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 Television Void

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D.A.

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MessageSujet: Television Void   Mer 16 Sep - 11:02



Je regarde une vieille télévision qui diffuse de la neige et des spasmes de couleur, des images brouillées. La chaise où je suis assise se trouve dans une salle de classe de mon ancien collège. La même ambiance pesante et terne pollue l’atmosphère. L’éclat du poste de télévision ressort saturé au milieu de ces teintes fades. Les stores sont baissés, mais des raies de lumière passent par les étroits interstices pour se poser sur le sol en lignes quadrillées. La porte de la classe est grande ouverte sur le large couloir du deuxième étage. L’air charrie une odeur de moisissure. Les tables sont dans un piteux état, les chaises renversées, le sol éventré.
Je suis très près de la télévision. L’écran est bombé comme sur ces vieux postes impossibles à déplacer, couvert d’une membrane de poussière. Les images commencent à émerger d’une confusion de coloration.

Il parait gigantesque hors de l’eau, enfermé dans ce hangar sinistre. Sa coque penchée est couverte de rouille et d’ombres immobiles.
Je monte à bord du bateau de l’épouvante. Je me rêve en pleine mer.
Noyée dans l’océan pour revoir les grands yeux noirs du Predator X. La masse dans l’ombre de l’eau, si gigantesque que je n’en distingue pas les extrémités. La gueule qui reste close juste devant moi, les rangées de dents aussi grandes que mes jambes.

Je marche sur le pont du bateau. Je suis près de la rambarde à bâbord. Je plonge dans l’eau.
Je regarde le dinosaure.

La télévision me fait mal aux yeux. Je les plisse face à la lumière crue, mais je ne saurais arrêter de regarder. Je suis l’actrice, le technicien et le réalisateur. Regarder sa propre vie est aussi malsain qu’hypnotisant.

Je suis dans la seconde chambre que j’ai eue, qui se situait dans la cité sinistre où j’ai grandi.
Les objets et les jouets que j’ai accumulés au cours de ma vie s’entassent dans les coins en piles instables. Les deux longs murs de la pièce se sont comme resserrés, alourdis par les babioles sur les étagères. Je n’en reconnais pas la moitié, vestiges d’une vie alternative. Il y a une maison miniature couverte de végétation en plastique, un photophore qui dispense des ombres de griffes quand il fait nuit, une valise de cuir par terre remplie d’argile liquide.
Une musique pleine de tambours rédempteurs s’entend faiblement en fond. Une musique de jungle. Une musique où il est censé se passer quelque chose d’important. Mais il ne se passe rien.
J’ouvre les épais rideaux pourpres qui me séparent du monde extérieur. Le soleil m’aveugle. Des étendues dorées apparaissent dans un flou gaussien à travers la vitre. C’est le désert par la fenêtre.
Quelque chose sur le mur à ma droite attire mon attention. Je tourne la tête pour réaliser qu’une des photos que j’ai accrochées bouge parmi les dessins, les cartes postales et les photos.
Dans un rectangle parfait, une fille lève les yeux vers le soleil. Il s’abaisse sur un ciel si bleu qu’on pourrait y tremper les lèvres. Quand il est à hauteur de sa bouche, elle sort sa langue.

Elle lèche le soleil.
Cette vision me retourne jusqu’aux tréfonds de l’âme.
Elle lèche le soleil.

Puis elle s’arrête pour me dévisager et désigne la fenêtre.
Les autres images s’animent à tour de rôle. Je recule d’un pas pour contempler le mur entier. Des poissons aux écailles rutilantes lancent des feux d’artifice avec leurs nageoires. Les baleines bleues d’une carte de vacances s’échappent pour les rejoindre, plus petites encore. Les paysages abstraits se parent de myriades de couleurs vives et se tordent en formes géométriques évanescentes. Les cartoons sont surexcités. Une banane est engloutie par une bouche rouge.
Je me retourne avec perplexité vers la fente de lumière qui s’introduit entre les rideaux. Une ombre passe devant.
Il y a quelque chose qui rôde dehors.
Les petites figures redoublent d’agitation sur le mur.
Distractions. Ce sont des distractions.
Une porte claque dans l’appartement.

