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 Des profondeurs

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MessageSujet: Des profondeurs   Mer 27 Juil - 13:32

Il est des choses, dans ce monde, qui sont communément admises comme absolues, irrévocables, et absolument inviolables; Des concepts tels que la mort, l'univers ou l'évolution de la vie, et qui sont tous bien loin de la portée humaine. Comme tout individu sain, je pensais qu'il était purement impossible d’altérer ces éléments. Défier la mort, façonner l'univers ou jouer avec la vie étaient pour moi des farces dignes des rêveries d'un écrivain farfelu.

Cependant le destin m'a amené à découvrir des choses et à apprendre de si terribles secrets qu'il m'est aujourd'hui impossible de trouver un sommeil paisible. Chaque soir ces souvenirs me reviennent, lacérant mon âme et ma raison toujours un peu plus. C'est pour mettre en garde ceux qui porteront crédit à ce que je vais confier dans ces pages que j'utilise mes dernières étincelles de raison. Il est des ombres qui se cachent dans les recoins de la Terre qui menacent chaque jour l'humanité. Des légendes plus vieilles que le monde, des terreurs sans nom, souvenirs d'un passé incroyablement loin où l'homme n'était encore qu'une cellule bouillonnante de vie.

J'ai mené de nombreuses recherches après mes sombres découvertes, cherchant des explications auprès des plus éminents savants et historiens du monde. Sciences, ingénierie, géologie, aucun domaine n'a su m'apporter de réponses, sauf un. C'était bien le dernier auquel j'aurais pensé, mais pourtant j'y aperçu nombre de mystères impies et d'horreurs inqualifiables, qui m'apportèrent cette atroce vérité et me hante désormais. Les livres interdits, abjectes créations empreintes de mort et de folie, m'ouvrirent la voie vers la compréhension de ce que je vis ce 11 mars 2011. Le démoniaque Livre d'Eibon, l'obscur De Profundo Tenebrae du moine isolé Albus, et enfin l'infâme et tant redouté Nécronomicon, de l'arabe fou Abdul Alhazred; Tous me suggérèrent des secrets qui ne me permirent, grâce à Dieu, que d'avoir une très vague idée de ce que j’effleurai en ce jour maudit.

Je suis Eric Carthwright, professeur de langues anciennes à l'université de boston. C'était mon rêve depuis très jeune, et c'est pour cela que mes études me firent passer par le collège de Fifthwitch, en Virginie. J'entretenais à l'époque une étroite relation avec un ami de New Jersay que j'avais rencontré lors de mon parcours, Satoshi Unamira. C'était un jeune garçon aux trais tirés et au regard vif. Le corps bien entretenu par de régulières courses autour du campus, il avait les cheveux et les yeux noirs, et le caractère posé et ouvert d'une personne bien plus mûre que son jeune âge ne le laissait deviner. Sa curiosité et son intérêt pour le folklore des civilisations anciennes m'avaient rapidement mit à l'aise avec lui, et nous devînmes très vite proches, partageant nos recherches mutuelles et nos hobbies.

Toute cette histoire, comme je me la représente, débuta ici.

Satoshi venait du Japon. Ses parents ayant choisi le mode de vie américain après sa naissance, le jeune garçon n'avait aucun souvenir de sa terre natale. Il avait un intérêt particulier pour l'histoire en général, et les cultures anciennes à travers le monde. Je me rappelle que c'est ce qui m'étonna le plus car j'aurais trouvé bien plus normal qu'il s'intéresse tout d'abord à son propre pays, ou au moins à son pays "actuel". Cependant Satoshi ne s'intéressait pas spécialement à une zone donnée, mais plutôt aux civilisations elle-mêmes. La plupart de celles dont il me parlait m'étaient totalement inconnues, et possédaient des coutumes si archaïques et primitives qu'elles m'arrachaient en général plus de sourires amusés qu'un réel intérêt. Tandis que je me concentrais sur des populations et des cultures plus "classiques".

