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 L'enfant

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Ruby

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Féminin Nombre de messages : 2216
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MessageSujet: L'enfant   Lun 23 Nov - 1:25

- « Monsieur? »
- « Oui »
- « Elle est réveillée, vous voulez peut être aller la voir pour lui annoncer »
- « Non. «
« Pas maintenant »
- « Mais Monsieur, vous devez lui dire. »
- « Pas maintenant, elle est à bout de forces, lui dire maintenant l’achèverait. »
- « Mais Monsieur c’est son enfant. »
- « J’ai dit non, je n’ai pas besoin d’entendre les conseils de la gouaille populaire, allez préparer le thé. »

La servante bien que blessée par les propos de son maître, s’inclina devant sa volonté et retourna dans la cuisine pour préparer la collation et faire chauffer l’eau.

****

Elle se sentait vide. Son ventre, son être avait comme perdu toute vie. Elle avait souffert, beaucoup. Au point de vouloir garder cet enfant au fond d’elle-même. Au point de vouloir l’expulser quitte à ce qu’il n'en sorte pas indemne. C’était l’amour et la haine de sa vie. Comment quelque un qui pouvait vous fournir autant d’amour et vous procurer tant de sens, pouvait il vous faire si absurdement mal.
Elle se sentait aussi perdue. Car depuis sa venue, elle ne l’avait pas revu. Celui qu’elle avait tant attendu.

****

La gouaille populaire, elle n’en était pas. Depuis le temps qu’elle servait la famille. Ca faisait bien un moment qu’elle n’avait pas côtoyé cette classe. Depuis son jeune âge, elle avait servi la classe haute et se jugeait digne de cracher sur les pauvres errants et paysans, qui eux étaient dépourvus de la moindre once d’éducation et de réputation.
Elle allait lui dire, elle était après tout sa confidente. Etre son amie serait aller trop loin.
Croire ceci c'était outrepassé ses compétences et devoirs.

Elle devait lui annoncer la nouvelle. Aussi terrible qu’elle soit.

*******

Elle restait toujours l’œil hagard. La respiration saccadée. Pourquoi personne n’était encore venu la voir, pour lui annoncer que tout allait bien. Lui apporter le bébé dans un lange pour qu’elle puisse le prendre dans ses bras.
Elle avait perdu connaissance après l’accouchement. Comme si elle voulait fuir le cauchemar de la création. S'échapper dans un autre monde. Sans douleur. Seulement du repos. Mais maintenant elle était revenue à la vie, et dans ce monde elle ne pouvait vivre sans voir cette ancienne et nouvelle part d'elle même.

Quand elle entra. La porteuse de mauvais augures. Elle semblait porter le poids d’une terrible nouvelle. Elle était courbée et n’osait pas la regarder tout en avancant vers le bord du lit.
Il y avait un dialogue muet qui avait lieu sous ses yeux. La servante tendit la main vers celle de la maîtresse, la regarda d’un œil franc puis rabaissa les yeux.
Elle ne pouvait y croire, elle criait silencieusement. La bouche ouverte sans qu’aucun son ne puisse en sortir. Ses yeux parlaient pour elle, de lourdes larmes coulaient abondamment le long de ses joues.
Comment avait elle pu perdre ce qu’elle n’avait pas encore eu. Comme si tout cela n’avait été qu’une illusion. L’avait elle rêvé, cet enfant si espéré, celui qui donnerait du sens et du beau à la vie.
Soudain, la servante parla. Elle ne s’y attendait pas, qui avait il à rajouter?
« C’est une fille, je suis désolée madame »
Elle fut frappée par le choc de la nouvelle, ce qui avait disparu, refaisait surface sous une autre forme. Soudain un rire brisa le silence et envahit toute la pièce. Un rire tremblant. De soulagement.
Elle pleurait et en même temps riait sans pouvoir s’arrêter.
« Madame, je suppose que c’est le chagrin qui s’exprime ici, vous allez vous en remettre »
« Mais que dites vous voyons pauvre femme, n’avez-vous pas dit que mon enfant était en vie? «
« Je l’ai dit. Mais c’est comme s’il était mort, c’est une fille »
Elle resta muette face à cette déclaration.
Elle ferma les yeux un instant et tout lui revint à la mémoire. Il lui avait dit, l’homme qui l’aimait, l’homme qui l’avait accompagnée tout ce temps avant qu’elle sente qu’un autre amour l’avait remplacé, un qu’elle avait choisi. Si c’était une fille, il ne le supporterait pas et n’irait pas risquer sa réputation, l’honneur de sa famille. Une fille était tout simplement la preuve de son impuissance masculine.

