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 La sentence

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Ruby

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MessageSujet: La sentence   Mer 8 Avr - 3:28

(C'est un premier essai).

C’était son moment. L’instant de quiétude où il se retrouvait seul avec lui-même. C’était bref juste l’espace de traverser ce couloir qui paraissait si court à cet homme. Ce couloir où il pouvait laisser libre cours à ses pensées, dans ce cadre neutre, un endroit ne permettant pas d’être distrait, d’être occupé à autre chose. Rien qu’une longue ligne droite délimité par des murs si blancs qu’il lui faisait penser à un vestibule menant à la porte d’entrée du paradis. Un paradis qu’il n’aurait sûrement aucune chance de côtoyer. Depuis qu’il avait débuté son travail,son esprit n’avait plus jamais effleuré la possibilité d’un salut dans l’au-delà.
Plus que ce couloir lui permettant de réfléchir, il s’y déroulait un moment qu’il pouvait qualifier de grâce. C’était l’occasion pour lui de s’ôter toute trace de responsabilité et d’enlever la lourde signification que symbolisaient les clés qu’il tenait dans sa main en les jetant en l’air d’un geste léger puis en les rattrapant de même. Il aimait voir ces morceaux de ferraille virevolter dans les airs, comme si le temps s’était arrêté, comme si ces clefs n’étaient qu’un support d’amusement, alors qu’elles étaient bien plus que ça. Il le savait tout au fond de lui et c’est pourquoi il ne se hasardait jamais à les lancer avec une grande violence ou de travers car il avait toujours comme objectif de les rattraper. Comme si le sort de personne dépendait de la réception de ces clés. Comme si la chute de cet objet pouvait bouleverser la vie de quelque un . Est si c’était justement ça? Il avait déjà ressenti une envie fugace de les faire tomber, de rejeter au loin cet objet et tout ce qu’il représentait. Le souhait de les perdre et ainsi d’oublier tout ce qui en découlait. Tout se jouait dans cet intervalle, cette zone de non retour. Pourtant c’était ici, dans ce bref laps de temps qu’il se sentait libéré, encore plus décontracté que quand il étreignait un corps et abandonnait le sien au plaisir. Il s’y sentait plus vivant que lorsqu’il prenait dans ses bras son enfant et voyait le fruit de ses entrailles s’animer devant lui. Il ressentait une énergie nouvelle s’emparer de lui dans un endroit ou la résurgence de n’importe quel sentiment positif était banni. Chaque jour, il traversait cette galerie entrecoupé de portes mais qui n’incarnait pas la possibilité d’évasion mais plutôt celle de fermeture. Le seul accès qui lui était permis était cette porte face à lui qui marquait la fin de ce vestibule. Bien qu’elle ne dérivait pas de forme ni de couleur par rapport aux autres entrées, elle avait quelque chose de spécial. Elle tenait son originalité par ce qu’elle détenait dans son intérieur. Tel l’arbre défendu, elle personnifiait à la fois un interdit et un désir d‘attraction. Elle conservait cette pomme interdite mais pourtant licite, et surtout y enfermait tel un coffre pour des richesses, sa conscience. C’est lorsqu’il poussait cette porte et rentrait dans cette sphère fatidique que la quiétude disparaissait et qu’il réalisait pour une énième fois ce qu’il faisait aux autres et à lui-même. Tout le poids de cet acte si anodin retombait en même temps que se refermait la porte dans un lourd grondement, le laissant désemparé dans cette pièce. Pourtant l’allure de cette pièce était tout ce qu’il y a de plus anodin. Au fond se trouvait une rangée d’étagères en ferraille où étaient entreposés, d’une façon très organisée, des centaines de flacons, ainsi que des médicaments. On pouvait d’ailleurs s’étonner de voir se côtoyer des substances mortelles à coté de substances vitales, qui pouvait en cas d’erreur humaine coûter la vie à un individu. Mais n’en était-il pas de même dans la réalité, dans la nature et les espaces civilisés ces deux forces n’étaient- elles pas les jouets des êtres humains? La vie et la mort n’étaient- elles pas déterminés par autre chose que le destin? N’étaient-elles pas aussi déterminés par les actions humaines?
