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 Témoignage

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Cordelia Melicerte

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MessageSujet: Témoignage   Sam 5 Déc - 22:20

Ici, je vous parlerai de moi. Voilà. Vous ne saurez pas tout, simplement ce que je jugerai utile de vous transmettre. Si l'envie vous prend de commenter, voire de témoigner à votre tour, cela se passe ici.

Par souci d'honnêteté, je tiens cependant à vous prévenir, lecteurs : j'écrirai ici sans tabou ni cache-sexe. Que ceux que les mots crus gênent passent leur chemin... ou bien au contraire s'attardent ici. Peut-être se rendront-ils compte que règles, sexe, poils et masturbation ne sont pas des vilains mots...

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Dernière édition par Cordelia Melicerte le Dim 6 Déc - 22:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Témoignage   Sam 5 Déc - 22:27

Mes règles

Ce flot rouge, cette merveille dont on ne parle pas. Ce texte n'est pas une éloge. Ce texte est un témoignage.

Lorsque j'ai eu mes règles pour la première fois, j'aurais pu avoir honte, il y avait de quoi. J'avais en effet tâché de rouge le short d'une amie, que je portais comme costume pour la pièce de théâtre de fin de colo'. J'étais désolée, mais heureuse avant tout, peut-être même fière. Enfin un premier pas objectif vers mon statut d'adulte ! Je ne me sentais plus enfant depuis longtemps déjà. Mes seins étaient bien développés, j'écoutais avec avidité les conversations des adultes et je tombais régulièrement sous le charme de mes camarades. Une femme, la première fois, je me souviens. Je la prenais pour un homme. Je ne lui ai jamais parlé.

Ce flot rouge qui me signe : Femme, jusqu'au fond des tripes.

Les premières à le savoir ont été les gamines de ma chambre. Je ne me souviens plus si elles m'enviaient, mais je me plais à le croire. Nous étions jeunes, encore, c'était une nouveauté pour chacune d'entre nous. Elles avaient dans leurs regards cette même curiosité teintée d'admiration que d'autres jeunes filles auront plus tard alors que je leur parlais de mes premières relations sexuelles. Durant ma courte vie, j'ai été pionnière sur bien des domaines, jouant quand on me le demandait le rôle gratifiant de mentor. Je me sens pourtant en retard sur tant de choses. Enfant par bien des aspects.

Ce flot rouge qui me grandit, que je le veuille ou non.

L'adulte à qui je l'ai ensuite dit était l'assistante sanitaire. Elle m'a prise dans ses bras, puis m'a donné une claque symbolique. D'où vient cette étrange tradition de frapper les filles dès qu'elles saignent ? Est-ce pour les habituer à la douleur ? Pour leur apprendre leur place de femme soumise ? Pour casser leur joie d'enfin entrer dans le monde des grands ? Une sorte de rite initiatique cruel et insensé – oui, c'est un pléonasme, j'en ai conscience.

Ce flot rouge qui me saigne – un mal pour un bien.

De retour de vacances, j'ai du le dire à ma mère. Peu importe ma fierté, j'avais les boyaux noués. Comment annoncer un tel événement ? Quels mots seraient assez justes ? Quel moment sera le meilleur, ne m'en voudra-t-elle pas de ne pas avoir été la première au courant, de ne pas l'avoir attendue ? J'ai décidé de faire dans le sobre – surtout parce que je ne pouvais pas faire autrement, tendue comme je l'étais. C'est dans la voiture que je l'ai sorti : Au fait, maman, j'ai eu mes règles pendant la colo'.

Ce flot rouge dont on raconte si peu. Qui représente tant et rien à la fois.

Pas de tabous à la maison. Tout juste une gêne avec mon père, ce grand timide. Ma mère a été extraordinaire, attentive et pleine de conseils. Ma sœur cadette m'enviait : ayant une seule année d'écart, nous avions chacune parié avoir ses règles avant l'autre. Plains-toi si tu veux, belle Diane, mais tu as embrassé les garçons bien avant moi ! Quant à mes frères, ils ne devaient pas comprendre grand chose. Trop jeunes, encore. Quoi qu'aujourd'hui encore je me questionne sur ce que les hommes perçoivent de notre féminité. Les blagues potaches à ce sujet ne font que mettre en évidence la gêne de nos compagnons. C'est beau, pourtant, les règles. Et ce n'est pas grand chose. Rien de terrible.

