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 Naufrage

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Eöl

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Localisation : Perdu dans les nuages...
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MessageSujet: Naufrage   Sam 21 Nov - 13:24

Bon après le vieux texte poussiéreux ressortis des tréfonds du forum d'Ogame, changement de sujet et d'objectifs avec ce nouveau texte. Bon alors pour les fautes, j'ai fait tout ce que j'ai pu, multiplier les relectures, et donc j'espère que ce coup-ci peu de fautes auront réussis à se glisser au travers des mailles du filet. Je n'ai pas particulièrement tenu compte des remarques sur mon précédant texte avant de vous proposer celui là, surtout parce qu'il avait déjà été écris avant même la formulation de ces commentaires, mais vu l'écart de registre entre ces deux textes, j'espère qu'il aura tout de même l'heur de vous plaire. Le sujet est un peu classique vu qu'il s'agit de l'inévitable réflexion sur le suicide, qu'un jour où l'autre tout écrivain en herbe traite pour essayer d'émouvoir ses lecteurs, cependant pour varier un peu j'en ai aussi profité pour travailler un peu mon écriture avec un narrateur à la première personne féminin (d'ailleurs ce choix risque d'être responsable d'une partie des fautes que vous trouverez peut être dans ce texte Heureux ). Bon comme je suis encore en train de raconté des choses qui n'ont qu'un intérêt limité pour le texte, je vais m'arrêter là et vous laisser profiter du texte.


Naufrage

Une touche de carmin dans un océan d'azur...
Une mare de sang sur un carrelage délavé...

Au fond quelle différence entre ces deux descriptions pour moi, dont le sang s'écoule inexorablement de la plaie béante à mon poignet. Illusion de l'esprit, illusion d'optique ou bien effet de l'alcool ? Qu'en sais-je, toujours est-il que je m'éloigne toujours un peu plus de cette morne réalité pour pénétrer dans ce monde illusoire qui au fil des minutes voile mon regard. Le lavabo blanc, se fondant dans l'azur, devient nuage, avant de se fondre en brume légère sur l'horizon. Mes habits, éparpillés en vrac sur le sol, ne sont plus depuis longtemps que des récifs couronnés d'écume dans ce nouveau paysage qui s'instaure autour de moi.

Passée la première douleur, ce dernier moment d'hésitation avant que la lame du rasoir ne tranche la chair, mon monde a commencé à se métamorphoser. Le sol tout d'abord, devenant mouvant, engloutissant progressivement la bouteille et le verre poser à mes cotés, avant de s'emparer de mes habits. Le mur progressivement teinté d'azur devint ciel, tandis que les meubles se fondaient en autant de nuages. Sans la minuscule lame d'acier flottant sur les flots, me rattachant encore à la réalité, je pourrais me croire de l'autre coté du voile, enfin morte...

Mais pourquoi ne veut-il pas disparaître, cet infime éclat métallique troublant l'harmonie maritime qui m'entoure, enfin s'engloutir dans le bleu profond de la mer, me laissant quitter définitivement ce monde... Pourvu que cette froide lame se soit suffisamment enfoncée dans ma chair, je ne veux pas me réveiller encore une fois à l'hôpital, sous le regard de mes parents, s'accablant de reproches dès mon réveil... Si seulement mes souffrances pouvaient enfin prendre fin. Ce n'est pas tant que je sois maltraitée, martyrisée par cette vie que je fuis. Non il s'agit de quelque chose de plus pernicieux, de moins palpable, et que je ne saurais décrire. Peur du futur, lassitude anticipée devant le cours probable de ma vie, et tant d'autres petits facteurs qui font que jours après jours, je perds toute envie de vivre.

Car au final quel intérêt de continuer à mener ma futile existence dans ce monde morne et gris. Au début de ma déprime je pensais juste être née à une mauvaise époque, et tout en me berçant de rêve, m'imaginant princesse ou puissante magicienne dans un pays imaginaire, je continuais paisiblement mon petit bonhomme de chemin, entre les cours et les romans, indispensables carburants pour mon imagination débordante. Une jeune fille sérieuse, peut être un peu renfermée, mais pas bizarre pour deux sous. Mais le temps a passé, et je me suis rendue compte que même cette vie par procuration ne me satisfaisait plus, et ne pourrait de toute façon en aucun cas se poursuivre, au fur et à mesure que les tracasseries de la vie quotidienne empiétaient sur mon royaume imaginaire. Je crois que c'est quand j'ai pris conscience de cela que j'ai pour la première fois envisagée le suicide.

