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 Les Quadripodes de Kobaïa

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Gnomax

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MessageSujet: Les Quadripodes de Kobaïa   Dim 16 Jan - 13:20

Les Quadripodes de Kobaïa

Chapitre 1 - Préambule, avertissement et autres préliminaires…

Afin de mieux comprendre les grands mystères de la vie galactique, il est un chapitre qu'il devient urgent d'ouvrir : l'histoire et l'éthologie des quadripodes de Kobaïa. Certains d'entre vous ont déjà entendu parler des quadripodes par le biais de ce long reportage sur la guerre qui opposa la République à l'Empire et compilé sous le nom de "Star Wars". Mais ce que peu savent, c'est ce qu'il advint de ces pauvres bêtes à la fin de cet épisode sombre de l'histoire d'une partie de la galaxie.
J'entends déjà persifler certains : "mais il raconte n'importe quoi ce Gnomax, les quadripodes ne sont pas des animaux, mais des machines, ouah l'aut' eh!". Et je vous fé grasse des photes d'auretograffe.
Eh bien! C'est là que l'erreur est généralement commise, souvent, il est vrai, par simple ignorance de ce qui arriva… Laissez moi donc vous narrer cet épisode peu connu et édifiant.

…Un peu d'Histoire, de mal ne nous fera…

Notre récit se situe un peu avant la chute de l'Empire. Un vaisseau de transport convoie un bataillon de quadripodes impériaux, afin de renforcer le 232e régiment de StormTrooper qui livre un combat désespéré dans l'univers 9, sur une planète aujourd'hui disparue, Celesta Prime. Par on ne sait quel canal historique, mais néanmoins secret, la feuille de route du vaisseau "le Terrifiant" (il est toujours amusant de noter avec quel manque d'imagination les humains affublent leurs créations de noms aussi croquignolets que ridicules) fut communiquée à ce qu'il est convenu d'appeler la Résistance. Cette dernière envoya un commando d'interception régler son compte à ce fâcheux véhicule qui risquait fort de compromettre l'issue de la bataille en cours.
Caché dans un nuage de débris d'astéroïdes, le Cliquetant attendait patiemment sa proie. Le commandant de l'engin, un dénommé Himmelreder, se limait les ongles en attendant que, enfin, ce Terrifiant daigne pointer le bout de son fuselage ridicule, qu'il lui règle son compte et qu'il retourne compter fleurette à sa doulce et si charmante nymphette de Bettelgeuse, lorsque le bruit strident, et très agaçant, de l'alerte-générale-tous-à-vos-postes-de-combat déchira le silence du poste de commandement. Avec un à propos, acquis après des heures d'entraînement intensif dans l'holodesk et sur de nombreux champs de bataille, il hurla dans le micro : "alerte générale, tous à vos postes de combat !" Il aimait sentir cette adrénaline courir dans ses veines, lui faire trembler légèrement les mains. Cette envie de pulvériser, hacher, écrabouiller, ventiler façon puzzle aux quatre coins du quadrant, lui était une sensation précieuse et donnait à sa vie un sens que trop souvent il cherchait. Il ordonna aux canons à ions d'ouvrir le feu, ce qu'ils firent avec le zèle qui caractérise si bien les armées humaines. Aussitôt, le Terrifiant s'arrêta, ses moteurs et systèmes de défense réduits à l'impuissance, rendus ridicules par la brillante manœuvre du commandant Himmelreder.
Les canons laser firent alors feu, ouvrant de larges brèches dans la carlingue. La vie déserta les ponts du vaisseau qui dès lors ne terrifiait plus grand monde. Fort de son succès Himmelreder ordonna, par pure conscience professionnelle, de scanner le Terrifiant pour s'assurer qu'aucune vie ne subsistait dans ce ridicule spationef. Rien. Parfait. Ils pouvaient rentrer à la base et ouvrir des bières, la mission était accomplie.

Enfin presque.

Le Terrifiant sans vie dériva dans le champ d'astéroïde et finit par en sortir, après quelques mois ou quelques années, les historiens se disputent encore à ce sujet. Les lois de l'univers, qu’il soit d’ici ou de là, étant ce qu'elles sont, la sombre et triste épave fut captée par la gravité d'une planète de taille modeste (presque ridicule), Kobaïa, sur laquelle il finit par s'écraser, avec ne l'oublions pas, sa cargaison de 2 283 quadripodes.

Nous verrons dans la prochaine partie, ce qu'une ionisation associée à une collision peut entraîner comme étonnantes mutations…

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Gnomax

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MessageSujet: Re: Les Quadripodes de Kobaïa   Mer 19 Jan - 21:46

Les Quadripodes de Kobaïa, chapitre 2

L’événement improbable…

La carcasse de ce qui fut le Terrifiant fit une entrée fracassante dans l’histoire de Kobaïa, son terminus, en soulevant un élégant nuage de poussière orangée arraché à la surface habituellement si tranquille de notre paisible planète. Il y creusa à l’occasion un vaste cratère qui, beaucoup plus tard, deviendrait un lieu de pèlerinage très prisé et une promenade éducative très recherchée par les centres scolaires de Kobaïa.
Le savant rangement des quadripodes qu’un magasinier psychopathe avait mis en œuvre dans la soute du vaisseau, connut une réorganisation brutale dont le chaos lui-même semblait en avoir été l’ordonnateur… C’est bien au moment de ce choc que les éminents savants kobaïens situent, généralement, ce que nous dénommons de nos jours : « l’événement improbable ». Une petite parenthèse digressive doit être ouverte, pour mettre au clair certaines choses : nous n’accorderons aucun crédit aux théories farfelues qui tentèrent de l’expliquer. Citons parmi les plus communément rejetées, pour l’anecdote et nous détendre un peu : l’intervention d’une créature supérieure nommée la Sapiente Entité, ou encore le résultat de recherches secrètes menées par l’Empire qui aurait implanté des gènes d’anthropoïdes dans le système de commande informatique, ou enfin, la réalisation de créatures extra-kobaïennes qui auraient déposé les quadripodes pour nous tester, voir si nous étions digne de rentrer en contact avec elles.

Pour ne serait-ce que commencer à comprendre ce qu’il advint, il convient de procéder à un rapide rappel de ce qu’était la technologie cybernétique à cette époque. Les ingénieurs impériaux conçurent les quadripodes comme des véhicules blindés dotés d’une puissance de feu redoutable, et redoutée, qui se déplaçaient sur quatre pattes, articulées par des vérins hydrauliques. Cette idée fait sourire aujourd’hui, lorsque l’on songe à l’aspect emprunté de ces machines lorsqu’elles se déplacent, le peu de maniabilité de l’ensemble et les cahots que devaient supporter le pilote. Ce devait, à coup sûr, lui provoquer une petite nausée et, pour les plus fragiles (surtout vers la fin de la guerre où le recrutement était beaucoup moins sélectif) une envie irrépressible de régurgiter son quatre heures. Bon, certes. Mais il n’y avait pas besoin de piste aménagée et le côté tout-terrain de l’engin avait séduit l’état-major impérial, et, en plus, cela devait impressionner les fantassins, tout vulnérables dans leurs petits uniformes. L’impact psychologique qu’ils appelaient ça. Certains voient là la véritable raison de la défaite de l’Empire. Notre objet n’est pas de prendre partie ici et nous laisserons bien volontiers cette querelle aux historiens.

