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 Échos

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Cocoon
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MessageSujet: Échos   Jeu 5 Mai - 17:47

Note introductive: J'ai toujours eu au coeur cet endroit, ce monastère, ce sanctuaire chantonnant toujours de réconfortantes prières. Une forme de refuge en somme. J'ai décidé de vous en faire la visite, car sincèrement, j'aime ce genre de lieux. Où on se retrouve dans un sanctuaire de calme, de méditation, de repos. Les vastes salles de pierre où s'accumulent les vieux tomes, les vitraux et fenêtres donnant sur des étendues infinies... Je voulais donc faire partager cet amour de ce que la religion a, à mon sens, apporté de plus beau: Ses lieux de culte.

J'ai volontairement retiré toute forme de clin d'oeil à une éventuelle religion pratiquée, nonobstant l'architecture typique du christianisme, afin de le laisser appréciable par tout bon lecteur. (Et puis sincèrement, baver 3 pages sur la beauté d'un christ ou d'une image du Saint Graal... je préfère vous épargner ça comme à moi).

Dernier point, et je pense que ça rajoute tout son sel à cette lecture, je vous conseille d'écouter la musique tirée de Zelda, Ocarina Of Time, intitulée "Temple of Time". C'est celle que je me suis passée en boucle dans la rédaction du texte, et qui pour moi représente ce fameux chant dont je parle tout le long du texte. Si vous ne l'avez pas, ou ne pouvez la télécharger, voici un lien utile.

Passez une bonne visite, et n'oubliez pas la petite pièce pour l'entretien de l'édifice Clin d\'Oeil



_____________________________



La pluie. Elle résonne. Je l'entends couler sur les parois de pierre. Chant mélodieux paradant depuis le ciel. Le clapotis de l'eau craché par les gargouilles se fait vaguement entendre, comme un second choeur venant soutenir la chorale. Un éclair tonne au loin, apportant sa lumière à travers les fenêtres. La salle s'illumine un bref instant, dévoilant chaque recoin, puis retrouve son calme monastique. D'autres voix se font entendre, leurs échos me parvenant des profondeurs de l'édifice. Je me rappelle. Un instant plus tôt. La vision d'un mont, crevant le manteau de brume négligemment étalé sur les landes. Lance de pierre plantant le sol, couronnée d'une vaste abbaye. Je me rappelle ces hautes tours, ces murailles millénaires, injures effrontées au temps qui passe, et ce chant...

Toujours le même, calme, posé, caverneux. Les gorges de ce sanctuaire portant ces voix comme si elles étaient siennes. D'un seul esprit, tout l'endroit respirait une forme d'harmonie. Mais plus encore. L'odeur des bougies éparpillées dans la pièce venait renforcer celle de l'encens cérémonial, marquant l'humble visiteur de ces effluves sacrées.

J'ouvris les yeux, les traces de l'éclair s'effaçant de mes rétines, et respirait calmement. La douce lueur des flammes donnait une ambiance sereine à la pièce, et j'entendais craquer une bûche dans un feu d'une pièce voisine, dérisoire résistance face au froid mordant porté par la tempête qui sévissait dehors. Posant les mains sur mon siège de bois, je sentis le chêne, vieux et usé, se lover contre mes paumes. Me relevant, je jetais un dernier regard affectueux vers le petit autel où je méditais, puis me mis en marche.

Le bruit de mes sandales était l'unique son venant perturber le chant qui semblait m'appeler désormais. Je suivi d'une oreille cette rumeur, amère et douce, qui me berçait dans cette froide soirée d'hiver. Les murs de pierre, insensibles et muets, restaient glacés au toucher. Une torche en main, je poursuivais ma route sur le dallage intemporel, perdant mon regard dans les tapisseries voilées par le manque de lumière. D'anciennes batailles y étaient relatées, on y voyait des hommes, des étendards, et le plus remarquable: de nombreuses reliques brandies à la foule. Elles prenaient la poussière depuis tant d'années...Et pourtant narraient leurs histoires avec toujours autant de force. J'entendais presque le chant des lames s'affrontant l'une contre l'autre, le craquement des boucliers, le hennissement des chevaux.

Grappillant quelques lambeaux d'histoire à la lueur de ma torche, je remontais peu à peu dans le temps, parcourant en sens inverse le déroulement de notre histoire, retrouvant alors une époque de paix et d'abondance. Un sourire s'échappa de mes lèvres en pensant que l'histoire n'était qu'une sorte de boucle, dans l'une ou l'autre direction, on finissait toujours au même résultat. Ce couloir devenait interminable, les torches se succédant, les batailles n'en finissant plus, et toujours cette clameur venant du fond de l'abbaye. Suivant inlassablement ce chant, je fini enfin par atteindre le bout du couloir.

