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 Une suite policière du Baron des Ravots

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Nikoshlaga

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MessageSujet: Une suite policière du Baron des Ravots   Ven 29 Aoû - 23:48

Voilà un petit exercice d'écriture, faire une suite du texte du Baron des Ravots
[EDIT] Problème de mise en page,
Citation :
« Le vieux baron des Ravots avait été pendant quarante ans le roi des
chasseurs de sa province. Mais, depuis cinq à six années, une paralysie des
jambes le clouait à son fauteuil, et il ne pouvait plus que tirer des pigeons
de la fenêtre de son salon ou du haut de son grand perron.

Le reste du temps il lisait.

C’était un homme de commerce aimable chez qui était resté beaucoup de
l’esprit lettré du dernier siècle. Il adorait les contes, les petits contes
polissons, et aussi les histoires
vraies arrivées dans son entourage. Dès qu’un ami entrait chez lui, il
demandait :

— Eh bien, quoi de nouveau ?

Et il savait interroger à la façon d’un juge d’instruction.

Par les jours de soleil il faisait rouler devant la porte son large fauteuil
pareil à un lit. Un domestique, derrière son dos, tenait les fusils, les
chargeait et les passait à son maître ; un autre valet, caché dans un
massif, lâchait un pigeon de temps en temps, à des intervalles irréguliers,
pour que le baron ne fût pas prévenu et demeurât en éveil.

Et, du matin au soir, il tirait les oiseaux rapides, se désolant quand il
s’était laissé surprendre, et riant aux larmes quand la bête tombait d’aplomb
ou faisait quelque culbute inattendue et drôle. Il se tournait alors vers le
garçon qui chargeait les armes, et il demandait, en suffoquant de gaieté :
— Y est-il,
celui-là, Joseph ! As-tu vu comme il est descendu ?

Et Joseph répondait invariablement :

— Oh ! Monsieur le baron ne les manque pas.

À l’automne, au moment des chasses, il invitait, comme à l’ancien temps, ses
amis, et il aimait entendre au loin les détonations. Il les comptait, heureux
quand elles se précipitaient. Et, le soir, il exigeait de chacun le récit
fidèle de sa journée.

Et on restait trois heures à table en racontant des coups de fusil.

C’étaient d’étranges et invraisemblables aventures, où se complaisait l’humeur
hâbleuse des chasseurs. Quelques-unes avaient fait date et revenaient
régulièrement. L’histoire d’un lapin que le petit vicomte de Bourril avait
manqué dans son vestibule les faisait se tordre chaque année de la même façon.
Toutes les cinq minutes un nouvel orateur prononçait :

— J’entends : « Birr ! Birr ! » Et une compagnie
magnifique me part à dix pas. J’ajuste : pif ! Paf ! J’en vois
tomber une pluie, une vraie pluie. Il y en avait sept !

Et tous, étonnés, mais réciproquement crédules, s'extasiaient.

Mais il existait dans la maison une vieille coutume, appelée le « conte
de la Bécasse ».

Au moment du passage de cette reine des gibiers, la même cérémonie
recommençait à chaque dîner.

Comme ils adoraient l’incomparable oiseau, on en mangeait tous les soirs un
par convive ; mais on avait soin de laisser dans un plat toutes les têtes.

Alors le baron, officiant comme un évêque, se faisait apporter sur une
assiette un peu de graisse, oignait avec soin les têtes précieuses en les
tenants par le bout de la mince aiguille qui leur sert le bec. Une chandelle
allumée était posée près de lui, et tout le
monde se taisait, dans l’anxiété de l’attente.

Puis il saisissait un des crânes ainsi préparés, le fixait sur une épingle,
piquait l’épingle sur un bouchon, maintenait le tout en équilibre au moyen de
petits bâtons croisés comme des balanciers, et plantait délicatement cet
appareil sur un goulot de bouteille en manière de tourniquet.

Tous les convives comptaient ensemble, d’une voix forte :

— Une, — deux, — trois.

Et le baron, d’un coup de doigt, faisait vivement pivoter ce joujou.

Celui des invités que désignait, en s'arrêtant, le long bec pointu devenait
maître de toutes les têtes, régal exquis qui faisait loucher ses voisins.

Il les prenait une à une et les faisait griller sur la chandelle. La graisse
crépitait, la peau rissolée fumait, et l'élu du hasard croquait le crâne suiffé
en le tenant par le nez et en
poussant des exclamations de plaisir.

Et chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé.

Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait, sur l’ordre du baron,
conter une histoire pour indemniser les déshérités.

