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 Sylvain

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dale cooper

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MessageSujet: Sylvain   Jeu 13 Aoû - 11:56

Un récit de jeunesse...

Je me suis aperçu, lors de la construction de ma vitrine, que j'avais oublié de publié celui-ci. Du coup je l'ai ressorti et un peu corrigé. Ca reste un peu niais, c'était il y a un peu plus d'un an et demi de ça, je venais d'arriver sur le board plein de bonne volonté.

Je le mets quand même :p




Ça n'est pas ma mère !!

Une cour de récréation un midi.

Les gamins couraient et hurlaient comme à leur habitude. Vraiment, comment pourrait-il supporter ça encore trois mois. C'était son deuxième mardi. Lui, Gilles Jaskly, professeur émérite de lettres classiques à l'Université, en était arrivé à surveiller des moutards dans l'école primaire d'un sordide chef-lieu de canton provincial. Voilà ce qui arrivait quand on voulait à tout prix faire bonne figure devant « sa vie sociale ». Quand sa fille aînée lui avait demandé de la remplacer quelques semaines en tant qu'instituteur dans son école, il avait répondu un peu vite. Sans doute parce qu'il s'était laissé emporté par la grande nouvelle. Il serait grand-père d'ici quelques mois. Le reste ne comptait plus tant il était ému. Elle tenait bien de sa mère cette petite. Elle l'avait bien eu surtout. Du coup le voilà qui se retrouvait à surveiller les recoins de cette cour de récréation, à l'affût du moindre coup pendable que préparait ces mioches. Forcément tout le monde était ravi d'accueillir un professeur de sa trempe à l'école Notre-Dame de Saint Pétaouchnok.

Ça n'est pas ma mère !!

Enfin, il se disait que ça pouvait être une expérience intéressante que de revenir « aux sources » de l'éducation. C'était comme de mettre les mains dans le cambouis. Et puis si il réussissait à instiguer le goût de la lecture et des études à ces chères petites têtes blondes peut être aurait-il la joie d'en voir un ou deux sur les bancs de sa fac. En attendant...

Ça n'est pas ma mère !!

- Oh il se passe quoi là dedans encore ?
- Oh ! Le professeur qui mérite !
- Emérite ... Alors il se passe quoi ? Pourquoi vous êtes dans ces toilettes au lieu de jouer dehors ?
- On parlait monsieur.
- Et vous pouvez pas le faire dehors ? Et pourquoi il pleure lui ?
- On préfère parler ici msieur. C'est plus facile pour se dire des secrets.
- Des secrets hein... Quoi qu'il en soit vous êtes pas dans un confessionnal vous êtes dans les chio... toilettes. Allez ! Hop ! Tout le monde dehors.

Les gamins partirent nonchalamment, déçus qu'on vienne les déloger de leur havre de tranquillité. Cependant Gilles prit l'un des gamins à part. Celui qui pleurait. Comment s'appelait-il déjà ?
Évidement quand on professe à des centaines d'étudiants dans un amphi on ne s'encombre pas de connaître les prénoms. Mais ici les règles étaient bien différentes, et il devait faire de réels efforts de mémoire pour se rappeler quels marmots étaient dans sa classe.

- Alors ? Pourquoi tu pleures ? C'est à cause des autres ? Ils t'ont fait du mal ?
- Non.
- Qu'est ce qu'il y a alors ?
- C'est à cause des secrets !
- ...
- ...
- Mais encore ?
- Je dois pas le dire.
- Non forcément puisque c'est un secret. N'empêche que si il se passe quelque chose d'anormal ici ça me concerne. Tu me comprends ? Alors dis moi ce qu'il t'arrive. Comme on est toujours dans les toilettes et que c'est le lieu des confidences je te promets de garder ça pour moi.
- D'accord.
- Je t'écoute.
- Ça n'est pas ma mère.
- Comment ça ? Qui ça ?
- Ma mère, ça n'est pas ma vraie mère.
- Tu as été adopté ?! Tu es élevé par quelqu'un d'autre ? Ton père est divorcé ? Veuf ? Il s'est remarié c'est ça ?
- Non... rien de tout ça. C'est juste que celle qui se fait passer pour ma mère... Ça n'est pas ma mère c'est tout.

