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 La Boîte

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Orphée



Masculin Nombre de messages : 39
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MessageSujet: La Boîte   Dim 13 Déc - 20:37

Pour la petite histoire, lors de la rédaction de ce texte, je venais de découvrir Céline et j'avais dix-sept ans. Il s'agit de l'un de mes rares premiers jets et il ne fut jamais retouché. Quelques années plus tard, je le glissais dans l'une de mes pièces qui fut mise en espace à Bordeaux dans le cadre d'une manifestation psy.


La Boîte


C'était plein de bruit, avec un rien d'étrange dans beaucoup d'habitude... une boîte quoi ! Une boîte bien ronflante, bien braillante, bien tassée, avec ses gueules d'avant dernier whisky, avec ses filles languissantes, blasées... avec tout ce monde qui s'ennuie à la mode pour s'amuser dans le souvenir... Là dedans que j'étais. Au début pour me persuader que c'était bien, histoire de dire que je sortais. Au milieu pour me prouver que je n'étais pas n'importe qui. A la fin pour croupir, comme les autres, avec les autres, dans leur tas.
C'est là bas qu'elle était elle, dans un autre coin, au milieu d'un groupe de rancœur compressée ; autour, c'était, entre deux éclats lumineux, des regards oubliés, des lèvres désabusées, des bras en agonie : tressaillements saccadés, incertains... la forme quoi !
C'est là qu'elle était, entre un pilier et quelques hanches ; elle semblait attendre elle aussi, comme tout le monde. D'ailleurs on venait tous là pour attendre, et quand on avait bien attendu, qu'on avait perdu nos illusions, alors on repartait... pour revenir le lendemain, empli de nouvelles espérances, d'autres encore, encore d'autres... C'est ça le vide : ça... et encore ça.
Alors comme j'en avais assez. Assez de ce fauteuil trop moelleux, de ces verres trop habituels... comme j'en avais assez de ne pas en avoir vraiment marre, de me jouer la comédie jusque dans ma lassitude : je me suis levé.
J'ai toujours eu l'impression d'être couillon en me levant, on se croit tant de choses... Alors j'ai pris une cigarette ; ah ! non, pas n'importe laquelle, une de ces cigarettes à beau paquet, celles qu'on n'a pas honte d'offrir à une fille... Avec classe, un rien de dédain que je l'ai allumée, histoire de me donner une contenance, pour bien montrer aux autres que j'étais pas un tordu, que tout ça c'était de la petite rigolade bien ennuyeuse. C'est drôle : quand on se lève, on s'imagine toujours être le point de mire, alors on passe fièrement, le regard vers nulle part, en songeant : Pourvu qu'ils connaissent pas le truc ! Mais dans le fond, on sait bien qu'il y a toujours des « comme soi » qui nous observent, le sourire désabusé, le dédain au sourcil...
C'est vers ma blonde que je marchais, décidé comme un qui en a vu d'autres... « Si jamais je me dégonfle, je fais le tour du pilier et je la regarde pas ; je recommencerai dans l'autre sens »...
« Bonjour, lui ai-je dit, ne regarde plus l'habitude, je suis un morceau de hasard et je me suis perdu, il t'ennuie ce jeu de pousse-taré ».
Je lui ai tendu la main, elle m'a regardé comme quand on cherche autre chose, sans savoir exactement quoi... Je me suis senti con. C'est comme si j'avais rougi, mais ça se passait en dedans, comme quand on décide d'être quelque part, alors que dans le fond, on se demande ce qu'on y fout... Elle s'est levé... ça a duré longtemps... Ca faisait comme un grand scarabée qui se déplie et ça sentait bon. Ses formes diffuses s'effaçaient peu à peu du fauteuil... on regardait le fauteuil, tous les deux. Elle ! parce qu'elle sentait un univers vaciller. Moi ! Pour essayer de me souvenir, pour figer ce petit coin d'ailleurs dans l'inhabituel des choses...