L’ensemble de cet assemblage était commandé par une unité centrale qui gérait, sous la surveillance de l’opérateur humain, déplacements et actions diverses. Celui-ci devait d’ailleurs, à coup sûr, ressentir la jubilation du crustacé s’apprêtant à déguster un concombre de mer. Afin de faciliter la tâche du pilote, de nombreux sous-programmes permettaient, par la simple pression de petites touches carrées en matériaux composites, de déclencher des séquences pré-établies. Mais comme l’imprévisible a la fâcheuse tendance de se présenter à l’improviste, les ingénieurs imaginèrent un système expert d’auto-apprentissage de l’IA embarquée. L’énergie nécessaire était fournie par des batteries atomiques (j’adore ce terme désuet) d’une longévité impressionnante. Lorsque les canons à ions touchèrent le Terrifiant, une sorte de court-circuit se produisit dans ce système complexe qui mit en boucle les systèmes de commande de manière autonome, tout en déclenchant le mode « pause ». Le choc de l’akobaïage remédia à cet état…

Des images, enregistrées par les caméras de surveillance du Terrifiant, permirent d’assister à la conséquence de cette série d’événements. Nous nous sommes autorisé une petite licence littéraire, pour donner un peu de solennité et d’émotion à cet instant extraordinaire qui devait changer à jamais le destin de Kobaïa en général et celui de ma famille en particulier.
Le texte qui suit n’est donc qu’une extrapolation poétique de la réalité.

« Les phares de QI Z34-L-543 tentèrent un allumage hésitant qui commença par un clignotement timide et mal assuré. Un frisson électronique caressa les quelques 5000 km de câbles semi-conducteurs de ce qui était il y a peu encore un engin de guerre ayant sensiblement le même quotient intellectuel qu’un robot-marie. Une succession de 1 et de 0 s’agença à une vitesse défiant les outils de mesure, pour former ce qu’il faut bien nommer une idée dans les circuits de QI Z34-L-543 : « oh ! Trop cool, je peux voir ! ». A cette idée y succéda immédiatement une autre : « mais où est donc le maître ? Il est gentil le maître ». A cette déclaration énamourée suivit le déclenchement intempestif de l’avertisseur sonore du quadripode, dû à un trop plein d’émotion de ce dernier. Une sorte de longue plainte, très similaire à celle d’un super-tanker rentrant au port, résonna dans la coque accidentée. QI Z34-L-543 fut très surpris et sursauta en réalisant que c’était lui qui avait déclenché ce cataclysme sonore en voulant appeler le maître. Lui tout seul. Il sentait mourir en lui les dernières vibrations déclenchées par l’avertisseur avec délectation, mais avec, quand même, une petite anxiété. Cette dernière ne dura pas bien longtemps d’ailleurs. En effet, un bon millier d’avertisseurs répondirent à celui de QI Z34-L-543. Ce son magnifique provoqua en lui une sensation étrange qu’il ne parvenait pas à nommer, mais il sentit une goutte d’huile hydraulique couler le long du carénage de sa tête. Il émit alors un pouummmmp triomphal, auquel des wiwiwiwiwi, des ziiiiiiiiii, des tnuuuut et des tidoudidoudidoudidouda (un modèle italien sans doute) répondirent, en une symphonie illuminée par les phares s’allumant et s’éteignant d’autres quadripodes. QI Z34-L-543 n’en revenait pas. Ses compagnons eux aussi pouvaient voir, puisque leurs phares étaient allumés, eux aussi pouvaient exprimer leurs sentiments, puisque leurs klaxons sonnaient !
Après ces effusions de joie, il ressentit une autre sensation nouvelle : un gargouillement dans le tréfonds de sa carlingue. Son système expert (SE) que rien ne pouvait prendre au dépourvu, lui suggéra que cela s’appellerait désormais la faim. La faim. Quel joli mot. Une…euh…joie, lui souffla le SE, s’empara de lui et un réflexe lui fit ouvrir le feu de ses quatre canons synchronisés. Un silence impressionné conclue l’incroyable vacarme qu’il venait de produire. En tout cas, une chose était sûre, cela avait ouvert une porte. Pratique. Par un instinct qui intrigue encore les savants kobaïens, les quadripodes se mirent alors à brouter paisiblement la limaille d’acier et les petits fragments arrachés de ce qui restait de l’épave du Terrifiant. »

Une page d’histoire venait de se tourner.

Je vous raconterai lors d’une prochaine narration, comment mon ancêtre, Liliputax écrivit la suivante. Mais avant cela, il me faudra vous présenter notre espèce…
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Gnomax

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MessageSujet: Re: Les Quadripodes de Kobaïa   Sam 22 Jan - 13:23


Nous, les Kobaïens…

A ce stade de notre histoire, présenter les Kobaïens devient nécessaire si l’on veut comprendre l’impact de l’arrivée des quadripodes dans notre société.

De la forme…

Notre apparence physique ne joue pas, il faut l’avouer, en notre faveur. En effet, nous sommes le résultat le plus abouti de l’humour de l’évolution qui jugea hilarant de nous doter de 7 jambes et 7 bras. L’imparité du nombre de nos membres ne rend pas notre vie quotidienne toujours très facile, du moins si nous les considérons par registre, le supérieur et l’inférieur, car sinon, le total, lui, est parfaitement pair. Ainsi, notre locomotion heptapède, rend parfois notre équilibre approximatif, pour ne pas dire aléatoire et réclame une concentration de tous les instants. La coordination de l’influx nerveux du membre exclu de la parité nous pose un très sérieux problème. C’est vraisemblablement là qu’il faut rechercher la raison pour laquelle nous détestons nous déplacer et que nous avons investi des solutions alternatives à ce qu’il convient d’appeler notre handicap spécifique. Ah ! J’allais oublier de vous décrire comment se répartissent nos membres inférieurs. Ils sont simplement disposés en corolle et sont rattachés à l’équivalent de votre bassin, mais pourvu de 7 cavités fémorales. Nos jambes sont fines et recouvertes de concrétions osseuses jointives. Nos membres supérieurs sont également répartis autour de l’axe que forme notre corps, nous conférant un air de cousinage avec vos parapluies. Pour une fois, je dois admettre que cette disposition ne manque pas d’avantages dans la salle de contrôle d’un astronef… Au bout de ces bras, se développent des appendices préhensiles assimilables à vos mains, avec quelques petites différences : 7 doigts (il faut être cohérent) très longs, fins et acérés, avec 2 pouces opposables.
Si l’on résume, notre squelette pourrait être considéré comme la création d’un designer de porte-manteaux ayant abusé de substances psychotropes.

