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 Si elle a dû le taire, moi non plus.

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Aillas
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MessageSujet: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 2 Nov - 4:42

J'ai la patte sèche, le doigt qui se craquèle et la gorge farineuse. Pourtant, dans mon cœur je sens battre une force de vie qui me poigne, j'ai les tripes qui dansent tout au long de la journée, la pellicule défile dans mon crâne sans arrêt. Je vois de l'Amour, de la haine, du courage, de la faiblesse, de la vie et de la mort. Bref, j'entends, je goûte, je tâte avec passion des bribes de romans, de films et de chansons.


Alors pourquoi cette incapacité à coucher avec le papier ?


Je n'ai ni peur de l'adultère, ni du fétichisme, je suis prêt à toutes les folies pour continuer cette union avec cette feuille blanche. Mais je n'y arrive pas, je suis impuissant. Lorsque je caresse mon clavier, je sens mon imagination débander, l'excitation se meut en torpeur. Le verbe mou, je contemple les pages si prometteuses du livre que je n'ai pas encore écrit et la confusion se fait dans mon esprit. J'ai envie de les allonger, de les prendre tendrement, de les faire crisser sous mes doigts. Mon désir est ardent, j'en tremble parfois tellement il ne tient qu'à peu d'entamer cette jouissance si complète.

Notre intimité me manque terriblement chère feuille, j'ai besoin de me ressourcer en tâchant ta surface immaculée de ma semence tragique. Arriver à ces moments de parfaite béatitude en déposant en ton sein la plus parfaite des poésie, en irriguant ton corps de ce qu'il y a de plus passionné en moi. Et je sais que le temps est aussi long pour toi que pour moi, lorsque je te prends entre mes mains, je sens qui palpite en toi une aura presque perverse tellement nous nous sommes négligés si longtemps.

Nous sommes allé loin ensemble, et s'arrêter si longtemps me fait souffrir plus que je n'ai les mots pour l'exprimer. L'incapacité que j'ai à te combler m'empêche de vivre sereinement, je vois en toute chose mon handicap. Autour de moi les gens demeurent inchangés, ils continuent de pratiquer, rendant mon impuissance encore davantage honteuse. J'ai peur de l'avouer, quand j'en parle je prends un air soucieux, je suis sur la défensive. Oui, je suis un écrivain. Non, je n'ai pas vraiment écrit ces derniers temps. Non, je ne suis pas en perte de vitesse. Oui, tout va très bien.


Mais non, merde !


Et vous savez pourquoi j'ai cette appréhension quand je m'étends sur ma compagne ?



Parce qu'on me regarde. Et ça me bloque. Une foule de critique s'est immiscée dans la chambre que je partage avec mon écriture et cette foule juge avec un air sérieux mes ébats. Je n'arrive plus à rien quand ces yeux se posent sur mon intimité, j'ai la volonté de leur plaire, de leur démontrer en face la fougue dont je suis capable. Mais cette peur de ne pas être à la hauteur pose sur ma vigueur un poids qu'Atlas lui même n'aurait pu soulever en son temps.

Vos remarques acerbes flottent dans ma chambre et emplissent mes narines des effluves poussiéreuses de vos référence bibliques. Baudelaire en vous écoutant aurait pondu une encyclopédie entière sur le spleen si seulement il vous avait connu. Vous êtes fermés, imbus, terriblement bornés, et vous aimeriez que moi, je fasse comme vous ? C'est un grand honneur que de poser votre culture sur ma tête pour me faire rejoindre vos rangs, mais qu'est ce qui vous pousse à le faire ? La peur d'être seul un jour du haut de votre escabeau ? L'envie d'adjoindre à vos effectifs un homme triste de plus ?


Ou alors ce sentiment de solitude quand on appartient à un monde qui dédaigne les autres ?


Puisque faire ce que vous faites m'est impossible, je préfère rester médiocre à vos yeux. Médiocre mais heureux, plutôt que perfectionniste mais frustré. La bourgeoisie a dans ses valeurs que de mettre un écart avec les besoins du corps. Aussi ces plaisirs que je m'offre avec ma plume deviennent autant des démonstrations de ma soumission que ma jouissance à coucher dans des pages de peu de sérieux. Vous apprécierez les choses intellectuelles et plus vous les trouverez pénibles, plus vous les porterez aux nues. Je vous nomme alors aujourd'hui les trouble-pets, bourgeois de la littérature, frustrés du verbe, masturbés de la phrase.