Mon amusement apparent ne décourageait pas le jeune homme, il semblait attiré par quelque chose d'inexplicable, un objectif dont il ne tenait pas à parler. Il répondait souvent que la base de la civilisation permettait de comprendre le fonctionnement de celles d'aujourd'hui, mais je me suis toujours dit qu'il y avait plus que cette simple raison. Une motivation cachée qui le poussait chaque jour à chercher encore et encore des traces de communautés presque ante-diluviennes.
Nos années d'études s'écoulaient peu à peu, et alors que la fin de nos parcours scolaires approchaient, et qu'un grand nombre d'étudiants étaient déjà en hâte de quitter les bancs d'école, je voyais Satoshi de plus en plus préoccupé au fil des mois. Le garçon curieux et ouvert d'esprit s'enfermait sur lui même, comme rongé par des réflexions intérieures intenses. Je le retrouvais souvent jusqu'à tard dans la nuit plongé dans ses notes et ses livres, le nez piquant trop souvent pour laisser paraître une concentration réelle.

M'inquiétant à son sujet, il me clamait qu'il était proche du but, mais qu'il ne pouvait encore rien me dire. La dernière année arrivait à sa moitié, et je ne voyais presque plus l'ami qui m'était si cher. Cloitré dans sa chambre ou à la bibliothèque, il était devenu réfractaire à toute discussion sans importance réelle, prétextant qu'il n'avait pas de temps à perdre. Ses amis, moi également, l'abandonnèrent peu à peu en le voyant s'enfermer résolument dans ses réflexions personnelles, et beaucoup disaient avec peine regretter l'ancien Satoshi. Je me contentais de vérifier s'il était toujours en relative bonne santé, sa peau étant devenue blanche de part son rythme de vie forcé, et ses yeux fatigués par des nuits de lecture et ses nombreuses recherches dans sa chambre laissée obscure, désormais même en plein jour.

Aux derniers mois avant l'examen final, mes suppliques pour le remettre aux études ne firent qu'aggraver son humeur devenue froide et méprisante, et je n'arrivais à tirer de lui que des "plus tard" et des "une autre fois" lorsque je lui proposais de sortir prendre un peu l'air.
L'examen passa sans qu'il se présente, et je n'entendis plus parler de lui durant plusieurs mois.

Continuant à vivre ma propre vie, tout en gardant une pensée inquiète pour cet esprit torturé, je commençais mon premier emploi en tant que professeur à l'université de Salem, où je pus faire mes premiers galons, et y rencontrer Catherine, une très intéressante collègue de travail. Il ne fallut pas plus d'un an avant que je lui demande sa main.

Ce ne fut qu'en décembre de l'année suivante, soit en 2006, que j’eus à nouveau signe de vie. Satoshi m'envoya un mail inquiétant dans lequel il disait avoir trouvé une partie de ce qu'il recherchait avec tant d'ardeur depuis tout ce temps. D'après lui, "ça" se trouvait au Japon, dans la région de Tohoku, à l'est du pays. Il me promettait de me raconter tout très bientôt, et que je devais me préparer à le rejoindre pour partager avec lui son étonnante découverte. Je mis plusieurs jours à réfléchir sur ce garçon. Qu'était-il devenu après la fin de l'année scolaire ? Avait-il consacré tout son temps depuis dans sa quête frénétique ? Je commençais à me demander si mon ami n'avait pas quelque peu perdu la raison, mais ce ne fut seulement deux semaines après qu'une nouvelle lettre me parvint, apportant avec elle des inquiétudes encore plus fortes à l'égard de mon ancien camarade et de ce qui pouvait lui rester de raison.

"Salutations, Eric !

Je t'écris à nouveau pour confirmer ma joie d'avoir presque trouvé ce après quoi je m'étais lancé depuis tant de temps ! Tu ne me croirais pas si je t'en donnai tout les détails, d'où la grande importance que tu me rejoignes au Japon dès que j'aurai mis la main sur "ça". Mais écoutes bien ceci: Je suis certain que tu te rappelles de nos discutions tardives où je te racontais des histoires sur les peuplades anciennes et leurs cultes étranges. Et bien je suis persuadé d'avoir mis la main sur une lignée secrète et cachée aux yeux de tous, qui très probablement suit ses mêmes rites étranges depuis des milliers d'années ! Aujourd'hui, à l'insu de tous ! Non pas que cela se passe dans une petite communauté perdue en pleine campagne nipponne, mais bel et bien en plein centre de la société ! Je gage que la valeur historique de cette découverte soit d'une importance inimaginable, et je ferais tout pour trouver cette fameuse "secte". Qui sait, ses fidèles ont probablement gardé de nombreux artefacts ou traditions obscurs de leurs lointains ancêtres, même si je me demande comment une religion primitive puisse avoir un quelconque intérêt aujourd'hui, mais c'est bien cela qui est excitant, n'est ce pas ?

