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 Détruire.

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Tr0n

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MessageSujet: Détruire.   Jeu 29 Juil - 11:30

Les durs présages du temps et des adages, cette angoissante obsession, cet exaspérant pressentiment, cette anxiété, cette crainte qui se meut en frayeur et ne provoque que colère. Solitaire, en paix avec son âme, il sent pourtant ce sentiment l’envahir et s’imposer. Son cœur exige la passion, la souffrance et l’amoralité. Lui si droit, si moral, si strict d’apparence, devient parfois la complaisance des pêchés capitaux. Cette étrange frontière fine qu’il transgresse, met en exergue ces centaines de choix qu’il pourrait faire. Malgré ses doutes, sa vertu, cet incandescent chaudron brûle son âme des désirs interdits : le point de départ de son amertume et de ses vagues à l’âme, l’incapacité à franchir ce Styx conscient de la raison et de la logique. Il s’y baigne, surnage mais jamais n’en sort, suivant le chemin des morts. Oui, son cœur est de pierre, il est, mort. Il se complaît dans sa Vanagloria, la volonté d’obtenir la considération de ceux qui l’entourent. Il plonge dans l’Acedia, cette torpeur spirituelle qui le replie sur lui-même. De la négligence à l’indifférence, du chagrin à l’ennui, il s’oublie, perd le sens de sa propre vie scientifisée, rongé par ces vagues à l’âme presque parnassiens. Il succombe à Gula en savourant les plaisirs de la bonne chaire et du bon vin. Avaritia est son plus proche confident ; il chuchote à son oreille avec son frère Superbia et toujours leurs relations finissent par se résoudre dans les hautes tours d’Ira. Son cœur flanche sous les défauts d’un Satan. A tous il cède. A tous ? A tous… Non… Non… Fornicatio… Fornicatio est le seul qui depuis son plus jeune âge s’exprime en son cœur mais ne franchit pas sa raison. Il en rêve des nuits durant, des lunes montant, des soleils descendants. Mais jamais, jamais sa raison ne lui a permis de terminer son apprentissage vers le domaine des démons. Jamais… Aujourd’hui sa raison s’effrite, les murs se fissurent, malade. Sa raison est atteinte d’une affliction cancéreuse. La tumeur fissure tous les murs jusqu’au jour où, méprisable, il détruira à son tour les forteresses d’Autrui pour satisfaire ce plaisir démoniaque de se nourrir de la souffrance et de la complaisance. Il excelle dans la dérision. Il est un as pour saoulerie de ces alcools de comptoir ses amis. Il supplie de voir son épouse se faire posséder par un autre sous ses yeux ; il aime voir la colère et les combats à mort, il rit de voir les hommes s’étriper. Tout le monde ne voit que sa raison, mais son cœur est réellement d’une noirceur qui ferait pâlir la pire lie de l’humanité.

C’est ainsi souvent qu’en constant la perfection de notre raison, nous voyons la plus totale imperfection de notre cœur. Voyez moi tel que je suis en mon sein et non tel que je suis dans cette société codifiée qui par l’éducation m’a imposée sa raison. Mon cœur est celui des pires hommes que la Terre ait connu. Mon cœur s’il parle pourrait détruire. Il ne veut pas parler. Mais bientôt il parlera, à l’aube de ma propre mort. Bientôt…
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Green Partizan
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MessageSujet: Re: Détruire.   Jeu 29 Juil - 13:25

Un texte bien noir, souligné d'une parfaite maîtrise du champ lexical des différents champs lexicaux liés à cette noirceur.
La réflexion est plutôt bien menée, puisqu'elle se laisse découvrir peu à peu sans savoir vraiment au début ce que l'on trouvera à la fin. En fait le fond du texte pourrait quelque part être résumé en quelques phrases, mais le texte lui-même repose sur un style riche et efficace, et des images très bien construites.
Tout cela est empreint d'une grande lucidité sur l'enfer que peut représenter le cloisonnement dans la société.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Détruire.   Jeu 29 Juil - 14:27

On reconnait les thèmes chers à l'auteur une nouvelle fois, mais je dois avouer que cette fois-ci j'ai trouvé la rédaction bien plus posée. Les constats de rage et de désespoirs n'y sont pas crachés comme souvent, au contraire il y a une construction stratifiée à l'image des girons de l'enfer. L'exploitation originale des pêchés capitaux ajoute à cette ordonnance de la destruction.

Par contre, j'ai trouvé que ça faisait beaucoup pour un seul homme toutes ces promeses de vices et ces abysses de noirceur. C'ets à mon avis un peu trop appuyé pour ne pas tomber dans la caricature.

Il y a également quelques tournures qui ne m'ont pas convaincues :

Citation :
Aujourd’hui sa raison s’effrite, les murs se fissurent, malade. Sa raison est atteinte d’une affliction cancéreuse. La tumeur fissure tous les murs jusqu’au jour où...
ça fait pas beaucoup de fissures, si proches ?

