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 First Encounter

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Alexandre Orlov



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Date d'inscription : 25/11/2007

MessageSujet: First Encounter   Mar 30 Sep - 0:15

Dossier no 745967457BGS4 archives du Bureau Psychologique (dossier relatif aux évenements du 16 novembre 487 (ère de la colonisation)

Archiviste : caporal Mildred Newton, archiviste du 7ième sous sol, place de la conquête, New London

Sujet traité : Rencontre potentielle avec forme de vie inconnue.
Pièces rassemblées :

-Rapport rédigé par le sergent radariste Warren.

-Interrogatoire du caporal Krüger, ex membre des forces 51ième régiment du troisième groupe des Forces Expéditionnaires Coloniales (3ième FEC), soumis au SKP7.

-Compte rendu du médecin colonel Lawson quand à l’observation du comportement post rencontre présumée du lieutenant Henry Spaak.

-Avis de décès du Sergent-Chef Krüger


Rapport du sergent radariste Warren


Propos récupérés par le lieutenant du bureau psychologique Aaron Delpierre



J’accomplissais mon quart de veille entre deux heures et cinq heures du matin, une heure calme à l’avant post de Rinkad actuellement en cours de terraformation. Une heure calme car aucun transport ni convoi n’est attendu avant six heures trente du matin et les pluies de météorites sont rares, la station orbital Augusta faisant office de barrage à ces nuisances. L’efficacité de la station radar était parfaitement opérationnelle et aucun état d’alerte n’ayant été déclenché, je me trouvais seul dans la salle de contrôle radar, le niveau de présence requis étant minimal à cette heure. Je me servait un café à l’arrière du post lorsque alerte longue portée retentit dans la pièce. Je me dépêchai de rejoindre les écrans et vit un témoin briller sur le radar longue portée capable de détecter tout ce qui aurait pu passer les systèmes de détection de la station Augusta et s’approcher de la planète. L’écho était en approche rapide, trop rapide pour éviter un crash, je passai sur les systèmes de détection atmosphériques et contactai la station spatiale, ils n’avaient rien vu venir et ne voyaient toujours rien.

Je chargeai rapidement la carte de la zone suspectée du crash et contactai tous les postes de guet en service, les hommes en faction à la tour 22 me répondirent qu’ils voyaient sous leurs yeux une trainé de lumière descendre vers le lac Malgan au nord ouest de leur position. Augusta me contacta alors pour me signaler que leurs systèmes de détection périphériques avaient enregistré l’entrée d’une météorite dans la nouvelle atmosphère en direction du lac Malgan, la non détection du planetoïde avait été attribué à une défaillance technique par l’auto diagnostique lancé ultérieurement.

La tour 22 me contacta à nouveau et signala un incendie proche du lac Malgan, or la région était désertique et il n’y avait aucun combustible aux alentours du lac. Je décidai de lancer l’alerte malgré les apparences du crash d’un astéroïde contenant du combustible qui aurait du brûler lors de la rentrée atmosphérique.

Les autres membres de l’équipe de veille ne tardèrent pas à faire acte de présence et un drone de reconnaissance fut rapidement lancé, le dirigeai l’appareil vers le site soupçonné du crash, les systèmes vidéo retransmettaient bien un incendie, nous n’apprîmes rien d’autre de ce premier vol, le drone cessa subitement de retransmettre alors qu’il passait un crête donnant sur le lac, les données vectorielles laissaient penser qu’il était tombé dans le lac. Le commandant de la station se saisi de son téléphone lorsqu’il apprit la perte de contacte et demanda à parler au gouverneur militaire responsable de la planète. Je n’entendis pas la conversation qui s’ensuivit, le commandant parlait très bas, tout ce que nous sûmes, c’est qu’une équipe spécialisée allait prendre cela en charge et que nous devions tous nous présenter au rapport lorsqu’une équipe du bureau psychologique se présenterait, en attendant, nous étions tous confinés dans la salle.
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Alexandre Orlov



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MessageSujet: Re: First Encounter   Mar 30 Sep - 0:16

Interrogatoire sous SKP7 du caporal Kruger, 51ième régiment, 3ième Force Expéditionnaire Coloniale (FEC), matricule 1576943BT127

Notre équipe avait été appelée pour un boulot vachement spécial, nous nous entraînions dans l’hémisphère sud de la planète, là où se trouvait la plus grande partie de la population en préparation des « déviations de comportement » souvent enregistrées lorsque la terraformation d’une nouvelle colonie atteignait un certain stade. Aucun de nous ne savait pourquoi nous avions été appelé, nous en avons rapidement conclu que nous ne devions pas le savoir, Hekler avait dit que cela lui rappelait les événements de Watanga, lieu où bien sûr aucun d’eux ne s’était jamais trouvé pendant le mois de juin de l’année dernière. Nos exercices interrompus, notre escouade reçus l’ordre d’embarquer dans l’unique appareil convertible disponible sur le terrain, nous ne nous étonnâmes pas de constater que les trois pilotes –dont un de trop- arboraient des épaulettes mauves, nous en avions déjà vu. L’appareil avait décollé et foncé vers le Nord à vitesse maximale, c’est-à-dire 850 kilomètres par heures. Notre transport avait avalé près de 2500 kilomètres avant de procéder à un ravitaillement partiel en vol pour se poser sur un porte aéronef une demi heure après et refaire un plein plus conséquent, nous nous dégourdîmes les jambes… à l’intérieur de l’appareil. Le pilote nous ayant interdit de sortir pour des raisons qui ne nous regardaient en rien comme nous le signala l’officier pilote qui cédait la place à un troisième membre de l’équipage qui n’avait en principe rien à faire là, ce qui était sûr, c’est qu’il y en avait encore pour une sacrée trotte.