Et voilà !! Education, écoute, attention... tout ça pour en arriver là. Dans quoi avait-il encore mis les pieds. Qu'est-ce qu'il pourrait bien dire à ce gamin qui croyait lui aussi que sa mère était un vampire ou un quelconque monstre depuis le jour où elle lui avait sans doute empêché de jouer à la console.

- Euh... écoute. Tu sais les parents, ils font ce qu'ils peuvent pour bien vous éduquer. Et même si ce n'est pas ta mère, je suis sûr qu'elle tient à ta famille suffisamment pour ...
- Non vous ne comprenez pas. Ça n'est pas ma mère. Ni la femme de mon père, ni sa copine ni une mère adoptive. Elle ne m'élève pas... elle... Ça n'est pas ma mère.
- C'est comment ton prénom déjà ?
- Sylvain. Je dois rentrer en classe Monsieur. Et vous aussi.


Sylvain. Oui bien sûr. Ce petit était dans sa classe justement. Maintenant qu'il y pensait il se souvenait avoir lu ses rédactions. Il était plus mûr que les autres sous certains aspects. Mais sous d'autres il semblait aussi, comment dire, presque limité, lent parfois.

L'après midi de classe se passa sans encombre. Le soir venu Gilles se mit à la fenêtre de la salle et regarda ses élèves rejoindre leurs parents venus les chercher. Parmi les embrassades, les câlins maternels et les distributions de goûter il chercha le petit Sylvain du regard. Il finit par le voir adossé à la grille de l'école, seul, observant les autres enfants. Dans son attitude il y avait quelque chose de dérangeant. Il émanait de lui un sentiment particulier. De la jalousie, du manque, de l'envie. Oui c'était cela, de l'envie. Sylvain manquait peut être d'amour maternel en fait. Il jalousait celui des autres en les voyant avec leurs mères, tous insouciants d'une chose si naturelle.

Puis Gilles se détourna de la fenêtre. Il effaça le tableau vert, épousseta la craie de sa veste et alla à son bureau pour ranger ses affaires. Quand il quitta l'école cartable à la main, il fut surpris de voir qu'un garçon attendait toujours à la grille. Sylvain, qui d'autre. Il lui fit signe de la main en se forçant à sourire, mais le garçon ne lui rendit son salut que par un vague geste de la main. Une grosse berline noire se gara sur le bord du trottoir. Une jeune femme blonde en sortit et s'approcha de Sylvain. Si jeune, si belle. Ses longs cheveux ondulaient en cadence avec le reste de son corps svelte. Elle avait de l'allure c'est sûr. Bien plus que toutes les rombières de cette bourgade. Elle aurait pu venir d'une grande métropole. Elle aurait pu être ce genre de femme que l'on croisait dans les quartiers chics des capitales. Altière et décidée. Si jeune, si belle.

Sans dire un mot, elle prit le cartable du petit garçon et rentra immédiatement dans la voiture. Sylvain ouvrit lui même la portière de la voiture qui démarra avant même qu'il eut fini de la refermer. Cette jeune femme lui ressemblait beaucoup. Trop pour ne pas être de sa famille. Sans doute avait elle eu Sylvain bien trop jeune, peut être sans vraiment le désirer réellement. Qu'une fille inexpérimentée et surtout non préparée à la maternité ne puisse s'occuper « normalement » de son rejeton, était devenu une attitude courante dans la société de Gilles. Finalement c'était peut être ça qui dérangeait le garçon.

Ça n'est pas ma mère !!


Amélie, qui en était à son huitième mois, s'affala sur le canapé plus qu'elle ne s'y assit. La pauvre petite était devenue énorme. Mais tellement resplendissante. Gilles s'était installé chez elle et son gendre pour ces quelques mois de remplacement. Il aimait y trouver la quiétude d'un foyer plein de vie; ce qui lui faisait défaut dans son grand appartement haussmannien, très confortable certes, mais totalement dénué de vie depuis qu'il y vivait seul. Il chassa le souvenir d'un divorce consommé depuis longtemps pour revenir à d'autres considérations.

- Dis moi ma très chère fille, tu connais le petit Sylvain? Je veux dire, y a t-il quelque chose de particulier avec ce gosse ?
- Sylvain ? Moui, il est un peu « bizarre ». Je crois qu'il est en conflit avec sa mère. Le peu de fois où il en a parlé ça n'était jamais de façon classique. Mais bon, il doit surtout avoir un frein à la construction de sa personnalité. Ça passera avec l'âge..
- Ou ça empirera à l'adolescence !
- Tout empire à l'adolescence, regarde moi !!
- Tu n'es pas la plus indisciplinée de mes filles ma chérie.
- C'est un grand honneur que vous me faites là cher papa. Au fait comment vont mes innombrables frères et soeurs disséminés au travers le monde ?

