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 Trois petits Coups

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Sanz
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MessageSujet: Trois petits Coups   Lun 15 Déc - 10:52

Trois petits cris dans le cœur
Souvenirs légers et tendres
Nuit solitaire de Décembre
Neige et froid sans couleurs.


Il marche, suivant les pas d'une inconnue. Il ne sait pas où aller. Il sait juste qu'il doit aller. Elle est partie si tôt, si vite, si loin !! Dans la neige il croit que ce sont ses pas, parce que les inconnues se ressemblent toutes.

Il la voit encore, attendant le bus, appuyée contre le lampadaire. Elle compte sa monnaie, elle cherche l'exactitude. Elle ne trouvera pas et elle soupirera. Elle montera dans le bus, s'excusera, et s'en ira traverser la ville pour aller ailleurs, loin du regard qui la suit dans l'ombre. Je ne sais pas où elle va et je n'ai jamais osé la suivre se murmure t'il souvent quand trop las de suivre des pas qui ne le mènent nulle part il va dans un café de la grande avenue et s'assoit, triste et rêveur.

Là, il marche encore, imaginant à chaque trace qu'il suit qu'il retrouvera l'inconnue. Ses yeux noirs et usés brillent de l'éclat des gens qui ne font que chercher et qui ne trouvent jamais. Quelle étrange lumière ont ces yeux là.... . C'est comme de la lumière corrompue par l'ombre, vacillant encore avec langueur ; de la lumière plus noire que l'ombre, et qui tremble au rythme des rêves. Il a passé la longue avenue. Il hésite, il est déjà tard, il continue. Sa sœur l'attend chez lui, devant la porte, glacée et impatiente. Mais il n'a pas fini de chasser son inconnue. Il se sent assez fort pour continuer.

Le vent est froid, mais il ne le sent pas. Il passe une allée sombre, qui s'enfonce dans la pénombre. Les yeux brûlés par les pas qu'il suit. Des rôdeurs le frôlent, il ne les voit pas. Il irait en enfer par ces chemins tortueux qu'il ne sentirait pas le feu lui lécher la peau et les cris des suppliciés venir lui ronger le cœur. Il suit sa quête et le monde autour vient de s'effacer dans son âme. Il a désappris le monde, pour en apprendre un nouveau. Celui qui va de trace en trace vers son inconnue.

Il est arrivé au bout de l'allée. Une impasse. Il regarde l'abîme où sont venus se perdre les pas de son inconnue. Une grande demeure. Il y a des ombres qui passent devant les fenêtres éclairées. Il aurait aimé voir son inconnue. Il l'aurait reconnu, assurément. Mais elle n'est pas là, elle n'est jamais là où il va. Chaque fois le bus l'emporte et il doit se contenter de suivre des pas qui pourraient être les siens. Il le sait. Pourtant il a cherché encore une fois. C'est peut être inutile, mais il le fait quand même.

Le froid le reprend, il doit rentrer, sa sœur l'attend. Il regarde une dernière fois les personnages qui s'agitent aux fenêtres. Peut être qu'un jour il suivra les bons pas.

Pour rentrer il passe par le port. Il regarde les bateaux sans voiles dormir, ignorant de leur mâts qui s'entrechoquent, sur l'eau tourmentée. Sa sœur doit l'attendre depuis une heure au moins. Si elle sait qu'il encore allé chercher son impossible, elle le disputera. Mais il est bientôt rentré. Son appartement est après le port, à gauche. Des enfants jouent avec les mouettes. Des enfants qui rient et qui s'amusent. Il se souvient de ce petit frère qu'il n'a jamais connu, silencieux dans les mains de sa mère. Du silence des morts. C'était Noël, on avait peut être voulu lui offrir à sa naissance un joli cadeau. Mais ce n'était pas pour lui.

