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 Piano

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Haven
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MessageSujet: Piano   Lun 21 Jan - 3:48

Ou est-elle ? Elle n'en sait rien. Dans un immeuble aux murs d'un blanc immaculé, dépourvus de fenêtres. Géométrique, pourrait-on dire pour décrire ce qu'elle voit. Tout est carré, rectangle. Rien de fou, rien d'exubérant. Et des pièces, beaucoup de pièces. Toujours vides. Elle a beau les ouvrir toutes, il n'y a jamais rien d'autre que des murs blancs... Elle est à bout de souffle, car elle court. Pourquoi courir ? Même si elle ne le sait pas, elle cherche "Quelque chose" qui l'attire irrémédiablement. "Quelque chose" à quoi se rattacher, dans ce monde blanc. Encore une fin de couloir... Une dernière porte. "Quelque chose" est dedans, elle le sent. Alors, elle entre.

Ce "Quelque chose" est un piano à queue noir. Ce piano l'attirait à lui, ce piano qui la rapproche à la réalité. Elle s'assoit. Il y a des partitions sur le piano, elle les regarde, encore essoufflée. Elle n'est pas sûre. Cette musique lui semble étrange, mais pourtant si familière. Alors, elle commence à jouer, par curiosité peut-être. Ou alors parce qu'elle sait qu'elle doit jouer. Les premières notes commencent à résonner. Elles se heurtent aux murs, comme des oiseaux aux vitres, violemment, puis reviennent en échos, mourir aux pieds du piano. Elle, elle ne regarde plus les partitions. Elle le connait, cet air, sait d'instinct le jouer. Il lui revient depuis le plus profond de ses souvenirs, alors que les notes jaillissent maintenant du piano en fontaine sonore. Elle ne le regarde d'ailleurs plus, ce piano, ces touches. Elle pleure. Cette mélodie lui arrache des larmes. De joie ou de tristesse, même elle ne le sait pas. Deux larmes perlent aux coins de ses yeux et vont s'écraser sur les touches. Ses émotions se lient aux notes. La mélodie change, se transforme en un rayon de soleil lors d'un matin brumeux, en un "Je t'aime", collés tous les deux sous un parapluie, par une averse d'automne.

La mélodie berce cette jeune femme qui pleure ses émotions. Personne ne la voit. Personne, sauf moi. Ces notes, elle ne le sait pas, c'est moi qui les ai écrites. C'est aussi moi qui ai mis ce piano ici... J'ai même inventé ce monde de toute pièces pour elle, cette inconnue rencontrée dans le métro par un jour de pluie. Seule au milieu de la foule. Différente de la foule. Irradiant les gens de ses émotions, ces émotions qu'elle donne aux notes dans mes songes. Me touchant au coeur comme aucune autre inconnue ne le ferait.

Alors je pleure aussi. Je pleure parce que je ne la reverrai probablement jamais, parce qu'aucune autre personne dans ce monde ne serait capable de révéler ce qu'elle a révélé en moi et parce que personne ne jouera mes notes avec ces émotions la. Ces émotions qui coulent en filets, le long de ses joues et qui vont mourir sur sa robe.

Le disque s'arrête. Dans la pièce, un homme s'est endormi sur un lit, souriant. Il ne reste plus maintenant que la musique irrégulière de la pluie qui martèle contre la fenêtre, encore et encore pour tenir compagnie aux coeurs solitaires...