Il y a des bruits dans les couloirs du troisième étage. Le collège est abandonné depuis longtemps. L’idée qu’il y ait quelqu’un d’autre me met mal à l’aise.
Je songe un moment à aller voir ce qui s’y passe. Cette seule idée, aller me confronter à cette peur, m’infuse d’audace et de vie. Mais j’ai tout le temps du monde pour vivre.

Je suis sur le plateau au décor factice, derrière la caméra qui n’arrête pas de tourner, en coulisses où l’intérieur est scrupuleusement décortiqué.
(Des pièces détachées sur une table, entreposées dans une réserve de milliers d’étagères.)
J’ai du rouge vif sur mes lèvres, les cils maquillés à la perfection : je le vois dans un miroir près de moi. Je suis regardée et attendue par des dizaines d’yeux.
J’ai une feuille et un stylo dans les mains, un air perplexe sur le visage. On me demande de réécrire la réalité.
A quoi ressemble le script d’un rêve ?
Un tas de feuilles pleines d’interférences. La plus belle chose qui puisse être écrite ? La drogue du cerveau. Le trip ultime.
« ---crrrcrrr--- auore t aube ani - dabe me ---crrrcrrr--- al meh ozdi mar. Je dors pur morir. »
Je me perds dans le labyrinthe de mes pensées. Je peux rêver quelque chose, mais ce ne sera pas juste. Le rêve est brouillon ; la première étape déterminante d’un schéma. La source n’est jamais fiable.
Je peux inventer quelque chose, mais ce sera plus faux encore. La réponse ne viendrait que de moi.
Je réalise que je ne peux pas réussir et je prétexte devoir m’absenter quelques minutes, la peur au ventre. J’ai une barrette en forme de papillon dans les cheveux. Je m’engouffre dans un couloir de rideaux carmins et je me mets à courir.  

Il y a quelque chose qui rôde. Les bruits se rapprochent du deuxième étage. Je regarde fixement l’écran de la télé. Je ferme les yeux. Quelque chose se déplace dans le bâtiment. Une peur plus virulente se répand en moi et me compresse l’abdomen. Je veux voir plus d’images, je veux apprendre. Me réfugier à l’intérieur…

Un centre-ville envahit de rafales de sable organise une fête, un rallye de moto-cross. Les engins circulent autour de moi en direction du désert. Les spectateurs se sont installés dans des tentes en pleine rue. Il règne ici une anarchie délicieuse, le désert est à portée de main. Une odeur de sucre cuit et de nourriture épicée flotte dans l’air.
Le soleil est encore haut dans le ciel, mais il va chuter en quelques secondes.
Je distingue près d’un arrêt de bus embourbé de sable une silhouette que j’ai peur de reconnaître. Il est de dos. Je me réfugie derrière un mur de la rue. [...]

Les palmiers vertigineux près du terrain de construction, envahis d’un lierre qui les ravage. Il y a un danger qui rôde. Quelque chose va sortir de terre.
/crrrr/ Si le soleil se lève ici… C’en est fait de nous.
Un air de violon nostalgique s’élève derrière la colline d’argile.

Quelqu’un tape dans les murs. La porte est si grande ouverte. La chose n’aurait qu’à passer à côté pour me voir. Elle sait que je suis quelque part dans ce bâtiment. Je suis si proche d’elle... si proche de me rappeler qui elle est. A deux doigts de me souvenir de ce visage. Je reconnais sa façon de se déplacer. Ce bruit m'a suivie toute ma vie.
Je dois aller là où elle ne pourra pas me suivre. Il faut que je me rendorme une dernière fois. Que je me rendorme tout de suite.

