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 Moi, femme, mère, amante et vampire

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Lalwendë

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MessageSujet: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:29

Prologue

Je ne commencerai pas cette histoire par « il était une fois », car c'est généralement le genre de conte qui se termine par « Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ». hors, celle-ci est tout de même un peu plus sanglante, et morbide. Ce n'est pas le genre de choses que des parents racontent à leurs enfants, sauf s'ils veulent réellement les effrayer.
Je m'appelle Anne-Claire Morange, du moins, ceci est mon nom actuel. Mon vrai nom ? Anne-Claire de Beaucastel. Avec un changement de nom tel que celui-ci, vous vous demanderez certainement qui est mon mari. En fait, je n'en ai guère. Mais, afin que vous puissiez comprendre, il faudrait que je reprenne mon histoire au commencement. Pas à ma naissance, forcément, mais au moment où ma vie a basculé.
Je me nomme Anne-Claire Morange. A ce jour, mon âge officiel est de 37années, bien que j'en paraisse dix de moins. Je suis censée être née le 23 Aout 1973 dans la ville de Gannat, non loin de Clermont-Ferrand. Je suis patronne de deux PME en informatique, qui fonctionnent plutôt bien, je dis dire, du moins mieux qu'à une certaine époque. J'eus une fille, Arianne. A ce jour, elle devrait avoir dix-huit ans, en Février.
Physiquement, vous dites ? Cette question me fait toujours beaucoup rire. Et bien, disons que je n'ai pas grand chose à envier à Angélina Jolie ou a Scarlett Johanson. Je ne mesure qu'un petit mètre cinquante sept et pèse environ cinquante trois kilogrammes, plutôt bien répartis, je trouve. J'ai toujours porté les cheveux longs, je trouve cela plus féminin, même si, malheureusement, ma longue chevelure brune et lisse se retrouve souvent emprisonnée dans un chignon au vu de mon statut patronal. On se permet parfois de me comparer à une poupée de porcelaine, certainement à cause de mon teint pâle, de mes grands yeux bleus et de mes lèvres rouges et pulpeuses. Pourtant, malgré cette image de moi-même un peu infantile que je peux projeter, les personnes qui me connaissent savent à quel point je peux être froide, dure, voire cruelle. Une main de fer dans un gant de velours, diraient certains de mes associés.
Plutôt banale comme description, n'est-ce pas ? Pourtant, vous ne connaissez que mon image extérieure, celle que je veux bien vous montrer, luttant jour après jour pour ne pas crier qui je suis réellement. Mais, depuis certains événements récents, ce silence devient pour moi lourd, pesant. Et j'ai décidé de le briser. Je ne suis pas née à Gannat, et encore moins en 1973. aujourd'hui, jour pour jour, ce 16 Mai 2011, j'ai 159 ans. Je ne pense pas que ceci vous rassurera, mais non, ce n'est pas un délire psychotique. Je ne doute pas du fait que vous auriez préféré cela à ce que je vais vous dire.
Récapitulons. J'ai le teint pâle, je suis noctambule et je ne peux l'exposer au soleil, cela entraînerait ma mort immédiate. Pour finir la description générale, j'ai un régime particulier composé exclusivement d'hémoglobines. Pour faire bref et concis, je suis un vampire. Pas ce genre de vampire que l'on rencontre en ce moment dans ces films ou ces livres à l'eau de rose qui sont à la mode, et que, soit dit en passant, je trouve vulgaire et rabaissant pour notre race. Je suis un véritable vampire. Même si je n'ai pas choisi ma condition actuelle, nous sommes tous plus au moins aussi cruels et machiavéliques que vous laisse imaginer notre condition de monstres morts-vivants, comme vous dites. Tous, nous avons souhaité ou souhaitons toujours régner sur la race inférieure des humains. Chaque jour, je me délecte de la soumission que certains me vous, ainsi que du sang qu'ils veulent bien me fournir, ou dans le cas inverse, que je prends de force. Ce sont des moments presque jouissif pour moi.
Je vous ai promis une histoire... Mon histoire. Ne vous attendez pas à ce que je vous cache quoi que ce soit de ma condition, vous seriez déçus. Je suis un montre puissant, un être supérieur, et ceci reflètera complètement cela. Vous êtes prévenus. 


Dernière édition par Lalwendë le Mar 13 Déc - 3:40, édité 1 fois
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Lalwendë

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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:30

Ma vie banale avant

Je suis née le 16 Mai 1852, dans la banlieue lyonnaise, un jour de pluie, d'après ce que m'avait raconté mon père, un jour. Ce dernier était comptable dans sa propre entreprise, nous avions donc un statut plutôt aisé. Je n'ai jamais eu un caractère très facile, malgré mon statut de femme, je tenais beaucoup plus de l'impulsivité de mon père que de la douceur de ma mère. Je me suis souvent faite houspiller à cause de mon tempérament de feu, que mon père bridait chaque jour un peu plus. Calmée par les différents bridage de mon père, mon caractère s''inversa. Je devins une jeune femme froide extérieurement, mais bouillonnante intérieurement.
Très vite, je me suis découvert une passion pour les chiffres, ils me fascinaient littéralement. Mon père, trop heureux de cette découverte, reprit lui-même mes cours d'algèbre, en plus de ceux que me donnaient mon percepteur, dans l'espoir, qu'un jour, je l'assisterai dans son travail et reprenne la comptabilité. Mais cela ne m'intéressait pas. Je voulais mon indépendance. Malheureusement pour moi, en ce temps-là, il était fort mal vu que les femmes de mon rang travaillent, d'autant plus que je n'étais guère mariée. Je restais donc enfermée chez moi, dans le salon, à boire le thé, écoutant les sottises que racontaient les filles du quartier. Mon aigreur à ces instants était si grande qu'elle aurait pu faire tourner du lait. Mais, hypocritement, je gardais le sourire, tant que je le pouvais. Nous étions en 1872, j'avais alors vingt ans.
Mes parents ne tardèrent pas à exprimer leur souhait commun de me voir mariée. Mes deux frères ainés avaient déjà convolé, et j'étais la seule fille qu'ils avaient eu. Je comprenais bien entendu leur demande, mais je m'y opposais fermement. Il était hors de question pour moi de me lier à un homme. Je tenais trop au peu de liberté que j'avais. Cela, bien sûr, les attrista fortement, mais ils ne lâchèrent pas prise, organisant des soirées avec quelques jeunes hommes célibataires, qui, je dois l'avouer, ne m'intéressaient pas plus les uns que les autres.
C'est en 1875 que tout bascula. Au début du mois de Juin, ma mère mourut brutalement. Je fus énormément choquée d'apprendre qu'elle souffrais d'un problème cardiaque dont on ne connaissait même pas la cause. J'en restais béate durant plusieurs mois, refusant de laisser couler mes larmes, ne sortant plus, ou presque, de ma chambre. Ce fut un deuil long et douloureux. Mais, à la fin de celui-ci, une autre mort me tendait déjà la main. Mon père, qui aimait ma mère plus que tout au monde, ne s'était jamais remis de la mort de celle-ci. Il s'était laissé dépérir pendant presque un an et son coeur n'avait pu supporté ce laisser aller. Il mourut en Avril 1876. Je ne pus faire mon deuil comme j'avais fait celui de ma très chère mère car, une jeune femme de 24 ans, seule, dans un grand appartement, et de plus, non mariée, n'était guère convenable. Je dus donc me rendre chez mon frère et sa femme, à Clermont-Ferrand.
Lorsque cette dernière m'apprit sa grossesse, en Juin de la même année, je compris très vite que je devenais un poids pour eux. Je cédai donc à la dernière volonté de mes parents me concernant : je trouverai un époux. Heureux de cette décision que j'avais pris à contre cœur, mon frère organisa des soirées où nous reçûmes un certains nombres de jeunes hommes célibataires. Malgré mon apparent enthousiasme pour donner le change, je ne m'en préoccupais pas plus que cela. Il fallait que je trouve un mari, ne serait-ce que pour faire plaisir à mon frère. Et s'il me plaisait, cela n'aurait pas été du luxe.
Personne ne me plut réellement le premier soir... Personne sauf un. Philippe Beauvrel, un grand brun ténébreux et mystérieux au teint pâle qui ne me laissa nullement indifférente. Malheureusement, malgré quelques politesse et une discussion courtoise, il ne semblait pas s'attacher vraiment à moi ni à ce que je pensais de lui. Je fis donc également mine de ne pas m'en préoccuper, malgré une pointe de déception au fond de moi, car il était le seul qui me plaisait réellement, tant par son physique que par son langage et sa culture.
Certains de ces jeunes hommes vinrent me voir les après-midi, où nous discutions autour d'une tasse de thé ou en promenade dans la vieille ville. La plupart me faisait une cours assez soutenue qui ne me flattait guère, mais, au contraire, me rebutait. Philippe ne se présenta jamais lors de ses moment, car il était soit disant trop occupé, d'après mon frère. Jamais je ne fus seule lors de ces moments. Ma belle-sœur me chaperonnait, et j'en étais assez heureuse. Elle menait les discussions avec élégance et discrétion, ce qui m'évitait de le faire. Elle fut la seule a remarquer à quel point je m'ennuyais, et surtout, la violence de mon attirance pour Philippe.
J'eus la surprise, par la suite, de voir ce dernier à toutes les soirées et les bals donnés par mon cher frère. Il me lançait, parfois un regard, un sourire, auxquels je ne m'empressais guère de lui répondre, souhaitant, avant cela, qu'il me prouve son intérêt. Et cela fonctionna à merveille. Dès le mois d'Octobre 1876, celui-ci commença à m'inviter, avec ma famille, à des soirées publiques, qu'il donnait dans un immense manoir, puis à des soirées plus intimes, avec seulement des amis. Jusqu'à ce jour où il m'invita, pour la première fois, seule. Pour moi, ce jour-là devait être la consécration, un but que j'aurai enfin atteint.... Du moins, c'était ce que je croyais.
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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:32