[HRP] Un texte que j'avais écrit à l'origine sur Aëringor. Je ne sais pas pourquoi, je préfère remettre celui-ci ici, plutôt que de mettre d'autres textes que je n'ai jamais fait lire (probablement le contexte dans lequel ce texte-ci s'inscrit). À la base, le dernier paragraphe n'existait pas, mais j'ai eu envie de le rajouter (À noter que la couleur change légèrement pour marquer le changement de narrateur.[/HRP]


Dernière édition par Corruption le Dim 18 Mai - 2:01, édité 1 fois
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Le Vagabond

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MessageSujet: Re: Piano   Jeu 24 Jan - 20:18

J'admets avoir eu besoin de 2 lectures pour tout saisir, mais j'espère désormais avoir tout compris, on va voir ça =)

Au premier abord assez intriguant, on se retrouve plongé dans d'inquiétants couloirs, déserts, blancs, éblouissants, effrayants... D'orée, la scène me fait penser à quelques scènes de Matrix Reloaded, au moment, entre autre, où le héros (Néo vous l'aurez reconnu) doit chercher un certain "Architecte" ... Mais je m'égare déjà ^^'. Bref, un cadre assez déroutant, qui n'est pas pour déplaire, tant il nous fait sortir d'un cadre plus traditionnel. Pis là dedans, une demoiselle, que l'on devine très charmante, attirée par "Quelque chose", la curiosité ? Pas sûr. Là on est un peu comme quand on va voir Alice tomber dans le terrier du Lapin, elle est irrésistiblement happée par une force qui lui échappe totalement. Elle finit par entrer, et tombe sur l'objet de son désir ? Ou plutôt l'objet l'entraînant ici : un piano.

Là, on nage en plein surréalisme, au premier abord, voilà le commentaire bornée et purement expressif que j'aurai (que j'ai aussi ^^) pu me lancer. Dur de dire autre chose d'ailleurs. Le narrateur va alors peu à peu se livrer, en même temps qu'il va livrer les émotions de la jeune fille. S'il décrit les différentes évolutions de l'état émotionnel de la fille, il commence par la même occasion à trahir lui aussi les sentiments qu'il éprouve pour cette dernière (Me trompe-je ?). Le troisième confirme cette impression déjà présente, et apothéose, quatrième paragraphe, où le narrateur prend carrément les devants, et là il part en live (si je puis me permettre) et laissant libre court à son flot, quelque part à lui aussi assez irrésistible, d'émotions.
Le dernier paragraphe, que je nommerai " la cassure " rompt totalement le rythme précédent. Le narrateur change, pour un bien plus distant, bien plus neutre aussi, que l'on va qualifier d'omniscient. Là enfin, on comprend que tout ce que nous avons lu, n'était que la création de l'inconscient, plus ou moins conscient d'ailleurs, d'un homme en train de dormir. Là, notre surréalisme s'éclaire d'un jour nouveau...

Le fond, que tu retranscris d'une bien belle et douce façon, est assez personnel je présume, ou du moins paraît comme tel...
La forme elle n'est pas mauvaise : il y a bien quelques fautes, mais assez peu dans l'ensemble. Les métaphores sont douces, bien que parfois un peu classiques (des émotions comparées à des larmes par exemple) mais ça reste tout de même fort agréable à suivre. Les phrases sont assez courtes, ça saccade un peu le rythme à mon sens. On ne se sent pas littéralement bercé par une émotion, le "." arrive un peu trop rapidement pour que l'on puisse s'envoler dans ce monde étrange... On est trop rapidement "cloué" au sol, ou peut-être pointé au sol pour être plus exact. C'est un de mes petits regrets concernant ce texte qui n'en demeure pas moins très doux à lire, bien qu'un poil déroutant (surtout au début, car on voit mal où tu veux en venir).

Belle expérience Clin d\'Oeil
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Cassiopée
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MessageSujet: Re: Piano   Dim 18 Mai - 2:30

Ce texte est un tableau. un beau tableau mobile et sonore. Une belle luminosité se dégage de ce tableau, sans soute dûe aux murs blancs. C'est un tableau mélancolique. On imagine le rêveur, pleurant doucement, un jour de vague à l'âme.
Mon seul regret est sans doute le manque de fluidité de certaines phrases, dû à la répétition fréquente de "elle" ou de "alors" ou d'autre chose que je ne ppeux pas définir.

Mais je reviendrai voir ce tableau.^^

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MessageSujet: Re: Piano   

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