Gilles esquiva la provocation de son unique fille « légitime ». Elle était la seule issue d'un mariage. Elle avait deux demi-soeurs avec qui elle s'entendait très bien, mais également un demi-frère dont personne n'avait plus eu de nouvelles depuis bien longtemps. De toute façon de la part d'un amerloque on ne pouvait pas trop en demander. Qu'il reste dans son pays. Gilles avait déjà bien à faire avec ces filles adorées.

Il se retrouva à lire les devoirs du fameux Sylvain. Une rédaction portant sur les dimanches en famille attira tout particulièrement son attention. Il était clair que ce gamin était dérangé. Peut être devrait-il en parler à l'administration. C'est ce qui se faisait d'habitude non ? Les enfants en difficulté devaient être particulièrement suivis.

Le devoir d'un gamin de cet âge là ne devait pas ressembler à ça.
Citation :

« Le dimanche toute la famille déjeune ensemble. Mon père boit du café au lait, moi et ma petite soeur on boit du chocolat. La femme qui vit avec nous boit du jus d'orange. Elle ne nous parle pas et elle lit des magazines. L'après midi du dimanche je joue au foot dans un club où on m'a inscrit mais je n'aime pas ça. Alors je reste sur le banc de touche et j'attends l'heure où je peux rentrer chez moi. Ma petite soeur reste avec mon père et la femme à la maison. C'est sa mère. Mais Ça n'est pas le mienne. »

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MessageSujet: Re: Sylvain   Jeu 13 Aoû - 11:57


Le lendemain Gilles tenta d'en glisser deux mots au directeur et à la femme qui tenait lieu de médecin et de psychologue dans l'établissement. Il choisit le moment du déjeuner pour leur parler de ses inquiétudes.

- Ne vous inquiétez pas pour ça, cher Professeur. Des enfants un peu perturbés il y en a toujours eu. Ça n'est jamais très méchant. Et puis on ne peut pas, on ne DOIT pas interférer avec la socialisation familiale. N'oubliez jamais : nous sommes des instructeurs, pas des éducateurs.
- Et puis de toute façon, Professeur, il est devenu si difficile de communiquer avec les parents aujourd'hui. Chaque remarque que nous faisons doit être mûrement réfléchie. Un mot de travers et ça peut se finir en plainte ou je ne sais quoi.
- Madame Détriché a raison. Le mieux reste encore de ne pas nous en occuper de trop prêt.
- Et puis si vous me permettez Monsieur le Directeur, on ne peut pas non plus se permettre d'être derrière le dos de chaque enfant. On a déjà une classe d'enfants en difficulté, et ce n'est pas facile à gérer. C'est une classe spéciale pour les préparer au collège. Si il n'y avait pas eu les subventions allouées par le Ministère on s'en serait bien volontiers passé.

Ainsi donc selon l'administration, un enfant qui souffrait d'une paranoïa familiale n'était pas en difficulté. Un tel privilège ne devait être réservé qu'aux enfants d'immigrés, de RMIstes, chômeurs et autres cas sociaux particulièrement mal vus dans un microcosme bourgeois comme l'était cette ville.

Qu'il en soit ainsi alors. Il s'en laverait les mains comme tous les autres.

Mais avant il tenterait quand même de parler avec ses parents. En plaise au Ministère.

D'après ce qu'il savait, le père de Sylvain était une sorte de médecin. Il ne pratiquait plus et se consacrait désormais à la publication d'articles dans des revues spécialisées de bio-ingénierie et génétique. Le type même de savant fou qui n'était pas sans rappeler à Gilles, les faiseurs de monstres de la littérature fantastique.

Sa mère, quant à elle, travaillait à mi-temps dans une boutique de soins esthétiques où elle était vendeuse. Elle ne tripotait donc pas les rombières. Le reste du temps elle s'occupait de sa petite fille qui n'était pas encore scolarisée.

