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 De Mémoire d'Homme

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Sanz
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MessageSujet: De Mémoire d'Homme   Mer 1 Sep - 18:37

Carnet III

L’homme prévoit, Dieu rit.


Voila une demi-heure que j’attends devant une chapelle égarée sur les hauteurs d’une colline, perdue au fond de plus de cinq lieues de forêts obscures, plantées d’arbres tordus aux branches pointant des doigts sombres et racornis , et qui recouvrent le ciel comme une pensée bizarre et irrégulière. Le bâtiment lui-même semble s’enfoncer sous les lierres et autres arbustes grimpants jusqu’à donner l’impression d’un vaste mélange de pierre et de nature oubliée depuis cent ans, plus qu’à la sainte demeure bien rangée de l’abbé Tardieu. Sous un temps froid et pluvieux, j’entends le clocher égrener son cantique métallique. En fixant les nuages, je me souviens de la postière du village voisin qui est à deux lieues d’ici. Il paraît que Dieu parle en ce moment, qu’elle disait d’un air profond et inquiet. Dieu parle sous la pluie. Mon regard se dirige vers la grande horloge. Dix-sept heure trente. Le temps est aussi régulier qu’une goutte d’eau, mais il ne vous trempe pas jusqu’à l’os. Tout en pensant, j’observe du haut de l’escalier qui mène vers l’église sa haute façade encadrée par deux tours chacune agrémentée d’une flèche gothique. Sous les chapiteaux des tours se tiennent des figures étranges, évocatrices d’autres temps et d’autres visions : celle d’un ange, ailes repliées, visage perdu dans l’ombre de son cocon de pierre. Je frisonne en respirant l’air humide, je n’ai jamais vraiment aimé ces bâtisses consacrées éloignées de tout, surtout quand je suis sensé attendre en me gelant les pognes avec pour voisin une gargouille au regard railleur et qui semble percer les rideaux d’eaux pour venir dévier son œil mauvais vers le bas de mon dos. Je grogne. Ne peut-elle pas s’occuper d’autre chose ?

En haut de l’escalier qui mène vers l’entrée, je m’assois sur un rebord envahi par la mousse. Et c’est à ce moment où je m’accorde une pause que j’entends un pas lourd et lent approcher sur le chemin menant vers les hauteurs. D’un regard je reconnais le Père sous son parapluie gris qui met une plombe pour arriver jusqu’à moi. Ses mains sales maculées de boues et d’autres matières dont la couleur flirte avec un rouge franchement écœurant s’agrippent à la canne comme s’il manquait de s’envoler à chaque mètre. Pourtant, il n’y aucun vent. En me relevant je l’accueille d’un salut poli tout en me promettant d’utiliser le bénitier pour me laver de cette étrange impureté suintant jusque dans les manches de sa soutane. Son sourire édenté répond à mon salut et tandis que je lui emboite le pas il s’exclame :

« Je ne vous attendais pas si tôt, mon Fils ! Il fallait entrer, vous allez prendre froid à rester ici. !»

Je lui réplique aimablement que la porte étant fermée à double tour j’ai du me résoudre à crever de froid devant sa sainte église, non sans rester vaguement surpris par l’assurance et la tranquillité qui émane de sa voix. Mon père, on ne vous aurait pas averti ? Dieu lui-même ne s’est pas couché près de vous et ne vous a-t-il pas soufflé quelque recommandation ? Peut être que Dieu est muet parfois.

A l’intérieure une étrange mélopée nous accueille. Les échos fugitifs d’un orgue résonnent dans le vestibule d’entrée et tandis que je me défais de ma veste j’essaie d’identifier le morceau. A la fois lent et rapide, à la fois triste et heureux, une gaieté muette ; un peu comme une confusion de mains qui cherche son rythme. La ton brusque de du prêtre met un terme à ma réflexion.

« Venez, venez ! »

Ma main droite se glisse dans mon dos alors que je le rejoins dans les rangs de chaise couvrant toute la nef centrale. Lui, le visage émacié d’une expression inquiétante presse mon pas. Une pensée insidieuse perturbe peu à peu ma conscience.

« Mon père, vous savez bien pourquoi je suis ici, je veux dire…

- Je le sais, mon fils, je le sais, ne vous inquiétez pas, faites grâce à Dieu ! N’est ce pas qu’il vous inspire ? crie-il avec force depuis le Transept

- Et bien, je pense ma foi qu’il serait plus prudent que nous fassions cela sans trop tarder, la messe est dans...