La soute arrière s’ouvrit et laissa la place à un autre passager, nous pûmes apercevoir une navette d’assaut derrière lui, le modèle orbital que nous avions emprunté lors de la révolution de Nortammen il y à six ans, le monde où j’avais remporté mes épaulettes de caporal et ma croix des colonies. Le passager en question était visiblement un officier, mais n’arborant aucun grade, il fit un signe de tête au commandant de notre escouade, le lieutenant Spaak et alla s’asseoir le plus près possible du poste de pilotage, l’officier pilote s’assit en face de lui et lui tendit un document tout en prenant soin de placer le côté arborant l’insigne rouge « top secret » à portée de nos yeux, nous n’avions rien à savoir pour le moment, nous nous regroupâmes près de l’écoutille arrière, laissant un espace entre l’officier, qui lui aussi portait des épaulettes mauve sombre, et nous. Le convertible repris bientôt son vol monotone, certains de mes camarades roulèrent leurs vestes et en firent un oreiller puis s’endormirent, je ne tardai pas à les imiter, notre boulot s’annonçait sérieux ou du moins très dangereux pour que l’on vienne nous chercher de la sorte, tout semblait avoir été mis en place dans la hâte.

Un léger choc secoua l’appareil, ce qui me fit sortir de mon sommeil. J’ouvris les yeux et regardai autour de moi, la majorité des membres de l’escouade dormaient encore, seul Han jouait avec son couteau de combat personnel, le petit éclaireur avait la passion des couteaux en possédait trois, un classique et deux de lancer qui lui avaient plusieurs fois sauvé la mise face aux adversaires que nous avions affrontés ensemble. Han me sourit et fit tournoyer sa lame dans les airs, pendant un court instant, le couteau s’immobilisa en direction de l’officier assis à ma gauche, puis reparti dans la danse effrénée que lui imposait l’homme aux yeux bridés. Je portai mon regard à gauche et vit l’homme du bureau psychologique en train de lire le document que l’officier pilote, qui dormait encore, lui avait remis, il semblait être proche de la fin, probablement pour la troisième ou quatrième fois, il étudiait ses instruction par cœur, comme lors de chaque mission commandée par le bureau, j’avais déjà vu le lieutenant le faire, notamment lors de l’opération de l’année dernière à Watanga. L’officier devait avoir senti quelque chose car il tourna la tête et me regarda un bref instant, je soutins le sien qui n’affichait que l’indifférence, il se leva et se rendit au placard à équipement de l’appareil et glissa le document dedans, un petit bruit se fit entendre et il referma le placard. Han monopolisa mon attention en rangeant son couteau d’un bruit sec et me jeta un regard discret mais clair. « Tu en as assez vu, laisses-le tranquille, nous saurons plus tard ce que ça veut dire ». Je suivis son conseil silencieux, après tout… nous aurons probablement tout oublié dans une dizaine d’heure, ou plutôt, nous nous arrangerons pour le faire. J’entendis l’officier s’allonger, Han fit de même et ferma les yeux, je vis Hekler ouvrir les siens et se redresser, chacun de nous se réveillait et s’endormait à son tour, Hekler suivait souvent Han dans les tours de garde, il n’était pas étonné de les voir s’endormir et se réveiller au même moment, les deux hommes, tout comme moi-même avec le soldat McPhee s’étaient pu à peu synchronisés les uns par rapport aux autres, il fallait préciser qu’aucun membre de notre escouade était mort en cours de route, chose qui nous avait autant réjoui que surpris.

Je rabaissai moi aussi mes paupières après avoir fait un petit signe à Hekler qui me répondit à moitié endormi, le bruit étouffé et monotone des hélices de notre appareil ne tarda pas à me faire sombrer dans un nouveau tour au pays du sommeil.

Un brusque changement dans l’assiette nous réveilla tous, je cherchai instinctivement mon arme et ne trouvai que mon couteau de combat, j’émergeai rapidement du sommeil et me rappelai où nous nous trouvions. Le convertible trembla légèrement, le son des moteurs avait diminué en force mais se fit rapidement entendre de nouveau mais cette fois d’une manière différente que celle qui nous avait envahi les oreilles pendant tout le trajet, le bruit des pales rappelait celui d’un hélicoptère, nous allions atterrir dans peu de temps si les moteurs avaient basculés.

-Je vois la base, s’écria Han qui s’était penché au hublo le plus proche. Nous sommes dans le grand Nord.

-Ca fait dans les 8000 kilomètres, déclara le lieutenant.

Le convertible vira sur l’aile et entama son approche pour atterrir, le bruit de pales se fit de plus en plus fort au fur et à mesure que nous nous rapprochions du sol, nous bouclâmes rapidement les maigres affaires que nous avions pu emporter, cela se résumait à notre gilet de combat qui d’ailleurs n’était pas adapté à cet environnement arctique. La soute arrière s’ouvrit alors que l’appareil se posait sur le tarmac de la base, un homme en uniforme, un officier lui aussi se trouvait à distance respectable de l’air d’atterrissage, juste assez pour ne pas être envahi par la neige en poudre que projetait les pales de l’appareil.

- Allez les gars s’écria le lieutenant. On bouge de là vite fait et on se met sur un seule ligne en face du galonné, allez on sort !

Nous courûmes jusqu’à l’homme et nous nous fixâmes devant lui sur un seul rang, je n’eut pas besoin de jeter un regard en arrière pour savoir que l’officier du bureau psychologique ne se pressait pas autant que nous, il arriva néanmoins très rapidement hors de portée des hélices du convertible. Personne n’aimait se faire asperger de neige, agent secret ou non. L’officier du bureau s’avança un peu plus et se plaça devant son collègue, car il appartenait lui aussi au bureau et fit un salut impeccable à son supérieur qui le lui rendit de façon tout aussi nette. L’homme contourna son subordonné qui se mit en retrait par rapport à lui et s’approcha de nous.

- Parfait, notre escouade de choc est arrivée. Nous allons voir si tout le monde est là. Lieutenant Henry Spaak ?

- Présent, répondit celui-ci

- 1ière classe Takeru Han ?

- Présent !

- Sergent Franz Hekler ?

- Présent !

- 1ière classe Alexi Mirniev ?

- Présent !

- 1ière classe Sancho Velasquez ?

- Présent !

- 1ière classe Mickael Croydon ?

- Présent !

- 1ière classe Nicolas Marielle ?

- Présent !

- Caporal Butch Kruger ?

