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 Voir la Mort et revenir

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Exodus (...)
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MessageSujet: Voir la Mort et revenir   Sam 12 Sep - 1:07

Voir la Mort et revenir



Les balles sifflaient de toute part. Telle une grêle de mort au dessus de ce terrain rendu boueux par la pluie et le sang, elles fauchaient les hommes, sans distinction. Le héros rêvant de gloire ou le lâche désirant vivre. Tous étaient invités les uns après les autres à ce bal de l'horreur. C'était en réalité un champ de bataille comme les autres, au cours d'une guerre comme les autres: des hommes s'y affrontaient puis y mourraient, car on ne leur demandait pas d'y survivre. Des hommes comme le lieutenant Dal Bennett, qui participait à cette boucherie parce que le gouvernement, la patrie toute entière le voulait. Mais en cet instant, qu'importaient les idéaux, le patriotisme ou le sens du devoir pour Bennett? Rien. Ici, sur le terrain, seul trois mots pouvaient se permettre de compter vraiment: Survivre. Tuer. Mourir.

# # # #


Le lieutenant sauta dans un cratère récemment formé pour se mettre à l'abri. Un nid de mitrailleuse dans la tranchée d'en face semblait l'avoir pris en affection et il plongea juste à temps pour éviter une rafale.
-Saleté de… Il porta la main à sa bandoulière, espérant y trouver une grenade, mais malheureusement il les avait déjà toute utilisé.
Le soldat Owen sauta à son tour dans le cratère et fut apparemment très surpris de le voir déjà occupé. La chance souriait décidément à Bennett aujourd'hui: un cratère providentiel, le porteur de munition du groupe qui arrive à point nommé…
-Pas de doute, y'a un bon dieu pour les mecs comme moi, songea-t-il. Owen, par pitié, dis moi qu'il te reste encore des grenades en stock ou je te balance en dehors de ce trou aussi vite que tu y es arrivé!
-Vous avez de la chance mon lieutenant, il m'en reste justement encore une. Je vous l'emballe ou c'est à consommer sur place?
Les mortiers ennemis tirèrent, provoquant un déluge de sang, de feu et de boue sur le champ de bataille. Pendant ce temps, la mitrailleuse continuait de faire tomber une déferlante de mort sur les hommes de Bennett.
-C'est pour une utilisation immédiate, alors file-moi ça et prépares toi à courir quand je te le dirai.
Risquant un coup d'œil à l'extérieur de l'abri, le lieutenant aperçu enfin l'emplacement de la mitrailleuse, à une quinzaine de mètres. Il pouvait l'atteindre avec sa grenade mais il fallait se dépêcher avant qu'elle ne décime tous ses hommes. Les tirs cessèrent, ils rechargeaient enfin! Quelques secondes de répit: il se releva, lança la grenade dans la direction des servants puis se remit à l'abri.
Puis survint l'explosion. Un rapide coup d'œil confirma la destruction du nid de mitrailleuse, ils pouvaient enfin atteindre la ligne ennemie.
-C'est bon, on peut y aller!
Il surgit du cratère, Owen sur ses talons, et activa son Talkie:
-A toutes les unités, à l'attaque! Prenez moi cette foutue tranchée!
Les hommes quittèrent alors leurs abris de fortune pour se livrer à l'assaut.
Bennett à leur tête, ils chargeaient, ne se souciant quasiment pas des derniers défenseurs de la tranchée. Si une balle fauchait un camarade dans son élan, une autre venait le venger sur le champ. Encore cinq mètres avant la tranchée, même pas trois secondes de course… Le premier de ses hommes allait l'atteindre quand il disparu dans une colonne de feu. Les mortiers! Bennett avait oublié les mortiers! Résultat: ses hommes disparaissaient les uns après les autres dans d'immonde geyser de terre et de sang mêlés. Vite, se mettre à l'abri! Plus qu'un mètre et…Trop tard. Un projectile atterri en plein sur Owen, lequel se trouvait à moins de deux mètres de son lieutenant. Celui-ci ressenti une terrible douleur dans le dos et s'écroula à moins de vingt centimètres de la ligne des tranchées. Il avait échoué, si près du but. Il était en train de mourir lentement, l'éclat de métal qu'il avait reçu dans le dos n'ayant pas eu la décence de le tuer sur le coup. Il sentit son esprit partir…Le bruit des obus devenait de plus en plus sourd, Il n'entendait plus les balles siffler ou les hommes crier, sa vision se brouillait…Ça y est…il était mort.