Et toc, je souffle enfin que de me lâcher de cette tension primaire et primordiale. Si j'éclabousse aujourd'hui, c'est bien pour que ma semence m'apporte de beaux enfants, de beaux enfants qui ne soient pas aigres avant d'avoir vieilli.

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Green Partizan
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 2 Nov - 4:53

J'adore ce texte. Content Vert

Style rapide, une métaphore menée de bout en bout (et intéressante qui plus, comme une sorte de sexualité artistique, un concept un peu fou et enivrant), et une description qui se mue peu à peu en critique, en manifeste.

J'ai simplement relevé une petite chose dispensable :

Citation :
un poids qu'Atlas lui même n'aurait pu soulever en son temps.
Atlas, personnage de mythologie, est donc en quelque sorte intemporel. De surcroit, la phrase reste cohérente et efficace sans la précision finale Clin d\'Oeil .

C'était une première lecture, j'essayerais de revenir pour faire un second commentaire éventuellement plus développé, du moins avec plus de recul. Content Vert

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.
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Franz

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 2 Nov - 9:57

C'est un très beau texte que nous avons là. Les images, bien que délicates, sont également très solides. On sent que c'est bien plus qu'un texte car tu sembles très ému.
Après, tu te plains d'avoir de la mélasse sur les mains...

Heureux
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Scarlet Hurricane
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 2 Nov - 21:15

Que dire, si ce n'est que ce texte est magnifique.
Tu es bien servi par la richesse de ton vocabulaire et ta façon très particulière de tourner les phrases pour former des mélodies vraiment agréables à l'oreille. Les sonorités se déroulent, et portent une métaphore sur la sexualité très bien amenée et développée.

Très beau texte, donc.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 2 Nov - 21:21

Je pense que c'ets tout à fait le texte qu'il me fallait pour ce soir Heureux

Encore une fois c'est très efficace, dans l'exactitude de la description personnelle qui trouve écho en chacun de nous. C'est osé, mais l'aplomb avec laquelle tu scandes ces vérités, force le message à entrer dans la tête des cibles.

Un texte effilé et tranchant.

(et qui me conforte dans certaines visions des choses que j'ai ces temps-ci :p)
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Goldmund

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 2 Nov - 21:40

Ah, je n'avais pas vu ta nouvelle signature DVB. Cela me fait penser aux jeunes auteurs qui affichent fièrement les lettres de refus que leur ont adressé leur maison d'édition : ces lettres, vous savez, sont toujours écrites dans un style pompeux : "ce siècle, cher monsieur, n'est pas prêt pour votre génie ; vous êtes en avance sur votre époque, c'est tout le drame, etc..."

Bref, je trouve ça très drôle.
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Teclis
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 2 Nov - 22:54

J'ai peur qu'en répondant en tant que critique à ce texte, je ne me retrouve victime de la mauvaise farce incluse par cet écrit.

Aillas, qui manie le verbe avec beaucoup de classe, usant de figures stylistiques variées, et d'un vocable charnel recherché fait un pied de nez aux lecteurs qui se jugent assez savants pour commenter sa prose.




Et merde, je me suis fait avoir ! Choqué
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Goldmund

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 1:13

Avant tout, je dois dire que ce texte n’est pas d’une mauvaise facture ; je le trouve plutôt au-dessus de ce que l’on a l’habitude de lire dans nos bibliothèques. Il y a quelques trouvailles qui méritent d’être pointées du doigt, le premier paragraphe est particulièrement réussi. Un mélange d’humour, de légèreté et d’euphorie traverse ce récit de part en part, servi par un rythme saccadé ; une écriture de la rupture, de l’ellipse, du ressassement fiévreux. Le style est relativement fluide malgré quelques maladresses du style de cette phrase qui est une aberration syntaxique à ne jamais réitérer :

« Et je sais que le temps est aussi long pour toi que pour moi, lorsque je te prends entre mes mains, je sens qui palpite en toi une aura presque perverse tellement nous nous sommes négligés si longtemps. »

Ton « tellement… si longtemps » est une tournure d’emphase propre aux enfants qui mettent toujours un peu plus d’adverbes qu’il n’en faut, le résultat en est assez comique. Et cette remarque me permet, l’air de rien, de faire la transition vers ce qui constitue à mon sens ton plus gros défaut : ta lourdeur. Non pas une lourdeur de plume, au contraire, je me suis déjà étendu sur ses qualités, mais, disons, une pesanteur de l’idée. Pourquoi ce désagréable sentiment que l’on te voit venir à des années lumières ? Pourquoi cette manie de toujours en faire des tonnes et de préférer au pouvoir délicat de la suggestion le rabâchement ânonnant d’une pensée qui s’étire et se développe avec une longueur inutile ? Je donne comme point de comparaison à ce texte certaines des écritures les plus fines de ce forum qui contrastent tragiquement avec le côté volontaire quoiqu’un peu besogneux de ton écriture : je pense à la défunte Nef-Tys, à Uranium Fuscia – inimitable dans ses bons jours -, à Orphée. Tout cela manque un peu d’esprit, ou peut-être simplement d’inspiration.