Ce flot rouge à qui je souris chaque mois, à chaque renouveau.

Quand je repense à mes discussions de début de collège, je me rends compte de l'ignorance crasse dans laquelle on nous laissait. Pour mes – rares – amies et moi, une femme avait quatre trous : pour faire pipi, pour faire sortir les bébés, pour les règles et pour faire caca. Et encore, le débat a duré ! Entre celles qui voulaient en rajouter un cinquième – pour faire l'amour – et celles qui n'en voyaient que deux – pipi et caca, la discussion fut animée. Il a fallut attendre la quatrième année de collège pour qu'un professeur rougissant et gaffeur nous montre des dessins sans âme de nos « organes génitaux ». Pourtant bonne élève, je n'ai rien reconnu, rien retenu. Mon corps, je l'ai découvert toute seule, allongée sur le canapé du salon pendant ces longues après-midi passées seule à la maison.

Ce flot rouge qui est mien, présent de mon corps à la Terre.

J'ai commencé par les serviettes hygiéniques. «Hygiénique », vraiment ? C'est sale, le sang d'une fille ? Il faut le croire : on nous répète partout à demis mots que nos sécrétions doivent être cachées, que nos cycles doivent se faire le plus discrets possible. Une femme qui se respecte ne transpire pas, ne tâche pas sa culotte et reste fraîche en toutes circonstances ! Soit. Je suis relativement vite passée aux tampons. Plus pratiques : moins de fuites et à changer moins souvent. Car mes règles étaient – et sont toujours – abondantes et parfois très douloureuses. C'est le seul événement qui a, un jour, faillit me faire perdre connaissance. Et pourtant, malgré des heures à me tordre de douleur sur mon lit, en nage et crispée autour de mon ventre, jamais – jamais – je n'ai souhaité ne plus avoir de règles. L'idée même me fait peur. Elles font partie de moi. Témoin discret mais essentiel de mon identité.

Ce flot rouge, mon intime compagnon.

Quand j'ai découvert la coupe menstruelle, ou Mooncup, ce fut une révélation. Je vous passe les arguments écologiques, hygiéniques et économiques : ce sont eux qui m'ont fait arrêter les tampons, certes, mais tous ces beaux discours ne sont rien face à la joie que j'éprouve à utiliser ma coupelle. Souple, je la plie et la place ; elle recueille mon sang, tel un calice sous une fontaine de jouvence ; je la retire, la vide, la rince et la replace. J'ai appris à avoir du plaisir pendant mes règles – la coupelle est un comme un minuscule amant venu se glisser dans mon vagin. Et puis... comment ne pas s'extasier devant la couleur profonde et lumineuse du sang féminin ? Comment ne pas manquer de défaillir de joie devant son odeur capiteuse et fleurie ? Comment ne pas avoir envie de se recouvrir le corps de ce nectar sirupeux ? Comment ne pas vouloir le boire à sa source ?

Ce flot rouge, cette merveille dont on ne parle pas. Ce texte n'est pas une éloge. Ce texte est un témoignage.

Oh, oui, parfois mes règles puent à m'en donner la nausée. Vers la fin de mon cycle elles ont une couleur maronnasse et s'accrochent au plastique de la Mooncup. Je dois parfois les décrocher avec mon doigt. Il n'est pas rare, lorsque le flux est abondant, d'y trouver des caillots, petites boules noires accrochées au liquide gluant. Avoir mes règles me fatigue, la plupart du temps, voire me fait mal – très mal. J'ai même perdu un tampon dans mon vagin, une fois : j'avais oublié de dérouler la ficelle. Je ne vous raconte pas les contorsions que j'ai du faire pour le récupérer ; je ne vous raconte pas la honte. Malgré tout ça, mes règles sont une de mes grandes joies, au même titre que mes seins qui tombent. « Comme les seins d'une vraie femme ! » m'écriais-je un jour d'une voix enfantine. Mais je vous parlerais de mes seins une autre fois.

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Dernière édition par Cordelia Melicerte le Ven 28 Oct - 18:44, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Témoignage   Lun 7 Déc - 23:51

Mes poils

(Musique !) "Moi j'm'en fous, j'ai du poil au cul, ça m'tient chaud l'hiver..."

Saviez vous que l'intégralité de votre peau est recouverte de poils, à l'exception des paumes des pieds et des mains ? J'aime mes poils et je voudrais vous en parler.

