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 Un chat et son maître [II]

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Tr0n

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MessageSujet: Un chat et son maître [II]   Mar 2 Mar - 12:32

Titre original : "Titube". Texte autobiographique. Toujours difficile de parler d'une sensation : celle du rien. Je ne suis pas un grand adepte de l'étalage, bien que je le fasse, mais en ce moment j'écris beaucoup en regardant mon propre nombril et mes propres erreurs. Ca me permet de vomir un peu quelques mots et d'évacuer l'imparfait (pour passer au simple ^^'). Bonne lecture, c'est assez court. PS : Oui j'aime faire le contraire de ce que je conseille, esprit de contradiction oblige.

Il titube…

Ses tympans oscillent au rythme de la basse. Une soirée sans mesure et sans modération, dans la cadence métallique. L’étau sur sa gorge se desserre. Serein, il sait pertinemment qu’il va boire. Il sait indubitablement qu’il ne s’arrêtera pas. Il sait qu’il va claquer ses derniers euros en poche pour la paix de son existence. Il sait et pourtant il fait. Ce concert lui plaisait.

La faune ? Des jeunes de dix à quinze ans de moins que lui. Le groupe ? Du death metal, non progressif évidemment, au son assez bon. Doom Hardcore à tendance germanisante. Il vacille sous l’effet de la dixième pinte. D’un sourire au barman, vieux pote qui a réalisé son rêve, on lui sert la onzième. Ici, il est connu. Ici, il vient depuis l’ouverture. Ici, c’est sa seconde maison. Chancelant, il applaudit le dernier morceau bien grunt et se prépare à partir. Ses idées sont un blob incompréhensible, un amalgame de pulsions auquel il résiste malgré l’alcool. Tout est masqué, caché dans les méandres de sa tête. Il saisit ces instants de bonheur fragile. Aucune douleur, aucune souffrance, aucune angoisse. C’est éphémère, mais tellement jubilatoire. Plus de pensées parasites… L’âme abandonnée, la raison disparue. Il est en jaune parmi les noirs : toujours provocateur de l’esprit gothique, des victimes de tout un système. Mais personne n’est venu le voir pour briser sa quiétude, pas même les deux petites qui l’ont lorgnée de l’œil une bonne partie de la soirée. Ah oui… Un mâle trentenaire avec un peu de muscles ça attire la pupille des gamines. Aucun intérêt, leur blondeur transpire de leur regard. Impassible, il n’exprime rien. Il fait peur autour de lui par son absence d’émotions. Il est le rien.

Il enfile son vieux manteau et sort.

Il fait plutôt bon pour un mois de février. Il ferait presque chaud même. Le printemps s’annoncerait-il doux ? Il déambule au hasard des rues, en direction de l’hyper centre. Il est minuit. La bruine. Regardant son portable il constate un message. Tiens. Rare événement; il l’ouvre donc avec empressement. Elle. Merde. Ah oui… Il avait promis qu’il irait à son anniversaire. Il n’en a pas réellement envie. Revoir une ex qu’on aime, c’est se faire du mal. Non ? Si un peu quand même. De l’espoir ? Non juste sa belle paire de fesses. Pourtant il sait très bien qu’il ira, pour faire plaisir et parce qu’il tient toujours ses promesses. Il aimerait bien l’accompagner, … Au pieu. Et si… C’était l’inverse ? Ferait-il parti du cheptel de la belle ? Il sait qu’elle sera avec un autre, volage comme elle est : garder contact avec les éponges probables pour se faire du bien le moment venu. C’est tellement agréable de sentir la puissance de la contrainte sur le cœur d’un autre : le summum de la confiance et de la domination. Mais bon, s’il cessait de se mentir, il saurait qu’il n’aime pas. Qu’il n’a jamais aimé. Il est le rien. Ca lui tombe sur le casque comme une évidence. A outrepasser ses principes et croire en un hypothétique bonheur, il s’en oublie. Il est pareil. Il aime soumettre et contraindre, c’est pervers et malsain : ça l’énerve. Il n’aime pas, il domine. Au moins, lui, il en a conscience. Et Dieu qu’il aimerait changer son inconscient… Il répond donc un simple ok. Les messages automatiques pour inviter du monde, ça l’a toujours gonflé. Il remet son téléphone dans sa poche et continue. Il sait où il va aller : son antre. Accélérant le pas, il avance machinalement en direction de sa marotte. Ca va mal finir. D’ailleurs se souviendra-t-il de tout demain ? Avec quelques efforts oui, et ça fera mal. Très mal.

