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 Distorsion [Science Fiction]

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MessageSujet: Re: Distorsion [Science Fiction]   Sam 7 Juil - 18:16

La voix faible et encore étourdie de Marcus montrait qu'il utilisait ses dernières forces conscientes pour sauver son capitaine. L'objet en lui même, un disque plat et rond, s'envola comme une assiette et s'étala sur le béton de l'appartement. Mais bien que mon esprit peu à peu plus clair parvint à reconnaître la clé de notre salut, Reness, lui, n'en avait absolument pas conscience.
Sautant sur l'occasion, l'homme fonça sur l'arme dont j'avais été témoin de la puissance dévastatrice; Agrippant d'une main la grenade, il n'eut même pas le temps de la lancer qu'une tempête instantanée emporta le tout, arrachant la main, et un cri au capitaine de l'escouade. Sous mes yeux, je vis un tube d'une précision et d'une force sidérantes, qui fit glisser un flot vermeille, bien vite engloutit par Reness qui riait à gorge déployée.

-Tu croyais que ce jouet allait m'arrêter? Tu croyais que votre pathétique troupe allait m'arrêter?!

Serrant contre lui son poignet dévoré, un sourire se traçait lentement sur les lèvres du capitaine.

-Crétin...Dit il en toussotant. Tu sais ce que t'as avalé?

Joris était-il devenu fou? Avait-il seulement enclenché le mécanisme? A mes yeux, j'étais persuadé que non. Je voyais sa main dégouliner de son propre sang, ses yeux bestiaux assassiner Reness, alors qu'il était allongé au sol, cloué par la douleur. Au loin, Lorr affirmait son triomphe de nouveaux beuglements bestiaux. C'est d'ailleurs à ce moment là que je prenais conscience du monde extérieur.
Car par delà l'étrange ruine où notre camion s'était...stationné, Aria était toujours en pleine apocalypse. En me trainant un peu sur le bord de la remorque, je découvris que notre course avait quelque peu été modifiée, ce qui expliquait le choc, et le fait d'avoir été brutalement expulsés de nos sièges. En regardant partout, je remarquais que nous avions défoncé l'un des murs du bâtiment que nous visions pour nous mettre à l'abri. Par je ne sais quel moyen, un tremplin ou quelque chose de similaire s'était dressé devant nous, et nous avait catapulté droit dans la structure. Nous avions donc défoncé un étage entier, ce qui expliquait une partie des éboulements, et la course s'était terminée tête la première sur un pilier de soutien, en plein milieu d'une salle servant initialement de salle à manger. Derrière nous,j’apercevais la trouée que nous avions provoqué dans la bâtisse, et en scrutant encore j’observais des restes de meubles cossus, appartement probablement à un dignitaire local. Les fenêtres finement ouvragées donnaient une impression de vieux Renouveau gothique, un mouvement pluricentenaire dont les origines se perdent dans les confins de l'Histoire, et donnaient paradoxalement une vue splendide sur les restes de ce qui fut une civilisation minière.

Au loin,j’apercevais la masse noire et immonde du maître de cette nouvelle race, qui répandait encore son affreux liquide tout en prenant soin de secréter ce qui semblait être des anomalies spatiales, car l'air semblait de mon point de vue se distordre de manière assez particulière. Mais après tout ce que j'avais vu depuis le réveil, je décidais de ne pas chercher à y comprendre quoi que ce soit. Les tremblements d'Aria commençaient à secouer toute la planète, signe des séquelles laissés par l'évasion de Lorr, et c'est à ce moment là que je repris conscience du duel qui avait lieu juste sous mon nez.

-Tu entends? Notre maître est en train de recréer notre monde. Nous allons nous étendre, et bientôt de notre planète mère tout vôtre stupide et méprisable empire tombera sous notre armée. Et je pourrai enfin...