Cette morphologie particulière posa un problème certain aux biologistes des Univers Réunis qui ne savaient guère où placer notre glorieuse espèce. Il fut décidé, lors de la conférence de Valadolid Prime, que, finalement, après de nombreuses controverses, nous appartenions au règne animal. Cette première décision fut accueillie sur Kobaïa par une liesse populaire qui donna lieu à de nombreuses, mais néanmoins pathétiques, danses folkloriques. Il fallut attendre quelques 152 années pour que les savants les plus éminents prennent conscience qu’il leur était impossible de nous faire entrer plus avant dans la classification linéenne et se résignent à se contenter d’un heptapodus kobaïensis résumant assez bien leur stupeur. Cette nouvelle décision déclencha une nouvelle vague de danses, toujours aussi pathétiques. L’étape ultime fut franchie 2000 ans plus tard, lorsqu’il fut admis que nous étions les heureux possesseurs d’une âme. La folie qui s’en suivit transforma Kobaïa en ce que vous appèleriez un Dance Floor géant, où 58 327 fractures des membres inférieurs furent recensées, ou du moins déclarées, ce qui, rapporté à la population (4 milliard) multipliée par le nombre de membres, n’est, au bout du compte, guère significatif d’un point de vue statistique.

Notre laideur, du moins selon les critères communément en usage dans la galaxie, est probablement à l’origine du fait que nous vivons dans des terriers. Ce biotope nous rend très sensibles à la lumière du jour et nous contraint à ne sortir qu’affublés de lunettes de soudeur fort peu seyantes.

Ah ! J’allais oublier, nous sommes hermaphrodites.

…au fond.

Notre société est dirigée par une assemblée de sages : le Grand Conseil Zeuhl. J’en suis le président à vie. Les décisions sont toujours prises à l’unanimité, ce qui, mécaniquement, donne lieu à des débats sans fins, mais instructifs, enrichissants et, finalement constructifs. Après de nombreux essais infructueux, nous avons abandonné, à l’unanimité, le vote à main levée, pour des raisons évidentes de décompte. Le GCZ prend les décisions importantes pour Kobaïa, comme le plan septennal des zones de pâture pour les quadripodes, les échanges commerciaux avec les autres curiosités des univers, les grandes orientations économiques et politiques. Nous sommes, généralement, une civilisation pacifiste qui se contente de peu : un terrier, quelques quadripodes et de quoi les nourrir…

Notre plus grand défaut est notre sensiblerie dès que le sujet des quadripodes est abordé. Nous ne comptons plus le nombre de sonnets, élégies, sagas, versets, haku, maximes, tragédies, comédies et autres dithyrambes sur le sujet.

Contrairement à toute attente, notre culture est parvenue à produire des penseurs. Si. Des penseurs. Ce genre d’individu qui considère que « réfléchir sur les choses, la vie, les choses de la vie, la vie des choses, apportent à la kobaïté une profondeur et un sens qui, sans cela, ne serait que vacuité et vanité », comme l’a écrit Kreuhn Korhman, un philosophe de chez nous. Certains, même, sont allés jusqu’à imaginer que le monde était constitué de sept dimensions : la longueur, la largeur, l’épaisseur, le sec, le mouillé, le temps et le vide… D’autres affinèrent le concept en reformulant par : la longueur, la largeur, l’épaisseur, le sec de sec, le sec humide, le trempé mouillé, le vieux temps, le temps de notre temps, le temps à venir, le presque vide, le tout à fait vide, le vide grave. Ils furent vite considérés comme des hérétiques, car la somme du tout arrivait dès lors à 12 qui n’a jamais été un multiple de 7. Pour être orthodoxe, il eût fallu découvrir les deux concepts manquants et porter ainsi le nombre à 14. La vérité fut trouvée lorsque les deux concepts manquants furent découverts : le chaud et le froid. Nous en sommes là. Mais je sens déjà frémir l’envie de certains de rechercher les sept suivants…

Nos rites funéraires sont des plus simples et relativement similaires à d’autres utilisés dans les galaxies et les super-amas. A quelques variantes près.
Après le constat de la mort clinique, ce qui est parfois assez difficile à évaluer, le corps est exposé au grand air sur un présentoir en bois, assemblé exclusivement par tressage (nous sommes très habiles de nos très nombreux doigts). Ce temps d’exposition peut varier en fonction de paramètres et de critères différents, mais la durée minimale est celle qui est nécessaire à la décomposition des parties molles de notre organisme (nous en avons malgré tout quelques unes). Puis, les membres de la famille procèdent à l’archivage du défunt. Ce rite est très important et contribue de façon décisive au travail de deuil. Nous le dénommons Zaïhn. Lors du Zaïhn, chacun des acteurs (sauf le mort, bien sûr) procède au démontage soigneux et systématique du squelette, os par os. Ces derniers sont ensuite regroupés dans l’ordre ostéologique des choses. Puis, chaque membre, ou ensemble cohérent, comme tous les petits os qui forment le crâne par exemple, est reconstitué, en kit, et mis dans un petit sac en peau de quadripode. A ce moment, le défunt est zaïhnzaïhné. La suite est sujette à de nombreuses variations dont je vous épargnerais les fastidieuses descriptions. La plus répandue consiste à démonter également le présentoir, selon le même protocole que pour le squelette ; de creuser une fosse d’une soixantaine de centimètres de profondeur pour 1 mètre de diamètre, d’y déposer les éléments du présentoir sur lesquelles les petits sacs du défunt sont déposés. Le tout est recouvert de tous les objets en bois, carton et papier que possédait le disparu. Le feu est ensuite bouté à ce bûcher funéraire. Le feu est entretenu afin qu’il maintienne une température suffisante pour faire fondre les petits sacs en peau de quadripode et les os qu’ils contiennent. Le résultat est un nouvel alliage biométallique que nous utilisons dans la construction des structures de nos vaisseaux spatiaux. Telle est la symbiose entre les Kobaïens et les Quadripodes : notre recyclage consubstantiel.

Voilà, en quelques mots qui nous sommes. Je vous raconterai, plus tard peut-être, d’autres aspects de notre peuple. Mais tout cela nous a un peu éloigné de mon sujet principal : les quadripodes de Kobaïa.
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Gnomax

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MessageSujet: Re: Les Quadripodes de Kobaïa   Ven 28 Jan - 21:24

Les quadripodes de Kobaïa, chapitre 3. Non 4. Euh…si, 3, le précédent était un intermède et ne peut donc pas être considéré comme le 3… ah ! D’accord.



Il est quand même fascinant de constater combien l’histoire, qu’elle soit kobaïenne ou autre, est parfois régie par des hasards qui, considérés avec quelque recul, deviennent toujours curieux. C’est ainsi, qu’au moment où QI Z34-L-543 et ses congénères sortaient brouter les fragments pitoyables du Terrifiant, mon ancêtre, Liliputax, passa à proximité de la scène. Instinctivement, il s’accroupit dans l’herbe, ce qui, de loin, aurait laissé penser à un observateur non averti, que sa tête était en cage. La première peur passée, la seconde arriva, puis la troisième et la quatrième, et ce jusqu’à la septième.

