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| | [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE | |
| | Auteur | Message |
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Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Dim 9 Nov - 19:58 | |
| TROPHEE VOLTAIREVous aimez polémiquer. Vos écrits accusent. Si vous souhaitez savoir si vos textes sont percutants, emparez vous du trophée Voltaire ! Vous ne le garderez que si les aelissiens vous désignent le meilleur. C’est ici que vous lancerez vos duels et c’est ici que les décisions de la population à votre encontre seront prises. A vos plumes !
Pour lancer un duel :| Citation: | Moi, XXXX(nom du challenger) Je défie XXXXX (nom du champion). Le trophée VOLTAIRE doit me revenir.
Je le défie d'écrire un texte sur le thème XXXX Il aura pour contrainte : XXXX Nos textes devront être remis au tutélaire avant XXXX(date) S'il refuse mon défi, je deviendrai détenteur du trophée!! |
Pour voter :
| Citation: | Dans tous les cas une note sur 10 vous est demandée pour que votre vote soit pris en compte.
Vous pouvez si vous vous en sentez capable et si un formulaire vous irrite, argumenter pour justifier de votre note en mettant en valeur les qualités et défauts du texte au niveau stylistique, lexique, orthographique ou en fonction de l’originalité du texte, son respect des contraintes et du thème demandé.
Mais vous pouvez aussi utiliser le formulaire ci-joint pour justifier de la note établie :
[center]Je mets la note de X/10 au texte N°1 Respect du thème : X/2 Composition, rédaction : X/4 Point de vue personnel : X/4 XXX
[color=lightpink]Je mets la note de X/10 au texte N°2 Respect du thème : X/2 Composition, rédaction : X/4 Point de vue personnel : X/4 XXX XXX[/center] |
Dernière édition par Cassiopée le Dim 26 Avr - 18:41, édité 1 fois |
|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Sam 20 Déc - 2:06 | |
| L'INNOMINÉ A DÉFIÉ URANIUM FUCHSIA EN DUEL POUR S'EMPARER DU TROPHÉE VOLTAIRE

Ils devaient écrire un texte sur le thème de la guerre en prenant la peine de placer son narrateur dans un café, dévoré par les yeux d'une jolie donzelle. La position et l'idéologie du narrateur étaient libres. Le pays où se trouve ce café est en guerre, et la demoiselle ne devait pouvoir placer autre chose que des "waouw", "lol", "trop grave" pour ponctuer le récital. A LA SUITE DE CE DUEL DE HAUT NIVEAU, URANIUM FUCHSIA CONSERVE SON TROPHÉE QU'IL TIENT BIEN SERRE CONTRE LUI LE TEXTE N°1 écrit par uranium Fuchsia A OBTENU LA NOTE DE 8,3/10 | Citation: | Reus, 2084
« Excusez, mademoiselle, ma hardiesse, mais je n’ai pu m’empêcher de noter que vous me fixiez avec une insistance à peine dissimulée. Nul doute quant au fait qu’il ne doive s’agir que de curiosité face à l’uniforme d’un officier de propagande temporairement extrait du front par une blessure. Toujours est-il que, si vous le souhaitez, je vous invite volontiers à ma table.
_ Waouw.
_ Qu’avez-vous en main ? Je vois. Le Petit Samothrace. Un ouvrage religieux. Comme c’est curieux dans un tel contexte de s’adonner à ce genre de lecture. Au front, nos hommes sont avec vigilance préservés des effets de ces écrits. Voyez-vous, si la foi, et je parle ici de la foi d’ordre purement spirituel, participe avantageusement de la ferveur guerrière, il arrive que les irrationalités habituelles des religions se mêlent de l’issue d’une bataille pourtant en leur faveur. Ainsi, il ne vous aura pas échappé que d’Orient en Occident, le martyre, bien plus encore que salué, est exalté au point de devenir un horizon pour les combattants. N’est-ce pas faire preuve d’une cruelle ironie que de parler de l’horizon de celle ou celui qui se sacrifie ?
_ Lol.
_ Mais laissons là cette considération un peu moqueuse – j’observe au passage que nous semblons avoir une opinion commune quant à la cocasse absurdité des croyances, malgré votre lecture – ; il n’est pas si faux de voir le martyre comme un aboutissement, dans le sens où, employé à bon escient, il est un moyen des plus efficaces de prendre un avantage déterminant ; à condition toutefois d’y avoir recours judicieusement et non pas par automatisme. Pourquoi rendre tous les honneurs à un mort là où un vivant continue d’insuffler sa force dans le combat, et est de fait plus précieux ? Cette idéologie délétère est clairement contre-productive. Le héros doit être celui qui a su, certes, s’exposer mais également rester en vie. Toutefois, je vois pour ma part deux types de situations qui induisent naturellement le sacrifice. J’appellerais conventionnellement la première le baroud d’honneur – même si vous aurez compris que la notion d’honneur, abstraction spirituelle allant à l’encontre de l’intérêt humain, est sensiblement déplacée. Une fois qu’un homme a fini d’offrir à la cause sa sueur et son sang, blessé ou vieillissant, avant que de devenir un poids plutôt qu’un atout, faire don de sa vie est la seule alternative raisonnable à laquelle se rallier, en cherchant, bien entendu, à infliger autant de pertes que possible. L’autre situation favorable est plus intuitive encore : il s’agit de l’opportunité. Rassemblements de troupes ou d’état-major, points stratégiques du champ de bataille ou bien encore centres névralgiques de l’activité guerrière ennemie méritent bien souvent qu’on y concède la vie d’un homme ou de plusieurs. Ces choix sont d’autant plus judicieux qu’on connaît l’effet de sape de tels coups d’éclat sur le moral de l’opposant.
_ Trop grave.
_ En effet. Et l’on touche ici du doigt une notion tout à fait essentielle, qui est celle du moral, et plus largement de la stabilité émotionnelle des troupes comme de leur support, à savoir le peuple. Il est reconnu que l’idée de la victoire surpasse en conséquence la victoire elle-même, car elle exalte et rassure la population civile, et donc tend à accroître la qualité de son investissement dans l’effort de guerre. Factuellement, la contribution populaire est à porter aux deux tiers de l’effet que je nomme de « progrès », c’est-à-dire d’accroissement du rapport de force jusqu’à un aboutissement naturel : la reddition, ou l’anéantissement. Défaire le peuple, c’est condamner son armée, qui, surtout à notre époque, est hautement dépendante de l’opinion. De façon tout à fait symétrique, ridiculiser – ou effrayer – les bataillons adverses fera perdre au peuple son espoir, et donc sa volonté. D’où l’utilisation nécessaire et conjointe de la propagande, à destination de tous les agents en action, de la désinformation et des effets symboliques – faire passer une piteuse escarmouche pour une victoire décisive à travers de la mise en scène ou encore raser une ville de moindre importance tactique afin d’insinuer que personne n’est à l’abri comme de jouer sur l’imprévisibilité des frappes.
_ Waouw.
_ Exactement. Mais au-delà de l’influence ponctuelle des évènements sur le moral, il faut bien saisir que la qualité d’un engagement guerrier dépend entièrement de la cause défendue, de la ferveur introduite dans le combat. J’ai dit plus haut l’erreur primordiale des fanatiques, qui considèrent la mort comme un accomplissement. Mais à l’inverse, qui n’aura pas en ligne de mire un horizon qu’il juge – assez – vertueux y préfèrera sa vie, et se révèlera donc un pleutre sur le champ de bataille. L’axiome est connu depuis plusieurs siècles : qui craint la mort la trouve ; tant il est vrai qu’une armée en déroute est aisément mise en pièces. C’est dans le comportement des hommes que l’on apprend de leurs valeurs et si celles-ci sont légitimes. Celui qui fuit le combat a été amené en guerre pour des raisons futiles – l’ingérence diplomatique est de loin le cas le plus répandu d’un tel écueil, mais l’annexion superflue par une nation d’une autre ou d’une portion fait partie des occurrences non négligeables – ; celui qui court à la mort, l’extrémiste ou l’illuminé, surpassera le premier mais ne saurait égaler le juste, celui qui ne craint pas la mort – car le bien-être des siens prévaut – mais sait qu’elle dessert sa cause, et agit en conséquence. C’est la raison pour laquelle il ne fait aucun doute que nous vaincrons l’Alliance de Sauvegarde, dont les partisans malgré eux doivent un peu plus chaque jour prendre conscience de l’illégitimité – criminelle – de leurs revendications.
_ Lol.
_ Ha. Comme vous avez raison de rire de la futilité d’un tel combat, là où le bon sens aurait voulu que tous reconnaissent le suprême bien de nos valeurs. Mais, voyez une chose : parmi ces valeurs se place au pinacle de notre action le respect de la vie humaine, c’est un fait qui ne saurait être nié. Or, ce fait doit quoi qu’il arrive nous guider, car il est juste, mais également car ne pas le considérer avec l’égard nécessaire nous amènerait à deux excès délétères en ce qu’ils pourraient de concert jouer en notre défaveur et amener notre perte. Le premier serait de semer le doute quant au bien-fondé de nos actes parmi les nôtres, avec les conséquences que l’on sait. Le second, pire encore, dans le cas où nous contraindrions trop nos adversaires sans leur laisser la possibilité de se rendre ou de nous rejoindre, serait que ceux-ci en arrivent à se battre pour survivre, comme des bêtes acculées – de fait, la survie étant une cause légitime, ils se livreraient au combat avec une ardeur égale à la nôtre, alors que nous sommes en état d’infériorité numérique.