- Dans quinze minutes, cela nous suffit amplement, coupe t-il.

Je fixe sa joie brusque, son air insouciant, ses pas brouillons tout autour de l’autel. Où en suis-je ?

- Pressez vous, mon fils!"

Sous l’ordre j’avale les deniers rangs et me prenant soudainement par le bras il m’entraîne dans un escalier situé sous le regard tranquille d’un Jésus, contemplateur passionné d’autel et d’hosties. Les marches sont rigides et je manque de tomber, me retenant au Père qui les descend lentement, sa main tremblante accrochée à la maigre rampe qu’un étrange lichen humide a envahi, laissant sentir dans la descente des remugles d’air vicié. Arrivé au seuil d’une petite salle basse il se retourne vers moi, la respiration bruyante et le visage faiblement éclairé par un néon. Dans un temps fugitif ses yeux semblent allumés d’un feu qui s’accorde avec la mélodie inégale de l’orgue qu’on entend encore hésiter dans le fond de l’église, comme si, mû par l’étrange musique, son esprit alerte recevait l’inspiration pieuse. Je frissonne : comment peut-il être si serein face à ce qui l’attend ? C’est encore sa voix grave qui m’éveille de mes trop longues réflexions :

« - Je suis très certain qu’on ne vous a pas indiqué les raisons qui ont poussées ces messieurs à vous envoyer à moi. Je trouve cela fort dommage. Venir sans raison avec la simple démarche d’un commanditaire… .

Il fait une pause dans son discours, reprend son souffle puis poursuit par un ton plus caustique

« Vous avez foi n’est ce pas mon fils ?

Je ne peux que hocher de la tête tout en n’étant pas sur que ce signe peut être perceptible tant l’ombre est épaisse.

« Cela est bien. Vous savez.. Gardien de Dieu qu’on nous appelle parfois. Nous ne gardons pas toujours les pierres, ou peut être que cela vient-il des pierres ces choses là… . Les miracles de la Création… Dieu doit bien rire parfois de nous observer, effrayés, inconscients, probablement incapable d’apprécier de tels desseins »

La voix du Père devint de plus en plus lente, de plus en plus inquiétante. Il me vient une vague pensée qu’un état de folie peut expliquer les choix des très hauts sans être absolument convaincu. Bousculé par la reprise du cheminement dans des corridors étouffants qui paraissent sans fin, je cherche hâtivement dans ma tête un débouché logique à son improbable discours. Mais son attitude effrénée, ses murmures à peines audibles précédés par de grandes exclamations à chaque enfoncement du couloir finissent par mettre à mal ma pauvre conscience. Dans un geste qui se veut autoritaire j’arrête sa course en l’interpellant par une toquade à l’épaule. Il se retourne et gardant ce feu sauvage dans son regard m’écoute sans prêter attention visiblement à mon intervention.

« Je ne suis venu que pour vous tuer, mon Père, n’en faisons pas toute une histoire, ce serait tout de même un peu bête que de s’occuper de grands discours dans de pareilles moments »

Sa seule réponse accompagnée d’une mimique sordide doit probablement chercher à me rassurer. Mais son souffle rauque et les évocations qu’il instille dans sa réponse tendent facilement à fustiger son effort d’apaisement.

« A partir d’ici, j’ai creusé seul, c’est une ancienne porte murée dont les parois n’étaient pas très stables, cependant en faisant attention, il ne devrait pas y avoir de problème. Vous n’aurez qu’à bien me suivre sans vous appuyer sur les murs. C’est un vieux passage, les poutres de bois figurent encore l’encadrement du couloir. En fait cette église est bâtie sur de très vieux … »

A ce moment je n’écoute plus. Une seule pensée me vient. Je dois buter un vieux qui a passé toute sa longue vie à creuser la terre pour y entraîner des mômes de dix ans dessous la très sainte Demeure et qui cherche à justifier sa longue quête par…

« NE TOUCHEZ PAS AUX PAROIS MON FILS »