Voici quelques-uns de ces récits : »
Guy de Maupassant


Dernière édition par Nikoshlaga le Ven 29 Aoû - 23:55, édité 1 fois
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Nikoshlaga

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MessageSujet: Re: Une suite policière du Baron des Ravots   Ven 29 Aoû - 23:54

Il n’y a pas longtemps, je relisais
un article que tout le monde connait ici. Vous savez cette histoire de la World
Cup. La presse racontait que c’était un suicide
même si tout coïncidait pour que ce soit un meurtre. Je me rappelle
d’avoir lu que Scotland-Yard avait émis
l’hypothèse que le dénommé Lord Eddington s’était tué d’une balle dans la carotide. On avait
simplement retrouvé des débris de verres alors qu’il n’y avait aucun signe
d’effraction. Mais, je ne sais pas si vous vous rappelez le désordre qu’il y avait dans la pièce. Les enquêteurs avaient répondu aisément à cela : Lord Eddington avait tout fait
pour que l’on croie à un meurtre. Ors j’étais là ce jour là ! Oui mes amis, j’y
étais quand le meurtre c’est produit. J’étais bien présent lorsqu’il s’est fait
tué…

On était trois à attendre. Nous faisions, jadis, partit d’un club de chasse. J’avais postulé, ainsi que mes amis à la World Cup. Cette compétition consistait à dénicher puis tuer le plus gros gibier. Après quoi les juges attribuaient une note avec des critères bien
précis. Après avoir pris connaissance des règlements, on nous distribua des
Baken Rifle de 40 millimètres et une batterie de cartouches. Je chargeai mon
fusil, ouvris le bassinet et pris une cartouche. Je la déchirai, l’amorça,
ferma le bassinet et tira la baguette. Enfin je remis la cartouche dans le
canon. Mon arme était prête. Devant moi, les deux autres exécutaient les mêmes
gestes. Lord Eddington paraissait anxieux et nerveux. Il était grand et mince.
Ses yeux noirs de jais paraissaient vifs. Quand à William de Langlois, son
corps filiforme et athlétique inspirait la confiance. Il avait fini la
préparation de son Brow Ben de 53 millimètres et disparut sous la pénombre des
cimes. Je le suivis, accompagné de Lord Eddington qui marchait à coté de moi,
d’un pas décidé. Arrivé à la hauteur de la forêt, mes yeux durent s’habituer à
la noirceur étincelante qui y reposait. Les contours noirâtres des arbres s’écrasaient avec douceur sur le sol inégal.
Il régnait dans cette forêt un froid ténébreux. Un froid glacial, un froid
inquiétant. Mon regard éperdu revint à la réalité et je vis mes deux amis qui
humèrent le sol à la recherche de sanglier. Lord Eddington détala, le fusil
dans le creux de l’épaule. L’autre le suivit et je dus les rattraper. Je
courrai tout en luttant pour ne pas tomber dans la boue. Brusquement,
j’entendis une balle siffler et une seconde plus tard, le projectile transperça
un sanglier colossale. Puis un deuxième coup retentit de derrière les bosquets,
et un deuxième plus petit vint joncher le sol. Je contemplai le massacre. Les
deux masses inertes baignaient dans l’hémoglobine. Leur groin enfoncé dans la
terre, ils gémissaient de douleur. Par le trou de la balle on arrivait à voir
les tripes de l’animal. Il régnait à ce moment, mes camarades, une délicieuse
odeur de sang chaud. Le spectacle était un régal. Je levai mon regard éperdu et je vis les deux
autres accourir vers leur trophée.

Cependant ils avançaient en s’assénant des coups de cross dans les côtes. Ils espéraient certainement se faire tomber mutuellement, et espéraient récupérer le plus gros des deux
gibiers. L’un des deux abusa de subterfuge et donna un violent coup de canon à
l’arrière du crane de William de Langlois. Ce dernier toucha terre quelques
mètres plus loin dans la boue, tout en soulevant des gerbes d’eau croupis.
J’observai attentivement la scène, subjugué par le culot de Lord Eddington.
J’étais tel un élève devant son maître.

Après la fin de cette rêverie, je le
vis fuir, tout en traînant derrière lui
le mastodonte. Après qu’il fut disparu, un silence inquiétant s’installa.
J’accourus au chevet boueux du blessé. Je m’inquiétai de son sort. Je pris son
pouls qui paraissait si faible. Je lui parlai, le tournai sur le côté, lui
distribuai quelques baffes, mais rien n’y fit. Puis j’eu une illumination. Je
m’approchai de son oreille et lui susurra ces mots:

« Eddington, réveillez vous ! Il n’a rien pris !

Comme prévu cela avait marché. Il se redressa d’un bond mais s’aperçut de la supercherie. Il se frotta la tête. Je me rappelle encore de sa grimace. Il plissait les
yeux, signe d’une intense réflexion. Une lueur étrange, presque inquiétante
balaya son regard. Je n’étais pas tranquille. De plus le vent commença à se
lever. Après quoi nous nous remîmes en route tous deux.

Je l’aidai à retrouver ses esprits.
Nous bavardâmes de tout et de rien. Il répéta sans cesse que c’était lui qui
avait tué le sanglier quand soudain le cor de chasse retentit. Lord Eddington
avec son gibier et moi bredouille, devions donc rebrousser chemin. Nous parvînmes au point de rendez-vous, et
j’attendis pendant plus d’une heure la délibération des juges. Je me rapprochai
du podium et j’écoutai avec attention le juge qui clama d’une voix assurée :

- La troisième place est décernée à M. Edgar Guantoine avec son laie de 108 kilos. La deuxième place est attribuée à William de Langlois avec son sanglier de 113 kilos.