L’erreur qu’elle avait fait, c’était d’avoir pris ceci pour des paroles en l’air.
L’erreur qu’elle avait fait, c’était de s’être évanouie après la naissance.
L’erreur qu’elle faisait, c’était encore de réfléchir au lieu d’agir.

- « Amenez la moi vite », elle s’empressa de se lever du lit, difficilement et plus lentement qu’elle ne le voudrait.
- « Madame, vous ne devez pas vous lever, mais vous reposer. Vous ne pouvez sortir ainsi habillée »
- « Peu m’importe. Je ne vous demande pas votre avis, mais mon enfant »
La servante se dirigea alors de façon plus empressé, chercher l’enfant maudit et si espéré.

Pas mon avis, c’est une lubie. J’aurai honte si j’étais à sa place. Une femme de sa classe ne peut faire ce qu’elle veut, et prendre son enfant comme une possession à part entière au mépris du droit de son mari.
Si elle s’écoutait, l’idée de la remplacer ne paraissait pas si saugrenue tant qu’elle ne l’énonçait pas à voix haute.
Quand elle s’approcha du berceau, il était vide de tout corps. Il était trop tard, il l’avait emporté. C’est bien ce qu’elle avait pensé. Comment allait elle pouvoir lui annoncer?
Pas la peine, celle-ci l’avait devancée, celle-ci s’approchait et découvrit le drame latent.
Rien ne présageait le crime commis. Seul trace de mouvement, les draps quelques peu froissés.
Il l’avait emporté. Son âme, son envie de vivre, son tout.
Blanc et vide c’est tout ce qu’il restait. Elle ne pleurait pas. Elle n’arrivait pas à le prendre pour réel.
Trop de nouvelles différentes étaient venues à elle en si peu de temps. Trop d’émotions exprimées, ressenties.
Elle se sentait comme vide. Elle était vide. Non elle n’avait pas disparu. Elle était devenue douleur.
Elle e pouvait plus supporter celle dans sa tête, celle dans son ventre. Comme s’il était venu et lui avait arraché le cœur sans la tuer pour autant..
Elle perdit pied, se plia en deux et tomba doucement sur le sol. Elle ne sentit rien à l’impact, ni le froid, ni la dureté du carrelage.
Elle replia enfin tout son corps, ses jambes contre sa poitrine. Tel un fœtus. Qui n’aurait pas eu le temps de devenir plus. Tel son enfant. Sa fille.


Dernière édition par Xupinette le Lun 23 Nov - 15:50, édité 1 fois
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Grendelor
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MessageSujet: Re: L'enfant   Lun 23 Nov - 11:34

Voici un p'tit com' de ma part Heureux

Après le premier paragraphe, on a déjà une idée de ce qu’il se passe. Cependant, vu la fin, c’est bien amené.

Citation :
Son ventre, son être avait comme perdue toute vie.
Perdu

Citation :
Au point de vouloir l’expulser quitte à ce qu’il en sorte avec des damages.
Damages ? Tu fais trop d’anglais ou bien tu veux lui damer le pion ? Ceci dit, « dommages » sonneraient mal, il faut trouver autre chose.
J’aurais bien mis une ponctuation après expulser pour bien faire ressortir la suite. Virgule, point virgule, point… qu’importe.

