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 Histoire de paysages

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Ruby

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MessageSujet: Histoire de paysages   Sam 5 Sep - 19:02

De même texte écrit à l'occasion d'un devoir portant sur l'écriture d'un paysage.

Histoire de paysages


Il avait vingt et un ans, et comme tous les autres jeunes de son village il avait été enrôlé dans l’armée pour cette guerre qui ne s’avérait plus vraiment être une partie de plaisir. La guerre ne ressemblait pas aux jeux d’enfant à laquelle il s’adonnait petit. On ne se relevait pas après un coup de feu en riant à gorge déployée qu’on nous a raté. La, on souffre, panique, essaye de se mettre à l’abri le mieux et le plus vite possible. Et on ne se relève pas d’aussitôt. Marc ne sait pas s’il va se relever. Il a très mal, la plaie béante laisse passer un flux important de sang, il se barre le ventre de son bras tout en essayant d’avancer dans la foret mais cela ne change rien, il continue à se vider de toute vie. Il est seul au milieu de cette forêt enneigé, il a fui le plus vite possible ou il se pensait le plus hors d’atteinte, il n’a pas cherché à aider ses camarades, tout ce qu’il voulait c’était s’en sortir. Et le voila maintenant en train de mourir tout doucement dans ce décor de conte de fée, de grands arbres l’entourent et lui marche au milieu laissant l’empreinte de ses pas sur la neige qui n’a pas été encore souillé par d’autre être humain que lui. Il n’y a pas un bruit dans cette foret comme si elle était morte, pas de froissement de feuilles, de piaillements. La neige a comme qui dirait fait taire cette nature. Il entend seulement le bruit de ses chaussures sur la neige. Il n’en peut plus, il ne peut pas faire un pas de plus. Il s’effondre les deux genoux contre le sol. Le ciel est aussi blanc que la neige. Les arbres deviennent de plus en plus flous à sa vue. Il regarde le chemin qu’il a déjà parcouru et voit une longue traînée rouge qui accompagne les traces de ses pas. Il essaye de capter chaque petit détail de ce paysage enneigé sentant petit à petit sa vie le quitter. Il tente de se rattacher à cette image glacée.

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C’est la dernière fois. J’aime la mer et la vie et je m’apprête à quitter les deux en même temps. Je suis trop fatiguée pour continuer. J’ai bien réfléchi à ma décision mais maintenant je suis figée devant l’immensité et la beauté de la mer. J’aime tout en elle. Sa couleur bleutée, ses reflets argentés que lui donnent les rayons de soleil, cette écume qui ressemble à la mousse du bain avec laquelle on joue quand on est petit. Je suis prête, déterminée mais je veux que l’instant soit parfait. Ça n’arrive pas souvent mais là il n’a rien qui peut l’empêcher. Je sens la fraîche brise faire voleter mes cheveux, et coller mon paréo le long de mon corps. J’aime cette odeur salée qui imprègne mes narines. Il vaudrait mieux que je me pose un instant pour l’admirer ou je vais perdre pied. Je m’assoie tranquillement dans le sable, jouant avec les grains. Je les laisse glisser le long de mes doigts et m’en émerveille. Je me sens bien. Sans pression. Si j’avais pu seulement vivre à jamais comme dans cet instant je crois que je n’aurai pas décidé d’y mettre fin. Juste m’allonger et sentir le vent caresser mon visage. Ensuite regarder le va et vient des vagues. Me tremper les jambes dans ce début d’infini, me sentir emporter dans les abysses de l‘eau. Je ne pourrai pas le faire indéfiniment. J’en ai plein les yeux, je suis heureuse. C’est la fin, je descends tout doucement jusqu’à l’écume. M’immerge petit à petit dans cette eau si rassurante et commence à nager. Je ne m’arrête pas. Je suis loin. La plage se fait de plus en plus petite, je me sens fatiguée et me repose en me mettant sur le dos et observe tranquillement essoufflée le ciel bleu. Je ne vais pas pouvoir tenir longtemps. Je suis restée toute la nuit à suivre l’eau vivre, tout en profitant des derniers instants. Je me sens mal physiquement, fatiguée, affamée. Mais je me sens bien mentalement. Le mieux possible je me laisse engloutir par l’eau.