Il est arrivé, sa sœur doit l'attendre dans l'escalier, en train de lire un livre. La porte claque, il fait chaud dans le hall. Il n'allume pas la lumière, il préfère la nuit. Il monte l'escalier. Trois étages, où chaque marche gémit doucement sous ses pas. Des gens descendent, il est obligé de se plaquer au mur. Comme si on ne voulait pas que je rentre pensa t-il. Pensées futiles qu'il accueille avec un sourire. Encore dix marches. Il est fatigué. Il est au pallier. Il cherche ses clefs, il ne les trouve pas, il se souvient de sa remarque. Sa sœur n'est pas devant la porte ou en train de lire un livre. Il l'avait oubliée, une pensée l'avait jetée hors de son âme, il ne retrouve pas ses clefs. Il regarde autour de lui. Peut être a-t-elle demandé à la concierge le double des clefs pour rentrer. Il fait si froid, il est rentré si tard ! Il a pensé faire la même chose mais finalement il trouve ses clefs. Il l'insère dans la serrure mais à peine a-t-il touché la porte qu'elle s'ouvre. Il n'est pas surpris, sa sœur a du mal claquer la porte. Il rentre, referme la porte. Les fenêtres sont ouvertes et la neige a envahi le salon. Elle n'a pas refermé les fenêtres, et elle n'est pas dans le salon. Il pose les clefs sur la commode, se défait de son manteau. Il est las. Il va dans sa chambre et trouve sa sœur étendue dans son lit. Elle dort, bercée par l'horloge qui sonne infatigablement ses heures. Elle dort dans une mare noire et ridée. Ses yeux fauves éteints, comme si le vent les avaient soufflés. Ses yeux sont ouverts, vers la lune qui se découpe à la fenêtre. Le reste... il ne sait plus. Il ne souvient que du bruit des heures qui se répondent à chaque mesure, trois petits cris, lointains et fragiles. Le reste, il ne le sait plus. Il ya son inconnue dans ses yeux qui revient et qui l'accueille. Il paraît qu'avant de tomber, avant de s'enfuir, la quête jamais atteinte vous étreint enfin. Et que l'on ne sent jamais la main qui vous bâillonne et l'éclair qui vous foudroie.


***


Trois petits cris comme des éclairs
Dans le creux d'une vague légère
Souvenirs fragiles, souvenirs d'hier
Une nuit de Décembre un peu amère

Une heure qu'elle attend. Personne ne vient. Une heure qu'elle attend son frère, qui semble ne pas vouloir venir. Pourquoi ? Elle l'ignore. Il n'a jamais été autant en retard. Ça lui arrive bien quelque fois d'arriver dix minutes après l'heure dite, mais pas une heure. Elle commence à s'inquiéter. Sur le pallier, assise contre la porte, le livre abandonné entre ses jambes, elle regarde à sa montre l'heure qui défile et qui ne dit rien de bon. Elle n'a pas peur, elle est juste inquiète. Et elle a froid. L'immeuble n'est pas très bien chauffé et il y a des interstices un peu partout qui laissent passer le vent glacé à l'intérieur. Ils s'étaient dit minuit, il était déjà une heure.

Minuit, c'était l'heure pour eux des retrouvailles. Ils s'étaient toujours retrouvés dans le milieu de la nuit, comme s'ils espéraient apporter avec eux la fin d'un crépuscule maladif. Pour qu'ensemble ils l'assassinent ensemble et contemplent tous les deux l'aube claire qui naît d'un tel crime. Ils avaient pris cette habitude un soir que le train avait du retard et depuis ils n'avaient pas changé. Ils n'aimaient pas changer quelque chose. Parce que l'habitude a quelque chose de réconfortant tandis que le changement amène toujours un peu de peur et de doute.

Elle se lève, le sol est froid et dur, et elle fait quelques pas pour essayer de se réchauffer. Tout en marchant elle se souvient de tous leur rendez vous nocturne.

Toujours le dimanche soir. Il l'accueillait dans son petit appartement, la restaurait un peu et ils restaient pendant des heures et des heures à se raconter des souvenirs, à se murmurer des promesses qu'ils ont déjà faites cent fois, sans jamais demander ce que l'autre est devenu. Leur passé, leur enfance, c'était leur voyage. Ils en avaient besoin. Elle ne pouvait pas imaginer manquer ces soirs qu'elle offrait à son frère. L'idée même lui était insupportable. Elle savait que son frère vivait pour ces heures qu'elle lui donnait, et elle ne doutait pas qu'elle-même devait vivre pour le même désir.

Elle se rassoit devant la porte, reprenant son livre, elle n'aime pas se ressouvenir toute seule.
Son frère lui manque toujours quand elle pense seule à leur souvenir, et ça la rend triste pour toute la journée. Alors elle essaie le moins possible de laisser sa pensée libre. Pour ne jamais revenir seule vers les images qu'ils ne peuvent qu'aimer ensemble, dans le petit appartement.