Mon bac à sable n’est pas assez grand. Je suis dans un parc à jeux pour enfants où il y a des balançoires, un saut et une pelle à la main. Mais c’est le désert autour de moi. Le sable s’étend à perte de vue. Je me relève dans une robe beige et j’observe l’horizon. Je regarde le soleil. Je regarde l’Horloge. Sans bouger.  
Je réalise à quel point je veux nager dans le sable.
Je veux l’univers entier. Comprendre chaque grain qui s’étend devant moi. Passer l’éternité à attendre ici, où personne ne viendra me chercher.
Je veux être oubliée.
J’entends les chronophages qui élèvent des empires dans ma tête. Les chutes du paradis miroitant à l’autre bout de mon esprit.
Ils disent que la vie commence à la fin de notre zone de confort. Je regarde l’horizon en attendant.
J’ai soif du désert.

Un puma au pelage malade s’avance dans le sable. Ses poils sont ramassés en touffes drues sur l’ensemble de son corps comme s’il avait été écorché par une autre bête, mais il marche droit. Il s’approche à pas lents. Il n'y a aucune animosité dans ses yeux, mais c'est un fauve du désert. Mon regard est sans expression.
(Derrière la télévision, je suis choquée de voir le vide dans mes yeux.
Je n’ai plus peur de rien. Personne ne devrait jamais être aussi prêt à mourir.)

Il me conduit dans le désert. Des arbres aux troncs rêches poussent par endroits, cernés de rocaille, de sable et d’herbe brûlée.
Il pénètre dans une caverne . Je le suis sans réfléchir.
L’entrée débouche sur une pièce où se succèdent bibliothèques et meubles en pin. Il n’y a que des livres aux titres qui me sont inconnus ainsi qu’un grand nombre d’objets insolites. Des jouets en bois et en verre pendent au plafond. Il y a un espace pour les enfants.
Je suis déjà venue dans cette librairie. J’y allais souvent petite.
(Les objets comme les livres disparaissent au réveil. Si quelque chose vous tente, il faut le faire vite et agripper à l’essentiel. Rien ne peut être gardé pour plus tard. Il n’y a que nous dans un rêve. Que l’exploration. Et aucun lendemain.)
Mes cheveux sont blonds pâles et pleins de vie. Je distingue les deux tresses d’ivoire qui tombent sur mes épaules d’enfant.
Je reproduis le même schéma que lors de ma dernière visite en me dirigeant vers l’arche qui mène à la réserve.
La licorne à bascules bleue est là où je l’attends dans l’arrière-boutique poussiéreuse. Je me mets à pleurer en voyant les morceaux éparpillés par terre dans l’ombre froide du vitrail qui domine l’espace.
Je m’endors près de la licorne à bascules démembrée, à moitié couchée dessus.
(Des cheveux blancs partout autour de moi, traînant dans la poussière.)

Il y a quelque chose qui rôde.

Je me réveille au même endroit, mais la licorne a disparu. Le silence s’est emparé de la librairie dans la pièce d’à côté. Quelque chose s’éveille en moi.
[...]
La ré ---crrrcrrr---
[...]
---crrrcrrr--- tuer l’enfant.
[...]
Cesser d’être celle qui rêve pour devenir un rêve. Changer ma matière.
[...]
---crrrcrrr--- car ce n’est plus assez. Je veux goûter l’infini de toutes mes forces.

Le déclic retentit dans chaque parcelle de mon corps en une parfaite agonie. L’agitation est à son comble et se rapproche de plus en plus. Elle est dans le couloir. Les interférences se multiplient. La télévision n’arrête pas de s’éteindre et de se couper aux moments les plus importants, à m’en faire hurler de frustration. Je n’ai que peu de temps. Maintenant je sais qui est l’ennemi.
Je me rappelle de toi.
Je regarde l’écran une dernière fois, happée par une séquence où apparaît un visage aux yeux vifs rivés droit sur la caméra. J'essaie de comprendre ce que ma bouche dit avec tant de conviction avant qu’il ne soit trop tard.

« Enfant, j’étais redoutable. Je commandais à l’infini. ---crrrcrrr--- Je me suis oubliée quelque part sur la route. J’ai contemplé mon passé comme une âme malade qui ne cesse de ressasser.
J’ai été vieille avant d’être adolescente ---crrrcrrr--- maintenant je peux rajeunir [...]

