique comme dans l'essentiel de tes écrits. Relis, et relis encore -)".


:scratch:
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MessageSujet: Re: L'indécision   Mar 18 Mar - 19:25

Ce que je t'ai conseillé n'est absolument en opposition avec ce que t'as conseillé ton ami.
Je te reproche un usage pour moi un peu trop tordu de ton vocabulaire qui rend ton texte trop capricieux à mon goût, peu juste dans l'énonciation de tes idées.
Que te reproche ton ami? De ne pas percevoir la "dimension psychanalytique" et de te voir passer si peu de temps sur le côté sensuel, "séducteur" du récit, de cette femme.

Je reprendrais donc son conseil, mais vis à vis de ceux que je te donne:

"Relis, et relis encore."
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MessageSujet: Re: L'indécision   Mer 19 Mar - 11:23

Possible.

J'aurais aimé le texte plus long, plus profond et moins "léger" pour rentrer dans les détails de l'aspect séducteur, pour terminer vraiment par une haine profonde de sa timidité, de l'impossibilité de surpasser ses tabous. Ce n'est pas de mon point de vue suffisamment marqué et fort. Les mots utilisés, les structures de phrase sont dans mon vocabulaire courant et des proches souvent me reprennent quand j'emploie certains mots. D'ailleurs, j'ai encore usé du mot "accorte" hier soir, comme quoi... Je n'arrive pas à voir la complexité réelle, vraiment, ce qui peut rendre lourd ce texte là. Mais je m'y pencherais dès que j'aurais des vacances pour reprendre un petit paquet de textes.

La critique que je t'ai tramise, est plus fourbe. Le "relis" s'adresse principalement à mon plus gros défaut qui est d'avoir arrêté tout bonnement de "lire" des romans ce qui me joue des tours dans l'écriture. Et quand je parle de lire, je veux dire analyser aussi toute la structure comme le bon petit lycéen. Il trouve très justement je pense que quitte à complexifier pour rendre plus soutenu mon langage, d'entrer en profondeur dans le sentiment de séduction, en par exemple, rallongeant l'histoire avec l'époux, et en ajoutant une scène de maquillage toujours en employant un vocabulaire que tu qualifies de "tortueux". Il faut par contre que la fin soit plus sèche, plus simple, plus dur avec des mots très facile en opposition pour marquer le retour à la réalité. Les mots ne sont pas qu'une jouissance, ils servent le sens, j'ai souvent tendance à l'oublier.

lol
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