Il observa avec un sentiment de profonde perplexité le repas gargantuesque des quadripodes, se demandant où étaient les soldats qui, habituellement, accompagnaient ce genre de machine peu amène et supposa que les pilotes avaient dû subir un choc terrible et devaient être en pleine confusion pour détruire leur vaisseau spatial avec une telle méticulosité. Puis, le doute l’envahit. Quelque chose d’inhabituel se passait. Il décida de se rapprocher un peu, discrètement. Hélas ! Le cliquetis caractéristique d’un Kobaïen se déplaçant trahit mon ancêtre. Les quadripodes tournèrent tous la tête au même instant, fixant de leurs phares l’étrange créature qui se présentait à eux. La sidération de ces cathédrales sur pattes (rappelons qu’un quadripode mesure quelques 15 m au garrot) galvanisa Liliputax de façon très inattendue qui, prit d’un élan aussi héroïque que parfaitement stupide, lança un immortel : « salut les monstres ! », en affichant un sourire tout en dents. Les quadripodes, interloqués par cette réaction inattendue, se regardèrent mutuellement, se demandant bien quelle réaction serait la plus appropriée.
Certains érudits pensent que c’est le SE de QI Z34-L-543 qui souffla à ce dernier : « c’est un humanoïde, comme le maître, enfin presque ». Et QI Z34-L-543 se dit : « il est gentil le maître ». Alors QI Z34-L-543 se dirigea vers Liliputax qui commença à sentir ses fagots de membres s’entrechoquer. Lorsque le quadripode fut suffisamment proche pour qu’en le regardant mon ancêtre soit au bord de la luxation cervicale, il se baissa telle l’une de vos girafes cherchant à s’abreuver et déposa un bisou sur le crâne dépourvu de pilosité de mon aïeul. Aussitôt, un concert d’avertisseur retentit, scellant de ce fait ce qui deviendrait un indéfectible amour trans-spécifique. Liliputax ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait, mais ce dont il était certain, c’est qu’il ne pourrait jamais oublier le contact du quadripode sur son crâne non plumé.

Liliputax garda pendant un certain temps, pour ne pas dire un temps certain, son petit secret pour lui tout seul. Il ne parvenait pas à se lasser de voir les quadripodes progresser dans la découverte de l’autonomie. Ces derniers jours, par exemple, ils avaient découvert le jeu et passaient le plus clair de leur temps à se courir après en changeant brusquement de direction. Ces contre-pieds improbables occasionnèrent de nombreuses chutes dont ils se relevaient en s’ébrouant joyeusement.

Finalement, il finit par se résoudre à présenter ses protégés au Grand Conseil Zeuhl. Il rassembla son troupeau, enfila sa cape de voyage, récupéra un bâton droit, bien qu’un peu noueux et, en tête du cortège, prit la direction du Grand Terrier Zeuhl. La procession ne manquait pas de panache, d’ailleurs un épais nuage de poussière orangée nimbait cet équipage brinquebalant. Lorsqu’ils arrivèrent au Grand Terrier Zeuhl, un comité d’accueil important les attendait, étant donné le peu de discrétion d’un troupeau de plus de 2000 quadripodes. La terre tremblait sous leurs pas, et, dans les couloirs des terriers, des petites coulées de sédiment (oui, oui, de la terre) se détachaient du plafond, rendant l’endroit un peu trop inquiétant pour la plupart de leurs habitants.

Le spectacle de Liliputax drapé dans sa cape de voyage et tenant son grand bâton provoqua un sentiment mystique chez les spectateurs. Surtout chez ceux qui, abonnés aux chaînes TV d’une certaine galaxie, avaient visionné ce documentaire historique où un personnage atteint d’une hypertrophie capillaire circumfaciale apportait des grandes pierres plates à des gens, non moins velus, et qu’il dénommait l’étable de l’aloi, ou quelque chose comme ça. L’aloi de Liliputax était tout à fait bon, malgré la légère inquiétude que provoquait le troupeau de quadripodes. N’oublions pas que pour le Kobaïen moyen, il s’agissait toujours d’une arme de guerre redoutable, habituellement manipulée par des soldats dont l’intelligence se résumait à connaître la quantité de breuvage d’orge fermenté et houblonné qu’ils pouvaient ingurgiter avant d’aller soulager leur vessie distendue, tout en discourant sur des conquêtes féminines aussi virtuelles qu’était profonde leur bêtise… Bon. Les Kobaïens n’apprécient pas trop la vie en uniforme, car jamais, ils n’ont pu en trouver des correctement adaptés à leur configuration. Le souvenir douloureux des sergents recruteurs de l’empire tentant de faire enfiler l’uniforme des stormtroopers à nos concitoyens remonta au niveau de la conscience de ceux qui en furent les victimes lors des enrôlements forcés de la fin de la guerre.

Liliputax s’arrêta pour faire face au Président à vie de l’époque : Kontharx. Il lui déclara : « salut à toi, ô vénérable Président Kontharx ! Vois, derrière moi, l’avenir de Kobaïa, sept fois béni soit son nom ! »

Une longue et alambiquée explication s’ensuivit. Pour conforter son récit, il donna l’enregistrement de la caméra intérieure du Terrifiant à Kontharx. Après l’avoir visionné, un brouhaha indescriptible inonda le GCZ, ponctué d’exclamations sans retenues ni mesures. Kontharx eut quelques difficultés à faire revenir le calme, ou même un semblant d’attention sur sa personne qui hurlait et frappait pourtant son pupitre avec les 7 marteaux réglementaires dus à sa fonction. La fatigue aidant, le silence finit par revenir. Kontharx soutenait sa tête avec son membre supérieur exclu de la parité et contemplait le petit disque argenté sur lequel était stocké l’enregistrement de… « l’Evénement Improbable ». Il mit un petit instant avant de se rendre compte que le bruit s’était enfin apaisé dans le GCZ. Il en profita pour rompre ce silence et lâcha un tonitruant et néanmoins célèbre : « ça m’troue l’cul ! »

A partir de ce moment, la vie changea sur Kobaïa. Mon aïeul, Liliputax donna quelques quadripodes par ci, par là, ce qui lui procura une notoriété immense. Il enseigna aux autres comment s’en occuper.
Les scientifiques de la planète se penchèrent sur la biomécanologie des spécimens donnés à la science par Liliputax, à la seule et unique condition qu’il ne leur serait fait aucun mal. Des découvertes stupéfiantes furent faites. Les quadripodes mutaient à une vitesse incroyable. Cette dernière avait pour origine la modification des systèmes d’autoréparation qui, maintenant chômeurs, s’étaient mis à transformer les différents organes des anciennes machines. Leur alimentation, basée comme nous l’avons vu sur la limaille d’acier et autres matériaux composites, fournissait la matière première et l’imagination nouvellement acquise des SE, le reste…

Nous verrons, dans un chapitre ultérieur, à quelles mutations les quadripodes furent sujets…
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MessageSujet: Re: Les Quadripodes de Kobaïa   Sam 5 Fév - 15:11

Les quadripodes de Kobaïa, chapitre 4.

La nature, qu'elle soit d'origine divine ou aléatoire, ne laisse pas de nous surprendre : quoi de plus amusant et rafraîchissant que ces insectes proches des coléoptères qui poussent leur boule de bouse à reculons, ou ces corvidés qui promènent le petit crochet en bois qu'ils ont façonné de leur bec ? Que dire, même, de nous, Kobaïens, les créatures probablement les plus ridicules de tous les univers ? Mais il faut avouer, qu'en matière de surprise, ce que Dame Nature nous offrit avec les quadripodes, touchait aux limites du génétiquement correct. A vous faire devenir bigot ou profondément mystique, du genre à s'enfermer dans un monastère tibétain à réciter des mantras les yeux fermés et d'une voix infra-sonique toute la sainte journée !