Mais dans cette microsociété pouvait-on vraiment considérer les personnes comme des êtres à part entière, avec une logique, avec une définition du bien et du mal?
Il ne se voyait plus comme une créature différente de celles qu’il gardait et dont il était le responsable. Il avait franchi la barrière qui les séparait, croyait-il d’eux. Il était autant enfermé que ceux qui constituaient cet endroit. Il l’était même plus car personne ne l’obligeait à l’être, hormis sa conscience.
Combien de temps allait-il encore duper son entourage, cette société? Jusqu’à que son être, sa conscience décide d’arrêter la supercherie. Mais chaque jour, ce couloir lui apportait ce moment de paix dont il avait besoin pour continuer. Hors ce matin là tout changea, on était venu lui parler, ce n’était pas la première fois, on l’avait déjà traité de monstre, on avait déjà essayé de le dissuader de faire son travail mais il n’avait jamais cédé. La personne qui lui avait parlé était quelconque ni une grande oratrice qui aurait pu le raisonner, ni une émotionnelle qui aurait pu toucher ses sentiments.
Le personnage dont il devait s’occuper n’avait non plus rien d’attendrissant, il ne pouvait même pas dire qui il était, ni ce qu’il avait fait. Il n’était pas nécessaire de connaître le dossier pour bien faire son travail. Il n’était plus question de bien, de mal ou de justice depuis très longtemps.
Cependant ce matin, il ne savait pas pourquoi mais il était acquis que tout était fini.
Quand il entra dans son Eden à lui, il prit une grande inspiration d’air, ça ne représentait rien, ça ne lui faisait même pas du bien. L’air qu’il respirait était celui du renfermé, de l’irréel.
Il était déterminé dans ses pas, il ne marchait ni lentement, ni rapidement, bien que chaque enjambée le rapprochait de l’inéluctable vérité. Il avait jugé que le lancer de clés ne pouvait être que proscrit, il les garda alors tout simplement entre ces mains, sentant la froideur du fer sur ses mains. Il eut un moment de doute à mi-chemin, pas par rapport à ce qu’il allait faire mais comment il allait le faire. Ne devait-il pas laisser un message, une explication? A quoi cela aurait-il pu servir? Après ce qu’il s’apprêtait à faire, les explications seraient bien vaines. Il choisit néanmoins de s’arrêter, de saisir les clés, objet tant redouté et aimé, et avec le coin de l’une de marquer ce mur si blanc. L’entaille était à peine perceptible mais pour lui elle marquait un total changement, cet endroit sacré avait perdu toute sa solennité, il était marqué et plus rien ne pourrait le rendre comme avant. Par cette initiative, tout était résolu. Il ne pourrait plus jamais profiter de ce lieu, il l’avait souillé comme lui avait été souillé. C’était un juste retour des choses. Il passa le seuil de cette salle, prit le flacon fatidique et le matériel adéquat et quitta la cellule qui n’emprisonnerait plus jamais sa conscience. Il se posa sur le sol, il ne pouvait pas faire un pas de plus. Il décida de faire son travail. Il sortit du sachet stérilisé la seringue et la remplit de l’injection létale qu’il avait prise sur l’étagère. Il savait pertinemment que ça n’allait pas être une mort douce, il se tourna alors vers ce grand couloir blanc qui l’avait tant aidé à surmonter le quotidien et fixa son regard sur l’éraflure qu’il avait faite. Dix minutes passèrent où il eut l’occasion de se mettre à la place de tous ceux qui pesaient sur sa conscience. Il gardait toujours son regard sur cette tache qui perturbait l’équilibre de cette construction. Sa conscience l’avait enfin rejoint dans cette nouveau espace de tranquillité qu’était la mort.
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Tr0n

