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 Dans les ténèbres : Andreas

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Legion
Chromatique et rôliste
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MessageSujet: Dans les ténèbres : Andreas   Ven 31 Déc - 17:43

Spoiler:
 


Je ne renie pas ce que je suis désormais. Je le regrette simplement.
Je ne puis maudire ma maîtresse inconnue, car la vie même est ainsi.
Evidemment.

Les années yéyé, je les voyais passer avec l'insouciance d'un nouveau né et la naïveté d'un petit garçon. Ces années-là, mon identité demeurait floue, non encore définie dans ses moindres traits, et aucune question existentielle ne trottait dans mon esprit simple : "Qui je suis?", "Que vais-je devenir?", "Pourquoi je vis, et pourquoi je meurs? Pourquoi je ris, pourquoi je pleure?", entendais-je distraitement à la radio quelques années plus tard, une chanson française entonnée par un individu à l'allure et au comportement marginal et franc, un certain Daniel Balavoine. Et ces questions-là revenaient sans cesse dans ma tête, tout en jouant de ma guitare et poussant la chansonnette dans mon modeste studio au troisième étage d'un vieil immeuble blanc de la banlieue parisienne. Ma vie jusqu'à cet instant n'avait rien d'extraordinaire, en fait je ne l'enviait guère. Abandonné dès ma naissance dans un orphelinat géré par l'église catholique dans la belle campagne autrichienne, je fus un garçon sans histoire, appréciant la lecture et le solfège, restant à l'écart des autres trublions du même âge. Je fus plus tard adopté par un couple de français d'environ la quarantaine, et expatrié après moults remplissages de documents tous plus conséquents et inutiles car faisant perdre un temps considérable avant l'adoption proprement dite.

Là, je découvris la capitale, Paris. Oh pas la fameuse ville de la Tour Eiffel, je n'avais jamais eu l'occasion de voir cette bâtisse tout en métal de près de 300m de haut, du moins pas de près. Non, plutôt sa banlieue, cette zone que peu recommandaient à l'habitation. Trop de problèmes, qu'ils disaient. Et il était vrai, au vu du nombre de policiers en faction, qu'il ne faisait pas bon se promener seul le soir. Mais après une éducation "à la française" - bien que mon amusant accent autrichien persistait - tournant tout de même autour de la musique, la guitare principalement, je pris mon envol, et intégrais non sans quelques difficultés la vie active, décrochant des petits boulots le jour, me produisant en amateur dans des bars la nuit, ma vie me convenait. Même si je ne le recherchais pas, mon charme attirait la gent féminine, prenant en fin de compte le plaisir d'être désiré, envoûté par leur beauté et leur chaleur. Un jeu dangereux, auquel je suis tombé, pour n'en ressortir qu'à l'état de mort-vivant.

Cette nuit-là, je clôturais allègrement mon petit spectacle sur une douce note mélancolique, comme j'aimais à le faire, histoire de finir calmement la soirée. Comme à mon habitude, après avoir fini de ranger ma fidèle guitare dans son étui, je m'approchais du bar afin de siroter mon unique verre de vodka orange bien frais. je fus bien vite captivé par la beauté sublime des yeux d'un bleu de glace, le genre de regard que l'on n'oubliait jamais, même dans la mort. Pas un mot ne vint à ma bouche, pas une phrase sortant de celle de l'inconnue. Uniquement des regards qui se disaient tout sans fioritures, je fus alors comme hypnotisé par son charme, concédant tout ce qu'elle désirait, une balade au clair de lune, un petit hôtel cossu, les plaisirs de la chair et la douceur de mon sang.

Mon sang... tellement fasciné par elle que j'en oubliais tout, même ma vie me quitter lentement en un flot régulier de mon fluide vital coulant alors à l'intérieur de la gorge de ma partenaire. Je ne sentais même pas ce même liquide visqueux emprunter ma voie orale sans défenses, aveuglé par l'extase surnaturelle qui m'enveloppait alors.

Et dans les Ténèbres chuter...

De cette nuit, je ne me rappelais que de ces yeux de rêve et de ces marques létales et pourtant indolores ayant changé ma vie à jamais. Pourtant, je ne me sentais pas mort, seulement comme sorti d'un mauvais rêve que l'on voulait oublier le plus rapidement possible. Mais cette âpre réalité me rattrapait aussi souvent et sournoisement lorsque la soif me tenait, m'obligeant alors aux pires actes qu'un humain ne ferait jamais, tuer et boire le sang à la source. L'éternité en moi coulait comme un poison latent, attendant le moment propice pour se développer et désagréger mon corps, malédiction difficilement supportable, d'autant plus que rien n'avait changé en mon for intérieur.