_ Lol.
_ Je ne peux pas vous laisser dire ça. Il est déjà assez accablant que nous ne soyons pas une majorité là où le bon sens nous pointe d’un doigt amoureux de raison. Heureusement qu’à ce stade-ci de l’engagement, la situation semble se stabiliser en faveur de nos forces, d’autant qu’ils disposent d’équipements d’un cran technologique supérieure. S’il est une chose dont on peut se féliciter, c’est que la convention Seemore, qui interdit l’usage des armements zêta, reste d’actualité.
_ Trop grave.
_ C’est un sujet qui a votre attention ? Soit, parlons-en. Avant tout, la question n’est pas de savoir en quoi consiste réellement une convention, mais bien plus qui en est à l’origine. La réponse est évidente et bien loin de toute considération faussement éthique : ceux auxquels elle profite, le plus souvent de la façon la plus unilatérale qui soit. L’on peut être assuré que qui n’y verrait un avantage stratégique serait loin de se rallier à une convention qui ne ferait que retreindre ses possibilités guerrières. Qu’une nation unique, en lieu de la multitude actuelle, ait en à sa possession exclusive la puissance de l’atome, on serait assuré que pour rien au monde elle ne se plierait à un nivellement technologique. Mais en l’état, il n’est pas un secteur de l’activité stratégique qui ne soit sous le coup d’une convention quelconque : traitement des prisonniers, torture, préservation partielle de l’intégrité civile, armes d’annihilation massive et je passe sur des règles aussi futiles que de ne pas tirer sur un parachutiste. Dans le secret décisionnel, les faits sont évidemment tous autres et les exactions à un imaginaire code de la guerre légion, même s’il ne vous aura pas échappé qu’il est difficile de jouir en toute discrétion de l’effet définitif d’un armement nucléaire.
_ Lol.
_ En effet, l’idée est drolatique. Mais le secret reste la notion-clé de cette co-restriction dans l’usage des forces. Il suffirait que l’un des partis sache à coup sûr où se trouvent les silos et réserves d’armements zêta de l’autre pour qu’il fasse usage des siens à des vues de destruction préventive, sans hésitation possible. Le conflit devrait alors prendre fin par la reddition du camp démuni de sa puissance dissuasive. C’est ce que l’on penserait. En réalité, bien que cette hypothèse soit extrêmement peu probable pour bien des raisons dont l’énumération ne pourrait que vous ennuyer, il m’est d’avis que nous poursuivrions le combat dans pareille situation là où nos opposants choisiraient sans aucun doute possible un armistice. Et ce, car de telles armes ne pourraient être utilisées sans provoquer la mort d’une quantité phénoménale de civils, chose à laquelle ils se refuseraient, invoquant là encore l’éthique, ce poison amenuisant l’homme et contre lequel nous luttons, mais qui serait alors une aubaine pour notre cause. Le négatif du schème naturel de la guerre, en somme.
_ Trop grave.
_ Voilà. Finalement, qu’est-ce qui nous pousse à la guerre, peut-être même au-delà des territoires, géographiques comme idéologiques, que nous revendiquons ? A mon sens, il est aisé d’en trouver une justification profonde dans notre désir de justice. Pas d’une justice artificielle et contractuelle, concession frustrante, mais d’une sentence intuitive, instinctive, qui ne souffre d’aucun défaut : la loi naturelle. Le fort doit triompher, et les faits lui donnent raison tant qu’aucun obstacle faussement social – bureaucratie, démocratie, idiocratie, qui sont autant de synonymes –, ne s’immisce.
_ Lol.
_ Je sais ce qui vous fait rire ainsi. Vous pensez sans doute qu’une telle pensée est régression, qu’elle nous ramène avec brutalité à notre statut animal. En ce sens, vous avez tort, car des espèces inférieures par leur intelligence, font déjà par endroit abstraction à la loi naturelle, qu’il s’agisse de compassion, d’entraide désintéressée et même d’appui – consensus n’aboutissant pas au statut parfait de symbiose – à d’autres espèces. Peut-être devrait-on en cela pondérer – ou élargir – notre acception de la loi naturelle mais il s’agit là d’une digression. L’homme se distingue de l’animal avant toute chose de par ses capacités intellectuelles. L’erreur de beaucoup est de croire que la jouissance de ce don serait de pouvoir vivre « en société », c’est-à-dire en faisant abstraction de la prépondérance naturelle du fort et enfermant chaque individu dans un carcan sécuritaire, soit une version chétive et claudicante des clans, meutes et civilisations qu’on trouve dans le règne animal. Alors qu’il semble pourtant évident que l’intellect est un surcroît de force majeur qui doit être mis au profit des individus. L’homme, peu apte aux prouesses physiques, est ainsi devenu le prédateur ultime, auquel seul un autre homme peut oser se confronter. Et c’est assimilable au conflit qui nous concerne actuellement : nous avons développé des armes au potentiel de destruction inimaginable grâce au brillant esprit de nos chercheurs tandis que nos penseurs nous ont aidés à appréhender les idées abstraites au-dessus desquelles l’idéal de Reus prédomine, gonflant notre ardeur au combat, afin de le faire reconnaître de tous. Et ainsi doivent s’écrouler les faux régimes et leurs indignes paradoxes, où des faibles, de corps comme d’esprit, imposent leur lois à d’autres qui sont naturellement prompts à dominer. L’animal, que nos capacités de réflexion ont détrôné, nous surpasse pourtant actuellement dans son parfait équilibre hiérarchique, et en ça, je l’aime et l’admire. La guerre nous y ramène d’ailleurs, en attendant l’instauration de l’ordre, et c’est la raison qui me fait l’apprécier ; ça et sa concision, son caractère définitif et sans concession. Mais assez de bavardage ! Je vois dans vos yeux le désir de vous familiariser plus intimement avec les notions de dominance et de force naturelles et de découvrir la surface sous laquelle l’animal se terre en moi comme en vous.
-Lol. |
Dernière édition par Cassiopée le Sam 20 Déc - 2:17, édité 1 fois |
|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Sam 20 Déc - 2:16 | |
| LE TEXTE N°2 écrit par l'Innominé A OBTENU LA NOTE DE 6,75/10 | Citation: | - Le Charles Baudelaire cocktail s'il vous plait. Je le trouve, comment dire ? Unique ? Oui, c'est bien cela. Connais-tu Odilon Redon ? Il a peint Le Vitrail. Une jolie image de ce qui nous remplit - Ha oui ? (ses dents rirent) - Le chaos et la destruction, vois-tu, on souvent pour sujet la mort, et si possible, la mort de masse. Et pourtant -douze francs cinquante s'il vous plait - (stupide connard) - Et pourtant donc " - Mon âme est un tombeau que, mauvais cénobite, / Depuis l'éternité je parcours et j'habite / Rien n'embellit les murs de ce cloître odieux." Tu vois ? Bon (slap le cocktail, slurp la clope, snif ses cheveux) Si tu veux, nous sommes aussi loin de cette mort que l'on ne fait qu'attendre, et qui ne vient, qu'après avoir repoussé sans cesse, avec une agaçante arrogance les limites, que toi et moi de chez moi. - Tu habites où ? (pourquoi le fallait-il ?) - Aussi voilà pourquoi j'envie ces colonnes infernales, qui se perdent et s'entretuent, s'égorgent et se mutilent. Oui. Ce sont eux les chanceux. On leur offre la mort au détour d'une pierre, et nulle fleur nul part. La terre mon amie, la terre. - La terre nourricière ? (mon dieu. elle rit) - Si tu veux, mais surtout juste le mourir, aussitôt remplacé et oublié. - Tu parles trop bien (tu parles) - Tu ne parles pas assez. - Que devrais-je dire ? - Que penses-tu de ce que je dis ? - Ce n'est pas bien facile (pas habituée à penser ?) - Fais-le pour moi. (sourire) - Je le veux bien alors (sale conne; sale con; salle conne, ô tribune lectrice !) - Bah, euh. Je sais pas, c'est pas bien la guerre, et pourtant tu dis que c'est pas mal. Je sais pas. Mon oncle est mort à cause de la guerre. - Sur le front ? - Révolte parmi ses ouvrières.
Tout ce sang...
La guerre est le café que je devrais fréquenter. Je devrais m'y allonger, sur les bancs rougis de moquette, ma boisson et mon tabac, à la main. Il n'est rien de plus logique de s'occuper comme ceci, j'y verrai alors, oui j'y verrai, moi. Le front est l'endroit où l'on se voit naître et mourir, où l'on se crée, où l'on s'achève dans une orgie visuelle, de noir et de gris, la vie, pour moi qui ne restera qu'ici, n'est pas, sans toi, et tes congénères, qui ne me méritent pas. La seule chose que je mérité, c'est un obus dans le front, c'est un éclats dans la joue, c'est une trace dans le sang. Tu m'offres tes frétillements, qu'ont-ils pour se mesurer à celle dont les seins blancs supportent la Faux ? S'enfoncer sur une épée. Se crever le ventre, voilà exactement l'inverse que tu me proposes. Tes cris contre les miens, tes entrailles aérées contre les miennes. Je veux du sang, tu pourrais me l'offrir. La vie n'est pas un cadeau sale pute ! On ne peut prendre, prendre, et prendre encore, toujours ses présents, on doit choisir ses passés, il nous faut assumer. Il le faut, et moi, je ne le sais. Il me faut sauver, remplacer, je dois être derrière, je dois les voir tomber, et prendre leur place pour que plus personne n'y aille. Ce n'est pas de leur faute, ils ne l'ont pas demandé. Ce n'est pas ma faute, je le demande ! Secouer un peu ce monde, arracher un à un les boyaux que le fer n'arrache l'esprit. Je me brûler comme lui. Je veux me brûler.
