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 Contes du Bout du Monde

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dale cooper

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MessageSujet: Contes du Bout du Monde   Ven 13 Fév - 3:47

"les ptites anglaises"





" Du fric !
- Du flouze...
- Ouai ! Un paquet !! Un sacré paquet de dollars même !
- De l'oseille...
- Un max de pognon !!
- C'est beau de rêver ...
-Non ! Je déconne pas ! Avec tout ce qu'il y a dans cette baraque on pourrait se payer l'Amérique !!
- Ouai ben en attendant d'aller en Amérique, moi j'ai absolument besoin de fric pour la rentrée. Si je peux pas me payer mon année de faculté je suis bon pour l'armée.
- Ouai ! Et moi avec le fric je partirai d'ici... A Chicago !
- Mais arrête de déconner ! Je te parle sérieusement ! Il me faut vraiment ce fric ! L'armée ! Tu te rends compte !! J'ai reçu une lettre, j'ai jusqu'au mois de septembre pour trouver une solution !
- Ou bien San Francisco ...
- Tu m'écoute même pas !! Tu m'énerves !
- Mais si je t'écoute ! Tu dis que tu vas partir faire ton service ... Et alors ?!
- Mais merde quoi ! Je veux pas y aller moi ! Avec tout ce qui se passe en Afrique ces temps-ci ! Je suis bon pour la coopération ! Ma mère supporterai pas !
- Elle a bien supporté la guerre et les bombardements ... comme tous nos parents !
- Mais tu comprends rien ou quoi ? T'es vraiment un débile !
- Et comment tu comptes t'y prendre pour avoir tout ce fric dis moi ?
- Ben ... il est peut être pas trop tard pour qu'on aille aux échalotes !
- Trimer pour les Johnnies !! Jamais !!
- Mais écoute moi un peu. Si on arrive à deux, si on dit qu'on habite au bourg et qu'on n'a pas besoin d'être nourri et logé ...
- Non ! Toi écoute moi ! Putain Goulven ! IL ... N'Y... A PAS ... D'AUTRES MOYENS !!!
- Mais tu déconnes à plein tube ! Jamais j'irai aux échalotes !
- Mais merde quoi ! Pourquoi tu fais toujours ta tête de cochon ...
- Gast !! Je te parle d'une fontaine de fric !! T'imagine je te parle pas de Delacroix... même pas... Des Pascal ... une tripotée de Pascale !! T'en as déjà vu de près ? Des gros biftons comme t'imagines même pas !
- Et bien sûr il n'y a qu'à se pencher pour les ramasser. Ils nous attendent bien sagement dans l'oreiller du lit-clos !! T'es vraiment qu'un pokès !
- C'est toi le pokès de pas vouloir marcher dans la combine !! Imagine : on entre, on se sert, on ressort et on est rentré à temps pour le kig ha farz de la mère Joncour !! Et après ...
- Et après ?
- Vamos a la playa !!! Les ptites italiennes de l'année dernière son arrivées hier soir. Tu voudrais pas les accueillir comme un bigouden non ? Depuis l'année dernière elles ont du pousser un peu... Mmmmmhhh... Oh oui Francesca !! Que j'aime le charme de tes pastèques méditerranéennes !!
- T'es con Loïk!!!
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Tu marches ? Tu viens avec moi chez Kerhervé ?
- Et pourquoi tu veux absolument aller chez Kerhervé ?
- Mais parce qu'il est plein aux as ! Il a toujours bouffé à tous les râteliers ! Depuis des années il trafic ! Il trafiquait même avec Seznec et Quéméneur !! Il avait prêté sa baraque aux Chleuhs pendant la Guerre ! Pour qu'ils mettent la Kommandantur chez lui ! Juste pour avoir sa part de pognon ! Et quand il a reçu une bombe de 250 sur son toit il a trouvé le moyen de demander à ce qu'on lui refasse toute sa maison ! C'est lui qui a le plus de pognon de toute la côte !! de Lilia à Plounéour.
- Ouai tout ça parce que ton grand-père est parti aux STO à cause de lui... On la connait tous l'histoire
- Ouai ben il en est jamais revenu des STO ! Ce vieux singe me doit bien ça ! Après tout ça serait assez juste ! Et puis tu vas pas aller te faire tuer en Afrique à cause de ce vieux salaud !! Il a fait déjà assez de morts comme ça tu crois pas ?
- Et comment tu sais qu'il a autant de fric chez lui ?
- Tu te souviens l'été dernier avec les petites italiennes justement ? Quand leur espèce de cabot s'était échappé et qu'il était parti chez Kerhervé. J'étais allé le chercher dans son jardin pour me faire bien voir. Tu te remets ?
- Ouai peut être ... je sais plus ...
- Ouai et ben à ce moment là, je l'avais vu par la fenêtre ouverte. Il était en train de compter son pognon. Et y en avait des caisses entières !! Je mens pas !! Après quand il s'est aperçu que je le regardait, il est sorti tout colère avec sa fourche à purain dans les mains.
- Et pourquoi tu as attendu tout ce temps pour essayer d'aller lui piquer ses bas de laine ?
- Ce vieux fumier dort jamais, il sort jamais de chez lui. C'ets un vrai blockhaus chez lui. Il fallait attendre l'occasion...
- Et c'est dimanche prochain l'occasion ?
- Ben forcément du gland !
- Et pourquoi ça ?"





Loïk poussa le menton de Goulven pour lui faire tourner la tête vers l'intérieur du café. Posé à côté de leurs Picon-bières, le Ouest France du jour, attendait patiemment que Goulven le déplie.

L'été commençait plus mal que prévu. Les deux jeunes hommes avaient quitté la ville pour revenir dans leurs familles, sur la côte. Et ils avaient à peine de quoi payer leurs consommations. Alors s'il fallait épater les filles du camping sur la plage la journée et sur le port le soir, il leur fallait une idée du tonnerre. Et Loïk, l'avait trouvé son idée. Ca avait fait boum dans sa tête dès qu'il avait vu le journal du matin en prenant son café avec sa mère au petit déjeuner.