Là, tout près, je la trouvais belle... Avec cette suffisance réservée de ceux qui savent, et cette douceur de ceux qui rêvent ; elle était équivoque jusqu'aux bouts des ongles, et ce n'était pas pour me déplaire. On a dansé face à face, comme des abonnés de la même chose. Ca nous gênait pas ces frémissements démentiels sous le reflet hagard des stroboscopes, au contraire, on était bien, on se sentait devenir « personne ». Et puis brusquement comme ça, les slows ont commencé... Une boîte quoi ! Elle s'est blottie dans mes bras, tout en transe, toute ruisselante... sa sueur me collait au visage, son souffle me traversait la poitrine, on était bien tous les deux... Avec des crocodiles à vapeur qu'on voguait, particules de l'infini qu'on devenait...
Je me sentais léger, léger mais avec cette impression de suffisance. J'avais cette sensation désagréable de m'incorporer, mêlée à je ne sais quel sentiment de frustration, comme si je m'étais abaissé, moi ! à faire partie des autres... Et pourtant, je me sentais à la hauteur, de plus en plus. J'avais l'impression que tout m'appartenait. Et hop ! plus d'arc de triomphe, décapité le gouvernement, « Monsieur désire... la voiture de Monsieur est prête » ! Tous qu 'ils étaient là devant moi pour que je leur accorde un sourire, mais elle était contre moi...
On est resté comme ça un bout de temps, comme deux couillons, personne n'osait prendre l'initiative.
« Viens, lui ai-je dit brusquement... »
Elle a sans doute du penser que j'étais comme les autres, pourtant elle est venue. Je commençais à avoir des idées, oh oui, j'en avais des idées, mais je me sentais mal à l'aise, comme quand on entreprend quelque chose qu'on aime pas chez les autres, et qu'on en est conscient. Dans le fond, c'était un pari vis à vis de moi. Ca me tentait, non seulement parce qu'on en parle, mais surtout parce qu'on en rêve parfois, et qu'on se dit que ça doit être bien. Parce qu'en un éclair, on associe le bonheur à quelques vieilles séquences de film, à la présence d'un souvenir parfumé. On éclabousse le présent d'un monde qui n'existe pas tout à fait mais on y croit vraiment. Seulement après... on se sent plutôt idiot, on se retrouve avec le côté pratique des choses, ou plus exactement avec ce qu'il en reste... C'est surtout de ça dont j'avais peur, d'autant que cette fois, y aurait un témoin...
Quand on est seul, on n'imagine jamais tous ces détails, ou si on les imagine, c'est toujours à son avantage. On s'en tire très bien. D'ailleurs en principe quand on est seul, y a rarement de préliminaires, elle est tout de suite nue... près de vous...
Alors on est sorti. Tendrement enlacés, parce que parfois on a besoin de se sentir ailleurs et que dedans ça faisait comme une tuyauterie qui crève... Tout mielleux qu'ils étaient les gardes, comme si ça pouvait leur faire quelque chose qu'on se soit amusé ou non. Ils se souriaient entre eux par en dessous, en nous voyant passer, avec cet air désabusé de ceux qu'on l'habitude. Mais nous après tout, on s'en foutait pas mal.
On a marché comme ça le long de la plage, comme perdus dans quelque chose de trop grand, de trop pressant. La brise était fraîche, le sable était mouillé, pieds nus qu'on était maintenant. On regardait les étoiles, on écoutait le bruit des vagues, on se donnait la main. On avait plus les mêmes intentions... Des grands romantiques qu'on était devenu ; tout ça... c'était très loin, on était plus que tous les deux, tous les deux ! De l'autre côté...


Dernière édition par Orphée le Ven 18 Déc - 15:09, édité 2 fois
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Cordelia Melicerte

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MessageSujet: Re: La Boîte   Dim 13 Déc - 21:11

Hum. Zut. Un tel texte mériterait un commentaire constructif. Je vais essayer.

