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 Basculement

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Ruby

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MessageSujet: Basculement   Jeu 31 Mai - 13:10

Il paraît qu'on m'a invité, seulement pour que Lui prenne son pied. Je ne suis pourtant pas la plus jolie, ni la plus facile de la soirée.
C'est Frédéric qui m'a convié, on avait discuté et il avait décidé de me laisser faire mes premiers pas dans le cercle. J'étais à la mode.Je n'en suis pas même choquée, j'ai simplement envie de profiter. Sans penser à ce qui m'arrivera et aux on dit. Je me laisse aller, m'alcoolise sans retenue.Je suis toute guillerette, et interpelle tout le monde avec plus ou moins de drôlerie.

Fred me retrouve dans la foule et m'amène vers Lui; un grand dé guindé neurasthénique aux cheveux bouclés noirs. Il ne semble ni surpris, ni intéressé. Je me sens grossière face à lui et détourne le regard. Il sirote mollement son cocktail, l'air distrait, puis me lance : " on va chez moi".
Et étrangement je dis non, une bouffée de fierté m'empare : " si tu me veux, il va falloir un minimum d'effort, je veux même pour une nuit avoir de l'existence, du sens".
Je m'en vais précipitamment sur la piste et commence à gesticuler, je vais surement finir avec un balourd un minimum engageant, alors pourquoi pas Lui? J'essaie de pas y penser, de me concentrer sur le rythme de la musique. Et alors il vient devant moi, l'air peu maladroit et nerveux: " Qu'est ce que tu veux?"
Je lui rétorque : " On peut se connaître d'abord", il me propose d'aller m'asseoir un peu plus loin pour discuter.
- " Non se connaître physiquement, ça sera déjà plus parlant, d'abord on se regarde", et je plante alors mes yeux dans les siens. J'essaie de décrypter ce qu'il peut ressentir, qui se cache derrière ses prunelles marron. On se regarde, là face à face, sans trop savoir à quoi ça rime. Je l'apprivoise, suis touchée par sa pupille.
Je lui prends les mains et enserre mes doigts dans les siens. Acte non anodin : romantérotique. Entre l'étreinte et la douceur. Puis je me penche pour l'embrasser, mais il est trop grand, j'attends qu'il se penche. Il ne comprend pas. Forcément le plus attirant est celui qui est attardé. En fait il le fait exprès, il me fait attendre pour me faire payer mon impudence. Nos mains ne se détachent pas.

On sort, il prend sa voiture, démarre puis allume sa cigarette et reste silencieux. L'angoisse me prend à la gorge. Je me suis encore fait avoir, quelle conne. Ça revient toujours au même. J'ai envie de lui parler, de me partager. Je le connaissais de nom, il m'intéresse, son intelligence me charme. Mais là rien de tout ça c'est animal. Il interrompt mes pensées : " tu veux qu'on s'arrête?" , mais finalement je le veux, pas besoin de réfléchir : " non vas-y".

On arrive chez lui; il me plaque contre le mur froid à côté de la porte d'entrée, prend ma tête dans ses mains et m'embrasse à pleine bouche. Je m'abandonne totalement à lui, me laisse guider par sa chaleur, et puis j'agis.

On rentre chez lui, tout va vite. Comme si on se dépêchait avant de mourir. Valse de vêtements. Il n'y a plus que sa bouche. Plus que nos mains qui découvrent l'autre. C'est abrupt, un impératif qui ne supporte aucun arrêt. Je le sens en moi, plus que sexuel. Je me perds dans l'instant, il n'y a plus rien. Je n'existe plus, rien que la sensation et lui. Je ne veux pas le quitter, je me recroqueville contre lui, j'ai besoin de son corps, de sa force, de sa présence. Dans sa chaleur je me sens bien, épuisée. Je m'endors.

Il a disparu. Il a eu ce qu'il cherchait. Je ne m'attendais à rien de plus? Je ne veux pas y penser ici. J'ai besoin de sortir. Je me sens pas bien, coupable malgré moi. Je fuis en claquant la porte sans jeter un coup d'œil au mur.