Je le vis se diriger vers le podium. J’ajustai mon monocle pour être sûre de ne rien louper.
Je discernai en lui, une nervosité et une colère grandissante. Si bien qu’il
trébucha sur la première marche et s’étala de tout son long. Ses lunettes
s’étaient délogées de son nez et se brisèrent en un millier d’éclats coupants.
Cependant il resta impassible malgré la risée des spectateurs. Le silence
revint et le juge enchaîna :

- Et enfin, la première place et décernée à M. Lord Eddington pour son sanglier de 280 kilos. Il touchera donc une somme de 20 000 livres pour sa magnifique performance !

A ce moment, je me retrouvais au plus près du podium et je surpris Langlois provoquer Eddington :

- Je te retrouverai où que tu sois ! Quoi que tu fasses. Je te tuerai…


Et il partit laissant derrière lui une foule de personnes. En fin, croyez moi ou non
confrères, j’étais loin d’imaginer que cette simple phrase aller marquer un
tournant dans ma vie.

Il faisait froid cette nuit là, plus froid qu’à l'habitude. Dans les
rues
les réverbères s'étaient tût. Le silence assourdissant qui enveloppait
la bourgade, battait son plein. Le givre cristalisait lentement sur les
vitres des vielles

battisses.
Minuit sonna. Je briquai mon arme d’un œil égaré.

Soudain, devant ma fenêtre je vis rapidement se dessiner la silhouette filiforme de William de Langlois, un fusil à la main. Je me rappelle l’avoir suivis hors de la bourgade. Il marchait d’un pas presse et entra dans une demeure à demi éclairée. Je me penchai à la
fenêtre. Deux hommes discutaient de vives voix. Ils étaient assis à une table.
La pièce était éclairait par une seule et unique lampe à huile. Je les voyais
faire de grands gestes. Je les entendais bien, voire trop bien :
- C’est toi, c’est entièrement de ta faute !
- Non ce n’est que pur calomnie !
- Tu m’as assommé à coup de cross pour t’emparait de la bête que j’ai tué. Tu vas payez
pour ta faute.
Je décollai mon oreille de la vitre. Le ton montait si bien que les deux hommes ne retenaient plus leur sang froid. Soudain William de Langlois épaula son fusil. Il
tremblait d’excitation et d’effroi. Lord Eddington en réponse à cette menace
tint en joue son assaillant. J’assistais alors à une joute de poudre à canon.
L’une des balles vint se loger dans l’orbite de WL, et l’œil sectionné avait
rebondi quelques lattes de parquets plus loin. Il ne retenait plus ses cris de
douleurs ! Et ce fût dans une rage incontrôlable qu’il fit feu à son tour, et transperça la
tête de son agresseur. Un hurlement retentit, puis un cri plaintif, plus
faible…. Un dernier souffle…

J’attendis que le meurtrier sorte de
la bicoque pour y entrer à mon tour. J’observais des débris de verres plantés
dans un œil. Le tout baignait dans le sang. Je constatais que la tête
d’Eddington ne ressemblait plus à rien. Plus tard j’appelai la police et fut le
témoin privilégié de cette enquête. Aussi mes amis, voici la fin de mon
histoire sordide.
Le Baron de Ravots attentif à cette histoire rocambolesque n’eu d’autre choix que de féliciter son orateur. Mais un des invités paraissait mettre en doute son histoire, et il s’exclama :
- J’ai moi même gardé quelques souvenirs de cette compétition. Je me rappelle que la deuxième place vous avez été décernée monsieur et vous étiez bel et bien derrière ce feu
Lord Eddington. Vous portiez aussi un monocle. Alors voyez-vous il y à pas mal
de contradiction entre vos souvenirs et les miens.
- Qu...Quoi…vous pensez… mais il n’eu pas le temps de finir sa phrase qu’il
s’étrangla avec un osselet de pigeon. Il suffoquait et devint d’un rouge
écarlate. Un des convives le tapa dans le dos vigoureusement et un œil de verre
tomba dans la sauce…

R.L
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Piccola

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MessageSujet: Re: Une suite policière du Baron des Ravots   Sam 30 Aoû - 0:33

Héhé, je me souviens de ce sujet. ^^
J'avais pas lu ce que t'avais fait, j'avais la flemme.^^ Mais, là, j'ai adoré.

... Me souviens plus ce que j'avais fait... Ah si!!!

"L'homme qui ne voulait pas mourir".

Faudra que je trouve le temps et l'envie (surtout l'envie!!! ^^ ) de le taper pour le poster.
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Nikoshlaga

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MessageSujet: Re: Une suite policière du Baron des Ravots   Lun 1 Sep - 12:25

Je ne sais pas si j'ai lu celle-ci. J'en doute, il faudra que tu me la montre...
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MessageSujet: Re: Une suite policière du Baron des Ravots   

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Une suite policière du Baron des Ravots
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