Goulven regarda, intrigué le papier. Il fit mine de s'intéresser aux sports, puis son ami le lui arracha des mains pour l'ouvrir à la page locale.


"Dimanche à 11 heures, les services des démineurs de la Marine Nationale vont faire évacuer toute la commune afin de procéder au désamorçage d'une bombe britannique de 250 kilos. La bombe retrouvée intacte près du site de l'ancienne batterie de DCA allemande fait partie de celles tombées entre mars en juin 1943 et qui visaient les sites stratégiques de la région comme la Kommandantur de la circonscription et le réseau de blockhaus.

Comme lors de toutes les opérations de déminage, une première sirène retentira dimanche matin à 10 heure pour annoncer l'évacuation du périmètre de sécurité. Une seconde sirène annoncera, une heure plus tard, la fin de la période de préparation. Tous les habitants de la commune devront alors avoir quitté leurs domiciles. Une troisième et dernière sirène annoncera la mise à feu imminente (une minute environ) d'une charge explosive, dans le cas de figure où les démineurs ne pourraient neutraliser la bombe par d'autre moyen.

Monsieur le Maire invite à cette occasion tous les habitants et les vacanciers de la commune à le rejoindre près de l'étang de Kerbras, où un chapiteau les attendra et où des rafraîchissements leurs seront offerts."




Les yeux de Goulven s'illuminèrent. Oui bien sûr ! Le bourg évacué, il ne resterait personne pour les voir fouiner dans la bicoque du vieux Kerhervé. Et avec tout ce monde autour de l'étang, personne ne s'apercevrait de leur absence. C'était génial ! Mais si ...

« Et si la bombe elle pétait vraiment ? Si on était à côté quand ça pète ... Non ! On peut pas faire ça ! C'ets trop risqué !
- Risqué ?? Risqué !! Mais arrête de flipper mon pote ! Ca pète jamais ces trucs là. T'as déjà vu une bombe vieille de quarante ans péter à Télé-Bretagne toi ? Et ils en désamorcent combien par an ? Rien que cette année scolaire à Brest, on a du être évacué trois fois pendant la construction d'un parking à côté du foyer.
- Mmmm...
- Et même si ça pétait ! La batterie de DCA est au moins à un kilomètre du bourg, perdue dans les dunes. Ca serait amorti par le sable déjà, et on sera suffisamment loin pour être abrités. Les types de la Marine font toujours évacuer le plus de monde pour se faire mousser. Comme ça ils se donnent l'impression d'être importants et de faire un boulot dangereux.
- Mouai ...
- Je te l'assure : il n'y a vraiment aucun danger ! Je risquerais pas ma peau alors que ya les pastèques de Francesca qui m'attendent impatiemment depuis un an !!!
- T'es vraiment con Loïk !! »







Le dimanche suivant, tout se passa dans l'ordre des choses :


Le bourg fut évacué juste après la messe.

Les touristes migrèrent en troupeau des terrasses du port et du camping vers l'étang.

Les gendarmes fermèrent la marche en veillant ce que personne ne reste dans les rues.

Les démineurs de la Marine firent sonner la première sirène.

Les plus âgés échangèrent alors les anecdotes de l'époque où les obus pleuvaient et où ils devaient se terrer dans les abris pendant des nuits entières. Certains se rappelèrent d'amis morts dans Sadi Carnot.

Une famille de touristes allemands sympathisa avec une famille de finistériens. Leurs pères s'étaient bien connus à l'époque : Hans était fourrier au bureau de poste, et il trafiquait avec Yvon pour avoir des oeufs et des poules contre du tabac. L'un était mort l'année dernière à Cologne, et l'autre à Morlaix.

Une bombe attendait patiemment depuis quarante ans que son percuteur daigne enfin faire sauter sa charge. Elle avait manqué de peu sa cible à l'époque, tombant à quelques mètres seulement de son objectif. Ses soeurs avaient si bien labouré le terrain, qu'elle avait atterri sur une motte de terre meuble fraîchement remuée. Les gravas l'avait partiellement recouverte, et puis, au fil des mois, un petit tapis de mousse avait fini par la cacher. Son museau pourtant pointait à quelques millimètres seulement de la surface.

Goulven et Loïk s'étaient planqués dans la cour du café du port, au fond près des anciennes latrines. Ils étaient assis contre le vieux mur et fumaient des caporales en attendant qu'il soit l'heure.

A la deuxième sirène, ils jetèrent leurs mégots et se précipitèrent vers le magot qui leur tendait les bras. Ils rampèrent maladroitement jusqu'à la fenêtre de la vieille maison qui avait déjà souffert des bombardements bien des années auparavant. L'ambiance était un peu à la petite guerre, et les garçons se seraient presque cru à la place de commandos de para anglais venus dérober l'Or du Reich.

Ils se regardèrent et pouffèrent de rire, tant pour se donner du courage que devant la facilité de l'opération. Ils jetèrent un coup d'oeil par la fenêtre pour vérifier que le vieux Kerhervé avait bien vidé les lieux. Ils l'avaient pourtant vu se joindre au cortège quittant l'église un peu plus tôt, mais avec ce vieux zouave, il fallait toujours se montrer prudent.

Ils n'eurent aucun ma à pénétrer dans la maison, sans même avoir à briser un carreau : le père Kerhervé avait laissé sa fenêtre entrouverte pour aérer un peu l'intérieur.

Quand ils furent parvenus dans la grande pièce principale, ils ne s'attardèrent pas sur l'intérieur vieillissant et ses meubles en massif breton. Ils cherchaient le lit-clos.


La troisième sirène retentit.