- Présent, répondis-je rapidement

- 1ière classe Sergeï Kowalevski ?

- Présent !

- 1ière classe Vlad Andersen ?

- Présent !

- Parfait, veuillez me suivre à l’intérieur

Nous emboîtâmes le pas du commandant, du moins c’est ce que disaient ses épaulettes et entrâmes dans une baraque préfabriquée aménagée comme salle de projection, l’officier qui nous avait accompagné sorti une paire d’insignes de la poche de sa veste et entreprit de les fixer sur son uniforme, il arborait à présent le grade de capitaine en plus de son appartenance au bureau psychologique.

-Asseyez-vous s’il vous plait, cela va prendre un certain temps, surtout si vous avez des questions à poser

Nous nous assîmes sans discuter, personne à par peut-être le nouveau capitaine savait ce qui se tramait réellement.

-Messieurs vous avez été amenés ici pour une raison bien précise, débuta le commandant. Vos compétences et le hasard ont fait de vous les seuls hommes disponibles actuellement pour trouver une solution au problème que nous avons rencontré. Ce matin, ou plutôt tard dans la nuit, le centre radar terrestre de cette partie de la planète à intercepté un objet entrant non identifié, les diverses analyses et les faits observés portent à croire qu’il ne s’agit pas d’une météorite.

Kowaleski leva la main

- Oui jeune homme ?

- Mon commandant, comment ce fait-il que la station spatial hémisphérique ne l’ait pas détectée ?

- J’y arrive, le fait est que le phénomène n’a été détecté par la station orbitale que lorsqu’il est entré dans l’atmosphère, les différents postes d’observation et de calcul ont réussi à calculer l’angle d’approche de la chose, que cela soit une météorite ou un vaisseau, il n’aura jamais pu arriver entier à la surface, trop rapide et angle trop hasardeux. Pourtant quelque chose a atterri et à brûlé sur une des îles du lac Malgan situé à 120 kilomètres d’ici, le poste d’observation le plus proche a vu le phénomène se produire et a aussi réussi à le filmer lors de sa rentrée dans l’espace.

Le commandant sorti une télécommande de sa poche et la lumière s’estompa dans la pièce, le mur en face d’eux s’éclaira et laissa place à la voûte céleste, une traînée orangée zébra le ciel à pleine vitesse et disparu. Le mur redevint opaque, mais la pièce resta sombre, le commandant poursuivit rapidement son exposé.

- Le radariste de garde a rapidement donné l’alerte et lancé lui-même un drone de reconnaissance, il ne nous à rien appris, l’appareil est porté manquant et semble avoir été abattu. Un second engin, armé cette fois, fut expédié, il nous revint avec ses cervo-commandes de direction gravement endommagées, mais il avait pu obtenir des images !


Le mur s’éclaira de nouveau et un défilement d’images envahit la paroi blanchâtre. L’objectif filmait la pente douce d’une butte recouvert d’une épaisse couche de neige éclatante, la pente devint de plus en plus escarpée, une fine couche de verglas s’était substituée à la neige, la vue du sommet surpris tout le monde dans la pièce à l’exception du commandant qui devait s’être repassé la vidéo une bonne demi-douzaine de fois. Le sommet manquait, il avait été arraché, de la terre noires carbonisée apparaissait comme un îlot de souillure dans la neige pure, cette dernière avait d’ailleurs fondu pour mieux se solidifier sur tout le pourtour du point d’impacte en une couronne gelée. Les eaux du lac calme pour la saison apparurent, le défilement s’accéléra puis l’eau disparu : l’objectif venait de changer d’angle. L’œilleton fixa une île située à une dizaine de kilomètres, un éclat de lumière voila l’objectif un court instant, le temps que les systèmes du drone enclenchent la polarisation de la caméra. L’île avait servi de piste d’atterrissage à ce qui apparaissait clairement comme un vaisseau spatial ou du moins à ses propulseurs. La face filmée de l’île était entièrement recouverte de glace, le vaisseau avait apparemment rebondi sur l’eau et projeté celle-ci sur l’île. Une fois immobilisé, le liquide avait gelé une nouvelle fois. L’objectif s’éloigna ou plutôt dézooma et se mit à tourner autour du site du crash. L’avant de l’appareil gisait dans l’eau qui bouillonnait par endroits.

- Comme vous pouvez le constater, la partie immergée du vaisseau se vide de son air et le « dos » de la partie émergée contient de nombreuses fissures, plusieurs sont assez large pour laisser passer un homme voir deux. Il va sans dire qu’un tel appareil n’est pas d’origine humaine ne serait-ce que par sa résistance lors de sa rentrée.

- Demande permission de parler mon commandant, demanda le lieutenant.

- Permission accordée lieutenant

- Mon commandant, ce vaisseau à au moins la taille d’un croiseur de combat de la flotte, allons-nous devoir le pacifier à nous dix ?

-Question pertinente, vous n’êtes pas là pour pacifier un croiseur entier seul lieutenant, vous allez protéger notre émissaire, le capitaine Lance, répondit le commandant en pointant du doigt l’officier qui avait fait le voyage avec nous, ou du moins la moitié. Le capitaine est considéré par le Bureau comme un expert en xénobiologie et a établi plusieurs hypothèses sur la nature d’éventuels formes de vies intelligentes non humaines que nous serions à même de rencontrer lors de la colonisation. Personne ne l’a cru à l’époque mais ça, ça dépasse tout ! Le capitaine sera notre ambassadeur, vous, vous serez votre escorte et tant que nous y sommes, je définis clairement les rôles de chacun. Le capitaine a été choisi car il était l’unique homme capable ou supposé capable de comprendre et d’établir la provenance d’être non humain. Tant que ces êtres n’ont pas été localisé et que le contacte n’a pas été établi, vous avez le commandement de cette mission. Vous capitaine, votre rôle se borne à la diplomatie, s’il s’avère que ces êtres sont hostiles, le lieutenant reprendra le contrôle de l’opération et organisera la retraite. Est-ce bien clair ?

- Oui mon commandant, répondit le capitaine

Le lieutenant acquiesça à son tour et salua.