Elle essaie de s'accrocher au livre, mais elle n'y parvient pas. C'est pourtant une jolie histoire, l'histoire d'un homme qui veut fuir son passé. Elle sait qu'il n'y arrivera pas, parce que les hommes qui veulent s'affranchir d'hier n'y arrivent jamais. Ils sont toujours rattrapés et finissent par mourir de ce qu'ils veulent fuir. Elle l'a appris tantôt en cours de philosophie. Mais elle aime cet homme qui engage un combat impossible contre lui-même. Parce qu'il lui souvient son frère il y a trois ans, quand il a voulu devenir un homme honnête et droit, qu'il a jeté son arme dans la mer et qu'il s'est retourné vers elle et qu'il a dit avec une voix qu'elle n'a jamais entendue, une voix douce et tendre : Maintenant, je serai quelqu'un de bien.

Ce soir là elle l'a cru. Elle s'est dit que tout était possible et que son frère renaissait. Qu'il serait comme les autres, qu'il se marierait et qu'il trouverait enfin un coin de lumière où se poser. Il ne reniait pas son passé, il voulait devenir simplement quelqu'un de meilleur. Et elle avait foi en lui. Il pouvait s'en sortir parce qu'elle aimait alors que dans le livre le héros n'avait personne pour le sauver. Dans le livre il était seul alors que son frère, elle le savait, l'avait elle et que cela changeait profondément le problème. D'ailleurs il lui avait parlé d'une jeune fille qu'il rencontrait à l'arrêt de bus quand il rentrait de son travail. Une jeune fille magnifique qu'il lui présentera un jour.

Non elle n'arrive décidément pas à lire, et le froid se fait de plus en plus fort. Elle regarde l'heure : deux heures. Ca fait deux heures qu'elle attend et il n'est toujours pas rentré. Elle décide de demander secours à la concierge, elle a trop froid. Elle sait que la concierge ne se couchait que très tard parce qu'elle était insomniaque. Son frère lui avait dit au cas où un empêchement sérieux l'obligeait à ne pas pouvoir l'accueillir. Elle ne s'en souvenait plus et la chose lui était revenue subitement à l'esprit. Elle descend l'escalier et toque à la porte de la conciergerie. La porte s'ouvre et elle demande poliment si elle peut récupérer le double des clefs de l'appartement de son frère qui tardait à rentrer. On lui remet les clefs et elle remonte pour aller ouvrir la porte.

Entrée dans l'appartement elle voit que tout est silencieux, bien rangé. Son frère a du préparer la maison pour sa venue. Elle sourit, elle sait que c'est un grand effort pour lui et l'applaudit avec ce sourire. Elle passe doucement sa main sur les meubles comme pour respirer avec la peau tous les souvenirs incrustés un peu partout dans la pièce. Elle referme la porte d'entrée et s'assied au salon. Elle se sent bien ici, parce qu'elle sait que son frère ne devrait pas tarder. Son travail a du le retenir, elle ne doit pas continuer de s'inquiéter. Et puis il ne fait plus froid. Elle reprend le cours de son livre et décide de s'y enfermer tant que son frère n'est pas rentré.

L'histoire est belle, le jeune héros suit les traces de son ancienne petite amie. Il suit les pas dans la neige qu'elle a fait. Comment l'a-t-il retrouvé ? En se souvenant de ses habitudes. Elle prenait toujours le bus à dix-huit heures. Il suit le chemin qui le ramène à son passé. Ce passé là il ne le craint pas, ce passé là est un faisceau de rayons de lumière. Attentivement il suit son chemin. Il sait intuitivement la fin de son chemin mais garde cette réponse pur lui. Il touche le bout son trajet, il relève la tête et...

Elle se réveille brusquement. Elle s'est endormie sur son livre. Le livre gît par terre. On a frappé à la porte pense t-elle. C'est surement son frère qui rentre. La concierge a du lui dire qu'elle était rentrée dans l'appartement. On frappe à nouveau à la porte. Elle se lève joyeusement et va ouvrir la porte.