***

Il n'était pas parti. Il s'était caché. Il voulait que je parte. Lui ne croit pas en l'amour, aux les relations sérieuses homme femme. Il ne veut pas oublier ce moment et a fouillé plus tôt dans son sac pour garder quelque chose d'Elle. Il a trouvé un carnet et l'a pris, vol délibéré. Il pense le remettre à sa place après l'avoir lu, mais il se laisse emporter par une émotion, une individualité, une tristesse. Il est surpris par ce qu'il découvre d'elle, une spiritualité, hier c'était l'inconnue sauvage et là c'est une femme sensible. Il sort de sa cachette lorsqu'il l'entend claquer la porte. Que faire du carnet? Il sait qu'elle voudra le récupérer, dedans c'est une partie d'Elle. Quoi penser d'elle? Veut il la revoir? Quand elle l'avait défié, elle l'avait allumé. Il était sorti de sa routine, ça l'avait rendu curieux, il avait voulu la séduire, l'avoir. Sortir de sa monotonie de baisse hebdomadaire. Peut être Frédéric l'avait su en la lui présentant. Mais bien sur c'était ça la solution, refiler le carnet à Fred pour qu'il lui redonne, après tout c'est lui qui l'avait mis dans ses pattes.

**

Des images défilaient dans sa tête, comme un film dont elle serait l'héroïne. Elle avait décidé de mettre cet épisode en parenthèses et de se mettre la tête dans le travail. Puis cette bonne résolution avait été interrompu par Fred qui était venu la voir, l'air narquois en lui redonnant son carnet. Il savait ce qu'elle avait fait et ce qu'elle était par ses écrits. Elle fulminait intérieurement, elle avait joué le jeu, ne laissant rien paraitre de sa honte et de sa colère. Dès qu'elle avait pu, elle s'était rendue chez lui. Elle n'avait pas bu assez le jour d'avant pour ne plus se rappeler son adresse. Elle avait appuyé sans discontinuité sur la sonnette. Il lui avait ouvert. Il l'attendait.

Il avait passé la journée à y penser. Quand elle était arrivée et s'était plantée devant lui, attendant une quelconque explication, excuse, il n'avait su quoi dire mais était heureux de la voir, Elle ressemblait à la femme qui l'avait séduit, même avec les cheveux en pagaille et l'air furieux, Il avait souri. Quel affront! Elle s'était mise en colère et à déblatérer toute sorte de mots qu'il n'écoutait pas. Il n'avait plus l'air paresseux mais décidé, il la saisit par les hanches et l'embrassa tendrement, Elle s'était laissé faire, comme si elle n'avait attendu que ça de cette journée,
Ils s'étaient apprivoisés.


************************


Dans un bar au décor boisé, et aux lumières chatoyantes de rouge et de doré, elle se trouvait. La tête qui vacille, tout peut arriver, elle peut terminer à l'eau ou sous les rails. Ses pulsions n'ont pas de limite. Elle a chaud. Ça tambourine dans sa tête, elle a besoin d'expulser le rythme. Primitive. Pas ce soir. Elle entoure ses bras autour du cou d'un inconnu. Il n'existe plus. Elle s'accroche à lui pour ne pas tomber. Elle titube plus qu'elle ne danse, Elle a soif d'ivresse et de sexe, Elle prendra le premier qui voudra, comme d'habitude, Elle se fait violence, cherche à se bousculer mais rien ne change, Elle n'arrivera pas à prendre sa revanche, Elle se débecte, se transcende, Elle rêve de cet individu, qui lui prendrait la main et non les hanches, qui la ferait valser dans la rue, au milieu des passants, qui l'embrasserait dans la chambre après l'avoir courtisé, après lui avoir parlé, après l'avoir aimé. Elle se sent plus légère et oublie les mains collantes qui lui caressent grossièrement les fesses, Elle ferme les yeux. Elle a le tournis et le sourire. La mélodie se fait lointaine. Elle quitte cet amant de circonstance et sort. Elle fouille dans son sac et ne sait plus trop réellement ce qu'elle s'attend à y trouver. Elle prend une cigarette machinalement, y met feu avec une allumette, elle aime sentir l'odeur du souffre. C'est son état d'esprit, en guerre contre la vie, contre elle-même, Première bouffée, elle grille son corps, s'intoxique ses lèvres. Elle sait qu'elle s'empoisonne et c'est pour ça qu'elle le fait. Elle est fatiguée de cette soirée sans cesse répétée, quand sera fini la traque? Viendra t-elle à bout de ce type de vie ou bien la mort la guettera t-elle encore? C'est comme si elle était deux, l'une à la voix rauque qui crie, et l'autre fluette qui s'excuse d'exister. Elle longe les bords du fleuve, croise les badauds et se demande pourquoi elle n'est pas eux, mais va dans la direction opposée, Elle s'assoit sur un banc et pleure. Elle a mal, sans trop savoir pourquoi. Elle explose petit à petit. Une minuterie qui arrive bientôt à zéro. Elle se détache, voit de la grandeur dans son geste. Elle se relève, écrase son mégot, et regarde hypnotisée l'eau stagnante. Si elle saute c'est fini. Le veut elle vraiment? Elle entend une musique. Tout revient. Lui. Lui. Lui. Elle ne sait plus, se réfugie dans sa tête, crée des moments, des gestes, des eux,
Elle se sent mal et se penche alors contre la balustrade vers l'eau et se libère.
Ses tripes, ses boyaux sont mis à mal. Elle vomit sa bile. Elle est vide, comme toujours mais peut être qu'un peu de sa douleur est partie pour un instant. Elle essuie ses larmes qui glissent sur ses joues bouffies. Les gens la dévisagent, il est tard, elle s'en moque. Elle veut se perdre, finalement abandonne. Elle marche jusqu'à chez elle, s'endort recroquevillée sous sa couette. Chaleur du foyer qui la protège pour un temps. Elle dormira des heures. Si quelqu'un l'appelle, elle se lève.
Personne n'appelle.