Citation :
Il est un as pour saoulerie de ces alcools de comptoir ses amis.
j'ai du mal avec cette syntaxe (ou alors c'est que le fonds l'a emporté sur la forme dans une figuration de l'hébriété... mais dans ce cas ça jure avec le reste du texte)
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Tr0n

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MessageSujet: Re: Détruire.   Lun 30 Aoû - 0:36

Non c'est à chier, voir proche de la pourriture infecte, nullissime. Les tournures sont celles d'un cerveau trop compliqué qui fait de la merde en barre alors qu'il pourrait focaliser son talent sur quelque chose de bien plus productif, bien meilleur et bien plus proche de la perfection qu'il cherche. Il manque des mots, des phrases sont mal agencés, la précision est trop absente, et le dénigrement a la limite de la suffisance d'un ado prépubère en mal de vivre qui se déguise en vieil émo cadavérique (que j'adore conchier au passage). Mais tout serait presque inconsciemment volontaire. La douleur me fait écrire alors je l'invente, la souffrance me fait grandir alors je la vie, l'humaine déchetterie m'attire alors je la poursuis. Mes mots n'ont pas la portée de ce que je souhaite exprimer, de ce que mes yeux voient, de ce que mes mains font et de ce que mon cerveau parfois mesquin peut révéler. Un vieux Rimbaud qui n'ose pas traverser le Styx par peur de voir ce qu'il y a derrière. Mais bon. A quoi bon, si trois tournures vous séduisent, elles ne me satisfont pas le moins du monde, elles sont mauvaises et il manque tout ce pourquoi j'ai écrit ce texte.

En quarante haines.

La chaleur, oppressante. Le bruit du vide se répand. J’ai chaud. Trop chaud.

A ma gauche, la brune est belle. A ma droite, la blonde est mièvre. Elles sont seules. Elles se plaignent de leurs histoires. J’écoute. Je m’intéresse. Mais à vous dire, je n’ai pas envi de parler, de leur parler. C’est ainsi le temps. C’est ainsi la vie. Qu’importe ce que nous disons, la discussion n’a d’intérêt que le rien qu’elle dégage. C’est laid. Cette pupille qui m’attrape. On rit, on boit, on mange. A l’unisson, nous chantons ces vieux morceaux des années quatre vingt. Nous sommes désormais vieux. Vieux et las de voir et revoir les mêmes scènes de vie. Elle essaie de m’attirer l’œil en se remontant sans cesse son décolleté. Quelle importance… Des seins, oui… Ce ne sont que de simples seins aussi galbes et fermes soient-ils. Quelle importance…

C’était, il y a déjà vingt ans. Vingt ans que nous nous connaissons. En cette soirée, lui, il a fait son choix. Il a dit oui et désormais, il est lié. En cette soirée, j’ai envie de m’évader. Rien ne me touche, rien ne me blesse, jamais je ne souffre. Je ne parle que peu, convenances obligent. Elles sont ravissantes, se déhanchent sur la piste, certaines ne rentreront pas seules. Mes amis les lorgnent, séduisent et tentent leur chance. Je m’amuse, je vois, j’entends, je discute. Certaines sont intéressantes, d’autres moins. Elle revient d’Australie, quelle chance. Quelle différence ? Aucune en réalité. Et elle là ? Etudes de droit du côté de Toulouse, sublime. Allusions salaces. Illusions stupides. Aussi intelligentes soient-elle... Je n’ai pas besoin de la tendresse d’un baiser, ni de la douceur d’un corps pour la nuit. Va-t-en. Stupide et crédule, va donc séduire ceux qui n’attendent que ça, ils sont légions. Moi, jamais personne ne l’aura.

Il est 5 h 30.

Mes meilleurs amis de vingt ans. Les souvenirs qui reviennent. Le collège, le lycée, les promesses. En dix ans, nous nous sommes vus dix fois. Dix fois défoncés, éclatés comme des vieux à refaire le monde, indignité d’un dialogue de sourd et de comptoir. Il fait toujours chaud. Nuit noire. Et nous nous enfonçons dans le noir. L’abime est d’une beauté saisissante. Pied nu, en costume de soirée, j’avance, dans le sable, dans les ronces, au travers d’invisibles chemins qui mènent à la dune. Le temps passe, les bruits de la forêt se font l’écho de mes pas et de la lente agonie de mon cortex. J’ai trop bu. J’ai trop mal. L’épaule démise. Le vent se lève. La dune est à nos pieds. Nous montons l’apique. C’est long, calme et reposant. En haut, la tempête se lève, au loin l’orage gronde. Plus nous montons, plus le sable virevolte ; les vents sont forts. En haut. En haut, cet indescriptible paysage, la nuit noire, en haut les éclairs qui zèbrent le ciel, en bas le phare du Ferret, en bas quelques navires au travers des passes du bassin d’Arcachon. La ville dort loin au nord, au sud, les plages océanes de mon enfance. Des larmes du cœur. Tous ces souvenirs de ma jeunesse. Je n’ai pas changé. Je suis toujours le même. Pour ceux qui m’entourent, je suis un verbe au plus que parfait. Ils ont inventé un verbe d’action avec mon nom depuis vingt ans; je parais avec agilité. Et là haut, je pense, la larme à l’œil, rongé par le sel et l’air marin.

L’orage approche. Je conjugue à l’imparfait.

Je m’allonge. Nous nous allongeons. Le sable est imparfait, la femme aussi.

Demain je me réveillerais peut être moins con et plus sage.

Non demain, je vomirais, évidemment.


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