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 Un vieillard à Bombay (XXIIeme siècle)

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anathor



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MessageSujet: Un vieillard à Bombay (XXIIeme siècle)   Dim 18 Jan - 19:52

Il ouvrit les yeux. Le soleil, lui, n’était pas encore dans le ciel. Il attendit donc. Une demi-heure… une heure… et il entreprit de se lever, en même temps que l’astre tant vénéré. D’abord, repousser son drap. Puis s’appuyer sur les mains, et basculer les pieds. Péniblement, l’opération fut réussie. Il saisit alors sa canne, et se mit complètement debout en s’appuyant fortement dessus, les membres tremblants.

Il ouvrit son unique placard présent dans ce 7 mètres carré, s’habilla d’un pantalon de coton blanc et d’une kurta… il ne portait d’ailleurs que ça, même si beaucoup le trouvaient ridicule et pouvaient parfois lui faire remarquer sympathiquement.

Il ouvrit la porte qui menait à la cuisine, commune à toute… la « résidence ». Comme chaque matin, sa voisine, jeune femme qui vivait seule avec ses deux enfants, l’aida à préparer ses galettes de maïs. Comme d’habitude, elle lui proposa des siennes, et comme d’habitude, le vieillard lui répondit que non, il ne goûterait pas les nouvelles galettes saveur vanille, ni celles avec ajout de calcium, sodium ou que savait-il encore ! Il voulait simplement ses galettes natures, manger sans rien d’autre, ni la pâte étrange dont les enfants raffolaient, ni avec des pépites de chocolat ou de myrtille. Nature. Bio s’il pouvait, mais il n’avait pas les moyens. Il commandait les moins chères à une grande firme, qui les livrait directement ici, non sans essayer de refourguer tout un tas de choses étranges… pour les rhumatismes, et parce que mine de rien, le vieillard était âgé, paraissait-il. C’était simple, aux yeux du vieil homme, le livreur et sa voisine étaient faits pour s’entendre !
Il finit ses galettes, et s’apprêta à s’en aller au temple.

Il ouvrit la porte de son immeuble, après avoir descendu les 38 étages en ascenseur. Il mit immédiatement son masque à oxygène, et s’enfonça dans l’âpre couche de pollution qui flottait sur Bombay, aussi bien que sur le reste du monde… du moins, ici était l’une des plus épaisses, des plus noires… des plus toxiques ! Et qui malheureusement, resterait là plusieurs dizaines, voire centaines d’années.
Dans le flou environnant, il se retrouvait grâce aux panneaux lumineux disséminés dans la ville.
Le bruit était assourdissant, les voitures défilaient devant lui : il était donc arrivé vers l’autoroute, qui comprenait 32 voies : 16 pour chaque sens de circulation. L’hydrogène que rejetaient les voitures formait un écran qui enveloppait les quartiers, se mélangeant à la pollution. Mais cela n’était en rien dangereux.

Il ouvrit la porte de la gare. Son train était déjà là, et il dut se presser pour l’atteindre avant son départ. Il marchait vite, dans la foule qui attendait sur les quais. Sa tendinite le lança dans le bras droit, et il changea donc sa canne de main.
Il atteignit finalement son transport avant qu’il ne se referme et qu’il parte dans le tube de carbone qui allait le mener non loin du temple. Il rangea son masque à oxygène.

Il ouvrit son sac et en sortit son billet « trajets illimités un mois », devant le contrôleur blasé qui le lui demandait.
Le dit contrôleur, sans même le vérifier, passa à la rangée suivante. Dans le train, beaucoup de gens discutaient. Avec un autre passager de leur connaissance, ou tout simplement avec leurs amis, n’importe où qu’ils se trouvaient, par leur sorte de casque que chacun avait vissé sur la tête, du soir au matin. Par dessus tout ça, la radio crachait dans toute la cabine le nouveau single d’un inconnu dont la carrière n’aurait pas de lendemain.
Et dans l’allée, une femme passait et repassait avec un chariot de rafraîchissements.
Enfin, le convoi stoppa, et le vieillard put sortir, d’abord du train, ensuite de la gare, pour échapper à cette atmosphère oppressante. Il dut remettre son masque à oxygène, bien qu’il n’était plus vraiment dans la ville. Car la pollution, elle, était partout. Il toussa plusieurs fois. Plutôt ça que d’avaler les médicaments étranges faits par des laboratoires peu scrupuleux que lui avait prescrits son médecin. Encore un homme rompu, qui remplissait à la chaîne des ordonnances pour tout un tas de gens fatigués, dont le seul réconfort était de penser qu’il existait pire, ailleurs, sûrement…
De là, au travers de la brume, le vieillard voyait les innombrables tours de Bombay. Il n’y avait que ça à voir, de toute façon. Car effectivement, toutes les maisons individuelles avaient été rasées, par manque de place, pour ériger ces immondes gratte-ciel. Ce ciel constamment gris, sauf dans les publicités des agences de voyages.
Ah ! En regardant bien, peut être que là-bas, n’y aurait-t-il pas un rayon de… non, encore ses yeux qui lui jouaient des tours. Il n’y avait, ni plus ni moins, que cette substance dense et vaporeuse, que l’on retrouvait partout. Peut être qu’il irait dans une serre cet après-midi, pour se revigorer et contempler la nature.
Le bus arrivait. Heureusement, car voilà bien longtemps, trop longtemps peut être, que le vieil homme ne pouvait faire le voyage de sa seule force. Le temple n’était pas loin pour une personne en bonne santé, mais cela n’existait plus depuis des décennies.
A tout bien réfléchir, être jaïn avait ses avantages. Outre le fait d’être évidemment en communion avec sa philosophie de vie, on pouvait y gagner, notamment parce que les jaïns étaient sur représentés dans les secteurs économiques et politiques indiens. Pas seulement d’ailleurs, puisque le jaïnisme n’avait cessé d’attirer de nouveaux fidèles, et qu’un milliard six cents millions d’indiens y adhéraient. Parmi les dix religions principales du monde, elle était
l’une des plus influentes en Asie.
Et c’est comme ça qu’on pouvait avoir un bus pour se rendre au temple !