Loïk en fut pétrifié. Goulven le regardait, guettant une réaction de la part de son ami. Ils ne s'étaient pas du tout entendu à cela. La peur se distillait déjà dans leurs veines. Le coeur battant la chamade Loïk hésitait désormais entre poursuivre son larcin et sauter vers le ciel bleu du salut.

Ce fut Goulven qui réagit enfin le premier : On fonce ! On bousille cette fichue antiquité, on déchire les draps s'il le faut et on ramasse le pognon. De toute façon il valait mieux qu'ils être à l'abri dans la maison plutôt que dehors si ça devait exploser.

Loïk acquiesça et ...

Goulven senti l'éclair plus qu'il ne le vit. L'air fut chassé immédiatement de toute la maison, ce qui lui donna l'impression d'étouffer et d'être devenu sourd. Puis le bruit revint, immense, grondant, terrifiant. Le sol vibra sous ses pieds, de la poussière lui tomba dans les yeux. C'était à proprement dit infernal, étourdissant ...

Il ne vit pas le second flash, puisque la nouvelle explosion se produisit juste derrière le mur de la maison. La dernière chose qu'il vit fut le corps de Loïk éclater comme ...


Elle avait attendu quarante ans. Et ce fut l'une de ses petites soeurs tombée un peu plus loin qui la ramena à la vie. Au bout de quarante ans d'attente elle avait enfin accompli sa destinée, et fait ce pourquoi elle avait été construite : La Kommandantur et ses occupants volaient finalement en éclat.


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Filius

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MessageSujet: Re: Contes du Bout du Monde   Sam 14 Fév - 21:03

Etant breton il fallait bien que je réponde à ce texte.

Ce texte bien que peu commun à mes yeux avec l'histoire des bombes ensevelies, ne m'a pas vraiment satisfait je dois l'admettre.

Tout d'abord le premier paragraphe, avec le dialogue est vraiment mal passé pour moi, j'ai trouvé le passage lourd et répétitif, avec le personnage "gentil et honnête" et celui type du "gars intéressé et inconscient".

Autre détail j'imagine que ce texte est dans un contexte un peu plus vieux qu'aujourd'hui, un peu celui de "la vieille bretagne", car aujourd'hui plus personne en bretagne parmi les jeunes ne dit des trucs du genre " on entre, on se sert, on ressort et on est rentré à temps pour le kig ha farz de la mère Joncour !!". Leur parlé breton semble un peu vieux comparé à celui d'aujourd'hui, avec des mots typiques de la langue m'y font penser tout du moins; et le fait qu'ils parlent de la guerre, des
bombes, et que tu ne mettes pas réellement d'éléments pour montrer la
date me fait penser à une bretagne d'autrefois. C'est pour ça que je trouve un peu dérangeant de voir que des bretons semble-t-il pure souche qui placent des mots du jargon breton dans leur vocabulaire se mettent à dire des phrases du genre "vamos à la playa" , "pastèques méditéranéennes" ...

Pour moi ça casse carrément l'image de vrais bretons. Donc je dirait un dialogue pesant, que tu devrais racourcir par exemple au début en insistant moins sur l'argent au travers de tes personnages; et démystifié avec un vocabulaire peu cohérent à l'image qui semble se dégager de nos héros.

J'ai noté aussi une petite erreur vraiment insignifiante mais qu'il serait bon de corriger :
"l'ancienne
batterie de DCA allemande fait partie de celles tombées entre mars en
juin 1943
et qui visaient les sites stratégiques"

Entre mars et juin j'imagine ? Mais c'est juste un détail qui m'a fait tiquer ^^ rien de gravissime non plus

Pour le passage qui va du relevé de presse à la fin du dialogue qui le suit, je dirais que dès la je voyais la fin venir, loik élabore un plan foireux et sans se soucier des risques, l'autre le suit à contre coeur, y'a un problème qui arrive et les bombes explosent quand ils sont tout proches, vu l'insouciance de loik clairement mise en avant on se doute que tout va rater.

Note: et encore une fois, "les pastèques de francesca" font tâche au vu du personnage breton, vu le contexte et les caractères j'aurais mis plutôt "loches" ou "mamelons", un truc du genre, car la pastèque ne fait pour moi pas partie du folklore breton dans lequel tu nous emmènes via l'histoire ^^".

Passage suivant, le début n'était pas trop mal, tu décris ce qu'il se passe sans verser dans l'inutile description de tout ce remue ménage, et l'idée que les anciens racontent des anecdotes du passé est une très bonne idée je trouve car c'est une réaction qui ne m'étonne pas d'eux et qui même me fait sourire, bonne initiative je trouve.

Le seul problème c'est que tu places cette histoire de cette famille allemande qui sympathise avec une famille finistérienne, pour moi ça fait fait vraiment un plat. Après les anciens tu parles d'une famille lambda qui en rencontre une autre. Ok les anciens ça met dans l'ambiance, mais la rencontre franco-allemande fait vraiment flop car même si la guerre est terminée et que certains se retrouvent, au passage clin d'oeil à ceux qui ont traversé la guerre. Mais pour moi ça n'a rien à faire là, où alors développes plus, rajoutes d'autres éléments, surtout quand je lis ce qui suit ...

"
... L'un était mort l'année dernière à Cologne, et l'autre à Morlaix.

Une bombe attendait patiemment ... "

ET VLAN ! J'ai eu l'impression de tomber d'un nuage. Tu étais très bien partit avec ta mise en bouche, mais passer des familles qui se retrouve à une bombe qui explose est vraiment déroutant. J'aurais bien vu que tu parles des anciens qui racontent des anecdotes, et que tu enchaînes par un d'eux qui raconte justement qu'il se souvient qu'une des bombes n'avait pas éclaté et que c'était celle-là qu'on déminait. Ca aurait fait un bel effet, mais tu as plombé le courant dans lequel tu nous transportait avec cette histoire de famille... désolé mais c'est ce qui m'a le plus déçu dans ce texte.