La fin est assez touchante, je me permets d’en retracer les contours : « voilà des gens, se dit notre personnage, qui n’apprécient pas ce que j’écrie. De deux choses l’une : ou je suis mauvais écrivain ou ils sont piètres juges de mon travail. Si mes commentateurs pouvaient être des demeurés, si mes lecteurs les plus instruits ne pouvaient être que des pédants ; enfin, si moi seul je pouvais avoir raison sur eux, et si je pouvais décrété de moi-même si je suis bon ou mauvais : combien cela m’arrangerait ! » Oui, et cependant, en marge de ce discours en apparence un peu borné, n’entendons-nous pas une autre voix, plus discrète, diaphane, plus intéressante aussi ? Cette voix nous parle en ces termes : « quelle terrible injustice que l’écriture soit à jamais un acte solitaire, une parole qui ne communique pas, une création qui se mure en elle-même, dans sa superbe, dans son silence ; quelle tristesse que moi, écrivain, donnant vie à une œuvre, je me trouve encore et toujours confronté à cette Altérité menaçante qui ne me comprend pas, à ce jugement silencieux, celui de la critique, ou plus largement de la lecture, à cette condamnation latente de ce que je fais, de ce que je suis ». L’écriture que tu présente comme un acte joyeux - par opposition aux critiques qui sont toujours des gens très malheureux - n’est-elle pas, aussi, telle que tu nous la présente toi-même, le domaine de l’ombre, de la solitude et de l’inconsolable ?

La critique n’est pas une chose honteuse, ce qui est honteux, c’est le refus de tout dialogue sous le prétexte terrible que seul l’auteur à droit à la parole, que tout ce qui n’est pas parole de poète est parole de pédant. Ecrire, lire, commenter : c’est encore et toujours de la littérature.
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Ruby

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 3:16


Alors premier paragraphe, tout début première phrase j’ai du mal à rentrer dedans après les actions s’accèlérent l’émotion aussi je suis emportée.
Première vraie partie : désir, impuissance, passion, amour
Métaphore du role d’écrivain, de la relation avec ses écrits, de la relation avec l’impossibilité
J’ai vraiment bcp aimé ce passage, cmt il est développé, les images présentés etc..
Deuxième partie et troisième et là on part dans autre chose, tu ne continues pas dans la contemplation
Tu essaie de te révolter, de dénoncer. Tu essaie d’expliquer. Plus le discours de l’amoureux. Ou alors du chevalier qui défend son honneur ^^
Tu développes l’idée pourquoi ne pas écrire juste pour sentir mieux, écrire quand on se sent bien
Pourquoi devoir etre un poete maudit, etre triste
Pourquoi devoir etre forcément bon, toujours les critiques quand on veut juste s’exprimer
Bien sur que c’est une réaction enfantine mais oui des fois on a envie juste de s’entendre dire oui c’est bien ça m’a ému et pas ceci va pas, ceci va.
Bien sur les critiques nous aident, nous font avancer mais des fois on est tout simplement fatigué.
Ok je m’emballe peut être je donne juste mon ressenti t’as peut etre pas voulu dire ça.

Et perso je ne suis pas complètement d’accord avec toi ma blonde
Moi je ne trouve pas le style lourd, et l’idée de répétition n’est pas forcément lourde, moi j’aime répéter d’une autre façon une idée toujours avec une nouvelle touche, une nouvelle teinte qui donne plus d’emphase, mais forcément le côté humaniste et redondant c’est pas ton dada ( pourtant Breton c’est le sien ^^)
C’est pas une critique de la critique c’est juste montrer le coté humain des fois on a besoin juste de souffler. Des fois juste on a envie d’être ordinaire, d’être banale et de dire what else ?
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Goldmund

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 9:41

Être humain et être banal, deux choses différentes. Je donne plus sûrement la qualité d'humanité à une oeuvre qui nous fait rentrer dans l'intériorité, dans l'inconséquence humaine, qu'à une oeuvre qui se poserait comme une suite de lieux communs et nous ferait découvrir un homme pauvre qui est celui du roman amoureux à la M6.

