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 L'Histoire véritable de cette nuit là.

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Aillas
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MessageSujet: L'Histoire véritable de cette nuit là.   Mer 15 Juin - 0:12

- - Louve de nuit, mon étoile, guide mes pas loin des écueils incertains que couvre la brume, travaille mon corps pour qu'il soit aussi retors qu'un clou de cercueil, souffle mes remords et happe mes regrets. Ce soir, j'ai encore à sortir sous ton couvert. - -




L'éclopé rampe dans le caniveau pour entrer dans la bouche d'égout, il s'engouffre dans le conduit mal ouvragé. Tout est sombre mais il n'a pas besoin de voir pour savoir où aller, ses mouvements sont dictés par une habitude et une parfaite aptitude à traîner parmi la fange. Son grand manteau le camoufle parfaitement ici alors qu'il le rendait bien visible sous le soleil, il s’imprègne de l'odeur poisseuse des rebuts et des eaux croupies. Voilà son monde, son sourire. Il continue dans le tunnel.

L'obscurité devient lumière tamisée à mesure que les parois s'écartent les unes des autres, laissant possible chemin désormais à plus de cinq personnes marchant de front. L'infirme trottinant réapparaît, s'avançant toujours plus loin, frôlant les torches accrochées aux murs, fixées à des alcôves taillées à même la pierre. Face à lui rigolent une dizaine de macchabées, attachés par le corps à une grande herse donnant sur la suite du couloir toujours lumineux. Mais l'homme ne franchit pas la herse, il tourne à sa droite et décale un des cadavres masquant une pierre mouvante que le trébuchant retire, délivrant de larges et lourds contrepoids que l'on devine par un bruit de rouages chuintant. Là est l'entrée du Hall des Coquins, ces hommes et femmes misérables et ambitieux. Ne pas suivre les lumières, chercher sous la semence des pendus, dans les excréments des suppliciés ou sous le postérieur d'un mort, c'est dans ces endroits que l'on trouve ce que l'on cherche pour autant que l'on cherche un Coquin.

Il passe quelques marches, enjambe quelques conduites, franchit quelques portes et enfin traverse le hall circulaire. De faibles voix presque inaudibles, des ombres mouvantes ou monolithiques indiquent qu'il n'est pas seul. Sans s'arrêter il va jusqu'à une petite arcade et pousse la porte qu'elle recèle, à l'intérieur de cette pièce demeure un homme qui compte. Des montagnes de papiers s'entassent sur un vaste bureau, l'homme que l'éclopé est venu voir est en train de manipuler un boulier de bonne facture, œuvre d'un artisan de valeur. Sans un mot, le trottinant pose une missive sur le bureau, et s'en va.


Citation :
Seigneur,

L'inimitié qui désunit nos familles n'a pas lieu d'être, il est encore possible de faire marche arrière et de faire table rase des désaccords qui sont les nôtres. Bayonne ne mérite pas qu'on la saigne et nos gens ne veulent pas que ce conflit perdure. Ces énergies que nous déployons le sont à perte, je vous demande en toute sincérité de cesser vos exactions sur nos entreprises, notre famille est prête à fermer les yeux sur votre existence si tel est votre choix.

Rien de profitable ne germera de tout ceci, nulle fleur ne pousse dans le sang. Nos enfants n'ont pas à demander leurs parents, nos familles n'ont pas à arpenter leurs chambres toutes les nuits dans l'espoir de nous retrouver. Je vous en prie, mettez fin à ceci.


Dans l'espoir d'une réponse de votre part.
Hedebert de Kurt.


Le personnage dans sa pièce, seul, repose le message et s'empare d'une plume. Sur un papier vierge il écrit ceci : « Et réponse, il y a. » avant de le froisser et de le jeter dans l'âtre derrière lui.

- Le Tout Puissant m'en sera témoin.


XXX



Les brûleurs au coin des rues sont éteints, une brise froide arpente les allées et quelqu'un la suit. Cette personne avance visage découvert, c'est l'homme qui compte. Il tape dans ses mains à chaque pas qu'il fait, de manière méthodique comme pour marquer une procession, mais il est seul. Dans la nuit ne brille qu'une étoile, elle ne luit que de noir car elle n'existe que pour certains, ces mêmes qui croient en la douceur d'un homme qui se brise.

