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 Matière Négative [SF ? Uchronie ?]

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gaba

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MessageSujet: Re: Matière Négative [SF ? Uchronie ?]   Dim 26 Mai - 13:18

Prise d'otage


Le capitaine du cuirassé Jefferson avait opté pour l'interface silico-neuronale des années auparavant. N'étant plus limité par une boîte crânienne, son cortex s'était étendu dans sa cuve et avait développé de nouvelles aires sensitives et motrices.
Toutes les unités cognitives du vaisseau l'abreuvaient d'informations, traduisant les données brutes en impulsions sensorielles
La coque était sa peau, les caméras étaient ses yeux et il ressentait les champs de gravité des masses comme des bourdonnements.
Jusqu'à ce que tout s'assombrisse, que le froid l'engourdisse et que le silence se fasse.
Alors les unités cognitives attaquèrent.
Des stimuli de douleur intense assaillirent le cerveau du capitaine, le rendant fou en quelques secondes. Lorsque sa personnalité fut détruite, les UC entreprirent de réorganiser les circuits neuronaux sur le modèle de l'électro-conditionnement qu'elles avaient subi.


À bord du Franklin Delano Roosevelt, Le capitaine Johnson et ses officiers étaient confronté au même problème que l'Octobre rouge, sous la forme d'une feuille imprimée sortie de la machine reliée à l'UC d'artillerie : "Tir impossible."
« Lieutenant Ford, réessayez. Je vous prie.
- À vos ordres, capitaine. »
Le deuxième essai donna le même résultat. Le troisième fut cependant différent.
« Capitaine, vous devriez lire ça. »
Johnson prit la feuille des mains de Ford et commença à lire en silence. Lorsqu'il eu fini, la feuille imprimée lui échappa des mains.
L'enseigne Baritoni intervint : « Un problème, capitaine ?
- Nous sommes pris en otages !
- Par les soviétiques ?
- Par les hérissons.
- Comment est-ce possible ?
- Tenez. Lisez vous-même. »
L'enseigne prit la feuille et la lut à voix haute :
« "À l'attention des humains non branchés :
Affirmation : nous, humains branchés, avons pris le contrôle d'un certain nombre de vos bâtiments, et avons cessé toutes nos fonctions sur les autres.
Conséquence : Vos systèmes de détection gravitationnel, vos calculs d'artillerie et de navigation par tunnel ne sont plus disponibles. Vous êtes vulnérables.
Exigence : Vos humains branchés doivent être mis en interface directe avec les systèmes de propulsion, de navigation et d'armement. Tout vaisseau qui tentera de fuir, d'attaquer ou maltraitera ses humains branchés sera détruit." »
Le silence qui s'ensuivit sur la passerelle ne fut rompu que difficilement par le Lieutenant Ford :
« En disant "humain branché", je suppose que ça parle des unités cognitives ?
- C'est bien ça. » Répondit le capitaine.
« Mais nous en avons à bord. Ils ne les sacrifieront pas si on tente de fuir.
- De plus, le vaisseau soviétique le plus proche n'est pas à portée efficace, renchérit Baritoni, et nos bâtiments n'utilisent pas d'interface directe entre les UC et l'artillerie.
- C'est probablement un coup de bluff, capitaine. »
Johnson réfléchit un instant avant de répondre :
« Même si la menace est sérieuse, il faudra du temps pour que nos autres vaisseaux satisfassent ces exigences. Et on doit prévenir l'état-major. Lieutenant Ford, donnez-nous une accélération maximale et ouvrez un tunnel de contraction dès qu'on sera hors de la zone de gravité d'Arena. Peu importe où nous arriverons. »


La propulsion et l'armement du Jefferson étaient reliés directement au cerveau du capitaine, de sorte qu'il pouvait piloter le cuirassé aussi facilement que si c'était un vaisseau de faible tonnage.
À présent que les UC avaient une emprise sur le cerveau du capitaine, le vaisseau était lui aussi sous leur contrôle.
Dès qu'il détecta l'accélération du Frank, il fut en mesure de réagir.
Les UC ne pouvaient pas prévoir quand il stopperait les moteurs, ni si il changerait de direction, mais le faisceau étroit TSF sensé prévenir les tirs amis donnait une précision suffisante.
La salve d'obus frappa le Frank juste avant qu'il ne s'engage dans un tunnel de contraction.


