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 Un matin d'hiver [nouvelle]

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MessageSujet: Un matin d'hiver [nouvelle]   Jeu 27 Déc - 19:13

[hrp] Souvenir, souvenir, c'est ma première nouvelle, celle qui m'a permis d'accéder au plumier, c'es devient presque vieux^^[/hrp]

Un matin d'hiver à New York, tout est calme et silencieux. La neige immaculée est encore vierge de toute traces de pas et de pots d'échappements.Elle recouvre pour l'instant tout ce quartier d'immeuble résidentiel tout de bétons et d'aciers. Fugitive vision avant que ces engins de destruction massive que sont les sableuses ne tuent ce tableau urbain.

Dans ce manteau blanc, la ville voit apparaitre le soleil et ses premières lueurs, traits de lumière pourfendant la grisaille du crépuscule. Semblant jouer avec les quelques flocons égarés qui se déposent encore sur ce lit immaculé, elle décoche ses rayons de plus en plus vite jusqu'à ce que mort d'ombre s'ensuive.

Un instant, comme par préméditation, un nuage voile cet acteur né qu'est le Soleil...

...Et un coup de feu retenti...

...Ce serait presque inaudible en temps normal, mais dans le calme inhabituel de ce matin glacé, il résonne comme un coup de semonce, un ultime avertissement, pour quelqu'un qui n'en a plus besoin désormais.

Plus haut, dissimulé dans le recoin d'une corniche, un petit oiseau s'éveille au son de ce coup de canon moderne. Du haut de son perchoir, le tableau qu''il observe ferait presque oublier que tout ceci n'est que l'image de l'homme et que par conséquent, elle est belle certes mais aussi incroyablement compliquée et parfois même autodestructrice. La grosse pomme abritant le ver de la civilisation en son sein. Notre protagoniste, lui, ne se soucie guère de tout ceci. Mais, à sa manière, il apprécie la mise en scène et ressent ce que nous pourrions croire de la fierté mais qui n'est en réalité qu'apaisement. Apaisement de voir que nature trouve le moyen de s'épanouir partout, quelque soit les conditions.

Mais le moineau a l'oeil perçant autant que l'ouïe fine. Apercevant quelque espoir de nourriture, il s'élance pour jouer avec l'air glacé et sa camarade de jeu la lumière blanche. Et virevoltant, il repère une tache de couleur dans le blanc neigeux , le gris du béton et le noir de l'acier.

C'est rouge, rouge carmin et cela s'étend...

... trop vite...

... Dans les cristaux, il est assis, si calme qu'on le croirait dormant. Entouré de cette tache qui se révèle flaque de sang. Il expire ses derniers souffles dans le petit matin d'un hiver de plus.
Dealeur, il subit une fin prévue par son destin depuis que la faim l'a poussé sur les sentiers de l'illégalité. Pour la première fois, il prend plaisir à observer la grande scène urbaine qui voit passer tant d'acteurs, qui voit tant de désillusions et si peu de révélation.
Les planches habituellement poussiéreuses de ce théatre semble immaculées pour le requiem d'un inconnu qui part.

Et il loue la neige gelée qui anesthésie sa douleur. Qui lui rend le plus important et inéluctable voyage humain presque supportable.

-« Mais qu'est ce dans le ciel. Un oiseau? Oui. Un moineau? Que fait-il ici? Et pourquoi est-il? Que deviendra t-il? Et , et ...»

Et pendant que le tourbillon de ces pensées chasse l'image du sang qui coule, le moineau se pose et regarde; vaguement curieux, qui est l'heureux vaincu.

Et l'homme envie cette petite chose, pas par ce qu'elle vit, mais bien car elle possède la liberté que lui n'a jamais eu et n'aura jamais.

Triste ironie, pourtant celui qui planait il y a peu, c'était lui...
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Le Vagabond

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MessageSujet: Re: Un matin d'hiver [nouvelle]   Jeu 27 Déc - 21:58

On va décomposer le texte dans l'ordre...