Le discours qui s'annonçait ennuyeux à mourir et digne des pires monologue de grand méchant romanesque s'arrêta net. Interrompu par un évènement invisible, la face tailladée et boursoufflée de Reness se tordit dans un rictus de douleur, suivit du corps entier qui bientôt tomba au sol.
Dans un cri libérateur, la créature se débarrassa de ce qui lui rongeait les entrailles. Un éclair jaune jaillit de sa gueule et s'étendit comme une langue épaisse sur quatre mètres de long, bien assez pour éventrer encore un peu ce qu'il restait du plafond de la salle. La langue avala tout sur son passage, et semblait aspirer débris, pierres, métal, et même lumière. Sans comprendre comment, la luminosité devenait de moins en moins forte. J'avais sous les yeux une version figée et longiligne de ce qu'était comme on l'appelle communément un trou noir. Trou qui rejoignit par de plus en plus de nuances sa couleur éponyme, nous faisant vivre un crépuscule local très accéléré. Je n'en croyais pas mes yeux. Joris avait activé sa grenade tout en y sacrifiant sa main, elle avait implosé en lui et il l'a tenait désormais dans sa distorsion spatiale, comme un membre supplémentaire. Reness avait réussit à contenir et maîtriser un trou noir... Rien que ça!

Comprenant son nouvel avantage dans son duel avec Joris, celui-ci repartit à l'assaut. Bien décidé à ne pas lâcher sa prise sur son nouveau jouet, il s'en servit comme un fouet qui dévasta la salle et ses fondements. Un nouvel éboulement nous annonça que la gravité l'emportait sur l'immeuble et que sa partie supérieure penchait de trop. En regardant l'endroit où se trouvait jadis le plancher de l'étage supérieur, j’aperçus qu'elle penchait à l'ouest, s'écroulant bien peu de temps après en contrebas. Au temps de percussion avec le sol, je dirais que nous étions au 5/6 ème étage. Au moins l'objectif était fixé: nous étions parvenus au plus haut de la structure...

Une étrange vague d'aspiration m'arracha de mon perchoir ainsi que le corps inconscient de Gonagan, contre lequel je m'étais amortit pendant notre atterrissage par camion, et me fit tomber au sol. Mes yeux retrouvèrent la scène de lutte, et je constatais avec étonnement qu'un bout de viande noirâtre était écrasée à deux mètres de Joris, désespérément agrippé aux restes tordus d'un pilier d'acier. Il avait l'air affolé, les yeux terrorisés comme s'il avait échappé à une mort imminente, ce qui était le cas, et mis cinq bonnes minutes à lâcher prise. Les éclaboussures de sang sur son visage ne semblaient définitivement pas les siennes, leur couleur encre aidant sans doute, et je cherchais désespérément à comprendre ce qu'il s'était passé pendant que mon regard se baladait sur la chute de notre tour.

Un crachotement dans la radio du capitaine me donna quelques éléments de réponse:

-Vous en êtes pas passé loin, on dirait. Tout va bien au sol? Annonça une voix pleine de confiance et légèrement narquoise.

J'étais halluciné. Qui était notre sauveur? Où était-il? La logique reprenant le pas sur l'ahurissement, je ne mis pas longtemps à percevoir le bruit des moteurs du chasseur sur lequel étaient perchés un pilote, et un soldat équipé d'un fusil sniper, nous saluant fièrement. Ils étaient enfin là. Soudain, la brusque fin de Reness me paraissait beaucoup moins mystérieuse, et je me doutais que le trou noir avait dut se retourner contre son maître une fois celui-ci avec une balle dans la tête. Ce qui expliquait les quelques bouts de chair au sol, et l'étrange position du pilier sur lequel était accroché Joris. La voix du pilote reprit:

-Dites pas merci surtout! Vous avez des blessés?

Le capitaine décrocha ses bras de son abri de fortune pour répondre à l'appel:

-Des gars sont inconscients, on a deux qui tiennent un peu debout, le reste faudra les soigner à la maison. Dit-il d'une voix encore bafouillante.

-Ok, pas le temps de trainer. Je m'aligne contre la paroi, Chris vient vous filer un coup de main pour ramasser les autres, magnez vous!