Ils avaient emménagé il y près d'un an dans la ville, dans un quartier résidentiel plutôt douillet, le genre de quartier où on s'égarait facilement dans les alignements de maisons identiques, perdues entre des rues portant les sempiternels noms d'oiseux marins ou de compositeurs classiques. Ils s'étaient visiblement bien intégrés, puisque Monsieur serait, disait-on, du prochain conseil municipal et Madame animait un club de scrapbooking deux après-midi par semaine à la maison pour tous.

Une famille bien comme il faut en somme. Le dialogue devrait pouvoir s'instaurer facilement.

Il attendit donc le retour de la grosse berline noire. Quand elle fit halte sur le trottoir, il se rapprocha. Comme les vitres étaient teintées et toutes relevées il ne sut comment nouer le contact. Il tapota donc du coté conducteur. La vitre électrique se baissa sur les immenses yeux bleus de la jeune femme blonde entraperçue la veille. Celle-ci paraissait surprise. Son visage fermé soutenait le regard du professeur.

- Bonjour, je suis le professeur Gilles Jaskly. Je suis l'enseignant de Sylvain et ...
- Ah bonjour Monsieur, j'ai entendu parler de vous. Vous êtes prof à l'Université c'est ça ?

Son sourire l'obséda dès le premier instant. Il savait qu'il lui serait désormais difficile de ne pas y recourir durant ses nuits de solitude. Son visage fin et légèrement maquillé resplendissait. Sa peau lisse et parfaite était une tentation subtile, sa beauté devait inspirer la jalousie de tous ceux qui ne coucheraient jamais avec elle et les éternels regrets de ceux qui ne le feraient plus.

Le professeur lutta de toutes ses forces pour ne pas tomber dans le piège de son chemisier échancré. Il n'avait pas parlé depuis trois secondes, et ça lui sembla une éternité. Il s'aperçut qu'il la dévisageait, appuyé au dessus d'elle, les deux mains sur l'encadrement de la vitre grande ouverte.

- Euh excusez moi, c'est juste que je ne m'attendais pas à voir une fille... une mère aussi jeune et jolie. Pardonnez moi.
- Mais je vous en prie, Professeur. Il n'y a pas de mal je vous assure.
- Euh ...

Son sourire s'agrandit d'autant plus. Le contraste de ses dents miraculeusement blanches et de la violence de son rouge à lèvre le fit défaillir à nouveau.

- Vous vouliez me dire quelque chose Professeur ?
- Oui, euh en fait, c'est à propos de Sylvain. Je ne tiens pas à vous alarmer mais je voulais juste savoir si il y avait des tensions au sein de sa famille. Il semble être un peu ému parfois en parlant de son foyer.
- Ah... il vous a sans doute raconté que je n'étais pas sa mère.


Déception. C'est ce qu'on pouvait lire sur son visage. Le sourire avait disparu en un clin d'oeil pour laisser place à l'intolérable cruauté de la déception. Comment un tel visage pouvait montrer une telle tristesse. Personne n'avait le droit de provoquer un tel gâchis. Qui aurait pu laisser cette femme perdre son air mutin et épanoui. N'importe quel homme aurait tout fait pour lui rendre son sourire.
Ce que Gilles tenta de faire.

- Oh je vous assure ce n'est pas la première fois que j'entends de telles histoires. Et c'est vrai que j'ai du mal à croire, en voyant une si jeune femme, que vous soyez sa mère.
_ Merci. Mais je le suis pourtant. C'est vrai que je l'ai eu jeune, mais ça n'empêche que je suis bien sa mère. N'est-ce pas mon chéri ?

Sylvain les regarda d'un air dur sans répondre. Il était resté en retrait, observant une scène déjà vécue trop souvent.

- Ça n'est pas ma mère !!!
- Ca y est, ça lui reprend. Sylvain arrête de dire ces bêtises et monte dans la voiture. Professeur, si vous saviez à quel point ça me fait mal quand j'entends ça.

Non arrêtez. Je vous en supplie ne pleurez pas.
Devant ses immenses yeux remplis de larmes il sut ce que pouvait être le lot de cette femme. Reniée par son fils, c'est elle en fait qui ne recevait pas l'amour qu'une mère peut attendre de ses propres enfants. Et ce petit morveux infligeait cette peine à une si belle créature. Etait-il jaloux ? Lui en voulait-il d'être plus attirante que toutes les autres mères ?