Il ne trouvait pas. Non, il avait beau chercher, il n'arrivait pas à trouver de mot pour désigner ce qu'il ressentait. Rien? Non, ce mot voulait dire encore trop de chose… Mais faute de mieux, il allait le prendre. Le lieutenant Dal Bennett ne ressentait donc rien. Il était debout, il marchait et respirait, ou tout du moins le pensait-il. Car il n'éprouvait aucune sensation: l'air qui devrait passer dans ses poumons, la chaleur infime d'un muscle en action, une brise sur le visage, le chaud, le froid… Aucun de ces éléments n'était présent, s'il se fiait à ses sens. La seule chose dont il était sur, c'était qu'il marchait, à la vue de ses pieds en mouvement. Il marchait droit devant lui, au beau milieu d'un immense espace où les notions de haut, bas, droite ou gauche ne semblaient pas exister. Des traînées de noir et de blanc filaient tout autour de lui comme dans une magnifique chorégraphie. Parfois, deux volutes se croisaient, se transformant alors en une plus grande traînée d'un gris parfais. Puis Bennett remarqua une vive lumière droit devant lui et qui semblait se rapprocher lentement. Lui-même marchait dans sa direction, étrangement attiré par cette grande lumière blanche qui ne cessait de gagner en intensité.
Il ne savait pas combien de temps il avait mis pour atteindre la source de cette clarté, toujours accompagné par l'étrange ballet de noir et de blanc, qui tournait de plus en plus vite autour de lui et d'une manière presque affolé. Mais maintenant, il se tenait juste devant elle et celle-ci semblait avoir décidé de s'arrêter à son tour. Il passa une main au travers et sa première surprise fut de ressentir une agréable chaleur tout le long de son bras ainsi qu'une maigre impression d'humidité, comme si de l'eau ruisselait doucement sur sa main. Mais il réalisa surtout que sa main semblait avoir disparu dans cette douce lumière. Mais il ne chercha pas à la retirer, non. Il se sentait irrésistiblement attiré par cette douce chaleur et passa alors son deuxième bras. Il avait enfin compris…C'était la fameuse "lumière blanche au bout du tunnel" que prétendaient avoir vu certains comateux ou personnes proches de la mort. La porte qui menait à une éventuelle "après vie", ou tout du moins à quelque chose du genre. Les volutes de couleur tournaient encore plus vite et de manières encore plus erratiques, les noirs en particulier, comme si leur magnifique ballet avait laissé place à une soudaine crise de folie…Il hésita un bref instant. Et s'il faisait demi-tour? Non, pourquoi faire demi-tour, s'il était mort? Le lieutenant Dal Bennett était mort, il se souvenait encore de son agonie. Plus rien ne le retenait. D'un pas décidé, il s'engouffra alors entièrement au travers de la chaude lumière.

Ça y est, il était passé. Les traînées de couleur avaient cessé de danser ou de s'agiter, cela ne servait plus à rien à partir de maintenant. Elles avaient tenté de le retenir par leurs mouvements puis de l'avertir mais comme tant d'autres, il ne les avait pas écouté. Tant pis. Après tout, il ne tarderait pas à les rejoindre…