C’est l’estocade, l’ahurissement du bourreau, un coup bien net. Écoute le prieur, fiston, ou finis-le tout de suite, sans discuter, en mettant un terme à ton raisonnement de flicard des rues. En le regardant la lèvre tremblante, le doigt tendu vers moi, je prends acte de son sermon. Il ne faut jamais toucher, Petit, quand on vous dit qu’il ne faut pas. Sortant mon arme de mon dos, persuadé que si je ne mets pas un fin immédiate et sans sommation je vais finir enterré vivant dans un rêve de dingue en robe noire, une larme dévie ma funèbre décision :

« Attendez, attendez avant de faire votre travail, il faut bien que je vous montre. Après il viendra bien le temps de reprendre nos affaires. Mais laissez moi vous montrez, mon Fils. »

Le Fils voudrait bien comprendre pourquoi, à la vue de mon engin de fer, ton œil m’envoie une petite goutte d’eau qui se perd dans les commissures de tes yeux. Bon Dieu, pourquoi le faut-il maintenant ? Je baisse le canon, et mu par une idée censée justifier mon humanité désastreuse, je me rassure en évoquant l’éventuelle conséquence d’un tir d’arme à feu quand on vous a agréablement fait remarquer que le milieu n’est pas exactement des plus stables. Vas-y, fiston, emmure-toi ! Mu par cet esprit je reprends une attitude calme jusqu’à une seconde porte que le Père a un peu de mal à ouvrir. Il argumente ses premiers échecs en faisant remarquer que peu d’individus sont passés ici et que ceux qui sont rentrés ne sont pas forcément revenus. Étrangement, Tardieu aurait du mourir céans en ayant pénétré dans la petite pièce sombre et humide pour avoir éveillé en l’esprit de son interlocuteur une vaste série d’effroi brusque. Mais ce qui me retient, c’est la vision irréelle qui m’accueille quand je pénètre l’endroit : une vaste salle basse richement décorée, un sanctuaire où l’histoire s’écrit dans de grandes fresques auxquelles dans un premier temps je ne comprends absolument rien. Et tandis que j’observe les bas reliefs qui encadrent la pièce au bas des murs, la mélopée de l’orgue s’arrête, brusquement mêlée à la contemplation d’une vision au-delà de mon pauvre esprit de commis. Bordel, vous là-haut, vous ne m’aviez pas parlé de telles histoires ! Suivant lentement les reliefs, il se forme dans ma tête d’étranges mondes où l’homme devient soudain petit et miséreux. Le voilà dans le coin d’un angle, agenouillé devant un œil – était ce vraiment un œil cette étrange pupille d’ambre flamboyante où se reflètent autant qu’un miroir les pas endiablés de mon Père qui a décidé de piétiner la terre jusqu’à ne plus savoir marcher ? Ma main approche les dessins comme pour mieux lire, épousant ligne après ligne un destin funèbre. Voilà l’enfant né de cet œil de feu et qui grandit peu à peu, soulève son corps malade pour qu’il apprenne à marcher et, approchant l’homme, sent dans son dos crever des ailes. Puis, parce qu’il faut bien que cela serve, s’élance jusqu’en haut des flèches du Saint Père pour venir manger le cœur du prieur de je ne sais où. Mon cœur palpite tant que je me suis désintéressé du condamné occupé à observer quelque aspérité au sol, perdu dans un tas d’ossements de toute taille dont j’ignore la provenance. J’aurai pu longuement me bercer des rêves lointains d’un ange exterminateur de prêtre mais le cri brusque et les hurlements frénétiques d’un Père en transe gâchent considérablement ma concentration. Je l’envoie valdinguer contre un mur, profondément dérangé dans mon occupation avant de remarquer ses yeux globuleux fixer derrière mon dos une scène qui ne présage rien de très rassurant. Ce n’est plus un visage que je tiens devant moi mais une peau flétrie de rides et d’une grimace si horrible qu’elle évoque celle d’un damné en proie aux supplices les plus atroces. Lentement ma tête se tourne et mon bras qui tient le Tardieu contre la paroi se relâche.

« Putain c’est quoi ce… »

Je ne peux continuer plus avant. En face de moi c’est pire qu’un diner d’hérétiques, pire que la mort d’un sacristain crucifié sur l’autel même. Je me sens trembler et marmonner plus de prières que toute ma vie put en compter jusqu’à aujourd’hui. « Ce n’est pas humain » que je me répète tel un forcené après quelque messe rajoutée en bout de chandelle afin de mieux exorciser ma vision.