Au début on ne se prend pas au sérieux, on enferme cette pensée étrange dans le domaine des fantasmes, des rêves, et l'on y pense plus. Mais l'idée du suicide resurgissait encore et toujours dans mon esprit, de plus en plus insistante, jusqu'au jour où j'ai fait ma première tentative, l'armoire à pharmacie en une fois. Je n'ai pas peur de la mort, je n'ai pas cette barrière qu'ont la plupart des gens, et je crois bien que la seule raison pour laquelle je suis encore en vie, c'est que j'ai peur de souffrir, de me rater. Une bêtise d'ailleurs l'armoire, j'ai bien entendu régurgité la plupart des médicaments avalés à la hâte, et à mon premier réveil à l'hôpital il ne restait plus la moindre trace de produit chimique dans mon corps. Peur de souffrir, et donc la solution de facilité avec les médicaments, une mort paisible dans son sommeil...Premier échec...

Le premier échec avec tout ce qu'il implique, la visite chez le psychologue et compagnie. Il n'avait rien compris lui d'ailleurs, avec son diagnostique pédant... Chagrin d'amour, avais-je la tête de quelqu'un qui viendrait de perdre son fiancé... La seule chose qui l'a intéressé chez moi c'est en apprenant que je n'avais pas de petit ami et que j'étais encore vierge, il a tout de suite ressorti du placard le complexe d'Œdipe, l'amour interdit du père qui me faisait refuser toute relation normale... Quand j'y repense, je ne sais pas lequel de nous deux était le plus paumé...

Suite au diagnostique, retour en famille et à la morne réalité. Le regard de mes parents, persuadés que tout est de leur faute, et convaincus que rien ne valait mieux pour moi qu'un surcroit d'attention et de présence de leur part. Ils ne m'ont jamais cru quand je leurs disais que ce n'était pas de leur faute, il était tellement plus rassurant d'avoir une raison à mon suicide sur laquelle ils pouvaient influer. Suivant scrupuleusement les instructions du psy, me harcelant pour que je rencontre un maximum de personne dans mon bahut. Je revois encore ma mère me demander pourquoi je n'avais pas de petit ami, tout en me rappelant lourdement qu'à mon age toute les jeunes filles ont un petit ami. Il n'ont jamais compris pourquoi je ne sortais pas avec les garçons. Ce n'était pas pour des raisons religieuse ou parce que j'avais rejoint une secte comme le cru un moment mon père, ni même une attirance particulière pour les autres filles comme me le suggéra une fois ma mère, mais tout simplement un dégoût de la société moderne de l'amour jetable. J'attendais mon heure patiemment, l'occasion de rencontrer l'homme de ma vie, enfin plutôt je ne l'attendais plus, car à ce moment là déjà je ne pensais qu'à ma prochaine tentative d'évasion...

Bien entendu il était hors de question de retenter les médicaments, mes parents surveillaient désormais cette armoire comme s'il s'agissait de la Banque de France. Je crois bien que c'est les infos qui m'avaient soufflé la matière à ma seconde tentative, un saut depuis le 3ème étage. Bien entendu mes calculs prévoyaient que je heurterais le sol la tête la première, mettant ainsi une fin définitive à mon histoire, mais j'ai appris ce jour là que l'instinct de survie était profondément ancré en chacun de nous, même chez moi, multiples fractures aux bras et aux jambes, dont je m'était inconsciemment servi pour amortir ma chute...Second échec.

Après cette tentative douloureuse, 1 mois d'hôpital, puis deux mois d'internement en hôpital psychiatrique afin de me « soigner », avant de me rendre enfin à mes parents. Je ne garde pas un mauvais souvenir, bizarrement, de ce passage à l'asile, certes le confort y est sommaire, mais au moins ils nous foutent la paix. Deux mois pendant lesquels j'ai pu rêver librement tout en errant dans les couloirs, passant de médecin à spécialiste, le tout entrecoupé de rendez vous avec un éminent psychologue. Deux mois pendant lesquels je n'avais à me préoccuper de rien d'autre que de moi même et où, sous l'effet des multiples médicaments dont on me gavait à longueur de journée, mes rêves en devenaient presque palpables. Je crois qu'ils n'ont même pas pris conscience que c'est en me déconnectant de la réalité qu'ils m'ont rendu ma « normalité ».