Quoi qu'il en soit, Gilles se trouva désarçonné par les larmes de la jeune femme. La tête penchée vers l'avant il ne voyait plus désormais qu'une mèche blonde, épaisse et délicate à la fois, côtoyer le grenat des ses lèvres magnifiques. Il s'en voulut de profiter de cette détresse pour glisser son regard avide entre les boutons ouverts de son décolleté. Ses petits seins reposaient sagement dans une dentelle aussi rouge que sa bouche. Il se vit les caresser, les embrasser. Il aurait voulu être celui qui l'aurait consolé pour le restant de ses jours.

- Excusez moi Professeur, c'est tellement difficile, si vous saviez... si vous saviez.
- Je vous en prie. Je crois que je vais en parler plus sérieusement à notre psychologue. Sylvain doit comprendre le mal qu'il vous fait. S'il en prend conscience je pense que tout ira mieux.

Ces paroles d'espoir les firent sourire tous les deux. Ils se regardèrent longuement. Les secondes passaient et leur offraient cette intimité que certains mettent des années à construire. Ils étaient des enfants s'embrassant sur la joue, assis dans le soleil d'un été depuis longtemps oublié. L'instant d'après ils se retrouvaient étudiants couchés l'un contre l'autre dans une chambre de bonne, et puis juste après il se voyait à nouveau la prendre dans ses bras la caresser comme en cet instant, près de l'école primaire d'une ravissante petite ville de province.

- Ça n'est pas ma mère !


Tels furent les derniers mots de l'enfant. Il profita du passage d'un semi-remorque pour se jeter sous ses roues.

Le directeur de l'école avait longtemps insisté pour qu'on interdise le passage aux camions à cet endroit. Trop de véhicules y passaient. Trop vite. Bien trop vite.
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MessageSujet: Re: Sylvain   Jeu 13 Aoû - 11:59

Citation :
« Drame aujourd'hui dans une petite ville de province où un enfant s'est jeté sous un camion devant le regard de son instituteur et de sa mère ... »

Citation :
« L'accident s'est produit alors que la mère et le professeur parlait justement des problèmes psychologiques de l'enfant... »

Citation :
« Les suicides d'enfants sont d'autant plus choquants qu'ils sont très rares. Dans ce cas-ci, ce geste est tellement déroutant que le parquet a demandé l'ouverture d'une enquête judiciaire... »

Citation :
« Dans l'affaire du petit Sylvain, les gendarmes ont perquisitionné l'école où se trouvait scolarisé le petit garçon ainsi que les maisons de son institutrice et de ses parents. La gendarmerie intervenant sur demande du Procureur cherche à déterminer les raisons qui ont poussées l'enfant à un tel acte... »

Citation :
« Les derniers éléments de l'enquête semblent démontrer que l'instabilité du jeune Sylvain trouverait ses origines dans un mauvais traitement au coeur de sa famille. Le mystère semble s'épaissir autour de ce sinistre fait divers... »

Citation :
« On vient de l'apprendre à l'instant, le docteur Salticci, le père du petit Sylvain vient de se défenestrer durant sa mise en garde à vue. Alors qu'il venait effectuer une visite médicale à l'infirmerie de la gendarmerie nationale, le Docteur Salticci s'est jeté par une fenêtre non grillagée du troisième étage. Les premières informations semblent démontrer que bien qu'il ait survécu, ses jours pourraient être en danger. Il a été transporté immédiatement au CHU ... »

Citation :
« Alors oui ! Forcément on peut s'interroger. Qu'est ce que cette famille a à cacher. Qui est cette jeune femme, cette femme fatale qui derrière son masque de femme-enfant cache un monstre capable de faire se suicider enfant et mari. On se le demande bien. Ce qui est sûr c'est qu'un lourd secret pèse dans les rues de cette petite ville tranquille... »

Citation :
« Les résultats de l'enquête sur la disparition tragique du petit Sylvain viennent d'être remises au parquet. Celui-ci a immédiatement fait écrouer Madame Salticci, mère de l'enfant. Le procureur a décidé d'ouvrir une procédure élargie au département d'origine de la famille Salticci... »


Citation :
« Monsieur le Procureur c'est à vous.
- Merci Mesdames et Messieurs de vous êtes déplacés. Je vais être succinct dans cette intervention publique tant les faits que j'ai à exposer se passent de commentaires face à l'incompréhension d'une telle situation. Les fouilles effectuées à l'ancien domicile de la famille Salticci ont permis de découvrir un corps enterré dans le jardin depuis à peu près deux an et demi. Son état de décomposition avancé a tout de même permis l'analyse de son ADN et la comparaison avec celui des autres membres de la famille Salticci... »


Ça n'est pas ma mère !