Morsure, fuite et torpeur

Je me souviendrai toujours de ce jour. C'était le 6 Avril 1877. Je reçus l'invitation pour le soir le matin-même. Il s'excusait poliment de ne pas m'avoir prévenu plus tôt, mais il n'avait pas su avant s'il pourrait se libérer. Il avait ajouté également qu'il avait hâte de me revoir. Ce petit billet, accompagné de roses blanches et parfumées, mit ma belle-sœur dans un état second et, à vrai dire, un peu effrayant et nouveau pour moi. Elle habilla ma petite nièce, Marie, avec précipitation, de même pour elle, et m'entraîna chez l'un des plus grands couturiers de la ville en urgence.
Avec l'accord de mon frère, qui travaillait dans une banque non loin de là, elle me fit faire une robe d'une coupe assez simple, en taffetas noir et rouge. Je passais la plus grande partie de ma journée debout sur un podium. Plusieurs couturières s'affairaient rapidement autour de moi, me donnant la plupart du temps le tournis. Je restais si longtemps debout que j'avais des crampes dans les jambes. Pourtant, je faisais bonne figure, gardant mon calme et faisant preuve de patience, attendant la fin de ce calvaire.
La robe fut terminée vers quinze heures, cette après-midi-là. Pourtant, mes emplettes n'étaient guère terminée. Toute excitée par ma sortie, elle m'emmena encore chez un coiffeur, qui fit des merveilles, faisant de mes longs cheveux lisses un chignons avec, en prime quelques anglaises. Enfin, ce fut le tour du cordonnier, chez lequel je trouvai une magnifique paire d'escarpins en cuir noir.
Avec son aide, je pus me préparer dans les temps. Je pris un bain chaud afin de me détendre, talqua mon corps, puis le poudra, m'habilla avec délicatesse, vu la finesse du tissu, et me maquilla, tout cela bien entendu, sans déranger ma coiffure. Durant tout ce temps, elle m'expliqua le comportement que je devrais avoir, sobre et souriant, lorsqu'il me demanderait ma main. Car oui, même mon frère était intimement persuadé que Philippe me ferait sa demande le soir même.
Après quelques recommandations d'usage, Jean-Michel, mon frère me déposa devant le grand manoir gris et monotone de Philippe. Je tremblais, je me souviens encore, à la fois d'appréhension et d'excitation. Moi qu'on qualifiais généralement de femme froide, voire glaciale, je bouillonnais littéralement.
Il fut à la hauteur de mes espérances. Il m'accueillit avec la galanterie et l'élégance qui sied à un gentilhomme de son rang, me fi faire le tour de la grande et magnifique demeure avant de me convier à sa table. Le diner fut délicieux. Quand j'y repense, avec un peu plus de recul, je ne me rappelle pas l'avoir vu manger ce soir-là. Ni aucun autre soir, d'ailleurs. Cela aurait du m'interpeller, sans doute. Mais, j'étais tellement plongée dans mes illusions que je n'ai pas relevé cette spécificité.
Après le repas, il m'entraîna dans ce qu'il appelait la salle des miroirs. Et Dieu que cette salle était belle. Plus que cela même, elle était magnifique, somptueuse. Un me subjugua plus que les autres, avec son cadre tout en cristal taillé. Je m'en approchai et l'effleurai du bout des doigts. Je sentais qu'il m'avait suivie et qu'il se trouvait juste derrière moi. Il se pencha et murmura ces mots à mon oreilles :
« Tu me fascines, ma perle. »
Il glissa alors un collier à mon cou.... Des diamants. Je fixai le bijou, sans mot dire, abasourdie par sa beauté et par un présent d'une telle valeur. Puis, il s'abaissa de nouveau et déposa un langoureux et doux baiser sur ma gorge. C'était si intense... Du moins, c'est ce que je pensais être un baiser... Un baiser empoisonné. Alors que j'entrouvrais les yeux pour nous voir dans le miroir, je vis une perle de sang glisser sur mon cou. Pour moi, ce fut un choc violent. Je me dégageais donc avec violence et porta une main à la blessure. Deux trous sanguinolents s'y trouvaient. Je le regardai et m'aperçus avec horreur que ses lèvres étaient rouges et brillantes de sang, mon sang.
Pour moi, à cette époque, les vampires n'étaient qu'un mythe pour effrayer les enfants turbulents. Mais m'apercevoir ainsi qu'ils existaient réellement, s'en était de trop. Sans le regarder une dernière fois, je courus afin de sortir de cette maison qui m'inspirait, à présent, effroi et abomination.
Mais le mal était fait. Il m'avait mordu. Je pensais alors que son but était de me vider entièrement de mon sang, de faire de moi son repas. Mais il avait échoué. La seule chose qu'il avait réussi a faire, c'était la naissance d'un nouveau monstre vampirique. Moi.
Je me sentais mal, comme prise de haut le cœur. Je crus que je n'aillais pas tarder à mourir, ce qui était, en fait, déjà en train de ce faire. Je ne savais pas où aller. Je devenais un danger pour tous ceux qui m'étaient proches. Je ne pouvais donc rentrer chez mon frère, de peur de devenir un danger pour eux. Au loin, je vis une chapelle, mon seul espoir pour la soirée. J'y entrais, chancelante et me dirigeais directement vers la crypte. Là, je m'effondrai.
Je ne me réveillais que le lendemain soir. Je refusais catégoriquement de sortir. Je sentais bien que mon corps avait changé, deux canines pointues avaient poussé durant la nuit, je ne sentais plus mon cœur battre. Je n'étais plus une femme, mais un monstre. Intuitivement, je sus immédiatement que je ne devais pas sortir au soleil. Cependant, les croix dans la crypte ne me dérangeait pas. Durant plusieurs jours, je dus me nourrir de sang de parasites, tels des mulots ou des rats. Un sang affreusement écœurant. Mais, cela ne me suffisait pas, et je le savais. Lentement, je sentais mon âme s'éteindre... Et je m'endormis dans un long sommeil.
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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:35