Bien sûr une fois de retour à la maison, l'enfer. Papa me suivant en permanence du regard, ma mère prenant une année sabbatique pour veiller sur moi, deux fois par semaine chez le psychologue, et limite si je n'étais pas enfermé dans ma chambre à longueur de journée. Mais au final être enfermé ne m'a pas dérangé plus que ça, la seule chose qui me gênait dans cet état des faits, c'était l'enfer que vivaient mes parents. Problème d'argent à cause des frais pour mes soins, surtout depuis que ma mère avait cessé de travailler, et dispute journalière pour savoir lequel des deux était responsable de mon état actuel. Se dire que tout est de sa faute, voilà un poids trop lourd à porter pour moi, et c'est comme ça que profitant de l'absence de mes parents suite à une dispute plus violente que d'habitude, je me suis retrouvée dans cette baignoire...

Dans cette baignoire, ou plutôt dans cet océan où flotte désormais un petit navire chromé, lame d'acier métamorphosée en sombre navire... Sombre, de plus en plus sombre... Je me sens enfin partir, loin de ce monde, pourvu que je ne me réveille pas encore une fois...


P.S : Pardonnez à un pauvre auteur la disposition pavé monochrome, mais je n'ai pas encore trouvé un moyen intelligent d'inséré des couleurs ou d'aérer un texte narratif massif. (J'ai réessayé le centrage de Lily, mais bon si vous avez des idées, je suis preneur) Heureux


Dernière édition par Eöl le Mar 24 Nov - 18:17, édité 1 fois
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Grendelor
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MessageSujet: Re: Naufrage   Sam 21 Nov - 13:40

Alors, je ne ferais pas la relève des fautes. Il en reste mais ça va encore.

Plutôt un commentaire général. Ton texte se lit très bien. Il coule, fluide, on suit les réflexions sans problème. Il est agréable, bien écrit. Simple. Il ne verse pas dans le sentimentalisme, en fait il est même êut être un peu froid et distant, mais je le trouve bien comme ça. Facile de s'y plonger du coup, d'y participer sans en être griffée. On s'y retrouve (enfin moi par moment) mais on n'est pas gagné par ses sentiments.

Donc voilà, pour moi c'est un bon texte, sans être extraordinaire. Mais si tu voulais nous tirer des larmes, c'est raté. Cependant je préfère ainsi Heureux

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Ruby

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MessageSujet: Re: Naufrage   Dim 22 Nov - 2:06

Eol qui nous parle de naufrage, marrant ^^
Et ben écoute, c'est plutôt intéréssant tout ça.
Bon c'est vrai qu'il a encore des fautes ça m'a écorché, fais gaffe à tes er - é,tes pluriels..etc
Ca se lit bien comme a dit Grendy, et on s'y retrouve plutôt bien, en tant que fille et en tant qu'humain. J'aime bien ta façon d'aborder le suicide et ce qui est bien c'est qu'il y a eu des précédents ce qui permait d"expliquer".
J'aime bien ton explication qui est que la réalité est tout simplement dure, la vie n'est pas comme on pourrait l'attendre, ça suit un phénomène je crois qui est croissant qui est celui que de plus en plus de gens s'enferment dans leur propre monde. Un où le mal n'est pas.
Même le passage, sur les raisons "réelles " est très bon car ça montre le fossé qu'il y a entre les deux visions.
Bon par contre premier et deuxième paragraphe tu te répétes un peu trop
fantasme et pas phantasme, fantomas va
pas une plaie béante quand tu t'ouvres les veines.
Si elle veut pas la douleur, se jeter dans le vide pas une bonne solution
et si elle nous fait un exposé aussi clair alors qu'elle devrait etre dans les vapes avec toute cette perte de sang c'est un peu irréaliste.
J'aime bien l'idée mais je pense que tu peux retravailler dans le sens ou encore corrigé avec aide si besoin, raccourcir, simplifier certains passages. Je pense que tu peux arriver plus directement aux idées avec quelques détails néanmoins.