Cependant et je tiens à souligner tu as très bien commencé, et en modifiant la transition sur la bombe par le récit d'un des anciens sur cette histoire de bombe serait plus agréable.

J'aurais aussi une petite question sur ce texte :

"Goulven et Loïk s'étaient planqués dans la cour
du café du port, au fond près des anciennes latrines. Ils étaient assis
contre le vieux mur et fumaient des caporales en attendant qu'il soit
l'heure.

A la deuxième sirène, ils jetèrent leurs mégots et se précipitèrent vers le magot qui leur tendait les bras"

Je n'ai pas compris pourquoi nos deux garçons ont attendu la deuxième sonnerie. Dans une telle situation je m'imagine les forces de l'ordre mettre à l'abri toute la population, et continuer pendant un moment les préparatifs, ce qui aurait largement laissé le temps aux gars de piller la maison. Ou alors c'est peut-être justement après avoir évacué tout le monde que la sonnerie est immédiatement déclenchée ? Sur ce point je reste perplexe donc je ne peux dire grand chose, à part que je me demande si ils n'auraient pas put foncer direct après que la zone où ils étaient soit évacuée, pour moi pas besoin qu'un village soit vide pour commettre un larcin, une fois plus personnes sur 300 mètres ils auraient eu largement l'occasion de foncer avant la sonnerie. Enfin bon, je demande éclaircissement ><

"et les garçons se seraient presque cru à la place de commandos de para anglais venus dérober l'Or du Reich. "

Va savoir pourquoi j'ai la musique tant connue du film " la 7ème compagnie" en tête ^^

Cela mis à part, ça me dérange un peu de voir que tu fais référence à des anglais alors que tout le long tu as mis des sous entendus sur le conflit franco-allemand. Et que ces deux gars se prennent pour des commandos anglais m'a fait tiquer. Dans un autre contexte je t'aurais bien conseillé de remplacer para anglais par culottes rouges, mais le contexte temporel n'est pas le même, donc je me contenterais juste de dire que mettre des anglais dans un texte breton sur un thème franco-allemand est à mon goût déplacé. Cependant j'ai apprécié le fait que tu aies mis en place une sorte d'ambiance de "petite guerre" comme tu la nommes. Ca m'a fait sourire de voir ces deux jeunes gens jouer aux petits soldats, j'ai bien aimé l'idée ^^.

"Ils se regardèrent et pouffèrent de rire, tant pour se donner du courage que devant la facilité de l'opération."

Vu la réaction de Goulven plus haut, je doute qu'il soit d'humeur à rire devant le danger qui l'attend ... A part un rire nerveux je vois vraiment pas pourquoi lui rigole, Loik oui pourquoi pas mais Goulven je ne l'aurais pas vu rire dans cette situation, à part peut être rire jaune, pour faire comme son ami et lui montrer qu'il était aussi dans le coup ...

"La troisième sirène retentit. "

Je le voyais gros comme une maison, sitôt arrivés paf la sirène pour mettre l'ambiance de peur/stress.

"qu'ils être à l'abri"

Erreur bégnine ici aussi mais bon cela importe peu.

"Goulven senti l'éclair plus qu'il ne le vit.
L'air fut chassé immédiatement de toute la maison, ce qui lui donna
l'impression d'étouffer et d'être devenu sourd. Puis le bruit revint,
immense, grondant, terrifiant. Le sol vibra sous ses pieds, de la
poussière lui tomba dans les yeux. C'était à proprement dit infernal,
étourdissant ... "

Dans ce passage j'aurais bien vu un retour à la réalité, un cassage du jeu dans lequel ils s'étaient plongés. De la gueguerre ils passaient à la VRAIE guerre. Passage qui peut être complété par une tournure comme "le jeu était terminé", ou " ils découvraient alors l'espace d'un instant la vraie guerre, la peur, le feu, le sang ... " Un truc du genre, ca rendrait encore plus réaliste le passage, briser l'image qu'avaient des enfants insouciants de ce qui leur semblait un jeu. Tu vois ce que je veux dire ?

"Il ne vit pas le second flash, puisque la
nouvelle explosion se produisit juste derrière le mur de la maison. La
dernière chose qu'il vit fut le corps de Loïk éclater comme ..."

ARRRRRRRG nen >< !!!!!! La je reste totalement sur ma fin, éclater comme quoi ? Finis ta tournure surtout quand elle est décisive pour le texte. Le "éclater comme" m'a fais criser, je m'attendait à quelque chose de marquant, et je tombe sur un vide, vraiment dommage car c'était bien partit.

"Elle avait attendu quarante ans. Et ce fut l'une
de ses petites soeurs tombée un peu plus loin qui la ramena à la vie.
Au bout de quarante ans d'attente elle avait enfin accompli sa
destinée, et fait ce pourquoi elle avait été construite : La
Kommandantur et ses occupants volaient finalement en éclat."

Aucun détail dérangeant, une fin plutôt pas mal avec une belle phrase de fin. J'aime bien.

Voilà pour ma critique, certes elle n'est pas parfaite j'ai pus omettre des choses et en rajouter d'autres qui n'ont pas lieu d'être, mais comme je n'en fais pas souvent je ne suis pas vraiment habitué. J'espère que ma critique te sera tout de même utile et constructive, et que tu pourras en tirer des choses bénéfiques.

Amicalement
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Green Partizan
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MessageSujet: Re: Contes du Bout du Monde   Mar 17 Fév - 14:55

Après avoir lu le texte en lui-même et le commentaire de Filius, je dirais que je partage son avis sur certains points.

D'abord, le dialogue, effectivement il y a quelques décalages, bien que je vois cela plus léger que Filius. Le mélange entre vieux breton et expressions plus "modernes" ne me paraît pas si déplacé, quand j'observe mes semblables (ou moi-même).
Comme Filius, je trouve que cette partie comporte également quelques lourdeurs (le florilège de jurons et d'insultes aurait pu être un peu plus modéré ^^').