Réveil, 1989 : Tout a apprendre


Lorsque je m'éveillais, en sursaut, j'étais en sueur et une faim affreuse me tiraillait le ventre. Je me levai, tremblante. Affamée, je me risquai à sortir. Il faisait nuit, et froid. Je portais toujours cette robe de taffetas … Et ce collier, que je n'avais pris le temps de rendre a Philippe. J'aurais du le lui rendre, quitte à l'arracher... Oui j'aurais du...
Quand je sortais de la chapelle, je restais bouchée bée, me demandant sérieusement où je me trouvais, si je rêvais ou si je délirais. Apparemment, cette chapelle était la seule chose qui n'avait pas changé. Les luminaires étaient différents, brillant d'une lumière dont la source m'était inconnue, les véhicules n'étaient plus tirés par des chevaux de traits, mais dégageaient un gaz qui empestait. Et je ne parlerais pas plus que cela des routes, qui n'était plus pavé mais recouverte d'un matériau dur et horrible. En bref, je ne savais plus où j'étais. Je cherchais désespérément à me nourrir, mais il y avait trop de monde pour que je puisse faire quoi que ce soit sans être remarquée.
Honnêtement, j'avoue sans conteste que j'eus de la chance ce soir là. Si je n'avais pas rencontré Pierre, je ne serai sûrement pas là à l'heure qu'il est.
Je le rencontrais au coin d'une ruelle. Il me demanda sans gêne si je me rendais à un bal costumé avec un tel accoutrement. Je ne lui répondis pas, méfiante. Il ne sentait pas le sang, comme les humains, et je trouvais cela suspect. Il me sourit, et, apparemment sans attendre de réponses, et m'invita chez lui. Malgré mon scepticisme apparent, j'acceptai. Il me servirait certainement de repas, en attendant mieux. C'est assez curieux comme on peut être inconscient lorsqu'on est affamé.
Je me retrouvai dans un grand appartement assez luxueux... trop luxueux pour un jeune homme célibataire d'à peine trente années. Je n'eus pas le temps de faire demi tour. Il avait déjà fermé la porte derrière moi. J'étais pétrifiée. Il planta son regard dans le mien, avec dureté et me prit par les épaules.
« Vous êtes un vampire, 'n'est-ce pas ? »
J'eus, à cette instant, un mouvement de recul. Cette nuit-là, je croyais vraiment que ma fin était proche. Voyant ma réaction, à la fois fière et soupçonneuse, il éclata de rire avant de m'expliquer qu'il était lui-même vampirisé. Il n'eut guère le temps d'en dire plus, car je tombai au sol, victime de ma soif. Il dut le remarquer car il appela une jeune femme, qui s'approcha de moi et me tendis son bras. Avant que j'y plante mes canines, il me recommanda de prendre mon temps et de ne pas la tuer. Pour cela, je ne devais pas boire plus de trois litres de son sang. Je n'en avalais que deux et cela étancha quelque peu ma soif. Il la raccompagna. Elle était pâle. Lorsqu'il revint, je le fixai avec perplexité avant de lui demander comment cela se fait qu'elle n'était pas elle-même un vampire, vue le nombres de trace évidente de morsures qu'elle portait.
« C'est simple. », me répondit-il « Pour vampiriser un homme, il n'y a qu'à le mordre. Pour l'avoir à son service, il faut non seulement le mordre, mais également boire son sang, sans le tuer bien entendu. »
Cela voulait également dire que Philippe n'avait nullement eu l'intention de me tuer, ni de faire de moi sa servante. Mais simplement de faire de moi une compagne vampirique. Malgré cette évidence, je lui en voulais toujours, supportant très mal ma condition de vampire.
Il ne me laissa guère le temps de lui poser d'autres questions, qu'il me demanda les détails de ma mutation. Au fur et à mesure de mon récit, je me rappelais mes ressentis, le froid qui m'avait frissonner, a moins que ce ne soit de la fièvre; mon corps secoué de spasmes violent, et pour finir, le trou noir. C'était les seules choses dont je me souvenais. Pensif, il faisait les cent pas dans la pièce. C'est alors que me vint une question, à la fois bête mais importante pour moi. Je lui demandais alors en quelle année nous étions.
« En novembre 1989, pourquoi ? »
Cent douze ans ! J'avais passé cent douze années à dormir profondément au fond d'une crypte. Ce qu'il s'était passé durant tout ce temps, je l'ignorai. Il me faudrait de nouveau tout apprendre. Je lui signalai cette anomalie, il sourit de nouveau. Il m'expliqua que la torpeur était cet état de sommeil où notre corps se régénérait du manque de sang, ce qui était mon cas, où d'une blessure profonde et importante, un pieu dans le cœur, par exemple.
Lorsqu'il me demanda quels étaient mes pouvoirs, je fus de nouveau stupéfaite. Ainsi, nous avions également des pouvoirs, ce que je ne savais pas. Le fait que je l'ignorais sembla le déranger un peu. Il m'annonça qu'il faisait parti des vampires à tendance animale. Ses pouvoirs étaient, par exemple, se transmuter en chauve-souris ou se faire pousser de longues griffes pour combattre. Cette perspective d'être une brute à griffes ne me plaisait guère, mais il me rassura en m'affirmant que ce n'était pas la seule particularité de vampires qui existaient, loin de là. J'aurais aimé lui poser plus de questions, mais il y coupa court, ce soir là. Il m'entraîna vers une chambre close, où il m'intima de me reposer. Je ne m'étais pas rendu compte de l'heure, et le jour ne tarderait pas à se lever.
Je restai plusieurs nuits enfermée, dévorant avec passion des livres d'histoire afin de me renseigner sur tout ce qui s'était passé lors de ma torpeur. Et je trouvais cela fascinant. Pierre m'expliqua avec calme et patience le rôle que les vampires avait eu dans les différents évènements historiques, comme, par exemple le fait qu'Hitler ait été un serviteur d'un prince allemand, qu'il manipulait à sa guise, avant de le tuer, au vu de son échec. Trois fois par nuit, un de ses serviteurs venait dans ma chambre, afin de me nourrir. J'appris ainsi à contrôler ma soif.
Pierre me trouva également quelques vêtements, simple et élégant. C'est lors d'un de ces instants d'essayage que je découvris que les femmes portaient à présent des pantalons ! Comme des hommes ! Détestant cette idée, je me contentais des différents tailleurs, et des robes de différentes coupes et différentes longueurs.
Enfin, je sortais. C'était en Février 1990. Pierre souhaitait, à présent que j'avais rattrapé mon retard en matière d'histoire et de mode, tester mes pouvoirs. Il s'avéra très rapidement que je faisais parti d'un clan de dominants, pouvant manipuler l'esprit des hommes, lire et fouiller dans leurs esprits et effacer leurs souvenirs. Au fur et à mesure des semaines, je faisais d'immenses progrès. En Mai 1990, Pierre décida enfin de me laisser mon indépendance, du moment que je trouvais les moyens de le faire. Grâce à mes pouvoirs de manipulation, je pus soutirer d'importante sommes à des personnes plus qu'aisées et, grâce à cela, pu m'acheter un appartement, 4 pièces, luxueux, au centre de la ville. Je savais que je ne pourrais vivre toute ma vie de menu larcins, mais pour le moment, le temps de m'installer, cela me suffisait.
Très vite, je pris deux personnes à mon service, Guy, en Juin, mon chauffeur, et Michèle, en Aout, ma femme de ménage. Je menais une petite vie tranquille, fréquentant régulièrement Pierre, qui se trouva être une excellente compagnie. Je le faisais régulièrement profiter de mes escroqueries, toujours de plus en plus grosses mais jamais perçues.
Et puis vint ce jour... Ce fameux jour qui me ferait enfin reconnaître en tant que vampire.
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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:39