Posant son arme, le second homme attendit que le chasseur soit assez près pour sauter directement par notre "voie d'accès" et nous rejoindre. Vérifiant que nous n'avions aucun séquelle majeur, il nous aida à porter Tiirs, Gonagan, et Velta, et ne put s'empêcher de demander tout en indiquant les restes de notre adversaire:

-C'était quoi ce truc?

-Un vieil ami...Ironisa Marcus.

Une fois attachés aux sièges arrières, notre pilote s'écarta de l'immeuble désormais décapité et s'envola pour rejoindre le Valhalla II, et nous mettre en sécurité.

-Je sais pas ce que vous avez trafiqué en bas, nous cria Chris pour couvrir le bruit des moteurs, mais vous avez foutu un beau bordel. Toute la planète est sans dessus dessous!

Souriant à la remarque, je répondis:

-Nous n'étions pas très en accord avec leur politique de recherche. Les négociations se sont mal passées.

Chris me fixait comme étonné que je sois encore vivant. Il se doutait que les absents du groupe étaient perdus, mais il avait dut me prévoir parmi les premières pertes, à son grand étonnement.

-Et le titan, là bas! C'est quoi?!

-Je vous présente Lorr, l'actuel dirigeant d'Aria IV!

-Quoi CA c'est leur chef?! Mais par l'Empereur qu'est ce que vous avez foutu?

-Longue histoire. Je vous ferai un rapport.

Je me mis à rire nerveusement, à peine certain de m'en être sortit vivant jusque là, tandis que Chris continuait à scruter le demi-dieu qui s'était à présent mit en marche.

C'est à ce moment là qu'un mal de crâne pire que tous ceux que je connus de ma vie me broya la tête dans un étau clouté. Instantanément, je sentis la présence écrasante de Lorr dans mon esprit, comme s'il venait de visser ses doigts, ou plutôt sa volonté dans la mienne. Pris de spasmes violents, j'étais désormais la proie d'un prédateur affamé.

-Pathétique gratte papier, tu croyais t'en sortir comme ça? Vous ne quitterez pas cette planète aussi facilement. Je vais vous corrompre toi et tes chiens, de la plus douloureuse et la plus lente façon qui soit. Vous allez souffrir pendant des semaines avant de rejoindre mes forces, puis vous irez corrompre l'empire pour moi. Mais avant je m'assurerai moi même de détruire vos foyers sous vos yeux, un par un.

Une peur terrible envahit mon esprit, alimentée par le pouvoir de Lorr, qui désormais pressait sa marche. Car désormais il se dirigeait vers notre vaisseau, qui quittait à peine les hauteurs de la cité monde. La masse titanesque parcourait des kilomètres en quelques pas seulement, et s'approchait de plus en plus dangereusement de nous.

Dans le tourbillon de douleur dans lequel Lorr me plongeait, je percevais quelques bouts de phrases paniquée de mes compagnons, je ressentais leur propre peur, mais aussi la faim dévorante de notre ennemi. Une faim mêlée d'une haine si profondément enracinée qu'elle en devenait essence de son hôte. Sa présence destructrice se rapprochait, alors que le vaisseau prenait de plus en plus d'altitude et de vitesse. L'appareil fut prit de secousses, subit quelques chocs qui renforcèrent mon désespoir et ma détresse, mon esprit n'était plus qu'un fétus de paille balloté par la tempête. Une tempête qui me hurlait:

-Tu ne t'échapperas pas. Ton histoire se termine ici. C'est sans espoir.

Des paroles empoisonnées qui me firent entrer dans une transe délirante, et Chris devait certainement se féliciter de m'avoir solidement attaché pour notre fuite.
Je nous sentais quitter l'atmosphère de par les cris que nous envoyait le pilote, la pression ambiante, la résistance de l'air, et le fait que j'étais de plus en plus plaqué sur mon siège, ce qui avait le mérite d'amoindrir mes spasmes.

-ON Y EST PRESQUE! Nous hurla le cockpit.