Où était-il? Si il y avait quelque chose après la mort, ce n'était vraiment pas ainsi qu'il se l'était imaginé. Il se trouvait debout, au centre d'un cercle d'environs trente mètres de diamètre. Le cercle semblait fait d'un magnifique ivoire et au centre se trouvait une minuscule source dont l'eau qui en sortait recouvrait le disque sur toute sa surface, avant de se jeter dans un vide qui semblait totalement entourer le disque. Il n'y avait pas de soleil, juste la lumière par laquelle il était passé qui brillait intensément au dessus du cercle, mais hélas beaucoup trop haut pour être accessible. Autour d'elle semblait flotter d'étranges nuages, dont les couleurs étaient les même que celles des petites volutes qui l'accompagnaient quelques instants plus tôt. Un vent agréable soufflait légèrement sur la surface plate du disque. Bennett en profita pour respirer à plein poumon, sensation qu'il avait oublié pendant son bref passage à l'extérieur du cercle. Il avait retrouvé toute ses sensations et avait de nouveau conscience de son corps. L'endroit était agréable en fin de compte… Mais que faisait-il ici? Pourquoi était-il seul? Il n'allait tout de même pas rester ici indéfiniment, maintenant que son corps demandait de nouveau ses exigences.
"Ne t'inquiète pas, tu n'es pas seul…"
La voix avait surgit de nulle part. Elle semblait résonner dans le crâne de Bennett tandis que celui-ci cherchait partout autour de lui son origine. Mais il n'y avait personne! D'instinct, il chercha à attraper son arme: coup de chance, elle était encore en bandoulière sur son épaule.
"Tu es effrayé? Bien!"
Toujours personne. Bennett sentait son rythme cardiaque accélérer brutalement, comme si son cœur désirait s'échapper de sa cage thoracique.
-Qui…Qui est là? Montrez-vous!
"Qui je suis? Je ne vais pas te le dire tout de suite, cela gâcherait le spectacle. Mais me montrer, ça je veux bien…"
Sans un bruit, une forme vaguement humaine se matérialisa à l'autre bout du disque. Puis la silhouette devint moins floue et Bennett put enfin voir à quoi ressemblait son mystérieux interlocuteur.
L'homme devait mesurer dans les un mètre quatre-vingt et était entièrement vêtu d'une longue toge, capuche comprise. Celle-ci dissimulait la totalité de son visage.
"Me voilà. Es-tu satisfais?"
Bennett nageait en pleine confusion. Il devrait être mort et au lieu de ça, il se retrouvait su un disque flottant au milieu du vide et en face d'une sorte de moine, dont la voix continuait de résonner dans sa tête, sans qu'il puisse pour autant identifier si elle était masculine ou féminine. Et encore plus bizarre, il avait cette désagréable sensation de connaître cette personne, de l'avoir déjà vu.
-Dites moi qui vous êtes…Enlevez votre capuche!
"Tu y tiens vraiment? Très bien, cela me donnera au moins l'occasion de voir comment tu m'imagines, après tout…"
L'inconnu retira sa capuche, révélant alors un masque d'un blanc immaculé, percé en diagonale de deux minuscules fentes faisant office d'yeux. Le reste du masque était parfaitement lisse et uniquement décoré par une ligne noir le séparant en deux, sur toute sa longueur. Le reste de son crâne était recouvert par de longs cheveux châtains qui lui descendaient jusqu'aux épaules. L'homme – ou la femme, Bennett n'arrivait toujours pas à se décider – contempla son reflet dans l'eau pur pendant quelques instants.
"Ainsi donc, c'est comme ça que tu m'imagines? C'est très sage…"
Déclic. Bennett se souvenait où il l'avait vu. C'était dans un vieux livre de conte, alors qu'il n'était encore qu'un petit garçon. La description de ce personnage lui avait beaucoup plu et depuis, il ne l'avait pas oublié.
"…Certains m'ont imaginé sous des formes totalement absurdes, tu sais? Comme par exemple une tête d'animal. Et même si le squelette en toge revient le plus souvent…"
Celle qui depuis l'avait accompagné durant toute sa vie et dont il avait fini par faire son métier… La Mort.
"…je préfère tout de même cette image d'une mort anonyme, sans visage. Mais, rassures-moi, tu l'avais déjà compris, non?"
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Exodus (...)
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MessageSujet: Re: Voir la Mort et revenir   Sam 12 Sep - 1:12

Mais pourquoi elle? Que faisait-elle là? Il était déjà mort, elle ne pouvait plus rien contre lui!
"Et puisque tu as compris cela, tu dois aussi comprendre pourquoi je suis là, non?"
-Mais…Je suis déjà mort! Vous ne pouvez plus rien contre moi maintenant, car vous m'avez déjà pris!
"Erreur! Tu crois être mort mais moi je peux t'assurer que tu es encore vivant, quelque part. En vérité, tu oscilles entre la vie et la mort, étendu sur le champ de bataille. Et c'est moi qui vais te faire passer de l'autre côté pour de bon."
-Non…Je vous dis que je suis déjà mort! Je me suis senti mourir après l'explosion!
"Et qui es-tu pour affirmer de la mort de quelqu'un? Tu ne t'es pas senti mourir, tu t'es juste senti partir jusqu'ici, jusqu'à moi."
La Mort ouvrit grand ses bras, comme pour enserrer l'immense espace de vide autour d'eux, sa tête rejetée en arrière. Son corps semblait trembler légèrement, comme s'il était secoué d'éclats de rire silencieux.
"Et c'est ici, sur cette arène que se jouera ton destin! Continuer à vivre pour combattre ou mourir maintenant et trouver enfin le repos."
Puis son regard revint sur Bennett. Son corps avait cessé de trembler tandis que de sa manche droite sortait une longue et épaisse lame de faux, attaché à une chaîne, elle-même enroulé autour d'un poignet décharné. Elle fit tracer à la lame plusieurs cercles, la main gauche tenant fermement la chaîne tandis que la droite la faisait tourner.
"Alors prépares-toi…Ça commence!"
La lame passa à seulement quelques centimètres de la tête du lieutenant, qui ne devait sa survie qu'aux réflexes conditionnés de son corps de soldat. Il tenta de retrouver son équilibre puis épaula son fusil, lâchant une rafale au jugé. Les balles rencontrèrent la lame qui les stoppa net, avant de repartir une nouvelle fois à l'assaut.