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Tr0n

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MessageSujet: Re: Basculement   Jeu 31 Mai - 18:30

14 h.
Un litron de vin rouge dans le sang.
La chaleur d’une cuisse, d’une robe courte, entremêlée des spasmes de cette poitrine généreuse, délicieusement savoureuse à la pupille. Je m’y noie, je rêve, j’imagine, je m’évade à des lieux de ce lieu. Sa main dans la mienne, ma joue contre la sienne, une simple bise, un enlacement, doux, tendre. Les songes bercés par les princesses, par les fadaises, j’aime ces illusions enracinées aux tréfonds de mon être. Je m’y noie, immergé, submergé, dévasté par mes propres errements. L’égarement d’être ailleurs, de n’être jamais perçu, d’aimer se fourvoyer dans ces chimères. Elle pose sa tête sur mon épaule et de ce souffle subtil glisse un air enivrant au creux de mon cou. Je chavire dans la tempête de ces désirs incontrôlables. Je vendrais père et mère, vous feriez de même. L’esprit s’enfuit, s’évade proche du sixième ciel, cette marche divine précédent l’extase, cette sensation de n’être plus qu’un avec ses fantasmes. Je n’ai plus conscience de ma propre existence : je suis un sentiment, pur. Elle est belle. De son sourire, de ses yeux turquoises elle m’observe ; je la scrute, la dévisage, me nourrit de la moindre imperfection, incapable d’échapper à cette prison solitaire qui m’enchaîne. Mon cœur s’emprisonne, abandonné par ma raison. Elle me happe, me déguste d’un battement de cible, me savoure comme un dessert, jouant de mimiques séductrices. Je ne suis plus. J’étais. Je suis Elle. Je cherche à comprendre, à savoir, autant qu’à dominer. La prédation masculine reprend le dessus, affranchi de toutes chaînes, elle s’impose comme une évidence, je traque une proie. Elle se soumet délibérément. Putain de cellule. Victime de la chimie. Victime de l’alchimie.
Quelques minutes passées, une pensée, un désir, un fantasme. Elle était peu être stupide, de droite, ou futile mais elle m’a donné un plaisir intense. J’ai un sourire béat désormais sur mes lèvres. Le crétin satisfait que je suis de n’avoir jamais rien oser.
Retour du restaurant.
Quelques minutes pour lire ton texte.
Quelques minutes pour écrire cette brève introduction : sept pour être précis, entrecoupé par un café.

J’aime le sujet. L’idée me fascine, et c’est agréable à lire d’une traite. On se laisse emporter, je me laisse emporter, empoté que je suis. Le sentiment m’a toujours captivé. La compréhension psychologique est mon credo, mais simplement, malheureusement, par écrit, lorsque ma raison n’est pas envoûtée par la beauté naïve et la crédulité. Insipide que le dialogue entre les Hommes alors qu’ils ont tellement au fond d’eux à réellement partager. Traitement ambivalent qui mérite une bonne note dans le fond. La forme, comme de coutume, laisse à désirer, question de relecture, de travail et de tripes comme on le dit si souvent. Je vais donc faire comme je l’aime bien : forme et fond, c’est facile.