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MessageSujet: Re: Distorsion [Science Fiction]   Sam 7 Juil - 19:40

Un silence de marbre s'installa. Sans annonce. Sans préavis. Sans note de service. Le calme et le silence. La présence de Lorr avait disparut, le vaisseau aussi avait disparut, ne restait que moi, assit sur un siège du chasseur, au milieu de nulle part. Mon esprit libéré des griffes de l'horrible présence de la créature assoiffée de pouvoir, je reprenais peu à peu conscience (et contrôle) de mes divers sens.

-Vous allez bien, Sieur? Me dit une voix caverneuse.
-Sieur? Qui est là? Répondis-je, balbutiant.

-Vous êtes sauf. Vous vous en remettez, Sieur? Insistait la voix.

-Mais qui êtes vous à la fin?!

Mon interlocuteur m'énervait aussi facilement que si je venais de sortir du lit après une mauvaise nuit.

-Vous ne vous souvenez pas de moi? Je vous ai pourtant aidé à descendre, quand on est rentrés dans le complexe. Je pourrai me vexer, vous savez?

Un visage brut aux traits pourtant amicaux me revint à l'esprit. Comment s'appelait-il déjà?

-Y...Yorg? Tentais-je.

-Quand même! Vous en avez mit du temps!

-Où suis-je?

Mes yeux se perdaient dans un infini de douces nuances cyan et violettes

-Le lieu n'est pas important...Répondit-il tout en baladant son regard aux alentours, sans vraiment s'accrocher quelque pat. Vous êtes en sécurité, c'est le plus important,non? C'est mon travail, vous savez?

La discussion devenait de plus en plus étrange. Était-ce le vrai Yorg que j'avais sous les yeux? Son fantôme?

-J'avais besoin de discuter un peu avec vous. Il y a...quelques points à voir avec vous, avant que vous ne partiez.

-Partir où? Je suis mort? Lorr nous a eut?

Ma voix devenait de plus en plus paniquée. Tout cet inconnu me faisait stresser de façon spectaculaire, et malgré l'ambiance calme et rassurante, n'avoir aucun contrôle sur la situation ne faisait rien pour me calmer. Encore plus quand je ne savais pas si j'étais mort ou non.

-Lorr n'a pas résisté à son entrée dans l'espace. Pour une raison que nous ignorons encore, nous ne pouvons pas sortir de l'atmosphère d'Aria IV, mais ce sera un problème bien vite corriger. Mes frères et soeurs fouillent en ce moment des milliards de plans d'existence pour trouver lequel nous permettra de passer outre ce..."problème".

-Vos...attendez...ne me dites pas que vous...

D'un sourire navré, le soldat Boyle souleva la manche droite de sa veste militaire, aux couleurs de l'empire, et la remonta jusqu'à son coude. Je constatais avec tristesse qu'il était fait de la même matière dont était fait Reness avant sa mort.

-Mes excuses. Les hommes de Lorr nous ont balancé avec Meneras et Boyle dans leurs labos. Nous étions parmi les premiers à être..."corrompus", comme vous appelez ça. Boyle était le premier, il n'a pas survécut à l'implantation. Quant à Meneras...Je crois que vous savez ce qu'il en est.
Consterné par le destin de ces trois pauvres âmes, je baissais le regard, honteux d'avoir en quelque sorte provoqué tout cela.

-Ne vous en faites pas, ils sont en sécurité, eux aussi.

Devant mes yeux interloqués, et avant que je puisse dire quoi que ce soit, il leva la main en signe de silence.

-Lorr est mort désormais. Notre...Il hésitait à trouver le bon terme. "Peuple", va vivre quelques temps sur Aria IV, le temps de trouver une solution, et un nouveau foyer. La planète ne risque plus grand chose tant que nous sommes là, mais elle finira par exploser un jour, Lorr a provoqué trop de dégâts je le crains.

-Et où irez-vous?

-Je vous l'ai dit: nous cherchons. Un autre plan, une faille, une vraie planète pourquoi pas? Mais ce n'est plus votre problème désormais.

-Alors pourquoi suis-je là?

-Pour mettre Aria IV en quarantaine. Personne ne pourra nous arrêter. Et encore moins nous détruire. Vous avez bien vu ce dont nous sommes capables.

