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 Semaine

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Ruby

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MessageSujet: Semaine   Mer 11 Nov - 18:39

Lundi


Mes dernières nuits ont été vécus comme des jours, je n’ai pas pu dormir. Je suis épuisée mais le corps et la tête refusent de me laisser me reposer. J’ai l’air d’un basset avec mes cernes qui tombent jusqu’en bas des joues. Comme méconnaissable. Ma tête et mes cheveux emmêlés. Je reste dans le lit, et j’attend. Ne venant pas, j’écris. Quelques éclipses mais insuffisantes pour récupérer. Tout est endormi même si je suis éveillée. Je suis fatiguée de marcher, parler, de m’exprimer, de m’expliquer. Tout tourne autour de moi très vite, je suis quelques bribes des événements, quelques mots des discussions, quelques gestes des mouvements. Je me tuerai. Juste pour souffler. Se reposer enfin. Ça ne veut pas me lâcher. Je n’ai la force pour rien, ma pensée est déconnecté. Mon inconscient prend le dessus. Je n’ai plus de vue. Mes paupières suivent le battement du papillon, s’ouvrent, se referment sans s’arrêter, au risque de provoquer la chute. Qu’elles s’écrasent sur mes yeux et les voilent à jamais.

Mardi


Ça continue. Ça ne m’a pas lâché. Je commence à ne plus rien contrôler. Les larmes jaillissent sans savoir pourquoi. Je me sens faible, un fantôme. Comme un rêve qui est sans matière, qui erre juste dans un monde flou qui ne me touche pas. Il faut que je réagisse. Aujourd’hui j’ai mangé, ça m’a fait un drôle d’effet. Comme si je redécouvrais que j’avais un corps. Je l’ai senti présent. Je l’ai senti quand j’ai du le transporter jusqu’à la plage. Le trajet m’a paru infiniment long, comme si on venait de passer la frontière de l’éternité. De debout, j’ai du concéder à m’asseoir, comme une impotente dont les jambes ne supportent plus le reste. J’ai trouvé une solution. J’ai pris deux sacs plastiques, je vais les remplir de sable. Comme ça quand le marchand sera là, il ne pourra renier mon existence. Et m’échangera la marchandise contre un sommeil bien mérité. C’est moins rapide que je le pensais. Le sable est froid. Je suis seule à errer sur la plage dans ce mois de février. Ici tout est calme, parfait pour faire un somme. Mes volets se ferment, je commence à sombrer. Un jappement. Un clébard avec son putain de maître qui lui balance un bâton. Le chien est tellement joyeux à ce jeu qu’il ne fait qu’aboyer. C’est raté. Une douleur à la tête. Je suis énervé, ça ne fait que l’accentuer.