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Il est cinq heures, le soleil pointe son nez à l’horizon, obstrué par les nombreux grattes ciels, je n’en vois qu’une faible étincelle. Je suis à la fenêtre de mon appartement, je fume une cigarette tranquillement tout en profitant de la vue. Elle dort tranquillement dans le lit, enroulée dans le drap laissant voir quelques zones de son anatomie. Je devrais être auprès d’elle, mais je me sens mieux lointain à la regarder assoupie. Mais je regarde surtout ma ville qui s’étend devant moi et jette quelques regards par instant à la demoiselle de ma couche. Foutu ville, on pourrait penser qu’à cinq heures elle dort aussi, mais non elle est déjà éveillée, toute animée, des automobiles sillonnent les rues. Je regarde l’immensité des grattes ciels, à plusieurs étages les lumières sont allumées. En face de mon appartement, une maison de grand standing où se trouvent deux pigeons qui observent eux aussi l’étrangeté et l’intérêt de l’urbanisme.

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Mon cœur bat fort, j’ai l’impression qu’il va exploser. Je sens sa main dans la mienne. J’ai envie d’ouvrir mes yeux tellement la curiosité me tatillonne mais je tiens ma promesse. Il me fait monter quelques marches en me soutenant le dos d’une main et en me guidant de l’autre. Il ne dit rien. Je n’ose rompre ce silence. Je n’ai pas envie de parler. Rien ne me vient comme mots assez puissants pour lui dire combien je l’aime. Rien de ce qu’il ne pourrait faire ne pourrait me le faire aimer plus. Il m’embrasse tout doucement. J’entrouvre les yeux pour me plonger dans les siens. Mais il détourne le regard. Je fais de même et je découvre ce qu’il avait préparé. Nous sommes tous les deux dans un kiosque, sorti des contes de fées. Tout de fer forgé, avec des volutes ciselées aux angles. Il me reprend par la main et m’amène au bord du kiosque. S’étend par delà la barrière un océan de fleurs. C’est tout un champs où se côtoient œillets, tulipes, glaïeuls… C’est une explosion de couleur. Mon cœur en est trop plein. Est accroché au bout de la barrière un panier de roses rouges. Il me sourit simplement, ne cherchant pas à savoir si ça me plait, il le sait déjà. Le jour où on s’était rencontré je lui avais dit que j’aimais les fleurs. Bien plus qu’elles c’est lui que j’aime.

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Lucette comme tous les après- midis depuis dix ans va se promener dans le verger de son enfance. Elle est revenue après une vie bien remplie dans son village. Elle aime s’y balader, c’est une source de souvenirs intarissable. Tout d’abord ce long chemin, entouré de longs chênes qui vous donne l’impression d’être dans un dessin animé. Elle avait l’habitude jeune d’y promener son chien. Elle s’asseyait souvent sur un des bancs qui longeait cette route sablonneuse pour observer les chevaux dans le près d’a coté, ils y sont toujours. Juste à côté la rivière coule tranquillement, on peut entendre des clapotis au loin. Elle continue son parcours, elle passe devant une mare qu’elle a toujours crue assassine ou elle pensait que des gens s’étaient noyés, comme si elle était ensorcelée. Puis le trou béant qui lui faisant tant peur petite. Elle faisait toujours le détour en tenant son chien par le collet effrayé par l’idée qu’il puisse y tomber. Même soixante ans plus tard, elle en a toujours peur et garde les anciennes habitudes. A chaque fois elle est excitée quand arrive le passage de la pierre magique. On devait jeter une pièce dans le trou qui se trouvait en haut du menhir et elle apportait chance. Elle essaye toujours sans succès. Toujours avec le même sourire, ne croyant pas à ses fadaises mais aimant jouer au même jeu. Enfin l’étape finale, la grande place du verger. Une immense roche que ses camarades escaladaient et qu’elle regardait d’en bas admirative et effrayée sur la table en bois de pique nique. Elle décide de retrousser son pantalon, pour tremper ses pieds dans l’eau. Plus jeune elle faisait des barrages avec des pierres et ainsi passait d’un bord à l’autre en sautant sur les cailloux un à un. Elle remarque que cette tradition n’a pas été perdue en découvrant de nouveaux passages formées par les enfants des environs. Des choses ont changées, de nouvelles structures en bois ont été installés pour rendre le bois plus praticable. De nombreux arbres sont tombés à cause des tempêtes successives ce qui la désole fortement. Le verger de son enfance et celui-là même s’entrecroisent.