Pour ceux qui veulent du croustillant, vous pouvez passer ce paragraphe et aller directement au suivant. Je ne pouvais tout simplement pas parler de poils en laissant de côté les cheveux. Question d'honnêteté intellectuelle, voyez vous ?

J'ai des cheveux sur la tête. Leur coupe a varié au fil des années. Petite, j'ai alterné entre le carré sage et les cheveux jusqu'aux fesses, en jolie petite princesse. Entrée dans l'adolescence, j'eus l'extrême mauvaise idée de me les faire friser. Rien de plus radical pour détruire une chevelure, surtout au moment de la puberté. L'arrivée au lycée à déclenché une frénésie des ciseaux : vous ne croiriez pas qu'il est possible d'avoir les cheveux courts de tant de manières différentes ! Ma période de révisions du bac a même été l'occasion de tests de couleur et je jure que je serais incapable d'en nommer certaines. Puis mon rêve de princesse est revenu du fin fond de mon enfance : j'ai laissé mes cheveux pousser tranquillement. Ils ont été beaux, légèrement ondulés, sauvages, indomptables. Puis le cycle a repris : ciseaux, cheveux courts ; princesse, cheveux longs ; ciseaux... vous connaissez la suite.

Mais vous n'êtes pas là pour lire sur mes cheveux. Passons donc maintenant le reste de mon corps au peigne fin pour y trouver ces erreurs de la nature qui - parait-il - déparent notre beauté en l'habillant de fourrure. J'ai nommé : les poils !

Je n'ai pas de barbe ni de moustache. De temps en temps deux poils me poussent sur le visage à des endroits incongrus : le front et ma mâchoire droite. Ils sont presque invisibles : les trouver relève du grand art et nécessite une maîtrise des lumières et du miroir digne des plus grandes pouffiasses peinturlurées reines du maquillage-camouflage. Dans le fond, je m'en fiche de ces deux longs poils opportunistes. C'est juste si jouissif de les débusquer que je ne peux que prolonger le plaisir en les arrachant d'un geste sec.

Du cou et des épaules, rien à dire, rien à signaler. Tout juste un léger duvet dans la nuque.

Descendons donc encore un peu.

Mes seins. Ai-je dit que je vous en parlerai plus tard ? Je me contenterai là d'évoquer les deux ou trois poils noirs qui se battent en duel sur ma poitrine ainsi que le petit duvet logé entre mes deux seins. Je les oublie, la plupart du temps. Ils ne me dérangent pas. Ils vont et viennent à leur gré.

Je rase mes aisselles quand l'envie me prend. Autrement dit, peu souvent. Je fais l'effort quand le milieu social dans lequel je tente de m'introduire l'exige : boîtes de nuit pour célibataires désespéré-e-s et premiers rendez-vous incertains. Le temps passant, j'y touche de moins en moins : je ne veux rien avoir à faire avec des gens que mes aisselles poilues dérangeraient.

Faute de grandes capacités de contorsions, je passerai le dos. Sachez juste que le creux de mes reins est recouvert de doux poils légèrement plus foncés que le duvet habituel.

Mes bras ont de beaux et longs poils dorés à la lumière du soleil. Ils sont ma grande fierté. Dommage que personne n'y fasse vraiment attention. Je passe parfois de longues minutes à les contempler, traquant les poils prêts tomber et les cueillant sans efforts entre mes doigts.

De mon nombril part un superbe chemin de la félicité, sauvage et dru. Comme une haie d'aubépines menant au buisson ardent : mon pubis. Plutôt qu'un buisson, d'ailleurs, c'est une forêt vierge. Vierge de tous rasoirs, bandes de cire, épilateurs électriques et autres instruments de torture moderne. Cette luxuriante végétation s'étend autour de ma source, couvre à peine le haut de l'intérieur de mes cuisses et remonte jusqu'à la naissance de mes fesses. Un jour je photographierai cette terre sauvage que je n'ai jamais vue de mes yeux propres. Elle n'a - en tout cas - jamais gêné mes amants qui, curieux, y sont allés faire une balade.