Une torche d'usée, je me saisi d'une autre, plongeant un autre pan d'histoire dans l'obscurité. Je tourne à l'angle, et entre dans une nouvelle pièce. Elle est immense, imposante, impérieuse. Seules les étagères de bois, remplies de livres de tout lieux et toutes époques viennent gêner la diffusion du chant. Celui-ci, dirait-on, pourrait presque les bercer, comme le gardien d'un savoir endormi en ces murs. Silencieux, ils attendent d'être ouverts, lus, compris. J'avance entre les rangées, l'écho de la berceuse se faisant plus pénétrant, comme si l'espace de la salle servait de poumon à l'abbaye, recrachant par d'autres cordes vocales les sacro-saintes vibrations. Je caresse du regard les reliques entreposées, la poussière se faisant voile sur ces ouvrages oubliés des hommes. Protégés du temps, ils semblent attendre, comme spectateurs d'une prophétie à venir, sages et muets conseillers.

Je respire profondément cet odeur de vieux papier, sentant l'encre séchée, le cuir, et la poussière; Je ressens presque la présence d'un vieux scribe passant ses journées à retranscrire cette connaissance sur de vieux grimoires, isolé du monde dans ce lieu reclus.

Entre deux notes chantonnées, je crois entendre le bruit de la plume siffler sur le verre de l'encrier, et gratter le papier. Un autre éclair tonne au dehors, plongeant la salle dans une lumière aveuglante.

Je sors de la bibliothèque, pénétrant un nouveau couloir. Celui ci, court et étroit, est bardé de petites fenêtres transparentes, bien calées dans les ouvertures romanes, donnant une vue sur l'extérieur. Le ciel sombre s'illumine de quelques foudres, repoussant pour un temps les ténèbres de la terre. Je ne vois rien en dessous. Juste une noirceur impénétrable. Ce spectacle s'étend sur des kilomètres, donnant l'impression d'être seul au monde dans cette abbaye. Comme si ces landes éternelles n'étaient faites que d'obscurité, et que nous, humbles hommes, cherchions par nos maigres bougies à les éclairer.

Je poursuis ma route, achevant ce couloir dans une réflexion lointaine. Le chant se fait plus fort, je me rapproche. Franchissant une nouvelle porte, j'accède cette fois ci au réfectoire. Pas ici ? Les lourdes tables de chêne s'étendent devant moi, comme de hauts tapis bruns recouvrant le sol. Quelques torches guident le chemin vers la sortie, mais je trouve étrange de voir ce lieu de vie déserté. Pas un tableau, pas un trophée, juste ces tables, symbole de la communauté. Rien d'excessif, aucun superflu, la sobriété monacale de la décoration ne fait qu'accentuer l'humilité imposée au visiteur. L'attention se porte sur l'intangible, le sous entendu, l'impalpable. Cette omniprésence qui vous suit à chacun de vos pas.

Longeant les murs, je me dirige vers la prochaine porte, le regard arrêté par la seule originalité digne d'intérêt, un immense vitrail surplombant la pièce. Ses couleurs bien peu mises en valeur par l'obscurité me font entrevoir une scène où Homme et Lumière se croisent, soufflant un espoir et un respect silencieux dans l'esprit qui le contemple.

Une porte me barre la route pour sortir du réfectoire, bien difficile à ouvrir. Je force et pousse avec ferveur pour enfin l'entrouvrir, et passe dans l'entrebâillement pour arriver à un grand escalier. M'arrêtant quelques secondes, je remercie la lumière de ma torche tout en maudissant ce froid qui me ronge les pieds. Les marches étaient rudes, hautes, et le passage répété de croyants n'avait pas suffit à en arrondir les angles. Après cette longue marche, je pris sur moi pour escalader ce nouvel obstacle, montant une à une ces moqueuses qui se jouaient de ma peine. Une nouvelle lumière guidait mes pas. Celle de luxueux candélabres, aux couleurs de feu et d'or. Brillants d'une réconfortante lueur, je me dirigeais sans tarder vers cette nouvelle pièce, profitant de la présence d'un banc pour m'y assoir quelques instants.

Reprenant mon souffle, j'admirais la pièce. Sans y prêter attention, je me retrouvais dans la nef centrale de l'abbaye. Elle était à l'image de cette dernière, immense, écrasante, pourtant vide mais lourde d'un poids bien familier.