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MessageSujet: Re: La sentence   Mer 8 Avr - 11:49

Juste un point de vue technique.

Citation :
L’instant de quiétude où il se retrouvait seul avec lui-même

Une remarque simple. Je la fais souvent mais elle est tellement redondante chez ceux et celles qui commencent à écrire, qu'elle en devient, à mon sens, importante. Supposons une phrase construite, un premier jet. Celui de ci-dessus. Tout d'abord, on la relit une fois, et à haute voix de préférence. Avec un peu d'exercice de perception que remarque-t-on ? Personnellement j'ai du mal à la lire d'un trait, je suis contraint de faire une pause avant le "où" et le "seul avec lui-même" m'essouffle. C'est gênant et ça veut dire une chose toute bête, la phrase est surchargée. Mais surchargée par quoi ? Naturellement quand on corrige une phrase, c'est l'intuition qui prime, un mouvement sensible, instinctif. Malheureusement ce genre de techniques est réservé, à mon avis, aux talentueux écrivains et aux personnes les plus intelligentes. Alors soyons astucieux puisque nous ne sommes pas des professionnels, soyons techniques.

Rentrons dans le détail. Pourquoi cette phrase est dure à lire ? C'est une question de morphologie, d'étude des sons, des mots et de leur articulation (la phonologie, malheureusement en français n'est pas une science développée de par la structure même de la langue). En linguistique, on a ce qu'on appelle des morphèmes, ouverts ou fermés (fixe ou non grosso merdo), et la combinatoire de ces derniers donnent un élément de réponse du comment corriger la phrase. Allié au syntagme qui se situe entre l'élément le plus simple et la relation entre les mots, on va bêtement essayer d'étudier les éléments qui composent la phrase.

Selon l'axe du sens
- Les mots qui forment le sens : quiétude / seul.
- Les mots qui affinent le sens : instant / se retrouver.
- Les mots qui n'ont pas de rapport avec le sens : où / avec / lui-même.
A partir de là, l'importance est à donner aux quatre mots suivants : quiétude, seul, instant, se retrouver. Ils doivent graviter entre eux pour s'imbriquer sans parasites.

Selon l'axe du vocabulaire
- Les mots "riches" : quiétude / instant
- Les mots "normaux" : se retrouver / seul
- Les mots "pauvres" : lui-même.
Étrange non ? Les mots qui donnent du sens sont aussi ceux qui sont vocabularistiquement parlant les meilleurs. Si la phrase est mauvaise, c'est sans doute parce que leur imbrication est lâche. Les mots qualifiés de normaux peuvent faire l'objet d'un travail de synonymie (ou d'une négation avec un antonyme qui est aussi une ruse de sioux), on cherche de la richesse pour supprimer en grande partie cette catégorie qui, bien que subjective, doit contenir plus de mots que le reste. De même il faut supprimer les mots pauvres, soit en les faisant monter de catégorie progressivement, soit en les supprimant, soit en trouvant de nouveaux mots qui composeront le sens.

Ensuite, c'est une question d'introduire du son, du beau, du créatif et de l'artistique dans la phrase. Une fois que tu as réduit les erreurs, tu peux te permettre d'y mettre un peu d'idée, de talent. L'exemple le plus évident qui me vient : tu as le mot seul et le mot quiétude. Après quelques secondes je me dis "j'aurais bien envi qu'ils aillent ensemble". Et là Ô miracle, seul, solitude, quiétude, une petite association qui peut rendre l'énonciation plus "belle".

L'étape suivante en général, c'est d'étoffer la phrase, de la rendre plus riche par la précision du sens, par le vocabulaire, par son découpage en plusieurs éléments car au final cette phrase elle tourne autour de quoi ? Solitude/Quiétude, deux mots. A quoi bon faire compliquer quand on peut faire simple non ?

Avec tous ces éléments, et ces exemples, cette phrase d'apparence anodine, peut devenir plutôt mignonne car n'oublie pas, c'est l'accroche qui va donner envie au lecteur d'approfondir ce que tu dis. Les premières phrases sont donc importantes. Et comme je viens de le montrer, il n'y a rien de "talentueux" dans ce genre de techniques pour écrire. C'est juste qu'en décortiquant certains principes (il en existe bien d'autres), on peut arriver "simplement" à faire des choses bien meilleures.

Continuons.


Citation :
C’était bref juste l’espace de traverser ce couloir qui paraissait si court à cet homme.

Second exemple.

Mots importants : traverser / couloir / court

Regarde bien le nombre d'autres mots qui gravitent autour de ces trois. C'est extrêmement compliqué non ? La subordonnée, le si, le bref, le juste, l'adverbialement mauvais comme je dis. Et je suis sûr qu'avec la petite méthode énoncée au dessus, tu peux lui donner un sens plus artistique, plus profond. Je dois avouer, d'ailleurs, je n'ai pas vraiment saisi cette phrase.

Une petite dernière pour la route.

Citation :
Ce couloir où il pouvait laisser libre cours à ses pensées, dans ce cadre neutre, un endroit ne permettant pas d’être distrait, d’être occupé à autre chose

Vocabulaire très pauvre. Prends un dictionnaire et cherche. Chose, pouvoir laisser, neutre, permettre, occuper, autre ! Tout ça c'est caca. Les pensées filant au cœur de ce modeste couloir (rapido). Une image plus recherchée ? Et on tombe dans les travers stylistiques classiques : tu subordines et tu découpes à mort. Découpe donc tes phrases, simplifie les quand tu les énonces dès la première relecture, puis étoffe les ensuite. Comment travailles-tu ? J'ai une tendance à dire que pour apprendre, il faut passer par un premier jet, le démolir pour le rendre simple et ensuite le remettre d'aplomb en l'enrichissant.