Il pousse la porte grinçante et entre dans son monde. Ca sent la sueur et le fauve. La chaleur ambiante, l’odeur de bière et d’élixirs médiévaux le saisit aux narines. Il adore ces instants. Dans cette atmosphère moite, où tout suinte le malte et le houblon, il se sent chez lui. Lorgne l’assemblée, il se dirige vers le bar, commande son litron et part s’asseoir à une table. Le destin forcera peut être une rencontre. Non… Décidément la fortune ne lui sourit pas. Les vicissitudes de la vie… C’est un pote qui prend la forme du Graal et qui lui tendra les dés… Bilan : Ca boira…

Il se souvient encore, chez lui, rampant entre vomi, toilettes et lit, en se disant « Elle… Elle et elle aussi… Ces connasses de somme de Elle… »

Son crâne bourdonne.

Il se rendort.

Le temps passe. Manger c’est, tricher. Vomir c’est, guérir. Mais Dieu que dormir c’est vraiment mourir… Ses paupières sont lourdes, il cède une nouvelle fois au sommeil. Quelle heure est-il ? Il tend son bras au hasard. Trois grammes dans chacun d’ailleurs. Le chat miaule, il a faim. Sa gueule bon Dieu !

Il se rendort.

Il rêve d’Elles. Les questions reviennent lentement ; son existence. A quoi sert-il ? Qui est-il ? Pourquoi ne parle-t-il pas ? Pourquoi est-il le rien ? Pourquoi écrit-il ? Les angoisses… Plus sa raison se fixe dans le réel, plus il a peur. Plus sa conscience revient, plus il se souvient. Pourtant l’alcool l’attaque, le ronge et dévore l’entendement. L’échec cuisant et surtout inconscient d’avoir ainsi agi pour se détruire. Certains boivent pour s’amuser. Certains sont alcooliques. Certains, simplement, pour oublier de manière inconsciente ce qui leur fait mal. L’étau sur sa gorge se ressert ; il se souvient de son adolescence, de son enfance. Dans un violent flot de souvenirs tout remonte à sa conscience. Dans un violent relent de son estomac, il régurgite les restes de sa bile noire.

Il se réveille.

Pose un pied par terre.

Il titube…
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Grendelor
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MessageSujet: Re: Un chat et son maître [II]   Mar 2 Mar - 13:08

Même s'il te sert d'exutoire, celui-là n'est pas un de ces vomissements, justement, dont tu nous fais la grâce parfois. Le texte est posé et clair, on y pénètre en douceur et on en ressort sans se sentir mal. Bien sûr, il offre des réflexions, qu'on le prenne pour un simple texte ou qu'on s'y penche parce qu'il est de toi et qu'à force de te lire on cherche à te cerner, à te comprendre.

Je crois que c'est un de tes derniers textes que je préfère, je le trouve fort, bien écrit, mais il ne met pas à terre comme tu sais nous y jeter. J'apprécie.

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The Fantasier

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MessageSujet: Re: Un chat et son maître [II]   Mar 2 Mar - 13:18

Hmmm... J'étais content de manger du chocolat en lisant, cette histoire à un goût de bile et de carton...J'aime le style, mais il ne m'aurait pas fallu plus long sans rebondissements. Les pensées et ruminations sont bien traitées, la vision de l'alcool aussi!
Ah, qu'est-ce qu'on ferait pas pour changer de monde parfois... A défaut de le changer, autant en changer! Mais ce n'est qu'illusion ma foi trop difficile à quitter... Toi tu as choisi l'écriture et l'alcool, moi c'est l'écriture et... Ca me regarde ^^!
Par contre, à mon avis, ton personnage est loin d'être loin de tous points de vue. Certes, vu de l'extérieur, il n'est qu'un espèce d'ours qui répond "ok" aux messages et qui boit comme une crevasse en soirée, mais pour qui parviendrait à percer plus loin, il reste un artiste plein de mots et de maux...(Et pour son chat, c'est un Dieu vivant, mais endormi et puant ;-))
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