Prenons déjà la toute première phrase (pas première fois, aucun lapsus quand j’ai écrit ça).


Citation :
Il paraît qu'on m'a invité, seulement pour que Lui prenne son pied.
Sans équivoque, tu choisis donc le registre du langage « courant » voire « familier ». Soit. Je prends note. Il convient donc dans l’ensemble du texte de mettre en œuvre ce langage du début à la fin et de s’y tenir : il faut donc éviter le soutenu et tout le vocabulaire qui colle avec. Ensuite je hais le « on », comme beaucoup. Je mets ma main à couper que tu as passé 3,64 secondes sur cette phrase sans y réfléchir. Et bien réfléchissons y. Sans cesse, tu te dois de réfléchir comme il suit (non que ce soit une obligation stylistique, mais que la relecture l’induit plus ou moins) : d’abord l’unité linguistique atomique, le mot (puisqu’on ne fait ni poésie, ni prose), ensuite le groupe nominal, le verbe, les compléments et possiblement les appositions et autres géronditivités (j’adore ce néologisme) stylistiques. En somme regarde bien, ça marche à tous les coups, avec tous les textes et toutes les phrases.

Mots importants de la phrase : [paraître] [inviter] [prendre] [pied]
Mots effectuant des transitions entre les groupes atomiques : [qu’on] [pour que]

Grosso modo c’est ça. Donc première remarque : quatre mots du langage courant. C’est un choix. Expression « prendre son pied » pour bien marquer le démarrage. C’est un choix aussi. A partir de là, comme c’est un choix et un style : je ne le juge pas. Qu’est-ce qui me tarabuste donc dans cette putain de phrase. Les transitions ma chère. C’est de la subjonctivite aiguë, et quand on écrit, les subordonnées, ça complexifie un groupe nominal, une apposition ou un complément circonstanciel, ça la simplifie. Tu choisis d’utiliser de la complexification des transitions entre unité atomique du mot pour marquer une expression « familière ».

Qu’est-ce qu’il en ressort comme sensation initiale ? De la lourdeur grammaticale et linguistique. Techniquement cette phrase n’est rien, elle paraît anodine. Mais les micro-impacts dans le dialogue par des choix grammaticaux précis, ont un impact extrêmement marquant. Et tu devrais te rendre compte, que ces éléments là, sont présents dans tout ce qui est écrit : du début à la fin. Autant le mot est plutôt juste, autant la structure stylistique laisse à désirer. C’est ce que j’exprime souvent, dans l’écrit : le mot, la phrase, les transitions entre les groupes de mots, marquent complètement et totalement, le lecteur.

Exemple A : On raconte qu’il est plutôt X mais qu’il est aussi un peu Y.

Cette phrase paraît elle aussi anodine non ?

Exemple B : Il est X. Il est Y. Il est X et Y.

Cette phrase signifie presque la même chose sauf que regarde les transitions puis l’utilisation d’une redondance. On marque une énorme différence entre le « raconter » blindé de mots pourris autour et le verbe « être » avec des coupures marquées et redondantes. Il en ressort, que l’exemple A est lourdingue, l’exemple B est un style plus marquant. Ensuite à tout un chacun d’avoir sa propre touche pour marquer un ressenti.


Citation :
Je ne suis pourtant pas la plus jolie, ni la plus facile de la soirée. C'est Frédéric qui m'a convié, on avait discuté et il avait décidé de me laisser faire mes premiers pas dans le cercle.

Faisons le même travail.

Mots importants de la phrase : [Frédéric] [convier] [discuter] [décider] [premiers pas] [cercle]
Mots effectuant des transitions entre les groupes atomiques : [qui me] [on] [et il] [de me laisser faire] [dans].

Je tourne autour des mêmes mots importants et je vire les transitions pourries. J’épure, je simplifie, j’aère un peu, je prends une bouffée d’air et je donne un exemple parmi des dizaines possibles.

Frédéric m’avait convié et nous avions discuté. Le temps des premiers pas dans le cercle était venu.