Bref voilà quelques axes et techniques de travaux qui sont les miens. Pour un commentaire du sens, je ferais ça plus tard, j'ai un travail, moi.


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Ruby

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MessageSujet: Re: La sentence   Sam 11 Avr - 15:53

J'avoue que c'est un premier jet mais j'ai pris un petit bout de temps pour écrire ce court récit. Cependant, je ne suis pas persuadé qu'il faut toujours que dans un texte le style soit mélodique et fluide, ça peut donner une particularité au texte. Ce n'est pas comme un poème qui a une tendance lyrique. Mais je comprends que mon texte puisse être difficile à comprendre parfois car le style est rugueux et defois c'est vrai que mes phrases ne sont pas assez explicites.
Pour le commentaire de sens, j'attends petit pédant! si on part dans une critique on la finit et on ne dit pas que c'est par un manque de temps qu'on la met en suspens! et pour le je travaille moi! je me gausse ^^
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Tr0n

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MessageSujet: Re: La sentence   Sam 11 Avr - 16:09

La fluidité d'un texte se fonde sur deux axes (et plus): le choix du mot et son imbrication dans la phrase. Il ne faut pas croire qu'avec un "solitude" / "quiétude" c'est faire de la poésie. L'impact sur la lecture de cette "pseudo" rime rend la phrase douce à l'écoute surtout que tu cherches à marquer un sentiment de calme. Regarde bien la structure des phrases des grands auteurs et la description d'un Proust ou d'un Balzac. Tu serais surprise en étudiant les sons qu'ils marient. Tu n'es pas obligée de mettre un son "identique", il existe aussi des sons qui se marient entre eux pour donner certains effets. Pour marquer la rugosité par exemple tu pourrais mettre des sons durs, des sons aux antipodes les uns des autres. Le son reste à la base de l'écriture puisque c'est un outil de communication. Les nuances que tu as dans la voix lors d'un dialogue se traduisent en partie par toute cette mélodie que j'explique. La théorie est bien plus longue, plus fastidieuse à expliquer. Et je ne parlais pas que de sons, je parlais de richesse de vocabulaire, de positionnement et d'orbite dans le placement des phonèmes (me semble-t-il). Je ne fais d'ailleurs jamais dans la poésie parce que je ne sais pas en faire :-D

Quant à dire que je ne travaille pas... Fichtre, ce n'est pas parce que je suis capable de parler sur msn que je ne code pas le dernier logiciel de la Maaf ! Je suis connu au boulot pour mes compétences et na ! Pour le sens, je le ferais quand j'en aurais le temps et à tête reposée, pas avec 2 grammes dans chaque bras pendant 4 jours !
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Goldmund

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MessageSujet: Re: La sentence   Sam 11 Avr - 18:29

Pour répondre à Xupi, non, en prose tu n'es pas obligé d'allier des mots qui sonnent comme une guitare acoustique. La prose accorde une importance plus grande aux effets de sens, permet à tes phrases de prendre une certaine ampleur. Contrairement à ce que te dit Tron, le son est certainement l'un des outils de communication les plus pauvres, parce que le son est très rarement motivé par le sens auquel il renvoie. Si ce n'était pas le cas, l'apprentissage des langues étrangères ne poserait auccun problème: nous serions tous polyglotes. Alors certes, il faut faire une exception pour les harmonies imitatives: le son [m] traduit la douceur, le son [s] figure l'insidieux, le son [r] la difficulté et le raclement; nous avons toute une série d'onomatopées (remarque cependant que les onomatopées varient d'une langue à l'autre). Dans le cadre d'une écriture en prose tu dois surtout tenir compte de certaines combinaisons qui arrêtent l'oreille (c'est le cas des répétitions, des énoncés difficiles à prononcer), le reste est finalement assez secondaire. Clairement, ce n'est pas avec des sons que l'on écrit un roman, ni même une nouvelle: il faut une histoire et du style.