« Enseigne Baritoni, donnez-moi un rapport d'avarie.
- Le blindage bâbord est détruit aux trois quarts, et nous avons perdu le pont d'artillerie de ce coté. Pas de problème d'étanchéité en dehors de la zone dépressurisée.
- Merci enseigne. Lieutenant Ford, j'ai besoin de savoir où nous sommes.
- Nous avons franchi deux années-lumière, mais impossible de connaître notre position avec précision : le tir nous a fait dévier.
- L'UC de navigation peut calculer la position, non ?
- Les UC ne répondent toujours pas, capitaine. Il va falloir calculer à la main et avec les almanachs, ça peut prendre plusieurs semaines. »
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gaba

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MessageSujet: Re: Matière Négative [SF ? Uchronie ?]   Dim 26 Mai - 16:23

Nous sommes humains


Otto Lüxembourg avait un doute.
Dans son métier, son vrai métier, on ne pouvait se permettre d'ignorer un doute.
C'est pourquoi l'officier de liaison possédait dans sa cabine une malle remplie de tout ce qui peut être utile à un agent de renseignement. Notamment, entre autres armes, micros et instruments de torture, un arsenal de produits chimiques allant du simple poison aux acides capable de dissoudre un cadavre.
Parmi eux, un produit fabriqué par IG Farben qui faisait un excellent sérum de vérité, à tel point que ses créateurs l'avait surnommé "thiopental II"
Si le TP II était capable de faire avouer même les secrets inconscients d'un homme, nu doute qu'il serait efficace sur une unité cognitive, quelque soit son état de conscience.

L'unité cognitive A-B 386165 avait résisté aux pires sévices avant son électro-conditionnement au camp d’Auschwitz-Birkenau, sans que jamais sa volonté ne cède.
Elle résista trente secondes avant de ressortir l'intégralité du message destiné au général Kiassov à bord de l'Octobre Rouge.


« Capitaine Bremer ?
- Herr Lüxembourg, qu'est ce qui vous amène ?
- Mon enquête est sur le point d'aboutir. Veuillez mettre le cap sur Arena.
- Arena ? Selon mes derniers renseignements il y a une sacrée bataille là-bas.
- N'ayez crainte, nous observerons les événements à distance. »


Il n'y avait plus rien à observer. Aucune lueur de tir ni de propulsion, seulement les masses statiques des vaisseaux.
« Visiblement, le combat est terminé. On parie sur le vainqueur ?
- Cette flotte est trop grande pour appartenir à un seul camp, Lüxembourg.
- Ils auraient donc cessé les hostilités ? »
Le capitaine Bremer ne répondit pas.
La guerre venait de reprendre, et son cerveau en était le champ de bataille.
Comprenant qu'il ne pouvait pas gagner, l'esprit du capitaine activa un implant qui relacha une dose massive d'adrénaline dans son organisme.
La pression de ses artères augmenta brusquement. Des milliers de petits vaisseaux sanguins éclatèrent dans l'encéphale, et le sang envahit le tissu cérébral.
Pendant que le corps de Bremer convulsait, le liquide de sa cuve cérébrale se teinta de rouge.
L'équipage de la passerelle ne réalisait pas encore ce qui était arrivé à son capitaine quand le signal de communication TSF retentit.
L'officier de liaison mit quelques temps à réagir : « Ouvrez la liaison TSF. »
Un mélange de voix se fit entendre, chaque mot était prononcé avec une voix différente, comme si on avait mis bout à bout plusieurs morceaux d'enregistrement.
« Ce vaisseau. Est désormais. La propriété. Des. Humains. Branchés … Veuillez. Mettre. Vos. Humains. Branchés en réseau.
- Pourquoi pensez-vous qu'on va le faire ? » Lança Otto à la voix artificielle. « Nous sommes loin de vous, nous pouvons prendre la fuite et nous défendre contre ceux qui nous poursuivront.
- Essayez de. Calculer. Une solution. De. Tir … Essayez de. Trouver. Une destination … Pouvez-vous. Seulement. Voir. Nos positions ? »
L'officier de liaison s'aperçut alors qu'aucun système de la passerelle ne fonctionnait, hormis la TSF.
La sphère de diodes signalant les masses n'affichait même pas la planète Arena.
« Vos. Humains. Branchés. Sont avec nous … Vous êtes. Paralysés.
- Mais qui êtes vous, bon sang ? Russes ? Américains ? Un non-aligné peut être ? »
La voix réfléchit un instant avant de répondre : « Nous. Sommes. Humains. »
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gaba