Ce que les quadripodes apportèrent en premier lieu fut une nouvelle science : le biomécanologie. En effet, la nature ayant, comme chacun le sait, horreur du vide, il fallut bien nommer le fait d'étudier les quadripodes d'un point de vue naturaliste. Les biomécanologistes, donc, s'attelèrent à la tâche ardue et ingrate de mesurer, décrire, comprendre et, in fine interpréter ce qu'ils observèrent.

Nous avons retrouvé, dans la Grande Bibliothèque Zeuhl, les notes d'un biomécanologiste de renom : Zebehn Straïn de Geustaat. C'est à ce dernier que fut confié le premier quadripode à des fins scientifiques par Liliputax. De nombreux croquis annotés, des certitudes vacillantes, des doutes affirmés et des pensées définitives furent compilés dans l'ouvrage que j'ai publié il y a quelques décennies dans la revue de l'Académie des Sciences de Kobaïa. Je ne vous livrerai ici qu'un résumé de cet ouvrage touffu et quelque peu abscons, pour un néophyte non-initié à ce type d'étude.

Il fut très compliqué pour notre naturaliste de gagner la confiance des quadripodes. Ces derniers étaient en effet craintifs et ne semblaient pas particulièrement apprécier que Zebehn tente de les escalader, même pour la science. Néanmoins, à force de patience et de subterfuges, il réussit quand même à procéder à des observations. C’est en leur donnant quelques boulons et câbles électriques à grignoter qu’il parvint à se faire apprécier d’eux.
Il était là, à regarder l’un d’entre eux, posté entre ses pattes et à se demander comment il pourrait monter sur ce mastodonte afin de tenter une inspection de la tête, lorsqu’il entendit le bruit d’un genre de moteur électrique, précédé du chuintement caractéristique d’une porte en train de s’ouvrir. Il leva les yeux et constata, interloqué, qu’un filin en acier muni d’un harnais descendait vers lui. Il observa cet objet sous toutes ses coutures en kevlar. Évidemment, il avait été conçu pour des stormtroopers qui, outre le fait d’avoir l’intelligence d’une amibe, avaient le défaut rédhibitoire d’être bipèdes. Il opta pour la solution de mettre le harnais comme une ceinture sous ses bras. A peine avait-il terminé cette opération fastidieuse que le filin remonta. Il trouva fort désagréable de se retrouver pendu, en train de tourner sur lui-même. Il se sentait nauséeux, mais serra héroïquement ses 94 dents. Il arriva, enfin, à la hauteur de la trappe latérale avant et tenta de s’introduire dans ce qui fut l’habitacle de transport. Il fallut qu’il se contorsionne, ramène ses différents membres en fagots pour parvenir à ses fins. Il faut bien avouer que nous autres, Kobaïens sommes aussi étrangers à la notion d’effort physique (vous noterez que je n’ai pas utilisé le mot sport, qui d’ailleurs n’existe pas dans notre langue) qu’une panthère à celle de régime végétarien.
Après un temps qui lui parut effroyablement long, il s’effondra enfin à l’intérieur dans un bruit de bretzels lâchés sur un parquet lors du superbowl (un genre de jeu ou des bipèdes habillés en armure se rentrent dedans en courant. Incompréhensible, mais drôle). Il réussit à démêler ses bras, ses jambes et se releva. Un halo de lumière verdâtre nimbait l’habitacle. Il se dirigea vers la tête en empruntant le couloir semi-rigide qui faisait maintenant office de cou. Il déboucha dans le poste de commande. Le spectacle qui l’attendait lui coupa légèrement le souffle. Les câbles semblaient s’être multipliés de façon anarchique et être animés d’une vie propre. Ils pulsaient lentement, comme animés par un flux. Zebehn releva ses lunettes de soudeur afin d’observer plus attentivement ce phénomène remarquable, en se grattant le sommet du crâne, le menton et le bas des reins. Il approcha l’un de ses doigts de l’une des durites (car, de plus près, il s’agissait de durites et non de câbles) et l’effleura doucement, tout en sortant une loupe. Le contact était chaud et doux. Il ne s’attendait pas du tout à ça… Il l’aurait plutôt imaginé dur et froid. Il suivit le cheminement de ce petit tuyau du doigt. L’une des extrémités plongeait dans le SE et le flux se dirigeait vers lui. Il l’alimentait.
Il suivit l’autre extrémité. Il dût refranchir le « cou », descendre par un trou d’homme, ramper dans un conduit étroit et malodorant, pour atteindre l’objet de sa quête. Un nombre de durites impressionnant sortait d’une sorte de cuve d’où s’échappait un son glougloutant, ou, pour être précis, bloubloutant. Ce bruit était sans doute la signature d’une activité… digestive ? Oui, c’est cela ! Pensa t-il. Digestive. Il scruta, avec sa loupe, l’endroit où la durite rejoignait la cuve. L’effort qu’il fit lui provoqua une exophtalmie douloureuse, mais fructueuse. A son grand étonnement, la durite ne pénétrait pas la cuve, mais était consubstantielle, elle était une excroissance de la paroi. Sa curiosité, piquée, lui commanda de sortir son micro-chalumeau laser afin de procéder à une incision prospective. Au préalable, il visualisa mentalement la découpe qu’il devait ménager. Il opta pour l’ablation d’un segment de durite qui se continuerait sur la partie de la cuve d’où elle sortait. Le conditionnel s’avéra être effectivement le temps approprié, même si « futur improbable » fut, en l’occurrence, probablement plus approprié. En effet, à peine eut-il commencé à opérer, qu’un soubresaut terrible le déséquilibra, l’envoyant percuter le plafond du diverticule axial dont il devint, d’une façon certes éphémère, la décoration pariétale. Il sentit la vibration sourde de ce qu’il interpréta comme un coup de klaxon majuscule. « Euh ! Pardon, dit-il pitoyablement. Je ne pensai pas vous blesser, je suis extrêmement confus. Je ne recommencerai plus ». Aussitôt, les mouvements s’arrêtèrent.

Il ressortit penaud du quadripode par où il était entré. Arrivé en bas, il offrit immédiatement un cornet de boulons bien gras à son hôte, afin de se faire pardonner sa vulnérante appétence pour la science.

Bon, cela n’allait pas être si simple. Il lui faudrait fabriquer des outils introspectifs et non destructifs. Il soumettrait la gageure à un étudiant avide gloire et de carrière.

Il rentrait, pensif, vers son terrier, lorsque, dans la lumière orangée de Kobaïa, il vit le spectacle le plus merveilleusement émouvant de sa vie. Dans un réflexe de mutualisation, si caractéristique des scientifiques, il se saisi de son appareil photographique et immortalisa, en pleurant, la première scène de reproduction des quadripodes. C’est cette photo que vous pouvez admirer sous ma signature…
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MessageSujet: Re: Les Quadripodes de Kobaïa   Jeu 17 Fév - 0:02

Les Quadripodes de Kobaïa, chapitre 5

Des débuts de la généalogie et autres réflexions sur les aléas de la vie…

La scène dont Zebehn fut le témoin, eut une conséquence aussi inattendue qu’irréversible : la naissance d’un petit. Je vous rappelle qu’à cette époque les quadripodes étaient sous la responsable propriété de Liliputax.