Ah, et personnellement, j'ai horreur des multiples points d'exclamations "!!!" comme j'en ai relevé plusieurs. Pour insister sur le ton, mieux vaut les majuscules comme tu l'as fait également. Mais sinon, un point d'exclamation suffit, deux à l'extrême rigueur, mais pas trois qui font tomber à mon sens dans le kévinisme le plus primitif ("jtd tp 4 !!!!!"), pardonne moi l'expression !


Pour le reste, j'ai bien aimé le texte et les multiples références et clin d'oeil (le Ouest-France, et autres) Content Vert .
Le coup des biftons dans le lit-clos, c'est énorme, parce que tellement vrai ^^° .

Ca me rappelle les 20 000 € qu'a trouvé entre les draps, une amie en héritant de la maison d'une aïeule !

Petite parenthèse à part, évidemment.


J'aime bien le style également, plutôt libre, bien que les phrases de Loïk me font monter au plafond, étant breton également, je ne peux pas admettre que notre beau pays contiennent des hurluberlus pareils (et pourtant, c'est la vérité) (moi je dis, Loïk doit être un sécessionniste Nantais !).

La fin est pas mal non plus, peut-être un peu trop brève, justement en comparaison du départ étalé.
L'histoire est plutôt bien mené sinon. Heureux


A retravailler peut-être un peu, mais c'est quand même sympa et bien fichu Content Vert .

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MessageSujet: Re: Contes du Bout du Monde   Mar 17 Fév - 15:57

Comment tu te fais cassey mon dayvaybay !

lol

Perso, je ferais mon commentaire dès que j'en aurais le temps.
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Contes du Bout du Monde   Ven 20 Mar - 14:10

Gwenn





Les dernières lueurs du soleil n'en finissaient pas de se disperser au dessus de l'horizon. Guillaume leva le nez vers le ciel; un halo saisissant s'était formé autour de la pleine lune. Il frémit légèrement alors qu'une brise courrait le long de la plage. Sa peau encore brûlante d'avoir passée la journée entière sous les rayons du soleil, réagissait au moindre souffle d'air. La chair de poule lui fit du bien; il oublia un instant le coup de soleil naissant.

Il soupira une nouvelle fois en consultant sa montre. Il entrevoyait la ligne de démarcation nette et douloureuse sous le bracelet. Il serait quitte pour un bronzage paysan... Et cette fille qui n'arrivait toujours pas. Il prit son paquet de cigarettes, réfrénant une grimace alors que le plat de sa main subissait le frottement contre la poche de son jean. Il ne lui en restait plus beaucoup à cette heure-ci. Tant pis ! Avec un peu d'espoir, la fille serait là avant qu'il n'ait fini sa clope.





Gwenn hurlait de tout son saoul. Un cri strident et désagréable au possible. Elle avait toujours espéré pouvoir faire fuir les mecs trop lourds ou trop bourrés avec cette arme ultra-sonore. Mais c'était sans compter sur la réaction de défense de CE gros lourd en question. Cet abrutis avait tenté de porter ses mains à ses oreilles tout en se détournant d'elle. Tout ce qu'il réussit à faire ce fut s'emmêler les pattes pour s'écrouler de tout son poids sur elle... tant et si bien qu'elle en perdit l'équilibre à son tour et dégringola du parapet longeant le bord de mer.

La mer s'était retirée depuis longtemps déjà, et avec un coef' de 105, Gwenn s'écrasa quatre mètres plus bas avec la grâce d'un sac de goémon. Elle ne perdit cependant pas tout de suite connaissance. Elle eut tout le loisir d'entendre son prétendant alcoolisé beugler un truc du genre « Oh le con ! Merde ! » avant de dégueuler du haut du quai. La bière chaude et les moules frites prédigérées vinrent lui lécher les pieds. Ce n'est qu'ensuite qu'elle sombra dans l'inconscience.





Guillaume voyait la braise rougeoyante s'approcher inéluctablement du filtre. Un dernier coup d'oeil à sa montre et il se résigna dans un soupir. Il ne savait pas si les filles du coin avaient pour habitude de poser des lapins, mais les bretonnes avaient soudainement baissées dans son estime. On lui avait pourtant vanté les charmes des filles faciles du bout du monde. Encore une légende urbaine ! Il fourra sa main dans sa poche pour en sortir les clefs de la Renault. Il réprima un cri de douleur alors que le plat de sa main se délitait littéralement au contact de la poche de son jean. Quelle soirée à la con ! Plus de clope, plus de thunes et même pas de caille à ramener au camping municipal. Alors qu'il démarrait la voiture, il se demanda s'il retrouverait son chemin jusqu'au bled où il avait planté sa tente. Et dire qu'il devait encore faire vingt minutes de route pour rentrer.




Gwenn se réveilla doucement. Au loin le clapotis des vagues lui confirmèrent qu'elle était encore vivante, mais aussi qu'elle n'avait pas quitté le rocher où elle était tombée. Elle se souvint immédiatement de l'autre pokès lui pelotant les seins d'une main, et tenant sa binouse de l'autre. Quel enfoiré ! Il l'avait balancé du haut du mur, lui avait gerbé dessus et s'était barré en là laissant inerte comme un bernic à marée basse. Elle tenta de se redresser tant bien que mal. Elle ne parvint pas à situer de douleur précisément : elle avait mal partout. Elle avait l'impression d'avoir été broyée, pire qu'un crustacé à la fête du crabe. Toutes ses articulations étaient écorchées, son poignet devait être cassé ou presque, un de ses genoux ne répondait plus, et il y avait du sang poisseux sur ses boucles blondes et son front. Elle replia sa jupe longue pour ausculter ses jambes. Sa main valide empoigna un pli maculé, ou plutôt inondé, de vomis. Quel salaud... connard de touriste ! Plus loin sur le port, le fest noz continuait, entre relents de sardines grillées et chansons de Tri Yann.