Bienvenue, car vraiment tes textes ont du potentiel.
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Eöl

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MessageSujet: Re: Naufrage   Dim 22 Nov - 11:49

Ah là là fantasme avec un f est tout à fait valable dans la langue française, désolé de te décevoir, je fait énormément de faute d'accord, par contre je passe tout les mots à la moulinette du dictionnaire Heureux

Après pour le problème de sa réflexion philosophique alors que le narrateur est en train de perdre lentement connaissance dans son bain, je vous l'accorde, il y a quelque chose d'irréel, mais après tout j'écris des textes de science-fiction ou de fantasy, je me permet donc quelque digression Clin d\'Oeil

Bon pour le reste pour l'aspect se jeter par la fenêtre, je n'ai pas essayer pour voir, mais mes connaissances scientifiques me font dire que se fendre le crane sur le sol offre une mort très rapide, et donc peu de souffrance m'enfin, le but du texte n'est pas de discuté des possibilités de suicide, c'est juste pour mettre un peu de réalisme dans le texte. Après ce sont peut être les passages que tu trouve un peu trop lourd, mais sans cela je continuais dans mes dérives poétiques du premier paragraphe et en 20 lignes tout était finis. Or pour moi dans un de mes textes il faut un thème certes, le suicide par exemple, mais aussi une histoire que j'essaye de concilier. D'ailleurs à ce propos Xupinette, je pense que je vais m'accorder une plaie béante au poignet par une licence poétique, j'adore la sonorité de cette phrase Clin d\'Oeil

Sinon en réponse à ton mp, et à tes commentaires sur mes textes, je crois que tu va préféré celui que j'ai en chantier actuellement, qui en plus de mes passages de blabla habituels, rajoute des passages où il n'y a que des idées sans le moindre détail Clin d\'Oeil

Pour finir Grendelor et Xupinette, je suis vraiment désolé pour les fautes, mais je n'arrive pas à les voir, je viens de relire mais rien à faire Triste

Et le but n'était en effet pas de faire pleurer plutôt d'émouvoir, d'ailleurs pour ça que j'ai choisis le narrateur féminin et rajouter les anecdotes des suicides précédant, pour éviter de me reconnaitre dans le personnage et de déverser toute mes idées noire dans le texte.

Bon et j'ai encore écris un pavé, mais on ne se refait pas et j'aime répondre a à peu près toute les remarques Heureux
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Ruby

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MessageSujet: Re: Naufrage   Dim 22 Nov - 13:43

Justement je te dis fantasme avec f existe pas phantasme en ph, là c'est ph acide même!
veux tu qu'on te souligne tes fautes?
je veux pas forcément qu'il y ait plus de détails mais des fois c'est juste un trop et pas un complément si tu vois ce que je veux dire.
Et la pirouette de la licence poétique ça marche pas euh! et ici c'est pas de la fantasy mais du réalisme euh!
non mais c'est une bonne initiative de reprendre ses textes, un jour je le ferai ou pas.
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Eöl

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MessageSujet: Re: Naufrage   Dim 22 Nov - 14:01

Bon je ne sais même plus ce que j'écris, et donc en effet j'ai écrit phantasme, qui est une orthographe valable pour fantasme, du moins d'après le Larousse pour le reste Clin d\'Oeil (En gros je voulais dire que les deux orthographes étaient valable, mais je suis même pas capable de savoir comment je l'avais écrit Triste )

Et Xupinette, les fautes je veux bien mais dans un petit paragraphe discret, le dernier j'avais honte juste à lire la liste de faute Heureux

Après pour le reste je m'incline, je prend de trop grande liberté dans mes textes, j'en assumerais les conséquences Clin d\'Oeil
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Ruby

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MessageSujet: Re: Naufrage   Mar 24 Nov - 16:06

Citation :

Une touche de carmin dans un océan d'azur...
Une mare de sang sur un carrelage délavé...

Au fond quelle différence entre ces deux descriptions pour moi, dont le sang s'écoule inexorablement de la plaie béante à mon poignet. Illusion de l'esprit, illusion d'optique ou bien effet de l'alcool ? Qu'en sais-je, toujours est-il que je m'éloigne toujours un peu plus de cette morne réalité pour pénétrer dans ce monde illusoire qui au fil des minutes voile mon regard. Le lavabo blanc, se fondant dans l'azur, devient nuage, avant de se fondre en brume légère sur l'horizon. Mes habits, éparpiller éparpillés en vrac sur le sol, ne sont plus depuis longtemps que des récifs couronnés d'écume dans ce nouveau paysage qui s'instaure autour de moi.

