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 Variation du meurtre

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Lilith
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MessageSujet: Variation du meurtre   Sam 12 Sep - 11:48

Spoiler:
 

Je plonge mes mains entre les tiennes, serre aussi fort que je peux tes doigts blancs. Voler ta chaleur une dernière fois. Je voudrais te posséder entièrement. Voir à travers le voile d'été de tes yeux, boire par tes lèvres roses. Je m'accroche à ta bouche du bout des cils. Je voudrais y plaquer la mienne, violer leur douceur, aspirer ton essence à travers elles. Je me perds dans leur rondeur. Je te veux comme un idéal brisé, une vision de l'ultime.

Je frôle ton corps du bout des doigts, savourant sa texture d'une caresse hésitante. Je noie mon souffle saccadé dans la mer sombre de tes cheveux. Éparpillés sur l'oreiller, ils appellent le pire en moi. Un chant inavouable. Tu soupires et je vibre. J'ai honte et je vibre. Je voudrais te détruire pour mieux t'aimer. Te morceler pour mieux te posséder. Je m'aventure plus loin, effleure la courbe de ton poignet. Je voudrais me glisser sous ta peau, m'y cacher, m'y enfouir. M'emparer de ce fourreau soyeux et m'y complaire jusqu'à l'indécence.

À ton tour tu fais crisser tes ongles entre mes boucles blondes qui se perdent sur tes joues. Je frémis d'envie. Je veux toucher comme toi, respirer comme toi. Voir le Monde à travers le prisme de ton corps. Ton doigt, assuré et conquérant, dessine le contour de ma mâchoire, dévale la pente de mon cou. Le sang pulse à ma veine, avide de te remplir, à travers cette unique empreinte que tu apposes à ma peau.

Je sens ton regard qui pèse sur mes désirs interdits, toutes ces violences intérieures que je te fais subir sans un mot. Tes yeux cherchent les miens. Je suis foudroyée, mise à nue sur ce lit d'enfant où nous sommes allongées. Il y a cet éclat nouveau au fond de toi. Tu esquisses un sourire que je voudrais déchirer d'un coup de dents. Pour mieux lécher ta blessure ensuite. Ta langue, déjà, fait rouler les sons. "Tu n'as jamais eu envie de tuer quelqu'un ?". Tes mots tranchent dans ma chair des plaies délicieuses. Je frémis à l'infini.

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Il y a en toi le gâchis d'un soleil qui sommeille, plusieurs fois, on t'a dit : "Révèle".

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Goldmund

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MessageSujet: Re: Variation du meurtre   Dim 13 Sep - 11:42

Ce texte est d’un bon niveau, du coup je me permets d’être « beaucoup » plus tatillon. Je suis un peu pressé par le temps, mais en gros, tu as une belle écriture, un vrai sens du rythme et de la narration. Ce qui coince, c’est que tu ne sais pas toujours gérer tes effets : tu vas trop vite, tu en fais trop, du coup tu deviens un peu théâtrale ce qui peut faire sortir ton lecteur du texte. Ton style est parfois précieux, empesé, il manque de « naturel » (avec toutes les guillemets du monde). Ton vocabulaire peut être trop conceptuel ou trop conventionnel. Je dirais qu’il faut que tu fasses plus simple à tous les niveaux et que tu te concentres sur l’essentiel : ce que tu racontes, ce que tu veux faire ressentir au lecteur. Plus de retenue, surtout au début.

Citation :
Je plonge mes mains entre les tiennes

Plonger « dans », plutôt que plonger « entre », si on veut respecter la cohérence métaphorique.

Citation :
serre aussi fort que je peux tes doigts blancs.

Sauf effet de style particulier, il faut vraiment éviter de supprimer le pronom personnel (j’ai dû me battre contre cette tendance que j’avais aussi). Ici, la suppression du sujet crée un léger effet d’accélération mais je ne sais pas s’il vaut le sentiment de « maladresse » qu’on peut éprouver en lisant la proposition.

Citation :
Voler ta chaleur une dernière fois. Je voudrais te posséder entièrement.

Sur le plan rythmique, c’est dommage d’avoir mis deux phrases brèves l’une à côté de l’autre : la première (« Voler ta chaleur une dernière fois ») perd tout de suite en énergie et en force d’impact, et c’est dommage, parce que le passage à l’infinitif (« voler ») était assez bien vu pour casser le fil du discours et nous projeter directement dans le magma de la pensée de ton personnage.
Autre point. Voler la chaleur de l’être que l’on aime ou que l’on tue, c’est quelque chose d’assez banal : ça ne veut pas dire que c’est inintéressant ou qu’il ne faut pas en parler, mais je dirais que l’idée est un tout petit peu décevante par rapport à l’importance que tu lui donnes dans l’économie du récit. C’est peut-être le verbe qu’il faudrait changer, trouver quelque chose de plus personnel que « voler ».

Citation :
Voir à travers le voile d'été de tes yeux, boire par tes lèvres roses.

L’idée est très belle (on se rapproche tellement d’une personne qu’on finit par « échanger sa place » avec elle), la formulation pourrait être affinée je pense : ce « boire par » n’est ni très joli ni très français, et l’image intéressante du « voile d’été de tes yeux » devient un peu comique à cause de l’allitération en occlusives (d, t).

Citation :
Je m'accroche à ta bouche du bout des cils.

Parfait.

Citation :
Je voudrais y plaquer la mienne, violer leur douceur

« Violer leur douceur » : c’est franchement bourrin. Ne va pas trop vite, pas trop de « gros » mots dès la troisième ligne, ménage une gradation ! Laisse le temps à ton lecteur d’adhérer au personnage et fais monter doucement la mayonnaise. Si tu y vas trop fort, tu deviens théâtrale et on se braque.