La dichotomie sexuelle qui émergea chez les quadripodes reste à ce jour un sujet de débats sans fin, presque tabou… Aucun consensus n’a, à ce jour, été trouvé. D’aucuns pensent néanmoins, que les SE, conscients des ravages probables que la corrosion causerait sur leurs carrosseries, décidèrent, après une tombola numérique, d’assigner à la moitié d’entre eux le rôle de géniteur et à l’autre celui de mère-porteuse. Même si cette hypothèse est la plus communément avancée, elle n’en reste pas moins controversée.

C’est donc lui, mon glorieux aïeul, qui initia la Grande Révolution Kobaïenne : l’élevage des quadripodes.

L’idée de l’élevage lui vint lorsqu’il assista au premier vêlage. Liliputax s’était, bien évidemment, attaché d’une façon inconsidérée aux quadripodes et il ne supportait pas qu’il leur arrivât quoique ce fût de fâcheux. Aussi, lorsqu’il assista, impuissant, à la chute de 38,50 m du nouveau né qui se termina dans un fracas de casseroles s’étalant en batterie sur le sol de la cuisine, il ne put retenir un cri de désespoir. Vous aurez compris que les quadripodes trouvèrent plus simple de mettre bas debout. Ceci aurait été sans conséquence pour une moto des neiges ou un glisseur, mais pas pour nos protégés…
Voyant son rejeton en kit entre ses pattes arrières, retenu par le tuyau de sustentation déraisonnablement trop long, la femelle le huma, puis le goûta. Elle le trouva apparemment tout à fait délectable et décida de procéder à un recyclage de cette matière première devenue inutile. Il va sans dire que ce que vous nommez « l’instinct maternel » était pour elle un concept des plus abscons. Pour l’instant du moins.

Liliputax décida de prendre les choses en main. Non, il ne laisserait pas les quadripodes s’accoupler pour assouvir un simple plaisir coupable et abandonner leur progéniture sans défense à la loi de la gravité universelle ! Il éduquerait les quadripodes.
Il faut bien avouer que mon illustre ancêtre avait des vues quelque peu rétrogrades en matière de couple… Au demeurant, étant hermaphrodite, il est légitime de se poser la question de la pertinence de son opinion, me direz-vous. Allez donc décrire le rouge à un aveugle ou la 9e symphonie de Beethoven à un sourd !

Il attendit donc le vêlage suivant, ce qui ne tarda pas, les quadripodes ayant apparemment pris goût à l’acte copulatoire. Lorsque la gestation sembla arriver à son terme, il suivit la femelle jour et nuit, afin que le drame de la première fois ne se reproduisît pas.
Il avait inventé et construit un dispositif spécialement conçu pour réceptionner le bébé. Il s’agissait d’une structure en bois (un genre de bambou très abondant sur Kobaïa) constituée de 7 pieds de 1,77 m de haut servant de supports à un filet légèrement distendu d’un diamètre de 7 m (il vaut toujours mieux être prudent…). Ce dernier devait faire fonction de réceptacle au nourrisson initié aux dangereux délices de la chute libre.
La libération arriva enfin. Dans un chuintement de vérin hydraulique, la trappe obstétrique s’ouvrit et lâcha sa néo-natale cargaison qui aboutit, comme prévu, dans le filet d’amortissage. Aussitôt, le quadipodounet émit un son évoquant celui d’une corne de brume dans laquelle un plaisantin aurait introduit un chiffon. Un genre de « ffffmon » plaintif. Auquel répondit séant le « proooomp » interloqué de ce qu’il faut bien appeler sa maman qui passa derechef sa tête entre ses pattes avant afin de mieux observer l’origine ce son surprenant. La question de savoir si, à cet instant, la mère était bien consciente que cette origine sonnante était le fruit de ses entrailles, restera un débat passionnant qui animera encore longtemps les discussions des biomécanethologues avertis.
Elle atteignit assez rapidement les limites de sa souplesse, au demeurant fort surprenante, et entama un demi tour afin de mieux contempler l’objet de sa curiosité. Ceci eut pour conséquence instantanée la propulsion de la structure de Liliputax et son contenu dans un mouvement giratoire et pendulaire. La femelle tourna en rond pendant quelques minutes, lui donnant de ce fait un air de cousinage certain avec l’un de vos manèges, avant que, probablement, son SE ne lui conseille d’arrêter cette inutile course-poursuite qui avait déclenché les protestations du rejeton, exprimées par « fffiiiIIIiiiIII » joliment modulé. Liliputax profita de cet instant de relative immobilité pour couper le cordon d’alimentation et d’ainsi permettre au quadripodounet d’atterrir enfin.
Posé au sol, le bébé s’ébroua, apparemment agacé par le filet qui l’enserrait. Liliputax se saisit de son couteau de survie à plusieurs lames et procéda à la découpe du lien. Maman le regardait faire avec l’air inquiet que peut avoir le carter d’une pelle mécanique, mais laissa faire, intriguée.

Liliputax constata immédiatement les changements survenus à la structure de cette nouvelle génération biomécanique. Les articulations, par exemple, n’avaient plus cet aspect un peu lourd que conféraient les vérins. Non, seul un léger renflement marquait la jointure des segments de membres. De même, il n’était plus aussi aisé de remarquer les zones d’assemblages des divers éléments : de fines sutures paraissaient unir les pièces de cette création de l’aléa anthropo-technique.

Il sembla vite évident que Bébé avait faim, étant donnée l’avidité avec laquelle il regardait le liquide verdâtre qui sortait du tuyau coupé par Liliputax et pendait encore entre les pattes de sa mère. Il entreprit de se diriger vers lui d’un pas peu assuré, saccadé et titubant ; un peu comme s’il se déplaçait sur une surface molle. Il atteignit l’objet convoité. Une petite trappe s’ouvrit sous sa tête et un genre de tube semi-rigide en sortit qui aspira l’extrémité du tuyau. Bientôt un bruit d’aspiration se fit entendre. Liliputax alla prélever un échantillon de ce liquide qui formait une flaque abondante sur le sol, en se promettant de le soumettre à la sagacité de Zebehn.
Après avoir contemplé pendant un certain temps sa progéniture se nourrir, la femelle se décida à partir, trouvant apparemment le spectacle un rien répétitif. Le poupon vit avec désespoir le tuyau sortir de sa bouche et s’éloigner de lui avec une constance effarante. Il tenta bien de suivre, mais ses encore trop petites papattes ne parvenaient pas à suivre le rythme imposé par celles de sa mère. Il s’assit sur l’arrière de son corps et des coulures vert clair apparurent de chaque côté de sa tête. Il pleurait en émettant un son de sirène de voiture la N.Y.P.D, mais en mois fort. Beaucoup moins fort. Le cœur de Liliputax se déchira. Il receuillit Bébé et décida de l’amener chez lui, après avoir au préalable récupéré la plus grande quantité possible du nutriment liquide. Il trouverait bien comment fabriquer un biberon…
Liliputax était très déçu du manque d’attention que la mère avait eu pour son petit et il prit la décision d’inculquer aussi cela au quadripodes.
Arrivé à son terrier, Liliputax s’aperçut que Bébé avait déjà grandi de 50 cm, ce qui portait sa taille à 2 m, rendant ainsi impossible l’accès du « petit » à sa modeste demeure.
L’urgence était alimentaire. Il se précipita dans son terrier afin d’aller dans son atelier, non sans avoir dit à Bébé : « ne bouge pas mon grand, papa revient tout de suite ! ». Eh oui ! C’est bien le mot « papa » qu’il prononça, tant son émotion était grande, lui qui n’avait jamais connu le bonheur d’être père, ou mère.
Il fouilla quelque temps dans le fatras de son atelier qui faisait ressembler la caverne de votre Ali Baba à un jardin zen. Il trouva enfin ce qu’il recherchait. Il assembla une pompe à graisse à une vessie en peau de poisson-marteau, dans laquelle il introduisit le liquide nourricier. Il se précipita à l’extérieur, le cœur battant, et déboucha près de Bébé qui, assis, le regardait d’un air circonspect. Liliputax présenta le flexible de la pompe à graisse à Bébé qui aussitôt ouvrit sa trappe buccale et goba l’embout. Liliputax pompa et projeta lentement le précieux liquide dans la gorge de Bébé. Il lui sembla un instant entendre que ce dernier émettait un bruit très proche du ronronnement…