- Ça va ?
- Tu n'as rien compris ?
- Pas trop en fait, c'était pas mal implicite tu vois ?
- Lève-toi, ce n'est pas grave, fais au moins plaisir à ces types, montre leur tes jambes.
(je suis resté assis)
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UF compte bien conserver son trophée mais j'espère que vous ne le laisserez pas s'habituer au luxe!! Bravo à l'Innominé d'avoir malgré tout accepté le conflit ! |
|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Dim 15 Mar - 19:57 | |
| PLUMO A DEFIE URANIUM FUCHSIA EN DUEL POUR S'EMPARER DU TROPHÉE VOLTAIRE

Voici les armes choisies :
Ecris quelque chose sur le thème du Gardien. Tu n'as pas de contrainte, si ce n'est celle d'écrire quelque chose qui respecte le thème, ce qui est en soi il est vrai une contrainte mais n'en est pas vraiment une puisqu'il ne s'agit que du respect du thème, qui, c'est clairement édifié, n'est pas une contrainte, même si l'on peut néanmoins juger que les deux éléments sont indissociables du fait de leur étymologie. Le thème étant très alambiqué, il est donc convenu que le respect du thème est ici véritablement secondaire. Ainsi, il pourra aussi bien s'agir d'une histoire qui tourne autour d'un Gardien ordinaire que d'une nouvelle centrée sur la figure du Gardien en elle-même.
Il s'agit tout simplement que le Gardien soit au cœur du récit d'une manière ou d'une autre. URANIUM FUCHSIA a écrit le texte N°2 avec lequel il gagne le duel avec 8,1/10| Citation: | Alors que la lune venait offrir le confort de sa pleine rondeur sur le sommeil des croyants, au palais du sultan, sa jeune amante, Shahrâzâd, entama le récit que fit au djinn celui qu’il avait libéré de la forme ovine où il avait été condamné : « On raconte, ô esprit bienheureux, qu’il y avait autrefois à l’est de Damas un royaume dont les richesses du sol dépassaient l’entendement, et l’on pouvait jurer que, si humble soit sa taille, il concurrençait en valeur l’ensemble des terres où s’étend la loi de Dieu. Le domaine était à ce point fertile que les hommes n’avaient pas besoin de travailler pour jouir de ses trésors ; les épices, nombreuses et variées, disposaient en profusion ; l’eau, transparente et suave, s’écoulait partout en fontaines brillantes ; l’opulence émanait du moindre des bâtiments et pas un mur n’était chargé de quelque ornement fait de pierres et d’or ; même les bêtes faisaient montre d’une vigueur particulière et les arômes de leur chair n’auraient su avoir d’égales. Mais une telle abondance ne pouvait qu’échauffer la jalousie des voisins, sauvages conquérants de la Grande Asie, et le royaume était l’objet d’incessants et robustes assauts. Seules la détermination et la sagesse du sultan, dirigeant alerte et rompu à l’art complexe de la guerre, permettaient aux fidèles de continuer à profiter de cette terre bénie, et tous ne manquaient le louer pour ces bienfaits. Quatre mille soldats, équipés des armes de la plus belle facture et entraînés avec rigueur montaient ainsi la garde sur la frontière exposée aux attaques. L’illustre dirigeant s’y montrait régulièrement en personne, prodiguant les instructions, ordonnant les formations, parfois au cœur des batailles. Mais un jour, sentant poindre la fin de son règne, le bon sultan fit venir à lui son vizir, en qui sa foi était totale. « Vizir, tu sais mes jours comptés. Cela fait de nombreuses années que j’ai toute confiance en ton jugement ; aussi, j’aimerais que tu me succèdes à ma mort, pour assurer la pérennité du royaume et continuer à repousser ces envahisseurs qui, malgré les échecs, reviennent chaque fois aussi déterminés. _ Ô grand roi, je ne puis qu’être honoré de ta requête. Malheureusement, j’arrive moi-même à la fin de ma vie et peut-être même la quitterai-je avant toi. Il faudrait nous en remettre, pour la prospérité future des terres que Dieu nous offrit, à plus jeune mais pas moins sage. _ Et qu’as-tu en tête, vizir ? _ Tu n’es pas sans savoir que j’ai reçu de ma couche trois beaux enfants, trois jeunes hommes, dont les talents et la beauté ne trouvent même ici d’équivalents dans leur âge. Ils sont façonnés ainsi que le récita le poète : Je n’ai vu beautés semblables dans les coursives des palais ni formes si bien nées, fruits aux proportions parfaites ; Dans leurs yeux verts, pierres fines, se mire le soleil, même évanoui et leur peau a la blancheur du lait de chamelle ; La nature céleste, malicieuse, s’en fit don dans l’unique dessein de les contempler par les yeux mêmes de ses autres créations. « Ils ont été dès leur premiers mots instruits par les meilleurs maîtres, les plus sages, ceux-là-mêmes dont tu aimes à recevoir les avis éclairés ; rompus par eux à la théologie, aux mathématiques et à l’astronomie. Quand ils parlent, chacun écoute, tant leur chant fait éloge à la logique comme à la musique. Ils ont également été assidus aux enseignements de l’académie militaire, manient le sabre et l’arc comme nuls autres ne le feront jamais, montent les chevaux que d’aucuns disent indomptables et, d’un geste, se font obéir par les hommes, que leur grande beauté et leur perfection martiale ont séduits. _ Le portrait que tu me fais d’eux est admirable, vizir, et je voudrais à l’instant les voir à ma fonction. Mais un seul d’entre eux saurait monter sur mon trône. Je choisis donc l’aîné, qui par l’âge acquiert les droits sur ses frères. _ Hélas, mon roi, Dieu, dans ses insondables desseins, a voulu que les trois naissent le même jour. Et d’une façon telle qu’il nous aurait été impossible de désigner parmi eux lequel hériterait de la primauté. _ Voilà qui complique les choses. Arrivé au terme de ma vie, je ne me suis pas encore lassé de l’aptitude du destin à soulever le sable et troubler notre vision là où la route semblait droite et sans embûche. Si aucun de tes fils ne saurait être l’aîné puisqu’ils le sont tous, mettons leur discernement à l’épreuve. » La semaine qui suivit, on apprêta trois caravanes dans le royaume, chargées de présents et de nourriture, ainsi que soixante esclaves parmi les mieux bâtis. Le premier des fils en prit la tête et le vizir, son père, lui remit deux lettres scellées, destinées à son frère, lui-même vizir d’un royaume voisin. Après un banquet en compagnie du sultan, le fils prit congé en direction du palais où son oncle officiait. Puis les choses reprirent leur cours et deux nouveaux assauts furent aisément repoussés. Un mois exactement après le départ du jeune homme, un messager du royaume voisin se présenta aux portes du palais, chargé d’une sinistre missive : le fils du vizir avait succombé, emporté par un mal mystérieux. Ce dernier en fut très attristé mais ne parut pas surpris. Dès le lendemain, on fit charger trois nouvelles caravanes et réunit soixante esclaves, et le second fils fut envoyé là où avait péri sous frère ; il fut pareillement chargé de deux lettres écrites par son père pour son oncle. Cette fois-ci, il s’écoula deux mois avant que l’on ne reçut de nouvelles. Finalement, passé ce délai, un autre messager vint à la rencontre du vizir lui annoncer le décès dans des circonstances inconnues de son second enfant. Il ne put contenir ses larmes mais ne se montra pas étonné de ce déchaînement d’évènements malheureux ; son visage présentait une triste résignation. Là encore, le même type d’attelage fut préparé et le dernier des fils prit congé, lui aussi chargé de deux nouvelles lettres. Le voyage dura six jours et autant de nuits. Charmé par la profusion des cadeaux, l’oncle réserva un accueil particulièrement chaleureux au jeune homme et le fit loger dans un appartement somptueux. A la lecture du message de son frère vizir, il eut un sourire tiède qu’il tenta de dissimuler, et fronça les sourcils. Mais rien n’échappait à la perspicacité du troisième fils, Sharr ad-Dîn, sans doute de sa fratrie maintenant diminuée le plus sagace. Intrigué, il n’en montra rien et le repas du soir fut très agréable. On fit même porter dans sa chambre un grand bol de miel et d’eau chaude qu’il but avec délectation. Le lendemain matin, son oncle lui fit savoir que, selon les instructions transmises par son père, il était chargé d’une mission particulière au sein du palais. On le conduit ainsi dans les couloirs du palais qui, sans en présenter le faste, était au moins aussi grand que celui où il avait vécu son enfance, jusqu’à une galerie peu large où ne semblait officier aucun garde. A son issue se trouvait une porte simple, taillée dans un bois modeste. Le vizir déroula alors la lettre et fit à Sharr ad-Dîn la lecture d’un passage qui lui était destiné : « Mon fils, tu sais que le sultan est en passe de quitter ce monde pour rejoindre Dieu, le Très-Haut, et que mes jours sont également comptés. Nous songeons tous deux à toi pour prendre la tête du royaume à sa suite; tu possèdes pour cela toutes les qualités