La ponctuation, et l’apposition peuvent aussi avoir un excellent pouvoir de transition stylistique pour éviter une lourdeur de subordonnées. Le but est principalement d’éviter les banalités affligeantes comme « qui [xxxx] », « on », « pour que, parce que, que ». Les subordonnées conjonctives circonstancielles passent beaucoup mieux que des relatives. Il faut évite d’abuser de la relative, le nom est excellemment bien porté : c’est relatif à la proposition principale, alors pourquoi se faire chier constamment à relativiser le principal, ça nuit à la compréhension et à l’exactitude, c’est à utiliser avec parcimonie dans des circonstances et des causes justement très précises et relatives. Chaque règle grammatical, chaque unité de la langue française exprime un « sens », de la sémantique. Exemple : la cause est exprimée par une conjonctive commençant en général par : « parce que », « puisque », la concession ou opposition dans le discours par : « alors que », « même si », « bien que ». Chaque introduction à un « objectif » particulier. Il faut bien comprendre que ce sont des éléments du langage extrêmement pertinent dans l’impact sur le lecteur. L’utilisation d’une opposition n’est pas une concession. La subtilité du mot est de rigueur. Mais comme d’habitude je m’égare. Je notais surtout, qu’il faut savoir d’une ébauche, d’une esquisse griffonnée savoir ventiler l’ensemble, le purifier progressivement, l’enrichir.

Dans ce cas précis, on pouvait aussi jouer de la ponctuation :

Frédéric m’avait convié et nous avions discuté : le temps des premiers pas dans le cercle était venu.

Et c’est encore une finesse différente par rapport à la sémantique de la phrase du dessus. On énonce pas de la même façon, le lecteur perçoit donc le changement du « . » en « : ». Je ne cherche pas de l’élégance là, je cherche l’aisance du dialogue, sa fluidité et comment marquer.


Citation :
J'étais à la mode. Et la soirée, était une must to be.

Dis, tu m’expliqueras l’anglicisme. Ne traînant plus trop dans les milieux jeunes et hypes, j’ai un tantinet tendance à ne plus savoir ce que c’est. Est-ce un jeu de mot antagoniste à un must to have ? Simple curiosité de ma part : c’est du langage courant, expression idiomatique ou c’est une pure invention ?

Sinon je sais sur la première et la seconde phrase, j’abuse évidemment de précision, on n’est pas obligé d’en faire tout un fromdu. Ca passe, mais ça m’a laissé immédiatement pensif par rapport à la suite – juste sur la façon d’écrire.

Citation :
Je n'en suis pas même choquée
,

Ah non. Je refuse. Tu passes du langage familier à un langage plus réhaussé que courant. Je n’en suis pas, du bâtiment, ni de la jaquette. Si tu avais suivi ta ligne directrice stylisitique je m’attendais à lire « Je ne suis pas choquée » ou « Je ne suis même pas choquée ». Plus logique. Tu débordes attention. Immédiatement, l’œil est averti, celui ou celle qui écrit doute de ses propres mots et les cherche. Tu révèles instantanément, une anomalie psychologique (j’y vais un peu fort – j’adore) : le doute. Elle est peu marquée, mais dans la suite, je l’ai aussi vu apparaître, ce léger passage farfelu vers le monde du soutenu. De la rigueur, mademoiselle, de la rigueur.

Citation :
Sans penser à ce qui m'arrivera et aux on dit. Je me laisse aller, m'alcoolise sans retenue.

Belle Xupinounette, ça m’écorche mais relis bien tous ces mots et le vocabulaire employer. « Sans penser à ce qui m’arrivera ». La rigueur toujours pareil, la recherche du mot « Sans penser aux conséquences » (ou tout autre synonyme) mais évite ce [sans] [à ce que] [moi] juste pour arriver à la conclusion que tu veux exprimer simplement, clairement, que le personnage ne pense pas aux conséquences de ses actes.

Citation :
Je suis toute guillerette, et interpelle tout le monde avec plus ou moins de drôlerie.

Correction à peu près similaire : « Guillerette, j’interpelle [xxx] ». Cite ce qui est drôle pour donner vie à la scène que tu es en train de décrire. Là ce n’est plus juste de la forme, c’est aussi du fond. Une phrase ne nourrit que rarement le lecteur. Qu’est-ce qui fait que tu dévores un roman ? La matière, la présence de matière, de contenu, d’un chapitre entier de 10 pages pour expliquer ce que tu dis en une. C’est là, l’art d’écrire : savoir lié la rigueur, le développement et la concision, la verve et les tripes, la timidité maladive, le sentiment. La drôlerie, ce n’est pas très langage familier, comme je l’ai dit à l’instant : garde la ligne directrice. Tu ne peux pas te permettre de ne pas choisir le mot. C’est quoi « plus ou moins de drôlerie » ? Elle dit quoi ? Elle raconte quoi ?