Rencontre avec le prince et surprise

Je me souviendrais certainement toujours de ce jour. Ce soir là, en novembre 1990, j'avais prévu de travailler à la comptabilité du bar de Pierre. Il me semblait avoir vu quelques anomalies, qui s'était avérée exactes. Autant dire que l'humain qui s'occupait auparavant de ses comptes nous a servi de repas. Et quand Pierre a su que j'étais moi-même comptable, il m'engagea sur le champ. Mes escroqueries regonflèrent l'affaire, et nos porte-feuilles également. Nous vivions tous deux très aisément.
Cette soirée-là, je m'habillais donc très sobrement, pas besoin d'en faire plus pour faire de la comptabilité. Un peu de maquillage en plus, et ce serait bon. C'est à ce moment-là que là que la sonnette retentit. Je fronçais les sourcils. La seule personne que je connaissais était Pierre, et je devais le rejoindre au bar. Bien entendu, je n'attendais personne. Je me rendis à la porte et regardais par le judas. Pierre était la, mais pas seul. Deux hommes l'accompagnaient, menaçant. Je compris immédiatement qu'il s'agissait de vampires, au teint pâle de Pierre, du moins plus pâle que d'habitude. De plus, il n'aurait eu aucun mal à se défaire de deux humains, aussi forts soient-ils.
Méfiante, j'ouvrais la porte. Pierre soupira et me regarda d'un air contris. Il m'ouvrit son esprit ou je pus voir qu'il aurait préféré que je n'ouvre pas. Je regardais les deux hommes d'un air confiant malgré le fait que j'étais,tout de même, considérablement intimidée.
« Que puis-je pour vous, Messieurs ? »
Ils eurent un signe de tête en signe de salut, que je leur rendis. La crainte de Pierre me rendait nerveuse et je devais me contenir pour ne pas laisser ma méfiance prendre le dessus.
« Mademoiselle, vous êtes attendu chez Sire Jean-François de La Maurenoire, Prince de notre ville. »
Je restais stupéfaite et pétrifiée à cette annonce. Je regardais Pierre d'un coup d'oeil et soupira. L'un des sbires me tendit un sac.
« Veuillez mettre ce qui se trouve à l'intérieur, et préparez-vous le plus rapidement possible. Le prince n'aime pas qu'on le fasse attendre. »
J'acquiesçais d'un hochement de tête avant de me précipiter dans l'appartement. Je pris momentanément appui sur la porte d'entrée, bouleversée par ce qu'il m'arrivait. Je ne savais pas si je devais me sentir honorée ou si je devais avoir peur. Il y avait trois raisons principales pour être ainsi trainé devant un Prince : il avait appris qu'un vampire avait un potentiel intéressant et souhaitait l'utiliser à son profit; il souhaitait confier une mission importante, ou punir un vampire désobligeant ou qui avait passer outre la Mascarades, ceci étant le fait de dévoiler publiquement l'existence des vampire au monde des humains. J'espérais sincèrement que ce n'étais pas la troisième condition qui nous avait fait convoquer.
Je regardais dans le sac et fut surprise d'y découvrir un long fourreau pourpre et griffé d'un grand couturier. Il n'y avait pas de mot, juste cette robe et des gants assortis. Je me préparais rapidement quoique délicatement, ne froissant pas le tissus, me maquillais et me coiffais avec plus d'attention. Je me rassurais, me disant qu'un prince n'enverrait pas une robe aussi chère et aussi couteuse a une personne qu'il voudrait tuer. En allant pour partir, je repérai la rivière de diamant, celle que m'avait offerte Philippe, plus de cent ans auparavant. Je réfléchis quelques secondes avant de la prendre et de l'attacher autour de mon cou. Ce collier avait au moins l'avantage d'habiller mon décolleté.
Puis, après avoir enfiler un vison, je sortis. Le voyage jusqu'à l'Elyséum, l'endroit de la politique vampirique de la ville, fut long et silencieux. Une gêne s'était installée entre Pierre et moi, et nous n'osions même pas nous adresser ne serait-ce qu'un regard. Je me sentais vraiment nerveuse, un sentiment que je ne connaissais pas en général.
Arrivés à l'Elyseum, on m'enleva mon vison avant de nous introduire dans ce qui devait être la salle du trône. On attendit cinq minutes avant d'annoncer le prince. Je m'agenouillai sans lever le regard, par crainte.
« Relevez vous ! »
C'était une voix masculine très douce mais très ferme. C'est alors que je me permis de le regarder. C'était un homme très grand,blond avec des yeux bleus à vous glacer le sang. Il sourit, froidement.
« Pierre, je te remercie de m'avoir emmené cette charmante demoiselle. Tu peux partir à présent. Mais saches que j'aurais toujours un oeil sur toi. À la moindre entourloupe... »
Je n'osais regarder le jeune homme qui se trouvait à mes côtés. Je me sentais trahie, et blessée dans mon orgueil. Victime d'une mise en scène grotesque, je sentis Pierre partir, et je me retrouvais ainsi seule devant le prince. Celui-ci descendit de son estrade et se planta devant moi. Je baissais le regard, mais il releva ma tête avec un sourire plus chaleureux cette fois-ci.
« J'ai beaucoup entendu parler de toi, Anne-claire. En deux ans, tu as rattrapé tes cent douze années de lacunes et tu as même fait prospérer l'affaire de notre ami Pierre... Impressionnant. Vraiment, jamais je n'avais rencontré une personne avec autant d'affinité avec les chiffres. Un des mes proches aurait justement besoin de tes services. Non de tes petits larcins,mais de ta tête et de cette affinité. Penses-tu être à la hauteur pour cela ? »
Je ne fis qu'acquiescer d'un signe de tête. Un refus aurait sans doute été néfaste pour ma vie voire mortel. Il sourit de nouveau.
« Dans ce cas, laisses-moi te présenter mon bras droit,Philippe de Bourbon. »
Je tournais la tête et le vit entrer. Philippe, cela faisait cent treize années que je ne l'avais guère vu. Je me mordis la lèvre inférieure. Les années et l'étreinte n'avaient pas effacé l'attirance que j'avais eu sur lui, bien au contraire. Mais la haine également, était toujours là. Philippe s'inclina devant le Prince, puis me baisa la main. Il sourit en voyant ma surprise à ce geste. Je n'y réponds pas, et fixa de nouveau le Prince. Il sourit de nouveau et je compris. Tout cela avait été calculé, j'en était certaine.
« Vous pouvez disposer. Philippe vous donnera les papiers nécessaires pour votre nouvel emploi. »
Je m'inclinais de nouveau et, sans un regard pour celui qui m'avait transmuté, je tournais les talons et sortit de la pièce en courant.
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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:41

Des retrouvailles froidement passionnées.