nécessaires. Si je t’ai fait envoyer ici, comme tes frères avant toi, c’est pour mettre à l’épreuve ta capacité à t’occuper avec discernement des terres fertiles que nous confia l’Eternel. Cette porte représentera leurs frontières et tu devras la protéger avec le même soin que tu le ferais pour notre beau royaume. A compter de ce jour, tu en es le Gardien et, de jour comme de nuit, tu devras seul en répondre. On t’apportera tous les deux jours de quoi manger et boire ; le reste est de ton seul ressort. J’espère te voir à la hauteur de l’épreuve. » Puis le vizir prit congé, non sans conseiller au jeune homme de ne pas prendre cet exercice à la légère ; ses frères en avaient déjà payé le prix. Ainsi Sharr ad-Dîn devint le Gardien de la porte, symbole de l’accès à ses terres d’abondance. Il passa le premier jour et la première nuit éveillé, sur ses gardes, prêt à en découdre avec les éventuels assaillants qui avaient sans doute eu raison de ses frères, mais rien ne vint, et il maintint sa vigilance jusque tard la nuit suivante. Mais il savait qu’il ne pourrait pas se tenir éveillé éternellement et qu’il lui faudrait prendre du repos. L’économie de force lui sembla être une vertu primordiale de sa mission ; aussi décida-t-il de dormir par courtes périodes, d’un sommeil léger où le bruit le plus discret l’en extirperait. Néanmoins il ne pouvait garantir d’être à tout coup réveillé si d’aventure un maraudeur décidait de profiter de son assoupissement pour lui couper la gorge et accéder à la si précieuse porte. Heureusement, Sharr ad-Dîn savait quand il le fallait faire preuve d’une grande astuce ; il détacha de sa taille le foulard en soie qui lui tenait lieu de ceinture et s’en fit un turban qui, à défaut d’élégance, portait l’ombre sur ses yeux ; ainsi, il n’avait qu’à se tenir debout, appuyé au mur et le sabre en main, pour donner l’illusion floue de l’éveil alors même qu’il se plongeait dans un sommeil réparateur. Dix nouveaux jours et dix nouvelles nuits passèrent sans qu’un autre signe de vie que les serviteurs chargés de lui apporter de quoi se sustenter ne se présentât dans la galerie. De nombreuses questions lui venaient alors qu’il montait la garde devant la porte de bois ; quand saurait-t-il que sa mission prendrait fin ? Quel message contenait la seconde lettre portée à son oncle ? Comment ses frères, si consciencieux et rompus que lui au maniement du sabre, auraient-ils pu périr ? Et quand bien même, n’avait-on pas fait savoir que la cause de leur mort était inconnue ? À quoi devait-il lui-même s’attendre et que signifiait le sourire morne qu’avait affiché son oncle à sa venue ? Dix autres jours et dix autres nuits s’écoulèrent et personne d’autre que les serviteurs ne se montra. Sharr ad-Dîn n’en restait pas moins exemplaire et rigoureux dans son rôle de Gardien : il ne prenait que peu de repos, et toujours debout. Ses jambes commençaient à le faire souffrir, aussi faisait-il quelques courts exercices pour tonifier son corps, profitant généralement de la venue des serviteurs. Au fur et à mesure de sa réflexion, une question était venue éclipser toutes les autres : que cachait cette modeste porte, située si loin du centre du palais, où résidaient le sultan et le vizir, son oncle ? Certes, cela l’intriguait ; mais il en était le Gardien, et son père n’aurait sans doute pas voulu qu’à l’instar d’envahisseurs il s’y immisce lui-même. Encore quinze autres couples de jours et de nuits passèrent tandis que Sharr ad-Dîn montait la garde dans le couloir. La lumière du soleil lui manquait alors que l’année annonçait sa période la plus faste, envahissant le palais d’une douce tiédeur. Parfois du marché proche lui parvenaient les effluves des fruits et des épices qui y étaient vendus, le parfum sucré des dattes croquantes et les arômes piquants du poivre et du safran ; attendre alors la venue de ceux qui étaient chargés de lui amener son repas devenait un supplice ; il tenait bon, malgré tout, se révélant selon lui à la hauteur de l’épreuve où on l’avait conduit. Mais la question de savoir ce qui se trouvait derrière la porte de son futur royaume le taraudait de plus en plus. La nuit suivante, vaincu par la curiosité, il tourna le dos au corridor pour mieux observer le mécanisme d’ouverture, ou plutôt son absence apparente ; il avait en effet déjà noté que la surface de la porte ne présentait rien qui puisse ressembler à une poignée. En laissant aller ses doigts sur le bois, il découvrit en son milieu une fine embrasure par laquelle filtrait un peu de lumière venue de l’autre côté. Y glissant la pointe de son sabre, il fit apparaître un petit loquet, qui se souleva de bonne grâce, révélant une plaque d’un bois plus noir où avaient été gravées ces phrases : Ma mère m’enfanta en second, six ans après mon frère, quatre avant ma sœur. Cette femme a maintenant le double de l’âge de sa fille, et mon frère trente-cinq ans. Quel âge avais-je quand celle qui me mit au monde comptait deux fois plus d’années de vie que son premier fils ? Au bas de la plaque, Sharr ad-Dîn remarqua également cinq petits trous, dans lesquels on pouvait à peine glisser le doigt. Sur la droite de chacun d’eux avaient été gravés des nombres, allant de un à cinq. Il ne put rien apercevoir de la pièce située de l’autre côté lorsqu’il y plaça son œil. Résoudre l’énigme fut pour lui tout à fait aisé, car il excellait dans l’art de manipuler les chiffres ; mais la façon de communiquer sa réponse lui semblait bien plus obscure : aucun des cinq choix qu’on lui proposait ne semblait lui convenir. Ce n’est que le lendemain, après la visite des serviteurs que la solution lui apparut, aussi limpide que l’eau qui faisait l’opulence de son peuple. Il glissa deux doigts dans les trous prévus à cet effet après avoir libéré le loquet. Un cliquetis se fit nettement entendre, certes, mais la porte était réticente à toute tentative d’ouverture. Mais en tournant la tête, il aperçut une alcôve à sa droite dont l’apparition dissipa les craintes qu’il avait formées de s’être précipité dans sa réponse. Sa surprise fut complète quand il y découvrit un grand naja, amorphe, sans doute mort. Le sabre de Sharr ad-Dîn trancha ; et le jeune homme actionna le levier que cachait le corps du serpent ; la porte s’ouvrit. |
à suivre.... |
|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Dim 15 Mar - 19:58 | |
| | Citation: | L’intérieur de la pièce était quelconque, voire pauvre. Au centre se trouvait une table en ébène sur laquelle reposaient une petite jarre ainsi qu’un mot. Il reconnut l’une des lettres qu’il avait fait porter à son oncle, décachetée et disposée de façon à être parfaitement lisible par lui. Mon fils, si tu lis cette lettre, mon cœur est apaisé ; car cela signifie que tu es venu au bout de l’épreuve à laquelle le sultan, ton oncle et moi-même t’avons confronté. Bois le contenu de cette jarre et hâte-toi de revenir vers moi ; tu es amené à prendre la tête de notre royaume. Prends congé au plus vite. Ton oncle saura par ses serviteurs que tu l’as quitté pour nous rejoindre. Il obéit, avalant le contenu de la jarre, un liquide amer, puis repartant seul vers ses terres, à dos de cheval. Sans l’encombrante caravane, le trajet lui demanda seulement la journée. Les portes du palais lui furent ouvertes et il fut accueilli avec une joie mêlée de soulagement par le sultan et son père. Il voulut parler avec eux de son aventure mais on le força à garder le lit de longues heures car ses traits, bien que toujours frais et agréables, étaient marqués par le manque de sommeil. Le lendemain, alors que le soleil planait à son zénith au-dessus des terres bénies par le Très-Haut, on le convia à la table du sultan et le vizir, son père, lui exposa la nature des périples qu’il avait traversés. « Vous étiez trois, à mes yeux d’égale valeur, à être en mesure de revendiquer le trône. C’est pour cela que le sultan et moi vous avons imposés cette épreuve, l’épreuve du Gardien, afin que vous puissiez prouver la possession des talents nécessaires à la gouvernance de ces terres. Elle a pris place dans le palais du vizir mon frère afin de vous placer dans un environnement encore inconnu, où vos sens seraient en alerte. Vous avez grandi ici et étiez trop familiers des lieux pour que l’épreuve s’y déroule. _ Je ne comprends pas en quoi, en-dehors de cette simple énigme, mes sens ont pu être évalués, cher père. Aucun obstacle ne s’est dressé devant moi. Là où j’attendais des assaillants, je n’ai rencontré qu’un cadavre de serpent. De quoi mes frères sont-ils morts ? Le mécanisme de la porte était-il piégé ? Et même s’il l’était, je refuse de croire qu’avec l’aisance d’esprit dont ils faisaient montre, mes frères aient pu proposer une mauvaise réponse. _ Tu as sur ces points raison : le mécanisme était bien piégé ; et ce n’est pas