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 Zoo

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Nicolas



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MessageSujet: Zoo   Lun 9 Nov - 20:37

La première (1) salamandre

Me sachant de mieux en mieux capable d'en appréhender le sens, mes rêves se plaisent à devenir de plus en plus explicites, vengeant par leur crudité perfide mes percées dans leurs voiles. Au mieux, les symboles caricaturaux de l'interprétation psychanalytique se superposent, raillant à la fois mon introspection et ma singularité, au pire, toute allégorie s'évanouit au profit de l'interprétation terre-à-terre de mes frustrations et le refuge onirique devient un prolongement à peine plus fantaisiste de mes peines de la journée.

Andy Fallakham, Pulsin' Comics



La mort de Candice fut assez logiquement l'évènement-clé du renouveau de la vie d'Antoine Siguier. Dépressive, elle avait probablement jugé insupportable ce jour-là ce qu'elle surmontait depuis trente ans sans qu'elle ait eu l'air pour cela de fournir un effort particulier ; elle s'était écrasée depuis le quatrième étage et n'était sortie du coma de dix heures qui avait suivi que pour mourir très silencieusement, au grand soulagement d'Antoine. Il lui savait gré de ne pas avoir pris plusieurs années à se décider, ce qui les aurait probablement gâchées et puis, étant donné l'état où elle était réduite, il avait été tout de même plus raisonnable de décéder, lui évitant ainsi les dilemmes moraux habituels de ceux qui abandonnent un être dépourvu d'autonomie. Ces dix heures furent épouvantables, alors ils s'estimaient quittes. Il n'avait peut-être pas grand chose de plus intéressant à faire que de regarder une mourante ne pas bouger mais il ne voulait pas ressembler à ces parents soixantenaires dans les reportages télé qui trainent depuis trente ans le fardeau d'un enfant autiste incapable de se torcher seul. Il eût semblé évident que le bon sens leur permît de les noyer en toute légalité dans leur première année, une fois la conscience prise de la mission injustement christique, et bien moins valorisante, qu'ils croyaient se voir attribuée. Antoine ne vivait déjà pas pour lui, alors il n'allait pas vivre pour une fille en kit avec laquelle il pourrait si cela se trouve ne plus avoir de rapports sexuels.

Il ne participa pas aux obsèques, une fois auto-convaincu que ce suicide n'avait eu lieu que pour l'emmerder et qu'il s'agissait d'un test destiné à mettre à l'épreuve sa volonté. Dans la semaine qui suivit, il avait été certes triste, mélancolique, mais pas au point que cela lui fasse verser des larmes. Ces dernières étaient réservées aux habituelles crises d'angoisse, indépendantes de l'existence comme de la disparition de Candice, lorsque ré-émergeait la conscience que sa mort mettrait fin non seulement à sa capacité à agir et à sentir mais également à se souvenir de ces actions et ces sensations, non pas un stop, mais un formatage total de l'enregistrement, ou encore que lorsqu'il prononçait un mot, si trivial soit-il, il était plus que statistiquement probable que des dizaines d'Indiens l'aient fait simultanément dans leur langue maternelle, à l'autre bout de la terre ; en cela, pas besoin de croire aux mondes parallèles pour devenir fou. Non, ce qui devait le plus se rapprocher chez Antoine d'une séquence larmoyante à l'idée que Candice l'avait quitté, c'était ces moments où il commettait par désespérance des actes improbables dans un état de semi-conscience, comme classer les fruits dans une panière selon l'ordre alphabétique ou empiler les boîtes de jeux vidéo à la Fnac jusqu'à ce que le monticule atteigne un mètre soixante, s'effondre et qu'un vigile ne vienne lui indiquer la sortie.

C'est d'ailleurs à cette occasion qu'un autre évènement d'à peine plus d'un mètre soixante vint perturber sa vie : elle s'appelait Justine.

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Cordelia Melicerte

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MessageSujet: Re: Zoo   Lun 9 Nov - 21:16

Tu as prévu une suite ?

Il reste quelques coquilles dans le texte (un "ne" qui manque, des lettres en trop...). Je te laisse le soin de les débusquer.

Autrement... c'est un beau texte. J'aime ce détachement apparent, en grande partie du à l'utilisation de la troisième personne, mais au cynisme mordant et réaliste qui se pose de temps en temps dans le texte. Il traduit très bien cet état de demi-conscience lié à la dépression, où nos actes perdent de leur sens et où la seule force qui nous fait agir est la routine.

Il y a cependant, à mon avis, quelques lourdeurs. Tes phrases sont d'une longueur ! Et j'ai eu énormément de mal à comprendre la deuxième phrase du texte. De plus, le fait que tu utilise le nom de famille d'Antoine au début du texte m'a complètement perdue. Ça casse le parallèle fait avec Candice : puisque tu ne la nommes que par son prénom, on s'imagine qu'ils ne sont pas à mettre sur le même plan. Antoine Siguier fait figure de personnage people. Je n'avais même pas tilté que c'était le même Antoine que celui dont tu parles ensuite pendant tout le texte (je viens de m'en rendre compte en écrivant ce commentaire...).