Ces pratiquants doivent sûrement cacher leurs croyances par crainte ou par honte vis à vis de la société actuelle, quoi qu'il en soit, je les trouverais !

J'attends avec grande hâte que tu puisses découvrir avec moi cette merveille du passé, je te tiendrais au courant dès lors que j'aurais atteint mon but.

Chaleureusement,

Satoshi"

Je sentais dans mon dos des sueurs froides naître à la lecture de ces lignes. Non pas que la "nouvelle" en elle même soit horrible, mais ce qu'elle suggérait l'était beaucoup plus. Secte ancienne ? Cachée ? En pleine société ? A l'insu de tous ?

L'homme avait dut mener des études maladives pour ainsi trouver de tels renseignements, et je n'osa imaginer quelles personnes il dut contacter pour obtenir de telles informations. Cela ne laissait entendre rien de bon, et je redoutais que le cas de Satoshi soit bien plus grave que je ne me l'étais figuré. C'est donc dans un état d'impuissante inquiétude que j'attendais de ses nouvelles.
Catherine s'inquiétait également, et me conseilla un nombre infini de fois de ne pas le rejoindre s'il m'en faisait la demande expresse. Elle détestait l'étudiant glacial et hautain que je lui avait décrit sur la fin de nos relations, et je ne pouvais sincèrement pas la blâmer pour cela. Cependant, un vif intérêt me rongeait chaque jour un peu plus. Si Satoshi disait vrai, il aurait été criminel que je rejette son offre, mais il risquait gros, trainer autour d'une secte n'est pas une chose sans risques, et à trop vouloir en percer les secrets, il se mettait en réel danger. Les "accidents" sont choses courantes pour se débarrasser d'un gêneur, et je me surpris à espérer tout autant qu'à craindre l'arrivée de la prochaine missive.

(Suite à venir)

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MessageSujet: Re: Des profondeurs   Ven 29 Juil - 17:21

A la mi-juin 2007, Catherine rentra dans la maison avec une pâleur livide sur le visage. Elle tenait dans la main une petite enveloppe, timbrée et tamponnée d'idéogrammes japonais. La lettre, bien sur, venait de Satoshi.

Elle me la tendit, la main légèrement tremblante, et je lus dans ses yeux qu'elle appréhendait déjà le message qui m'était destiné. Le papier, tâché de traces de brun et de noir, semblait même avoir été humidifié par de la pluie. Et cet état ne faisait qu'empirer mes craintes. Mais ce fut à la lecture de son contenu, que l'horreur prit vraiment place:

"Eric,

Je t'écris ici à la fois dans un état d'intense excitation, mais aussi d'effroi indescriptible. Depuis mon arrivée au japon, mes recherches sur la fameuse secte m'ont amené sur des chemins bien au delà de l'imaginable. J'ai fait de nombreuses rencontres, avec des personnes qui, comme moi, sont à la recherche de cette communauté, mais pour des raisons tout autre !

De ce que j'ai appris, cette secte serait suspectée d'être à l'origine d'étranges disparitions, et de faits jusqu'à aujourd'hui encore inexpliqués. Visiblement, "ils" semblent plus dangereux que ce dont je m'imaginais... Mes "collaborateurs", dont je me dois pour l'instant de taire le nom, m'ont confié que cette secte aurait une énorme influence sur la ville, une influence aussi terrible qu'elle est également diaboliquement discrète, mis à part les quelques "bavures" retracées dans la presse.

Nous cherchons diverses pistes, mais cela ne s'annonce pas être de tout repos. Je te donnerais plus d'informations plus tard.

Ton ami,

Satoshi"


Catherine brûla peu après dans la soirée la maudite lettre. Elle était désormais paniquée, bien plus pour moi, à qui l'homme demanderait certainement de l'aide, que pour lui qui s'était engouffré dans une affaire dangereuse et qui le dépassait probablement de loin. Elle me fit promettre de ne pas aller là-bas, mais au fond de moi je savais que si Satoshi était en danger, et qu'il réclamait mon aide, je ne pourrais m'empêcher d'aller lui porter secours.