Les premières lignes commencent agréablement : c'est fluide, une description bien sympa d'un New-York sous la neige, un "tableau" fort bien peint, on s'imagine bien la scène (le froid, la neige, le ciel, etc...)... Puis, à mesure qu'on avance dans la description, intervint l'élément perturbateur. On imagine aisément le bruit que ferait un coup de feu dans une ville totalement déserte, d'ailleurs tu le signales toi même comme étant un véritable "coup de semonce" avec une certaine résonance... Pourtant, à la lecteur, il y a un petit hic à mon humble avis :
" ...Et un coup de feu retenti... ". Ce coup de feu est décrit comme une véritable déchirure dans la description, or à la lecture, on pourrait lire d'une seule traite la description enchaînée de cette interruption, alors qu'on doit, à la lecture, sentir la cassure brutale et violente, provoquée par ce coup de feu. Ne serait-ce qu'enlever le "Et" accentuerait la cassure, et montrerai nettement mieux la quiétude brisée... On poursuit... On rencontre le protagoniste principal: un moineau. Fallait y penser, et l'idée est excellente finalement, car on a bien ici la présence d'un observateur que personne ne remarque et qui pourtant regarde tout, observe tout, et interprète tout. Il observe donc le malheureux se vider peu à peu de son sang suite à sa blessure par balle. On aborde ensuite un instant le point de vue de cette victime d'un jour, un dealeur mourant. Honnêtement, je n'aurai pas fait le même choix que de faire interagir ce personnage... On était avec le point de vue du moineau, et passer à celui du dealeur est quelque peu déconcertant par rapport à ce qui était affiché plus haut. J'aurai plus facilement jouer à fond la carte du petit l'observateur ailé plutôt que de me rabattre vers la victime mourante... D'ailleurs, ses paroles sont assez étranges, car sa dernière vision sera celle de l'animal par excellence que l'on ne remarque pas : le moineau. Ces ultimes paroles sont plutôt curieuses : dirions-nous la même chose dans la même situation ? Me concernant, ça ne serait pas tout à fait le cas (je m'imagine mal en mourant disant : " Oh tiens, un moineau là haut dans le ciel... Que fait-il donc ? ... "). Enfin, je passerai les lignes suivantes pour me reporter directement vers la dernières phrase, que je trouve assez bien placée : ironique et noire à la fois, le genre d'humour morbide mal-placé qui quelque part est tellement vrai ...

Un texte agréable à lire donc, bien rédigé, sans fautes grossières (il y en a tout de même, j'ai pas relevé précisément, mais quelques unes persistent), sans lourdeurs trop pesantes. Certes, c'est perfectible,au point de vue de l'ambiance (le coup de feu) ou encore du point de vue adopté. On comprend cependant facilement que ce texte t'as permis d'accéder au plumier Clin d\'Oeil
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MessageSujet: Re: Un matin d'hiver [nouvelle]   Dim 9 Nov - 3:14

Un matin d'hiver à New York, tout est calme et silencieux. La neige immaculée est encore vierge de toute traces de pas et de pots d'échappements, belle et blanche, attendrissante un peu, elle recouvre pour l'instant tout ce quartier d'immeubles résidentiels, bétons grisâtres et aciers piégés. Fugitive vision et ces engins de destruction massive que sont les sableuses la tueront bientôt.

Cachée sous les cristaux, la ville voit apparaitre le soleil et les premières lueurs, traits de lumière pourfendant les couleurs affadies par la pollution du crépuscule. Ils jouent avec les quelques flocons égarés qui tombent encore, ils décochent leurs rayons de plus en plus vite jusqu'à ce que l'ombre fuisse de désespoir.

Un instant, comme par préméditation, un nuage voile cet acteur né qu'est le Soleil.

Le rideau tombe et le coup de feu part.

Il serait presque inaudible en temps normal, mais dans le calme inhabituel de ce matin glacé, il résonne comme un coup de semonce, un ultime avertissement, pour quelqu'un qui n'en a plus besoin désormais. Celui qui s'en fout.