Mes cuisses sont douces au toucher, grâce à mes petits poils tout courts tout doux qui les recouvrent. Mes mollets sont dignes d'une paire de bottes de fourrure ! Là aussi, l'herbe n'a jamais connu la moindre tondeuse. Je n'en ai jamais eu envie. Dans mes premières années de puberté, ma mère a plusieurs fois essayé de me convaincre de me raser. Elle a toujours échoué : ma décision était ferme et irrévocable, mélange étrange de flemme pour une grande part, de recherche d'originalité et de coup de gueule féministe. J'ai rarement cherché à me justifier : je n'avais pas envie de m'épiler les jambes, un point c'est tout !

La manière que j'ai d'assumer - ou non - ma pilosité a varié selon des paramètres que je n'ai pas encore élucidés. Tantôt je m'exhibais, en mini-robe à bretelles laissant voir aisselles foisonnantes et jambes velues. Tantôt je cachais mes gambettes sous des chaussettes montantes, collants et pantalons et je me rase régulièrement les aisselles.

Cette pudibonderie mal placée – car où est l'intérêt de prendre parti contre la majorité si ce n'est pas pour le clamer haut et fort ? m'est passée, il me semble. Je prends un plaisir malin à choquer les bonnes gens, outrées par ma pilosité. Je souris en coin lorsque je capte le regard intrigué d'un enfant levé vers mes aisselles. Je lance d'immenses sourires aux filles qui s'aperçoivent que, oui, c'est possible de vivre poilue, heureuse et acceptée. Je me glorifie d'avoir "inventé" un moyen efficace d'élimination des connards dans le rôle d'amants ou de petits copains : qui a peur de mes poils n'a rien à faire avec moi ! Je frissonne de plaisir et d'étonnement quand un homme me complimente pour mon culot ou - mieux - m'annonce, tout étonné, qu'il n'avait rien remarqué !

Je me souviens, étant gamine, d'une femme allaitant son enfant, sein nu. Sa robe laissait ses mollets libres d'aller et venir. Les poils qui les recouvraient m'avaient fascinée, comme une révélation : oui, les femmes aussi étaient poilues. Je ne sais par quel tour absurde elles ont du se mutiler d'une partie de leur corps, siège de la sensualité.

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MessageSujet: Re: Témoignage   Mar 8 Déc - 14:57

Mes seins
J'ai dit que je parlerai de mes seins.
Il y a trois choses à avoir à leur propos : ils sont gros - du moins, selon l'avis général ; je les aime ; j'en parle tout le temps. Point.

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MessageSujet: Re: Témoignage   Jeu 10 Déc - 15:16

Je me masturbe
Les paroles de la chanson sont de Quartet Buccal : Depuis l'aube


Je n'ai jamais, de mémoire de Hérisson, joué à touche-pipi ou au « docteur » étant enfant. Je n'ai su que bien plus tard que ces jeux de découverte du corps de l'autre et de sa propre intimité existaient. Je ne crois pas qu'il faille y voir le signe d'une grande pudeur, bien au contraire : j'ai passé la majeure partie de mes tendres années nue, à jouer avec mon frère et ma sœur, nus eux aussi. Nous ne nous habillons que pour sortir ou pour se déguiser. Ainsi, le corps n'était pour moi qu'un outil dont j'usais comme j'en avais envie : rien à y découvrir, rien à montrer, rien à cacher.

Depuis l’aube de l’adolescence,
Quand naquirent les premiers émois
Qui firent chavirer mon enfance, déjà tu étais là !
Pourquoi devrais-je faire silence, pourquoi garder le secret ?
Nier jusqu’à ton existence, toi que l’on ne nomme jamais

L'arrivée de la puberté ne m'a pas marquée outre mesure. Elle a tout de même contribué à amplifier mon mal-être de gamine décalée. Mon corps changeait : arrivée des seins, des poils et des règles ; prise de poids ; démangeaisons dans le bas ventre sur lesquelles je ne savais pas mettre de nom. Je savais que mon corps pouvait servir à me donner du plaisir : je l'avais bien compris, de toutes ces discussions de grands dont je me nourrissais, avide – la compagnie des adultes m'a toujours bien plus attirée que celle des gens de mon âge. C'est au détour d'un de ces livres dans lesquels je me perdais pendant mes longues heures de solitudes que le déclic se fit : on y évoquait les amours saphiques de deux femmes qui, pour se donner sur plaisir, faisaient « frotti-frotta ».