Je sortis précipitamment de la salle et courut dans le couloir. Je n'eus pas le temps d'atteindre le vestibule qu'une main puissante m'attrapa au coude. Je me retournais rapidement. Mes yeux ronds et les mèches s'échappant de mon chignon devaient me donner un air enfantin. Je fixai Philippe avec une certaine incrédulité, surprise qu'il m'ait ainsi suivi, puis me dégageait brusquement et m'éloignai d'un pas. Pourtant, je ne pouvais lui tourner le dos, son regard planté dans le mien, débordant de franchise et brillant de mille éclats. Ce que j'y vis m'étonna d'autant plus, ce n'était que tendresse, malgré l'ironie que je pouvais lire sur son visage.
Au bout de quelques minutes à nous fixer, je tournai de nouveau les talons et fit quelque pas. Je ne pouvais affronter ainsi son regard, qui me rappelait autant de souvenirs que de sentiments, dont je ne voulais plus être la proie.
« Anne-Claire... »
Je me stoppai net dans mon élan. Pourquoi fallait-il que sa voix, si douce, si ferme, si masculine, ait tant d'emprise sur ma personne ? Je soupirai. Je ne devais succomber au charme qu'il dégageait. Cela mettrait en péril non seulement mon âme, mais aussi mon cœur. Je savais maintenant à quel point un vampire pouvait être manipulateur et sournois. Et si Pierre m'avait bien enseigné, Philippe, qui était à proprement dit mon Sire (la personne qui m'a étreint), et moi faisions partie de la même classe de vampire, dominateur et manipulateur.
Je me retournais et le regardais froidement.
« Que me veux tu ? »
Sans plus de questions, ni même de considération, il s'avançait vers moi, me prit la main et m'entraina au dehors. Je ne pus même pas récupérer ma veste, je n'en eus pas le temps. Il me traina ainsi jusqu'au parking et me fit monter dans une berline noire. Je ne résistais pas, je savais bien que ce serait chose vaine. Ses pouvoirs étaient bien plus développés que les miens, et je n'avais pas vraiment envie d'en être la cible.
Il roula asse vite durant quelques kilomètres, sans un mot, ce qui m'arrangeait bien a vrai dire, car je n'avais guère envie de lui parler. Je me sentais si vulnérable à ses cotés. La fragilité est une chose que je ne supporte guère surtout chez moi.
Il se gara devant une maison, ou plutôt devrais-je dire une villa. C'était à proprement dire luxueux et sobre, sans fioriture apparente. Et cela changeait énormément du manoir maussade que j'avais connu, il y avait plus d'un siècle de cela. Il me précéda dans la demeure, où une charmante servante, d'à peine une vingtaine d'années vint nous ouvrir. Il lui demanda sèchement à ce qu'on ne nous dérange sous aucun prétexte et m'entraina au premier étage, dans un petit cabinet qu'il ferma à clé après notre entrée. Il fouilla dans le secrétaire qui se trouvait au centre de la pièce, en silence. Malgré cela, l'atmosphère était tendue, électrique. Je ne doutais pas qu'une fois que l'un d'entre nous aurait parler, soit cela exploserait, soit cela e calmerait,et vu mon humeur, j'optais sans conteste pour la première solution. Il revint vers moi et me tendit une enveloppe.
« A l'intérieur se trouve votre nouvelle carte d'identité ainsi que votre contrat de travail. Vous vous appelez à présent Anne-Claire Morange. La lignée des de Beaucastel s'étant arrêtée avec votre nièce et votre frère n'ayant eu aucun héritier mâle, il serait fort mal venu que ce nom réapparaisse. »
J'ouvrai l'enveloppe et y découvrait tout ce qu'il avait cité en plus d'un chèque de plus d'un million de francs. Je fronçais les sourcils. Pourquoi autant d'argent ? Voulait-il acheter mon silence, mon amour, ou autre chose ? Je le fixai sans vraiment comprendre.
« Votre héritage... Avant que votre frère et votre belle-sœur ne quittent la région après la mort de leur enfant, ils me l'ont confié, au cas où je vous retrouverais un jour. Ils ne s'étaient guère trompés. »
Je rangeais le tout dans la petite pochette mauve que j'avais amenée, la seule de ma garde-robe qui était à peu près assortie au reste de ma tenue. Il s'approcha encore d'un pas. Je retins ma respiration. Il était proche, trop proche pour que mon esprit ne s'en retrouve pas tout chamboulé. Il posa un doigt sur le collier que je portais. Son collier, son cadeau, le cadeau empoisonné du jour de mon étreinte.... Comment ne pouvais-je pas me souvenir de tout cela alors que son odeur même me le rappelait ?
« Je vois que tu la portes toujours... Elle te va ravir, tout comme la première fois ou je l'ai attachée à ton cou. »
C'en était trop. Je m'écartai brusquement et lui tournai le dos. Mes sentiments faisaient de nouveau surface, les bon, comme les mauvais. L'amour, la haine, la colère, tout remontait en moi comme la lave remontait par la cheminée d'un volcan. Pourtant, il n'abandonna pas.
« Anne-Claire ! On dirait une enfant gâtée ! Pourquoi ne regardes-tu pas l'évidence ? »
Je me tournais alors vers lui, lui lançant un regard noir. J'aurai eu un fusil à la place des yeux, il serait sans doute mort à l'heure qu'il est. Mais, ce n'était guère le cas.
« Pourquoi ? Pourquoi m'avez-vous fait cela ? A cause de vous, je suis devenue un monstre ! J'aurais pu être heureuse ! Je serai peut-être morte aujourd'hui, mais au moins j'aurai vécu normalement ! »
Ce fut à ce moment qu'il fit la chose que je pensais la plus impensable à ce moment-là : il s'approcha de moi et m'embrassa de la manière la plus passionnée qu'il soit. Je restais durant quelques secondes abasourdie avant de le repousser avec violence il sourit avec ironie..
« Je crois que tu n'as pas encore bien compris ce que je pourrais te faire, ma belle. »
J'inspirai profondément. Je refusais de répondre à ses avances. Par crainte ? Certainement. Mais aussi par vengeance et par fierté. Il m'attirait, certes, mais je n'étais pas le genre de femme qui tombait aussi rapidement dans les bras d'un homme. Je le fixai, tout aussi froidement.
« Veuillez me faire raccompagner à mon domicile, je vous prie. J'ai besoin de me nourrir et également de dormir. Je ne sais pas si vous vous rendez compte, mais il est déjà plus de deux heures du matin. Et je n'aurai jamais assez de trois heures pour tout faire. »
Son regard redevint tout aussi glacial qu'il l'était la première fois où je l'ai rencontré. Il passa derrière moi, ouvrit la porte du bureau et parla avec le jeune valet qui gardait la porte. Puis, il revint vers moi, raide dans son costume trois pièces noir.
« La voiture vous attend... Demain, à vingt deux heures à l'adresse indiquée sur le contrat. Je ne tolèrerai aucun retard. »
Je sortis du cabinet et il claqua la porte derrière moi. J'entendis la clé tourner dans la serrure. J'aurais été une femme normale, j'aurais sans doute eu le cœur brisé à cet instant. Mais moi,je n'en avais que faire, me réjouissant au contraire de la tournure des évènements. La future « collaboration » avec Philippe me montrerait certainement à quel point j'avais raison de le repousser avec tant de véhémence. J'étais alors convaincue que je l'emporterai sur lui, et, par là, sur mes sentiments.
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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:42