Gwenn inspira profondément, s'apprêtant à crier à l'aide, mais une douleur terrifiante lui coupa le souffle. Elle se recroquevilla instinctivement, la tête bourdonnant et les yeux plein de petites tâches lumineuses. Sa mâchoire... Elle n'arrivait plus à l'ouvrir de guère plus d'un ou deux centimètres. Elle avait la mâchoire brisée. Un gargarisme pitoyable parvint tout de même du fond de sa gorge. La colère se mêla à la douleur dans ses larmes.

Elle se releva péniblement et s'adossa un instant contre le mur. La lune se reflétait sur la surface de l'océan. Elle tourna la tête à droite, puis à gauche. Le mur courrait à la même hauteur sur des centaines de mètres. Elle crut se souvenir qu'il finissait plus tôt sur la gauche. Elle regarda ses pieds meurtris : elle avait perdu une sandale, l'autre était soudée à son pied par le vomis. Dans un soupir elle se résigna à arpenter les rochers jusqu'aux dunes à la sortie de la commune.






Guillaume pesta contre les routes cahotantes du littoral. Il ne savait même pas s'il roulait dans la bonne direction. Il venait de faire cinq kilomètres sans voir d'autres panneaux de signalisation que ceux annonçant d'obscurs noms de lieux-dits : « kergleuz », « ar vern » et autres « da bep lech ». Quel pays !

Il arriva enfin dans un espèce de village côtier semi-désertique. En roulant dans la bourgade il croisa quatre ou cinq bistrots encore occupés, un chapiteau illuminé sur une place centrale d'où lui parvint une odeur écoeurante de poisson. Machinalement il ferma la fenêtre de la portière, pour la rabaisser presque immédiatement, ne supportant plus la chaleur de l'habitacle.

Quelques virages plus loin, alors qu'il était sorti du bled, il se remit en plein feux. C'est alors qu'il vit émerger de la lande une forme blanche lui faisant de grands signes. C'était une fille qui agitait fébrilement les bras à son attention. De loin elle avait l'air assez bien gaulée. Il ralentit en parvenant à sa hauteur pour mieux voir.




Gwenn était parvenue à se hisser dans les dunes pour atteindre le bas côté de la route. Une bagnole arrivait bon train. C'était sa chance ! Elle roulait en direction de Porz Milhin; avec un peu de chance le conducteur pourrait la déposer jusqu'à chez elle.



La fille en blanc avait la gueule en vrac et les vêtements tachés de sang et d'autre chose. Elle avait l'air mal en point et boitait méchamment. Pourvu qu'elle ne soit pas bourrée et qu'elle ne dégueule pas dans sa caisse, se dit Guillaume. En voyant son visage tuméfié, il se résolu à lui venir en aide. Avec un peu de chance elle saurait se montrer reconnaissante et lui lâcherait son numéro de portable.
Avant qu'il n'eut le temps de baisser sa vitre pour lui demander s'il pouvait l'aider, elle était déjà assise à côté de lui. Il lui demanda si elle allait bien. Devant sa mine défaite et fatiguée il se sentit ridicule. Non ça n'allait pas évidemment. Elle lui fit signe de démarrer et de rouler. Ce qu'il fit, ne sachant pas trop comment réagir dans l'immédiat. Il s'inquiéta de son sort, l'interrogeant pour savoir ce qui lui était arrivé, mais elle restait obstinément muette. Il finit par lui demander où elle voulait qu'il la dépose, mais là encore elle ne répondit rien. Tout au plus hochait-elle la tête pour lui dire de continuer d'avancer.





Alors qu'elle s'était effondrée sur le siège de la voiture, ravie de pouvoir se reposer un instant, le gugus s'était mis en tête de faire son joli coeur, posant un tas de questions idiotes auxquelles elle n'avait pas le courage de répondre. Elle voulait dormir, juste un instant, le temps d'arriver jusqu'à chez elle. Mais l'autre n'arrêtait pas de parler, reluquant son décolleté à l'occasion. Elle ne fit plus cas de lui et finit par s'assoupir, bercée par le ronronnement apaisant de la voiture et de la musique en sourdine.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, il lui sembla les avoir fermé tout juste une minute ou deux, mais l'autre avait roulé quinze bons kilomètres. Elle reconnu la route menant au Minou et son coeur s'emballa. Ils avaient déjà dépassé sa maison et, un peu déboussolée, elle tenta de le prévenir. La douleur se refit sentir au premier mouvement de sa bouche.




Guillaume un peu dépité du silence de sa passagère, finit par lâcher l'affaire, Elle finirait bien par se manifester lorsqu'elle aurait envie de descendre. La route déserte était horriblement morne. Il jetait un coup d'oeil à la fille de temps en temps pour vérifier comment elle allait. Il croisa son regard et elle fit un geste de la main pour relever son débardeur. Dommage, elle avait une belle poitrine. Il comprit le message alors qu'elle se tortilla pour lui cacher la vue. Détournant le regard, encore plus dépité, il s'abandonna dans la contemplation des lignes de la route... des lignes... de la route... lignes... de... la...


AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH


Le cri strident et épouvantable de la fille le réveilla d'un coup. Il venait de s'endormir au volant ! La décharge d'adrénaline lui fit donner un coup de volant brutal vers le bas côté. La voiture glissa quelques mètres avant de plonger dans le talus. Un voile blanc emplit tout l'espace autour de lui. Guillaume eut l'impression d'étouffer. Il se revit enfant, un soir dans la maison de sa grand-mère. Il passait tous les étés là bas, du côté de Tregana. Il se souvint des crêpes, des tartines de beurre salé, des menhirs et de ses cousins bretons lui racontant la légende de la dame blanche.