Citation :
Car depuis sa venue, elle ne l’avait pas revue.
Revu, sinon tu annonces que c’est une fille alors que derrière tu mets « celui »

Citation :
elle avait la conscience que franchir les limites était bien au dela de ses compétences et devoirs.
Au-delà.
J’ai du mal avec cette phrase. Je ne comprends pas bien. Voilà comment je pense qu’il faut la comprendre « elle avait conscience de franchir les limites de ses compétences et devoirs ». Mais ce n’est pas clair.

Le passage à la mère est difficile à cerner. Il faudrait au moins sauter une ligne pour le séparer de la servante car on est un instant désorienté.

Citation :
Pourquoi personne n’était toujours pas venue la voir, pour lui annoncer que tout allait.
Ça y’a n’a être moche. Ton « toujours pas » est lourd et gagnerait à se transformer en « encore »
Venu
Tout allait bien.

Citation :
Après tout elle avait perdu connaissance après l’accouchement.
Je ne saisis pas pourquoi tu dis « après tout », je n’y vois aucune logique ;

Citation :
Comme si elle voulait fuir le cauchemar de la création. Le besoin de fuir dans un autre monde. Sans douleur. Seulement du repos.
Si tu veux reprendre « fuir » tu devrais directement commencer ta phrase par ça, « le besoin » coupe cette rengaine, ça fait bancal.

Citation :
Mais maintenant elle était revenue à la vie, et dans ce monde elle ne pouvait vivre sans voir cette nouvelle et ancienne part de soi.
L’idée me parait bonne mais elle me semble maladroitement tournée. J’aurais commencé par ancienne et j’aurais peut être mis « part d’elle » plutôt que de soi. Ce sont des pistes, bien évidemment.

Citation :
Quand elle entra. La porteuse de mauvais augures. Elle semblait porter le poids d’une terrible nouvelle. Elle était courbé et n’osait pas la regardait tout en avancant sur le bord du lit.
Tout ça ne me plaît pas. Nan en fait ce qui me gêne vraiment c’est le « quand ». Couper une phrase ainsi ça me donne des démangeaisons. La même chose en attaquant directement par « elle entra » glisserait sans me faire sursauter.
Courbée
Avançant.
Avancer sur le bord du lit ? Vers, non ?

Citation :
Il y avait un dialogue tacite qui avait lieu sous ses yeux.
Cette phrase aussi me chagrine. A chaque fois, je comprends bien ce que tu veux dire mais il faut faire une traduction. Ça va quand c’est un texte poétique de traduire les tournures de phrases mais ici ça ralentit juste, ça pique un peu. « un dialogue sans parole se déroulait sous ses yeux » ? Alors oui ce que je propose n’est pas très original cependant ça reflète mieux ta pensée (je trouve), et on ne peut pas être original sur chaque phrase (enfin je crois pas).

Citation :
Comment avait elle pu perdre ce qu’elle n’avait pas encore eu. Comme si tout cela n’avait été qu’une illusion. L’avait elle rêvé, cet enfant si espéré, celui qui donnerait du sens et du beau à la vie.
Ça, j’aime bien par contre Ce n’est pas à tomber par terre mais c’est parlant, touchant.

Citation :
« C’est une fille, je suis désolé madame »
Elle fut frappé par le choc de la nouvelle, ce qui avait disparu, refaisait surface sous une autre forme.
Désolée
Frappée
Comment une fille peut-elle faire de telles fautes ? Tu nous caches des choses Xupi ? ^^

Citation :
« Je l’ai dit. Mais c’est comme s’il était mort, c’est une fille »
Elle resta muette face à cette déclaration.
On imagine sans peine le silence de mort qui tombe, glacé. Nickel.