Je suis d'accord avec toi lorsque tu dis qu'il n'est pas nécessaire dans un texte que l'écriture soit à tout prix mélodique ou fluide: la manière de dire a un impact sur ce que tu dis, ce qui autorise un grand nombre de possibilités lorsque tu rédiges ton texte, tu n'es pas obligé de "bien dire". Je pense par exemple à Stendhal qui se fait un plaisir de nous raconter les épisodes les plus dramatiques de ses histoires sur un ton sec et purement informationnel. Cette apparence d'insensibilité est un jeu auquel se livre l'auteur pour colorer son récit. Cependant je ne te conseillerais pas dans un premier temps de te lancer dans ce genre de subtilités: il faut avoir une bonne maîtrise de son propre style pour se permettre de faire volontairement dans le "rugueux". Il faut savoir créer une harmonie avant de s'entraîner à la perturber. Sinon c'est casse gueule.

Tu devrais publier le texte que tu m'as envoyé par sms.
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Ruby

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MessageSujet: Re: La sentence   Sam 11 Avr - 20:05

ok ça marche et que penses- tu de ce texte au niveau de l'histoire même si elle sent le réchauffé, plutot dans sa présentation?
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Goldmund

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MessageSujet: Re: La sentence   Dim 12 Avr - 0:16

Pour répondre à ton SMS, je viens à l'instant de lire ce texte. Le style manque souvent de fluidité, une relecture te permettrait d'éliminer des répétitions et un bon paquet de fautes d'orthographe. Mais ce n'est pas le plus important. J'aime beaucoup l'univers qui se dégage dans ce texte: je l'aime d'autant mieux que cet univers, c'est un peu le mien. Le quotidien sous ta plume s'écarte subtilement des rails de l'habitude, et l'on assiste au long processus de dérèglement qui va conduire ton personnage à se révolter: ce phénomène est très proche de celui que j'ai tenté de décrire dans un texte que je publierai bientôt dans les Duels à mot. C'est comme si le monde basculait imperceptiblement sur son orbite jusqu'à devenir méconnaissable. Il y a de très bonnes idées là dedans: le mur éraflé - à la fois blessure physique infligée à l'environement, et blessure personnelle, première étape de la tentative d'émancipation de ton personnage vis à vis de son environnement -, cette petite habitude en apparence innocente qui consiste à jouer avec les clés - innocente est suggestive car toute l'hésitation du personnage est enclose dans ce geste -, le cadre enfin, associé à un purgatoire. Ton protagoniste est une figure de la transgression: transgression du quotidien, de la Loi, et enfin, transgression de la vie. Sans être foncièrement original, c'est toujours quelque chose de beau, et qui flirt mine de rien avec l'essence même de la création littéraire. Parce que la littérature est une transgression.

Il faut je pense, pour servir ton idée, ne pas s'encombrer de grands mots ou de grandes déclarations, parce que la vie du gardien n'est pas faite de toutes ces choses bruyantes. La vie du gardien est une ligne droite sur laquelle rien ne passe, et rien ne se passe: et ce n'est que par le détail et le monologue intérieur que tu peux retranscrire tout cela. C'est je crois ce que tu as essayé de faire dans ce texte, même si tu as tendance à te dispercer avec des anecdotes qui ne serve pas forcément le déroulement de ton récit.

En somme, l'idée est excellente, il y a des passages intéressants, mais tu dois, encore une fois, travailler à fluidifier ton style. C'est assez étonnant de te voir écrire des textes aussi différents, tu es difficile à cerner, et je pense que toi-même tu es en train de te chercher. Je confirme en tout cas ma première impression: tu es plus à l'aise en prose qu'en vers. Les vers restreignent trop ton imagination pour que tu puisses t'y exprimer pleinement et t'obligent à accomplir un travail stylistique auquel tu n'es pas encore prête. Or l'imagination est ta grande qualité, tu dois jouer là-dessus.
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Tr0n

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MessageSujet: Re: La sentence   Dim 12 Avr - 15:21

Citation :
Contrairement à ce que te dit Tron, le son est certainement l'un des outils de communication les plus pauvres, parce que le son est très rarement motivé par le sens auquel il renvoie. Si ce n'était pas le cas, l'apprentissage des langues étrangères ne poserait auccun problème: nous serions tous polyglotes. Alors certes, il faut faire une exception pour les harmonies imitatives: le son [m] traduit la douceur, le son [s] figure l'insidieux, le son [r] la difficulté et le raclement; nous avons toute une série d'onomatopées (remarque cependant que les onomatopées varient d'une langue à l'autre). Dans le cadre d'une écriture en prose tu dois surtout tenir compte de certaines combinaisons qui arrêtent l'oreille (c'est le cas des répétitions, des énoncés difficiles à prononcer), le reste est finalement assez secondaire. Clairement, ce n'est pas avec des sons que l'on écrit un roman, ni même une nouvelle: il faut une histoire et du style.