---crrrcrrr--- toi ---crrrcrrr--- t ---crrrcrrr------crrrcrrr--- eille-toi ---crrrcrrr--- Réveille-toi. ---crrrcrrr--- eille-toi. »

Le ciel est si bleu dans un désert aride. Mes cheveux blonds sont secoués par la force du vent.
Le soleil descend.
Je rassemble mon poing, j’ouvre la bouche et je sors ma langue.  

La télévision continue de diffuser mes souvenirs, mais je me suis levée. Dans le couloir les bruits se sont tus. Pour cela, je sais que la menace est plus grande que jamais. Rien n’est plus terrifiant et merveilleux que le silence. Je marche vers l’entrée de la salle de classe sans risquer de regard en arrière. J’abandonne la télévision.  

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Dernière édition par D.A. le Mer 30 Sep - 16:06, édité 5 fois
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Chikoun
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MessageSujet: Re: Television Void   Mer 16 Sep - 11:56

Ce texte m'apparaît comme un rêve. Je crois que c'est l'effet voulu, mais c'est très réussi. Le choix d'une télévision a quelque chose de très pertinent dans le propos. C'est très personnel, et cela peut parler à tous pour autant. En ce qui me concerne, j'aime beaucoup. L'ambiance, l'écriture du rêve, tu maîtrises bien tout cela.


Quelques remarques plus précises.

Cette histoire de bac à sable trop petit, qui devient tout à coup un désert immense. Tout d'abord, je me suis demandé si c'était un désir de "grandeur", de toujours plus grand, de soif insatiable. Puis, je me suis dit que le mélange des deux faisait tout à fait rêve. Le bac à sable se transforme au détour d'un battement de paupière en un désert immense. Effrayant, soudain. J'ai beaucoup aimé cette image, qui est très a propos.



A certains moments, tu utilises des parenthèses plutot que le simple retrait dont tu avais l'habitude.
Citation :

(Derrière la télévision, je suis choquée de voir le vide dans mes yeux.
Je n’ai plus peur de rien. Personne ne devrait jamais être aussi prêt à mourir.)

Ici par exemple. Pourquoi ? Est ce qu'il y a une raison ? Car je ne l'ai pas tout à fait saisie. Pour moi le retrait est suffisant à cette "deuxième voix" du moi en dehors de la télévision.
Sauf à un moment (quand c'est en italique dans le rêve et dans les parenthèses, notamment au moment des cheveux blancs) où je me suis dit que c'était justifié par une polyphonie à l'intérieur même du rêve.






Citation :
Je dois tuer l’enfant en moi.
[...]
Je peux cesser d’être celle qui rêve pour devenir un rêve. Changer ma matière.
[...]
Car ce n’est plus assez. Je veux goûter l’infini de toutes mes forces.

Ici, j'aurais bien vu un travail sur ce "je". D'un côté, je me dis que c'est très bien en l'état, parce que c'est le "je" qui cherche à s'affirmer. De l'autre côté, je me dis qu'il pourrait tout à fait, dans son délire pré-natal, concevoir ces étapes de sa construction comme une série d'ordres, de conseils, où le "je" serait absent car il n'y serait pas encore.

Tuer l'enfant en moi.
[...]
Cesser d'être celle qui rêve pour devenir un rêve. Changer ma matière (tu vois, tu l'avais fait ici !)
[...]
Car ce n'est plus assez. je veux goûter l'infini de toutes mes forces.

Je garderais ce "je" à la toute fin. Comme fin de la construction, mais aussi parce que c'est un désir et non plus une étape. C'est l'achèvement.
Par ailleurs, je virerais le "un" devant "rêve". Devenir rêve. Je trouve l'image plus puissante ainsi.


Merci pour ce texte, je l'ai vraiment bien aimé. Il change beaucoup de ce que tu as déjà montré ici — des textes plus longs, plus orientés vers la longue nouvelle ou le court roman, avec des ambiances différentes. Au plaisir de lire le suivant, et d'être surpris encore !

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D.A.

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MessageSujet: Re: Television Void   Ven 18 Sep - 19:31


On en a déjà parlé en privé mais je fais le point ici pour les modifications et précisions. Merci encore moustique.

Le bac à sable...