Concernant la réitération, je suis d'accord avec toi pour dire qu'elle n'est pas nécessairement signe de lourdeur : à condition que les termes qu'elle ajoute éclairent le propos sous un autre angle, sans le reproduire exactement avec des mots différents. La réitération doit être une progression et non un ressassement, et non une élucidation de ce qui n'a pas besoin d'être élucidé. Et je pense, Xupi, que tu partages ce défaut d'écriture avec Aillas.
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Ruby

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 11:34

Je sais que tu aimes bien la critique du dit lieu commun mais bon tu peux pas la sortir à tous les coups ( la critique). Tu peux dire qu'il n'y a pas d'innovation même si la métaphore est bien suivie, et que la critique de la critique et l'apostrophe des bourgeois sent le ressassé.
Mais l'idée que c'est un roman amoureux de M6 tu ne peux pas pour plusieurs raisons car tout d'abord c'est vraiment descendre un texte en flèche et ne pas vouloir le prendre dans son histoire, son ressenti justement parce que tu penses à autre chose et de plus ça se voit que tu as jamais vu les romans amoureux de M6, ça ne ressemble en rien à ce qu'il vient d'écrire. Les romans amoureux c'est vraiment la mort, tu verras je t'attacherai à une chaise et je te ferai passer la pellicule dans un sacrifice satanique et tu verras la différence.

Comme quoi ça sert de commenter du Aillas, si en plus tu me donnes des commentaires pour moi. Donc pour toi si je comprend bien la répétition ne peut qu'être une gradation, pas resté au même niveau?
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Goldmund

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 18:51

Citation :
Je sais que tu aimes bien la critique du dit lieu commun mais bon tu peux pas la sortir à tous les coups
Bien sûr que si. Le plus grand défaut des écrivains que je croise sur Internet, c’est qu’ils n’ont rien à dire. L’univers qui est le leur est d’une insurmontable pauvreté, et leur écriture est à l’image de cette sécheresse : écriture du lieu commun, de la phrase toute faite, du commentaire banal, histoire sans intérêt. Au-delà de l’innovation, c’est leur capacité de création que je mets en doute : un écrivain qui ne crée pas est un mauvais écrivain. Certains commentaires sont plus créatifs, plus fins, plus profonds et mieux rédigés que l’œuvre sur laquelle ils portent : en un mot, il est des commentaires dont la qualité poétique surpasse leur objet.

Citation :
Mais l'idée que c'est un roman amoureux de M6 tu ne peux pas
Je n’ai pas comparé le texte d’Aillas à un roman télévisuel : tu m’as mal compris.

Citation :

Donc pour toi si je comprend bien la répétition ne peut qu'être une gradation, pas resté au même niveau?
Pas une gradation, mais une évolution. Il ne sert à rien de reformuler plusieurs fois de suite la même idée, c'est un exercice de style un peu plat, une forme de lourdeur teintée de pédanterie (note que cette phrase procède elle-même d'une énumération, d'un procédé de reformulation ; mais en reformulant, j'apporte une information supplémentaire, un éclairage inédit). Chez certains auteurs la réduplication en tant que figure du ressassement est un choix stylistique et esthétique : il traduit le plus souvent l'impossibilité à dire, le marasme d'une création plongée dans l'immobilité, porte une question sur l'acte d'écriture même et sur le néant qu'elle charie. Ce ressassement peut être joyeux, c'est le cas des oeuvres de Sade ou de Ionesco ; il peut être angoissé, laborieux, l'on pourra alors citer Beckett ou Blanchot. Dans tous les cas, ce choix n'est jamais anodin et ne doit pas être confondu avec la maladresse de style que je viens de décrire. Prenons un exemple. Beckett est volontairement lourd, il est absolument chiant ; mais parce qu'il joue de cette "illisiblité" du texte pour servir l'expression d'une théorie générale de la littérature, et au-delà, de la condition humaine, cette apparente maladresse devient source de création. Moralité, Beckett est l'un des auteurs les plus géniaux et les plus fantasmants que je connaisse.
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Ruby

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 19:09

De toute facon tru fantasmes sur tout ce qui a une plume! ^^
Merci pour l"eclairage.

Pour la deuxieme citation explique ce que jai mal compris.