- Parfait, allez vous équiper maintenant, vous partez le plus vite possible. Ceci est une opération de type Oméga III, vous savez tous ce que cela implique, bonne chance.
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Alexandre Orlov



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MessageSujet: Re: First Encounter   Mar 30 Sep - 0:19

Nous nous dirigeâmes rapidement vers l’armurerie située de l’autre côté de l’aire d’atterrissage. Nous croisâmes quatre hommes en combinaison de vol qui se dirigeaient d’un pas rapide vers un hélicoptère que des techniciens portant eux aussi des épaulettes mauves finissaient de préparer. Le lieutenant ouvrit la porte et s’engouffra à l’intérieur de l’édifice, nous le suivîmes rapidement.

- On sait pas ce qu’il peut y avoir comme truc là-dedans alors on va prendre un équipement de classe V avec des réserves d’air de trente minutes plus un recycleur, ça nous laissera trois quarts d’heure pour nous replier et réclamer des classe X.

- Pourquoi ne pas prendre des classe X directement ? demanda Lance

- Parce que ça pèse deux fois plus lourd et que c’est pas vraiment conseillé pour les engagements en coursive. Dans votre cas, je vous recommande le pistolet-mitrailleur pour la protection personnelle, c’est suffisant pour un diplomate/observateur. Vous autres, n’emportez de jumelles nocturnes que pour les cas exceptionnels, nous nous servirons de lampes pour le reste : cela nous évitera de nous faire éblouir par un spot.

- Je suis d’accord

Nous nous séparâmes en direction des différents râteliers d’armes, la mission ne demandait pas l’emport de mitrailleuse, arme que je portais couramment. J’optai plutôt pour un fusil d’assaut standard avec une lampe torche à la place du lance-grenade. J’accompagnais le tout d’un fusil à pompe qui alla se placer dans le dos de ma combinaison de combat. Le reste suivi rapidement : bottes et jambières blindées, plastron et protections au niveau des bras et pour finir le casque blindés. Les autres faisaient la même chose autour de moi, vu les rencontres que nous pouvions faire dans les coursives d’un vaisseau spatial, l’armement de chacun ne variait que très peu. Seul Vlad resta fidèle à ses principe en empruntant un énorme lance grenade jumelé avec un pistolet mitrailleur. Je fixai le plaque indiquant mon nom, mon grade et mon matricule sur le côté gauche ainsi que les barrettes de caporal sur mes biceps. Chaque membre de l’équipe faisait pareil y compris Lance qui accrocha aussi son nom et son grade, cependant, il ne portait pas de matricule, son nom devait être faux.

- Bien nous sommes prêts ? Alors allons-y dépêchons nous !

Nous sortîmes de l’armurerie en courant et rejoignîmes l’hélicoptère dont les pales tournaient à présent à pleine vitesse n’attendant qu’un signal pour s’élever vers les cieux, un vent d’altitude chassait les nuages pour laisser l’étoile du système apparaître dans toute sa splendeur. Nous embarquâmes rapidement à bord, le pilote se retourna et fixa le sergent Hekler.

- Tout le monde est là ?

-Affirmatif !

- Alors on bouge, accrochez-vous, nous en avons pour une bonne demi-heure de trajet

Le rotor s’emballa et les réacteurs rugirent en un long sifflement, l’appareil s’arracha violemment du sol et s’éleva dans les airs. Les deux chefs de soute ramenèrent les armes de bord de l’hélicoptère vers eux et firent tous deux passer une balle dans leur canon tout en activant la liaison des mitrailleuses à impulsion à la dynamo actionnée par les réacteurs. Notre taxi gagna en vitesse et piqua vers le nord-ouest, la plaine enneigée réfléchissait la lumière du soleil qui commençait à percer sérieusement la couche de nuages. Je mis mes lunettes de soleil, Alexi, assis à côté de moi, passa rapidement ses lunettes à verre large et s’appuya sur ses genoux pour jeter un regard dehors, la lumière qui se réfléchissait dans ses verres sombres m’agressa légèrement les yeux, je détournai le regard pour fixer moi aussi la plaine blanche et les groupes des premiers pins semés par les terraformeurs, ils étaient entièrement recouverts de neige. Le lieutenant se pencha de son côté de l’habitacle et regarda vers l’avant de l’engin.

- Regardez, s’exclama-t-il. Nous arrivons.

En effet, l’on pouvait déjà voir la colline qui avait amorti la chute de notre objectif, la couronne de glace formée par le gel de la neige fondue miroitait sous la lumière de l’étoile de façon intermittente au fur et à mesure que nous nous rapprochions. Ceux qui n’avaient pas chargé leurs armes le firent avec un professionnalisme qui trahissait l’habitude ; notre appareil franchi la crête défoncée et perdit un peu d’altitude. La surface vert-de-gris des eaux du lac remplaça la neige en dessous de l’hélicoptère, quelques morceaux de glace flottaient ça et là, témoins de la température exécrable de l’eau.

- L’objectif est devant nous, déclara le pilote sur la fréquence commune.

Je me penchai sur le côté et passai la tête par la portière ouverte. L’île était identique à celle de la vidéo. L’astronef avait creusé un profond sillon dans le sol qui avait été aussitôt submergé par les eaux glacées qui s’étaient solidifié en une surface ne comportant aucune aspérité, une vraie patinoire. Nos deux chefs de soute s’emparèrent de leurs armes tandis que le pilote faisait faire le tour de l’île à son appareil. L’oxygène s’échappant des parties immergées de l’appareil faisait toujours bouillonner l’eau du lac, de la vapeur s’échappait des sections émergées et de l’eau qui recouvrait le vaisseau mais une grande partie était déjà recouverte d’une fine couche de givre qui semblait plutôt glissant. Le pilote ouvrit une communication avec nous.

- Bon les gars j’aime pas comment ça se présente, c’est trop dangereux pour la machine alors vous allez descendre à la corde lisse, c’est possible pour vous ?

- Il n’y à pas d’autre solution ? demanda le lieutenant

- Je crois pas, c’est glissant et incliné, l’hélico est un peu lourd pour se poser comme ça, on risque de glisser et de finir à la flotte, je crois pas que vous soyez curieux sur la température exacte.