Ton texte est bien écrit. Très bien même. Un style bien à lui, touchant, assez décallé par rapport aux ambiances réelles des scènes décrites (un peu trop rêveur et poétique pour un univers de boîte de nuit) mais justement c'est intéressant : ça sort des clichés. Le narrateur n'est pas ce branleur en chemisette que j'imagine lorsque je pense "boîte". C'est juste un jeune homme, en fait, avec sa part de folie mêlée de désilluson.

J'ai beaucoup apprécié certains passages, que j'ai trouvés très justes :
Citation :
C'est drôle : quand on se lève, on s'imagine toujours être le point de mire, alors on passe fièrement, le regard vers nulle part, en songeant : Pourvu qu'ils connaissent pas le truc ! Mais dans le fond, on sait bien qu'il y a toujours des « comme soi » qui nous observent, le sourire désabusé, le dédain au sourcil...
Et comment ! Le mieux, c'est que ça se lit sur les lèvres des gens qui passent, leur certitude d'être observé ainsi que leur volonté de ne pas la montrer, cette certitude.

Citation :
Elle a sans doute du penser que j'étais comme les autres, pourtant elle est venue. Je commençais à avoir des idées, oh oui, j'en avais des idées, mais je me sentais mal à l'aise, comme quand on entreprend quelque chose qu'on aime pas chez les autres, et qu'on en est conscient.
C'est un sentiment tellement présent lorsqu'on se mêle à la foule en boite... du moins, moi je le ressentais. On essaie de le cacher derrière de l'auto-dérision et une lueur mi amusée, mi dédaigneuse dans l'oeil. Mais on se leurre...

Voilà. J'aime beaucoup ton texte. Un récit feutré, tout en délicatesse.

_________________


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Ruby

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MessageSujet: Re: La Boîte   Lun 14 Déc - 3:31

Citation :
Pour la petite histoire, lors de la rédaction de ce texte, je venais
de découvrir Céline et j'avais dix-sept ans. Il s'agit de l'un de mes
rares premiers jets et il ne fut jamais retouché. Quelques années plus
tard, je le glissais dans l'une de mes pièces qui fut mise en espace à
Bordeaux dans le cadre d'une manifestation psy.

Tu m'expliques le rapport avec Celine?
et la raison du choix et le sujet de cette manifestation psy?

je te commente à la suite.

Eurydice.
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Questo

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MessageSujet: Re: La Boîte   Lun 14 Déc - 6:59

A Xupi =>
Citation :
Tu m'expliques le rapport avec Celine?

C'est à cause du style "non-littéraire", de l'expression davantage proche de l'oral, d'un oral négligé, avec sa lourdeur par moment. Et dès qu'une phrase commence à "couler", le narrateur, qui ne croit plus en grand chose à part au cul, frappe l'éloquence ; il coupe le robinet. Je trouve qu'il est dans le ton.


A Orphée => C'est bien écrit ; on est accroché à la lecture. Comme dit ci-devant, je trouve qu'on reconnaît le style de Céline. Il y a des passages très bons qui m'ont personnellement touchés. Bon point. Seulement, le regard cynique et désabusé, ou décalé comme dit Cordélia, en fait trop, et vise faussement l'ordure humaine, ce spectacle goguenard et moqueur. Finalement, ce regard, ce ton n'étaient pas contre ceux-là, mais contre le narrateur lui-même, contre sa libido, contre son impuissance maintenant caressée dans le bon sens du poil depuis qu'il croit de nouveau en l'amour.

Je résume (ceci est ma lecture, je précise).

1° La première partie de l'histoire est celle du narrateur dans une boite dans laquelle il rencontre une femme. La partie est montrée avec cynisme et auto-dérision.

2° La seconde partie est celle de la relation avec cette femme, et de la croyance du narrateur en la vie et en l'amour. La partie est montrée positivement. Morale de contes d'amour.

C'est juste que le côté "havre de paix dans le bordel" fonctionne pas bien dans ta nouvelle.
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Goldmund

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MessageSujet: Re: La Boîte   Lun 14 Déc - 11:07

Je ne suis pas tout à fait d'accord : il n'y a pas une répartition binaire entre un début cynique et une fin qui basculerait dans la sensiblerie. Ce mélange de cynisme et d'attendrissement, qui est le regard un peu moqueur et malgré tout complaisant du narrateur qui se remémore son passé, court tout au long de cette nouvelle. Sur la fin, l'ironie se fait plus discrète, mais non moins mordante !