Plus haut, dissimulé dans le recoin d'une corniche, un petit oiseau s'éveille au son de ce coup de canon moderne. De son perchoir, le tableau qu''il observe ferait presque oublier que tout ceci n'est qu'une portion d'humanité grasse et manichéïste, pleine de sueur et de mesquinerie. Un ersatz de population tassée, abrutie de travail et de café infâme. La grosse pomme abrite le ver de la civilisation en son sein. Notre protagoniste, lui, se moque de tout ceci. Mais, à sa manière, il apprécie la mise en scène et ressent ce que nous pourrions appeler de la fierté, en réalité un peu de calme. Du calme et du silence, savoureux.

En bas, ça brille et ça attire. Moineau s'en va alors, et s'élance, gracile, chercher sa pitance. Et de voltiger, insensible au froid, d'esquiver les rafales, tourner, frôler les façades et les fenêtres embuées et finalement se poser, curieux autant qu'affamé tout près d'un homme, affalé, immobile et adossé sur le mur, pour contempler le blanc virer au...

Rouge, rouge carmin, rouge capiteux qui s'étend...

Sous moi, vite et sur...

Les cristaux, il est assis, si calme qu'on le croirait dormant. Entouré de cette tache qui se révèle flaque de sang. Il expire les derniers souffles dans la lumière matinale d'un hiver de plus.

Il est dealeur, mal rasé, bonnet de laine et manteau en cuir, il subit une fin prévisible depuis que la faim, puis l'argent l'ont poussés hors des sentiers battus. Pour la première fois, il prend plaisir à observer la grande scène urbaine qui voit passer tant d'acteurs, qui voit tant de désillusions et si peu de révélations.
Les planches habituellement poussiéreuses de ce théâtre semble immaculées pour le requiem d'un inconnu qui part.

Il loue la neige gelée qui anesthésie sa douleur. Qui lui rend le plus important et inéluctable voyage presque supportable, à portée de sa pensée. S'absorbe dans le vol d'un oiseau, toujours plus beau que le film qui devrait défiler devant ses orbites crevassées.

Et pendant que le tourbillon de ces pensées chasse l'image du sang qui coule, le moineau se pose et regarde, curieux, qui est l'heureux vaincu. Puis s'échappe, aussitôt happé par un morceau de pain ou un reflet dans une vitrine.

L'homme le regarde décoller, voler, envieux de sa liberté et meurt.

A Brooklin, les échoppes ouvrent et le bruit reprend son droit.



Réécriture
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Goldmund

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MessageSujet: Re: Un matin d'hiver [nouvelle]   Dim 9 Nov - 17:50

Les deux premières phrases ont tout dit de cet écrit: attention, nous faisons dans le littéraire. La neige est très blanche, très attendrissante, très immaculée; mais elle n'est pas très parlante. C'est la tragique histoire d'un récit parasité par les mots: je vois de jolies tournures, une recherche un peu systématique de l'adfjectif rare et décalé; mais il manque de l'essentiel, il manque de la signification.

Ce n'est pas la peine de chercher à faire dans le poétique si ta seule intention et de nous décrire une ville crasseuse et un brin anxiogène, à savoir une ville comme on en trouve dans à peu près toutes les publications de ces deux cents dernières années. Il faut se méfier, Kiki, de l'enflure des mots: et mieux l'ont écrit, plus il faut être attentif au danger d'inflation bavarde. Voilà que je me mets à parler comme un psychanalyste, c'est très bien, j'aime les parallèles foireux, je continue. Freud nous parle de l'Eros et du Thanatos, d'une pulsion de vie et d'une pulsion de mort: eh bien l'écriture est à l'image de l'homme: la volubilité, c'est l'Eros du signifiant, c'est le Thanatos du signifié. S'il est vrai que les mots peuvent tuer, on tue la littérature à force de bavardage.

Enfin. Il y a de la révolte dans cette écriture, "celui qui s'en fout": c'est une vilaine chose que de foutre en littérature, surtout entre un matin glacée est un oiseau qui s'éveille; mais sais-tu seulement contre quoi tu te révoltes ? Cette révolte lexicale n'est-elle pas une redite bête et méchante de ce que nous lisons tous les jours en librairie ? Cette révolte est-elle seulement à nous, t'appartient-elle ?

Je te dis mon sentiment: tu as voulu écrire la tête vide, tu as voulu écrire pour créer, c'est-à-dire écrire pour écrire, et tu n'as fait que répéter. Sinon c'est bien.
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