Voili voilou !
y'abon !

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Cassiopée
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MessageSujet: Re: Zoo   Mar 10 Nov - 2:07

Pourquoi utiliser des phrases si longues où l’on appelle son souffle au dépend de la raison qui oublie de comprendre le texte ?
Ce texte ressemble à un exercice de style où tu aurais décidé avant de l’écrire que tu le comblerais de compléments, de phrases complexes, en utilisant un minimum de signes de ponctuation.
Il en découle, pour moi, une lecture sans âme. Un peu comme on déroule une bobine de fil, sans s’occuper de sa couleur, de sa texture et de son épaisseur. Seule la longueur du fil compte.
Non.
Je n’aime pas lire ce genre d’écrits. Même si le langage est riche. Même s’il est assuré.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Zoo   Mar 10 Nov - 4:07

Mais c'est n'importe quoi !


Passons sur le fait que tes phrases sont un tantinet longuettes (m'y suis paumé et je cherchais désespérément plus avant un quelconque point ou point virgule pour me remettre de ce déluge).

Bon, j'ai bien aimé l'intro avec cette citation intelligible et quelque peu sordide (mais qui donne le ton déjà) et puis surtout ce personnage complètement barré. J'avoue avoir explosé de rire face aux parents d'autiste et à la tour de jeux vidéo.

Quelque part c'est pas sans me rappeler un certain personnage que j'ai eu l'occasion de croiser à une czertaine époque (non non pas en HP) à ceci près que dans la vraie vie, des gogol mentals (oui au pluriel) comme Antoine Siguier ne sortent pas avec de vraies filles... ou alors avec des Candices, mais à la limite c'ets bien fait pour eux.

Bref, en gros, c'ets n'importe quoi !
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Teclis
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MessageSujet: Re: Zoo   Mar 10 Nov - 4:58

Mitigé par la longueur des phrases. D'un coté, c'est vrai que la lecture ne s'en trouve pas facilité, de l'autre, ça donne un certain aspect au texte. Enfin en général, ça passe.

Un vocabulaire riche, un peu exagéré, à l'instar du cynisme qui entache l'écrit.

Une fin attrayante.

Le tout reste très "crème au caramel". C'est bon, mais on en reprendrait pas une dizaine non plus.
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Nicolas



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MessageSujet: Re: Zoo   Mar 8 Juin - 13:15

Le couple (2) de cachalots

Personne n'est disposé à créditer le mal que l'on dit de soi, pourtant en connaissance de cause. De fait, lorsqu'advient une démonstrative explosion d'autoprédication peut-on se réfugier derrière le soin que l'on eut d'avertir les sinistrés en puissance. Aujourd'hui, on s'affiche mauvais comme on croit aux dieux : par précaution. Les loups sont lâchés ; certains ne sont que des costumes mais tous sont excusés d'avance.

Jonathan Loch, Crier sous terre, cent-quarante-six variations du leurre




Comme Antoine avait l'impression d'être intensément amoureux de la moitié de la population féminine du McDonald's, il se dit qu'il avait probablement assez traîné. Dehors, un vendeur de churros avec lequel il aimait discuter en automatique - répéter, opiner, parfois veiller au cloisonnement du vocabulaire - insultait entre ses dents un couple parlant l'anglais, son obsession.

Justine était partie depuis une semaine, sans doute qu'elle faisait des trucs comme écouter sa musique de merde en échafaudant des émotions en contreplaqué, peut-être aussi qu'elle collectionnait dorénavant les menus de restaurants laotiens, étant donné que ces derniers revêtaient un intérêt mille fois supérieur à la conversation d'Antoine lorsqu'il évoquait avec une passion non feinte le jeu d'acteurs de films qu'il pensait être le seul à avoir vus, sûrement qu'elle vivait bien, poursuivant les épisodes interchangeables et d'égale valeur de son existence (de merde, encore). Et quoi, petite conne, tu ne penses pas que je suis aussi mieux, seul, lorsque je monte les marches du métro le dos voûté et les avant-bras tendus, mes doigts crochus se contractant à la perspective de proies imaginaires, jouant pour ma joie unique au loup-garou de la grande ville ? Regarde-moi engloutir au hasard les feuilles d'une plante à ma rencontre, observe ma sérénité profonde lorsque je donne des noms d'enfants aux lattes de mon parquet... Déserte la lune, cherche-toi un toit dans les Deux-Sèvres. Antoine était terriblement calme et avait terriblement besoin de mordre une matière dure jusqu'à ce que soit cette matière soit ses dents éclatent. Il arracha de la bouche d'un passant une cigarette et tourna, disons, à droite.
***