Petite, Buffy contre les Vampires était ma série. Aujourd'hui encore et malgré tous ses défauts, ça reste un péché mignon presque défendu. Et pour moi, il y a un épisode qui supplante tous les autres en termes d'écriture et de qualité : le final de la saison 4. Joss Whedon y coince les héros dans leurs rêves où ils sont traqués par l'esprit de la Tueuse, la personnification ancienne du pouvoir de Buffy. La manière dont il filme les rêves est d'une simplicité qui touche au génie.

La scène du bac à sable y figure. C'est une image qui s'est tellement fondue dans mon imaginaire qu'elle figure ici.

Les parenthèses

En fait, ça signifiait une sorte de court entracte dans la continuité du morceau de la "fin de quête" : d'abord le désert, puis la caverne. Mais je comprends que ça soit perturbant. Je les ai retirés sans grande satisfaction. Je vais essayer de songer à un autre moyen de l'intégrer.

Interférences

Glisser peu à peu vers le "je" pour amener lentement la conclusion, c'est une super idée.

Par contre je tiens à garder mon petit "un" pour désigner le rêve, parce qu'il s'agit d'un rêve précis et si je l'enlève, ce fait part avec.  

Je le change donc de cette manière :

D.A. a écrit:
[...]
La ré -
[...]
Tuer l’enfant.
[...]
Cesser d’être celle qui rêve pour devenir un rêve. Changer ma matière.
[...]
Car ce n’est plus assez. Je veux goûter l’infini de toutes mes forces.


Ce que je me demande encore, c'est comment faire en sorte que ces interférences de la télévision ressortent dans le texte, quelle autre manœuvre typographique utiliser. Je me sers des [...] et je m'interroge sur d'autres effets. Je suis ouverte aux suggestions et j'aimerais aussi avoir d'autres impressions générales.

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Chikoun
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MessageSujet: Re: Television Void   Ven 18 Sep - 19:55

Pour ce qui est des interférences, je te proposais plusieurs idées :


Soit tu coupes les mots avec tes [...], carrément, plutôt que d'attendre la fin des phrases

Soit tu y vas plus violemment encore. Tu peux faire comme tu l'as fait à un endroit, enlever des lettres, etc. Tu peux jouer sur la taille des caractères. Certains très gros, certains très petits, certains manquants. Pour jouer sur la difficulté à "lire" donc à "entendre" la télévision. Les sons qui viennent de plus loin derrière la neige, etc.

Tu peux jouer sur les signes spéciaux pour remplacer les lettres. Pour former des "phrases" incompréhensibles. Petit plus, tu pourrais les "coder". CaD qu'elles auraient effectivement uns ens, et pas juste une succession de signes. Un code simple, pour qui voudrait chercher.


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Lilith
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MessageSujet: Re: Television Void   Ven 18 Sep - 21:47

Bon, je n'ai malheureusement pas le temps d'écrire tout ce que je veux sur ce texte mais il y a un truc quand même Heureux

En fait, il y a des choses que j'adore dedans et d'autres que je comprends pas du tout et que je trouve "detrimental" pour ton histoire.
Tous les passages de rêve actuels, le bas à sable, la grotte, toutes ces scènes sont vraiment super, elles me parlent, elles sont bien menés, et se suffisent presque en elle même.

Ce sont tous les passages de "transition" entre ces scènes auxquelles je n'accroche pas. Je n'arrive pas à en comprendre l'enchainement, le concept, le sens, l'essence. Ca me perturbe, c'est comme si tu les avais délaissé pendant l'écriture des autres. Mais c'est totalement subjectif. En fait j'avais très envie de les sauter pour retourner aux passages de rêves.

Je ne sais pas comment le dire autrement. je vais encore y réfléchir et je reviendrais Heureux

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D.A.

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MessageSujet: Re: Television Void   Ven 18 Sep - 22:01

Ça me fait sourire comme impression parce que les morceaux de rêves, c'est ce qui doit donner envie de lire ! On a toujours envie de retourner dans nos rêves le matin (même les cauchemars en ce qui me concerne), donc l'effet même s'il est seulement le fruit d'une demi-intention me plait.