On peut songer à cette phrase :

Citation :
On est resté comme ça un bout de temps, comme deux couillons, personne n'osait prendre l'initiative.

Ou encore, s'interroger sur ce portrait en apparence peu flatteur et qui se conclut néanmoins sur une envolée lyrique, une sorte de témoignage érotique ambigu, avec toujours ce goût pour la chute ("on était bien tous les deux") :

Citation :
Elle s'est blottie dans mes bras, tout en transe, toute ruisselante... sa sueur me collait au visage, son souffle me traversait la poitrine, on était bien tous les deux... Avec des crocodiles à vapeur qu'on voguait, particules de l'infini qu'on devenait...

Ici, une touche d'orgueil un peu comique suggérée par le point d'exclamation qui nous laisse deviner une certaine distance entre la parole du narrateur et la pensée du protagoniste :
Citation :

J'avais cette sensation désagréable de m'incorporer, mêlée à je ne sais quel sentiment de frustration, comme si je m'étais abaissé, moi ! à faire partie des autres...

Un dernier exemple parce qu'il me semble évocateur, mais on pourrait en citer d'autres : dans la phrase ci-dessous, l'auteur s'amuse à jouer avec un certain nombre d'images un peu emphatiques, avant de rompre avec cette tonalité par une proposition dont la syntaxe bascule dans l'oralité.

Citation :
La brise était fraîche, le sable était mouillé, pieds nus qu'on était maintenant.

Cette nouvelle est profondément polyphonique : la parole du jeune homme et celle du narrateur se confrontent sans cesse ; de là née la constante ambiguité du propos. Il s'agit de jouer avec les lieux communs du récit amoureux, de les réinventer, parfois de les désamorcer. Enfin, et de manière plus triviale, cette tendance à énumérer les ridicules du protagoniste est aussi une posture d'humilité.
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Orphée



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MessageSujet: Re: La Boîte   Mar 15 Déc - 1:26

Un dernier exemple parce qu'il me semble
évocateur, mais on pourrait en citer d'autres : dans la phrase
ci-dessous, l'auteur s'amuse à jouer avec un certain nombre d'images un
peu emphatiques, avant de rompre avec cette tonalité par une
proposition dont la syntaxe bascule dans l'oralité. Goldmund

Citation:
La brise était fraîche, le sable était mouillé, pieds nus qu'on était maintenant.

La pertinence de ce commentaire illustre assez bien ma perception de l'écriture.
Il y a quinze jours, j'écrivais à Esil " Ne te méprends pas; Il y a de la rupture dans la fluidité, il importe simplement de briser la chaîne au bon endroit. Tu discerneras alors- un équilibre dans le déséquilibre. Tout l'art consiste à maintenir ce déséquilibre à la frontière du mouvement,au passage de l'idée, au point de rupture qui enchaîne. Tu brises et tu boucles." ... A dix sept ans,intuitivement, je le mettais en pratique.
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Orphée



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MessageSujet: Re: La Boîte   Mar 15 Déc - 4:51

Cordélia,

Ton commentaire tout en sensibilité m'a beaucoup touché
Nous sommes au coeur d'un glissement progressif de la réalité d'une faille intemporelle
dont la fragilité malgré les apparences ne t'a pas échappé

Merci
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Orphée



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MessageSujet: Re: La Boîte   Mar 15 Déc - 6:48

Questo,

Finalement, ce regard, ce ton n'étaient pas contre ceux-là, mais contre le narrateur lui-même, contre sa libido... Questo

Evidemment. Ils interviennent en tant que paliatif sur sa peur et ses interrogations.
L'idée sous-jacente, c'est que la première fois, "On est tous si tellement pareil qu'il n'y a quasiment aucune différence..."
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Ruby

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MessageSujet: Re: La Boîte   Mar 15 Déc - 19:21