Mercredi


Il n’est pas venu, mes présents, il les a complètement snobé.
Par contre ma mère elle les a remarqué et elle a commencé à gueuler, ça a augmenté la douleur dans la tête. Elle a commencé à me faire la morale, à me critiquer sur mon état, comment j’étais habillé, que je ne faisait pas civilisé, que ça ne se faisait pas de voler du sable, que c’est à cause de gens comme moi que l’écosystème allait mal. Je n’en pouvais plus de l’entendre crier. Je me suis réfugiée sous la douche. L’eau chaude a réveillé tous mes membres endoloris. Je suis resté sous l’eau, sans savoir combien de temps. Puis la réalité est revenue quand ma mère a gueulé que c’était pas moi qui payait l’eau, je suis sortie en vitesse, me suis habillée mollement d’une robe en laine, enfilé mes bottes et un bonnet, j’ai repris mes sacs de sable, une serviette avec l’espoir de faire de la plage mon dortoir et j’ai fait le chemin inverse.
Il faisait froid, je pouvais voir la fumée sortir de ma bouche. Je pouvais faire de la buée avec ma respiration sur les vitres des voitures garées sur le parking. Je lâchais les sacs de sable sur le bas côté et me dirigeait vers l’océan. La douleur m’a pris au dépourvu à la tête, l’eau l’avait calmé. Je n’arrivai plus à réfléchir, juste à ressentir. Tout d’un coup j’avais chaud, je me sentais à l’étroit avec moi- même, enfermée dans mes vêtements. Je me suis déshabillé rapidement jusqu’à me retrouver en sous- vêtements et je me suis dirigée vers la mer. Le premier pas dans les vagues m’a réanimé mais j’ai continué, l’eau était presque chaude en contraste avec le froid ambiant dans l’air. J’ai nagé un moment, puis je me suis arrêtée, épuisée. Engloutie sous l’eau, puis je remontais tout doucement par un battement de pied, puis je me retrouvais encore une fois submergée sous l’eau, et mes membres ne répondaient plus, peut être car je ne leur commandait plus de s’activer.
Je m’endormais. Puis encore réveillée, paniquée, je me sens comme étouffée, j’arrive pas à respirer pourtant je suis hors de l’eau. Un homme me soulève en me prenant sous les bras, il me dépose sur la plage. Il me parle mais je n’entend rien, j’essaie juste de respirer. Tout revient petit à petit, les teintes, le son. Je sens la respiration. C’est le gars au chien. D’ailleurs l’animal me supplante en me regardant d’un air étonné, moi qui reste étendue presque à bout de souffle sur la plage. Il me demande si je vais. Je cherche de m’échapper. Il ne veut rien entendre, il va chercher mes affaires. Il veut me ramener chez moi, dans la voiture je me réchauffe un petit peu, je me rends compte que j’ai froid, mes doigts sont bleus. On arrive chez moi. Ma mère ouvre. Je sens que je vais encore me faire engueuler. Elle me prend dans ses bras comme si elle m’avait pas vue depuis longtemps, elle s’excuse de milles façons au jeune homme, le remercie tant qu’elle peut. A son départ, son regard a changé, c’est accusateur. Elle me demande ce qu’il m’a pris. A quoi je pensais. Qu’Est-ce qu’on allait penser de moi et de mes parents maintenant. Que si je tentais de me suicider ça allait pas aller. Qu’elle allait me prendre un rendez vous chez le psy. Je vais me nicher dans ma chambre, m’étend sur mon lit et observe le plafond. Il change de couleur, de forme j’essaie de suivre ses mouvements. Papa en rentrant du boulot est venu s’asseoir au bord de mon lit, m’a dit qu’il a appris, que ce n’est pas grave, qu’on est là pour moi. Je ne comprend pas, je n’ai jamais voulu me tuer. Je veux juste dormir lui dis je. Il m’embrasse sur le front, me dit de me mettre dans le lit et remonte la couverture jusqu’à ce que je sois complètement recouverte jusqu’au cou. Je sens que je m’endors.


Jeudi


Vendredi


J’ai dormi. Vraiment. Toute une journée. Ma mère a tenté de me réveiller sans succès. Je ne comprend pas qu’elle ait essayé, elle n’a pas vu que j’étais fatiguée. Je n’ai pas l’impression d’avoir dormi pendant toute une journée, mais apparemment c’est la vérité. Je me sens ragaillardi. Ma mère m’ignore complètement quand je descend dans la salle à manger pour déjeuner. Elle fait comme si je ne faisais pas partie du foyer dont elle doit s’occuper. Des fois pourtant, je l’entend dans le salon en train d’astiquer les meubles qui étouffent des sanglots. Je ne suis pas morte à ce que je sache. Mais elle préféré faire comme si c’était le cas. Comme si je n’existais pas. Je tente le dialogue, elle me dit qu’elle est occupée. Et qu’aussi elle a pris un rendez vous chez le psy lundi. J’ai pas envie d’y aller. On dirait que je suis punie. J’ai voulu blesser personne. Je ne me suis pas tailladé les veines, ou empoisonné en absorbant une tonne de cachetons. J’ai juste fait une erreur. Et tout ça car j’étais fatiguée. J’ai pas envie de chercher, de m’opposer. On verra ça dimanche quand Papa sera là, je suis sure qu’il me soutiendra.