Elle enlève le verrou, prend une grande respiration, le plus beau de sourire et ouvre la porte. Le pallier est plongé dans l'ombre mais elle discerne trois hommes devant elle. Elle n'a pas le temps de réfléchir qu'elle sent qu'on la pousse et qu'on pénètre dans l'appartement. Une main la bâillonne, une autre sort quelque chose de brillant de sa poche et la foudroie sur place. Elle sent monter en elle une vague de douleur l'étreindre et la briser. Elle veut crier, elle n'y arrive pas. C'est le noir, le vide, le néant. Quelque chose dans son ventre vient de sortir et la frappe encore une fois. Une nouvelle vague éclate. Son cœur va exploser, son cœur explose. Elle ne discerne rien sinon un cri qui monte dans sa gorge et qui l'étouffe. Elle sent, elle sent qu'on la traverse encore une fois. Une dernière fois. Cri de peur, cri de larme, dernier cri.


***

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Sanz
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MessageSujet: Re: Trois petits Coups   Lun 15 Déc - 10:53

***


Trois petits cris de fer brûlant
Souvenirs légers et oubliés
Nuit solitaire de Décembre
Neige, froid et cri sans odeur



Deux heures quarante. Il sort de sa voiture, précédé de ses compagnons. Il a froid. Et la neige le prive d'une bonne vision. Nuit de décembre, nuit froide et sans couleur. Il aurait pu rester chez lui, dormir près du feu et veiller sur sa fille. Il aurait pu continuer d'être le bon père de famille qu'il veut être et non pas ce rôdeur qui frappe la nuit et qui n'est finalement qu'un fantôme dans une ville de fantômes. Ce ne sera pas long lui a-t-on dit. Cet homme en savait trop, il a voulu s'affranchir, il mourra pour cela. On ne s'en va pas quand on veut.

Cet homme, il ne le connaît pas, il l'a vu parfois rôder près du port, les yeux fixés sur le sol, suivant quelques chemins étranges. Il l'a vu fixer une jeune fille aux cheveux blonds qui attendait le bus. Il l'a vu parce qu'on lui demandait de voir. Il l'a surveillé à distance puis un jour il s'est dit qu'il n'avait rien de plus à comprendre. Il a appelé deux amis, a posé sa voiture et maintenant il est devant l'immeuble.

Une douce angoisse monte en lui. Peur avant l'acte. Il aime cette vague de froid qui le prend juste avant le grand combat.

Il donne quelques informations à ses partenaires et entre dans le hall d'entrée. Il fait chaud ici. Aussi chaud que s'il était chez lui devant la cheminée.

Sa femme avait été suspicieuse quand il avait dit qu'il devait partir pour son travail. Il a eu l'impression qu'elle ne le croit jamais vraiment. Pourtant, elle ne peut pas avoir de preuve sur son travail. Il ne laisse rien traîner chez lui et garde tout son matériel dans une petite valise qu'il confie à l'un de ses amis quand il n'en a pas besoin. Non, vraiment, il n'a pas à s'en faire.

Ils s'engagent tous trois dans l'escalier en passant discrètement devant la conciergerie. L'escalier en bois grince légèrement mais il l'ignore. Troisième étage. Les choses sont simples, elles ne doivent être ni moins ni plus. La moindre question pourrait les faire dériver. Il regarde les deux autres. Leur regard ne tremble pas, ils attendent sans impatience qu'il frappe à la porte. Il se place devant la porte. Son cœur bat la chamade mais ses mains ne frissonnent pas, elles sont calmes, si calmes que l'on croirait qu'elles ne savent rien. Elles ignorent peut être ce que la pensée prépare.

Il toque à la porte. Il entend derrière lui les respirations qui se suspendent au bruit. Un coup, deux coups, trois coups. Pas de réponse. Il attend. Il frappe à nouveau à la porte. Il entend un bruit, comme quelqu'un qui se lève. Ses yeux fixent la poignée, on retire le verrou, ses yeux se lèvent doucement. La porte s'ouvre. Ne pas réfléchir. Ce n'est pas lui. Il pousse la jeune fille qui vient d'ouvrir, il voit un sourire se transformer en grimace. Elle devait attendre quelqu'un d'autre. Pas de question. Il l'emporte dans son avancée, les deux hommes derrière referment la porte. Il met sa main devant la bouche de l'innocente. Il ne faut pas qu'elle crie. Silencieux, tout doit rester silencieux. Ses amis viennent la tenir. Il sort son poignard et il frappe. Une fois, deux fois, trois fois. Il sent sous sa main un corps qui s'amollit. Elle n'a pas crié. Les deux autres soutiennent le corps et l'entraînent dans une autre salle. Une fatigue le prend soudainement.