- Ok ça ira, on va tenter le coup. Sortez les crampons, cria-t-il à notre intention.

Je pressai une touche sur mon armure et des crampons de titane sortirent au niveau des avants bras et des pied, j’en pris une autre paire dans un des compartiments de mon armure et les fixai aux genouillères. Originellement conçus pour s’accrocher en milieu arctique, les crampons de nos armures allaient pour la première fois être utilisés pour leur vrai fonction, nous leur en avions trouvé une autre : le corps à corps. Ces petites piques m’avaient sauvées la vie à Notammen lorsque nous étions allé délivrer le gouverneur militaire de la colonie révoltée, le rebelle qui m’avait attaqué par derrière n’avait pas eut cette chance, je me souviens de l’avoir aperçu lors de la transmission télé de l’exécution des prisonniers, il portait encore un bandage au nez, ou du moins ce qu’il en restait.

L’hélicoptère se stabilisa, Hekler se pencha en avant et libéra une corde, de l’autre côté, Marielle faisait de même.

- Han, Velasquez, vous êtes les premiers, cria le lieutenant.

Les deux invectivés saisirent les cordes sans un mot et se laissèrent glisser au bas

- Kruger, Lance, suivants !

J’agrippai la corde et me laissai glisser à mon tour, Han touchait le sol lorsque je me mis à descendre, il glissa mais stoppa sa descente vers l’écume grâce à ses crampons, le petit éclaireur se mit sur ses pieds et courut vers le vaisseau en s’arc-boutant afin de ne pas se retrouvé renversé par les rafales de vents générées par les pales de l’hélicoptère. Le touchai rapidement terre et plutôt que de tenter de me mettre sur mes pieds tout de suite, je fis un roulé boulé afin de ne pas chuter sous le choc, je jetai un regard à Lance, il avait quelque peu dérapé et se remettait sur ses pieds, il rejoignit nos deux prédécesseurs en courant, je l’imitai rapidement tandis que les deux suivants se posaient à leur tour. Il ne fallut pas longtemps pour que chacun de nous arriva à bon port, l’hélicoptère largua ses cordes qu’il ne pouvait replier et dégagea rapidement. Tant mieux, le vent froid commençait à battre un peu trop à mon goût.

Nous avançâmes vers la structure détruite en formation de combat, le sol était glissant et gelé, mais nous nous débrouillâmes malgré ces contraintes. Han passa devant et alluma la lampe fixée à son arme tout en fixant son masque à oxygène. Notre éclaireur s’agenouilla et jeta un œil dans la fissure la plus proche. Je le rejoignis en fixant mon respirateur et entendis les autres faire de même, l’activai ma lampe à mon tour et regardai aussi, rien à signaler.

- Delpierre, Mirniev et Han avec moi, dis-je. On va entrer et jeter un œil, restez-là le temps qu’on teste l’air.

Le lieutenant acquiesça d’un signe de tête, Han passa en premier, je suivi rapidement et me collai à son dos, Delpierrre et Mirniev vinrent compléter la formation en un éclair. Je sortis mon détecteur et l’enclenchai. L’analyseur se mit en route et commença à scanner l’air du vaisseau avec force cliquetis, cinq secondes s’envolèrent avant le verdict : air respirable.

-Mon lieutenant ? Air respirable là en bas mais nous sommes près d’une ouverture, je suggère de garder l’analyseur actif pendant une dizaine de minutes pendant que nous progresserons.

Le lieutenant descendit à son tour et jeta un regard circulaire à l’endroit où nous nous trouvions. Nos lampes bien que puissantes laissaient encore des zones d’ombre dans le la coursive.

-Qu’est-ce qu’on fait mon lieutenant ? demanda Velasquez

Le capitaine répondit à sa place

-Nous devrions nous diriger vers le centre du vaisseau, le centre de commande de l’astronef à de fortes chances de s’y trouver.

-Ça va nous couper la retraite ça mon capitaine, répondit le lieutenant

-Alors plaçons des balises avec des détecteurs de mouvement, nous serons avertis

-Ca marche, vous avez déjà une idée de ce qu’on pourrait croiser ?

-Un peu plus grand que nous d’après les coursives

-D’accord, avançons.

Nous avançâmes par petits groupes, peu de torches étaient allumées afin de cacher notre nombre, les couloirs du vaisseau étaient de couleur verte sombre, une faible lueur s’échappait encore de certains panneaux, ils devaient avoir été fluorescents. Beaucoup de portes étaient closes et aucun système d’ouverture n’était visible, nous dûmes contourner ces obstacles par d’autres chemins . Heureusement quez certains passages étaient restés bloqués. Nous ne trouvâmes aucun cadavre de l’équipage, pas une trace de présence ou d’occupation, pas un objet, pas de trace de quoi que ce soit en fait. Notre respiration s’échappait en de petits nuages de vapeur blanche des volets ouverts de nos masques. Seul le bruit de notre souffle nous escortait dans notre exploration. L’opération du lac Watanga et son sous-marin me revint en mémoire ; là au moins nous savions où nous allons. Je n’étais pas le seul à réfléchir dans mon coin, chacun de nous laissait apparaître de plus en plus de signes extérieurs de nervosité. Nous étions tous tendus et un peu trop sur nos gardes… dans le mauvais sens du terme. Seul Lance était tranquille, il était même tout excité et scrutait chaque recoin du couloir de sa lampe en silence, il était là pour ça après tout… Un bruit d’eau finit par nous parvenir et mit fin au silence oppressant sans nous décrisper pour autant. Je me forçai à relâcher mes épaules, résultat mitigé. Nous continuâmes notre progression, nos pas résonnaient dans les coursives comme dans une cathédrale. Je me souvins d’en avoir visité une sur terre dans une ville appelée Florence lors de l’unique vraie perm’ de ma carrière, c’était à la fois beau et inutile. Nous tombâmes sur une porte mi-close. Le Lieutenant alluma sa lampe et jeta un œil.