Samedi

Ça y est j’ai repris un rythme normal, la nuit je dors. Ma mère ne m’adresse toujours pas la parole. Je décide de m’aérer. Cette maison sent le renfermé, l’oppression, la tension. Je rencontre un gars dans la rue, il joue de la guitare devant les passants. Je jette une pièce dans le gobelet fait pour. Il me remercie. Il a pas l’air en état. Il doit avoir mon âge. Je reste à l’écouter. Puis je finis par lui parler. Il me fait pitié. Je lui propose de venir à la maison. Pour qu’il se réchauffe un peu et s’il veut boire et manger quelque chose, il pourra. Je rentre avec lui, l’annonce à ma mère, elle fait comme s’il n’était pas là, elle fait comme si je n’étais pas là non plus. Elle souffle, comme si je ne pouvais que continuer à la décevoir. Je rassure le gars. Je me dis qu’avant ça, elle ne m’aurait jamais laissé faire ça, maintenant elle s’en fout.


Dimanche


Je ne sais pas ce qui s’est passé, je n’ai pas vu le gars partir mais il n’est plus là, ça c’est sur. Je me suis réveillée mais j’étais pas dans mon lit. J’avais mal partout. Mes paupières finalement se sont écrasées, le mécanisme est cassé j’arrive pas à les relever. J’arrive péniblement à respirer, je suis comme gênée.
J’attends. J’essaie toujours d’ouvrir mes yeux. J’entend du bruit. On me dit que je me suis réveillée. Un bon signe. Je demande ce qui m’arrive. Mais c’est comme si ce n’est pas moi qui prononçait ces mots là, comme si quelque un imitait ma voix, tout en disant le fond de ma pensée. La voix grave me dit qu’il y a quelques jours j’ai failli me noyer. Je me rendors.


Dernière édition par Xupinette le Jeu 12 Nov - 18:22, édité 1 fois
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Semaine   Mer 11 Nov - 23:43

Tu t'améliores... un peu...

... surtout en coquilles !


Pas mal de rattages typiquement choupignien, ce qu'on pourrait prendre pour du manque d'attention. Facilement rattrapables, donc tu vas les faire.

Sinon, j'ai vraiment bien aimé l'histoire, le détachement de l'héroïne, son hypersensibilité, sa vision naïve et autiste du monde. Je la trouve vraiment intéressante et attachante.

En quelques phrases lapidaires, tu réussis à dresser un paysage épuré, dans cette vision morne et froide de ce monde minuscule qui va de la maison à la plage.


Coup de génie le jeudi, franchement j'ai adoré.


Cette semaine là en vaut bien d'autre.


petit message perso et affectueux à l'auteur :
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MessageSujet: Re: Semaine   Jeu 12 Nov - 0:02

dvb a écrit:
Tu t'améliores... un peu...
... surtout en coquilles !
Pas mal de rattages typiquement choupignien, ce qu'on pourrait prendre pour du manque d'attention. Facilement rattrapables, donc tu vas les faire.
Sinon, j'ai vraiment bien aimé l'histoire, le détachement de l'héroïne, son hypersensibilité, sa vision naïve et autiste du monde. Je la trouve vraiment intéressante et attachante.
En quelques phrases lapidaires, tu réussis à dresser un paysage épuré, dans cette vision morne et froide de ce monde minuscule qui va de la maison à la plage.
Coup de génie le jeudi, franchement j'ai adoré.
Cette semaine là en vaut bien d'autre.
petit message perso et affectueux à l'auteur :

je mets au carré le com' de Dvb, pour donner mon avis. Ca te va ? Très Heureux

Bon, pour être un peu moins sévère que lui, je trouve que les coquilles orthographiques sont (un peu) légions, mais que en général, il n'y a pas, dans l'ensemble, d'énormes bourdes de syntaxe ou d'expression. Ca se lit bien.