Devant moi, un pan de mur s’est décalé pour laisser place à un môme, à la peau si blanche que dans l’ombre c’en est presque aveuglant, tout son corps d’albinos baigne dans une marée de sang et de chair à moitié dévorée et des traînes sanglantes décorent son visage tel d’obscurs hiéroglyphes. Ses yeux sont plus bleus que le bleu qu’on voit traîner dans le beau temps, au-dedans sa pupille se contracte tellement en nous regardant qu’elle semble se fendre avant de se reformer à nouveau. Et, traînant au dessus de ses épaules, il y a…

« Vous avez peur d’en parler…Monsieur ? Ce ne sont que des ailes ? Elles sont belles n’est ce pas ? »

Le réel de ma petite vie agonise lentement tandis que je m’affaisse, vidé peu à peu comme siphonné par sa voix et l’étrange parole qu’il murmure. Sa voix d’ailleurs… grave et mystérieuse, elle vous transcende mieux que le plus endiablé des sermons. Je suis agenouillé, idiot, soumis. Il a parlé, mais ses lèvres sont restées closes. Je ne sens plus mes jambes. Il n’est pas humain mais je me demande encore ce qu’il est. Un Ange ? Les anges ne mangent pas ce que je crois pouvoir assimiler à un bras ou une jambe qu’il tient dans ses petites mains écarlates. Les anges ne descendent pas sur terres. Merde, qu’est ce je fous là, moi ? Je devais simplement…que devais-je faire donc ?

« Vous deviez le tuer, Monsieur. Il ne faut pas oublier. Reprenez votre arme, respirez doucement puis tirez, juste une fois, en plein front. Vous savez qu’il le faut bien, ce n’est pas vraiment vous qui le faites. Il le faut bien ».

Elle est drôle la bête : mon palpitant s’emballe et je souffle pour essayer de me calmer. J’ai pris mon canon dans ma main droite, je tends mon bras pendant que l’autre braille et hurle d’une joie incompressible saccadée d’un « Tuez moi ! Tuez moi ! Il a faim ! Tuez ! Je l’ai rêvé ! Il a tellement faim ! C’est mon tour ! Enfin, il me veut ! » que j’ai peine à comprendre, je sens la présence de l’étrange créature dans mon dos ; ses ailes s’appuient légèrement sur mes épaules comme s’il voulait m’enfermer à l’intérieur. Tout autour de moi des effluves d’encens mêlés à l’odeur des cadavres a demi bouffés saturent le peu de perceptions qu’il me reste. Pourtant, une seconde avant il était au fond de son trou, une seconde avant, je n’ai rien entendu, rien vu. Il faut que je tire, je veux bien, c’est ce que je devais faire, mais quand ? Ma volonté se liquéfie autant qu’un bleu face à son premier contrat.

« Maintenant, Monsieur »

***


Je fixe mon revolver. Il est posé sur le bureau, une unique balle disposée à côté. Ma main tremble et j’ai un mal de chien de terminer mon rapport. Pourquoi est ce que je me souviens tant de tout, avec autant de précision ? Deux heures pour le taper à la machine, avec l’œil fixé sur la porte d’entrée. Le bruit mécanique du clavier résonne autant que toutes les heures d’une vie qu’on accélère jusqu’à la rupture. Une seconde je me demande, les mains en suspension, comment il pourrait faire pour arriver dans un appartement fermé à double tour. Ma conscience malade échafaude de complexes histoires où un môme de dix années à peine saurait crocheter une porte, lire des boites aux lettres, retrouver un nom et pénétrer dans le salon sans émettre aucun bruit ; un gamin avec des ailes plus grandes que lui. Et merde, comment pourrait-il me retrouver ? C’est un air froid et mordant passant dans mon cou tandis que je délire qui me souvient de méthodes plus simplistes.

« Pensez vous que les ailes ne servent pas, Monsieur ? »

Je plonge sur l’arme, me retourne brusquement et vise la voix qui est montée dans l’ombre de la fenêtre grande ouverte. Le clic résonne dans la salle en même temps qu’Il reprend lentement.