Les sentiments face à la fierté

Le lendemain soir, je fus à l'heure à mon poste. J'avais pour habitude d'être ponctuelle, c'était un principe que j'appliquais strictement pour moi comme pour les autres. Ce fus donc vêtue d'un simple tailleur noir,les cheveux maintenus en u chignon serré que je m'installais dans mon nouveau bureau. Il était sobre, froid, à la limite du glacial, tout comme le propriétaire de ces lieux. Et pourtant... Il pouvait être si passionné. Je secouai la tête, réfutant l'image du baiser de la veille et les émotions que cela avait fait naître chez moi. Je tenais à rester la femme dure et froide que j'avais été jusqu'à présent, et ce genre de sentiments était en tout point superflus.
La nuit passa à une vitesse affolante. Je fus durant, quelques heures, plongée dans des carnets de comptabilité dont plus rien ne pouvait me sortir. D'innombrables erreurs avaient été faites, cela était évident, et, à mon sens, elles étaient certainement volontaires. La société de Philippe était presque en déficit, non à cause de lui, car elle aurait été prospère,mais des détournement de fond l'empêchait cruellement de fleurir. Je soupirai et regardais l'heure : il était quatre heures moins dix du matin. Je devais l'affronter afin de lui exposer mes théories, du moins ce que je savais être juste, mais qu'il ne prendrait certainement que comme des hypothèses. Je pris le carnet dans lequel j''avais noté toutes les fautes et tous les points sur lesquels je fondais mes opinions et m'engouffrai dans le couloir.
Je mis bien cinq voire dix minutes à me retrouver dans ce labyrinthe et à dénicher le bureau du directeur. Je pris une profonde inspiration et frappais. Ce fut une vois douce, masculine qui me répondis d'entrer,mais ce n'était pas celle de Philippe. C'est avec une pointe de déception au cœur, que je ne comprenais pas, que j'entrais. Un jeune homme, en tout cas qui semblait plus jeune que moi me sourit. Il se leva et s'approcha de moi main tendue, que je serrai.
« Anne-Claire, je suppose ? Ce n'est pas très souvent que l'on voit une nouvelle tête par ici. Je suis Jean-Baptiste Marceau. Que puis-je faire pour vous ? »
Je fus d'abord intriguée par ce jeune vampire, faisant a peine une vingtaine d'année, à l'humour apparemment facile et à la beauté sans égale. Je compris immédiatement qu'il faisait parti du clan vampirique utilisant leur charme comme pouvoir sur les humains. Une sorte de manipulation qui n'était pas pour me déplaire. Je repris rapidement contenance et souris.
« J'aimerai voir Philippe, si cela est possible. »
Un éclair de contrariété passa dans son regard brun et chaleureux. Il passa une main dans ses boucles brunes, gêné.
« Je suis navré, il s'est absenté pour raison professionnelle, m'a-t-il dit. Il est parti tard, hier soir, aux alentours de trois heures,il me semble. Mais je suis son adjoint, c'est moi qui dirige cette entreprise lorsqu'il est absent. Auriez-vous,par hasard, trouver des choses préoccupantes ? »
J'eus, au premier abord, du mal à croire qu'il était le bras droit de Philippe. Pourtant, ce dernier n'était guère présent et je n'avais aucune raison de ne pas le croire, et il m'inspirait plutôt confiance. Je lui expliquais donc en détails ce que j'avais à lui fournir. Son expression se rembrunit au fur et à mesure de la conversation. Au bout d'un certains temps, il prit mon carnet et soupira, les yeux emplit de colère.
« Le fumier... », murmura-t-il avec haine.
Il me fixa avant de retourner à son bureau. Il avait un air qui ne plaisait guère, la tension était devenue lourde dans la pièce, et j'avais peine a ne pas sortir en courant.
« Je me charge d'appeler immédiatement Philippe. Il faut qu'il soit tenu immédiatement au courant et qu'il rentre le plu vite possible. Vous devriez rentrer, Mademoiselle Morange, vous avez outrepassé votre temps de travail. »
Je regardais de nouveau l'heure et soupirai. Il était plus de cinq heures du matin et je devais me dépêcher. Je le saluais rapidement et partais avec la même précipitation. Bien entendu, j'étais chamboulée par la situation. La société dont j'étais à présent comptable était en chute libre au niveau financier, et je ne voulais pas que cela se passe ainsi. Pour une raison qui m'était inconnue, je tenais déjà à cette entreprise. Le sommeil vampirique ne serait pas aussi lourd, je doute fort que j'aurai dormi ce jour-là.
Durant trois jours, enfin devrais-je dire trois nuits, Jean-Baptiste restâmes sans nouvelles de Philippe. Nous ne savions pas ce qu'il comptait faire, ni même comment. Il avait dit à son adjoint qui était sûr de ce que j'avais avancé avant même de m'embaucher mais qu'il voulait tout de même une confirmation. A présent qu'il l'avait, il ferait ce qu'il se devait de faire, ce que nous ignorions.
Enfin, le quatrième soir, alors que Jean-Baptiste et moi-même discutions dans son bureau, deux vampires, grands et costauds firent leur apparition. Sans politesse aucune, ils nous demandèrent de les suivre. Je reconnus l'un d'entre eux, qui était de ceux qui étaient venus me chercher pour m'emmener à l'Elyseum, quelques jours auparavant. Ce fut ainsi que je devinais où nous nous rendions. Ce qui ne m'empêcha pas, en revanche, de me poser des questions ? Pourquoi le Prince nous faisait-il appeler ? Et pourquoi si solennellement ?
Lorsque nous arrivâmes à la salle du trône, celle-ci était pleine de monde. Le Prince était déjà présent, assis au milieu de l'estrade, Philippe présent à ses côtés. J'aurais eu un coeur, il aurait sans doute fait un bond dan ma poitrine. Malgré son air austère et froid du moment, il m'attirait toujours autant et me mettait dans tous mes états. Mais je n'avais guère le temps d'y réfléchir. Jean-Baptiste et moi nous fixâmes lorsque nous vîmes un homme, un vampire, pieds et poings liés, à genoux devant l'estrade. Je compris sur le champs qui il était et pourquoi il était là : il était celui que Philippe soupçonnait d'avoir détourné les fonds de son entreprise. Les gardes du corps nous menèrent devant le Prince, nous nous inclinâmes et attendirent son autorisation pour nous relever, et celle-ci ne fut guère longue a se faire entendre. Il nous fixa, l'un après l'autre. Mais son regard m'importait peu. Je sentais celui de Philippe glisser sur moi, limpide. Et cela me perturbait bien plus.
« Anne-Claire, il m'a été rapporté que vous aviez trouvé la solution aux problème de mon ami, ici présent. Est-ce exact ? »
Le silence s'était immédiatement fait dès qu'il avait élevé la voix. Je levais le regard vers lui, et le fixai, confiante.
« Oui, Sire. »
Il se leva et se mit a faire les cent pas sur l'estrade, autour de Philippe, qui était d'un calme effrayant. Le contraste entre le deux hommes était frappant.
« Je vous en prie Anne-Claire, expliquez-nous. »
Je lançais un regard discret à Philippe, qui me fit un léger signe de tête approbateur et un petit sourire discret auquel je répondis impulsivement. Puis je m'exprimais devant la cours, leur confiant les points, les doute que j'avais relevé an omettre aucune chose, tout comme j'avais fait avec Jean-Baptiste. Lorsque ma voix eu enfin finie de résonner dans la salle, un silence pesant et effrayant s'installa quelques minutes, au point que j'en eu peur pour ma propre vie. Puis le Prince regarda l'homme à nos pieds, enfermé dans un mutisme dont il ne semblait pas vouloir sortir.
« Ce que vous avez rapporté et vrai. Et cette homme est non seulement coupable de vol mais également de trahison envers son prince, cet argent gonflant les finances d'un groupe voulant renverser le pouvoir, mon pouvoir...Mais, même le plus âgé dominateur ne peut cacher ses pensées à son Prince. Cet... Homme sera donc détruit, et ce maintenant, aux cachots. »
Il descendit prestement de son estrade, le prisonnier ne se débattant même pas, son esprit contrôlé par le Prince. Toutes les personnes présentes suivirent avec enthousiasme. Je baissais le regard. Malgré les fautes qu'il avait pu commettre, aucune personne ne méritait la destruction pour cela. Je ne regrettais pas mes analyses mais, j'aurais préféré ne pas être à la source de la mort d'un homme, aussi coupable soit-il. Je soupirai puis releva les yeux, et restais un instant abasourdie. Philippe était descendu également de l'estrade et me fixai, brûlant d'amour et de passion contenus, ce que m'atteignit au plus profond de mon âme. Au diable ma fierté et mon orgueil. Dès cet instant je sus que je ne pourrais plus être séparée de lui plus longtemps et que mon amour ne pouvait plus être ainsi bridé. Je me précipitais vers lui et sentis ses bras m'entourer tandis que ses lèvres prenaient mes lèvres dans un un élan de passion enfin relâchée.
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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:43

Le point de départ d'une relation cachée.