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« Tiens Maman j’ai fait un dessin pour toi » s’écrie la petite fille en tendant la feuille de papier colorée par ses soins.
« qu’Est-ce que c’est ma chérie? »
« C’est la maison de la princesse »
La mère scrute attentivement ce qu’a fait son enfant. Le bas de la feuille est tout en vert, forcément la princesse vit en pleine nature. S’étend sur le reste de la feuille un château gris, avec des tours à créneau. Un grand soleil au coin gauche de la feuille avec des grands traits jaunes pour les rayons. Aussi grand que la maison, la princesse avec de longs cheveux blonds roses, tout habillé en rose. Le dessin ne s’arrête pas la, autour du château du bleu représentant une mare dans lequel se baigne un oiseau blanc « un cygne, maman! »
Elle a même dessiné à gauche du château des rondins de bois avec des feuillages représentant une foret, avec un cheval à corne « oui , une licorne, je sais ma chérie ». C’est tout un univers qu’elle a fait. Sur l’étendue d’herbe, ont été apposées différentes fleurs de différentes formes et couleurs. Toute l’anatomie de la plante y est dessinée. La tige, la feuille sur le coté, le rond pistil et les cinq pétales « comme on a dit à l’école ».
« C’est vraiment un très joli paysage que tu as fait ma chérie »
« Je n’ai pas fini »
« Ah bon je le trouve bien complet pourtant, qu’Est-ce qu’il y manque? »
« Maman! Ma signature comme tous les grands dessinateurs de tableau ! »
La mère s’étonne de la maturité de sa fille et s’amuse à imaginer comment était Picasso, Courbet et autres quand ils étaient petits. Est-ce qu’eux aussi étaient comme ça?
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Teclis
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MessageSujet: Re: Histoire de paysages   Ven 23 Oct - 3:24

Et un texte non commenté ! Un ! Pas cool ! Réparons cette erreur ! Infamie !!


Citation :
La guerre ne ressemblait pas aux jeux d’enfant à laquelle il s’adonnait petit.
=> "auxquels" il s'adonnait étant petit. Quelques petites maladresses comme celles-ci. Pourtant, maladresses qui diminuent au fil du texte.
Chien

En effet, la première partie, dans la neige, est un peu laborieuse, et entachée de répétitions. On sent néanmoins la panique du soldat... sa lente agonie, seule..

La seconde partie, avec la mer, est celle que j'ai beaucoup aimé. On passe d'une agonie douloureuse et paniquée à un fin plus posée, plus calme. Ce calme qui est mieux décrit ici, plus étayé par un vocable plus riche.

Le bleu passe au gris, pour arriver en pleine ville. Le soleil de lève. Le récit en général devient plus vivant ici. L'ensemble du texte passe de l'idée de la mort, à celle de la vie. Les dernières parties le prouvent. Bonne transition, rapide. Un peu de détachement de la part de ce narrateur, qui parle de "demoiselle dans sa couche". on sent le libertin. ^^

On en vient à la partie la mieux écrite, mieux narrée. Sur l'amour, ou plutôt, l'euphorie provoquée par le mystère et l'amour. Ici, pas de maladresses, peu de répétitions. beau déploiement de couleurs. Bel effet.

Retour au banal. A une écriture plus plate, moins riche. On sent Xupi que tu vis ce que tu écris. Moins enthousiaste par cette partie dirait on. Quelques petites maladresses.

Enfin, on termine sur la mère et sa fille. Le thème des paysages revient par la référence aux peintres connus à la fin du texte, et par ce dessin-tableau. Point de maladresses. L'écriture est ici fluide, limpide. Les dialogues spontanés et bien rendus apportent de la fraicheur, notamment parce qu'ils sont aussi un reflet exact d'un dialogue que pourrait avoir une maman et son enfant justement.
La description du dessin est infantile : pour exemple le soleil. Un narrateur ici, omniscient, qui passe de la mère à la fille. Cela accentue la facilité de lecture.


Allez allez Xupi ! On se démotive pas ! C'est dans le bon ! ^^
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