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 Der Musik ist das Opium des Volkes

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Green Partizan
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MessageSujet: Der Musik ist das Opium des Volkes   Ven 6 Aoû - 20:51

Comme pour Marx, la religion était l'opium du peuple, le XXIème siècle a vu l'émergence d'un nouvel "opium" dans lequel se noyer, s'illusionner, et oublier les chaînes du quotidien : La musique, ou plus exactement, le prêt-à-écouter.
Cette nouvelle drogue se manifeste sous de multiples aspects. Les pratiquants des siècles passés - pour ainsi dire, tout le monde - communiaient, se rendaient à la messe, accomplissaient des pèlerinages. Les consommateurs d'aujourd'hui vont en discothèque, en technival, achètent les albums de leurs nouveaux idoles pré-fabriqués. Les cardinaux, les évêques, qui décidaient à l'époque des rites que leurs fidèles devaient observer, ont cédé leur place aux maisons de disque, aux producteurs, qui cherchent la musique la plus facile à vendre, la plus susceptible de plaire, en deux mots : la plus simple, pauvre. Car les gens n'ont plus le temps d'écouter, d'apprécier une musique. Ils n'ont de cesse de s'acquitter de la tâche qui leur incombe et d'amasser les capitaux, capitaux qu'ils dépenseront presque immédiatement dans leur quasi-intégralité, se gardant docilement enchaînés à leur métier, leur source de revenus. Car comme dit l'adage populaire, Time is money, le temps c'est de l'argent. Et pour oublier cette fatalité qui n'en est pas une, ils préfèrent se noyer dans la fête. La saturday night fever a gagné tout le monde. Les êtres, souvent bien alcoolisés, s'agitent jusqu'au bout de la nuit, oubliant l'espace d'un moment, à travers les substances grisantes et les basses assommantes, qu'ils sont les esclave d'un système dont ils favorisent la subsistance en actionnant ses rouages avec soumission. Plus de révolte, plus de contestation, puisque chaque soir de fin de semaine, tout cela peut être mis de côté. On boit, on fume, on sniffe, on se pique. On remue des hanches, dans l'oubli total de soi-même, sur une pseudo-mélodie dont il ne subsiste que les sons les plus graves, effaçant toute trace de travail, de perfectionnement de la musique, pour ne laisser qu'une abondance de bruits sans intérêt, de bile sonore. Les moutons broutent l'herbe du pré dans lequel on les parque, sans même plus se demander si cette herbe est plus verte chez le voisin. Et dès le lundi matin, seront de retour au travail les fourmis ouvrières, ayant oublié leur individualité, ne pensant plus qu'au samedi suivant, où elles pourront à nouveau être des cigales chantant et dansant un court été. le sacro-saint week-end, hypocrite et fallacieuse compensation que l'on jette au bas peuple, comme miettes d'un repas, pour le maintenir en esclavage permanent. Par la maîtrise de l'art musicale, et sa substitution par une pâle copie dépourvue de sens, ersatz bon marché et vendeur, les grands ont soumis les petits, qui se régalent pitoyablement de leur condition. Par la drogue et l'oubli qu'elle génère, ils les ont coupé de leur conscience, de leur humanité, et de toute réalité objective. Et les maîtres ne peuvent que se repaître de la satisfaction et de la fidélité que leur témoignent leurs sujets. La vie est tellement plus simple lorsque l'on ne choisit pas. Alors on se drogue, alors on oublie.

Alors on danse.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Der Musik ist das Opium des Volkes   Sam 7 Aoû - 15:40

réflexion intéressante, bien que je regrette un peu que le choix de la musique comme point de repère, ne soit qu'un prétexte ; elle pourrait très bien être remplacée de la même façon par d'autres thèmes (télévision, consumérisme, internet et "réseaux sociaux", publicité, peoplisation des massmedia, littérature de supermarché...).

Mais les quelques tournures bien senties que tu égrènes tout au long de la rédaction, lui donne cette patte très "greenienne" que j'apprécie tant : toujours entre dénonciation désabusée et verve acerbe.

Ca reste tout de même un peu à sens unique tout ça, mais comme je le dis souvent, je préfère un avis bien tranché avec des arguments personnels, plutôt que l'acquiescement ovin généralisé.



Et au fait, en 2010 c'est plutot l'opium qui est la religion du peuple, non ?
(un ptit rail pour faire passer ta mdma ? )
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Innomable

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MessageSujet: Re: Der Musik ist das Opium des Volkes   Sam 7 Aoû - 17:31

J'ai bien apprécié ce petit essai intellectuel.