Alors que d’ébats solitaires en aventures à quatre mains
Tu me fis franchir des frontières, me fit aller toujours plus loin
J’explorais chaque latitude de mon intime géographie
Puis un jour avec gratitude je te revenais alanguie…

Mon esprit vif en déduisit que si je voulais à mon tour atteindre l'orgasme – je ne me souviens plus dans quelles circonstances ce mot s'ajouta à mon vocabulaire – je devais moi aussi me « frotter ». Je tentai l'expérience une de ces après-midi où, rentrée tôt du collège, j'étais seule à la maison. C'est le canapé du salon qui fut le premier témoin de mes essais de caresses. C'est aussi lui qui accueillit ma défloration, mais c'est là une autre histoire. Donc, la main bien à plat sur ma vulve, je frottai, frottai, frottai. Le geste n'était pas parfait mais faisait néanmoins monter en moi des vagues de chaleur plutôt agréables. Petit à petit, j'appris à connaître mon minou : je différenciai dans mes zones érogènes celles qui étaient simplement agréables à caresser de celles qui pouvaient m'amener jusqu'à la jouissance.

Mon clitoris, mon plus fidèle compagnon.
Mon clitoris, petit bourgeon dans son buisson,
Mon clitoris, posé telle une pierre précieuse
Dans l’écrin d’une huître soyeuse
Posé telle une pierre précieuse
Dans l’écrin d’une huître soyeuse


Pendant de longues années, je me suis contentée de chatouiller mon sexe de l'extérieur. J'avais développé une technique qui me donnait satisfaction, je ne voyais pas l'intérêt d'explorer plus loin. J'observais avec fascination le gonflement de certains muscles très précis de ma main droite, résultat de gestes mille fois répétés pour mon bon plaisir. Le passage de la barrière de mon intimité intérieure se fit de manière longue et progressive : cela nécessitait des contorsions qui fatiguaient ma flemmardise pour un gain bien maigre en frissons. C'est pourquoi toujours je revenais à mon clitoris, réel siège de mon plaisir.

S’ils furent quelques-uns à connaître mon corps, d’amour épanoui
Bien peu d’entre eux, je dois l’admettre, l’emmenèrent au paradis
C’est qu’il faut une tendresse experte, pour pouvoir t’apprivoiser
Celui-là qui devint ton maître, vit toujours à mes côtés

Je ne sais pas si le fait de connaître son corps avant de découvrir l'amour à deux est une bonne chose. Enfin, je rectifie : c'est une bonne chose, mais elle porte son lot d'inconvénients. Mon corps s'était habitué, depuis toutes ses années, à être amené jusqu'à la jouissance d'une manière bien précise. Allez expliquer toute la subtilité de vos gestes à vos amants ! Mais se faire l'amour à soi-même ou bien partager le plaisir à deux sont des expériences bien différentes : le rôle et la place de l'orgasme n'ont presque rien à voir. Tandis que dans l'un le but ultime est cette secousse de plaisir final, il s'agit dans l'autre d'une jouissance de chaque instant doublée d'une re-découverte constante du plaisir de – et par – l'autre.

Mais s’il arrive que la vieillesse un jour me couche, seule dans son lit
Si tout le monde me délaisse, toi tu me tiendras compagnie
Et quand la mort n’aura de cesse que je lui emboîte le pas
Alors dans une ultime caresse, je te dirais adieu du doigt…

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MessageSujet: Re: Témoignage   Ven 28 Oct - 18:34

Je n'ai pas d'amis, j'ai des amants


Certains me traiteraient sûrement de salope. Certains l'ont sûrement déjà fait mais aucun n'a eu jusqu'à présent les couilles de me le dire en face. Car voilà, je couche avec qui veut bien de moi. Je ne suis pas fille très difficile : sauf physique particulièrement repoussant et idéaux machistes, racistes, profondément de droite ou débilité profonde, j'accepte entre mes seins ceux qui en font aimablement la demande. Pour peu que je sente que l'on a besoin de moi, j'ai du mal à dire non. S'agit-il de l'expression d'une grandeur d'âme exceptionnelle, d'une bonté hors du commun ? J'offrirais mon corps aux orphelins comme d'autres leur offrent du pain ? Je ne le crois pas. Je pense avoir choisi tout simplement la solution de facilité. Le sexe, solution des flemmards sociaux ? Permettez moi de vous le démontrer en trois points. Après avoir montré dans une première partie qu'il m'est facile de faire l'amour avec le premier venu, je tâcherai d'expliquer pourquoi au contraire il m'est beaucoup plus compliqué de me faire des amis que des amants. Puis je conclurai en me mettant des claques virtuelles destinées à m'aider à grandir un peu, démontrant que mon système de socialisation est voué sur le long terme à un échec cuisant.