Passée la première douleur, ce dernier moment d'hésitation avant que la lame du rasoir ne tranche la chair, mon monde a commencé à se métamorphoser. Le sol tout d'abord, devenant mouvant, engloutissant progressivement la bouteille et le verre poser à mes cotés, avant de s'emparer de mes habits. Le mur progressivement teinté d'azur devint ciel, tandis que les meubles se fondaient en autant de nuages. Sans la minuscule lame d'acier flottant sur les flots, me rattachant encore à la réalité, je pourrais me croire de l'autre coté du voile, enfin morte...

Mais pourquoi ne veut-il pas disparaître, cet infime éclat métallique troublant l'harmonie maritime qui m'entoure, enfin s'engloutir dans le bleu profond de la mer, me laissant quitter définitivement ce monde... Pourvu que cette froide lame se soit suffisamment enfoncée dans ma chair, je ne veux pas me réveiller encore une fois à l'hôpital, sous le regard de mes parents, s'accablant de reproches dès mon réveil... Si seulement mes souffrances pouvaient enfin prendre fin. Ce n'est pas tant que je sois maltraitée, martyrisée par cette vie que je fuis. Non il s'agit de quelque chose de plus pernicieux, de moins palpable, et que je ne saurais décrire. Peur du futur, lassitude anticipée devant le cours probable de ma vie, et tant d'autres petits facteurs qui font que jours jour après jour après jours, je perds toute envie de vivre.

Car au final quel intérêt de continuer à mener ma futile existence dans ce monde morne et gris. Au début de ma déprime je pensais juste être née à une mauvaise époque, et tout en me berçant de rêve, m'imaginant princesse ou puissante magicienne dans un pays imaginaire, je continuais paisiblement mon petit bonhomme de chemin, entre les cours et les romans, indispensables carburants pour mon imagination débordante. Une jeune fille sérieuse, peut être un peu renfermée, mais pas bizarre pour deux sous. Mais le temps a passé, et je me suis rendue compte que même cette vie par procuration ne me satisfaisait plus, et ne pourrait de toute façon en aucun cas se poursuivre, au fur et à mesure que les tracasseries de la vie quotidienne empiétaient sur mon royaume imaginaire. Je crois que c'est quand j'ai pris conscience de cela que j'ai pour la première fois envisagée le suicide.

Au début on ne se prend pas au sérieux, on enferme cette pensée étrange dans le domaine des phantasmesje préfére fantasmes, des rêves, et l'on y pense plus. Mais l'idée du suicide resurgissait encore et toujours dans mon esprit, de plus en plus insistante, jusqu'au jour où j'ai fait ma première tentative, l'armoire à pharmacie en une fois. Je n'ai pas peur de la mort, je n'ai pas cette barrière qu'a/ ont la plupart des gens, et je crois bien que la seule raison pour laquelle je suis encore en vie, c'est que j'ai peur de souffrir, de me rater. Une bêtise d'ailleurs l'armoire, j'ai bien entendu régurgité la plupart des médicaments avalés à la hâte, et à mon premier réveil à l'hôpital il ne restait plus la moindre trace de produit chimique dans mon corps. Peur de souffrir, et donc la solution de facilité avec les médicaments, une mort paisible dans son sommeil...Premier échec...

Le premier échec avec tout ce qu'il implique, la visite chez le psychologue et compagnie. Il n'avait rien compris lui d'ailleurs, avec son diagnostique pédant... Chagrin d'amour, avais-je la tête de quelqu'un qui viendrait de perdre son fiancé... La seule chose qui l'a intéressé chez moi c'est en apprenant que je n'avais pas de petit ami et que j'était encore vierge, il a tout de suite ressorti pas de sdu placard le complexe d' majuscule!œdipe, l'amour interdit du père qui me faisait refuser toute relation normale... Quand j'y repense, je ne sais pas lequel de nous deux était le plus paumerpaumé...