Le baiser se prolongea, et pourtant lorsque nos lèvres se séparèrent, j'eus l'impression que cela n'avait duré qu'une demie seconde. Nous nous fixâmes, il me sourit et remit en place une mèche de cheveux qui s'était échappée de mon chignon. J'en restais béate, tant le geste était doux. Ses yeux brillaient de mille éclats que je n'aurais su définir.
Soudain, un bruit de pas nous fit sursauter. Il me fixa de nouveau, le regard redevenu soudain glacial. Il me prit par les épaules et planta son regard dans le mien.
« Rentres chez toi, je te rejoins tout à l'heure. »
Sans même un baiser, je tournai les talons et me précipitai dans le couloir sans demander mon reste. Mon amour propre aurait pu en prendre un coup d'avoir été renvoyée d'une telle manière. Mais, intérieurement, je le remerciais. Je me voyais mal expliquer cet élan de passion à quiconque et encore moins au Prince. Je récupérai ma veste au vestiaire, et mon vison par la même occasion. Guy, mon chauffeur, m'attendait au volant de ma petite Renault noire. Je lui demandais de me ramener directement chez moi, et m'installai sur la banquette, pensive.
Avouer mes sentiments m'avait grandement soulagée. Je ne sentais plus ce poids dans ma poitrine. Au contraire, j'avais une impression de légèreté, l'impression d'être sur un nuage voletant à travers les étoiles. Je montais dans appartement dans un état second et m'installais dans mon canapé, rêveuse.
Lorsque Philippe sonna chez moi, il devait être près de du heures du matin. Je n'avais pas bougé de mon fauteuil, plongée dans mes pensées, et j'en eus honte. J'allais lui ouvrir. Tout se passa sans un mot : les baisers, les regards, les caresses... Ce fut avec ce même silence que nous nous rendîmes dans ma chambre, où tout reprit de plus belle. Notre union fut à la fois douce et passionnée. Le lien entre nos regards ne se rompit à aucun moment. Seule notre jouissance commune rompit ce silence dans lequel nous étions plongés.
Heureusement pour nous deux, Philippe avait prit des dispositions pour que nous puissions nous nourrir. Nous avons beau ressembler a des humains, certaines choses nous demandent plus d'énergie, et l'union entre un homme et une femme en fait partie. Et souvent, immédiatement après, le sang devient nécessaire pour reprendre rapidement de l'énergie et ne pas entrer en torpeur. Étant chef de différents hôpitaux de la ville, grâce a ses goules, il avait accès aux poches de sang et ne ce gênait pas pour se servir ni pour fournir ses amis, dont le Prince. Nous n'avons guère eu vraiment le temps de discuter ce soir-là. Mais je savais que cela se ferait au moment voulu, c'est à dire, le lendemain soir.
Lorsque je m'éveillais, je me trouvais dans mon lit, seule. Je soupirai. Je savais, ou tout du moins me doutais que Philippe était un homme très occupé et j'aurais du par là me douter qu'il ne serait guère là à mon réveil. Je m'assis au bord du lit, ramassais la nuisette qui se trouvait à terre et l'enfilais et me rendis dans la cuisine. Je m'arrêtais sur le pas de la porte et sourit en voyant Philippe, ne portant que le strict minimum. Il remplit deux verres de sang, qu'il posa sur la table, puis vint vers moi, m'attira à lui et m'embrassa. J'étais agréablement surprise de voir encore ici, attendant mon réveil. Il me sourit, me tendit un verre de sang que je pris, puis se détacha de moi et s'installa sur une chaise non loin de moi.
« Anne-Claire, il faut que nous parlions. »
Cela, je le savais. Tout est motif à discussions chez les vampires, et je savais également que des difficultés ne tarderaient pas à apparaître dans notre couple. Je m'installai près de lui et le regardais fixement. Il passa une main dans ses cheveux, un tantinet gêné.
« Anne-Claire... Tu sais... Jean-François n'est pas au pouvoir depuis longtemps mais beaucoup de chose ont changé depuis quelques temps. Des nouvelles lois ont été posées. Notamment le fait que le Prince doit être au courant de tout ce qui se passe sur son territoire... Y compris les liaisons amoureuses ou non qui se passent entre vampires. En bref, nous avons besoin de son autorisation pour nous fréquenter. »
Cette révélation me choqua profondément. Moi qui tenait tant à ma liberté, je me retrouvait prisonnière d'une société ont je ne pouvais pas me retirer. Il me prit la main qu'il caressa avec sensualité. Je tentai de lui sourire mais cela était forcé, pas du tout naturel. Il la remarqua certainement, car sa main se resserra autour de la mienne. Je soupirai, le cœur rempli d'injustice. Je levais le regard vers lui, les sourcils froncés.
« Philippe, je ne suis pas le genre de femme qui se laisse enfermer dans ce genre de règles. Je pensais que tu t'en douterai. »
Il eu un petit sourire en coin, rempli de mystères, que je ne compris pas immédiatement. Cela me mit tout de même légèrement mal l'aise, même si, bien sûr, j'essayais de ne pas le montrer. Mais, le malaise que je ressentais était tout de même palpable. Il m'attira à lui et planta son regard dans le mien, caressant ma joue avec douceur.
« Anne-Claire, écoutes-moi bien. Je savais que tu dirais cela et je suis exactement du même avis. Par conséquent, ce que nous nous apprêtons à faire est très dangereux. Mais, te sens-tu d'affronter cet avenir clandestin à mes côté ? »
J'en restais bouche bée. Philippe, que je pensai si droit, si conventionnel, me dévoilait son côté,disons, rebelle. Cette nouvelle facette n'était pas pour me déplaire. J'acquiesçai, d'un léger mouvement de tête et nous scellâmes ce nouveau pacte par un baiser langoureux. Malgré l'angoisse profonde que je pouvais ressentir, je savais qu'avec lui à mes côtés, je ne risquais pas grand chose, car il avait tout de même toute la confiance du Prince. Mais, malgré cela, notre relation devait rester plus que discrète et pour cela, il nous fallait un planning très précis. Mais cela ne me dérangeait pas outre mesure, du moment que j'avais la liberté d'aimer.
Après une douche en commun, Philippe dût partir, rappeler à l'ordre par sa profession. Je savais que cela ne serait guère facile, pour lui, comme pour moi. Mais je savais également que nous avions cette force de vivre notre relation secrète et ce malgré l'intimité qu'offrait la société vampirique. Je n'allais pas travailler ce soir-là, Philippe m'ayant donner ma soirée. Je restais donc dans mon appartement, à réfléchir sur mon avenir. Et seul Dieu, s'il existe, pouvais savoir ce qui allait m'arriver... Car même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais pu l'imaginer.
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MessageSujet: Re: Moi, femme, mère, amante et vampire    Jeu 8 Déc - 16:43

La discrétion ne sert parfois pas grand chose.