à ça qu’ils ont succombé – que veille sur eux l’Eternel, mes fils chéris. Mais au poison. Au poison contenu dans les crocs d’un serpent pareil à celui que tu as rencontré pour le premier de tes frères ; au même poison que t’as fait boire ton oncle le soir où tu t’es présenté à lui pour le second. _ Il m’a empoisonné ? _ Oui, selon nos souhaits. Mais tu as bu le contrepoison contenu dans la jarre alors tes jours ne sont plus en danger. _ Pourquoi le serpent que j’ai rencontré était-il mort, lui ? _ Car à lui aussi du poison avait été administré, dans une dose plus concentré qu’à vous tous. Ainsi, c’est trente jours après ton arrivée exactement que la toxine a fait son œuvre et eut raison du serpent. Malheureusement pour lui, ton premier frère s’est avisé d’essayer d’ouvrir la porte avant ce délai écoulé. Que l’Eternel le garde. _ Et mon autre frère ? _ Il a malheureusement péri le cinquantième jour après son arrivée – mon pauvre fils, je n’aurais pensé te perdre, toi aussi ! C’est la durée à partir de laquelle le poison que vous avez ingurgité fait effet. Contrairement au premier de tes frères, trop sage, il ne s’est pas intéressé à la porte assez tôt et la toxine l’a emporté. _ Et pourquoi fallait-il impérativement ouvrir la porte entre le trentième et le cinquantième jour ? _ Nous nous sommes interrogés, avec ton père, pour déterminer les qualités que se devait d’avoir le régent de ce royaume, Gardien du monde arabe face aux invasions venues d’Asie. Il faut faire montre d’une extrême vigilance, être préparé à la surprise, réagir avec la vivacité d’un chat mais aussi savoir attendre, faire preuve de patience et ne jamais laisser sa garde lâche. L’erreur du premier de tes frères a été la curiosité ; trop vite il s’est laissé distraire de sa tâche et la sanction a été immédiate : un ennemi embusqué l’a mortellement atteint. Mais le régent doit être également celui qui veille sur son peuple, sait être à son écoute et participe de sa joie lorsque les jours sont fastes. L’erreur du second a été l’indifférence : les yeux fixés sur un ennemi qui jamais ne venait, il a perdu de vue ce qu’il défendait, il s’est éloigné de la porte, du symbole de ses terres et y est devenu étranger ; c’est alors de l’intérieur que vient le danger ; les proches conspirent et les populations se soulèvent. Quant à toi, tu as su respecter les priorités d’un Gardien juste : tu as protégé ton peuple dans un premier temps, puis tu t’es intéressé à lui dans un second, tu l’as compris et aimé. Ton père et moi avons instinctivement et de concert fixé ces durées, qui correspondent à celles de la prise de décision d’un monarque avisé. Pour ma part, je suis heureux de laisser prochainement ma place à un jeune homme si sage. _ Hé bien parle, mon fils, tu sembles bien songeur. Tu seras sultan ; cette nouvelle devrait te transpercer de bonheur. » Sharr ad-Dîn resta silencieux. Il acquiesça finalement avant de regagner ses appartements. Le nuit étendit sa chape sur les terres dorées du royaume et les croyants s’endormirent avec l’heureux soulagement de ne plus craindre la mort de celui qui asseyait leur prospérité, maintenant que le fils du vizir était revenu victorieux. Mais au matin, une rumeur se répandit dans le palais : le jeune homme avait disparu. On apporta à son père la lettre qu’il lui avait adressée avant de fuir. Commandeur des croyants, mon père, ne voyez pas d’offense dans mon départ précipité. Je ne veux seulement pas être le sultan d’un tel royaume, même si je réponds à vos dires de toutes les qualités dont il faudrait faire preuve. Je vous pensais à l’image de nos terres, riches et bénis par le Très-Haut, et je vous ai découvert adeptes de la machination et inconséquents. Je ne saurais dire s’il s’agissait d’une fierté lâche ou de la tentation irraisonnée de prévenir des querelles en faisant périr deux d’entre nous, mais je vous préfère de loin mes chers frères perdus, qui évoquent en vous un chagrin bien factice et dont vous avez châtié les prétendues curiosité et indifférence avec une démesure indigne de la sagesse dont vous vous prévalez. Je pars vers l’ouest rejoindre les caravanes de marchands et vivre ma vie en souhaitant que la fin de la votre soit heureuse. Au revoir. A la lecture de ces mots, le vizir s’effondra et on lui fit prendre le lit ; il mourut de sa tristesse le lendemain. Le vieux sultan, atterré par ces deux catastrophes, tomba à son tour malade et périt avant que de pouvoir désigner un successeur à son ami. Ses ministres, une fois le deuil consommé, s’engagèrent dans un conflit ouvert pour décider de celui qui devrait hériter de la régence. Une semaine plus tard, le royaume tombait aux mains des hordes venues d’Asie. Quant à Sharr ad-Dîn, il s’engagea sur une embarcation phénicienne à destination des grandes terres d’Europe. Mais je vois le soleil paraître ; je vous conterai la suite de ses péripéties la nuit prochaine. » |
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|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Dim 15 Mar - 20:05 | |
|  Plumo a rendu les armes devant UF avec le texte N°1 puisqu'il reçoit la note de 7,3/10 | Citation: |
J’ai des yeux pour voir et un crâne pour penser, non ? Et pourtant je suis seul, tout seul, à rien foutre de la journée. Plus de pensée, plus de troubles, plus de passion : le bonheur pour tous et pour peu ! C’est ça qu’il me faudrait. Malheureusement non : je pourris lentement et contemple ma propre décrépitude. Quelle poisse.
Et quel hôte ! Discret, pudique, silencieux ; en un mot : inexistant. Je suis seul mais je travaille pour un autre : douce scission, délicieux paradoxe. Voici mon office : je craque et je grogne. Oui, maugréer quelques injures soignées rompt parfois la monotonie du craquement de mes os. Ce gargouillement insolite m’accompagne tout au long de mes tours de garde : d’une rive à l’autre, je traverse sans cesse ce pont immense.
Un pont. Gris et brut, planté là comme une main qui s’accroche, reliant deux falaises qui n’aboutissent sur rien. Amusant à voir mais dur à décrire : rien. Les falaises donnent sur le vide, le pont débouche sur deux rives mais ces rives n’ont pas de plaines, pas de chemin. Autant se figurer deux immenses rideaux blancs jetés sur chaque rive, à chaque extrémité du pont, parfaitement lisses. Je me plais à les voir comme deux êtres à part entière. Après s’être entêté à creuser griffes et ongles un fossé béant, après avoir jeté sur leur histoire un voile offensé, les voilà qui cherchent maintenant à se rejoindre. Deux anciens amants.
Et moi, poteau resplendissant, lampadaire majestueux, vieille croûte engourdie, je marche. Mon Dieu mais quel con ! Enfin je n’y peux rien. Me voilà debout au milieu de cette arche de pierre à attendre sans même pouvoir rêver. Pourquoi ? Parce que je côtoie sans cesse des rêves. En attendant quoi ? Un rêve justement. Je me comprends.
Ca ne devrait plus tarder d’ailleurs. Une brume légère se pose doucement sur les rambardes du pont et coule du bord des falaises. Elle voltige en tous sens, indécise. Peu à peu cependant la voilà qui emplit l’air de sa présence impalpable. Je craque ; une allumette cette fois. J’allume ma vieille lanterne ; c’est d’un cliché ! Mon hôte manque parfois d’imagination. Hôte, c’est intriguant comme mot n’est-ce pas ? Bah ! J’en ai pas d’autres pour qualifier ce grand machin, ce pont et ces rideaux étranges, cette brume : tout cela est un tout qui fait partie d’un Hôte. Je me contente de ça.
Un des deux rideaux commence à s’assombrir. Sa teinte perd de son brillant, il se grise, s’éteint peu à peu. Le voici parfaitement sombre désormais. Au contraire, l’autre rideau, cette immense façade qui se dresse sur la rive opposée prend les tons les plus éclatants : pourpre, fuschia, magenta. La nuit tombe autour de moi, troublée par ma seule lanterne et la pale lueur qui se dégage de cette incroyable peinture. Le pont, les deux Rideaux, l’un éteint et l’autre éclatant, la nuit : l’Hôte dort maintenant.
Un rire ! Quelque chose est sortie du rideau lumineux. J’avance lentement, prenant garde à ne pas manquer l’intrus. Le rire se rapproche : aigu, joyeux. A la lueur de ma lanterne se dessine peu à peu la silhouette d’un enfant. Tandis qu’il passe auprès de moi, je le toise attentivement : rien d’anormal. Un simple souvenir. Il s’enfonce dans la brume et son rire finit par disparaître.
Je fais un tri. Non, tout le monde ne passe pas. Ces visiteurs improbables en ce lieu impossible sont autant de touristes. Or vous êtes au poste des douanes de l’Hôte et j’en suis le gardien. D’un côté le rideau pétant des teintes les plus incroyables d’où sortent ces énergumènes aux formes les plus diverses. De l’autre, le Rideau noir, leur objectif. Entre, une traversée à accomplir, un pont à franchir, et un gardien à passer. C’est moi !