Ma mère était douce et gentille. Elle m'aimait plus que mon père et ma salope de grande soeur. Ma mère savait tout mais elle avait tellement honte qu'elle ne pouvait rien faire. Mon père et ma soeur, aussi vicieux et fous l'un que l'autre, se moquaient d'elle, la rendaient folle. Ils me faisaient peur. Le jour où ils lui dirent qu'ils allaient avoir un enfant tous les deux, ma mère en eut assez et elle voulu me prendre avec elle pour m'emmener loin de cette folie.

Mais ils ne la laissèrent pas partir. Je ne vis rien, mais je les entendis faire leur sale besogne dans le jardin.

Ensuite ils décidèrent de tout abandonner. Mon père avait toujours aimé les femmes très jeunes. Ma mère avait eu sa fille à l'âge de 17 ans. Et 17 ans plus tard mon père allait avoir une autre fille, engendrée par ce qu'il appelait "un complexe d'Electre pleinement assumé".

Leur plan était simple. L'une prendrait la place de l'autre. Un peu de maquillage pour la vieillir un tout petit peu, un enfant à allaiter; qui soupçonnerait la supercherie. Elle gagnerait 17 ans et prendrait l'état civil de sa propre mère. Tandis que si on demandait des nouvelles de leur fille aînée, ils n'auraient qu'à dire qu'elle était partie faire sa vie de l'autre coté de l'Atlantique. Simple. Efficace. Tout le monde n'y vit que du feu. Jusqu'à ce que je crie toute ma détresse. Jusqu'à ce que je crie une dernière fois ...


Ça n'est pas ma mère !!





Bon c'est en trois partie... c'ets juste parce que le forum ne m'a pas permis de poster tout le texte dans un seul message. Mais ça n'en reste pas moins une short story.
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MessageSujet: Re: Sylvain   Lun 17 Aoû - 22:15

Alors et beh tout d'abord je t'encourage à continuer à publier tes textes sur Ta car ils sont de qualité, très plaisants à lire, j'en ai lu quelques uns sur le Board et vraiment je trouve que tu as une capacité à nous transporter dans un univers, proche de la réalité qui nous transporte et nous reflète le monde d'aujourd'hui. Bon je sais pas si je m'xprime bien! ^^
Bon alors j'ai plutot bien aimé, on sent quelques maladresses, des erreurs de jeunesse surement mais en le relisant c'est passé mieux. L'idée était bonne, tu l'as bien présenté, j'ai aimé la mise en page avec les articles adossés, le cri de l'enfant répétitif qui se répand dans tout le texte. C'est une histoire abracadabrante et en même temps si plausible, si vrai, regardez à un étage inférieur la famille Nicholson!
Bon je commente de plus près le texte
J'aime bien donc cette interjection redondante du gamin : ce n'est pas ma mère qui nous poursuit, nous interroge.
Bon des fois ça sent le rabachage d'un récit déja lu dans la structure, avec des phrases clichés genre les têtes blondes mais d'un côté ça colle bien au langage professoral!
la blague sur professeur émérite m'a fait sourire ^^
Donc comme je te disais au départ j'ai tiqué mais à la relecture ça allait mieux ça me fait souvent ça avec les textes et les tiens en particulier peut être car je ne lis pas attentivement la première fois ! donc je trouve que c'est très plaisant à lire une écriture fluide, des détails qui complètent le récit et nous permettent de nosu y accrocher. Les divergences sont peu nombreuses et quand il y a elles servent souvent le récit.
Bon un petit bémol pour le passage sur la cellule familiale du professeur et sur le rappel de son parcours sentimental, pour ma part ce n'était pas nécessaire et un peu lourd.
Bon alors j'aime vraiment, j'adore même ( j'avais deja pensé à le faire dans un texte mais toi tu as trouvé vraiment la bonne façon de le faire) l'ajout de documents qui restent dans le récit et en même temps qui ont l'air d'être adjacents : ici la rédaction du gosse et après les articles de journaux, tu maitrises bien la présentation et le contenu. Ca rend le récit plus vivant, plus réel.
Ca m'a plu le passage sur la discussion sur le rôle de l'éducation, l'encadrement des enfants à problèmes qui " dénonce" ? le système.
De trop prêt : arg! la faute était trop grosse! de trop près.
Par la suite j'ai bien aimé la description sur l'intégration des personnages, les mr et madame tout le monde qui ont lourd à cacher mais dont on ne pourrait douter l'existence. Ca rappelle vraiment les infos, les faits divers où vous entendez dire les témoins " pourtant c'était un bon voisin, on ne comprend pas".
Le passage :
vitre électrique se baissa sur les immenses yeux bleus de la jeune femme blonde entraperçue
me chiffone un peu, ça sonne bizarre je trouve.
Aime bien cette phrase :
sa beauté devait inspirer la jalousie de tous ceux qui ne coucheraient jamais avec elle et les éternels regrets de ceux qui ne le feraient plus.
J'aime aussi comment tu décris la réaction de la jeune fille et l'interprétation du professeur qui s'attendrit, ce qui va contraster avec ce qu'on apprend après, très bon !