Il luttait sans interruption, évitant tant bien que mal les assauts répétés de la Mort. Celle-ci ne lui laissait aucun répit, tranchant, frappant sans fatigue. Elle dansait presque sur place en lançant sa chaîne, comme si elle éprouvait un réel plaisir à ce combat clairement en son avantage. Elle attaque. Bloque! Bloque encore! Attention à droite. La crosse et le canon de son fusil étaient maintenant recouverts de dizaines d'entailles, là ou la lame de faux avait frappé. Bloque…Attaque! Bennett tira ses dernières cartouches sur la Mort, qu'il pu entendre rire dans son esprit quand elle esquiva avec grâce la volé de projectiles. Plus qu'une balle dans le magasin. Il n'avait plus le droit à l'erreur, son pistolet ne contenant que un seul chargeur et étant encore plus lent que son fusil mitrailleur… Une balle, sa vie était littéralement liée à un petit morceau de plomb, comme cela c'était déjà produit maintes fois sur le champ de bataille. Le champ de bataille, c'est çà! Réagis, pense comme d'habitude en combat: ce n'est pas la Mort! Ce n'est qu'un adversaire comme un autre. Il se répéta la lente litanie qu'il avait apprise le jour de son enrôlement.
-Survivre…
La mort fit décrire un terrible arc à son arme, qui l'aurait presque scier en deux si il ne s'était pas jeté en arrière au dernier moment. Son coup avait été trop ample: elle avait ouvert sa garde pour pouvoir l'attaquer et maintenant elle ne pouvait ni éviter ni parer pendant quelques millisecondes.
-Tuer…
Il épaula son arme, visa la tête…
"Mourir!"
Une douleur, fulgurante. Comment était-elle apparue sur son flanc gauche aussi vite? Pourquoi ne l'avait-il pas vu venir? Un cri jaillit de sa gorge quand la lame se retira de son épaule meurtrie. Le sang coulait à flot de la plaie béante. Certain nuages virèrent alors au rouge, tout comme la source au centre du disque, qui charriait désormais d'épais flots de sang. Elle, se tenait debout devant lui, admirant l'homme dont le bras gauche ne pouvait même plus se redresser. Lui était à genou, la main droite tenant encore fermement la poignée de son arme.
"Ça fait mal, j'espère. Vois-tu, c'est si lassant de moissonner les vies, jours après jours, heures après heures, secondes après secondes…Il faut bien réussir à varier les plaisirs, non?"
-Comment ça…Secondes après secondes?
La faire parler. Gagner du temps.
Le rire résonna à nouveau dans sa tête.
"Tu pensais être le seul à mourir en cet instant? Ne sais-tu donc pas que chaque seconde, plusieurs milliers d'âmes meurent, partout dans l'univers?"
-Alors pourquoi ne sont-ils pas là avec moi! Pourquoi ne m'aident-ils pas?
Soulever le fusil, lentement. Résister à la douleur et à l'évanouissement.
Le rire s'arrêta brusquement et la Mort se redressa de toute sa hauteur.
"Tout simplement parce que chaque être vivant a sa propre mort. Chacun l'affronte seul et il en est ainsi depuis l'aube des temps. Je suis un concept abstrait, qui est partout à la fois tout en n'étant nulle part! Je suis abstrait et pourtant bien réelle. Tout âme doit m'affronter une fois son heure venue et aucune n'en réchappe. Fais-toi à cette idée: chaque être, quelque soit sa force, doit un jour…"
La balle se logea dans la fente oculaire du masque, le faisant en partie voler en éclat au passage et envoyant la tête vers l'arrière. La Mort tituba quelques instants avant de retomber sur ces genoux et de rester là, avachie sur elle-même, la tête toujours en direction du ciel rouge.
-Pourquoi faut-il toujours que le méchant se lance dans le monologue…
Bennett se laissa tomber dans le sang qui recouvrait le cercle, le bras toujours tendu en direction du corps inerte. Il l'avait fait. Avec sa dernière balle il avait réussi à tuer son adversaire. Et quel adversaire! La Mort elle-même! Quelle ironie du sort: après l'avoir si souvent côtoyer, c'est lui qui finissait par la tuer. Mais il avait réussi. Il allait vivre! Il ne pouvait plus…
"Mourir…"