La creation.. il me semble que c"est toi qui ma dit quon ne creait rien, que cetait une illusion nan?
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Dounette



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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 19:09

Pour faire court, j'ai autant aimé les critiques que le texte. Je donne raison et tort à chacun, et je me délecte de vos débats.
Une question, cependant. Pourquoi donc sur Ter Aelis s'obstine t on a écrire sur soi, sachant que du haut de nos quelques petites années on n'a pas grand chose à dire, au lieu d'inventer des histoires? Les plus grands romans sont fictifs, et les plus grands écrivains ont inventés des mondes au lieu d'inspecter de fond en comble ce qu'ils avaient dans le coeur ou dans la tête.

Le style d'Aillas, très envolé, très pur, très recherché, correspondrait bien à cet exercice : une vraie histoire, un vrai roman, pas forcément fleuve, mais construit et imaginatif. Et cela permettrait de faire plaisir aux commentateurs Heureux
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Scarlet Hurricane
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 3 Nov - 19:26

(Désolée d'empiéter sur tes commentaires, Jéromy :/)

Pour te répondre, Dounette : Il est souvent plus facile d'écrire sur soi et de romancer son vécu, si pauvre soit-il, son existence, ses sentiments, que d'inventer un récit de toute part, avec ses personnages pourvus de sentiments, d'expériences qui nous sont moins familières. Inventer, c'est recréer un monde et un contexte. Je te l'accorde, c'est plus intéressant sans doute, mais je trouve qu'il est plus facile de faire transparaître des émotions à travers ce qu'on connaît : On détaille plus et de façon plus vraie.

Et tout le monde n'a malheureusement pas les capacités d'inventer de façon construite et complète. (Je ne parle bien évidemment pas pour toi, Aillas : ) )
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Aillas
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mer 4 Nov - 16:08

Merci à tous, je vais essayer de vous répondre. Ca va être long, je le sens.

Green, au sujet d'Atlas, c'est une sorte de théorie que j'ai. La mythologie grecque a été totalement dépassée, devenue tabou pendant un temps, proscrite, puis désormais appréciée en tant que fable je considère qu'elle a été figée dans le passée avec la civilisation morte qui l'a vue naître. Donc, ce n'est pas une erreur de ma part, simplement une idée que j'ai mais que je n'ai pas exploité là. Ca fait plaisir que tu apprécies, surtout avec autant de spontanéité.

Franz, il faut croire que je me suis lavé les mains. C'est une grande délivrance pour moi. Je suis certain que certain-e-s en sera heureux-se-s. Lapin

Juliet, même si ton commentaire n'apporte pas de critiques constructives, c'est néanmoins un plaisir que de le lire. En tant qu'auteur, savoir qu'on est lu est très important, et il faut le dire, la majorité des lecteurs ne font pas d'analyses structurées de leurs lectures.

Dvb, oui, c'est un texte tranchant. Mais en même temps c'est un sujet qui me taraudait depuis pas mal de temps. Mais je n'avais pas envie de faire un texte assassin pour un texte assassin. Là, je suis assez content d'avoir mêlé deux choses.

Teclis, je crois que tu t'étais aussi fait avoir avec le Clientèlisme forumal. J'te naime aussi t'en fais pas. Coeur

Goldmund, j'attendais en fait ta critique avec impatience et c'est assez simple de savoir pourquoi. J'avoue ne pas avoir été déçu. Il y a des choses que tu mentionnes qui me font réflechir, cependant, je ne suis pas d'accord avec tout ce que tu ponds ici. Ce que je défends comme idée c'est le fait de parfois vouloir baisser les bras face à une critique qui se veut divine. La manière dont certains -dont toi, je ne le cache pas- commentent, me laisse parfois pensif. Tu as l'air de décrire l'écriture comme un art linéaire qui donne des jalons à suivre. Personnellement, je suis persuadé que la postérité apporte les citations et que la chance apporte la postérité. Avec une part de style de l'auteur, de talent, bien sûr mais...

Ceci dit, je ne suis pas dupe, tu ne considères pas la littérature comme linéaire, je t'ai suffisamment lu ou écouté pour le savoir. Mais. Mais ta façon d'aborder les choses pose comme des vérités générales les "bons" et "mauvais" auteurs. Les références à prendre te semblent évidentes et tu en fais montre aux autres comme tel. C'est gênant en soi. Tes jugements deviennent parfois faux tellement tu prends le subjectif pour de l'objectif. Autant Xupinette utilise son subjectif en état de cause, autant tu utilises un subjectif maquillé, faisant procès de culture à tes compères. Compères qui te forment, tu le dis toi-même, une vision très spéciale de la littérature.