Il est toujours fatigué dès qu'il vient de finir une partie de son travail. Il ne sait pas pourquoi. Cela vient tout seul, comme la vague d'angoisse, mais avec plus de lenteur. Il se dirige vers la fenêtre tout en essuyant son arme avec un bout de tissus sorti de sa poche. Il sait qu'il va bientôt rentrer. Il regarde sa montre, deux heure quarante-six. Ils ont mis six minutes. C'est peu, c'est bien. Il a soudainement trop chaud. Il ouvre les fenêtres et s'adosse au balcon. Il attend que sa force lui revienne. Il voit les deux hommes revenir, laver les tâches de sang qui ont perlé sur le sol vers l'entrée, puis tourner leur visage impassible vers lui. Il n'a pas besoin d'eux. Il peut faire la suite seul. Il leur fait signe de s'en aller. Puis il retourne à sa contemplation. Le froid le réveille un peu. Il regarde en bas. Voila l'homme qui arrive. Décidément tout va bien vite. Il le voit ouvrir la porte du hall et s'engouffrer dans l'enfer. Il se retourne et se dirige vers la salle ou gît la fille. Jolie chambre se dit-il. Mais il n'a pas le temps de regarder bien plus. Il entend les pas de l'homme qui monte l'escalier. Il se love à l'ombre de la porte de la chambre. Ses partenaires ont du le croiser dans l'escalier. Caché dans la pénombre impénétrable, il sent remonter en lui la vague d'angoisse. Sa force lui revient. Il serre très fort son arme dans sa main. Son regard se perd un moment sur le corps étendu dans le lit.

C'est une jolie fille. On dit que c'est sa sœur mais il n'en sait pas bien plus. Elle semble dormir sagement, comme si finalement la mort n'était qu'un repos un peu plus long. Il n'y a que ses yeux ouvert qui peuvent laisser croire qu'elle ne fait pas que dormir.

Il entend qu'on ouvre la porte. Il serre un peu plus fort son poignard. Ses muscles se tendent tous et sa respiration s'accélère. Il ne peut pas, il ne doit pas le manquer. C'est lui qu'on veut, la fille n'était qu'un passage. Il sent son cœur qui bat toujours plus vite. La porte se ferme. Ca ne peut être que lui, que cet homme là.

Cet homme là qu'il avait vu vaguement servir son patron. O il n'a jamais été vraiment quelqu'un d'important. Il s'occupait des tâches que les grands répugnent à faire. Mais il avait fait suffisamment d'affaires pour pouvoir être capable de déstabiliser sévèrement l'organisation s'il lui prenait l'envie. On ne pouvait pas prendre de risque, on ne pouvait pas laisser échapper un possible.

L'homme a du poser ses affaires, remarqué que sa sœur n'était pas dans la pièce centrale. Il entend ses pas qui se rapprochent, voit son ombre. Un éclair soudainement le traverse, il n'a pas fermé la fenêtre. Pas de question, pas de réflexion. Il doit frapper, c'est tout. Il voit son ombre dans la chambre. Ses doigts se contractent un peu plus. Il essaie de calmer sa respiration, non, il la suspend. En apnée, il se sentira plus sur. L'homme rentre dans la pièce et se rapproche du lit. Il le voit regarder autour. Lentement il sort de l'ombre, s'approche, mesure son coup. Ne pas le louper, en un seul geste, cet homme là sait se défendre. Il tend son bras, met une main devant la bouche de l'homme et frappe. Un coup. Juste un coup. A la gorge. Il sent sa respiration qui explose et au même moment où il rappelle de l'air dans sa poitrine, il entend l'horloge sonner trois fois. Trois heures. Ca a duré vingt minutes. Seulement vingt minutes. Il voit le corps qui s'abandonne au sol. Un léger choc, et plus rien. Une fatigue plus grande encore l'inonde. Il regarde l'homme et la jeune fille, se dit que tout est fini. Il sort un tissu et s'en sert pour envelopper son arme. Il la remet dans la poche de sa veste et quitte la pièce. Il voit les fenêtres larges ouvertes et l'hiver qui habille la pièce centrale. Une douce torpeur s'en prend à lui. Il laisse échapper un soupir. Il peut rentrer maintenant. Il ouvre la porte de l'appartement, sort, et la referme doucement. Il sent son cœur qui se calme au fur et à mesure qu'il descend l'escalier. Il passe devant la conciergerie toujours éclairée.