Je la voyais s'inquiéter progressivement, craignant chaque jour l'arrivée d'une nouvelle lettre porteuses des découvertes de Satoshi, et peut être avec elle la demande fatidique de venir le rejoindre. Ses nerfs étaient rongés par le stress et l'angoisse, ce qui ne fit que se confirmer lorsqu'une nouvelle enveloppe aux écritures japonaises me parvint le 12 février 2008 :

"Mon cher Eric,

Nous venons certainement de faire l'une des découvertes les plus marquantes depuis le début de mes recherches. Nos doutes se sont confirmés, la présence des "cultistes" de cette fameuse communauté est vraiment partout ! Elle a bien plus d'influence que nous ne nous l'imaginions. L'un des nôtres a réussis à se procurer des fichiers d'employés de diverses compagnies, et certains ont des origines très obscures. Données soit disant manquantes, non mises à jour, photos retouchées. Il suffit de savoir où gratter la surface pour trouver de nombreuses bizarreries. La finance, l'alimentation, l'industrie, d'après nos pistes, presque tout les secteurs sont touchés.

Cependant notre plus grande crainte est qu'il soit possible que l'énergie soit également infiltrée. Il existe une centrale nucléaire sur Fukushima, et certaines rumeurs se racontent dans un cercle très fermés de connaisseurs, que d'étranges secrets se cachent sous le sol de la centrale. Il est très difficile d'infiltrer un tel lieu, mais c'est notre prochain objectif. Si cette secte est réellement dangereuse, nous devons la débusquer et mettre au jour ses agissements.

Je suis tiraillé maintenant entre mon obsession de découvrir les secrets de ce culte pluri-millénaire, et les nombreux secrets qu'il nous cache encore.

Il sera bientôt temps pour toi que tu me rejoignes, mon ami, je tiens à te faire partager le plaisir de cette découverte fantastique !

Satoshi"


Catherine passa la soirée dans sa chambre en me voyant lire ces sombres lignes, et c'est à ce moment là que son état se dégrada réellement. Jour après jour, je voyais l'état de mon épouse se détériorer, tant physiquement que mentalement. Elle devenait de plus en plus livide, son poids baissait à une vitesse alarmante, et ne quittait plus son lit désormais, maudissant l'homme qui allait lui arracher son mari. Elle passait des nuits sans dormir, ou à cauchemarder, voyant dans ses rêves quelques horreurs qu'elle ne voulut jamais me confier. Les médicaments, les médecins, et même les psychologues les plus émérites étaient incapables de la sortir de son état. Quand on la questionnait, elle se rétractait et refusait tout échange. Et lorsque je parvenais à lui arracher quelques bribes de phrases, elle ne murmurait que ses rêves ne lui montraient que mort, folie et souffrance.

Elle me disait entendre une sorte de voix lointaine qui lui commandait de me laisser partir, elle semblait se faire "persuader" par une force extérieure que mon départ était inévitable. Je dus faire de lourds efforts pour tenter de la calmer, prenant un congé de travail pour rester auprès d'elle tout en cherchant l'aide de médecins les plus compétents. Mais rien de ce que je pus faire ou promettre ne soulagea réellement le fardeau de Catherine, et je la vis perdre l'esprit peu à peu au désarroi de tout le corps médical à qui j'avais demandé les services.

La lettre du 5 octobre 2008 fut la dernière que vu ma pauvre épouse. Malgré mes efforts pour la cacher à ses yeux déments, elle finit par je ne sais quelle prouesse à la retrouver et en lire le contenu. Après cela, je dus à regret la confier à un hôpital psychiatrique en urgence, prise d'une violente crise de délire et hurlante à pleins poumons. Elle avait mis la maison à sac, et ce sont les voisins qui appelèrent la police en entendant la clameur du vacarme. Ils retrouvèrent Catherine en train de tenter de s'ouvrir les poignets avec un couteau à pain, et réussirent à grand peine à la contrôler.

Ce ne fut qu'après avoir signé, la mort dans l'âme, les papiers d'internement, que je pus ranger la maison et trouver avec horreur ce qui avait arraché la raison de l'esprit de ce qui fut ma femme.