Choupinette, je crois avoir partiellement répondu à ton commentaire dans celui de Goldmund. Je trouve que tu as bien interprêté mon texte, ce qui me va complètement. ^^

Dounette, les histoires, j'en ai plein ma tête. Mais ce qui me passionne le plus, c'est ma tête justement. Il se passe une quantité de choses dedans qui me terrifie et me plait. Les analyses, même romancées, je vais en faire beaucoup sur ce forum, parce que c'est un loisir que j'apprécie beaucoup. Mais les histoires... c'est une autre histoire. Lapin

Bisous à tous. Heureux

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Goldmund

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mer 4 Nov - 16:55

Xupinette a écrit:
La creation.. il me semble que c"est toi qui ma dit quon ne creait rien, que cetait une illusion nan?

Je ne me souviens pas avoir dit ça. Je crois à la création, bien évidemment, ou plutôt, à la re-création. Ce qui est formé n’est jamais totalement inédit ; les livres, les modes, les idées ne sortent pas de nulle part : tout est métamorphose, jeu d’influence mutuelle, tout est connexion. Je suis intimement persuadé que l’intelligence est la capacité de la pensée à créer des connexions entre les choses, partant de là, l’intelligence ne s’oppose pas à la culture : les deux font au contraire partie d’un même mouvement. Je ne crois pas non plus connaître un seul exemple d’écrivain célèbre – je ne parle pas des écrivains à best-seller – qui ne soit doté d’une importante connaissance des textes. Pas forcément des classiques, mais des textes. Car pour ne pas reproduire et basculer dans le lieu commun, il faut réfléchir sur ce que l’on écrit et sur ce que l’on veut écrire, il faut connaître ce qui s’écrie et ce qui a été écrit.


Dounette a écrit:
Une question, cependant. Pourquoi donc sur Ter Aelis s'obstine t on a écrire sur soi, sachant que du haut de nos quelques petites années on n'a pas grand chose à dire, au lieu d'inventer des histoires?
Pour rebondir sur le commentaire de Dounette, je ne pense pas qu’il existe de limite franche entre la fiction et l’autobriographie. Ce que j’écris est toujours une part de moi, l’on y entend ma voix, ma façon de plier les idées, les formes et les motifs qui me hantent ; et dans le même temps, cette intimité est façonnée par mon imaginaire, coulée dans le langage, aussi sincère que je puisse être elle aura toujours quelque chose de profondément irréel. Ce débat se retrouve dans le champ de l’Histoire avec un grand « h » : les uns disent que toute Histoire est fiction, pervertie par la subjectivité de l’historien, les autres disent que toute fiction est Histoire, car elle transpire malgré nous la vérité de ce que nous sommes et du monde dans lequel nous vivons. Ecrire pour se cacher, écrire et se trahir.


Aillas, cette image que tu as de moi me surprend. S’il y a un thème que m’attire plus que nul autre, c’est celui de la subversion, et mes goûts s’en ressentent clairement : Sade, Diderot, Lautréamont, les Surréalistes, les Absurdistes. On est très loin de la vocation classique, des « jalons », de la rhétorique de l’auteur insurmontable (les auteurs que j’apprécie n’ont précisément rien fait d’autre que d’expliquer combien tous ceux qui sont passé avant eux n’ont rien compris à la littérature – forme superlative de la transgression). Je m’explique difficilement ce paradoxe.
Mes jugements sont subjectifs, comme tout jugement : trancher, c’est faire un choix arbitraire. Je ne renie pas cette subjectivité, c’est parce que je suis subjectif que je peux apprécier ou non une œuvre, quand bien même une petite voix – celle du relativisme – me ferait entendre combien il est peu scientifique de s’extasier, de préférer. Qu’importe, je ne suis pas une machine, et la littérature n’est pas faite pour les machines.
Je m’efforce tout de même d’orienter cette subjectivité de manière à ce qu’elle se révèle féconde, créatrice et ne se borne pas au radical « j’aime / j’aime pas ». A moi moins qu’à tout autre, je crois, l’on pourra reprocher de ne pas étayer ses prises de position, de ne pas argumenter ses propos. Ma relative culture littéraire, les connaissances en langue que j’ai pu glaner à l’université et dans les manuels me donnent cette possibilité d’implanter un élément d’objectivité dans mon propos. Objectivité qui n’aura pas pour tache d’étouffer mes opinions, mais au contraire, de les expliquer, de leur donner une contenance si j’ose dire (vous en saurez peut-être plus dans le prochain numéro du Canard, le texte d’Aillas m’a inspiré une réponse que j’ai rédigé sous forme d’article). Maintenant, si tu as des exemples précis de discours dans lesquels mes « jugement deviennent faux tellement [je] prends du subjectif pour de l’objectif », je suis tout ouï, cela pourrait m’aider.
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Jeu 5 Nov - 1:00

Je dois dire que je ne m'attendais pas à lire ça.