De mon point de vue, rien n'est secondaire dans l'écriture d'une nouvelle. Le son est une composante aussi importante que le vocabulaire, ou le choix des tournures de phrases. Et je n'ai jamais dit qu'il n'y avait "que" le son. J'ai bien montré d'autres problèmes. Une nouvelle est un "tout". Par contre je pense que tu serais surpris de découvrir certaines langues où le son et le sens sont proches (le problème devient alors culturel : quel son exprime quoi ?). Et d'ailleurs les polyglottes te le diront, ils fonctionnent par mimétisme sonore souvent, une tout autre façon d'apprendre (c'est pour ça qu'en France nous sommes de sombres buses dans ce genre d'apprentissage, à croire que tout est décorelé ^^).

Tiens par exemple le mot böse en Allemand. Ça fait un peu ennuyeux comme son non ? Ça descend. Tu peux en déduire une signification un peu chiante. Et ça veut dire ? "Méchant", tu n'es pas très loin. Il existe des milliers d'exemples comme celui-ci où par perception tu peux détecter une partie du sens quand tu comprends quelques mots. C'est bien plus simple que tu le crois, et avec un peu d'entraînement, tout le monde peut être polyglotte Très Heureux (kamoulox !)
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Goldmund

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MessageSujet: Re: La sentence   Dim 12 Avr - 20:14

Citation :
Le son est une composante aussi importante que le vocabulaire, ou le choix des tournures de phrases.
Même toi tu n'y crois pas: alors n'essaye pas de m'en convaincre. La question d'un langage dont les sonorités seraient motivées par le sens de l'énoncé est tranchée depuis quelques siècles: la langue française ne fait pas "rimer" le son et le sens, à quelques rares exceptions près qui tiennent pour la plupart du hasard. Il y a deux exceptions notables et je les ai nommées: l'onomatopée et les harmonies imitatives qui sont quant à elles strictement reléguées au genre poétique. La prose tient finalement peu compte des sonorités, pourvu que l'énoncé soit pronoçable et qu'il ne s'encombre pas de trop de répétitions. La prose, c'est avant tout un vocabulaire, une syntaxe, un jeu sur le sens et sur le rythme. Je ne dis pas que le son n'y entre pour rien, mais il y entre pour très peu.

En ce qui me concerne, je ne me soucie des sonorités de ma prose que lorsqu'il s'agit de trancher entre une voyelle ou une consonne: non pas que l'une sonne mieux que l'autre, c'est purement une fois encore une question de rythme. La consonne est plus brève, plus cadencée; la voyelle plus coulante, plus longue. Mais ce sont là des finesses qui ne payent pas beaucoup, et sur ce sujet, je me rapporte volontiers à Cocteau. Cocteau explique dans ses arguments chorégraphiques que la poésie au théâtre ne saurait être une poésie de dentelles, mais au contraire de gros cordages, pour être visible depuis les gradins. Il en va de même du roman qui est un genre moins concentré, plus lâche que le poème, et qui de part sa longueur même privilégiera une construction de fond, sur le long terme, plutôt qu'un travail très pointu sur chaque mot. Je ne dis pas qu'un roman doit être mal écrit, je dis qu'il ne doit pas être travaillé comme on travaille un poème.
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Tr0n

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MessageSujet: Re: La sentence   Lun 13 Avr - 13:20

Tu t'en soucis toi lorsqu'il s'agit de trancher voyelles et consonnes ? Et bien personnellement je m'en soucis dans l'ensemble de ce que j'écris car le rythme fait partie intégrante du "son". Je ne parlais pas que de "sons" au sens "rimes" ou reprise de syllabes, dans ce que j'énonçais. Le rythme, l'accentuation, l'ensemble de la phonétique est, de mon point de vue, primordiale au même titre que le vocabulaire ou la syntaxe. C'est la touche qui me rend plus sensible au sens, qui accroche les perceptions.