Citation :
Il lui avait dit, l’homme qui l’aimait, l’homme qui l’avait accompagné tout ce temps avant qu’elle sente qu’un autre amour l’avait remplacé, un qu’elle avait choisi.
Accompagnée

Citation :
L’erreur qu’elle avait fait, c’était d’avoir pris ceci pour des paroles en l’air.
L’erreur qu’elle avait fait, c’était de s’être évanoui après la naissance.
L’erreur qu’elle faisait, c’était encore de réfléchir au lieu d’agir.
Evanouie. /prépare une massue pour la prochaine faute du genre qu’elle va relever…
Très bien la répétition.

Citation :
La servante se dirigea alors de façon plus empressé, chercher l’enfant maudit et si espéré.
Empressée. /sort sa massue et menace Xupi.

Citation :
Si elle s’écoutait, l’idée de la remplacer ne paraissait pas si saugrenue tant qu’elle ne l’énoncait pas à voix haute.
Enonçait (un problème avec les cédilles, Xupi ?)
Je ne comprends pas très bien cette idée de remplacer. Remplacer qui ? La femme ? Le bébé ?

Citation :
Pas la peine, celle-ci l’avait devancé, celle-ci s’approchait et découvrit le drame latent.
Devancée ! /tire les oreilles de Xupi.

Citation :
Trop de nouvelles différentes étaient venus à elle en si peu de temps.
Venues.
/va se pendre

Citation :
Tel un fœtus. Qui n’aurait pas eu le temps de devenir plus. Tel son enfant. Sa fille.
Oui, ça c’est beau !


Contrairement à ce qu’il pourrait ressortir à la lecture, j’ai bien aimé ce texte, surtout parce qu’il m’a surprise. A la fin du premier paragraphe, on s’attend au classique enfant mort-né. Et pourtant. Et pourtant tu nous emmènes (de façon maladroite parfois, certes) dans un drame subtilement différent et bien plus terrible. Oui vraiment j’ai bien aimé. Il te reste encore à améliorer ton écriture mais c’est en progrès constant.
Juste une remarque de mise en forme : attention aux couleurs que tu utilises pour tes dialogues, le bleu et le rouge ressortent mal sur le fond sombre du forum.

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Cordelia Melicerte

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MessageSujet: Re: L'enfant   Lun 23 Nov - 12:35

je rejoins Grend' concernant les coquilles au niveau de l'orthographe et de l'expression. C'est très dommage qu'il y en ait autant, car mis à part cela, le texte me plait énormément.

La dualité mère/servante est magnifique et bien menée, quoi qu'il y ait toujours une hésitation en changeant de paragraphe : y a-t-il aussi un changement de point de vue ? Comme ce n'est pas systématique, on se demande à chaque instant qui "parle". Ceci dit, j'ai plutôt bien réussi à suivre cette alternance. Et je trouve que c'est ce qui fait la force de ce texte : il y a deux mères, au final, qui vivent la situation ensemble quoi que de manières un peu différentes. Après, l'histoire en elle-même est bien, puisque tu réussis à nous étonner dans le scenario. Oh, pas beaucoup (les filles tuées à la naissance, c'est connu) mais juste assez pour qu'on ne s'ennuie pas.
Bref, un texte qui pourrait être magnifique. Hop, un chouya de réécriture et tout ira bien !

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Ruby

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MessageSujet: Re: L'enfant   Lun 23 Nov - 15:31

Se laisse battre allègrement par Grendy!
Je suis vraiment désolée! en plus quand tu les signales je les vois, j'aurai du relire avant de poster, je sais c'est toujours ma faute, on revient toujours au même problème.
Merçi d'avoir pris le temps de tout reprendre je le prendrai aussi pour corriger et arranger.

Merçi pour les commentaires

Et je suis une fille je sais juste pas écrire! lol

Edit: j'ai corrigé toutes les fautes et changé quelque peu les structures bancales suivant tes conseils, pour les couleurs j'ai changé aussi, espacé un peu pour faire la distinction des personnages mais c'est vrai Cassi m'avait parlé du même problème pour reconnaitre qui parle.
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MessageSujet: Re: L'enfant   

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