- L’eau est parvenue jusque-là, nous devons être à la surface ou en dessous, ça à l’air de monter même.

-Vous l’avez dit, répondit Lance, ça suinte ici, nous sommes sous l’eau.

-Bon, retournons voir dans les parties émergées. Après tout, c’est là que d’éventuels survivants seraient allé se réfugier.

Nous rebroussâmes chemin, je ne voulais pas l’admettre, mais j’étais content de notre échec partiel, cette carcasse me donnait froid dans le dos. Je me rendis compte que nous avions tous inconsciemment accéléré le pas, ce fut notre erreur, nous ne perçûmes pas les changements immédiatement. Je me rendis compte que la lumière avait changée, les coursives étaient totalement opaques à l’allée, à présent elles luisaient d’un vert malsain qui acheva de me nouer les tripes. Nous avancions en deux groupes, l’un de six hommes sous les ordres du sergent Hekler et l’autre avec le lieutenant derrière. Un mur se dressa entre nos deux groupes, le mouvement fut rapide, ma vision périphérique capta un mouvement sur ma droite, je portai instinctivement le canon de mon arme dans cette direction et m’écartai du point d’origine. Une porte que nous n’avions pas aperçu, elle passa à quelques centimètres de moi seulement.

-Bordel c’est quoi ça ? s’écria Andersen

-Une porte, répondit bêtement Lance.

-Ha ha très malin, bordel c’est quoi à déclenché ça ? Hé Hekler ! hurla le lieutenant en tambourinant sur la porte.

Une paire de bruits étouffés lui répondit, puis plus rien. Spaak frappa encore une fois mais n’obtint aucune réponse.

-Lance, trouvez-moi un moyen d’ouvrir cette porte !

-Maaaaaais je…

-Vous êtes là pour ça, c’est vous l’expert à présent faites votre boulot ! Et merde !

Lance réfléchit un court instant, cherchant un terminal informatique. Et visiblement il n’y en avait pas.

-On pourrait faire sauter la porte, nous avons plusieurs explosifs soniques.

-C’est ça, répondit Spaak d’un ton sarcastique. L’unique couvert dont nous disposons, c’est de l’eau à deux degrés et huit mètres de couloir, nos têtes sauteraient dans nos casques. Kruger, essaye de contacter le QG.

J’ouvris un canal afin d’obtenir une liaison mais je ne captai même pas un parasite, l’ouverture de la com se fit remarquer par un silence total. Je vérifiai mon système de communication, seul mon haut parleur de casque et les liaisons com avec nous cinq (lieutenant, Lance, Marielle, Velasquez et moi) mais rien ne passait la porte.

-Aucune liaison mon lieutenant
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Alexandre Orlov



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MessageSujet: Re: First Encounter   Mar 30 Sep - 0:23

Spaak vérifia et émit un juron.

-Alors capitaine ?!

-J’y comprend rien, il n’y à aucune trace de gestion informatique visible, le ton commençait à être paniqué.

Ben bravo le spécialiste, t’as même pas pensé que ces gars pourraient être différents de nous, on est tous experts ici ! pensais-je tout en m’asseyant, inutile de rester debout comme des cons, le sergent était un pragmatique et allait attendre sur zone jusqu’au dernier moment. Marielle est Velasquez s’assirent eux aussi tout en gardant le doigt proche de la gâchette, le lieutenant s’appuya sur la cloison et regarda Lance faire les cents pas à la recherche d’une solution d’un air courroucé. En réalité, il était furieux.

-Bon dépêche capitaine, finit par dire le lieutenant au bout de dix minutes, je sais pas ce qu’il en est des communications des autres mais si elles sont HS aussi on a plus que quinze minute pour reprendre contacte…

La remarque fit sortir Velasquez de sa rêverie.

-Quoi !

-Ben oui, ragea le lieutenant, c’est une opération Omega III t’a oublié !?! S’ils n’ont pas de nouvelles une demi-heure après coupure du signal, ils font une frappe aérienne et vu que c’est une opé de type III, ça sera du non conventionnel. À supposé que le vaisseau résiste au choc, nous pourrons plus sortir avec quelques décennies.

La lamentation de Velasquez fut subitement interrompue par des bruit sourds provenant de l’autre côté de la porte. Des rafales de fusil à impulsion ainsi que les bruits mat des lances grenades se firent entendre puis tout redevint silencieux. Les trente secondes qui suivirent parurent durer des années jusqu’à ce que la porte s’ouvre par un miracle que je n’ai jamais saisi, Lance non plus vu l’air médusé qu’il adopta en regardant le vide qui avait fait place à la porte close. Velasquez passa la porte fusil pointé vers l’inconnu ainsi que le lieutenant, Marielle emboîta le pas sans demander son reste. La porte commença à se refermer lorsque je m’engageais, mais lentement, comme si les étranges systèmes l’actionnant s’étaient subitement grippés. J’attrapai Lance par le col et le tirai de là avant que cela ne se referme sur lui. Quel crétin quand même, formation de combat mais jamais sorti du hangar recouvert de tatami ! Je me retournai afin de prendre ma place dans la formation, Lance n’étant plus bon qu’à suivre comme un mollusque. J’aperçu le lieutenant en train de ramasser quelque chose au sol, un chargeur vide. Il n’y à même pas de corps ou de traces de sang. Je braquai ma lampe vers le fond du couloir pour ne voir qu’un long corridor vide.

-Mais où est-ce qu’ils sont…

Ma questions oratoire fut interrompue par un cri d’horreur qui me glaça le sang, qui à vrai dire, nous figea tous. Quelqu’un criait comme si on l’égorgeait. Je parvins à jeter un regard à mes camarades qui étaient visiblement en état de choc eux aussi, mais les cris ne venaient pas d’eux. En vérité, cela venait de partout à la fois mais par depuis ma liaison com. C’était terrifiant. Ce fut Lance qui brisa notre silence par la question que tout le monde se posait.

-Mais qui c’est ?!

-Putain faut bouger ! cria Marielle

Le lieutenant s’avança et commença à avancer d’un bon pas tout en nous faisant signe de nous mettre en formation.