Quant aux histoires de sens et de sons, je suis bien moins certains que toi. Mes études en sciences cognitives et en linguistiques me font dire que l'apprentissage des langues n'est pas motivé par de simples travaux analogiques du cerveau humain et qu'il pratique une sorte de mimétisme phonétique dans le cas des polyglottes justement. Certains ont des sens et une perception plus fine pour analyser les mécaniques d'une langue. Je n'ai pas dit que le français faisait parti des langues où le son est important, mais je peux t'assurer qu'après avoir étudié je ne sais pas combien de langues, les exceptions que tu crois "rares" sont assez communes quand on les marie avec le rythme et l'accentuation.

Je reste sur mes positions là dessus. Le choix des sons rend un texte talentueux quand il est déjà bien écrit. Par exemple, Balzac, dans Ferragus a des choix sonores pour son rythme qui sont véritablement fantastiques. Choix qu'il n'a pas dans le père Goriot, ce qui rend ce dernier vachement moins bien à mes yeux. Mais ça reste subjectif... Quoi qu'en proposant à un ignare deux extraits de ces romans, je suis quasiment assuré avec certitudes que l'un plaira plus que l'autre. Et je répète le rythme fait parti du son...

D'ailleurs je n'ai jamais considéré que je faisais de la poésie quand j'écrivais.
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Ruby

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MessageSujet: Re: La sentence   Lun 13 Avr - 20:36

J'ai lu ce que vous aviez écrit tous les deux et c'est vraiment intéréssant , ça m'a fait réfléchir sur la place du son et je pense que vous avez tous les deux d'accord. Je m'explique je pense finalement que le "son" permet une meilleure compréhension et donc d'accéder mieux au sens du texte. Il est l'un des moyens pour décrire mais je pense qu'il est secondaire par rapport au vocabulaire. On peut lire un texte où le rythme, les rimes et les longueurs de phrases sont négligés mais qui sera tout aussi bien compris qu'un texte plus travaillé dans ce sens. Mais c'est vrai que ces artifices permettent d'avoir une meilleure vision de l'action décrite. Après je pense que pour un récit c'est beaucoup moins fondamental car ce n'est pas un texte " oral" dans le sens où on va forcément le lire à haute voix. Il a plus d'importance dans la poésie et le théâtre. Après je trouve aussi que la langue française ne permet pas autant de jouer sur le son que l'anglaise par exemple qui est fait d'accentuations ce qui explique le succès et la virtuosité de Shakespeare dans ses pièces et ses poèmes.
Après c'est mon humble avis, je ne suis pas experte
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Chikoun
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MessageSujet: Re: La sentence   Lun 13 Avr - 20:51

La langue française comporte aussi ses accents toniques, moins prononcés qu'en anglais, certes, mais présents tout de même. L'anglais est un ramassis de sons imprononçables et tous aussi moches et flasques les uns que les autres où les lettres n'ont finalement aucun intérêt vu qu'on n'en prononce pas la moitié.

C'est dit =°

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Ruby

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MessageSujet: Re: La sentence   Lun 13 Avr - 21:07

^^ aurais-tu une haine, à tout hasard, contre la langue anglaise? ^^
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Chikoun
Coordonnateur Littéraire


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MessageSujet: Re: La sentence   Lun 13 Avr - 21:10

La haine est un sentiment stupide que je me plais à ne pas connaître.

La langue anglaise me débecte, nuance. Cependant, je t'avoue que voir un Shakespeare n'est pas totalement déplaisant.

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Ruby

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MessageSujet: Re: La sentence   Lun 13 Avr - 21:23

^^ d'accord très différent donc! ça me fait plaisir d'entendre ça pour notre cher williams!
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Goldmund

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MessageSujet: Re: La sentence   Lun 13 Avr - 23:55

Attentions aux caricatures.

Lire du Balzac avec l'idée que l'écrivain s'est soucié de la sonorité de chaque mot, surtout connaissant le rythme soutenu de ses publications, ce n'est plus du purisme, c'est de l'ahurissement gentillet. Balzac c'est notre Levy du XIX, hein ? Le Best Seller et le livre torché en quelques jours, il nous a pas attendu pour l'inventer.

La langue français possède des accents toniques: oui et non, ça dépend de la grammaire, en tout cas son accentuation n'a rien d'aussi prononcé que l'espagnol, l'anglais, et même le latin dont il découle. Très concrètement on ne se soucie des accents toniques qu'en langage poétique, et celui qui s'exprimera à l'oral en soulignant les dernières syllabes, en prononçant tous les "e" en fin de mot et en rétablissant les diérèses passera clairement pour un con. L'accentuation n'est vraiment pertinente que pour souligner la modalité de l'énoncé: une phrase ascendante pour l'interrogation ou l'exclamation, descendante pour l'assertion, on accentue un mot pour le mettre en évidence ("tu vas VENIR, oui ?").

