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 L'hymne d'une vie qui se relève.

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MessageSujet: L'hymne d'une vie qui se relève.   Mar 29 Jan - 1:16

Texte écris mi-novembre 2007.


Un rayon de lumière,
Une percée aux ombres,
Un éclat de désir,
Quelques danses du monde.




Voici presque deux ans (ou peut-être un peu moins, ou peut-être un peu plus : le temps paraît si long), que je reste assis, sans bouger, sans parler, les sabres au fourreau. Oui, les sabres au fourreau, j’ai grandis et compris que le sang n’est vraiment, mais vraiment pas fait pour jaillir. Et voici venu la fin du temps de mes combats, voici venu la fin des temps de mes larmes, voici venu le moment où je dois me lever et embrasser mon destin. De quel destin s’agit-il, je n’en sais rien et ce serait moins excitant si j’en savais un peu.

J’ai longtemps tapé sur une porte close, obstinément close, et alors, que m’importe ? Maintenant, je ne tape plus, je ne taperais plus jamais sur aucune porte, je me laisserais porter par le cœur des gens. Je suis debout maintenant, que dois-je donc faire, du haut de ma stature au regard éclairé qui a tant foudroyé et qui a tant brisé d’un mépris, d’un dédain, d’une suffisance… adolescence…Je resterais là, calme et muet, souriant et écoutant le bruit de l’eau, les chants des hommes, la course du ciel au dessus de mes pas. Dois-je repartir en vagabond sur les routes ?

Oh, comme je parais perdu, après de si longs mois se succédant sans fin, à rester sur ma branche et à dominer tout, et à dominer tout pour mieux ne rien aimer. Voici que je fais quelques pas, m’approche de cet arbre, de ce grand cerisier à la majesté sans conteste. Je pose mon front sur son écorce, je lui murmure quelques mots et je m’accroupis à ses pieds pour en creuser la terre. Au loin, quelques cornemuses, quelques violons, quelques accords de musique encouragent mon hymne, l’hymne d’un espoir nouveau qui se lève dans mon cœur, comme lève le soleil la lumière sur la nuit.

Un soupir, l’arbre ? Moi ? Les deux à la fois ? Je m’amuse : il sait que je m’en vais, il sait que j’arrête de refuser d’embrasser l’être humain que je suis. Je crois qu’il s’était habitué à ma compagnie, et peut être même qu’il m’aimait, à sa manière. Il comprendra : je suis un homme, un être humain et quoique j’en ai dis, quoique j’en ai pensé, j’ai trop besoin des miens. Je reviendrais le voir, bien entendu, un peu comme un autel à cette longue période où j’ai du traverser le désert de ma tête pour en vaincre enfin l’aridité tenace et la sècheresse cruelle. Oui, je reviendrais le voir. Mais pour l’heure j’enterre ces deux katana, ces deux sabres sacrés que jamais au final je n’aurais dégainé. Et rebouche la terre avec une infinie tendresse.

Je pose sur cette tombe, la tombe de ce que je fus, mon armure rouge de samurai poète. Et l’arbre alors me rendit un hommage : il resserra ses branches autour de mon armure, lui faisant comme une grotte de pétales et d’écorce. Un magnifique tombeau pour l’horreur que j’étais. Les épaules libérées de cette armure de sang, la ceinture allégée par l’absence des armes, et le cœur qui bat, bondissant comme un lion au fond de ma poitrine… C’est la vie qui s’ouvre tandis que bien au loin dans quelques prophéties d’un bonheur retrouvable : un fond de cornemuse, un fond de violon, des accords de musique qui chantent un hymne, une promesse d’aube dans les ténèbres de mon cœur.

Je n’ai aucune idée, bien que j’aimerais, de si ma main reprendra la main de celle que j’aime. Je ne sais vraiment pas si un jour je pourrais prendre au creux de mes bras le corps de celle que j’aime. Jusqu’à si peu je pensais ne même pas mériter un pardon, un regard, et j’ai découvert qu’elle m’aimait encore. Et alors ? Je ne retaperais pour autant à sa porte. Je ne ferais plus jamais usage de violence pour obtenir ce qui semble être désiré par l’enfant qui tremble en moi. Mais bien que je sois triste, et si je reste seul, dans mon cœur et ma tête, je saurais maintenant que la vie a un goût, que la vie a un prix, que ma vie est ma vie. Et bien que mon cœur tremble, que mes mains hésitent et que mes pieds trébuchent, j’avancerais toujours pour gagner sur la nuit la course de mon être et l’éclairer d’espoir, des espoirs de ceux qui m’aiment, de ceux qui attendent de moi le meilleur de mes pas.

Bien sûr que sa bouche me manque. Bien sûr que son regard me manque. Evidemment qu’elle me manque, en fait. Mais qu’y puis-je ? Je l’attendrais, ce sera tout. Et si jamais elle doit ne jamais venir, mon cœur demeurera triste et silencieux, et ma vie demeurera à quelques lunes, sous lesquelles se balancent quelques rêves accrochés, des promesses d’enfants… Ah, non, pardon, des promesses d’enfant qui s’aiment pour toujours… Pour toujours, tu es vraiment sûre ? J’aimerais tellement que tu dises vrai.

Et j’écoute mon hymne,
Cornemuse et violon,
Sourire et abandon,
L’hymne d’un matin, d’un espoir…
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Grendelor
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MessageSujet: Re: L'hymne d'une vie qui se relève.   Mar 29 Jan - 13:51

Texte doux et mélancolique. Rien à redire si ce n'est que j'ai buté sur cette phrase
Citation :

Je n’ai aucune idée, bien que j’aimerais, de si ma main reprendra la main de celle que j’aime.

J'ai du la relire afin de comprendre d'où sortait ce "de" ^^

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