Non. Ce n'était pas possible. Et pourtant cela se déroulait devant ses yeux. Le visage se releva, lentement, en direction de Bennett. Et c'est à cet instant qu'il comprit ce qui n'allait pas: le cercle entier baignait dans le sang, lui-même en était recouvert mais Elle…Pas une goutte de sang ne semblait tacher son habit. Le masque était quand à lui toujours d'un blanc immaculé et ce malgré l'impact. Celui-ci se trouvait maintenant juste en face de Bennett qui vit alors un œil blanc le scruter au travers du trou qu'avait fais la balle. Un œil totalement mort. Et pas le moindre signe d'une blessure, l'œil était inutilisable depuis bien plus longtemps. La vérité lui sauta alors au visage: aveugle. La Mort ne voyait rien et ce depuis le début de leur combat, il s'en rendait compte maintenant. Depuis le début, il affrontait un infirme. Un infirme qui était insensible aux balles…
"Surpris, encore une fois? Pourtant tu devrais le savoir…"
Il laissa tomber son fusil, il ne lui servait plus à rien désormais.
"…Que la Mort frappe aveuglément."
Il sortit le pistolet de son étui et le pointa sur la Faucheuse qui n'esquissa même pas un geste.
"Tu penses encore pouvoir m'abattre?" Un fou rire résonna dans son crâne, un rire aussi puissant qu'hystérique, comme si la Mort n'arrivait plus à se contrôler. "Tu es décidément si drôle…" Elle écarta alors grand ses bras, présentant son torse au canon de l'automatique. "Dans ce cas, tire! Ne te gène surtout pas pour moi et tue moi! TUE MOI!"
Bennett n'arrivait pas à appuyer sur la gâchette. Il était comme paralysé, devant cette Mort qui lui demandait elle-même le Jugement Suprême. Jusqu'à présent, il n'avait jamais eu à tuer une personne qui le lui demandait. Il avait tué beaucoup d'hommes, c'est vrai, mais ils étaient des soldats, ils savaient où cela les mènerait.
Mais là, abattre quelqu'un qui le lui demandait… Non, il ne pouvait pas, il ne pouvait pas…
"TIRE!"
La première balle partit presque par réflexe, libérant alors toutes les autres…Une, deux, trois… Ce furent près d'une dizaine de balles qui, au final, martelèrent le buste de la Mort. Il lui restait encore deux balles dans le chargeur quand il arrêta de tirer, contemplant le corps recroquevillé qui se trouvait devant lui. Une sorte de gémissement se fit entendre mais il fût vite couvert par un rire sonore et incontrôlé. La Mort riait, toujours.
"C'est tout ce que tu peux faire? Pfff, tu es vraiment pathétique. Allez, fini de jouer, tiens toi tranquille pendant quelques instants, le temps que je t'achève. Je te jure que je ne te ferais pas souffrir. Enfin, pas trop…"
Il avait tout essayé. Tout et rien ne semblait pouvoir la blesser. Les balles ne lui faisaient aucun effet, et hors de question d'essayer de l'attaquer au corps à corps, sa faux l'aurait tranché net avant qu'il n'arrive à la toucher. Il n'y avait plus rien à faire… à moins que…
"Ça y est, tu t'es résolu? Très bien, ne bouge plus, ça ne sera pas long!"
La Mort fit décrire deux cercles à sa lame avant de la faire violemment retomber, là où se trouvait Bennett. La lame de faux entailla profondément le disque d'ivoire, éclaboussant les alentours d'une importante giclée de sang.
"Tu as bougé… Tu es décidément très contrariant…"
Bennett avait évité la lame au dernier moment et surtout avait réussi à se relever malgré la douleur et un environnement qui devenait de plus en plus floue… Il perdait trop de sang, il fallait faire quelque chose ou elle finirait par le tuer. Et il savait quoi faire. Doucement, il arma son pistolet et le leva en direction de La Mort. Celle-ci semblait apparemment intrigué par son acte, ce que traduisait son léger penchement de tête.
"Hum? Tu veux encore essayer? Je te croyais plus malin que ça… Mais bon, c'est toi qui vois: je t'en prie, tire! Tire donc tes dernières balles, qu'on en finisse rapidement."
-Deux balles…C'est plus qu'il n'en faut pour ce que je compte faire…
Il plaça alors le canon de son arme sur sa tempe, le doigt posé sur la détente, prêt à tirer.
-Si je tire, je meure. Et là, tu ne pourras pas m'en empêcher. Je meure mais tu ne me tue pas, match nul et je repars d'ici! Ce n'est pas la Mort qui m'emportera, mais moi même!
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MessageSujet: Re: Voir la Mort et revenir   Sam 12 Sep - 1:15