Suite au diagnostique, retour en famille et à la morne réalité. Le regard de mes parents, persuadés que tout est de leur faute, et convaincus que rien ne valait mieux pour moi qu'un surcroit d'attention et de présence de leur part. Ils ne m'ont jamais cru quand je leurs disais que ce n'était pas de leur faute, il était tellement plus rassurant d'avoir une raison à mon suicide sur laquelle ils pouvaient influer. Suivant scrupuleusement les instructions du psy, me harcelant pour que je rencontre un maximum de personne dans mon bahut. Je revoitrevois encore ma mère me demander pourquoi je n'avais pas de petit ami, tout en me rappelant lourdement qu'à mon age toute les jeunes filles ont un petit ami. Il n'ont jamais compris pourquoi je ne sortais pas avec les garçons. Ce n'était pas pour des raisons religieuse ou parce que j'avais rejoint une secte comme le crupas sur là un moment mon père, ni même une attirance particulière pour les autres filles comme me le suggéra pas de s une fois ma mère, mais tout simplement un dégoût de la société moderne de l'amour jetable. J'attendais mon heure patiemment, l'occasion de rencontrer l'homme de ma vie, enfin plutôt je ne l'attendais plus, car à ce moment là déjà je ne pensais qu'à ma prochaine tentative d'évasion...

Bien entendu il était hors de question de retenter les médicaments, mes parents surveillaient désormais cette armoire comme s'il s'agissait de la Banque de France. Je crois bien que c'est les infos qui m'avaient soufflé la matière à ma seconde tentative, un saut depuis le 3ème étage. Bien entendu mes calculs prévoyaient que je heurterais le sol la tête la première, mettant ainsi une fin définitive à mon histoire, mais j'ai appris ce jour là que l'instinct de survie était profondément ancré en chacun de nous, même chez moi, multiples fractures aux bras et aux jambes, dont je m'était inconsciemment servispas de s pour amortir ma chute...Second échec.

Après cette tentative douloureuse, 1 mois d'hôpital, puis deux mois d'internement en hôpital psychiatrique afin de me « soigner », avant de me rendre enfin à mes parents. Je ne garde pas un mauvais souvenir, bizarrement, de ce passage à l'asile, certes le confort y est sommaire, mais au moins ils nous foutent la paix. Deux mois pendant lesquels j'ai pu rêver librement tout en errant dans les couloirs, passant de médecin à spécialiste, le tout entrecoupé de rendez vous avec un éminent psychologue. Deux mois pendant lesquels je n'avais à me préoccuper de rien d'autre que de moi même et où, sous l'effet des multiples médicaments dont on me gavait à longueur de journée, mes rêves devenaient presque palpables. Je crois qu'ils n'ont même pas pris conscience que c'est en me déconnectant de la réalité qu'ils m'ont rendu ma « normalité ».

Bien sûr une fois de retour à la maison, l'enfer. Papa me suivant en permanence du regard, ma mère prenant une année sabbatique pour veiller sur moi, deux fois par semaine chez le psychologue, et limite si je n'étais pas enfermé dans ma chambre à longueur de journée. Mais au final être enfermé ne m'a pas dérangépas e plus que ça, la seule chose qui me gênait dans cet état des faits, c'était l'enfer que vivaient mes parents. Problème d'argent à cause des frais pour mes soins, surtout depuis que ma mère avait cessé de travailler, et dispute journalière pour savoir lequel des deux était responsable de mon état actuel. Se dire que tout est de sa faute, voilà un poids trop lourd à porter pour moi, et c'est comme ça que profitant de l'absence de mes parents suite à une dispute plus violente que d'habitude, je me suis retrouvée dans cette baignoire...

Dans cette baignoire, ou plutôt dans cet océan où flotte désormais un petit navire chromé, lame d'acier métamorphosée en sombre navire... Sombre, de plus en plus sombre... Je me sens enfin partir, loin de ce monde, pourvu que je ne me réveille pas encore une fois...


En fait je reviens sur mon commentaire, pas tant de fautes que ça finalement, là quand je l'ai repris je n'en ai pas trouvé beaucoup mais par contre ça m'a fait relire ton texte et en fait je l'aime beaucoup et en fait c'est pas grave l'ellipse temporelle pour raconter l'histoire, en relisant la fin rejoint le début et justifie le titre donc c'est très bien. Et j'aime beaucoup le début comment tu racontes les effets physiques de la coupure et de l'inconscience très bien fait, et j'aime de plus en plus l'histoire et la justification de la jeune fille. En gros très bien.
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MessageSujet: Re: Naufrage   Mar 24 Nov - 18:20

Merci pour la correction de mes fautes, je croyais pas en avoir laissé autant, je comprend un peu mieux mes notes en dictée de l'époque Heureux

Sinon je suis heureux qu'à la relecture tu l'ais encore plus apprécié, moi c'est le contraire, plus je relis un de mes textes, plus j'ai envie de le réécrire pour en corriger les défauts Clin d\'Oeil
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MessageSujet: Re: Naufrage   

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