Cela dit tu me fais réaliser que je devrais peut-être, je ne sais pas, détailler davantage les passages où elle regarde la télé ? Donner des pistes de ce qui se passe dans le couloir...

D'ailleurs je dois t'avouer qu'à la rédaction, j'ai fait comme d'habitude ; j'écris des bouts et ensuite je pense à la manière de les rattacher ensemble, comme un puzzle. Et les rêves, c'est ce que j'ai écrit en premier. Un ou deux passages "devant télé" on été rédigés pour combler les vides. Ce que je voulais c'était montrer qu'il y a un danger dehors qui pousse à s'en détourner, à ne pas l'affronter. Je devrais sûrement y injecter encore plus de peur et de saleté. Je vais voir.

Merci Lilith ! <3


PS : Mdr, tu l'as mise en avatar !

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MessageSujet: Re: Television Void   Ven 18 Sep - 22:05

Mais de rien mon chou Heureux
Si j'ai pu aider.

Oui je pense qu'ils gagneraient à être un poil développés, pour la cohérence de l'ensemble. Parce que on sent bien qu'un danger menace, ça ça va tu maitrises, mais ce danger n'est relié à rien et comme en plus on ne le voit jamais, il n'en parait que plus abscon et incompréhensible. est-il relié aux "rêves"? Est ce un rêve dans un rêve? Il manque quelque chose, un indice ou un direction à ces entrefaites, selon moi.

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MessageSujet: Re: Television Void   Ven 18 Sep - 22:10

Ça marche, je vais chercher un moyen de rajouter du malaise. C'est effectivement connecté aux rêves, comme les rêves sont connectés à la réalité.

Salut

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Lepzulnag

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MessageSujet: Re: Television Void   Sam 19 Sep - 1:37

Pfiou ! Voilà une œuvre dure à commenter...

Défi relevé, Docteur Ana ! Cela fait vingt-quatre heures que j'ai lu le texte, mon esprit est mûr. Bien que ma condition physique ne soit pas optimale - étant affaibli par un rhume vicieux - je devrais survivre.

Tout d'abord, je ne sais pas à quel point c'est toi dans ce texte, mais ça me fait penser à toi. L'histoire est une introspection, elle n'a aucune accroche avec la réalité, les descriptions sont des rêves, des souvenirs, des souvenirs de rêves, des rêves de souvenirs ; physiquement, le personnage pourrait se trouver n'importe où. L'action est à l'intérieur de lui.

Parallèlement, lorsque tu es plongée dans tes pensées, ou quand tu écris tes rêves, j'ai l'impression de te voir effectuer un travail de recherche. Tu es une chercheuse d'images. Une prospectrice de sensations, une archéologue de souvenirs. Et Television Void est un fruit de tes découvertes. D'ailleurs, ça se ressent particulièrement ici :
D.A. a écrit:
(Les objets comme les livres disparaissent au réveil. Si quelque chose vous tente, il faut le faire vite et s’agripper à l’essentiel. Rien ne peut être gardé pour plus tard. Il n’y a que nous dans un rêve. Que l’exploration. Et aucun lendemain.)

Ce paragraphe prend à rebrousse-poil par rapport au reste de l’œuvre, car on passe de ce qui était jusque-là un voyage initiatique à travers les rêves, à un conseil presque scientifique de l'exploration onirique.

Cependant, il a l'utilité de faire comprendre à quoi servent ces parenthèses. Car elles ne sont pas venues là sans raison. J'en suis arrivé à la conclusion qu'il y a trois niveaux de perception dans l'histoire : le premier à "l'intérieur de la télévision" ; le deuxième qui regarde la télévision dans le collège ; plus un troisième, encore au-dessus, qui observe de loin ce qui se passe, et se fend d'un commentaire lorsque qu'il remarque quelque chose qui l'étonne ou l'intéresse.

Aussi, lorsque cette entité supérieure s'avoue choquée ("Personne ne devrait être aussi prêt à mourir"), forcément ça fait de l'effet. Elle est choquée par elle-même ; par ce qu'elle est, plusieurs niveaux en-dessous. Ce passage est fort.