« Elle est jeune et belle, tout de blanc vêtue. Ses vêtement et son corps portent les marques d'un accident de voiture. Elle monte et ne dit jamais rien. Et alors que le conducteur arrive au détour d'un virage mortel, elle se met à hurler, si fort que le conducteur panique. Ainsi elle sauve la vie de celui qui l'a prise. Puis elle disparaît comme un fantôme, laissant parfois un de ses vêtements tâchés de sang... »


Guillaume se débattit dans son air bag. Il reprit son souffle et s'appuya contre ce qui restait du volant. A travers le pare-brise en miette il vit un panneau lui annonçant une falaise imminente. Il tourna la tête en direction de la jeune fille. La porte était fermée, comme si elle n'avait jamais été là.
Par terre, près du siège où elle s'était tenue, il trouva une sandale blanche tâchée. Il la prit et la porta incrédule à son visage, grimaçant face à l'odeur infecte.


La dame blanche...




Un peu plus loin, derrière le lieu de l'accident, Gwenn clopinait le long de la chaussée. Le choc de l'accident semblait lui avoir remis la mâchoire en place. De rage elle était sortie de la voiture et avait claqué la porte devant le spectacle désolant de cet imbécile se noyant dans son air bag. En contournant la voiture, elle jeta un oeil à l'immatriculation.

« 92 ... connard de touriste !!! »


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MessageSujet: Re: Contes du Bout du Monde   Mar 23 Juin - 21:50

Excellent !!!

Je viens de lire tes deux nouvelles, et franchement, je les ai aimé toutes les deux. J'ai lu également les critiques que tu as recu sur ton premier texte, et sans leur donner tort, je dirais, moi, que ton style supporte les lourdeurs et les triples points d'exclamation.

Tu es un peu comme Ramrod: tu fais du visuel, du vivant avec les mots. Tu fais presque de la BD.
Quand tu écris, on y est, on le vit, on ne peut pas ne pas trouver tout cela crédible tant du met de la personnalité dans tes textes.

Tu es de ceux, cher Dvb, qui peuvent me tenir attentive quelle que soit le nombre de pages à lire. C'est presque aussi reposant que de regarder un bon film.
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MessageSujet: Re: Contes du Bout du Monde   Mer 24 Juin - 2:39

Ah oui ! merci ! ça fait toujours plaisir ^^

D'ailleurs merci aussi de déterrer la chose, parce que j'avais oublié de me justifier pour le premier texte.

Il semble que les "pastèques des Francesca" ne soient pas passées aussi bien que ce que je pensais... Mais tout consiste dans la question de la datation. Effectivement l'influence méditerranéenne des deux héros se limite principalement à ceci : "vamos a la playa"

En effet l'action se déroule bien au début des années 80, les indices ne manquent pas, entre l'ambiance interville, Pascal sur le billet de 500, la conscription encore très présente, le début du contre courant culturel breton... bref avec tous ces touristes étrangers, deux jeunes bretons mal dégrossis et over-testostéronnés de cette époque pouvaient facilement confondre italiennes et espagnoles.

Pour le dialogue introductif, c'ets vrai que c'est beausoup trop long ! Je venais sans doute de revoir récemment Pulp Fiction d'où ce dialogue chiant et interminable dans un café !!

La ponctuation çayle bien !!!!!!!!!!!

La formule "éclater comme..." Bah en fait j'aime beaucoup, je trouve que ça fige l'action justement. Le mec voit son pote exploser, s'ouvrir comme .. et hop ! c'ets à son tour d'exploser avant que sa pensée n'ait le temps de se former. Pour marquer la dernier pensée consciente avant la mort du jeune homme, je trouvais ça assez cool en fait ! (pour les frustrés vous n'avez qu'à imaginer une pastèque qui éclate avec force points d'exclamation !)


Mais je vous avouerais que je préfère quand même les histoires de Banshees ^^
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MessageSujet: Re: Contes du Bout du Monde   Mer 8 Juil - 1:16

Entractes



« Le celte est à la mer ce que le set est à la table : il ne faut pas en renverser !»





Depuis des millénaires sud et nord-finistériens entretiennent une fière et virile compétition.
Au nord il y a le Léon et le Trégor, et puis aussi le pays pagan et le pays d’Iroise, mais au fond tout le monde s’accorde pour appeler tous des recoins le « Nord Finistère ». Au sud, c’ets plus compliqué : il y a les bigoudens, les capistes, les penn sardines, les glazicks, les sudistes, les anglais, les hollandais, les parisiens en vacances et les touristes, et bien que la plupart de ces gens là vivent à faible distance les uns des autres, ils ne s’accordent pas très bien entre eux sur les tenants et aboutissants de leurs guerres de clochers et de leurs délimitations frontalières.




Entre les deux il y a parait-il un « Centre Finistère », mais les ethnologues vous diront plus certainement que ce qui sépare finalement le Nord du Sud c’ets avant tout ce lieu symbolique qu’est la « Presqu’île », aussi sûrement que l’Aulne sépare la civilisation des sauvages !




Et par presqu’île j’entends évidemment celle de Crozon hein ! Parce que pour les ty zefs (les brestois de Brest’mêm’) quand on parle de la « Presqu’île » on peut tout aussi bien parler de la Presqu’île de Plougastel située dans les environs immédiates. Je signale également que les Abers ne sont pas constitutifs d’isthmes : des Abers sont des Abers point berre ! D’ailleurs en parlant de Plougastel, saviez-vous que lorsqu’un jour de Toussaint, le Maire adjoint arriva tout tremblant de terreur à la messe en annonçant haut et fort qu’il y avait le feu chez Le Gall,l’église se vida à moitié d’un coup ? Mais elle ne se vida complètement que quelques instants plus tard lorsqu’il claironna que l’incendie se propageait chez Kervella (pour l’explication allez donc jeter un coup d'œil à l’annuaire de Plougastel entre les lettres K et L ^^).