Bon alors zou je me lance dans le commentaire! si tu ne comprends pas orphée c'est normal c'est assez instinctif et je ne suis même pas sur de comprendre ce que j'ai écrit mais si besoin je tenterai d'expliquer.
Juste petite parenthèse moi quand j'ai lu Celine je n'ai rien ressenti, suis je resté au préjugé que l'auteur était antisémite, je ne crois vraiment pas, j'ai lu ça se lisait facilement mais je n'ai pas été retourné, chamboulé. Au contraire de ce texte auquel j'ai pu me rattacher en quelque sorte.
Alors tout d'abord je trouve que ce texte est d'une grande maturité , dans le développement de sa propre pensée a 17 ans même si on peut le ressentir et y réflechir pour offrir un rendu pareil, avec une écriture ainsi je pense qu'il faut etre vraiment mature, claire dans sa tete, dans ses mots. Une écriture qui coule toute seule, qui nous fait réfléchir, qui nous touche.
Constat connu oui , un critique blasé , qui parle de la fatalité du recommencement, de la banalité mais qui émiette des bouts d'"espoir" il est vrai que peut être la fin est peut être trop rapide et brutale dans son changement d'ambiance mais finalement ça ne choque pas car on s'identifie à ce narrateur, à ce rêve, on aimerait la même fin, vrai fin ou imaginée?
Donc une pensée personne mais qui accroche au lecteur car il parle de sentiments, de peurs, de ressemblances que tout le monde peut ressentir. Un unique qu'on est tous finalement.
J'aime bien comment tu décris, ces caractéristiques caractériels corporels comme le dédain au sourcil.
La phrase d'accroche, qui introduit le "semblant de drague" pour parler à la jeune fille, je l'aime beaucoup. La phrase essentielle celle qui détermine la première impression. Et dans cette présentation l'idée, la question qu'est ce qui nous détermine. Les coincidences, le hasard. Ce qui faut qu'on rencontre celui ci, qu'on est avec celle la.
Je lis en ce moment Kundera et je suis complètement chamboulé par ce gars et j'ai pensé à lui en lisant ce texte ci, il y développe de même l'idée que nous mettons du sens, des liens, entre les événements, trouvons des signes..pour expliquer, pour nous déterminer.
Il y a un basculement du banal à l'inhabituel. Tu mets de la splendeur dans la quotidienneté par tes mots. C'est vraiment bien écrit.
J'aime ta facon de décrire, de désigner le caractère par une apparence, par une intuition, par une expression.
De temps en temps des retours brusques à du familier avec un vocabulaire basique qui nous fait redescendre du nuage éculubratoire. Tu as des envolées lyriques dans tes images. Un imaginaire de mots, de sens, de nouveauté dans le connu.
Ensuite le développement entre l'envie d'être comme les autres et aussi de s'en distinguer. L'individualisme frustré et contrarié et aussi le bonheur paradoxal de la communauté qui conforte et étouffe.
Chacun dans sa sphère, un imaginaire du réel, un réel rencontré. Toujours une réalité différente des fantasmes de notre bulbe.
Finalement une échappée de la banalité, une échappée dans la banalité. Un retardement, dans lequel on devait tomber indéniablement. Ca prolonge l'idée du début, du connu, de la familiarité sauf que le passif se transforme en actif mais est il vraiment actif dans ces actions avec la femme, choisit il vraiment hormis l'impulsion.
Changement du passage obligé avec l'échappé sur la plage, une autre décision. Apothéose romantique. Un unique à deux. Recomposer un réel rêvé.

C'est tout. Ne te retourne pas.
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Orphée



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MessageSujet: Re: La Boîte   Jeu 17 Déc - 1:26

Xupi,

Quelle magnifique et talentueuse analyse.
Le jeune homme a le regard brillant et les joues qui rosissent...
Je suis très touché, bien sûr, et je t'en remercie.

J'adore le mot de la fin: "C'est tout. Ne te retourne pas."

Elégance et raffinement.
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MessageSujet: Re: La Boîte   

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