Un murmure ! Là, tout près, j’ai entendu glousser. Je balance ma lanterne dans tous les sens, renifle, jure un coup puis me fige. Où est-il le bougre ? Ah ! Ca a gloussé derrière moi. Ca glousse en grave et ça piaffe dans les aigus : un couple ! Mais non, c’est pire encore : j’entends une voix de ténor prononcer doucement quelques mots. Un trio de deux hommes et une femme se pavane nu sur mon pont. Ils discutent discrètement et se lancent des regards entendus, de l’air que l’on emprunte pour partager un secret. Je les accompagne, les examine, les touche : rien de louche dans leur carcasse. Néanmoins ces confidences, cette nudité, ce chiffre impair...C’est un fantasme ! Tout concorde : le partage de l’intimité par le secret et la nudité, le trio. Et bien en ce cas, passez messieurs dames, vous êtes un fantasme en règle.
Le silence et l’ordre reviennent sur mon pont. En dépit de cette solitude, j’ai toujours aimé cet instant. Cette façade éclatante qui projette son brillant sur la brume, ce pont gris qui se noircit au fur et à mesure qu’il se rapproche de l’immense rideau noir. Et puis moi, au milieu, seule tâche de couleur improbable dans cette succession de tons.
Un claquement. Régulier, identique : des talons de femme. Ce clapotis sensuel se rapproche sans jamais s’altérer. Un rouge vif tranche dans la brume, une robe aguicheuse s’offre à mes yeux : courte, provocante. J’entends presque les saxophones rythmer le mouvement de ses hanches. Une épaisse mèche brune recouvre son œil gauche. Doucement, sans interrompre sa marche, je soulève ses cheveux bouclés. Un œil torve et rouge me fixe. La beauté frappée par cette balafre.
Tu n’es pas un souvenir ou un fantasme. T’es une tueuse. Au premier regard, tu es une belle femme, probablement un fantasme ou un agréable souvenir ; que du bonheur. Mais après, quand notre regard s’éloigne ? Quand il finit par retomber sur notre propre corps ? Et s’il n’était pas aussi parfait que le tien? Alors on se méprise, on se déteste. Cet œil, cette laideur dévoilée par nos propres doigts, c’est le rappel de notre infériorité. Certains dépassent leurs propres handicaps, d’autres non. Mon Hôte ne les dépasse pas, il est trop fragile. Il ne faut pas que tu franchisses le rideau noir, que tu apparaisses à son esprit. Tu dois rester là.
Quel gâchis. Je la soulève et lentement m’approche de la rambarde ; elle ne proteste pas mais me regarde d’un air surpris. Je la lâche dans le vide. Très vite cette petite chose rouge se fond dans l’obscurité du précipice. Je déteste ça. Heureusement qu’ils ne crient pas quand je les lance.
C’est pour l’Hôte que je fais tout ça ! Si elle avait traversé le Rideau noir, si elle était parvenue à rejoindre la conscience de l’Hôte ! Il est fragile, il n’aurait pas résisté. A trop se mépriser il en serait venu à se faire du mal. Il vaut mieux que tu restes là petite femme, oubliée de tous, confortablement cachée dans les méandres de l’inconscient de l’Hôte. Tu ne parviendras jamais à sa conscience. Il ne faut pas.
Un rire. Encore un rire...Mais si loin ! Une femme. Elle doit être à peine sortie du premier rideau. Non : le bruit vient de l’autre côté du pont. Identique à l’autre. La même robe, le même visage et surtout le même œil. Une jumelle. Je cours pour l’attraper à temps. Elle soulève un pan du Rideau noir.
-Attends ! Fais pas ça !
Elle se retourne et me fait un clin d’œil, un clin d’œil rouge et torve. Plus vite ! Elle traverse. Plus vite ! Elle a traversée. Traversée. Non.
Une lumière aveuglante explose du Rideau qui se referme sur son passage. Il n’est plus noir mais blanc. Blanc, illuminé, réveillé. Et l’autre Rideau est toujours pourpre. La brume s’enfuit immédiatement. Quelque chose gronde au loin puis peu à peu, les deux falaises se rapprochent l’une de l’autre tandis que mon pont rétrécit avec elles. L’hôte a pris conscience.
Pris conscience des pulsions qui se cachaient en lui et que moi, gardien, je réprimais. Pris conscience de ses vices, de sa jalousie, de sa laideur, de son infériorité, de ce que contenait en elle l’image de cette femme. L’Hôte pleure. La beauté de cette femme, cet œil torve : il a fait un bien étrange rêve cette nuit. Il se sent laid, inutile. Se frappe. Avec chaque coup qu’il s’inflige disparaît une dalle supplémentaire de cette arche de pierre sur laquelle je me tiens. A force de blessures le vaste pont n’est plus qu’une petite chose minuscule.
D’autres pulsions, fantasmes et rêves sortent à présent en courant de son inconscient ; l’Hôte se fait tant de mal, il leur suffit d’un saut pour traverser le Rideau et exploser à l’esprit de l’hôte. Des centaines de femmes en robe rouge et à l’œil torve. Mais le gardien qui supprimait les fantasmes qui t’auraient conduit à te faire du mal est vieux maintenant. Je peux plus courir pour toutes les attraper. Sans gardien, toutes les conneries déblatérées par ton inconscient t’explosent à l’esprit, c’est à toi de faire le tri tout seul.
Aveuglé, piétiné, épuisé, je m’écroule contre la rambarde. Je peux plus rien pour toi, mon Hôte. Je crois que tu vas y passer: t’as jamais été fort, t’as jamais su résister. Un petit dépressif sans raison de vivre ça tient pas long feu contre des pensées comme ça. J’étais là, je couvrais tes arrières la nuit quand tu dormais. Je te laissais tes rêves, tes fantasmes, tes pulsions ; je rejetais simplement celles qui t’auraient fait du mal. Tu n’avais même pas idée que j’existais ! Vaguement quelques soupçons parfois avant de sombrer dans le sommeil. Mais voilà, je suis vieux maintenant. Je me suis fait avoir. Elle était belle et si humaine : imparfaite mais touchante, complexe. J’ai été con.
Les deux rideaux se touchent presque, je peux les sentir en tendant mes bras. Je suis au milieu moi ! Je peux pas m’enfuir ! Allez mon hôte, résiste ! Te tues pas bêtement comme ça ! Les rideaux me pressent ! Tu ne peux pas crever comme ça !
Si ?
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URANIUM FUCHSIA GARDE DONC LE TROPHEE VOLTAIRE. Qui sera assez habile pour le lui retirer ? |
|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Lun 1 Juin - 20:19 | |
| CASSIOPEE A DEFIE URANIUM FUCHSIA EN DUEL POUR S'EMPARER DU TROPHÉE VOLTAIRE

Ils devaient écrire un texte sur le thème des défis intérieurs de l’homme qui ne se reconnaît pas dans la société qui l’entoure. Ils avaient pour contrainte d’écrire un slam ou un rap.
URANIUM FUCHSIA a remporté ce duel haut la main avec la note de 8/10 pour le texte 2| Citation: | LE POUVOIR DE L'ŒUF
MC GOMORRHE [feat. Masta Bouiboui]
Admire ce style / j'suis un ptérodactyle surplombant la masse / de c'peuple à la ramasse. Déjà tout p'tit / toi, tu jouais à la toupie t'étais fasciné par une biscotte / moi j'finissais Artistote.
"Les enfants, plus tard que voulez-vous faire ?" Toi cow-boy, pour aligner les Cheyennes toi policier, pour leur excroissance pénienne. Laura dira esthéticienne / elle s'ra péripatéticienne. Moi j'voulais êt' maît'-chocolatier Lindt / ou bien péter de classe comme Clint.
Pourquoi la liste des personnalités préférées des Français colle crâne pour crâne à mon top ten des types à tuer ? J't'ai débusqué l'duo Dubosc-Cauet / c'est pas bien ? Patrick Sébastien, Aznavour, David Douillet Gregory Lemarchal > marche à l'ombre > Lumbroso > drosophile > philatélie Las, t'es libre de tes centres d'intérêt / j'suis libre de vomir mon désintérêt en une putain de flaque / dégoulinante, opaque et ainsi profane le cimetière / d'ton encéphale, une termitière. Tes simulacres de subversion / je les ai en aversion Michael Moore, tell'ment lourd / j'préfère compter en demi-Moore.
Si tu veux, rentrons dans c'thème / énumérons ces choses que t'aimes qui font qu'à chaque matin, toujours / tu es heureux de voir le jour sans rabat-joie, sans abat-jour sans oiseau de mauvais augure / dont la procession j'inaugure. [Même si c'est sûr que dans ta liste / je risque pas de trouver Liszt.] Et comme je suis de bonne humeur / f'sons comme si j'y avais pas lu Hummer.