L’élevage pouvait commencer…

Nous verrons, dans le prochain épisode, comment Liliputax organisa sa petite entreprise et ce qu’il en fit…
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MessageSujet: Re: Les Quadripodes de Kobaïa   Dim 27 Fév - 14:58

Les Quadripodes de Kobaïa, chapitre 6

Les quadripodes se multiplièrent et, bientôt, les paysages de Kobaïa furent colonisés par d’abondants petits troupeaux. Malgré de nombreuses tentatives, Liliputax ne parvint à inculquer ni l’instinct maternel, ni le paternel à la première génération qui restait de marbre devant ses rejetons.
Il fallut attendre que la seconde soit en âge de procréer pour que cet état contre nature prenne fin.

Il devint rapidement évident que la construction de structures adaptées à l’anatomie des quadripodes était à entreprendre. En effet, malgré de nombreuses tentatives, les quadripodes ne rentraient pas dans les terriers, même agrandis pour l’occasion. Présenté comme cela, vous trouverez sans doute l’explication un peu courte. Certains d’entre vous sont même peut-être déjà sur le point d’envisager que nous serions un peu paresseux, ou dépourvus d’une force de travail permettant de mettre en adéquation nos objectifs avec leurs réalisations… Outre le fait que ce ne serait pas très, très gentil, cela serait surtout très, très faux.
Pour bien embrasser toute l’étendue du problème, il faut rajouter le paramètre croissance… Les quadripodes ont la particularité de passer de 1,50 m à 40 m de haut en 2 ans. Ils grandissent donc de 38,50 m pour atteindre leur taille adulte. Ce qui revient à une croissance de 1,60 m par mois, soit 5 cm par jour (les mois kobaïens sont de 30 jours). Il faut donc creuser très vite si l’on considère que le volume du terrier doit être en adéquation avec celui de nos biomécaniques compagnons, au risque, dans le cas contraire, de favoriser chez eux des pathologies de type claustrophobie.
La conception architecturale fut un peu plus compliquée que celle d’une paillotte démontable destinée à la décoration éternelle d’une plage touristique d’Alpha Centauri Prime.
Pour que l’entreprise fût couronnée de succès, l’analyse des besoins dût être réalisée avec une réflexion très poussée, assez inhabituelle pour nous autres Kobaïens. En effet, il fallut concilier la croissance continue des quadripodes avec les installations nécessaires à leur élevage (crèches, box, zones de circulations, zones de stockage des aliments, etc.). D’éminents architectes planchèrent sur ce qui semblait être un défi extraordinaire pour l’entendement d’heptapodes essayant de concevoir une structure pour des créatures pourvues de seulement quatre membres.

Puis vint l’idée de génie. L’auteur en fut un certain Urgo dehn Khorbughaudgoimranèse. Son intuition sur-kobaïenne fut d’enrichir le débat de l’idée de l’harmonie de croissance. Si une variable A présente comme attribut dominant celui de connaître une augmentation de son volume, en vertu du principe de l’expansion biologique. Si cette modification de la variable est continue, elle peut donc être multipliée par une constante, un coefficient.
D’autre part, en vertu du principe universel de réciprocité, si une créature biologique, ou biomécanique, s’adapte à son milieu, il est possible d’imaginer que l’environnement s’adapte à la créature en question. Idée brillante. Néanmoins, des esprits chagrins mirent en exergue que ce qui est vrai pour un heptapode, ne l’est pas forcément pour un quadripode. L’argument semblait imparable, ou plutôt aurait semblé imparable sans la démonstration du principe d’homopodie.
Si on multiplie le nombre de membres des deux protagonistes, cela donne 4 x 7 = 28. Or, si on se réfère aux préceptes de la numérologie, 28 peut se réduire à 2 + 8 dont le résultat est 10 qui, lui-même peut être réduit par l’addition de 1 et 0 dont la somme est 1. Il n’y a donc pas de différence entre les kobaïens et les quadripodes.
Cette révélation eut l’effet d’un coup de tonnerre dans un caisson d’isolation sensorielle. Le génie d’Urgo dehn Khorbughaudgoimranèse fut unanimement reconnu, même par ses détracteurs dont l’opposition appartint dès lors à un passé risible. Décision fut prise d’ériger une statue à son effigie sur la place centrale du Grand Terrier Zeuhl.

Après la théorie, le temps vint de passer à la science appliquée.
Le calcul du coefficient devait rendre compte de la croissance et du temps nécessaire à cette dernière. Un quadripode grandissant de 0,006 mm par seconde, ce nombre était un très bon candidat au statut de coefficient, pour ne pas dire le lauréat idéal. En appliquant simplement le principe de réciprocité, la structure devait donc croître de 0,006 mm par seconde. Là était la clef. Il fallait que le bâtiment puisse croître en même temps que les quadripodes, en vertu de la loi du moindre effort. Cette évidence fit couler d’abondants flots de boissons aux taux d’alcool très variables (de 0° à 77°), pour que sa découverte soit fêtée comme il se devait.

Les ingénieurs durent concevoir des éléments à croissance continue. Le parti fut pris de parier sur des segments télescopiques creux mus par des micro-vérins hydrauliques. L’alimentation en segments se faisait par l’intermédiaire de sortes de culasses aménagées à la base du premier d’entre eux, légèrement plus large. Ce système impliquait la création préalable d’un sous-sol dévolu à la maintenance de l’ensemble, ce qui était en parfaite adéquation avec l’esprit fouisseur de notre peuple.
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MessageSujet: Re: Les Quadripodes de Kobaïa   Dim 27 Mar - 23:35

Les Quadripodes de Kobaïa, chapitre 7


Liliputax avait été zhaïnzhaïné depuis longtemps et sa descendance prospérait grâce à l'élevage des quadripodes. Ses successeurs directs, Hobbitax, Nanax, Microlax et les autres perfectionnèrent le système.