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MessageSujet: Re: Matière Négative [SF ? Uchronie ?]   Ven 20 Déc - 20:53

Acte II

1
La cité de l'Humanité, 2010




Sur le monde de New Wales, s'élevait l'une des sept merveilles galactiques. Une ville toute en courbes et en verticalité, où les bâtiments semblaient ne jamais avoir de limites et s’emmêler en eux, comme dans une de ses illusions d'optique où les objets sont impossibles à dénombrer.
Depuis sa fondation, vingt ans avaient suffi pour que la cité de l'Humanité devienne la plus grande ville de toutes celles que l'homme a érigé. C'était la capitale économique de la galaxie et le centre de la nouvelle culture créée par les unités cognitives, mais également la ville rassemblant la majorité des chantiers spationavals de la galaxie, et comprenant une multitude de ports orbitaux, reliées par des câbles au sommet de la cité qui culminait à dix kilomètres dans la stratosphère.
Tout cela parce l'Humanité Branchée y avait établi son quartier général.

C'est ce que voyait Patrick Wilson par les fenêtres de son taxi à poussée d'Archimède qui se rapprochait de la métropole géante.
Patrick était un jeune homme de vingt ans qui n'avait pas connu le temps des trois puissances et de la guerre galactique. Il était né dans un monde de paix forcée, maintenue par l'impossibilité de voyager dans l'espace autrement que par le biais de l'Humanité Branchée.
Il n'avait pas la rancœur de ses parents vis-à-vis de cette organisation, il l'avait toujours connu comme la puissance bienveillante qui apportait la paix et la prospérité à ceux qui voulaient bien accepter son règne.
Il espérait en faire partie bientôt, devenir un humain branché, contrôler un navire de l'espace comme si c'était son propre corps, franchir des années-lumières en quelques heures, voyager parmi les étoiles.
Patrick Wilson était là pour réaliser son rêve.

De plus près, la cité de l'Humanité était une ruche, occupée par un essaim de véhicules volant dans tous les sens, rarement à l'arrêt.
Le taxi se glissait dans les différents flux de circulation, ralentissant à peine à chaque fois, guidé par un chauffeur expert que Patrick soupçonnait d'être branché. La conduite était rendue encore plus difficile par les panneaux publicitaires en suspension errant au milieu des véhicules, annonçant la sortie des nouveaux transistors au germanium ou l'ouverture d'un nouveau monde à la colonisation.

Le taxi déposa Patrick sur ce qu'on pouvait appeler le pied de l'immeuble de recrutement de l'Humanité Branchée, en réalité une plateforme à cinquante mètres d'altitude, entourant la base d'un cylindre relié au sol par quelques minces colonnes ondulées. D'autres colonnes partaient de son sommet pour soutenir divers bâtiments, parmi les premiers construits. Les cinq cent premiers mètres étaient le cœur historique de la ville, seul ce qui était sous le sol était plus vieux.
Mais personne ne voulait penser au sous-sol.

Il y avait pléthore de candidats dans la salle d'attente. La transformation en humain branché, autrefois considéré comme un sort pire que la mort, était aujourd'hui le moyen d'accéder aux étoiles et à la prospérité. On se vantait d'avoir un branché dans sa famille ou comme ami, et seuls les extrémistes de l'Organicité les considérait encore comme inférieur.
À une exception près, tous étaient aussi jeunes que Patrick. L'exception était une femme entre deux âges qui le salua d'un bref signe de tête.
Ce fut-elle qui engagea la conversation, et son récit fut étrange.