Les hommes sont des obsédés sexuels, c'est un fait globalement accepté. Il est cependant plus difficile de faire admettre qu'il en est de même des femmes, ces dernières étant dressées dès leur plus jeune âge à s’autocensurer puisqu'une femme est sage, pure et profondément naïve. Permettez moi de vomir. Nous avons tous en nous cet animal lubrique mené, pour des questions de survie, par quelques pulsions élémentaires. Le sexe en fait partie, au même titre que l'alimentation et le regroupement en meutes hiérarchisées.

Certes, j'exagère légèrement, nous ne ressentons pas tous constamment le besoin de satisfaire ses pulsions sexuelles. Et quand bien même, nous n'acceptons pas forcément de forniquer avec n'importe qui sous prétexte que ça soulage là où ça démange. Enfin, malgré mes propos égalitaristes étayés d'un discours anthropologique, hommes et femmes n'agissent pas de la même manière lorsqu'il s'agit de cul. Je vous passerai toutes les justifications sociologiques, mais le résultat est là : le marché du sexe est déséquilibré. Les hommes bavent et les femmes minaudent. Dans ce cas, quoi de plus facile que de se trouver des amants pour une femme qui s'affiche clairement disponible et intéressée ?

À ceci s'ajoute le fait que j'ai toujours eu un faible pour les hommes en détresse affective. Une manière sûrement de cacher ma propre solitude en valorisant mes capacités d'écoute et de guérison – ce qui n'est à coup sûr que d'autres noms pour ma paire de sein et ma bouche. Il m'est donc facile de coucher, car je suis une fille et que je ne cours pas après les mecs inaccessibles. Et j'en profite bien. Salope, moi ? À vous de voir. Mais j'ai aimé à ma manière chaque homme dont j'ai partagé la couche.




J'ai donc essaimé au fil des années et des villes un certain nombre d'amants – et quelques rares amantes. Le jeu de la séduction est comme une seconde peau pour moi : je n'y suis pas forcément experte, mais je m'y sens bien. À tel point que je n'ai jamais vraiment su faire autrement pour me lier aux autres. Enfant un peu à part, je suis devenue une adolescente cachant son inadaptation sociale par une joyeuse exubérance. Je n'ai jamais vraiment su comment m'intégrer à un groupe et j'ai donc cultivé mon originalité comme bouclier contre la solitude. Dès que j'ai compris, un peu tard, que mon corps et mes sourires pouvaient m'ouvrir certains cœurs, je n'ai pas hésité. Je suis devenue séductrice.

N'allez pas croire pour autant que je n'ai aucun ami. J'ai réussi, petit à petit sans m'en rendre compte, à avoir ma place dans quelques groupes de zèbres dans mon genre. Mais certains soirs, il y a des vérités qui remontent du fond de mes tripes et je me rends compte avec angoisse combien mes rares amitiés sont précaires. Et que je n'ai aucune idée de comment les renforcer. Je ne sais pas me faire des amis. À tel point qu'une majorité des personnes dont je suis proche aujourd'hui a un jour fait partie de mes amants, comme si je ne savais pas faire autrement pour me lier à quelqu'un que de coucher avec.

Je suis une impatiente, une gourmande, j'avance sans cesse, marchant à l'intuition. Et à mon grand dam, une amitié prend du temps à se construire. Peut-être suis-je trop volage pour réussir à construire pierre par pierre une confiance digne de ce nom. Le sexe rend tout plus simple : il remplace la confiance par l'intimité et l'habitude de l'autre par le désir. Je suis une inadaptée sociale doublée d'une flemmarde qui use de son corps comme d'un pot de vin. Et c'est plutôt agréable, à vrai dire, jusqu'au jour où...




En théorie, dans cette dernière partie je devrais me lancer des pierres et démontrer que mon comportement ne mène à rien d'intéressant. Permettez moi de ne pas pousser plus loin l'autocritique et de me contenter de ce que j'ai déjà écrit. La remise en question est déjà bien assez lourde comme ça pour la pauvre fille que je suis. Souhaitez moi bonne chance, je vais essayer de me faire des amis.

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