« La balle dans le barillet, c’est mieux. Mais vous n’avez pas fini. Il vous reste une minute. »

Je repose le flingue tout en me murmurant « Je sais. ». Je n’ai pas fini de raconter. Mes mains se rejoignent sur la machine et reprennent lentement leur vocation. Je n’ai peut-être compris qu’une seule chose quand alors les yeux fermés je ne pouvais m’empêcher de décorer le sol d’une pièce humide d’un vomi désagréable en entendant le craquement des membres du Père Tardieu juste à coté de moi : l’Histoire s’écrit au Présent. Elle se répète inlassablement sur sa bobine, dans les murs moisis d’une chapelle enterrée et même au-delà. Il n’y a jamais eu rien d’autre qu’aujourd’hui. Et tandis que nous échafaudons d’invraisemblables desseins, il y a cet ange qui rit tout en déchirant la chair de ceux qui croisent maladroitement la voix du Destin. Un moment je reste songeur à me demander pourquoi je n’ai pas buté ce vieux d’un coup sec sans écouter ce qu’un pauvre larbin du Christ pouvait me raconter sur sa vie délirante. Quand suis-je donc devenu cinglé ? A quel instant ai-je perdu ma raison ? A l’appel de mon devoir attendu, ou bien avant sous l’œil mauvais d’une gargouille trempée ? En le voyant, l’Ange dévoreur ou en l’ayant vu ? Je place la balle dans son logement en même temps que je place mes derniers mots. L’aiguille de l’horloge au mur sonne trop fort. Elle résonne du cri lointain d’un orgue qui aurait recommencé à jouer.

« Il faut placer l’arme sur votre front, n’abimez pas le reste ».

Je te verrai bien écrire encore et faire ce que tu me demandes de faire. L’acier colle parfaitement ma peau. Dis moi quand seulement. J’ai toujours fait ce qu’on me demandait, sans faillir. Ne t’inquiète pas pour ça. Répond moi seulement. Pourquoi ? Pourquoi le fais-je ?

« Ce n’est pas vous qui vous tuez. »

Pourquoi ont-ils voulu ta mort vieux prêtre ? Pour avoir voulu sortir de terre une horreur blanche ? Je ris nerveusement. Il faut continuer de croire en Dieu, c’est pour lui tout cela. Malgré tout, j’ai fais mon boulot, je n’ai pas plié. Qui d’autre rit avec moi ? Quand est-ce que je mets ce foutu point final ?

« Maintenant. »

Amen.

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Teclis
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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Mer 1 Sep - 20:06

Une nouvelle très brillante qui passe d'un sordide récit de meurtre -dénonçant des faits d'actualité- à une histoire fantastique des plus réussies.
C'est toujours un plaisir de te lire Sanz en dehors des confréries.

Tout est rondement bien mené, l'atmosphère oppressante, l'ambiance morose. Des indices mettent néanmoins le lecteur sur la voie de se demander si le prêtre n'est pas possédé dès son arrivée (l'étrange liquide qui suinte de son corps).

"L'homme prévoit, Dieux rit". C'est joli. Une dénonciation ici de l'inanité des efforts humains face au divin, ou à ce que d'autres appellent "destin". Néanmoins, je crois que le thème aurait pu être encore mieux exploité, bien que ta nouvelle soit très jolie : peut-être en y incorporant aucun élément fantastique particulier. Car alors l'homme n'aurait eu faire qu'à l'homme, et l'unique chose qui l'aurait dépassé se serait restreinte à quatre syllabes : fa-ta-li-té.

Quel que soit l'avis qu'on peut se faire sur la question, j'ai pris plaisir à te lire.


Dernière édition par Teclis le Ven 3 Sep - 15:25, édité 1 fois
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Sanz
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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Mer 1 Sep - 20:15

Le Fantastique est une nécessité dans le texte. Il est ici posté comme une nouvelle attachée à celle d'Ailllas dans sa thématique parce que c'en est son origine ; cependant elle est aussi intégrée dans une série de carnets évoquant le BG en cours d'écritures de Sanz.

En quelque sorte c'est un texte en avant-première qui remplit son rôle initial d'être aux côté de celui du nominé Dictateur Seducteur tout en ouvrant la voie dans une autre rubrique très prochainement.

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Cordelia Melicerte

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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Mer 1 Sep - 20:21

Quelques phrases un peu trop longues à mon goût, mais autrement c'est un vrai délice. Poignant. (et ça suffira comme commentaire !)

