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 ¤ As de Pique ¤

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MessageSujet: ¤ As de Pique ¤   Dim 27 Avr - 17:33

Pour toi, mon amour. Ce soir, au douzième coup de minuit, je serai mort.

Rien ne m'avait préparé à t'aimer, rien. Silencieuse et délicieuse, tu as acquis mon coeur par un souffle, par un regard, par un geste. Je t'ai aimé, oh oui, et m'en voilà puni. Le bar mal famé où je t'ai rencontré est le prologue de l'histoire, de mon histoire, de notre histoire. Maintenant que je suis en sang, sur ce bitume frais avec comme spectatrice la lune, je peux tout te dire. Prend moi, serre moi davantage dans tes frêles bras, ne me quitte pas, pas tout de suite. Tient, le premier coup de la cloche résonne au loin et il me semble même voir dans le ciel l'éclat de battements d'aile d'une hirondelle. Tu te souviens, de notre premier baiser ? Il était mouillé, la pluie avait décoré tes lèvres de plusieurs gouttes d'eau, je me rappelle avoir fait prisonnier à plusieurs reprises ta bouche, que je l'aimais, que je l'aime. Tu m'entends ? Je te vois là et j'ai l'impression que tu meurs, écoute encore un peu, je t'en prie. Je t'ai entraîné dans une fête pour notre première sortie, j'ai tenu tes cheveux lorsque tu as vomi après ta première gueule de bois, je me suis serré contre toi dans les draps et on a fait l'amour. Tu y as pris goût et par la suite, je savais, par tes moues délicates, que tu souhaitais encore que nos nuits servent à autre chose qu'à dormir.

Second coup, l'Eglise prévient ses tendres brebis que la soirée devient matinée. J'ai toujours aimé tes cheveux châtains, leurs senteurs, la manière dont ils se plaçaient sur mon épaule lorsque nous prenions une douche ensemble. Toi et ta peau, moi et ma peau. Notre histoire n'était pas des plus roses, bon nombres de fois, je suis rentré soûl et ivre, éclatant ta douce vaisselle sous l'effet de l'alcool. Quant à toi, je ne sais si tu as accordé tes yeux à un autre que moi, j'ai dans l'idée que non mais ma jalousie t'a conduit bien des fois à vouloir le faire je présume. Mais tu n'en as rien fait, n'est-ce pas ? Je t'ai aimé, je t'aime, je t'aimerais toujours. Troisième, troisième, troisième. Regarde toi, tu es pleine de sang, cela me rappelle quand tu as décidé de mettre fin à tes jours dans la baignoire. Hélas, tu n'avais pas assez entaillé tes charmants poignées et on a pu te soigner. Tu as pleuré sur mon torse, tu as frappé mon ventre, tu as gémis sur ma poitrine, tu m'as giflé au visage. Bien des mots guère délicats sont sortis de tes lèvres avant que tu ne sombres à nouveau dans l'amour.

Quatrième, mon coeur, quatrième son au loin. As-tu regretté de m'avoir connu ? Ces soirs d'hiver où tu serrais un drap où je n'étais, bien trop occupé à me battre avec des ivrognes de ma race. Jamais tu n'as eu le souhait d'avoir une bague au doigt, tu m'as dit que tu avais déjà mon coeur et que cela te suffisait. Une économie de faite ai-je dit avec amusement. Cinquième, que je t'aime. Il me semble que la Lune me sourit, placé au dessus de cet immeuble, un point sur un i ne manquerait pas de dire Musset. La brise continue de vivre en flânant et papillonnant sur nos existences puériles et candides. Tu ne me serres pas là, si ? Alors étreint moi jusqu'à m'étouffer, je veux mourir par tes bras. Je veux me perdre en toi. Ding dong, fait le clocher, ding dong, fait l'horloger, ding dong, fait Morphée. J'ai froid, diablement froid. L'air devient brûlant dans mes poumons suffocants de peine, de "je t'aime". L'horizon disparait, l'œil blanc est à son zénith, et toi, mon amour, tu me quittes. Ou je te quitte ? On s'aimait tant, pourtant, on s'aimait tant, pourtant. Je pleure, de douleur, d'horreur. Le destin est infâme, telle une mauvaise âme. On entend autant de mercenaires que de tremblements d'air dans la pâleur d'hier qui se fait. Notre amour est une rose qui se fane, perdant de son intensité à chaque jour passé à exister, nous n'avons au moins jamais pris dans nos cœurs les épines de notre passion qui bat dans des frissons.

Huitième, ma chrysanthème, huitième. As-tu déjà embrassé un ange bleuté ? Que fais-tu ? Tu ne me regardes plus, regarde moi, amour, regarde moi. J'ai cru te perdre dans le ciel de l'artificiel, reste avec moi, que nos ombres s'embrassent encore et encore, mi amor. Tu te souviens d'Emilie ? Tu m'avais trouvé une fois dans son lit, mais on avait rien fait, je te le promet, ma bien-aimée. Tu as les mains douces, elles m'ont souvent fait frémir, quand tu les passais dans ma chevelure fauve ou encore sur ma nuque endolorie de ne pas toujours t'avoir eu dans ma vie. Neufs coups dans la nuit, ma chérie, neuf coups dans notre vie. Enfin, j'ai fait les quatre-cents, tu as fait l'inquisitrice de mes vices, calmant mes ardeurs à toutes les heures, veillant sur ma sobriété sans arrêt. Tu vas me manquer, ma douce, tu vas me manquer. Es-tu sûre de devoir t'en aller ? Pourquoi ne pas m'accompagner, ma dulcinée, pourquoi ne pas marcher à mes côtés, ma beauté ? Qui me chantonnera "Je ne suis qu'une poupée qui fait soupirer" dans mes accès irraisonnés d'endiablé ? La nuit, tout est gris, sauf tes lèvres mièvres mais si jolies que j'ai pris avec folie, avec envie bien des fois.

Dix. Milliers. Je t'ai dans les veines, part pas, ou alors sans haine et sans fracas. Et avec moi. Tu me manques déjà, ma bohème, ma sirène. Quel effroi d'être sans toi, loin de tes bras et de tes bas. Oh oui. Love me, baby, love me. Tu es floue, désormais, comme un reflet dans l'eau, comme un adieu sans mot. Pourquoi toi, pourquoi moi ? Pourquoi bonheur rime avec malheur ? Avec horreur ? Avec douleur ? Nous ne soupirerons plus, les mains dans les mains, les yeux dans les yeux, les lèvres sur les lèvres, les battements sur les battements. Onzième éclat dans le soir. Je vais te laisser, mon coeur, il est l'heure. Je respire une dernière fois ta senteur. Si seulement la nicotine pouvait avoir cette odeur, cette chaleur. Mes mains tremblent, tu me tient mal, plante tes ongles. Encore. Encore. Encore. Que je saigne de t'aimer, ma fleur d'oranger, que pleurent les odieux et les malheureux et que sonne le douziè ...
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