Les souvenirs au fer rouge de notre fuite du complexe me revinrent douloureusement en tête. Il poursuivit:

-Nous nous en iront bientôt. Mais d'ici là il vaut mieux pour tout le monde que personne ne nous dérange dans nos recherches.

-Et pour les habitants d'Aria?

-Certains nous ont rejoint, beaucoup s'étaient soit enfuis, soient terrés dans des cachettes souterraines. Lorsque Lorr s'est jeté hors de l'atmosphère de la planète, sa mort a provoqué la libération de nos esprits. Pour faire simple, il avait le plein contrôle sur notre réseau de conscience. A sa mort, j'ai prit la liberté d'exiler les survivants dans un lieu plus adéquat.

-C'est à dire?

-...

-QUE VONT-ILS DEVENIR? M'emportais-je.

Les traits de mon ancien compagnon devinrent d'un sérieux presque glacial. Nous abordions donc le sujet principal de la discussion.

-C'est sur ce point dont nous devions discuter. Voyez-vous, nous sommes parfaitement conscients qu'une fois les derniers évènements dévoilés aux oreilles de l'empire, d'autres Lorr feront leur apparition. Que ce soit pour l'argent, la puissance, ou la gloire. Il y aura forcément des fouineurs pour venir chercher les restes des travaux de notre "créateur". Et cela ne doit pas arriver. Cela ne doit PLUS arriver.

Le mot "plus", vous vous en doutez, avait été prononcé d'un ton parfaitement tranchant et inébranlable.

-Nous nous en irons bientôt, mais nous garderons toujours un oeil sur vous. Ce qui s'est passé sur Aria ne doit plus se reproduire. Notre peuple a la chance de disposer de ses racines humaines. La pitié, la compassion, nous les connaissons encore. Mais nous ne sommes pas aveugles, d'autres voudront nous exploiter. Et c'est là que vous intervenez.

-Empêcher l'espèce humaine d'assouvir ses penchants pour la cupidité? A moi tout seul? Ironisais-je.

-Non. Pour être notre...ambassadeur.

-Pardon?

-C'est à vous que revient la charge de mettre Aria IV sous bonne garde, jusqu'à ce que nous puissions nous en aller et trouver notre propre terre d'accueil. Et c'est à vous qu'il revient de prévenir toute nouvelle tentative de ce genre. En parlant à l'Empereur, en jouant de vos relations. Après les derniers évènement, croyez moi qu'ils vous donneront une attention toute particulière. A vous de l'exploiter au mieux.

-Et si je n'y arrive pas?

-Alors ce sera à vous d'expliquer pourquoi le tiers de l'empire aura brûlé en l'espace de quatre jours.

La voix de Yorg était alors devenue aussi glaciale qu'un hiver sur une planète-glaçon, comme l'appellent certains commerçant. Ces types de planètes tellement isolées de leur soleil que seule la technologie permet d'y vivre et d'y exploiter les ressources à l'aide de foreuses géantes et de chauffages poussés à un régime outrancier.
D'un coup, le quota sympathie de mon interlocuteur avait nettement chuté. Mais sa menace prophétique avait de solides raisons d'être énoncée. La race humaine est ce qu'elle est. Et Yorg avait de bonnes bases en la matière, après des années en tant que militaire de l'Empereur. Reprenant plus doucement, un nouveau rictus amical se dessinait sur les lèvres de mon ami.

-Mais nous avons confiance en vous. Au moins parce que vous serez le plus qualifié pour retarder et empêcher au maximum ce genre d'évènement fâcheux. C'est pour cette raison qu'en signe de bonne volonté, nous vous rendons les habitants d'Aria IV. Il vous suffira d'envoyer des transporteurs lourds pour faire le minimum de navettes possible, puis vous devrez quitter cet endroit pour toujours. Êtes-vous d'accord, monsieur l'ambassadeur?

Yorg avança de deux pas vers moi, et me tendit une main boursoufflée et mêlée de cette étrange mais désormais si familière matière. Elle était étrangement chaude, mais il me faisait l'honneur de me tendre sa véritable main. Signe de l'accord entre l'ancienne et la nouvelle race.