La Mort resta immobile, quelques instants, avant d'exploser de rire encore une fois. Des spasmes se mirent à agiter son corps de plus en plus violemment, comme si elle avait perdue tout contrôle sur sa personne.
"Tu es vraiment amusant… Tu crois pouvoir échapper à mon jugement par ce petit tour? Tu penses vraiment pouvoir encore contrôler quelque chose? Pauvre crétin… Crois-tu vraiment avoir pu contrôler quelque chose depuis ta naissance? Les êtres vivants ne contrôlent rien du tout! Ils ne naissent que pour mourir, ne servant au final qu'à m'abreuver! Vous ne dirigez ni votre vie, ni votre mort, car je suis la seule à réellement pouvoir tuer quelqu'un en ce monde! Tire, n'hésite pas! Fais toi sauter la tête si tu le désire, tu n'en mourras pas pour autant: tu ne ressentiras que la douleur, tu ne pourras plus bouger un membre ou provoquer le moindre son! Tu ne pourras que me contempler pendant que je m'approcherai de toi pour achever, lentement, ta pathétique existence! Et ton âme, quand à elle, rejoindra tout celles des autres tricheurs qui ont, comme toi, eue la brillante idée de me mâcher mon travail… Les sortes de fumée que tu as certainement dû voir en arrivant ici, ce sont eux. Imagine un peu, passer l'éternité à vagabonder, sans repère autre qu'une douleur qui t'imprime pour l'éternité… C'est ce que tu veux? Dans ce cas, tire."
Bennett resta figé quelques instants, respirant bruyamment, le canon de son arme toujours placé contre sa tempe. Sa main se mit à trembler, puis tout son corps… et il fini par craquer. Sa main laissa tomber le pistolet. Il tomba à genou, parcouru par des spasmes de douleurs. De grosses larmes roulèrent sur sa joue, puis il cria, de toute son âme. Pas un mot, juste un cri, primal, désespéré, adressé au ciel. Il ne fit même plus l'effort de se contrôler, la fatigue et la douleur le tiraillant de toute part. De son bras encore valide, il se mit à marteler le disque ensanglanté qui, coup après coup, l'aspergeait de l'épais liquide rouge. Il frappa, encore et encore, comme pour se libérer de ce sentiment d'impuissance, ce dégoût pour sa propre faiblesse. Debout, à quelques pas de lui, La Mort contemplait le spectacle délectable de la misère d'un homme.
"C'est bien… Tu te rends enfin à l'évidence. Ton temps est achevé, et je vais me charger de te renvoyer de là d'où tu viens, dans les bras du néant!" La chaîne se noua autour de son poignet squelettique, la faux se mit à balancer doucement. "Aller, relèves-toi, assiste à ta fin et regarde une dernière fois La Mort droit dans les yeux…"
Lentement, malgré la douleur, il se releva, comme elle lui ordonnait. Il ne sentait même plus la douleur et tout ce qui se situait à plus de dix mètre était devenue un brouillard de blanc et de noir, parfois teinté de rouge. Le son de ses pas lui semblait lointain, les tâches noires apparaissaient lentement devant ses yeux, en même temps que sa respiration devenait de plus en plus hachée. Il contempla La Mort, celle qui l'avait accompagné temps de fois dans sa vie, et qui s'apprêtait l'emmener. Il avait perdu. Il n'aurait de toute manière pas pu gagner, car ici, elle seule décidait des règles du jeux et elle seule pouvait tuer. Elle seule pouvait tuer…
"Prend une grande inspiration, récite une dernière prière, fais ce que tu veux…" La lame se mit à tournoyer au dessus de la tête masquée. "…Mais avant de partir, maudit une dernière fois la faiblesse de ta pathétique vie!"
La lame fendit l'air, horizontalement, en direction du flan gauche de Bennett, là ou il ne pourrait même pas lever le bras pour atténuer le coup. Il resta immobile, attendant la lame pendant la seconde qui le séparait de la fin. Puis il se jeta lui-même sur la lame.

