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 Page Blanche.

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Drystan
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Masculin Nombre de messages : 3758
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Localisation : A l'Ombre du Chêne
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Pseudo : Le Kaessendryn
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MessageSujet: Page Blanche.   Jeu 7 Jan - 16:38

Page Blanche.



Plume flottant dans les airs. Regard perdu dans le vague. Dans la salle, tout est blanc. Pur. Immaculé. Pas une tache ne vient troubler cette perfection. La jeune femme observe. Ses yeux vagabondent sur les murs. Elle cherche en vain. Rien ne viendra égayer son esprit. Pas une couleur, pas une ombre. Lumière. Ni néons, entourés par des armées de papillons, ni ampoules de grand-mères, vacillant sous le poids du temps. Seulement ça. Un flot d’énergie pure. Blanc. Venant de partout. Partant de nulle part. Sans source ni origine, sans avenir ni fin. Le coup d’œil fugitif ne remarquerait rien dans cet univers. Pourtant, ils sont là. Elle. La table. La feuille. La plume. Eux aussi sont en blanc. Ce même blanc qui emplit le monde alentour. Ce blanc qui ne laisse aucune place à la matière.


I. La table.


Taillé dans un arbre millénaire, coupé au sommet des plus hautes montagnes, la Table était l’ainée. Les hommes de la boutique l’avaient façonné, polie, assemblée. De son temps, chacun possédait un cœur, plus ou moins grand. Celui du propriétaire atteignait la taille d’un océan. Il se moquait des prix, des marges, des salaires et des revenus. Pour lui, seul comptait la générosité. L’amitié. Une fois sa table terminée, il l’avait offerte, sans contreparties, sans attentes, à un duo d’amoureux. L’homme l’avait peinte avec soin. Elle se rappelait encore la douceur des coups de pinceaux, la délicatesse avec laquelle il passait sur chacun de ses pieds. Elle sentait encore chacun des grumeaux qu’avait faits la peinture. Petites bosses éternelles, marques d’un amour lointain. Le temps passa. Le monde rattrapa vite le jeune couple, arrachant peu à peu ses biens. Accablé par sa vie de misère, l’Homme succomba. La femme ne put vivre sans lui. Elle dépérit, perdant chaque jour une partie de son corps. Et quand la tête chut, elle mourut. L’écrivaine l’avait rachetée. Elle l’avait nettoyée, récurée, repeinte. Pour la poser là, au centre de cette scène. Depuis, elle attendait. Comme le reste de la pièce, elle attendait le déclic. L’illumination. Le début.


II. La plume.

La plume était magique. L’on racontait qu’elle avait été ensorcelée par un puissant mage, vivant de l’autre coté de l’immensité. Il l’avait posé sur une roche ovale, au milieu d’un champ infini. Par ses mains, le sorcier avait appelé les vents. Ces dernières vinrent, de l’Est, de l’Ouest, du Nord, du Sud. Doux Zéphire, puissant Mistral. Sombre Tramontane. A la tête de cette armée tempétueuse, le seigneur de brises, des tempêtes, des ouragans. Eole. Tous se précipitèrent dans la plume. Il fut un temps ou elle pouvait fendre les montagnes, arracher les forets, détourner les cours d’eaux. Ces sortilèges d’une autre époque avaient peu à peu disparus. La plume, porté au gré des vents, pensait finir ses jours dans une vitrine poussiéreuse, au fin fond d’un magasin miteux. Mais. L’écrivaine était passée par là. Le vendeur lui avait raconté Son histoire. Cet objet, terni par les années, ne gardant que de sa splendeur d’antan la couleur des étoiles, conservait une dernière carte, au plus profond de son corps. Par cette plume passait le sang des anciens dieux. De cette plume coulait les larmes des seigneurs oubliés. Elle, et elle seule, pouvait encore communiquer avec les mondes ancestraux, dans lesquels demeuraient les princes d’antan. La Plume n’avait pas besoin d’encre. Elle en créait. Chaque trait était un sanglot, issu d’un passé trop lointain. L’écrivaine l’avait prise. Et depuis, l’objet attendait le déclic, l’illumination, le début. Comme le reste de la pièce.


III. La feuille.

Une feuille ne peut avoir d’histoire. Elle n’est que le résidu d’un arbre passé sous de multiples produits chimiques. Il en va peut être ainsi pour les autres. Mais pas pour elle. Extraite du sarcophage d’un pharaon, porté par les mains fébriles d’archéologues fiers d’avoir découvert ce trésor, elle sortait des temps les plus anciens de notre ère. Reine sur le Nil. Demeure des sauriens peuplant le fleuve. Dominant de son corps celui qui apportait la vie dans la terre d’Egypte. Respectée par les hommes, admirée par les dieux. Enviée. Depuis les cieux, certains observaient sa magnificence d’un œil sombre, haineux envers cette simple plante qui rivalisait avec leur beauté. De tous ces détracteurs, Isis était la première. À cette rivale, elle vouait une haine sans limite.