Les fruits de l'élevage étaient devenus absolument nécessaires pour construire les astronefs qui eux-mêmes l'étaient devenus pour aller quérir la denrée alimentaire des quadripodes et trouver des espaces de pacage nouveaux.

L'organisation du commerce entre kobaïens ne fut pas une mince affaire, mon peuple étant parfaitement étranger à cette notion. Les déjections métallorganiques étaient une denrée, si j'ose dire, fort recherchée et comme tout le monde ne peut, ou ne veut, être éleveur, la notion de demande précéda celle d'offre. Il nous fallut donc assimiler le fait que si nous avions besoin de quelque chose dont nous n'étions pas les heureux propriétaires, il nous fallait procéder soit à un échange, soit à un achat et, parfois, le contraire. Si le premier nous était familier depuis quelques dizaines de milliers d'années, le second fut plus laborieux à acquérir…
Déjà, nous pratiquions le stockage, ce qui était un bon début en soi, une base élémentaire utile pour appréhender le concept de négoce. Il devint très vite évident qu'une équivalence de valeurs devait être mise en place. Le Grand Conseil Zeuhl se réunit afin de régler ce problème au plus vite. Enfin, au plus vite… A la vitesse kobaïenne nous dirons : il fallut, en effet, une dizaine d'années de débat avant de trouver l'unanimité requise pour qu'une décision soit validée.

Les débats furent animés et les échanges parfois des plus vifs. Courtepax était alors Président à vie du Grand Conseil Zeuhl et sa patience légendaire atteignit ce statut à cette époque.
"- La parole est à Fouinax", déclara solennellement Courtepax.
Après un bref raclement de gorge, Fouinax se tourna vers l'auditoire et le scruta longuement de son regard autoritaire. La rubéfaction de ses écailles osseuses signait une irritation mal contenue.
"- Mes chers amis du GCZ. Depuis maintenant de nombreuses séances, nous digressons, ergotons, contredisons, soumettons, amendons, analysons, disséquons les différents aspects du problème soumis à notre sagacité collégiale. Nous sommes, il est vrai, à la veille d'une grande mutation de notre société, mais ceci ne doit pas paralyser notre capacité d'adaptation. Je propose qu'un certain poids de métallorganie quadripodique soit la base de nos calculs".
Le brouhaha habituel des conciliabules, interjections, interpellations et autres remarques diffusa dans la salle comme la musique sirupeuse dans les cabines d'ascenseurs des hôtels de luxe, mais à un taux de décibels qui ramènerait un concert de votre trash metal au silence reposant d'une cavité karstique.
Après quelques heures de discussions passionnées, la motion de Fouinax fut adoptée et l'unité de base fut fixée à 700 g de métallorganie quadripodique. Ce poids serait celui d'un lingot coulé qui deviendrait ainsi la base des transactions. Il fut appelé "kobalar étalon", durant l’un de ces moments de lyrisme extatique que seuls les Kobaïens savent créer.
De nombreuses conversions durent être faites. Ainsi, par exemple, il fut décidé qu'une paire de lunettes de soudeur dernier cri coûterait 0,7 kobalar, un kit de gants de jardinage, 1 kobalar, et ainsi de suite…
Il fut très rapidement convenu que le lingot n'était pas un objet pratique dans l'utilisation quotidienne des transactions. Sur les marchés de Kobaïa, par exemple, il n'était pas rare de voir des gens, même si cette qualification n'est qu'approximative, tirant des sacs de lingots en faisant craquer leurs multiples articulations. Il fallait trouver un moyen plus adapté, moins… encombrant est probablement le terme le plus adapté.

Fouinax, encore lui, proposa de créer une institution où les lingots seraient déposés et où ils pourraient être échangés contre un équivalent dans un matériau à définir. Les propositions furent innombrables : certains, peu raisonnables, proposèrent des rondelles de bois finement ouvrées ; d'autres, beaucoup plus macabres, des fragments osseux des ancêtres défunts. Cette proposition souleva, bien évidemment, un tollé général. On cria à l'hérésie, traitant les coupables de zhaïnoclastes. Ces derniers, piteux, retirèrent leur motion, arguant d'une plaisanterie visant à détendre l'atmosphère des débats…
Au final, il fut décidé de couler des unités de métallorganie selon une progression pondérale arithmétique : 1 g pour 1 centime de kobalar, 7 g pour 1 demi kobalar, 14 g pour 1 kobalar, 28 g pour 2 kobalar, 56 g pour 4 et 112 g pour 8. Les Sages décidèrent de conférer à cette monnaie une forme heptagonale et d'y représenter un quadripode paissant paisiblement sur l'avers et la valeur sur le revers. Seule l'Institution Zeuhl de Crédit Kobaïen serait habilitée à frapper monnaie.

Ces changements profonds qui affectèrent la société kobaïenne eurent du mal à pénétrer les mentalités de mes congénères (moi compris). Ainsi, devons-nous, encore de nos jours, nous déplacer avec le Manuel d'Economie Kobaïenne et nous y référer quotidiennement afin de ne pas commettre d'impair ou, plus simplement, nous faire escroquer. Oui, escroquer. Ce phénomène, consubstantiel au commerce, se développa largement dès cette époque d'innovation mercantile et offrit de nouveau débouchés en terme d'activités rémunérées.
C'est à partir de cette époque que nous fûmes amenés à côtoyer régulièrement les autres occupants des univers. Nous avions bien quelques idées sur eux, surtout après les mauvaises expériences liées à la Guerre, mais nous restions tout de même largement dans l'ignorance de l'étendue des dégâts… Force fut de nous rendre à l'évidence : l'écrasante majorité de la vie grouillante dans les mondes était bipède. Une exception notable est néanmoins à remarquer : Tentaka, où de gentils cépaholopodes planaient dans l'éther…

Les performances mécaniques de la métallorganie quadripodique nous conférèrent une certaine notoriété, car nous étions incontournables, en situation de monopole. Je ne parle même pas du biométal issu du Zhaïn…
Nous fûmes donc amenés à nous répandre dans notre galaxie, afin de trouver de nouveaux pacages pour nos quadripodes.
Devant les besoins, sans cesse croissants, en denrées nourricières pour nos protégés, nous prîmes la décision collégiale de nous spécialiser dans le recyclage. Nous décidâmes d'accueillir sur Kobaïa, au début, puis sur les planètes de notre empire par la suite, les déchets métalliques et les matériaux composites hors d'usage, afin d'alimenter nos troupeaux. Ainsi, notre société est maintenant constituée de deux grandes classes prestigieuses : les éleveurs et les éboueurs. Les constructeurs et les inventeurs, autres castes importantes, ne connaissent toutefois pas la gloire utilitaire des précédents.

Voilà. Je pense vous avoir brossé un tableau fidèle et presque complet de l'histoire des Quadripodes de Kobaïa, de l'événement improbable à notre avènement incertain…
Peut-être reviendrai-je vous éclairer sur des aspects particuliers de notre société.

Bien à vous,

Gnomax, Président à vie du Grand Conseil Zeuhl.
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