Ah ! Ce qui m'a fait de l'effet aussi, c'est un truc tout bête : le détail physique du personnage. Je n'ai pas trop compris pourquoi, mais ça m'a touché.
D.A. a écrit:
J’ai du rouge vif sur mes lèvres, les cils maquillés à la perfection : je le vois dans un miroir près de moi.
D.A. a écrit:
J’ai une barrette en forme de papillon dans les cheveux.
D.A. a écrit:
Je me relève dans une robe beige.
Maintenant que je te cite, je me rends compte que c'est peut-être dû à l'intense féminité qui en ressort. C'est dit avec une légèreté toute naturelle. Je trouve ça joli.

Il y a quelque chose dont tu devrais faire particulièrement attention, dans tes écrits en général (ainsi que tout écrivain d'ailleurs) : c'est de ne pas préjuger des réactions du lecteur. Se rappeler combien il peut être différent ; par exemple, ne pas se dire "là, il va avoir peur" simplement parce que telle image ou telle situation évoque pour toi de la peur.
C'est le cas lors de l'apparition du puma. Je ne sais pas du tout comment me l'imaginer ! Effrayant, ou gentil ? Ou autre chose ? (pour toi ça doit être clair, tu es l'auteur :p)

D.A. a écrit:
Un puma au pelage malade s’avance dans le sable. Ses poils sont ramassés en touffes drues sur l’ensemble de son corps comme s’il avait été écorché par une autre bête, mais il marche droit. Il s’approche à pas lents. Mon regard est sans expression.
Pour le moment, il n'a pas vraiment l'air terrifiant. Il est malade. Il avance doucement. Il semble plus agonisant que dangereux. Peut-être qu'il serait intéressant d'avoir des informations sur son regard à lui.

D.A. a écrit:
(Derrière la télévision, je suis choquée de voir le vide dans mes yeux.
Je n’ai plus peur de rien. Personne ne devrait jamais être aussi prêt à mourir.)
Ah ? Donc il peut la tuer en fait. C'est un vrai prédateur sanguinaire, pas un nounours.

D.A. a écrit:
Il me conduit dans le désert.
Ah bah non, il est cool ^^ C'est un guide.


Dans tes textes, tu utilises souvent des notions qui pour toi ont un sens bien défini, et que le lecteur doit apprendre. C'est un travail qui s'effectue en partie au fil de l'histoire, mais surtout au fil des œuvres : un seul texte ne suffit pas à tout comprendre.
L'exemple le plus évident est cet "infini". Tu n'en parles que deux fois : "Je veux goûter l'infini" et "[Enfant, ] Je commandais à l'infini." On est écrasé par l'extraordinaire puissance donnée à ce mot, sans que nous soient accordé les moyens de le comprendre. Ça donne envie d'en savoir plus, d'attendre avec impatience ton prochain texte.

Par contre, autant l'aura de mystère qui enveloppe certains concepts leur donne un poids supplémentaire, autant ne pas savoir ce qu'est la chose qui rôde à l'intérieur du collège est frustrant !
Non seulement c'est frustrant, mais en plus ça la rend "transparente". Je me suis tout d'abord imaginé que c'était un monstre basique, puis la Faucheuse, puis une version "infiniment vieille" du personnage. Je me suis même imaginé que c'était mon personnage favori de league of legends, en train de rôder sournoisement, un atroce sourire plaqué sur sa face ovaloïde.

..."La chose n'aurait qu'à rentrer pour me voir"...

Brrr !


Bon, j'essaie de terminer rapidement, parce que je commence à fatiguer. J'ai quiffé la fin. L'image de la fille qui lèche le soleil. Le : "J’ai été vieille avant d’être adolescente". Les cheveux blonds pleins de vie, qui deviennent blancs et incroyablement longs.


Les interférences
Sans les commentaires ci-dessus, je n'aurais jamais compris que les "[...]" en étaient. Ce symbole m'évoque un bégaiement, des mots qui n'arrivent pas à sortir, en bref : quelque chose de silencieux. Une interférence, ça fait du bruit, un crissement. Peut-être quelque chose comme :
---krrrrkrr--
[--crrrrr--]
(..crr..rcrr..)
**crrr**

J'avoue que je ne sais pas trop comment j'aurais fait.
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D.A.