La lame se figea dans son flan mais il ne cria pas. Non, il n'avait pas le temps. Au même instant que le métal avait rencontré sa chaire, il avait agrippé la chaîne de son bras valide et avait amplifié le mouvement de rotation décrit par celle-ci, tout en tournant sur lui même. La Mort resta figée un instant avant de comprendre sa manœuvre puis tenta alors de se dégager de sa chaîne, mais trop tard. En même temps que Bennett tournait, la distance de chaîne qui les séparait diminuait de plus en plus vite et elle fût emportée par son poignet en direction du soldat. Ils se percutèrent, dans un horrible bruit de chaire tranché. Bennett grimaça de douleur: le tranchant de la lame s'était enfoncé encore un peu plus loin entre ses côtes, mais il avait atteint son objectif.
-Tu parles trop…pourriture…
Collée à lui, La Mort était secouée de convulsions et un épais liquide noir coulait de sous son masque. Elle baissa le tête et scruta de ses yeux mort la pointe de sa lame de faux qui avait traversé sa toge et s'était enfoncé dans son corps, là ou aurait dû se trouver les poumons de n'importe quel être humain, et d'où se déversait un torrent de sang noir. Mais ça, Bennett s'en foutait: qu'importe ce qui s'y trouvait, tant que ça la faisait souffrir… Lui ne sentait même plus sa douleur, tellement il s'y était habitué. Même le fait de parler lui était devenu plus supportable.
-Tu parles… vraiment trop…
D'un geste, il retira la lame du corps de La Mort qui tomba à genou, dans le flot de sang noir que charriait désormais la source. Les volutes au dessus de l'arène changèrent eux aussi de couleur, s'assombrissant brusquement. Bennett avait toujours la lame plantée entre ses côtes et la chaîne était enroulée autour de sa taille, mais la blessure n'était pas mortelle, pas encore… Le sang avait cessé de couler de son épaule ouverte et il parvenait à rester debout malgré la fatigue. Il arracha la lame de son flanc, d'où jaillit une brève giclée de sang. Elle resta là, à pendre mollement à la chaîne. Puis la voix résonna de nouveau dans son esprit, mais plus faible, plus distante.
"Et bien… Il semble en effet qu'une fois de plus j'en ai trop dis…"
La chaîne autour de Bennett se désagrégea en fines particules noires, laissant tomber la lame de faux sur le disque, qui se mit à rouiller en quelques secondes avant de se transformer en un petit aggloméra de métal rouillé et sans forme.
"Tu as gagné cette manche…mais tu ne gagneras pas la prochaine, je peux te l'assurer!... Tu est né pour mourir, souvient-en pour le peu de temps qu'il te restera…"
Un faible rire retenti encore une fois, mais cette fois-ci entrecoupé de hoquets de douleur.
-Tu me gonfles…franchement! Tu crois que je ne suis pas au courant... qu'on fini tous par mourir? D'accord, on part tous… mais on peut tous choisir quand…et comment on va mourir!
La Mort releva la tête en sa direction, crachant une nouvelle gerbe de sang noir derrière son masque.
"Tu crois vraiment? Tu es décidément…si stupide… De toute manière, pour moi…vous mourrez tous… au même… moment…"
Puis, lentement, elle s'étendit, la face collée contre le sombre disque d'ivoire, la voix s'éteignant avec elle.
Il l'avait fait. Il n'avait pas tué La Mort, non ça c'était impossible… Mais il l'avait vaincu. Le corps qui se trouvait là, devant lui, en était la preuve flagrante. Ce corps en toge, qui semblait se faire absorber par le flot de sang noir…Non, pas qui semblait! Il s'enfonçait vraiment, absorbé petit à petit par le disque, disparaissant rapidement sous la coulée de fluide noir. Et c'est à cet instant qu'il se rendit compte que ces jambes s'enfonçaient elle aussi. Il était en train de s'enfoncer, tiré par une mystérieuse attraction provenant du cercle.
Son corps disparaissait progressivement dans le liquide noir et rien n'y faisait, il ne pouvait pas y échapper. Il se débattait, il criait, il tentait de s'agripper mais ses mains s'enfonçaient à leur tour. En face de lui, le corps de La Mort avait déjà disparus. Il cria encore plus fort, tenta tout ce qui était possible de faire pour sortir de cet enfer mais c'était impossible. Sa tête était maintenant la seule chose qui dépassait encore de la surface lisse du disque. Puis le liquide rentra dans sa bouche, noya ses poumons, boucha ses narines, recouvrit ses yeux. Il ne voyait ni ne ressentait de nouveaux plus rien. Il se sentit partir, doucement, sans douleur… Ça y est… Il était mort.

# # # #


Il ouvrit lentement les yeux, ébloui par la vive lumière qui se trouvait juste là, devant lui. Il tendit la main en direction de cette source lumineuse, voulant attraper cette chaleur, voulant se l'approprier. Puis une silhouette noire se plaça devant la lumière. Une voix résonna dans sa tête, une voix lointaine, mêlé à des rires dont il n'identifiait pas la provenance.
"Dal… Dal Bennett…"
C'était son nom, il le reconnaissait… Puis il vit plus clairement le visage qui se trouvait en face de lui: un masque blanc, d'où seul sortait deux yeux d'un gris très clair. Puis la voix retentit de nouveaux, plus forte, plus distincte.
-Lieutenant Bennett!
-Dal!
-Vous m'entendez?
Le vieux médecin militaire retira son masque d'opération et braqua dans une autre direction la lampe opératoire. Le patient venait de se réveiller, ce n'était pas le moment pour de l'aveugler.
-Ça y est docteur? Il s'est vraiment réveillé?
Le jeune soldat n'arrêtait pas de bouger dans tout les sens pour essayer de voir le lieutenant de son unité, renversant au passage plusieurs chariots de fourniture médicale. Le médecin finit par le saisir par les épaules pour le forcer à l'immobilité.
-Ecoutez jeune homme, je suis peut-être presque aveugle mais je peux encore me rendre compte si quelqu'un est réveillé ou pas! Alors maintenant je vous prie de bien vouloir attendre dehors le rétablissement du patient!
La voix… Il la reconnaissait enfin! C'était celle du médecin chef sur cette section du front. Le front… Il était toujours sur le champ de bataille?
-Lieutenant Dal Bennett! Pour la dernière fois, m'entendez-vous oui ou non?!
-Je… Je pense bien que oui…