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Teclis
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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Mer 1 Sep - 21:15

Soit Sanz,

je voulais juste mettre en avant le fait que, en s'aventurant dans ce genre de récit, faire planer le doute est toujours une délicieuse torture pour le lecteur.
Et justement, l'horreur n'est jamais plus horrible que lorsqu'elle est toute et seulement humaine ; qu'elle ne nait que des méandres embrumés de la folie et de la déraison. Ajouter une entité surnaturelle à une histoire sombre, peut parfois "soulager" le lecteur. En effet, il est rassuré de savoir que seule "autre chose" est la source d'abominables actes ou faits. Le monde devient plus simple, soumis à des principes vaguement manichéens.

Vos deux textes sont très bien. Si le soucis scénaristique nécessitait cet ajout, je le comprend et le loue tout à fait. Ce n'est qu'un point de vue tout personnel que je me permettais, en tant que commentateur, d'émettre.
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Green Partizan
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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Dim 5 Sep - 2:52

Demain, promis, je commente !



Quand vous entendrez un bruit étrange, jetez vous à terre.

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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Mar 3 Mai - 13:17

Personnellement, j'ai franchement eu du mal. On sent l'indicible, la folie qui ronge l'esprit du héros, et j'ai bien eu l'impression que tu retranscrivais cela dans le texte. Mais des passages sont comme le dit cordelia un peu trop longs, et d'autres beaucoup trop obscurs pour moi (peut être est ce voulu remarque...).

J'ai une vision vague à partir du moment où il se retrouve dans la crypte. Et après avoir tout juste lu "hawfield" d'Aillas, je passe d'une explication claire d'un agent de police à celle d'une sorte de tueur à gage (je crois...) beaucoup trop confuse pour moi.

Deux trois coquilles repérées ne facilitent pas la lecture : "Je sens mon (coeur) palpitant" par exemple qui m'ont fait me demander si la difficulté de visualisation et de compréhension étaient voulues où si c'était par inadvertance.

Un peu à regrets donc que je ne puisse qualifier ce texte de "poignant". Mais après tout, des textes estampillés lovecraft ne sont pas sensés être parfaitement compris et maîtrisés du lecteur, j'imagine...

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Sanz
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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Mar 3 Mai - 13:55

Ben comme expliqué , ce sont des carnets. Donc il y a des références qui peuvent passer à trappe et rendre confus certains passages. Mais au final la cohérence se tient toute seule aussi. Je l'ai posté en premier lieu parce qu'il a été écrit avec le concours d'Aillas et en deuxième lieu parce que c'était aussi un exercice d'ambiance intéressant dans la mesure ou les descriptions se basent sur des photos de Cassiopée qu'elle m'a gentiment prêtée.

Pour l'expression que tu as relevé ( mon palpitant), c'est une expression usuelle elliptique correspondant au langage emprunté par le "tueur a gage" ainsi qu'une insuffisance syntaxique plus conceptuelle ( réduction du langage face à l'indicible, texte à la première personne etc...). Donc ce n'est effectivement pas une erreur, mais un parti pris.

Quand à être compris et maitrisé par le lecteur, tu auras peut appris depuis que tu me connais un peu que la majorité de mes textes ne sont pas fait pour être maitrisé de prime abord, et l'univers Lowecraft suppose en effet une marge plus ou moins souple d'ésotérisme.

Merci tout de même d'être revenu sur ce texte, c'est gentil. A l'avenir il sortira sûrement 2 autres carnets que je rassemblerai et rendront moins abscons celui là.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Mar 3 Mai - 20:36

Un "palpitant" c'est un peu comme une "toquante" (montre) ou une "lourde" (porte) en somme. Il n'y avait là aucune coquille ou inadvertance (juste un manque de vocabulaire de la part du lecteur XD !). Ce sont des expressions admises et très répandues.

Dis ! si ça vient de photos... tu pourrais nous les montrer pour ajouter cette autre dimension de ton texte (l'inspiration et l'interprétation des images) ?

Les autres carnets seront-ils lovecraftiens également ?
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MessageSujet: Re: De Mémoire d'Homme   Sam 24 Sep - 22:22

Désolé, pas vu, ton commentaire en fait.

Les deux autres carnets ont des inspirations lovecraftiennes mais de façon plus lointaines. Certains passages en sont fortement empreints comme d'autres relèves de méthodes plus étrangères à celle empruntée ici. Les photos, si Cassi les retrouvent, je les mettrai en ligne pour "décorer" le texte.

Je travaille les textes en ce moment même, ca prendra sûrement du temps à être publié. Le temps d'être satisfait en somme.

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