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MessageSujet: Re: Television Void   Sam 19 Sep - 21:12

Docteur Ana à la barre.

Lepzulnag ! Vil matelot, range-moi ce mouchoir et va hisser nos couleurs. Quoi, c'est pas ça un docteur ? Je suis un docteur-capitaine Zombie J'adore tes commentaires.
J'aime qu'on me dise ce qu'on voit, ce qu'on ressent et tu n'es vraiment pas avare en la matière. Sur les détails physiques, la question de l'infini, la recherche et l’archéologie de souvenirs... Le pire, c'est sans doute que tu ne réalises pas à quel point tu es près de la vérité.


Personne ne devrait être aussi prêt à mourir.
Pour les niveaux de perceptions, je dois avouer que l'écriture cette troisième conscience qui parle n'était pas très claire. Mais il y avait en effet des réflexions comme celle que tu m'as cité qui ne pouvaient pas découler de celle qui les vivait actuellement.
Je vais procéder à une nouvelle modification dans le texte source : je remets ce passage entre parenthèses et en italique intégré directement au rêve, ça y prendra son sens. Danke.

Le puma
Je vais rajouter une ou deux phrases qui devraient t'éclairer par la même occasion, qui auraient pour sens : "Il n'y a aucune animosité dans ses yeux, mais c'est un fauve du désert."
Ce que je veux dire, c'est que même s'il n'a a priori pas un comportement dangereux, ça reste un puma. Donc ça me paraissait assez naturel. D'autant que la voix off (celle entre parenthèses) ne le ressent pas directement : elle a peur de la peur, ou plutôt de l'absence de peur dans ces conditions. Dans le rêve, la fille face au puma est comme je la décris, très calme. Plongée dans son voyage initiatique jusqu'au cou.
Enfin je vais voir tout ça et je posterai les modifications après coup.

Ce qui rôde dehors
Si c'est à ce point frustrant, il va falloir que je fasse quelque chose. Le problème résidant dans le fait qu'en aucun cas cette chose ne peut être vue, d'où l'intérêt de la fin : la fille se lève et va en découdre avec cette chose malgré la peur virulente qu'elle lui inspire. Elle se rappelle enfin de quoi il s'agit, mais ça doit rester abstrait. Il faut vraiment que j'y réfléchisse.

Interférences
Excellente idée ces /crrrr/ -krrrkrrr-, je vais faire des tests.

(...krr-krrkrr-krr...)

Merci merci (l)

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D.A.

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MessageSujet: Re: Television Void   Mer 30 Sep - 16:12

Voilà, j'ai fait ce que je voulais de ce texte cet après-midi. Du moins, je m'en suis approchée autant que je le pouvais avec mon état d'esprit d'aujourd'hui et j'en suis heureuse comme ça. Je ne veux pas rester bloquée plus longtemps sur celui-ci, il y a pleins d'autres choses que je veux affronter. J'aimerais donc qu'il passe en bibliothèques en l'état si vous l'en jugez digne, tout fraîchement modifié avec ses interférences (thx again Lepz) et ses petits passages en plus.

Merci aux commentateurs qui ont pris la peine de me lire Pwik

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Television Void   Mer 7 Oct - 13:06

J'arrive largement après la bataille, mais je suis en train de récupérer mon retard dans les bibliothèques.

Ce texte est assez ahurissant et je suis très heureux de l'avoir découvert. L'ambiance y est parfaiten le rendu onirique est vraiment très juste, et je n'ai ressenti aucune gêne à appréhender les différents niveaux d'irréalité. A vrai dire, je n'ai pas vraiment senti de scission entre eux ; j'ai tout pris au même niveau, puisque pour moi, tout participe de cet étrange moment.

Un grand bravo car c'est souvent casse-gueule de dérouler un rêve sur une telle longueur.

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D.A.

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MessageSujet: Re: Television Void   Mer 7 Oct - 20:53

Merci dale, ça me fait tout chaud dans mon petit cœur.

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MessageSujet: Re: Television Void   

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Television Void
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