Ce texte aurait à mon sens sa place dans les débats plutôt que dans la bibliothèque des petites nouvelles. Néanmoins, c'était bien écrit et j'ai passé un assez bon moment, bien que très bref et pas si intense que ça au final.

Oui car les idées développées me laissent un peu sur ma faim. Peut-être est-ce parce que tu t'attaques à un débat mille fois rabâché (mais avec talent et soin, contrairement à la plupart des fois où le thème a pu être abordé), peut-être est-ce parce que je trouve que tu as une fâcheuse tendance à schématiser les situations, à mettre d'un côté les bons, de l'autre les méchants. Comme si tous les critiques un peu lettrés n'appréciaient pas un bon Tolkien, Rowling, comme s'ils n'avaient pas tous leur petit pêché mignon. D'ailleurs, tu n'essayes pas du tout d'expliquer la position de ces "bourgeois de la littérature".
La preuve, c'est que tu les qualifies de bourgeois, dénonçant leur richesse lexicale et culturelle dont, apparemment, tu trouves qu'ils abusent. Or, si tu avais voulu être un tantinet plus objectif, tu aurais parlé d'aristocrates, c'est-à-dire de ceux qui donnent le pouvoir aux meilleurs. Car, en schématisant, tu oublies de donner les raisons réelles de leur position, qui ne sont certainement pas une sorte de pédanterie débile consistant à frapper sur tous les textes dotés d'un style clair et percutant! Au contraire, la clarté est souvent une exigence des "aristocrates de la littérature", ce qu'ils reprochent avec parfois acidité à des auteurs volontairement masturbateurs. De même, si on peut être agacé en lisant une cent-millième lettre de haine contre l'humain stupide et borné qui fait des fourrures avec des peaux de chat, ou une milliardième scène de viol dans laquelle le mec est un salaud et la fille une pauvre victime, le tout décrit avec une mièvrerie encore plus dégueulasse que la scène qui est décrite, c'est tout simplement parce que c'est mauvais. Oui, il y a des textes à chier, d'une parce qu'ils ne sont pas très bien écrits, de deux parce qu'ils ne proposent rien de neuf. Qu'on appelle de la merde de la merde ne me choque pas, dans la mesure où le critique doit simplement faire preuve d'un peu de tact avec l'auteur.

Néanmoins, j'ai trouvé ton passage sur l'auteur effrayé par les critiques très justes. Je pense aussi qu'il est très imprudent de faire partager un récit inachevé, un début de roman par exemple, à des lecteurs. Car on s'engage à partir du moment même où le texte est lu, on hésite à revenir sur ce que l'on a fait...en fait, on écrit en gardant en tête qu'on sera lu. Ce qui peut-être positif, bien entendu, mais nous fais avant tout moins prendre de risques.
En cela, je te rejoins totalement et je trouve que cette idée fait preuve de plus d'originalité que celles développées avant et après dans ton écrit.

C'est en tout cas un pamphlet de qualité dont la lecture est suffisamment jouissive pour mériter d'être relu!


Dernière édition par Plumo le Sam 7 Nov - 17:31, édité 1 fois
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Goldmund

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Jeu 5 Nov - 10:18

D'accord avec tout ce que dit Plumo. Du reste, ce côté schématique fait aussi partie de ce que j'appelle "la lourdeur".
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Esil

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Lun 9 Nov - 20:42

Je crois que tout a été déjà dit. Bon j'ai pas lu toutes les critiques mais, personnellement, je n'en ai pas de négatives.
Je n'ai rien à ajouter sinon que c'est un immense plaisir de mieux te connaître à travers tes textes.

...

Bon, ça va paraître ridicule mais je le dis quand même : Wahou !
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mar 10 Nov - 1:48

Esil a écrit:
Wahou !

Cherche pas, il n'y a rien de mieux.

C'te une sorte d'onomatopée à vocation sexuelle chez nous. Tu dis Wahou et notre plume se tend vers toi comme..enfin on est heureux.