C'est comme ton écran plasma / qu'un ectoplasme a [englouti] tu n'te fies qu'au JT / jamais on n'te fit cogiter. De la justice, le glaive ment / lors des alertes enlèvements comme si ça primait vraiment / d'retrouver le p'tit Clément certes p't'êt' un futur défunt / mais des millions clamsent de faim. [On est gentil] on leur dédie... trente secondes à la fin l'honneur est sauf enfin / sauf au JT d'TF1. "Je vous invite à un détour en Charente / c'est une région vraiment charmante Amédée, un artisan que tous affectionnent / des santons en toile de jute confectionne." Savoir-faire, ruralité / savoir plaire aux culs crottés. L'indécence a outrepassé les bordures le Jean-Pierre Pernau-ël est un ordure.
C'est pas à la rubrique people / qu'on va t'parler boat-people ["Quand va-t'y qu'on botte Pi, Paul et les aut' papes du Vatican ?" interroge Benoît benoîtement Benoît Seize-soixante-quat' / l'année dont ses idées datent.] VOICI ce que l'on ne te montre pas / car c'est pas d'intérêt PUBLIC Prélèvement d'organe sur lectrices de GALA / celles dont le cerveau abdique. Dès que j'suis l'CSA, j'autorise le LSD / interdis le VSD classe X Plus Belle la Vie en DVD. Entre PARIS MATCH et les matchs de Paris, c'est le même néant : le Néanderthal [l'jambon Herta] faut aimer ceux qui débutent / faut aimer pas voir des buts.
Allez, Masta Bouiboui, maint'nant fais le RNB !
Règne de l'immonde Qui tient les rênes du monde ? Beaucoup de Blancs Un peu de Jaunes Le Pouvoir de l'Œuf Le Pouvoir de l'Œuf Le reste à l'ombre À Guantanamo, à Fleury À l'ombre de l'Œuf Peu de cœurs ont fleuri.
Règne de l'immonde Qui tient les rênes du monde ? Beaucoup de Blancs Un peu de Jaunes Le Pouvoir de l'Œuf Le Pouvoir de l'Œuf Le reste à l'ombre À Guantanamo, à Fleury À l'ombre de l'Œuf Peu de cœurs ont fleuri.
Le reste à l'ombre À Guantanamo, à Fleury À l'ombre de l'Œuf Dans le mouroir des veufs Dans le miroir des meufs Peu de cœurs ont fleuri.
"Flash spécial / crash bestial un sept-quat'-sept s'abîme au large du Mexique." La correcte politique nécessite un lexique [car] quand un avion s'abîme en mer / les familles s'habillent en noir pas un peu d'tôle froissée / mais beaucoup d'os brisés. "Pas de victime française à déplorer" on prend ça à l'aise, on va pas pleurer / trois Panaméens, deux ressortissants d'l'Érythrée sont sauf les frenchies / donc l'honneur aussi [sauf que...] toi-même tu sais / sans chercher à ruser qu'à la vie des citoyens d'Angola / tu préfères celle de ton angora.
Le Talion est une invention de sauvages / on y préfère la disproportions des ravages nous, Occidentaux, nous accordons tacitement c'est visage pour œil et mâchoire pour dent. À l'Intifada répondent les bombardements au World Trade Center répondent les bombardements au Saddam Hussein (??)... répondent les bombardements [et 'reusement que l'bagnard Chirac nous épargna l'Irak]. Toi qui milites pour la paix / tes vœux seront exaucés tu repos'ras en paix / après un missile Exocet Comment reconnaît-on un pays civilisé ? Mais en faisant les comptes des civils visés ! Légitime est la défense / légitimer la défonce. Pas d'remords / pas trop d'morts enfin pas trop d'nôt' côté / s'dilue la responsabilité. Dans mes rues, la Honda Civic / a remplacé la conscience civique.
L'pire c'est qu'c't'état d'fait frise l'consensus [ramène des Mr Freeze, qu'on s'en suce]. Mr Freeze, c'gars dans un train d'atterrissage découvert / et de plaques de givre recouvert un Beur aux ardeurs refroidies / par la mauvaise cuisine Sarkozy. Qu'ils prenne exemple sur Hortefeux / cador teufeur toujours à l'heure / pour ses expéditions / sans cesse en ébullition un grand cramé / un grand brûlé au moins au troisième degré / j'dis ça sans deuxième degré.
Valérie Pécresse / sent comme l'odeur de la vieillesse Bernard met la clé sous la porte / au nabot ses chaussons apporte. Autant en emporte l'OTAN / au temps du nain omnipotent. Culture de la richesse et richesse de l'inculture sont les deux mamelles / du système Albanel. J'arrête là mon name-dropping / même si j'ai pas pu caser Droopy d't'façon ça m'coûterait trop d'roupies / à cause du droit à la copie.
Comme j'dis j'suis pas français / j'suis francophone j'suis pas français / t'es xénophobe. Boutin-les hors de France / ces pas-comme-nous aux idées rances. [Sidérant comme le vide intersidéral envahit insidieusement les interstices de ton idéal.] La malaria, voilà qui sonne exotique / c'est sûr que t'es plus branché domotique désolé d'avoir à juguler ton entrain / car c'est ni plus ni moins que se vider par le train. "Dégueu" dis-tu d'un ton fade / "Dégueu", c'est aussi l'avis des malades [n'en faisons pas une maladie.]
Assez pour aujourd'hui d'exotisme / à moins peut-être d'y mêler l'érotisme Rama passe justement à la télé / et le cadreur est pour une fois assez zélé. Oh Rama / quel panorama ! J'm'assoupis en un songe X / et nous rejoint Panoramix. Yade, y'a des fois, j'me dis qu'en bouche c'est plus la langue de bois / mais l'catalogue Ikéa. |
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|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Lun 1 Juin - 20:31 | |
| Cassiopée s'est pourtant bien défendue avec une moyenne de 7,5/10 pour le texte n°1| Citation: | Pas d’éloge’, pas d’refuge’ Tu m’jauges’, tu m’juges’
J’ suis pas un mec trop beau j’peux m’prend’ que des râteaux j’suis just’ un cachalot J’veux pas me jeter à l’eau J’pataug’ dans la gadoue j’suis presq’ toujours à bout J’ai rien à glander d’ vous alors j’bouff’ frit’-ragout
Pas d’éloge’, pas d’refuge’ Tu m’jauges’, tu m’juges’
S’ils sont tous hystériqu’ j’ai choisi d’êt’ laxist’ je suis l’dodu fumist’ de c’mond’ beaucoup trop trist’ Ma place’ est plus nul’ part j’suis dev’nu gros zonnard J’support’ pas tous ces r’gards de tous ces sal’ connards
Pas d’éloge’, pas d’refuge’ Tu m’jauges’, tu m’juges’
J’m prélass’ dans ma crass’ j’vis comme un dégueulass’ com’ j’ai pu qu’ mes godass’ j’peux leur faire des grimac’ J’préfèr’ viv’ comme un nul M’emmitoufl’ dans mon pull Fum’ du shit, fais des bull’ mêm’ que j’ai des émul’
Pas d’éloge’, pas d’refuge’ Tu m’jauges’, tu m’juges’
Donn’ la daub’ hey man ou j’lâch’ mon doberman j’peux pu m’passer d’ma cam que j’fum’ avec des nans je vis d’la charité j’niq’ mon intégrité presque tout l’ temps cuité, con. drôle d’identité
Pas d’éloge’, pas d’refuge’ Tu m’jauges’, tu m’juges’
J’voudrais qu’on m’fil’ du cash Pour qu’j’puiss’fumer mon hasch Mais c’est sur moi qu’on crach’ Viv’ment le prochain crash Je s’rai toujours tout seul Car tous les gens m’en veul’ Alors j’me bourr’ la gueul’ c’est sur eux qu’j’dégueul’
Pas d’éloge’, pas d’refuge’ Tu m’jauges’, tu m’juges’
Pas d’éloge’, pas d’refuge’ Tu m’jauges’, tu m’juges’
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Qui viendra, à présent, défier le monumental URANIUM FUCHSIA ?
|
|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Sam 13 Fév - 20:05 | |
| AILLAS A DEFIE UNFRESH FISH EN DUEL POUR S'EMPARER DU TROPHÉE VOLTAIRE

Thèmatique : La plaidoirie du guerrier, quel qu'il soit, face aux dommages collatéraux qu'il cause lors de la poursuite de son but ultime.
Contrainte : Utilisation des mots suivants :
- Génuflexion
- Polichinelle
- Hégire
- Pavot
- Cérumen
- Nonobstant
UNFRESH FISH n’a pas souhaité se présenter pour ce duel. Il abandonne donc le trophée qui vient entre les mains d’AILLAS.
AILLAS avait écrit le texte suivant pour le combattre | Citation: | Si j'ai tué ces familles ? Oui. Oui, c'est moi qui les ai tuées. Du remord ou de la mauvaise conscience ? Non.
Il est vrai que ces actions peuvent sembler horribles, cruelles, monstrueuses même. Et j'en comprends d'ailleurs la nécessité de me retrouver face à vous pour me justifier. Je pense m'y être préparé depuis ce jour, je crois pouvoir vous convaincre de la bonne foi de mes actes. Enfin, si vous m'accordez le temps de m'exprimer bien entendu. Je peux ? Oui ? Merci beaucoup. Que je rappelle les faits ? D'accord.
Je participais alors à la croisade contre les infidèles, nous étions en route pour Jérusalem. Je ne me souviens pas de tout exactement mais ce dont je me rappelle c'est le froid, l'humidité et le goût acide de l'eau des tonneaux de cale. Nous nous étions arrêtés près de Venise pour nous ravitailler et réparer les navires, à peine partis nous étions déjà en panne de tout. Pas d'argent, pas de vivres, pas de vin. Bref, nous avons été autorisés à piller.