Oui, notre langue est faite de sons, mais ce n'est pas, ce n'est plus de son qu'est faite notre littérature, et je défie Tron de nous faire une analyse des sonorités d'un extrait de Balzac. Les sons entrent pour très peu dans la fluidité d'un texte, c'est avant tout affaire de rythme, de nombre de syllabes, quant à un jeu sonore qui aurait pour but de souligner le sens, c'est très joli sur le papier, ça se fait beaucoup en poésie dans la mesure où l'oeuvre lambda fera moins d'une vingtaine de vers, mais à l'échelle d'un roman, c'est du fantasme pur.


Dernière édition par Goldmund le Mar 14 Avr - 0:39, édité 2 fois
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Goldmund

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MessageSujet: Re: La sentence   Mar 14 Avr - 0:17

Ah, je crois que je comprends. Ne serions-nous pas en train de mélanger l'analyse sonore et l'analyse mélodique ? Non, un roman n'est pas écrit avec des sons, et je prétends que dans beaucoup de poèmes, le son est encore moins important que le rythme, moins important que le sens, tout juste sert-il ici et là à créer quelques effets de style - exception faite des petites choses expérimentales qu'on voit finalement assez peu dans le secondaire, le formalisme, le symbolisme, le surréalisme, ...

En revanche, la structure mélodique d'un texte est l'un des aspects primordiaux de l'écriture, autant pour les oeuvres les plus longues que pour les plus brèves. Qu'appelle-t-on "structure mélodique" ? Grossomodo, la manière dont on prononce un énoncé: la voix peut monter ou descendre. Une même phrase peut se composer d'une seule montée de la voix, ou d'une seule descente, ou d'un assemblage des deux. Ces montées et ces descentes peuvent être plus ou moins longues. En un mot, tout ça nous renvoie à ce qu'on appelle plus communément "le rythme". La structure mélodique d'un texte influe très étroitement sur la signification de l'énoncé mais aussi sur la qualité formelle de ce dernier. La prose Balzacienne, pour en revenir encore et toujours à l'exemple de Tron, est une prose trèès longue, avec de graaandes montées, de graaandes descentes, un rythme lent et sans cassures, propice à la description. C'est un peu tout le contraire de la prose moderne en fait. On peut dire d'un texte qu'il fait de la musique s'il est bien conçu d'un point de vue mélodique, mais alors ça n'a rien à voir avec les sonorités, c'est plutôt une question d'intonation, de ponctuation. On a tous des schémas mélodiques préconstruits dans la tête qui nous permettent de définir ce qui est beau et ce qui ne l'est pas: l'exemple le plus frappant c'est la construction tripartite. Si vous voulez faire genre, faut en caser ici et là, des énumérations de trois noms, des phrases qui se finissent par trois adjectifs, ...

Je prends un exemple très simple, c'est de Pagnol:
Bleme, inconsolable, elle ignorait qu'elle se trouvait chez son fils.

Pourquoi qu'elle pète cette phrase ? Parce que l'auteur s'est fait chier à mettre des sons en [è] partout ? Peut-être. Mais il s'est surtout amusé à pertuber nos schémas mélodiques. Blême (une petite montée), inconsolable (une petite montée), elle ignorait qu'elle se trouvait chez son fils. Les montées brèves (je me sens ridicule de parler de "montées", le vrai nom c'est "protase") engendrent un rythme extrêmement cadencé qui permet de mettre en évidence les deux adjectifs. Quant à la descente finale (descente ou apodose), vous voyez bien qu'elle est beaucoup plus longue que les protases. La voix descend lentement jusqu'à s'éteindre sur "fils": ça a quelque chose de doux et de conclusif qui détone avec le caractère explosif du départ (et on retrouve notre construction tripartite). C'est tout du rythme les enfants: on appelle ça une phrase à traîne. Bon, il n'y a pas que ça: le choix des adjectifs et la simplicité de la formulation ne sont pas pour rien dans la beauté de cette phrase, mais on perdra son temps à vouloir à tout prix y voir un quelconque jeu sur les sonorités pouvant justifier de son harmonie très particulière.
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La sentence
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