Durant quelques semaines, Philippe et moi-même nous vîmes très peu en privé. Il venait me rendre visite, une à deux fois par semaine maximum et ce, toujours à mon domicile. Mais, la plupart du temps,je me contentai des mots doux qu'il me laissait dans la boîte aux lettre, pendant la nuit. Au travail, c'était à peine si nous nous parlions. Je collaborais très étroitement avec Jean-Baptiste, qui se révéla rapidement être un ami auquel je pouvais me confier. J'avais sa confiance tout comme il avait la mienne. Nous nous étions lié d'une complicité à laquelle je n'étais guère habituée. Mais cette relation avec lui me plaisait. Il me parlait souvent de sa sœur, Marie-Laure, sa jumelle, qu'il voulait absolument que je rencontre. Malheureusement, je n'en eus guère le temps en cette période.
Trois mois passèrent sans que rien ne se passe de réellement passionnant. Bien que je voyais Jean-Baptiste bien plus souvent que lui, Philippe ne m'en tenait guère rigueur et se montrait compréhensif. Cependant, même si nous étions très heureux d'être ensemble, souvent nous souffrions du manque que nous avions l'un de l'autre. C'est pourquoi un soir, n'y tenant plus, nous avions décidé de nous retrouver dans un bar à sang, dans la foule dans laquelle nous ne nous ferions certainement pas remarquer. Du moins, c'était ce que nous pensions.
Ce soir-là, je pris un soin tout particulier à me préparer. Je sortais tellement peu souvent, qu'une fois n'étant pas coutume, je décidai de me faire belle. Pour l'occasion, je m'étais acheté une robe de soirée en satin blanc parsemée de strass sur le décolleté, tombant sur mes pieds, chaussés d'escarpins blancs. J'avais relevé mes cheveux en un chignon tressé très simple, je m'étais maquillée avec soin et simplicité, et portais, comme unique bijou, la rivière de diamants qu'il m'avait offerte. Je récupérais la veste assortie à ma robe dans ma penderie et sortit.
J'arrivai au bar avec cinq minutes d'avance. Comme il n'était pas encore arrivé, je m'installai au bar et prit un verre de sang de jeune homme, un des plus corsés et des plus parfumés. Je plongeais dans mes pensées tout en sirotant ma boisson. Je m'attardais sur toute les choses qui me venait en tête, attendant sa venue avec impatience. Mais, au bout de vingt minutes, je n'avais toujours aucun signe de sa part. Malgré mon inquiétude vis à vis de ce retard, lui qui était pourtant si ponctuel, je restais calmement perchée sur mon tabouret, commandant un autre verre.
« Anne-Claire  !»
Je sursautai et me retournai en entendant la voix féminine qui m'appelait. Une jeune femme,paraissant au maximum vingt-cinq ans, une longue cascade de boucles brunes tombant sur ses reins, de grands yeux bruns et chauds illuminant son visage, s'approchait de moi,un grand sourire aux lèvres. Malgré le fait qu'elle ne lui ressemblait guère plus que cela, je la reconnus instinctivement : Marie-Laure, la sœur de Jean-Baptiste. Cependant, j'ignorais ce qu'elle faisait ici et comment elle m'avait reconnu.
Elle arriva à ma hauteur et m'embrassa sur les deux joues. Je lui souris, essayant de paraître aussi neutre que possible. Pourtant, mon inquiétude m'oppressait bien plus depuis son arrivée. Quelle était cette mise en scène dont j'étais encore victime ? Elle s'installa près de moi et me fixa, l'air désolé.
« Excuses-moi du retard. J'ai eu un souci avec le travail, je n'ai guère eu le temps de me libérer plus tôt. Tu m'attends depuis longtemps ? »
Tout en me posant beaucoup de questions, je lui fit servir un verre, dont elle but la moitié d'un coup. Je décidai d'entrer dans son jeu, perplexe malgré tout.
« Une trentaine de minutes. J'ai cru que tu allais annulé au dernier moment. »
Elle remit en place sa coiffure avant de me sourire. J'avoue, j'eus énormément de sympathie pour elle dès le moment où je la vis. Malgré notre différence de clan, elle étant dans le clan des charmeurs, moi des manipulateurs, je sentais que nous nous ressemblions bien plus qu'il ne semblait être. Elle soupira.
« Il faut que je passe chez moi, je dois me repoudrer le nez. J'habite tout près, tu m'accompagnes ? Je n'en ai pas pour bien longtemps, on pourra sas doute faire notre petite ballade ensuite. »
Sentant qu'il y avait anguille sous roche et que quelque chose d bien plus sérieux se tramait, j'acquiesçais d'un signe de tête, finit mon verre et me levai, non sans grâce, afin de la suivre.
En sortant du bar, ma frayeur grimpa d'un cran. Malgré l'apparente aisance de la jeune femme, je la sentais tendue et cela me mettais dans un malaise tel que je faillis déguerpir aussi vite que j'étais venue. Je la suivis tout de même, poussée par un sentiment de curiosité mêlé de scepticisme que je ne m'expliquais pas.
Nous arrivâmes chez elle une dizaine de minutes plus tard. À ma grand surprise, Philippe s'y trouvait, ainsi que Jean-Baptiste. Je restais quelques instants sur le pas de la porte, essayant d'éclaircir le mystère qui m'entourait à cet instant. Philippe s'approcha de moi et me serra furtivement contre lui, avant de m'embrasser, tout aussi brièvement. J'étais nerveuse, tellement que j'en tremblais. Je lançais à mon amant un regard peureux et interrogateur auquel il répondit avec tendresse et assurance, ce qui me détendit quelque peu. Puis, Jean-Baptiste me prit dans ses bras, comme un grand frère l'aurait fait. Puis, je soupirai, excédée par ce qu'il se passait et dont je n'étais guère au courant.
« Pourrait-on m'expliquer à quoi rime cette Mascarade ? »
Un silence de quelques secondes se posa dans la pièce,lourd et gêné. Puis, Philippe se passa une main dans les cheveux et soupira.
« Jean-Baptiste et Marie-Laure nous ont sauvé la vie. Depuis quelques jours, le Prince est devenu très suspicieux à mon égard... Pourrions-nous nous mettre à l'aise, Marie-Laure ? J'ai vraiment besoin de m'asseoir. »
Marie-Laure hocha la tête et nous ouvrit le chemin jusqu'au salon. On avait beau qualifier ce genre de logement d'appartement... Mais quel appartement ! Il était gigantesque, au moins une centaine de mètres carré. Enfin, nous pénétrâmes dans le salon. Une chose attira immédiatement mon regard, un oiseau blanc aux plumes légèrement rosée sur la queue. Dès que nous entrâmes, celui-ci s'ébroua.
« Aaaah... Arthur ! Arthur ! »
Marie-Laure soupira et s'approcha de la cage, menaçante. Étonnée qu'un oiseau puisse ainsi causer, je n'arrivais pas à en détacher les yeux. À mes côtés, je sentais Philippe et Jean-Baptiste ricaner, et ce malgré la situation, et cela détendait considérablement l'ambiance. La jeune femme se tenait à côté de la cage, fixant l'oiseau d'un regard noir.
« Satané perroquet... »
Je souris et m'installai sur le canapé, où Philippe vint me rejoindre. Les jumeaux s'installèrent en face de nous, la jeune femme pincée. L'oiseau criait toujours. Marie-Laure leva les yeux au ciel et agita la petite clochette qui se trouvait sur la table basse en verre. Quelques secondes plus tard, un jeune homme d'une vingtaine d'années, les cheveux châtains, des boucles en fouillis, les yeux noisettes pétillants, entra. Il s'inclina devant la jeune femme avec le sourire d'un homme sous le charme.
« Maîtresse, que puis-je faire pour votre service ? »
Immédiatement, je compris qu'il était le serviteur de Marie-Laure et au sourire qu'elle lui adressait, il ne devait pas vraiment s'en rendre compte.
« Arthur, apporte nous quatre verres de sang frais, je vous prie. Et occupez-vous de cet animal, qu'il cesse de piailler. »
Je souris en comprenant d'où venait les cris de l'oiseau. Le jeune homme s'inclina de nouveau devant la vampire, prit la cage de l'oiseau et sortit. Il ne fut pas long à apporter les boissons et s'éclipsa aussi vite qu'il était venu. Je pris mon verre et en but deux gorgée avant de le reposer. L'ambiance était de nouveau tendue. Philippe soupira, ne sachant visiblement pas par où commencer. Jean-Baptiste et sa langue bien pendue ne me laissèrent pas languir plus longtemps.
« Le Prince a commencé à avoir des suspicions vis à vis de Philippe et toi. Comme il ne pouvait pas décemment faire suivre Philippe, à cause de son rang, il a commencé à te faire suivre. Malheureusement, son espion, un métamorphe, est également un des amants de Marie-Laure et lui a fait des confidences sur l'oreiller. Grâce à son pouvoir, elle a réussi a lui faire oublier qu'il lui avait tout raconter et m'a immédiatement prévenu. Et quand j'ai su que Philippe devait te retrouver ce soir, à la vue de tous et surtout de lui, je l'ai empêché de tomber dans le piège, et Marie-Laure m'a aidée. Enfin, c'est plutôt elle qui a eu l'idée du rendez-vous entre copines. »
Je lui lançais un sourire plein de reconnaissance, qu'elle me rendit. Philippe me prit la main. Il avait l'air si perdu que je ne savais que dire. Marie-Laure se leva et se posta près de la fenêtre, regardant la nuit noire qui se profilait au dehors.
« J'ai réfléchi à ce que nous pourrions faire pour vous sortir de là. Je crois savoir que le courant passe bien entre Anne-Claire et Jean-Baptiste. Je sais que supporter mon frère n'est pas une sinécure mais pourquoi ne ferait-il pas une demander afin qu'ils se fréquentent ? »
Philippe se leva avec une telle brutalité que j'en sursautais. Marie-Laure resta de marbre, son sourire scotché à ses lèvres, malgré la colère qui transperçait le regard de mon amant à cet instant précis.
« Marie-Laure ! Tu ne peux pas me demander ça ! C'est au dessus de mes forces ! La voir avec quelqu'un d'autre me briserait et tu le sais. »
S'asseyant de nouveau sur son fauteuil et prenant une pose lascive, la jeune femme prit une cigarette et l'allumer, sous mon regard surpris. On m'avait appris que les vampires pouvait, grâce a beaucoup d'énergie, et donc du sang, pour certaines choses, et apparemment fumer en faisait parti. Puis, elle fixa Philippe avec assurance.
« Je crois que tu n'as pas encore bien saisi la situation, Philippe. Si le Prince apprend votre relation, vous êtes morts ! Au moins, celle-ci cachera la votre, tu comprends le raisonnement ? »
Philippe se laissa tomber dans le canapé, la tête entre les mains. Puis, résigné, il acquiesça d'un signe de tête. Durant plusieurs heures, nous discutâmes du plan que nous allions mettre en place. Marie-Laure m'apprit à bloquer mon esprit à la domination. Ce fut douloureux et je manquais cruellement d'exercice, mais il le fallait si je voulais me présenter devant le Prince. Je dormis sur place ce jour là, avec la ferme intention de berner le Prince, tout comme je le faisais à présent.
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Moi, femme, mère, amante et vampire
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