De par un profond respect envers la nature, Antoine se refusait à jeter sur le chemin de terre qu'il arpentait en quête d'une étincelle le mégot qui pendait à sa main depuis une distance ou une durée qu'il se savait incapable d'évaluer, mais vraisemblablement trop longue au vu de l'importance parasite qu'avait prise dans ses pérégrinations intérieures le souci de se débarrasser du résidu consumé d'une façon moralement honorable. Idéalement, un écureuil effronté serait venu l'en dépouiller ; il aurait fait mine de défendre son trésor quelques instants pour donner le change au rongeur et l'aurait regardé s'enfuir dans un horizon vertical avec soulagement. Il y avait aussi l'opportunité de tomber sur l'un de ces chênes où s'ouvrait sous l'écorce, moyennant l'introduction d'un euro dans une fente aménagée un bac destiné au recyclage et à la valorisation des mégots en poupées Carla et matériel chirurgical pour le Tiers Monde. Malheureusement, il semblait que la nullité des probabilités fasse un écho douloureux à la sienne et cette pensée le meurtrit plus sûrement que si la combustion de l'objet de son obsession s'était poursuivie au-delà du filtre, jusqu'à ses doigts, puis ses os. D'où somatisation guignolesque : la main gauche pince le dos de la droite dont le pouce gratte la paume de la première ; ensuite on inverse, la plupart du temps jusqu'à ce que les démangeaisons fantômes en éveillent des plus visibles.

Son salut se matérialisa sous les traits élastiques d'un labrador au petit trot, probablement en mission de reconnaissance. Antoine sortit de sa veste une tranche de carpaccio de bœuf, en enroba délicatement le mégot et déposa le tout dans la gueule de l'animal. Soulagé, il s'éloigna en prenant soin de briser les brindilles sous ses pas.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Zoo   Mar 8 Juin - 14:21

Rhoo zut ! et moi qui espérait y lire la résultante abrasive de l'impactante Justine; me voilà quitte pour une promenade buccolique. Quoi que j'aime beaucoup les tranches protéinées ex-tasca générées données en offrande à l'animal le plus stupide du monde.

C'est beau, à peine contemplatif et insidieusement abyssal.
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Cordelia Melicerte

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MessageSujet: Re: Zoo   Mar 8 Juin - 17:01

La fin est magnifique. Le reste est obscur, compliqué, vague et en même temps trop précis. Mon esprit a dérapé de trop nombreuses fois. Peut-être en fais-tu un peu trop sur les phrases à rallonge. Et je trouve que le vocabulaire d'Antoine ne colle pas au personnage : ses insultes et jurons sont d'une platitude crasse. Bref, j'ai moins aimé que le premier, même si ce texte a du potentiel !

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MessageSujet: Re: Zoo   Lun 11 Oct - 19:17

Cordelia Melicerte a écrit:
La fin est magnifique.

Quelle fin? Il n'y a pas de chute, au mieux un stop. Ce qui n'est pas forcément déplaisant; mais c'est à la Brett Easton Ellis: go get fucked, tous. Voilà, ma gradation est terminée, j'ai dit. Point. Ah bon. Okay. Alors magnifique, je n'arrive pas à comprendre pourquoi, surtout que ce mot sous-entend un jugement esthétique.

Que tu [Cordelia] parles de phrases à rallonge est vraiment symptomatique: elles sont juste normales pour un autre siècle. On - enfin eux, tous, les auteurs - a fait un terrible coupe-queue à la littérature en décidant qu'il fallait. Hacher. La littérature. Ce qui est juste. Juste normal. Juste normé. Pas juste tout court. En soit, l'étendue des phrases ne me gêne pas.

A part ces deux commentaires sur le commentaire de Cordelia...Je sais pas...(oui, je sais, les points de suspension c'est pour Céline et les cons). Tu me rappelles Houellebecq sans les notions d'économie, le sexe, et avec une touche de rose fuchsia. On dirait que tu fais de la philosophie stylisée. Un texte qui ferait de la philosophie sans le faire de manière philosophique. Avec Antoine comme personnage principal et principiel. Sans pour autant que ce soit de la littérature édifiante - dans le genre anti-héro névrosé, pommé et donc déjà vu, tu nous a servi.

En tout cas, c'est contemporain et ça me dérange un peu: je t'aurai imaginé soit moderne, soit retro, mais pas contemporain. Peut-être n'est-ce qu'une étape, qu'en fait tu mues. Si elle existe, peux-tu publier la suite. Ou nous répondre, même si ça transgresse les axiomes a priori semi-bidons selon lesquels un auteur ne s'analyse ni ne se commente. Je ne capte rien du tout.

Enfin comme je n'ai pas envie d'être mal compris et que je n'essaye surtout pas de descendre ton texte mais simplement d'en capter l'intention, j'ajouterai les sempiternels - et à peu près sincères: c'est bien écrit. C'est marrant. C'est dérangeant.

[Edit] (excellente) réponse fournie par MP; et de fait, il fallait une explication. Bloody allégories hermétiques.
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