Le médecin laissa filer un soupir de soulagement.
-Tant mieux, on avait peur que l'explosion vous ait rendu sourd, en plus de vous avoir filé de beaux traumatismes… Vous êtes au courant que vous avez une chance de cocus? A votre place je me dépêcherais d'écrire à votre femme pour savoir ce qu'elle fait de ses journées!
La plaisanterie fit d'abord sourire Bennett mais il grimaça en se rendant compte de son erreur: le fait de sourire engendrait une vive douleur au niveau de ses côtes, douleur qui lui prenait aussi l'épaule gauche et le dos.
-Doucement, pas d'affolement! Vous n'avez rien à craindre, vous êtes loin des combats pour le moment. Restez tranquille et ne bougez surtout pas: on a eu un mal de chien à vous retaper et tout n'est pas encore totalement réparé.
-Qu'est-ce qui c'est passé… Je me souviens de la charge et après…
-Vous vous êtes fais salement amoché par un projectile de mortier lors de l'assaut et vous vous êtes ouvert l'épaule ainsi que le flanc pendant la chute. Vous avez vraiment failli y rester vous savez? On a même cru un moment vous perdre sur la table d'opération.
-Et… Et les hommes de mon unité?
-Ils vous attendent dehors. Ils ont réussi à prendre la tranchée ennemie avec très peu de perte juste après que vous vous soyez effondré. C'est grâce à vous au passage, et à votre magnifique lancer de grenade.
Le médecin se désintéressa pendant un instant de son patient, le temps d'allumer un vieux cigare de sa réserve personnel. Bennett apprécia l'odeur de tabac qui se dégageait de la fumée grise. Puis le médecin revint à son patient.
-Mais vous êtes resté plusieurs heures dans le coma, on a vraiment fini par s'inquiéter sérieusement pour vous savez?
-Vraiment? Vous êtes trop gentil…
-Hé, qui a promit de payer une bouteille à chaque homme de la division si on parvenait à prendre les positions ennemies avant la fin de la semaine? Je vous rappelle que c'est vous!
Nouvelle envie de rire, nouvelle grimace de douleur.
-J'aurais – Aïe – j'aurais mieux fais de me la fermer pour une fois.
-D'ailleurs, si vos hommes vous attendent dehors, c'est aussi parce qu'ils ont plusieurs factures à vous présenter. Un large sourire s'afficha sur le visage du médecin. Vous comprenez, ils n'allaient pas attendre votre retour parmi nous! Le sourire s'estompa, pour laisser place au visage de médecin professionnel habituel. Mais plus sérieusement, vous avez des souvenirs de quelque chose qui se soit passé pendant votre coma? C'est pour être sûr, au niveau d'un éventuel suivi psychologique, vous comprenez…
Des souvenirs… Non, Bennett ne se souvenait de rien. A part, peut-être…
-Une lumière…
-Pardon?
-Je me souviens juste d'un long tunnel de lumière blanche…
Le médecin parut soulagé et s'assit à côté du lit de son patient.
-Bien, c'est un cas typique chez les personnes sorties de coma et il n'y a généralement aucun suivi psychiatrique. En tout cas vous avez vraiment frôlé la mort de peu… Et puis, comme disent certains, heureusement que vous n'avez pas franchi le tunnel!
Le médecin se releva pour se diriger vers l'entrée de l'hôpital de campagne.
-Je vais aller prévenir vos hommes qu'ils peuvent venir vous voir.

Seul pendant quelques instants, Bennett resta plongé dans ses pensées. Pourquoi cette allusion au tunnel blanc le mettait-il si mal à l'aise? Et surtout pourquoi, alors qu'il était en vie, entouré maintenant par les gars de son unité qui le félicitaient et le portaient en triomphe, pourquoi cette si intense impression d'avoir non pas frôlé mais rencontré la mort en face…

FIN
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