Citation :
Je me perds dans leur rondeur.

Très très bien. Ce mot de « rondeur » est intime, suggestif, surprenant ; beaucoup plus fort que tous ces grands mots que l’on connaît déjà par cœur (voler, violer, posséder, etc…).

Citation :
Je te veux comme un idéal brisé, une vision de l'ultime.

Un peu « conceptuelles » comme images, « l’idéal brisé » peut encore passer (parce que « briser » est un verbe assez subtil) mais « l’ultime » est trop théâtral pour moi. Encore une fois, ça manque un peu de retenu : on est encore que dans le premier paragraphe et ça parle déjà de la fin (l’ultime).

Citation :
savourant sa texture d'une caresse hésitante

C’est assez lourd. Le participe présent est lourd, rajouter un complément du nom derrière, c’est encore plus lourd, et coller un adjectif dérivé d’un participe présent dans ton complément, c’est trois fois lourd. Je trouve « savourer » trop fort, trop théâtral, pas cohérent avec l’idée de la « texture ».

Citation :
Tu soupires et je vibre. J'ai honte et je vibre.

Bon choix que ce verbe « vibrer ».

Citation :
Je voudrais te détruire pour mieux t'aimer.

Théâtral et cliché. Vraiment pas intéressant à lire.

Citation :
Je m'aventure plus loin, effleure la courbe de ton poignet.

Ca serait mieux là aussi avec le pronom personnel sujet : la phrase devient plus française et en prime le parallélisme fonctionne mieux, ça rend tout plus fluide. Bon choix le verbe « aventurer ».

Citation :
M'emparer de ce fourreau soyeux et m'y complaire jusqu'à l'indécence.

Je trouve ça précieux, ça manque de simplicité, ça manque de « sincérité ». Le "fourreau", dans le vocabulaire érotique, ça renvoie à la littérature libertine : c'est vieux de 300 ans et ce n'est plus tellement "audible" aujourd'hui.

Citation :
À ton tour tu fais crisser tes ongles entre mes boucles blondes qui se perdent sur tes joues.

Cette relative « qui se perdent sur tes joues » est vraiment lourde.

Citation :
Je veux toucher comme toi, respirer comme toi.

Le côté sympa de cette phrase, c’est moins le parallélisme qui est un peu convenu que l’idée d’employer les deux verbes de manière intransitive.

Citation :
Voir le Monde à travers le prisme de ton corps.

L’histoire du prisme, ça fait dissertation d’étudiant : fais plus simple ! Tu n’as pas à « prouver » que tu as des qualités d’écriture : on s’en rend compte dès le début, concentre toi sur ce que tu veux faire passer.

Citation :
Le sang pulse à ma veine, avide de te remplir, à travers cette unique empreinte que tu apposes à ma peau.

Pulser « dans » plutôt. C’est trop précieux : ce « avide » en apposition est cliché, l’image de l’empreinte que l’on appose est inutilement compliquée je trouve.

Citation :
Je sens ton regard qui pèse sur mes désirs interdits

Trop conceptuel ce « interdit », on perd toute l’émotion du début. Je crois que tu veux trop en dire en peu de mots, du coup il y a tout un tas d’implicites et de réflexions sous-jacentes (du type : je te désire mais je n’ai pas le droit) qui rendent ton récit confus et alourdissent ton écriture. Prends le temps de développer, ou bien fais des coupes et renonce à tout dire.

Citation :
Je suis foudroyée, mise à nue sur ce lit d'enfant où nous sommes allongées

C’est une scène saphique ? D’accord je comprends mieux le « fourreau soyeux » et l’absence de sexes masculins (contrairement au texte d’Aillas qui en était constellé et avait un petit côté « slasher movie »).

Le dernier paragraphe est le meilleur je trouve, je n’ai pas grand-chose à redire.
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Goldmund

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MessageSujet: Re: Variation du meurtre   Dim 13 Sep - 11:46

Un poème qui pourrait t'intéresser, ton texte m'a tout de suite fait penser à lui : on retrouve ce besoin d'intimité qui va jusqu'à la confusion des êtres, à l'inversion des rôles. C'est un très beau poème d'amour.

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur de mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre
Comme une pierre sur le ciel.

Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.

L'amoureuse, Eluard.
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D.A.

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MessageSujet: Re: Variation du meurtre   Ven 18 Sep - 12:46

Je réalise que je ne l'avais pas commenté. On retrouve effectivement un peu de l'ambiance de Mona Moore, mais tu es plus évasive dans tes pensées, plus langoureuse... Un effet de trouble flou en ressort. Cette question posée à la fin rend tout plus net d'un seul coup, comme si la caméra arrivait enfin à faire le focus sur le visage inquiétant de l'homme. Très beau.

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D.A.

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MessageSujet: Re: Variation du meurtre   Sam 10 Oct - 13:28

Il peut carrément aller en bibliothèques celui-là, n'est-ce pas ?

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Lilith
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MessageSujet: Re: Variation du meurtre   Sam 10 Oct - 13:44

Je pense que oui. J'ai essayé de le reprendre mais je n'y arrive pas Triste
Donc oui.

Merci pour ton commentaire d'ailleurs Ana Heureux
J'ai essayé de faire un truc vaporeux.
D'ailleurs Gold pour te répondre: oui il s'agit d'une scène entre deux femmes, mais pas forcément sexuelle, cela pourrait être deux enfants, deux adolescentes allongées sur le même lit, c'est comme ça que je l'ai écris, même si à postériori et après lecture de ton commentaire je comprends qu'on y voit une certaine sensualité Heureux

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