C'était assez grisant, je dois l'admettre, nous étions nombreux à descendre à terre afin de remplir les soutes des vaisseaux. Je crois même que certains ne sont jamais remontés à bord afin de rester sur place et monter leur propre affaire. Évidemment, comme je n'ai pas eu de nouvelles de ceux-là, je ne pourrais pas vous en dire davantage sur eux. Toujours est-il qu'un village nous a un peu résisté et que nous l'avons mis à feu et à sang. C'était juste avant la fin des pillages, on savait qu'on ne pourrait pas le refaire avant l'arrivée en Terre Sainte, du coup on en a profité. C'était comme un pot de départ, en quelque sorte.
Le pourquoi de l'action ? Au delà du pillage ?
Et bien je suis persuadé qu'il faille ce type de comportement pour permettre l'émulation des mœurs. Ces victimes sont nécessaires à l'évolution de la morale, c'est un peu le poison qui oblige l'antidote. J'aime assez ce rôle. Les victimes, dans un ordre général, sont synonymes de progrès, plus les victimes sont nombreuses plus il y a possibilités de faire avancer le système dans le sens de la justice. Sans les victimes nous n'arriverions à rien puisqu'il n'y aurait pas de volonté de changer les choses. Je confesse préférer le pavot au pavois, l'un force à compenser et à travailler son corps pour en surpasser les effets tandis que l'autre ramolli et tend à concentrer l'esprit sur une protection toute relative. Depuis toujours le monde des hommes n'a de sens que par la réactivité, à la défense, à l'évolution et donc au progrès. Les éléments perturbateurs sont donc générateurs d'avancées sociales, juridiques, économiques et morales, ce que rien ne saurait remplacer, nonobstant l'effet passablement destructeur qu'ils puissent avoir.
Certainement, en réalité, sous l'hégire des promoteurs du bien, les actions entreprises comme ce massacre le sont à des fins thérapeutiques, afin de soigner les provinces d'un certain laxisme et pour rappeler efficacement la marche à ne pas suivre. C'est en quelque sorte le secret de Polichinelle de l'humanité, chacun sait pertinemment qu'il ait besoin de ces coups de butoir et pourtant les gens ne se résolvent pas à l'exprimer, ils se bornent à contempler le cérumen dans l'oreille de leur voisin et prient qu'il y reste aussi longtemps que possible. Au delà de le dire, nous l'avons exaucé, ce qui me prouve que nous n'étions pas dans l'erreur.
Ce que je fais des victimes ?
Dans mon idée, ce sont les héros de notre temps. C'est parce qu'on chérissait leur nom ou qu'ils nous étaient importants qu'on en vient à réagir par rapport à leur triste situation. Malgré eux, les victimes sont les citoyens les plus remarquables des sociétés, leurs fondations. Les martyrs n'ont pas à faire de nombreuses courbettes et génuflexions pour imposer le changement, ils pâtissent, certes, des troubles que nous causons mais sont les acteurs principaux de l'évolution humaine. Les alentours de Venise n'ont jamais été aussi bien gardés et les croisés n'ont jamais été aussi avertis sur leur mission que depuis ces jours de pillage.
J'ai une certaine honte quant à ceux qui déshonorent leurs victimes une fois le travail accompli. Généralement, j'essaie de manifester de l'admiration pour mes victimes, car grâce à elles, beaucoup de gens bénéficieront des leçons du bien. J'aurais aimé qu'elles comprennent ça.
Si j'ai fini ? Oui, je pense. |
QUI DEFIERA AILLAS MAINTENANT ? |
|  | | Cassiopée Maudit Compère


Nombre de messages: 5651 Age: 54 Localisation: Les pieds sous l'eau, la tête au delà des étoiles. Date d'inscription: 05/01/2008
 | Sujet: Re: [Essais, récits satiriques, pamphlets…] TROPHEE VOLTAIRE Mer 15 Déc - 18:11 | |
| GREEN PARTIZAN DEFIE ALLIAS TAUNTE EN DUEL POUR S'EMPARER DU TROPHÉE VOLTAIRE

Ils devaient écrire un texte sur le "Du symbole phallique d'une thermos™". Ils avaient pour contrainte : de convaincre l'assistance de cette symbolique.
GREEN PARTIZAN est VAINQUEUR DU DUEL grâce au texte N°2 avec la note de 8/10 | Citation: | Il trône, son corps d'athlète grec en totale érection. Sa semence brûlante ne demande qu'à se déverser dans une coupe amie.
Thermos.
La chaleur, la puissance, la virilité. Il est une âme de cristal dans un corps d'acier. Sa force est louée dans le monde entier, et il n'est pas une buveuse de thé ou de café qui ne le désire pas, afin que partout où ses pas la mène, elle puisse être pénétrée par les délices du liquide qu'il enveloppe.
Thermos.
L'érotisme, le sexe, le phallus, incarnés dans un corps sculpté dans la silice. La symbolique mâle irradiant à travers d'enivrantes volutes de vapeur. Le délice de l'eau bouillante s'insinuant par tous les pores de la peau, le coup de fouet de la caféine saturant tous les nerfs. La stimulation sexuelle quasi-absolue.
Thermos.
Par tous les temps, toutes les saisons, sous la neige ou sous le zénith ardent, il ne craint rien, il ne craint personne. Ni le blizzard ni le sirocco ne peuvent le courber, briser sa position érectile. C'est une entité tenace, qui ne cède pas un degré au froid ou à la chaleur. Jamais transi, jamais brûlé.
Thermos.
Un cri s'échappe de sa bouche, un hurlement de jouissance furieuse : « Prends-moi ! »
|
AILLAS TAUNTE a PERDU avec le texte N°1 qui a reçu la note de 7/10
| Citation: | Il est dit que seuls deux choses motivent l'Homme : le pouvoir et le sexe. Seulement, cette affirmation devient caduque à partir du moment où l'on pose la question suivante : A quoi sert le pouvoir ? En effet, il est aisé de constater que le pouvoir n'a d'autre utilité que de permettre l'acquisition et la perfection du sexe. L'acquisition afin de jouir sans la peur du manque et la perfection par la correction du corps via la chirurgie, la diététique ou les atours. Ainsi, le monde n'est régit que par une seule loi ; celle du sexe, la doxa genita.
Laissez-moi vous convaincre de cela en utilisant pour objet d'étude quelque chose du quotidien, comme une bouteille thermos. Je ne compte pas faire de chute mémorable dans laquelle on se rend compte qu'au final même ce simple objet renvoie à l'appendice phallique ; car c'est le cas et je ne compte pas tourner autour du pot. La bouteille thermos est apparue suite à l'utilisation pour le grand public d'une invention de James Dewar : le vase de Dewar. Le principe est simple, il s'agit d'une bouteille disposant de deux surfaces différentes, la surface intérieure et la surface extérieure, séparées d'une épaisseur d'isolant permettant au contenu de la bouteille de conserver sa température via la diminution drastique des radiations caloriques.
La bouteille est déjà en elle-même un symbole phallique, ne serait-ce que par sa forme composée d'un tronc et d'un goulot : phalloïde. Les hommes et les femmes désœuvrés savent de quoi il est question. Mais le phallisme se retrouve aussi dans son concept. En Mésopotamie et en Inde, le symbole sexuel, ou encore de la fécondité, est souvent illustré par le caducée, deux serpents enroulés autour d'un phallus, mais aussi par un vase dont jailli de l'eau. Voilà notre fameuse bouteille, apportant l'eau nécessaire à la vie, tout comme la semence de l'homme. La similitude pousse d'ailleurs même jusqu'à mélanger la sémantique : le phallus va donner sa semence à la femme qui va engendrer la vie, de la même façon que l'eau du vase arroser la terre fertile afin d'assurer une récolte.
Mais on peut aller encore plus loin dans le symbolisme. En effet, là où le phallus est l'acteur du coït, acte constituant au retour de l'homme dans la matrice primordiale, la bouteille est la prison de l'eau qui n'aspire qu'à retourner dans sa propre matrice à laquelle l'Homme l'a arraché : la Terre. De nombreux messieurs de la tête ont ce postulat sur la symbolique phallique, la bouteille cadre avec une grande rigueur, comme dans une cellule spécialement conçue pour elle, comme si l'objet n'était qu'un mimétisme de l'homme sur l'Homme et non une invention.
Pour ce qui est du côté thermos, la relation est simple. La chaleur est l'une des choses qui permet ou ne permet pas la vie, le froid l'endigue, le tiède l'engendre et le chaud la détruit. La bouteille thermos permet à sa « semence » de garder sa température originelle, celle qui était sienne à son entrée dans sa matrice. Schéma que l'on pourra retrouver avec le principe des testicules qui gardent à la température adéquat la semence de l'homme. La bouteille thermos est donc à la fois l'appendice phallique et les appendices satellites.
Vous ne boirez plus votre café de la même façon. J'aimerais savoir quel effet ça vous fait de regarder votre tasse et de vous dire que vous buvez le liquide qui sort du phallus métallique posé sur votre table. |
Qui défiera Green Partizan à présent ?
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