L'idée de journal est pertinente. L'absence du jeudi, après le trauma, ça le fait... De même que le ton posé sur lequel c'est écrit. La fin mérite aussi son petit clin d'œil.
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Ruby

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MessageSujet: Re: Semaine   Jeu 12 Nov - 0:11

Okiii, en fait celui-là je l'ai pas relu, même pas une fois j'avais la flemme ce qui explique les coquilles et autres.
Est ce que le changement de temps est vraiment perturbant et faux?
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Semaine   Jeu 12 Nov - 0:27

oui absolument !


je trouve que c'ets le pire dans un texte narratif; ça casse vraiment le rythme et la logique d'un déroulement je trouve.
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Ruby

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MessageSujet: Re: Semaine   Jeu 12 Nov - 18:22

Juste pour savoir, vous avez compris que je parlais de quoi? pour vous c'est quoi l'histoire?
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Cordelia Melicerte

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MessageSujet: Re: Semaine   Jeu 12 Nov - 21:38

J'ai aimé ce texte. La manière de raconter l'histoire est touchante, le personnage attachant. Je m'y retrouve par certains côtés.Les paysages sont très bien décrits, j'imagine facilement la ville en bord de mer pendant l'hiver.
Par contre... bah... je ne suis pas certaine d'avoir tout saisi. S'il faut lire entre les lignes, alors c'est râté pour moi ! (en même temps, je lis très très mal entre les lignes...).

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Innomable

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MessageSujet: Re: Semaine   Jeu 12 Nov - 23:12

La question du réveil est toujours compliquée, car, déjà que tout début est en soi une question délicate, l'éveil est un début de travers, un début poursuivant une rupture logique, mais aussi une rupture liée, une rupture qui reste dans le lien, bref, le réveil est un changement étrange.
C'est donc toujours intéressant de ne savoir ce que je vis, ou ce que rêve le personnage, ce qui fait parti d'un délire post-accidentel, de ce qui relève juste de la fatigue du personnage. Le grand QQ N. a dit : "l'épuisé, c'est celui qui n'a plus la force de s'endormir." Si QQ N. a pris la peine de le dire, il avait ses raisons, et donc c'est un sujet pertinent.

Est-il bien traité ici ? Dans la mesure où l'on ne sait rien, oui, dans la mesure où l'on voudrait savoir, non. Mais il me semble que cela fait longtemps que l'on a conçu l'idée que si l'on ne savait pas tout, ce n'était pas grave, car c'était plus vivant (et oui on a jamais de narrateur qui nous dit tout en vrai), et plus mort, car ce style sec l'est, mort.

"Ne venant pas, j'écris." J'ose concevoir que cette simple citation soit là plus un indice laissé par l'auteur quant à son état lors de l'écriture, que le personnage lui-même. Toutefois, cet indice pose un problème majeur, qu'est-ce qui ne vient pas ? Et de là, pourquoi écrit-on ? Et est-ce vraiment utile d'écrire ? Toutes ces questions sont vives et tangibles je pense pour toi, je pense qu'elles veulent dire quelque chose, et c'est bien la preuve que ton texte est encore très présent dans toi. C'est un défaut qui fait que ce n'est pas de la littérature achevée à mon sens (après on s'en fout, c'est un qu'un forum, on est là pour ça et pour progresser), car il n'y a pas encore la distance entre toi et ton récit. Le retravaille, c'est la compréhension du problème, et c'est la dissimilation et la tentative de résolution de celui-ci.

Donc en gros, j'aime bien ce texte qui donne des marques fortes, par un style dans les mots qui rend assez bien. Le problème est donc plus sur le fond que sur la forme, et le fond affecte la forme. Quand tu auras compris tout ce que tu as mis dans ton propre texte, tu seras peut-être tentée de l'écrire différemment, et c'est cette confrontation entre les styles de tes différentes lectures de ton texte, qui feront de ce texte un petit morceau d'art.
Maintenant, si tu passes à autre chose, personne ne t'en voudra, il parait que le temps pour se comprendre se mesure en années alors, tu as le temps !
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Ruby

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MessageSujet: Re: Semaine   Dim 15 Nov - 6:35

Merçi pour les coms'

Mais je voulais dire finalement faire des coquilles ça pourrait pas etre un style.

Regardez c'est même une marque, avec ces coquilles il est devenu célèbre Panzani!!
Je suis Xupini!
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MessageSujet: Re: Semaine   

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