Il saisit une torche à sa ceinture, ainsi qu'un briquet pour y mettre le feu. Sereinement, il passe de maison en maison, de chaume en chaume et, malgré les hurlements, embrase la rue. C'est toute l'allée qui prend flamme, c'est toute la cité qui veule, c'est tout un homme qui jubile et de sa gorge se déploie un rire puissant animant les spectres illusoires de l'horreur collective. La panique se nourrit, prend de l'ampleur et s'exporte, vole de quartier en quartier pour attiser chez les honnêtes gens un brusque sursaut de terreur se plantant dans chaque cœur. Rien sauf l'aube ne calmera leur ardeur, d'ici là on n'entendra que des pleurs.

L'individu entre dans une vaste de demeure. A l'intérieur, un père calme ses filles, affolées à l'étage, depuis l'entrée, leur demande de rester dans leur chambre, de fermer les yeux si possible, puis il constate la porte ouverte ainsi que celui qui se tient sur son seuil. Un mouvement de recul trahit sa surprise, un second trahit sa peur alors que l’intrus s'avance.

- Tu me reconnais. Nous nous sommes déjà vus Perceval. Tu connais les miens comme je connais les tiens.

- Qu'es tu venu chercher, Taunt ?

- J'apporte ma réponse à ton maître. Un étrange sourire renversé se fait sur son visage.

- N'aimes tu rien d'autre que la haine et la mort ? Ne pouvons nous pas vivre dans le partage ?

- Non, nous ne pouvons pas. Nous ne pouvons pas parce que ma famille n'aspire pas à la paix. Parce que mes compagnons ne veulent pas vieillir pour mourir. Parce que le sourire d'un enfant orphelin a bien plus de valeur que celui d'un bienheureux. Je ne vis que dans le sang versé, et peu m'importe s'il y a outrage tant qu'un survit pour raconter le spectacle. Ton fils prendra ta place plus tard et peut-être prendra-t-il ma vie ? Tu seras mon message, tu parleras en mon nom aux tiens, tu sauras trouver les mots justes pour les toucher et que chacun retienne ce que j'ai à dire. Tu as une belle langue Percy.

- Mais ça n'a aucun sens.

- Du sens ? Taunt rit.



Au petit matin, nouveau drapeau dans le ciel cramoisi de Bayonne, Perceval Bartabas flotte au vent sur un pal. Un oiseau chante, juché sur sa tête, et il ne s'agit même pas d'un corbeau. Quand on aime on ne compte pas, Aillas Taunt compte pourtant, il compte sur tout, mais il compte, surtout.

Ainsi est mort Perceval.
Que sa famille le chérisse autant comme ancêtre que comme père et mari amant.


Spoiler:
 

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Mike001
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MessageSujet: Re: L'Histoire véritable de cette nuit là.   Mar 21 Juin - 18:03

C'est écrit d'une telle façon qu'on en oublierais presque que c'est inspiré d'un jeu. A vrai dire, il n'y aurait pas eu d'avertissements sous le titre que je ne l'aurais su. Je ne serais pas contre la poursuite de ce texte, la transposition des intrigues peut donner une histoire intéressante à long terme (comme dans la Guerre des Confins de De Vaanne). Etre immergé au sein d'une confrérie de bandits sans scrupules change de ces narrations où ce sont les gentils qui gagnent.

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Aillas
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MessageSujet: Re: L'Histoire véritable de cette nuit là.   Ven 24 Juin - 5:18

Merci à toi Mike, j'ai essayé le plus possible de décrocher mon texte de l'emprise du jeu et de le rendre accessible et si possible agréable aux non-joueurs. Dans l'idée, je veux l'étoffer d'autres bribes du jeu romancées qui feront un tableau de la situation dans le jeu et de l'évolution de la Guilde/Famille des Coquins -Vous en connaissez, ils sont parmi vous.

D'ailleurs, pour l'anecdote, après notre vendetta contre cette Guilde adverse, tous leurs membres ont déménagé de Bayonne pour nous fuir. Hannibal Lecter

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MessageSujet: Re: L'Histoire véritable de cette nuit là.   

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