La porte du véhicule se referma, et le vieil homme commença sa marche vers l’entrée de l’édifice sacré. Sur la fin, et parce qu’on voyait bien qu’il n’y arriverait pas seul, un homme en meilleur état l’aida.
Dans le temple, le vieillard se dirigea vers un ascète, homme qu’il admirait ; largement plus que toutes les idoles que les gens trouvaient on ne sait où, on ne sait pourquoi !
Il avait mal, très mal… trop mal. Il n’en pouvait plus. Il demanda alors à l’ascète s’il se pouvait que cette vie soit la dernière, ou s’il allait encore se réincarner ici bas, car il voulait tellement se libérer de la condition humaine, synonyme de souffrance. Il lui ouvrit son cœur, raconta toutes les actions dont il avait souvenir, toutes ses absences d’actions également.
L’ascète l’écouta attentivement, et avoua à la fin ne pas savoir s’il allait pouvoir accéder au calme éternel, dans l'isolement et la non implication.
A ces mots, le vieillard mourut, et nul ne sait désormais, où flotte son jîva …




Hors texte : précisions pour les nuls.
Le Jaïnisme est une religion indienne, parmi les dix plus importantes du monde. Elle a notamment inspirée de nombreux préceptes hindouistes et bouddhistes.
C’est une religion prônant la non-violence, le refus du mensonge, du vol ou de l’attachement à ses possessions terrestres (et j’en passe un chapelet) dont l’une des plus grandes figures pourrait être Gandhi.
Pour simplifier grandement les choses, le jîva est l’âme. Le niveau spirituel le plus haut est celui où le jîva, à la mort de l’individu, ne se réincarne pas dans un autre corps, mais flotte simplement, libéré des souffrances de la condition humaine. Pour arriver à ce stade, il faut détruire son mauvais karma (en ne faisant aucune mauvaise action, mais aussi en en faisant des bonnes), qui dépend de toutes les actions commises par l’individu pendant sa vie.
De plus, et pour exemple (ainsi que pour éclairer le début du texte) les plus croyants ne se déplacent plus après le coucher du soleil, et ne se lève pas avant que le soleil ce soit levé également, afin de ne pas blesser un être vivant par manque d’éclairage (ou à cause des lampes qui peuvent brûler des insectes attirés par la lumière).
Y’en a assez pour comprendre le texte, entreprendre des recherches plus approfondies ou non est laissé au choix du lecteur !
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Un vieillard à Bombay (XXIIeme siècle)   Ven 30 Jan - 14:38

Je m'y suis repris à plusieurs fois pour lire ton texte, et me suis un peu forcé à le terminer, ne voulant pas le laisser sans commentaire.

J'ai eu du mal à accrocher, parce que le 100% description est un peu trop glacé à mon goût ^^ Le principal défaut de ce texte à mon avis c'ets justement qu'il lui manque une âme, il lui manque ce petit quelque chose qui rend le tout vivant. Évidemment fait sur le ton d'un reportage, d'un documentaire ça n'aurait pas eu d'importance., mais ça n'est pas vraiment le cas ici. Du coup j'ai eu cette impression de stérilité.

Et même à la fin, lorsque tu abordes la spiritualité du vieil homme, même lorsque tu laisses la porte ouverte vers une dimension supérieure, la sauce ne prend pas. Je pense que c'ets sans doute parce que tout au long de ce cheminement tant géographique qu'individuel à travers la ville, la journée, et la vie en générale, je n'ai pas senti se mettre en place cette logique qui aurait permis de saisir le mystère final de sa religion.

Ca n'en reste pas moins bien écrit, bien décrit (à part peut être les 16 voies de circulations... un peu too much !!).


Merci aussi pour le petit topo sur le jaïnisme. Bien qu'à mon avis il aurait été beaucoup plus subtil d'intégrer l'explication de ses concepts au corps du texte plutôt que de traiter le lecteur d'ignorant patenté. Car même si je suis un ignorant patenté, je n'apprécie pas forcément qu'on me le rappelle aussi sèchement. Je préfère apprendre de la lecture plutôt que de l'humiliation...
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MessageSujet: Re: Un vieillard à Bombay (XXIIeme siècle)   Ven 30 Jan - 21:00

Héhé, merci pour ton commentaire inattendu.
Je vais pas épiloguer sur ton opinion, chacun le sien, et je ne suis pas là pour faire ma propagande (surtout que je partage ton avis sur plusieurs points).

Juste, pour l'anecdote, des autoroutes 16 voies, ça existe déjà.. et moi je me suis projeté dans un siècle, et en Inde avec ça, qui sera certainement d'ici là le pays le plus peuplé du monde et l'un des plus forts économiquement.. je suis pas sûr que ce soit exagéré ^^

Sinon, peut être as-tu raté des choses, comme le premier verbe de chaque paragraphe, voire au delà.. (tout dire ne serait pas un peu tuer mon texte ?)
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Un vieillard à Bombay (XXIIeme siècle)   Ven 30 Jan - 22:29

Effectivement, j'aurai peut être dû ouvrir un peu mes yeux et mon esprit ^^
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MessageSujet: Re: Un vieillard à Bombay (XXIIeme siècle)   

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