-Je ne peux pas vraiment refuser, de toute façon...?

Nouveau sourire navré.

-Je le crains, Sieur, il va falloir assumer cette charge. Mais vous ne serez pas tout seul, rassurez vous.

-Comment ça?

Sentant ses doigts resserrer leur étreinte et capturer ma main, il plaqua son autre paume sur moi et un contact brûlant remonta tout le long de mon bras droit, du bout jusqu'à l'épaule. La torture dura quelques instants jusqu'à ce que mon geôlier me libère, me permettant de récupérer mon membre.

-"Ceci" vous servira de trophée de guerre. C'est le symbôle de notre peuple désormais. Ne l'oubliez jamais. Nous vous serons redevables dès que vous rejoindrez les vôtres. Mais gardez en tête ce que vous devez faire. Car si nous devons agir, la sentence sera bien plus lourde qu'une seule planète en ruines.

Regardant ma brûlure, sur le dos de ma main, je découvris ce qui ressemblait à un homme prisonnier dans un tube, les bras levés. Mais un détail attira mon attention. La silhouette de l'homme, bras et jambes en X, avait une deuxième tête à l'opposé de son corps, comme s'il y avait deux hommes pour un seul corps. Voulant demander à Yorg le sens du symbôle, il me coupa:

-L'homme qui chute en voulant s'élever. Nous sommes nés des mains d'un homme qui est mort en voulant devenir Dieu. Cela servira d'avertissement à ceux qui nous poursuivront.

J'avais mal, mais je m’efforçais d'écouter le discours de l'ex-soldat.

-Un peu fataliste, comme symbôle, non?

-Peut être. Il est temps pour vous de partir désormais. Nous nous reverrons peut-être un jour, en de meilleures circonstances je l'espère.

Sentant l'univers autour de moi perdre de son éclat, je voyais le visage de Yorg reprendre peu à peu sa vraie forme, et disparaître dans une étrange brume qui floutait ma vision. C'était comme sortir d'un rêve profond. J'avais envie de rester, d'en apprendre plus, mais une partie de moi savait qu'il était temps d'affronter mes nouveaux devoirs. Le dernier souvenir que j'ai de Yorg fut une phrase. Un bout de voix arraché aux songes, un fragment de phrase venant compléter une devise:

-Mais l'homme déchu peut surmonter bien des choses s'il cherche la rédemption...

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MessageSujet: Re: Distorsion [Science Fiction]   Dim 16 Déc - 14:30

Une fois revenu à moi, je découvris les murs familiers de mes appartements privés, sur Terra. J'étais revenu sur notre planète mère. Mon cerveau me faisait encore horriblement mal, mais c'était bien loin de ce que Lorr m'avait infligé lorsque nous étions face à l’ascenseur. L'odeur si familière de ma chambre m'embaumait, emplissait mes poumons. Je retrouvais avec joie ces notes de thym, de musc de mon encens favoris. Le délicat parfum d'un bouquet de fleurs fraichement déposées dans un vase, une note de thé noir, et le bruit du vent qui traversait ma fenêtre pour rafraîchir l'air ambiant.J'étais désormais bien loin des fumées toxiques d'Aria IV, des pluies acides, des bruits de remorqueurs fous, et de toute machine scientifique.

Je n'avais aucune conscience de l'heure. Peu importait à vrai dire. Le soleil filtrait à travers mes rideaux de soie émeraude, et il faisait bon. Qui m'avait emmené ici ? Depuis combien de temps étais-je revenu ? Je m'en moquais éperdument. Mais le son d'une quinte de toux me rappela à ma fonction. La mission n'était pas tout à fait terminée.

-Bonjour, monsieur Navi.

C'était une voix qui m'était inconnue. Elle était posée, détendue, mais je sentais dans le ton que son propriétaire était quelqu'un de haute instance. Je ne pus retenir un soupir, tout en serrant contre moi la douceur réconfortante de mes draps.