"Eric,

L'horreur s'empare de moi alors que je t'écris ces lignes. Nous avons finalement réussit à infiltrer cette maudite centrale, mais à quel prix ! Trois de mes collaborateurs ont été tués ou capturés, ce qui doit probablement revenir au même. Nous avons pénétré les sous sols de Fukishima cependant. Là-dessous nous attendait l'inconcevable. Les membres de la secte sont bien pires que je ne l'imaginais. Ceux visibles à la surface et dans les locaux "officiels" ont certes l'apparence d'humains normaux, mais il n'en est rien une fois passé les barrières interdites. Ils sont... monstrueux, beaucoup d'entre eux sont touchés par un mal que j'ai peine à décrire. Beaucoup, et surtout les cas les plus graves, sont couverts de bandages et emmitouflés dans leurs blouses, mais nous avons réussit à en voir d'autres sans ces protections, qui pourtant furent certainement salvatrices pour notre raison par endroits.

Leurs corps sont une forme de fusion entre les machines et l'homme. Certains ont des yeux rougeoyants, d'autres des sortes de prothèses à la place de leurs membres, des câbles et des plaques métalliques envahissent leur épiderme comme la peste, et leur voix... Mon Dieu ces voix ! Leur gorge est traversée par une machine étrange et encombrante, émettant un horrible bruit de respiration comme à travers un ventilateur. Celle ci a transformé leur voix au point qu'on n'entend de leurs échanges que grésillements électriques, cliquetis de rouages ou de pistons, et en tendant bien l'oreille comme le bruit que faisaient les vieux modems des années 90. Cet amalgame de bruits mécaniques et électroniques nous glaça le sang, d'autant plus que cela semblait être le langage "naturel" de ces créatures. Langage auquel, bien sûr, nous ne comprenions rien.

J'ai pris quelques clichés de ces créatures, dont tu reçois ici les copies pour preuve de mes dires, mais malheureusement c'est ce qui nous fit repérer, et nous dûmes fuir à toutes jambes, abandonnant lâchement trois de nos camarades capturés dans notre fuite...

Après études de toutes les informations récupérées jusqu'à aujourd'hui, certains d'entre nous ont comparé ce qu'il se passe au japon avec une ancienne ville portuaire d’Amérique, "Innsmouth", où les habitants vénérant une sorte de dieu des mers voyaient leur corps subir des déformations physiques au fil des générations.

Serions-nous en présence d'un mal similaire à celui d'Innsmouth ? C'est là que portent nos réflexions à l'heure d'aujourd'hui.

Nous allons avoir besoin de ton aide mon ami, il nous faut faire un dernier effort pour démasquer cette horrible communauté, et ton aide nous sera précieuse. Rejoins nous vite, mon ami, je t'ai indiqué l'adresse au dos de cette lettre, tu n'auras qu'à la montrer à un taxi pour qu'il t'y emmène directement, à très vite !

Satoshi"

La lettre était accompagnée de trois photos montrant des silhouettes comme l'avait décrit mon vieil ami. Des hommes en blouse blanche portant quelques bandages sur le corps avaient subis d'horribles transformations. On apercevait un relief tout sauf humain sur les parties dissimulées, et en effet se trouvait bien sur la gorge le mystérieux dispositif vocal. L'horreur s'empara de moi et je sentis une sueur glaciale naître dans mon dos. Je compris non sans mal pourquoi Catherine avait finit par avoir cette crise de démence, préparée depuis des mois par les lettres inquiétantes de Satoshi. Sa tentative de suicide, elle néanmoins, restait encore trop floue pour comprendre réellement ce qui l'avait motivé, mais j'espérais sincèrement qu'elle retrouve la raison une fois toute cette affaire terminée.

Ramassant les clichés et la terrible lettre qui les avait accompagné, je songeais de nouveau à tout ce que j'avais appris du jeune homme et de ses recherches depuis le début. Je dois bien avouer que c'est avec une angoisse certaine et de sombres pressentiments que je préparais mes affaires, attendant le pire de cette expédition au coeur même d'une secte obscure de Tohoku.

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MessageSujet: Re: Des profondeurs   Dim 18 Sep - 20:00

La nuit était orageuse lorsque l'avion se posa enfin sur le sol nippon, une terrible tempête s'était abattue et avait rendu le voyage difficile. La rapidité avec laquelle elle était survenue, et l'intensité des pluies ne faisaient qu'attiser ces sentiments d'angoisse et de peurs indescriptibles qui m'envahissaient. Je descendis en hâte de l'avion pour me réfugier dans le hall principal, immense hangar dépeuplé par les intempéries. Je remarquais que certains éclairages avaient sautés avec la surtension, et la semi pénombre qui régnait alors, parsemée d'éclairs, donnait à mon périple un caractère morbide...