Ainsi donc si les sudistes ne s’accordent sur pas grand-chose, il en est une sur laquelle il ne fait aucun doute : ils ont pour ennemis jurés les Nord-Finistériens. Et ça ne fait aucun
doute ! La querelle avait déjà été remarquée à l’époque du Roy de France, lorsque d’éminentes éminences avaient tentées de décrire les us et coutumes de ces rustres de bas bretons. Il était alors d’usage de cantonner le bas breton à son image de glaouche mal dégrossi mais bon catholique, familier du purain et des sabots, du chouchen et de la cuisson au beurre salé, mais aussi indécrottable radin. Ah oui ! Et Dieu sait à quel point là aussi il y
avait matière à compétition, tant et si bien qu’un jour il fut décidé de savoir lequel des deux, d’entre le Léonard et le Bigouden, avait le plus de ressemblance avec l’oursin de son portefeuille. Afin donc de déterminer lequel des deux était le plus avare, on procéda ainsi à ce test peu subtil, certes, mais ô combien révélateur : on suspendit tout d’abord le Léonard à la poutre centrale de la charpente d’une maison traditionnelle de Saint Rivoual, située à mi-distance entre les deux pays. On le souleva donc par la ceinture, et on le vit s’accrocher au plafond, puis tenir tout seul sans autre aide que ses doigts tant ils étaient crochus et acérés de par l’habitude de compter petite monnaie et lettres de change. Et il tenait, avec ses deux mains crispées, et il s’accrochait tellement il était radin.



Afin de savoir à quel point le Bigouden était radin, on procéda sur lui au même exercice : on le souleva par la ceinture et d’une main, d’une seule, il tint au plafond tant ses doigts étaient crochus et griffus comme ceux d’un rapace. Il était tellement radin qu’il en aurait fait rougir
Arpagon lui-même, et tandis qu’il était soutenu par une seule et unique main il en profita pour fouiller la poche du Léonard de sa main libre.




Depuis ce jour il ne fut plus permis aucun doute quant à la réputation des bigoudens. D’ailleurs il n’est pas rare de voir encore de nos jours voler des nuées de corbeaux sur le dos alors qu’ils survolent Pont l’Abbé, afin de ne pas voir la misère qui gît en dessous, ou encore de voir à Penmarch, sécher les carrés de papiers hygiéniques pour ne pas les gaspiller.





Quoi qu’il en soit, la concurrence perdure encore aujourd’hui, et il est de tradition que nord-finistériens et sud-finistériens se retrouvent le dimanche après-midi après la messe et le déjeuner, sur la Presqu’île - la grande, la vraie, celle de Crozon-Morgat en somme – afin de s’y battre et de mettre un terme définitif à cette querelle millénaire. Mais, systématiquement, tous les dimanches depuis des siècles, les seuls vainqueurs dominicaux sont les sempiternels nord-finistériens. En aucune occasion les sudistes n’ont jamais failli à cette troublante série d’échec. Pourtant les belligérants en présence sont d’égales force et puissance. Mais rien n’y fait.

Un jour, terrassé par ses compatriotes mais néanmoins adversaires, un sudistes se détacha du lot (ou plutôt de la charpie répandue) et vint trouver un nordiste. Il se tint dès lors ce discours :





« Et toi, le Léonar’ ?! pourquoiqu’nous les gars du sud' on vous gagne jamais noudidiou ?! on est pourtant l’plus forts et l’plus costauds ? alors pourquoiqu’donc c’est que vous qui nous gagnez d’puis toujours gast ?!

- Mais oui effectivement mon cher. Vous êtes à n’en pas douter les plus forts d’entre nous. Mais savez-vous ami, nous, nord-finstériens, avons bien plus que la seule force pour vaincre.

- ah bon ?!

- Mais oui ! Parce qu’en plus de la force, nous possédons : l’intelligence !

- gnein ?! lintéqué ?

- l’intelligence !

- gnein ?! lintéqué ?

- l’intelli… attends ! Je vais te montrer ! Tu vois cet arbre ici à côté de nous ?

- voui !

- Regarde bien : je mets ma main posée tout contre son écorce. A présent, frappe cette main de toutes tes forces. N’aie pas peur, et ne retiens pas ton coup.»

A ces mots, le sud-finistérien, ne pouvant refuser une telle aubaine d’enfin faire mal à un adversaire, lance sa main fermée de toutes ses forces en direction de l’arbre. Mais en un geste aussi vif qu’intelligent, le nord-finistérien retire promptement sa main au dernier moment pour voir le poing de son malheureux congénère s’écraser contre l’écorce aussi dure que le granit de Perros Guirrec.

Hurlant de douleur et de rage, le pauvre bigouden se recroqueville autour de son membre endolori.

« Tu vois ! C’est ça l’intelligence !
- L’intelligence !
- Et oui mon bon ami ! c’est avec cette aide précieuse que nous gagnons depuis l’aube des temps.
- Ayé tout compris ! jvais l’dire à tous mes potes et maintenant vous nous gagnerez plus le dimanche ! »

Et c’ets sous le regard amusé du nord-finistérien, que le bigouden s’en va rejoindre les siens, afin de leur dévoiler sa découverte.

Ainsi il arrive quelques minutes plus tard à Quimper, sur le parvis de Saint Corentin où les siens pansent leurs plaies.

« hey ! les gars ! venez tous voir ! j’ai un secret à vous dire ! clame-t-il à la foule ébaubie. A partir de maint’nant on perdra plus jamais la bataille le dimanche. Parce qu’on a : l’intelligence !
-Gnein ?! s’étonne la foule. L’intéqué ?
-L’intelligence !
-Gnein ?! se demande la foule. L’intéqué ?
-L’intelli… attends je vais vous montrer. Toi viens là ! Un arbre ! Il me faut un arbre ! Ya pas d’arbre ?! »


Ne trouvant pas d’arbre à portée, le héros du dimanche, brandit sa main devant sa face.


« toi, vas-y, frappe ma main ! »
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