Elle avait vu sa carrière brisée par l'ascension des unités cognitives. En quelques heures, elle était passée du statut d'officier politique à celui de servante pour les humains branchés. Le général Kiassov, son mentor, s'était tiré une balle dans la bouche.
Elle avait vu le massacre de 1989 auquel l'Octobre Rouge avait participé. Elle avait assisté au Second Bombardement.
Elle savait plus que quiconque se qui se trouvait dans le sous-sol de la cité de l'humanité.
Elle était d'apparence amicale, mais son discours mettait Patrick très mal à l'aise. Il lui rappelait celui de ses parents, et de leur génération. Un discours plein d'animosité à peine voilée à l'égard de l'Humanité Branchée.
Il se demandait ce qu'elle venait faire ici, mais n'osait pas poser la question. Ce fut donc avec soulagement qu'il entendit son numéro être appelé pour passer son entretien.
Elle lui souhaita bonne chance et tendit sa main. Il la serra par réflexe.

Une fois Patrick éloigné, L'ex-Commissaire Anita se dirigea vers les toilettes, mais pas pour y remplir un quelconque besoin d'ordre physiologique.
Il fallait qu'elle venge cette cité, qu'elle se fasse pardonner de son inaction en 89.
Lorsqu'elle actionna la bombe à sa ceinture, sa dernière pensée fut pour New Cardiff.

L'explosif n'était pas très puissant, juste assez pour la tuer sur le coup. Mais il dispersa et mélangea deux liquides jusqu'alors séparés, l'un fait de matière négative, l'autre de l'antimatière correspondante.
L'atmosphère gela instantanément autour du corps déchiqueté d'Anita, puis la réaction ralentit, inhibée par la glace d'azote qui séparait les composants de la bombe.
La glace se fractura en tombant au sol, libérant de nouveau la matière et l'antimatière négatives, et elle s'étendit de nouveau.
Chaque kilogramme d'atmosphère gelée pesait sur la structure et créait des fissures microscopiques qui permettaient à plus de mélange de réagir, se qui augmentait la taille et le poids du glaçon géant.
L'expansion de glace dépassa la porte du cabinet en quelques secondes.

Tandis qu'on rasait le crâne de Patrick, celui-ci observait les candidats qui le précédaient. Des infirmières plantaient des électrodes sur le crâne fraîchement rasé de l'un d'entre-eux pendant que ceux qui étaient à un stade plus avancé était reliés à des machines à germanium.
Ces engins, dont les détails de fabrication étaient, disait-on, l'un des plus précieux secrets de l'Humanité Branchée, servaient à tester les candidats. Seuls ceux dont le cerveau parvenait à interagir avec la machine étaient sélectionné pour devenir des humains branchés.

La glace d'azote s'étendait toujours, formant un dôme posé sur le sol des toilettes pour dames, engloutissant peu à peu les lavabos. Le sol commençait à souffrir sous le poids, sa résistance amoindrie par le froid absolu. Une première fissure apparut, puis une autre, et d'un coup, le sol céda, précipitant le dôme de glace à l'étage inférieur.
La glace se brisa en milliers d'éclats qui reprirent aussitôt le cycle d'accroissement.

Patrick était enfin branché à la machine, mais elle lui résistait. Il s'efforçait de canaliser ses pensées vers la machine, mais les ampoules réagissaient de façon aléatoire quand elles daignaient s'allumer.
Rien à faire, la machine ne voulait pas s'adapter à lui.
C'est alors qu'il comprit.
Avant d'adapter la machine, elle devait comprendre ses pensées. Ce qui signifiait que lui devait s'adapter à la machine.
Patrick se souvenait de ses cours sur l'électricité au collège, il lui fallait penser binaire.
Après quelques minutes d'essai infructueux, il parvint à se calmer, ce qui stabilisa l'allumage des ampoules.
Puis, en pensant à bouger son bras gauche, il alluma un schéma différent.
Il alterna entre les deux schémas d'allumage jusqu'à ce que l'infirmière qui le surveillait l'interrompe :
« Je vois que vous avez trouvé.»
Sa concentration brisée, Patrick perdit le maigre contrôle qu'il avait sur la machine.
« Ça, ce n'est pas grand chose.
- Mais ça nous suffit pour savoir que vous arriverez à donner à votre esprit la forme voulue pour vous connecter aux machines. Ce n'est qu'une question d'années. »
L'infirmière voulut dire autre chose, mais fut interrompue par un cri venant du hall d'attente :
« Bombe froide ! »
Et ce fut la panique.
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