Je restais là même personne, ma conscience demeurait, maudit à jamais, tuer et tout autant aimer ce que j'étais avant, un humain. Telle est ma vie désormais, un fardeau à porter tel Atlas condamné à porter la Terre sur ses épaules ou les Danaïdes obligées de remplir d'eau un puits sans fond. Alors que me restait-il à faire? Tout simplement essayer de vivre encore et encore car on ne peut pas changer ce que l'on est. Alors je suis parti vers une contrée dont l'existence n'était alimentée que par des rumeurs nocturnes. Northwood.

Et toujours ce même refrain trottant dans ma tête.

"Pourquoi je vis, pourquoi je meurs?
Pourquoi je ris, pourquoi je pleure?
j'ai jamais eu les pieds sur terre,
j'aurai aimé être un oiseau,
je suis mal dans ma peau..."

J'y ai retrouvé cet amour éternet, cette femme aux yeux inoubliables, ce visage si beau. La musique nous avait rapprochés une fois encore. Et à nouveau, elle était parti sans un mot, sans un au revoir. Je n'oublierai jamais le nom qu'elle s'était donné, Pauline.

Je traine depuis ce fardeau d'un amour si puissant et instable, je ne puis effacer ce visage, ces yeux. Doublement damné par la passion et l'éternité. J'ai fui le pays, j'ai voyagé, vivant de dons de sang de mes aventures d'une nuit. Elles n'effacent pas ce point noir dans mon coeur mort, mais le réchauffent un peu. j'ai aussi fait des erreurs, que je regrette amèrement. Un acte en particulier, mû par un désir de salvation, et pour tenter de combler ce coeur meurtri à jamais. En vain.

Cependant je sais que je peux vivre tout en gardant mon humanité, mon intégrité.
Je retente ma chance. Je retourne à Northwood.

Pourtant, toujours ce même refrain, ancré au fin fond de mon esprit. Cette chanson est devenue une partie de moi, elle me correspond, me définit.

"j'ai jamais eu les pieds sur terre,
j'aurai aimé être un oiseau,
je suis mal dans ma peau..."


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Ruby

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MessageSujet: Re: Dans les ténèbres : Andreas   Mer 16 Fév - 22:41

Salut Clin d\'Oeil
Bon déja j'aime bien la représentation ça change, c'est toujours sympa de mélanger les deux disciplines, mais après je ne suis pas sur que c'est le meilleur décor pour ton texte qui est plus le récit d'une naissance, d'une histoire initiatique, de l'adoption d'une nouvelle vie.
Fais gaffe à tes fautes, il y en a pas mal. De même tu as tendance à enchaîner registre soutenu et familier et ça ne va pas vraiment ensemble.
De même pour la première référence à Balavoine, ça m'a un peu étonné l'approche distante du début si on comprend que le narrateur a vécu en France et qu'il donne quelques indices, il ne peut faire comme si c'était anodin, montrer sa connaissance, le décrire.
De plus ça serait pas mal que sa vie avant soit plus décrite qu'on voit le contraste avec la nouvelle vie pourquoi il perd de l'avoir vue
J'ai aimé le mix des couleurs complémentaires bleu et orange.
Sinon ça ressemble bien à un texte classique de vampire, ce qui serait intéréssant c'est que tu sortes du schéma commun ou que tu te le réappropries vraiment , plus qu'une copie.
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Dans les ténèbres : Andreas   Dim 20 Fév - 18:07

Ah ! le vampire, le RP, la fiche de perso... tout ça tout ça ^^


Ceci dit tu le fais avec une consciencieuse précision qui rehausse l'exercice habituel. Du coup on se retrouve avec une présentation de personnage, assez fouillée, et surtout menée par un fil conducteur des plus originaux. Je n'aurais jamais pensé voir une chanson de variété (ouai bon Starmania quoi...) intégrée une histoire de vampires, créatures par nature charismatique et mystérieuse.

Cependant cet aspect, ce rattachement à la musique et à la vie quotidienne de ton personnage permet justement de prendre à contre courant le mythe du vampire ; bon ok t'es pas le premier à exploiter ce filon, un des films de vampire le plus célèbre de tous les temps (inspiré par un des romans les plus célèbres sur le sujet) en avait fait le point de départ de son personnage principal. Ceci dit, les origines, le destin et les obsessions de ton personnage en font un vampire "local" intéressant, loin du gros bill, plus fouillé et plus humble.


Côté rédaction c'est dans l'ensemble bien fichu, malgré de ci de là, des baisses d'attention assez impressionnantes :p En tout cas rien qui ne soit irrattrapable.

Petit plus qui mérite d'être soulevé : bel effort de mise en page.

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