-On sort d’ici, s’il gueule comme ça il est sûrement déjà mort ou ça va pas tarder. Faut sortir d’ici et faire rapport sinon on va tous y passer.

Nous nous mîmes donc en route d’un pas rapide. L’esprit professionnel commençait à reprendre le dessus et je me mis à ne plus penser aux copains que d’une manière froide et détachée, j’avais un boulot à faire et je devais l’accomplir vite et bien. Lance, plus effrayé que nous, avançait plus vite de sorte qu’il finit par se trouver près du lieutenant. Spaak s’apprêta à le rabrouer lorsqu’une ombre percuta Lance et le projeta à terre. Le lieutenant lança son pied par pure réflexe mais celui-ci ne rencontra rien et il fut projeté à terre lui aussi. Je pointai mon arme et ouvrit le feu bien que rien ne fut visible ou plutôt si, un mouvement dans l’air qui fonça sur moi et me plaqua au sol moi aussi. Je sentis quelque chose foncer vers mon visage, je penchais la tête vers la droite et évitai plus ou moins le coup tout en tirant mon pistolet de son holster afin de descendre ce truc invisible aux filtres thermiques comme aux rayons X.

-Le lieutenant, tire nom de dieu, tire !

Une rafale illumina le couloir par saccades tandis que je tirais trois coups de pistolet. J’entendis quelque s’effondrer dans un cri d’agonie monstrueux, je ne pensais pas Velasquez capable d’hurler comme ça Marielle reçu un coup à l’abdomen puis un autre au visage, un gargouillis sombre monta de son masque, il avait du crasher une boule de sans voir quelque dents. Je n’arrivais pas à bouger. Je parvins à me redresser et me relevai péniblement, le coup sur la tête avait dû être plus fort que je ne l’ai cru car j’avais du mal à faire le point. Arrivé à hauteur de Marielle qui étouffait pour de bon et semblait avoir vomi dans son masque en plus du reste, j’entendis la voix de Spaak déformée par l’horreur jaillir à la fois dans mon oreillette crânienne et dans ma tête.

(Comment expliquez-vous cela ? )

-Je sais pas, j’crois qu’il me causais, dans ma tête.

(Poursuivez, qu’à-t-il crié ? )

-Non NON PAS CA, AAAAAAAAAAAAAAAAARG

Je me suis retourné, ses jambes gesticulaient dans les airs, quelque chose le tenait par le col mais n’était pas visible.

-Arrête démon arrête !

Spaak agit par réflexe et asséna à coup de botte, crampons dehors à la « chose » puis tenta de dégainer son couteau. La chose le lâcha et il s’effondra au sol agité de spasmes, il marmonnait des choses bizarre j’ai pas compris. Lorsque le lieut est tombé, un contacte inconnu rapide est apparu sur mon détecteur de mouvement, j’étais plus occupé à surveiller ça que l’état de l’autre. Je me suis retourné vers Marielle pour constater qu’il ne bougeait plus, la consultation à distance de sa combinaison diagnostiquait la mort. Velasquez avait perdu son casque et du sang coulait de ses oreilles. Lance ne bougeait plus, l’avant de son casque était enfoncé et le masque respiratoire de sa combinaison lui était rentrée dans la gorge, la visière lui avait charcutée le visage. Comme je revenais peu à peu à moins, j’ai tenté de contacter le QG mais il n’y avait toujours aucun signal. Je serrai mon pistolet et agrippait le lieutenant qui marmonnait toujours des choses incompréhensibles, non, que j’étais trop préoccupé pour comprendre ce qu’il racontait. Il scrutait l’ombre d’un air inquiet tout en agrippant son pistolet. Je l’ai soutenu et nous avons continué le chemin vers la surface.

(Pourquoi ne pas avoir emmené le capitaine Lance ?)

Parce qu’il était inconscient et donc plus lourd à porter, parce que c’était mon lieutenant et parce qu’il avait en toute logique vu ou aperçu plus de la chose que l’autre peureux qui avait avalé son masque à gaz. Le lieutenant lui marchait et semblait encore pouvoir tenir une arme !

(Continuez)

Nous avons atteint la brèche d’entrée ou quelque chose y ressemblant sans encombre, le lieutenant a passé tout le trajet a marmonner des trucs, j’avais jamais vu quelqu’un dans un tel état de choc, il braquait son flingue dans tous les coins. Je décrochai mon fusil et le laissai là et grâce à la dragonne à présent libre, j’accrochai Spaak à moi et nous réussîmes à sortir de la carcasse. À peine dehors, j’obtins une liaison avec le QG.

-Bon dieu, où est-ce que vous étiez passés ? Votre signal s’est brusquement interrompu et nous avions perdu le signal des relais.

-Ici le caporal Kruger, demande évacuation immédiate, deux hommes dont un blessé.

-Reçu on arrive.

Nous nous laissâmes glisser sur la glace jusqu’à notre air d’atterrissage du début de la mission. Un hélicoptère fut sur place en quelques secondes, il devait déjà être en vol depuis quelques temps. Le chef de soute fit descendre un filin auquel je nous arrimai tous les deux, le lieutenant et moi. Nous fûmes remontés tandis que le mitrailleur de bord nous couvrait et que le pilote s’éloignait déjà doucement de l’épave. Le chef de soute aidé du mitrailleur nous fit rapidement rentrer puis ferma la portière coulissante tandis que le mitrailleur rentrait son arme de bord et fermait l’écoutille.

-En hérisson vite ! cria le chef de soute.

J’obéis instantanément et me mis en boule après m’être assuré que le lieutenant avait bien compris. L’hélico filait à toute vitesse. Une vive lueur me vrilla les yeux, même fermés,. Malgré la vitesse nous étions à peine à distance de sécurité, ils avaient largués leur bombe nucléaire le plus tôt possible. Nous avons rejoins la base en un temps records, une équipe médicale attendait sur l’air d’atterrissage et je fut immédiatement séparé du lieutenant, l’on me fit prendre une douche savonneuse puis je dus subir plusieurs traitements anti-radiations et pour finir je fut mis sous divers perfusions, l’une d’elle devait sûrement contenir du SPK7 vu la mission qu’on nous avait confié.