Aillas, que penses-tu de ce qui a été dit précédemment? Tu es le plus à même de nous dire si nous avons grossi le trait, vu juste ou été aveuglés par un comportement typiquement "bourgeois" Clin d\'Oeil
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The Fantasier

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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Dim 7 Fév - 15:27

Good (y)! Voilà qui est fort déprimant, mais les images sont très très bien choisies! C'est un texte qui n'est pas gentil. Il monte donc dans mon estime, car même si ça m'arrive bien trop souvent, je n'aime pas écrire des textes gentils...(Mais bon on a tous son petit côté Lennon caché)
Disons que l'on te voit un peu comme un écrivain indiscret qui ouvre en grand la porte extérieure d'une chambre sentant le renfermé depuis trop longtemps, dérangeant un masturbateur intellectuel convulsif du même coup...
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Aillas
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mer 10 Fév - 2:37

Après un long laps de temps, je me permets de répondre sur les commentaires. Je prends Gold en otage en premier, parce que la contradiction est sans doute plus profonde à cet endroit là.

Quand je parle de ta subjective objectivité, de ta subjectivité qui te pousse au tort, c'est par ta manière de prendre position et non ta prise de position en elle-même. Que tu penses ce que tu penses m'est, en toute relativité, bien égal. Mais il existe des expressions bien utiles dans la langue française afin de tempérer un propos. Pour en citer quelques uns : "Je pense que", "En toute subjectivité", "Je crois que", "Il est possible que", "De mon point de vue" et ainsi de suite. Ce sont des expressions que l'on ne retrouve pas chez toi. Tu énonces avec un aplomb teinté d'obscurantisme des vérités relatives. Obscurantisme parce qu'en ne laissant pas la place au doute ou à une possible interrogation sur ton propos, tu caches, supprimes la possibilité d'avoir tort. Ce qui ressort en général n'est pas ta raison, mais le tort de ton interlocuteur.


Plumo a écrit:
La preuve, c'est que tu les qualifies de bourgeois, dénonçant leur richesse lexicale et culturelle dont, apparemment, tu trouves qu'ils abusent. Or, si tu avais voulu être un tantinet plus objectif, tu aurais parlé d'aristocrates, c'est-à-dire de ceux qui donnent le pouvoir aux meilleurs. Car, en schématisant, tu oublies de donner les raisons réelles de leur position, qui ne sont certainement pas une sorte de pédanterie débile consistant à frapper sur tous les textes dotés d'un style clair et percutant! Au contraire, la clarté est souvent une exigence des "aristocrates de la littérature", ce qu'ils reprochent avec parfois acidité à des auteurs volontairement masturbateurs. De même, si on peut être agacé en lisant une cent-millième lettre de haine contre l'humain stupide et borné qui fait des fourrures avec des peaux de chat, ou une milliardième scène de viol dans laquelle le mec est un salaud et la fille une pauvre victime, le tout décrit avec une mièvrerie encore plus dégueulasse que la scène qui est décrite, c'est tout simplement parce que c'est mauvais. Oui, il y a des textes à chier, d'une parce qu'ils ne sont pas très bien écrits, de deux parce qu'ils ne proposent rien de neuf. Qu'on appelle de la merde de la merde ne me choque pas, dans la mesure où le critique doit simplement faire preuve d'un peu de tact avec l'auteur.

La lecture de ton commentaire me laisse penser que tu n'as pas saisis la signification du mot "bourgeois". La culture bourgeoise est intellectuelle, par cela même qu'elle s'écarte avec insistance et multiplication des cades des valeurs du corps, de l'accessible, d'à portée de main. Ce que je reproche dans cette bourgeoisie c'est la méprise du simple, du populaire au profit d'une pénibilité que seule la bourgeoisie pourra se permettre d'apprécier. De par l'éducation proprement bourgeoise, de par la volonté de démarcation.

Les aristocrates sont nettement différents et le mot meilleur n'a de sens que pour toi. Mais sur le principe du tact, je reste assez en accord avec toi, c'est élémentaire mon cher. Content Brun

Fantasio, merci pour ce commentaire, j'aime assez peu les textes gentils (à voir) et il est vrai que j'ouvre rarement mes volets.

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Mary Sue
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MessageSujet: Re: Si elle a dû le taire, moi non plus.   Mer 10 Fév - 13:35

Alors là, je passe sur les commentaires, c'est pas l'important.

Tu vas croire que je t'ai encore mal compris pour ce que tu m'as dit hier soir mais pas du tout. J'ai juste été attirée par ici et je n'avais encore jamais remarqué ce texte.
Si je l'avais vu plus tôt...Je ne m'étends pas, je te dis juste que je l'aime beaucoup sous tous ses aspects mais surtout pour une partie du message qu'il véhicule. On sait pourquoi j'imagine.

Je te hais bien. Je vais voir ailleurs.

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