Il y a dans ce texte une approche théorique du processus d'éclatement de l'individualité. Celle-ci balayée, ne reste plus qu'une fonction, fonction qui dans notre société se partage en deux pôles : citoyens et étrangers. Les premiers s'inquiètent, travaillent, dénoncent, les étrangers eux, survivent. Il est important de comprendre que cette catégorie n'inclue à priori aucune forme de détermination par nationalité. L'immigré fraichement papérisé qui vote FN pour ne pas "être assimilé", c'est un citoyen.
Bref, lire de la sf pour plus d'informations.

Ta conclusion me questionne un peu plus, parce que là, je ne suis plus certain d'approuver. Le terme "danser" est il à lire sous un éclairage Nietzschéen ("ne marche pas, danse") ou simplement comme tu l'as dit plus haut dans ton texte, comme un balancement physique inconscient ? Je suppose que c'est bien cette deuxième possibilité qu'il faut retenir, mais je pose la question malgré tout, comme ça, parce que l'on est samedi après-midi.

Enfin, pour connaitre pas mal de musiciens, le problème est exactement celui que tu dénonces, mais peut être à un niveau un peu supérieur. Les hommes producteurs ne maitrisent en rien ce processus, ils le subissent, notamment parce qu'en fait, très peu sont formés en musique. Ce qui me gène un peu dans ton texte, c'est qu'on peut trop facilement l'éluder en te disant consiparato-craintif. En effet, tu sembles dire que quelqu'un quelque part, tire dans l'ombre les ficelles du monde. Ca passe pas.
D'où : le pouvoir ne se contrôle pas, il s'exerce. C'est une conclusion comme cela qui, je pense, aurait ouvert ton texte et l'aurais rendu plus percutant.

Et pour finir une dernière fois, tu parles de bruits sans intérêt, mais malheureusement, il en est, des bruits, d'un intérêt musical impressionnant. Là aussi, comme le dit dvb, il manque un peu de souplesse argumentative. (mais on sait aussi qu'il faut savoir mettre un point final à une argumentation, sinon, on s'en sort pas)

D'ailleurs.
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Green Partizan
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MessageSujet: Re: Der Musik ist das Opium des Volkes   Ven 13 Aoû - 11:28

dvb a écrit:
réflexion intéressante, bien que je regrette un peu que le choix de la musique comme point de repère, ne soit qu'un prétexte ; elle pourrait très bien être remplacée de la même façon par d'autres thèmes (télévision, consumérisme, internet et "réseaux sociaux", publicité, peoplisation des massmedia, littérature de supermarché...).
J'aurais pu avoir un argumentaire plus varié, c'est vrai, mais je serais alors parti dans un peu toutes les directions, au détriment de l'argumentation, et puis ça aurait fait un texte super long pour tout développer un temps soit peu ^^.

Deyveybey a écrit:
Et au fait, en 2010 c'est plutot l'opium qui est la religion du peuple, non ?
(un ptit rail pour faire passer ta mdma ? )
Très subtile en effet ^^.

Innomable a écrit:
Ta conclusion me questionne un peu plus, parce que là, je ne suis plus certain d'approuver. Le terme "danser" est il à lire sous un éclairage Nietzschéen ("ne marche pas, danse") ou simplement comme tu l'as dit plus haut dans ton texte, comme un balancement physique inconscient ? Je suppose que c'est bien cette deuxième possibilité qu'il faut retenir, mais je pose la question malgré tout, comme ça, parce que l'on est samedi après-midi.
Deuxième solution Clin d\'Oeil . En fait c'était un clin d'oeil à ce "tube" actuel dont je trouve la justesse désarmante, bien qu'elle soit sans doute tout à fait inconsciente et involontaire de la part de l'auteur.

Innomable a écrit:
Et pour finir une dernière fois, tu parles de bruits sans intérêt, mais malheureusement, il en est, des bruits, d'un intérêt musical impressionnant. Là aussi, comme le dit dvb, il manque un peu de souplesse argumentative.
Oui et non. Il faut voir que je dénonce un style particulier de musique, qu'on pourrait qualifier de "full bass". Evidemment, il y a tout un tas de pistes de musique électronique (puisque c'est bien celle-là dont il est question) qui sont tout à fait valable voire même très riche musicalement.

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