-Allons, vous devriez savoir que dans le domaine des relations intergalactiques, on n'est jamais vraiment en repos. Non ?

Je tournais la tête pour apercevoir l'importun qui venait troubler un repos plus que mérité. Sa veste alourdie par les nombreuses plaques honorifiques m'indiquèrent que l'homme faisait partie des proches de l'empereur en personne. Balhuin avait décidé de m'envoyer un de ses valets personnels. L'homme en lui-même était blanc de peau. Une trentaine d'années, les mains fines et délicates. Il n'avait pas l'apparence d'un haut général, ni même le physique de Yorg, au contraire. Il faisait jeune, et si les plaques honorifiques n'avaient pas été là pour l'attester, j'aurais juré qu'il ne travaillait pas pour l'empereur. Un détail stupide me frappa: son costume beige lui allait superbement bien.
M'appuyant sur mon coude droit pour faire face à mon visiteur, je rassemblais assez de force pour entamer une discussion bilatérale.

-Pardon de vous demander ça, mais...

-Qui je suis ?

Un rire franc s'échappa de l'homme.

-Ne vous inquiétez pas, je ne le prendrai pas mal. A vrai dire, je m'étonne moi-même d'avoir autant de récompenses d'un coup. Je suis Kirgan Beeth, le nouveau directeur principal du pôle de recherche et développement terran. Mais vu votre état je vous dispense de me serrer la main.

-Le nouveau directeur...?

Une mimique de gêne passa sur son visages et agita ses mains.

-Et bien, après les derniers évènements qui se sont déroulés sur Aria IV, ce bon vieux Balhuin a décidé de condamner mon prédécesseur pour "expériences dangereuses et contre nature sur l'espèce humaine". En théorie, on permet pas mal de choses aux avant-gardistes qui veulent réinventer le monde, ça fait tourner le commerce, et puis ça permet d'avoir ce genre de gadgets à la maison. Très beaux spécimens au passage.

Il pointa du menton ma collection de plantes rares entreposées dans des globes d'auto suffisance biologique. Des merveilles sphériques permettant de conserver n'importe quel organisme dans des conditions d'humidité, d'ensoleillement artificiel et d'aération optimales. Alors que je bredouillais quelques remerciements hâtifs.

-Cependant, certaines tentatives sortent du cadre habituel et s'aventurent sur des chemins disons...particuliers; celles-là demandent une approbation tout aussi particulière. Et il se trouve que Lorr avait organisé tout ceci avec l'accord secret de l'ancien directeur, après le refus du Haut conseil scientifique.

-Je comprends... Mais vous n'êtes pas venu recevoir mes félicitations j'imagine ?

-Non, je suis là pour votre rapport. Le plus complet possible, qui me sera adressé personnellement dès que vous serez remis. Avec ceci l'enregistrement complet que vous avez avec votre caméra portative. Vous passerez également au laboratoire du grand palais, une équipe vous y attend pour effectuer quelques tests, et quelques clichés de votre...

Il tapota son cou, faisant allusion à ma cicatrice. Puis se releva de sa chaise, réajustant son costume officiel. Il s'éclaircit la gorge, puis poursuivit:

-Bon, et bien je pense que je vais vous laisser à votre repos. Profitez en bien, il vous est gracieusement offert par Balhuin en personne, avec ses meilleurs vœux de rétablissement. Prenez votre mois, vous le méritez bien. Et ça vous laissera le temps de taper votre rapport. Vous connaissez la procédure. Allez, on se revoit au palais !

Kirgan attrapa son long manteau et tout en l'enfilant se dirigeait vers la porte. La porte de ma chambre s'ouvrit devant lui, puis notre homme s'arrêta un instant.

-Oh....j'oubliais ! Félicitations pour votre promotion !

-Qu....? Quelle promotion ?

-Et bien, vous êtes désormais le trait d'union entre deux nouvelles races. Balhiun a insisté pour vous avoir auprès de lui, après recommandation expresse de tout l'équipage du Valhalla II, et des habitants d'Aria IV. Vous avez fait une sacré impression là-bas ! Allez, à plus tard !

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