Passage que j'aime beaucoup aussi, très poétique à mon gout on s'y perd aussi et la chute qui suit n'en est que plus brutale bien joué!
Ces paroles d'espoir les firent sourire tous les deux. Ils se regardèrent longuement. Les secondes passaient et leur offraient cette intimité que certains mettent des années à construire. Ils étaient des enfants s'embrassant sur la joue, assis dans le soleil d'un été depuis longtemps oublié. L'instant d'après ils se retrouvaient étudiants couchés l'un contre l'autre dans une chambre de bonne, et puis juste après il se voyait à nouveau la prendre dans ses bras la caresser comme en cet instant, près de l'école primaire d'une ravissante petite ville de province.

Cette chute, j'ai été secoué, choc , bam le gamin sous le camion, vraiment bien amené.
Bon je l'ai dit auparavant mais la revue de journaux tout simplement génial t'as tout le ton, le style on s'y croit vraiment, dire que les journalistes ont des phrases toutes faites et pas d'invention.. ou alors tu as un talent journaleux ^^
Bon la fin, l'épilogue je ne suis pas sur , à la première lecture l'explication par le gamin m'a un peu chiffoné mais finalement ça peut se tenir, mais bon explication de l'au dela mouais je sais pas, mais c'est dur d'expliquer autrement soit.
et là le pot aux roses dévoilé! juste un truc pourquoi auparavant ne dit il pas que c'est sa soeur? peur qu'on le prenne pour un fou? trop jeune pour y penser? après ca peut se tenir mais ça m'a un peu arrêté.

Histoire folle mais si réelle, j'approuve
voila un commentaire sans grande ambition
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MessageSujet: Re: Sylvain   Mar 18 Aoû - 21:16

Ouai ouai ...

merci !

Au moins avec une bonne grosse tartine de commentaire, c'ets vrai qu'on voit mieux les défauts de certains passages et les points positifs d'autres.


Je n'ai jamais aimé ce genre de chute. Le coup du narrateur invisible et omniscient me chiffonne un peu, surtout lorsqu'il vient de passer sous un camion (ce qui le fait habituellement sortir de la scène définitivement). Mais là j'étais dans une impasse et je me suis "oh eh ! après tout hein ! yen a bien d'autres qui l'ont fait aussi".

Le coup d'intégrer des coupures de presse m'intéressaient déjà (j'ai dû reprendre ce genre d'interventions plusieurs fois après). C'est un peu facile, mais ça m'amuse, et puis des fois je me dis "oh eh ! après tout si ça rend plus clair la narration hein !".

Je pense que c'était un bon prémisse à la rédaction de "Samedi", en tout cas ça m'y a sans doute un peu préparé.



(et oui, j'adore faire de la pub pour "Samedi"... d'ailleurs si vous avez pas lu, allez-y hein ! c'ets mignon, c'est frais, c'ets que du bonheur).
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MessageSujet: Re: Sylvain   Mar 18 Aoû - 23:42

Un problème avec les commentaires longs?
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MessageSujet: Re: Sylvain   Mer 19 Aoû - 10:08

Au contraire ! bien au contraire ^^

Plus il y a d'information, plus c'est intéressant pour l'auteur.

Toute forme de commentaire est bonne à prendre.
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Sylvain
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