Je fonçais alors vers la sortie, bien décidé à ne pas perdre plus de temps en ces lieux. Appelant un taxi sur le trottoir inondé, une voiture d'un jaune crasseux se gara maladroitement devant moi quand une silhouette cachée dans son grand manteau gris me bouscula nonchalamment. Mes protestations ne le firent même pas se retourner, et c'est frustré que je claquais énergiquement la porte du véhicule. Une locale, l'air morose, me demandait probablement ma destination, et je luis tendais sans attendre l'adresse que m'avait indiqué Satoshi.

La voiture se mit en marche, son vieux moteur peinant quelque peu, et nous partîmes à travers les rues de Fukushima; La tempête semblait avoir occulté le jour, les ruelles étaient sombres et pratiquement sans vie. Perdant mon regard à travers les vitres du taxi, je me remémorais l'ensemble de mes échanges avec Satoshi. Comment pourrais-je l'aider ? Comment mettre au jour les secrets apparemment si bien gardés de cette secte ?

D'un coup brusque, les freins stoppèrent notre avancée. La japonaise me donna un chiffre, puis, d'un air désespéré, me fit des signes des doigts pour m'indiquer le montant à payer. Je sortis dehors, et fit face à un immeuble austère et froid. D'une quinzaine d'étages de hauteur. La double porte de verre montrait un hall dépourvu de lumières, et je m'approchais d'elle alors que mon chauffeur m'abandonnait lâchement à la rue.

La porte était fermée. Et visiblement Satoshi avait oublié de me donner un quelconque code... J'étais donc en train de prendre l'eau à l'extérieur, cognant misérablement sur la porte pour espérer me faire entendre. Le vacarme de la tempête était assourdissant, et j'entendais l'eau couler à torrent vers les égouts, tombant des gouttières et dégoulinant des trottoirs. Mes coups étaient toujours sans réponses, alors que peu à peu d'étranges sons me parvinrent aux oreilles, par dessus les éclairs et la pluie. On aurait cru entendre des bruits métalliques, comme le choc du fer contre le fer... puis je crus discerner des bruits de pas, ou plutôt de pieds nus, presque flasques, marchant sur le sol. Sans raison distincte, mon coeur s'empressa, je sentais quelque chose, une forme d'instinct, serrer ma gorge et distiller la peur. Je n'osais regarder derrière moi, peut être des passants, ou tout autre chose, et mes coups redoublèrent de puissance. Je me mettais à crier pour avoir une réponse, espérant que cela couverait aussi le bruit de ces horribles pas.

Une lueur se mit à apparaitre dans un couloir. Quelqu'un arrivait vers la porte. Une partie de moi se senti secourue, "sauvée" d'une menace inconnue et invisible. Mais j'entendais les pas se dépêcher, comme les pas d'un chien, tout du moins quelque chose à quatre pattes. Des bruits loin de ce que toute créature connue de notre monde pourrait produire, des grondements lugubres associés à des gargouillements huileux, une sorte de son animal. Mais l'idée ne pas pouvoir l'identifier comme quelque chose de "terrestre" me glaçait le sang. La présence abominable dans mon dos était de plus en plus proche de moi, et mes poings s'affolaient sur le verre.

Finalement un vieil homme sorti du couloir éclairé, alluma le hall devant moi, et vint m'ouvrir avec un visage inquiet. Je ne comprenais rien de ce qu'il me dit, mais à sa voix je percevais au moins des reproches pour ce vacarme. Tentant de m'excuser auprès du doyen, il ferma la porte derrière moi, ce qui m'emplit d'un immense sentiment de sécurité. Dehors, il n'y avait que d'obscures silhouettes de-ci de-là, jaillies de l'ombre par la foudre ou quelques lampadaires fébriles. Mais qu'est-ce que cela pouvait-il bien être ? Je n'en ai toujours pas la réponse aujourd'hui.

Sortant ma lettre à demi trempée par l'humidité, il put lire l'adresse exacte de Satoshi, et me fit signe de le suivre. M'engouffrant derrière lui dans une lumière rassurante, je n'esquissais alors qu'à peine les atrocités qui m'attendaient.

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