-
Ombre dans la nuit, se faufilant entre les murs. Pas une serrure ne lui résiste. Lentement, implacablement, sans éveiller le moindre soupçon, elle se rapproche de la chambre du Pharaon. Se glissant jusque dans le lit de l’homme. Splendide déesse. Lèvres pulpeuses, yeux d’émeraudes. Aussi sage que l’on puisse être, l’on ne peut résister à la beauté des immortels. Il but ses paroles comme l’on boit de l’eau, écoutant, acquiesçant, obéissant. « Enfant des Dieux. Toi qui règne sur l’Egypte. Je suis Isis, la grande magicienne. Cette beauté que tu vois, cette beauté à laquelle tu ne peux résister, sache qu’un être l’a offensé. Aux confins de ton pays, la ou l’eau tombe du ciel, vit une créature cherchant à m’égaler. Je ne puis accepter cela. Fait ce qui doit être fait. Alors, je te récompenserais… ». Alors que les premiers rayons du soleil se laissaient entrevoir entre les crêtes des montagnes, une longue trainée de poussière de dessina en bordure du Nil. Accompagné de son garde le plus fidèle, le pharaon partait. Contre l’avis de ses soldats, des ses ministres, de sa famille, il avait décidé d’écouter Isis. Guidé par les étoiles, il alla jusqu’aux confins de l’Egypte. En ces terres, la rivière jaillissait des nuages. En ces terres, elle demeurait. Scrutant le fleuve empli de saurien, l’homme la cherchait. Au bout d’un promontoire, un bosquet aux feuilles blanches se tenait, rayonnant de mille feux. Des fleurs d’or poussaient le long des branches. Les tiges étaient d’argent. Un monument à la perfection. L’ennemi des dieux.

-

La plante fut déracinée. Afin de satisfaire la magicienne, le pharaon la fit porter jusqu’à son palais. Appelant ses prêtes, ils décidèrent de la marche à suivre. Par les soins des artisans, elle fut transformée en de superbes feuilles de papier. Alors, le pharaon alla attendre sa récompense. Venus du sud, une troupe de barbares prit d’assaut la ville, pillant, saccageant, tuant. Quand l’armée arriva, le maitre d’Egypte baignait dans son sang, balbutiant quelques phrases incompréhensibles. À ses coté fut enterré ce paquet de feuilles, son indirect assassin. L’achetant à un célèbre musée, l’écrivaine était rentrée en sa possession. Et depuis, l’objet attendait le déclic, l’illumination, le début. Comme le reste de la pièce.


IV. À portée de main.

Lassé par cette immensité blanche, les yeux revinrent vers les pupitres, dépités. Ou l’inspiration avait elle prit la fuite ? Cachée derrière les murs ? Vagabondant par delà les vitres ? Pas une idée ne venait en son esprit. Rien ne guidait sa main sur la feuille de papier. L’histoire ne s’écrivait point. Ses pupilles épuisés se posèrent sur ses trésors. La feuille. La table. La plume. Trois incroyables légendes, trois vies palpitantes.

Par delà d’infranchissables montagnes, se tient un monde aux forêts éternelles. Bois tranchés par les déserts, lacérés par des plaines, demeure d’arbres millénaires, lieu d’une guerre infinie. D’un coté, juchés sur de fringants étalons, une soldatesque armée de plumes enflammés, détruisant tout sur leur passage. De l’autre, de fiers guerriers du désert, dirigeant de gigantesques chars, guidés par les dieux. Arabesque de flammes, combattants déchainés, amours impossibles. Un monde fantaisiste, empli de possibilités, d’idées, d’inspiration.

Ils furent le déclic, l’illumination, le début.
Eux qui étaient à portée de main.
Depuis toujours.
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Ruby

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Féminin Nombre de messages : 2216
Age : 29
Localisation : 221 B Baker street
Date d'inscription : 04/04/2009

MessageSujet: Re: Page Blanche.   Lun 11 Jan - 15:36

Je vois que la machine Df a fulminé ces temps ci et pas de commentaire c'est bien un comble, car moi je trouve que tu progresses. J'aime beaucoup la présentation de ce texte en petits chapitres paragraphes. On sait la fin, car tu nous y amène tranquillement et on se laisse porter. Avant de rentrer dans la description des objet je ne pensai pas plonger par la suite dans un autre monde, mélangeant fantasy, histoire ancienne et surnaturelle. Mais chaque petit monde est agréable à visiter. Mais je pense que parfois tu utilises des mots trop grands ou alors il faudrait changer ton écriture simple pour qu'ils soient adaptés, je sais le plaisir d'utiliser des mots plus rares, mais tu devrais parfois opter pour une plus grande simplicité plus expliciter ça gagnerait en description et évasion.
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