Les candélabres, bougies et quelques lustres disposés au plafond donnaient à ce sanctuaire une lueur chaleureuse et accueillante. Je perçu à nouveau une odeur d'encens, m'incitant à fermer les yeux pour m'imprégner de son parfum. Ils étaient là. Les chants venaient d'ici. J'entends la clameur de leur voix venir à mes oreilles, se répercuter contre les piliers de pierre, contre les vitraux colorés, sur lesquels la pluie poursuivait sa croisade. Les sons se perdaient au plafond dont je ne discernais même pas la hauteur, et s'engouffraient dans les différents couloirs pour se diffuser dans toute l'abbaye comme s'il s'agissait d'un orgue gigantesque.

Me levant pour la deuxième fois, je marchais sur l'épais tapis de couleur pourpre, étouffant mes le bruit parasite de mes pas sur le sol. Fixant au loin, je voyais l'autel, coeur même de tout l'édifice. Là où naissent les fois, les demandes, les pardons, les espoirs. Le centre spirituel de tout cet organisme vivant qu'était l'Abbaye.

Avalant les derniers pas m'éloignant du choeur, je cherchais du regard les auteurs de ce chant qui me berçait depuis mon réveil. Personne.

Mais où étaient les moines ? Qui donc fredonnait cet air mélancolique ?

Seul le vide me répondit, et mes appels ne firent que troubler un moment la quiétude de l'endroit. Près de l'autel, aucun signe religieux, aucun ornement, aucune décoration. La présence se fit à nouveau sentir, pénétrante, appuyant sur mes vieilles épaules.

Cherchant une réponse à tout ceci, mes yeux se levèrent, admirant les trois grandes fenêtres de verre, soigneusement décorées de multiples couleurs, dépeignant de nouveaux pans d'histoire. Des personnages inconnus se parlaient, découvraient, vivaient devant moi, mais leur sens, leur message m'étaient étrangers. A mon grand regret je ne comprenais pas ce qui se dessinait sous mes yeux, et mon regard se baissait de dépit quand je finis par trouver, parmi ces obscures pensées, une phrase, et une seule, dominant tout le reste.

Écrite dans un langage aussi vieux que le monde, de fines arabesques finissant les lettres peintes sur les vitraux, elle me tira un sourire satisfait, qui éclairait enfin cet humble pèlerinage.

Alors les voix qui chantaient prirent à mes oreilles tout leur sens.

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Dernière édition par Cocoon le Ven 6 Mai - 16:30, édité 2 fois
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Erlidann

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MessageSujet: Re: Échos   Ven 6 Mai - 12:57

Un texte contemplatif très agréable. N'ayant pas joué à ce Zelda, je ne connaissais pas la musique, pas désagréable non plus.

J'ai vogué à tes côtés dans cette immensité désertée qui résonne d'un chant mystique. Ma lecture n'a été arrêtée que par quelques coquilles et tournures qui m'ont dérangé.

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Melaka
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MessageSujet: Re: Échos   Ven 6 Mai - 21:51

J'ai bien aimé ce texte. L'ambiance "vieille abbaye emplie d'histoire" m'a plu. Je trouve que tu décris bien la froideur de l'édifice qui renferme un passé que l'on peut s'imaginer grâce aux souvenirs qui persistent. La fin m'a d'abord surprise dans le sens où je pensais avoir une réponse, mais au final je crois qu'il est mieux de laisser le lecteur imaginer ce qu'il veut Heureux


J'apprécie particulièrement ce passage :
Cocoon a écrit:
Une torche d'usée, je me saisi d'une autre, plongeant un autre pan d'histoire dans l'obscurité. Je tourne à l'angle, et entre dans une nouvelle pièce. Elle est immense, imposante, impérieuse. Seules les étagères de bois, remplies de livres de tout lieux et toutes époques viennent gêner la diffusion du chant. Celui-ci, dirait-on, pourrait presque les bercer, comme le gardien d'un savoir endormi en ces murs. Silencieux, ils attendent d'être ouverts, lus, compris. J'avance entre les rangées, l'écho de la berceuse se faisant plus pénétrant, comme si l'espace de la salle servait de poumon à l'abbaye, recrachant par d'autres cordes vocales les sacro-saintes vibrations. Je caresse du regard les reliques entreposées, la poussière se faisant voile sur ces ouvrages oubliés des hommes. Protégés du temps, ils semblent attendre, comme spectateurs d'une prophétie à venir, sages et muets conseillers.

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MessageSujet: Re: Échos   Ven 6 Mai - 21:58

Merci pour vos commentaires ^^

Pour la phrase de fin, je comptais au début en écrire une, mais je trouve que ca colle largement plus à l'esprit de méditation, de mystère que de laisser le lecteur trouver sa propre phrase. Le sens de la vie est propre à chacun ^^ donc...

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