Personne n'aura entendu qu'il était passé. Il le sait, il n'a pas de doute. C'était du beau travail. Il sort de l'immeuble et regagne sa voiture.

Il fait toujours aussi froid dehors. Mais cette fois ci, l'air glacial ne le réveille pas. Il monte dans la voiture, allume le contact, et s'en va. Il ne sait pas pourquoi mais il regarde l'arrêt de bus. Il sent que pour l'homme mort cet arrêt et la jeune fille qui attendait était important pour lui.


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MessageSujet: Re: Trois petits Coups   Lun 15 Déc - 17:00

Le principe des trois points de vue sur les trois personnages est un effet ui a déjà fait ses preuves. Ici tu rajoutes un aspect chronologique en plus. Du coup ca enrichit d'autant plus la narration.

Cependant je dois t'avouer que, bien qu'on sente que tu ais voulu bien séparer genre, style et rythme dans les trois chapitres, je sens plus d'inégalité que de différences de style.

Sur le premier chapitre : la poésie de se personnage, son obsession, sa folie en quelque sorte, énoncées sur ce rythme glacé et lent, est assez joli. On ressent ce froid qui l'entour par un engourdissement de sa pensée. C'est presque à la limite de l'ennui !!! Pourtant on ne reste pas indifférent à ce personnage perdu dans cet univers vide. Peu à peu on sent qu'il y a quelque chose au-delà.


Sur le deuxième : le personnage de la soeur ayant été introduit précédemment, on n'est pas trop perdu par le changement de perspective, puisqu'on fait le lien assez rapidement. Ici par contre, l'ambiance est au secret; un lourd secret intime entre les deux personnages. Le lien entre la vie rêvée du frère, la perception de la soeur, le livre est très intéressant. C'est étonnant, j'ai eu l'impression de rester percher sur un plancher dont les lattes disparaissaient à chaque nouveau pas... la vérité se dérobant alors qu'on a l'impression de la découvrir un peu plus à chaque ligne... sans qu'on puisse jamais l'atteindre (ou alors c'ets moi qui suis passé à côté du message caché ^^)

Par contre, c'ets sans doute le paragraphe dans lequel il y le plus de fautes !! notamment au niveau concordance des temps (" On lui remet les clefs et elle remonta pour aller ouvrir la porte" => c'ets pas beau comme phrase !!).


Pour le dernier : l'introduction du dernier personnage, dont la fonction a été vaguement évoqué dans le chapitre précédent ici aussi, est beaucoup plus "terre à terre". Malgré les sensations que ressens ce dernier homme, on a du mal a retrouver la poésie qui marquait le texte jusqu'ici. Bon forcément, ce dernier aspect de l'histoire ne puvait être que plus terne et encore plus dénudé que les autres. L'impression de détruire l'histoire de leur personnage, leur passé, mais aussi leur devenir, au delà de la destruction simple de leur vie, m'a beaucoup plu. C'ets très subtil, peut être même est-ce juste une interprétation d'ailleurs !! On aurait peut être avoir plus d'éléments pour détester complètement ce tueur, mais l'ambivalence de tous tes personnages, fait qu'il reste au final cette sensation d'avoir vu évoluer la neige, des particules de vie, qui s'amalgament à la fin en une boue uniforme et stérile.

Enfin... quelque chose dans le genre quoi ^^
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MessageSujet: Re: Trois petits Coups   Mar 16 Déc - 11:51

Je ne voudrais surtout pas qu'on déteste le méchant qui tue tous les autres Tire la Langue . Apres tout ce n'est q'un homme qui tue un homme^^ .

J'aime bien ce commentaire il est chargé d'interprétations qui sont ma foi assez juste^^. Pour le style il y a plus une volonté de se dégager de la poésie qui imprègne le première paragraphe, sous tend le second paragraphe et s'efface complètement au troisième. Allez de plus en plus vers une écriture épurée, limite lapidaire. En bref oublier mes vieilles habitudes^^ . D'ou peut être une inégalité croissante du style inhérente surement a ma non maîtrise de ce que je n'ai pas ( encore ) l'habitude de faire^^.

M'enfin merci pour s'commentaire l'est sympa^^

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