Compte rendu du médecin colonel Lawson, hôpital militaire de Caligula


Lorsque le lieutenant Spaak (sujet no768864) fut admis, le bureau psychologique nous a informé de l’effet nulle du SKP7 sur le sujet, qui est pourtant assez puissant pour forcer le sujet sur lequel l’on appliqué le sérum à narrer les événements sur lesquels il est interrogé de façon très précise et à restituer des dialogues au discours direct tels quels. Nos efforts se sont donc centrés sur des déductions de ses dires et des incitations à faire parler le numéro 768864, le plus puissant sérum connu de nos services n’ayant eut aucun effet.

Observations du 18, 19 et 20 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no768864


Après 72 heures d’observation et d’analyse des propos du sujet, il apparaît que celui-ci a été soumis à une dose d’adrénaline, résultat d’une accumulation initiale de stress suivie d’un choc émotionnel important. Il est actuellement impossible de déterminer ce qui a pu provoquer cet accès de peur. L’analyse de la caméra de combat du sujet n’a rien donné de probant, celle du caporal Kruger ayant été détruite, nous n’obtiendrons vraisemblablement pas d’informations utiles sur ce plan.

Observations du 21 novembre novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


L’interprétation des propos du numéro 768864 a légèrement progressé ce jour, l’articulation du sujet est en progrès. Bien qu’un cas de guérison soit improbable, nous caressons l’espoir de saisir ce qui est arrivé au sujet.

Observations du 22 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Lorsque nous avons questionné le sujet no 768864 sur les événements du 11 novembre, il nous a avoué avoir « vu » son agresseur. Nous avons bien sûr tenté d’obtenir une description de cet agresseur ; le résultat de quatre heures trente-sept minutes d’interrogatoires fut le mot « horrible ».

Observations du 23 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Aujourd’hui le no 768864 a été victime d’une crise épileptique. Alors que nous l’interrogions, le sujet a tenu les mêmes propos que ceux rapportés sous SKP7 par le caporal Butch Kruger, il a ensuite tenté de frapper un aide soignant, ce qu’il est parvenu à faire avant qu’il soit maîtrisé par cinq infirmiers. La crise est survenue à ce instant.

L’aide soignant est malheureusement décédé des suites de la projection des cartilages nasaux dans son cerveau.

Observations du 25 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Le sujet no 768864 remis de sa crise a recommencé à répéter les mêmes mots exprimés les 18, 19 et 20 novembre de façon répétitive. Notons cependant qu’à intervalles de 2 heures à peu près, le sujet se mettait à hurler le mot « peur » plusieurs fois de suite.

Observations du 26 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Légère amélioration du comportement du sujet no 768864, celui-ci entre deux « peur » a rajouté « qu’il » « criait ». Il est impossible de définir s’il s’agit là d’un pluriel ou d’un singulier ni qu’il s’agisse du non humain potentiel, le caporal Kruger n’ayant dans son rapport mentionné aucun cri non humain lors de la confrontation potentielle.

Observations du 27 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Le sujet no 768864 nous a déclaré lors d’une crise de terreur « qu’il(s) criai(en)t et qu’il avait peur », « qu’ils allaient tous nous tuer ». Il est difficile de déterminer à qui peut se rapporter cette peur et qui est concerné par elle.

Cette nuit le sujet no 768864 a fait une tentative de suicide en tentant de se frapper contre le mur de sa chambre, nous avons du l’isoler dans une chambre molletonnée. L’opération a coûté la vie à un infirmier et en a blessés deux autres


Observations du 28 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Le sujet no 768864 n’a cessé d’hurler des propos appartenant au registre de la terreur et de la mort. Il a également agressé l’infirmier chargé de lui apporter la nourriture qu’il a refusé d’ingérer. Nous avons taserisé le sujet et l’avons nourris par piqûre. Nous espérons un retour au calme pour poursuivre nos recherches, le docteur Fujikama a suggéré l’emploi d’électrochocs.

Observations du 29 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Le sujet 768864 a fait une nouvelle tentative de suicide en essayant de s’étouffer avec les coussins du sol de sa chambre. Nous avons été contraints de l’attacher. Les contraintes imposées par le bureau psychologique d’une part, et la direction de l’hôpital d’autre part, nous ont amenés à poursuivre notre approche pendant 24 heures encore. Ensuite nous devrons opter pour l’emploi de la solution Fujikama

Observations du 29 novembre 487, ère de la colonisation
Sujet no 768864


Le sujet no 768864 est décédé des suites d’une crise d’épilepsie survenue au cours de la nuit du 29 au 30 novembre. Le sujet a avalé sa langue si profondément qu’il nous a été impossible de la dégager suffisamment vite, notamment à cause du fait que le sujet no 768864 se débattait très violemment.

Hypothèses et conclusions du Compte rendu


L’observation du comportement du sujet no 768864 et l’analyse de ces observations et de son comportement ne nous permet pas de déboucher sur quoi que ce soit de concret. Cependant, ma mentions de « cris » nous permet de supposer que les non humains potentiels communiquaient pas télépathie et lui ait insufflé des images de son sort. Il est également possible que le non humain potentiel ait simplement tenté de communiquer avec le sujet no 76864 qui, n’étant pas habitué à un tel mode de communication, ait été victime d’une « surcharge ». La mort du sujet no 768864 empêche toute poursuite de nos recherches en matières psychologiques ou psychiatriques.


Avis de décès
Sujet : Sergent-chef Butch Kruger
Affectation : 51ième régiment 3ième FEC
Lieu et date de décès : New London, 7 juin 488
Circonstances du décès : Mort par brûlures, coups de fusils et de couteau lors de l’attaque d’un blindé de type VTAB III lors du maintien de l’ordre effectué par l’armée en collaboration avec la milice coloniale.
Effets personnels répertoriés : couteau ouvragé, 800 crédits interstallaires, bracelet de pierre de sagal, pendentif composé d’une chaînette en duranium plaqué faux et d’une tête de mort de la même conception, montre banale de marque Comet.
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