Et mieux encore dans tout le texte, jamais tu ne t’ai arrêté sur un ou deux détails. Après ma première lecture je me souviens que tu vas parler du toucher, la sensation ne m’a pas assez marqué, elle est restée trop légère pour être percutante.

Citation :
un grand dé guindé neurasthénique aux cheveux bouclés noirs. Il ne semble ni surpris, ni intéressé.

Ca, déjà j’aime mieux l’ensemble « un dé guindé neurasthénique ». Un da-dé.

Citation :
Je me sens grossière face à lui et détourne le regard.

Se sentir « grossier ». En quel sens ? Là aussi j’aurais apprécié du détail, du croustillant pour exprimer un ressenti plus profond, peu être même coercitif, pour bien marquer ce sentiment profond dont est victime cette jeune femme. Il faut aller au bout des choses, les préparer, les amener, et « à la fin de l’envoi, je couche ».

Citation :
une bouffée de fierté m'empare :

Le verbe est « s’emparer de », intransitif. Inexactitude dans le sens. Une bouffée de fierté s’empare de moi. Ca ne m’a piqué que très légèrement, mais notable comme erreur. Rouge pivoine la donzelle, elle ne se laisse pas faire ; elle est là pour un cinq à sept littéraire et elle fait sa mijaurée, elle résiste, diable ! Une marie couche toi là qui pleure ses sentiments de n’être pas ce qu’elle aimerait être, une marie madeleine effarouchée ! Voyons. Balance moi un peu plus de bêcheuse et de superbe, de dédain calculé et d’indifférence pour emprisonner le mâle. Ce n’est pas juste une bouffée de fierté, c’est de l’individualisme : l’existence du soi qui renaît, l’ego qui existe. Et qui perçait soudainement par un désir irrépressible, dégonfle la volonté inébranlable qui affuble ta jeune Marie.


" si tu me veux, il va falloir un minimum d'effort, je veux même pour une nuit avoir de l'existence, du sens".

Une femme qui me parle comme ceci… J’y trouve un certain surréalisme. Dans le discours, petite aide classique, les êtres humains réels coupent leurs mots. Ils n’ont pas forcément et foncièrement un bon français empreint de classicisme. « Si tu m’veux, va falloir un minimum d’effort grand garçon, même pour une nuit, j’existe » si tu veux la jouer plutôt lutte, séductrice et caractérielle. Tu peux apaiser le discours ou augmenter la tension de manière significative. J’aurais, mais c’est tout à fait personnel, exposer un oral rude et volontairement farouche, en opposition au fond et à la volonté d’un instant de tendresse. Si fragile d’être une femme libérée.

Citation :
" Non se connaître physiquement, ça sera déjà plus parlant, d'abord on se regarde", et je plante alors mes yeux dans les siens.

Alors y a beaucoup d’idées intéressantes. Pourquoi le personnage sort une phrase aussi longue lors d’un instant musical. Pourquoi ne décris-tu pas la musique ? Pourquoi les gestes sont inexistant ?

« Montre moi tes yeux. Regarde. »
Je plonge mes yeux dans les siens. Que ressent-il ? Qui est-il ? Qui se cache derrière ces prunelles marron ? Planter là, on se regarde, ça n’rime à rien. On s’apprivoise, on se cherche. Comment me trouve-t-il ? Suis-je belle ? Mon décolleté lui plaît ? Je l’attire ? Percevoir un instant fugace […].

Bref, un jeu de regard, c’est un instant privilégié possible où tu as tout une foule de question qui peuvent te venir à l’esprit, c’est un moment unique : rend le unique avec des mots. Rend le vivant, tu ne peux pas conclure sur un « suis touchée par sa pupille », sans avoir expliqué ce qui touche le personnage. La couleur ? Une émotion saisie, une étoile qui brille pleine de malice…

Citation :
Acte non anodin

Des fois, juste des fois, il est plus simple de ne pas prendre une négation qui rallonge le tout alors que tu utilises la ponctuation « : » pour réduire et simplifier.

Citation :
Entre l'étreinte et la douceur. Puis je me penche pour l'embrasser, mais il est trop grand, j'attends qu'il se penche.

Inexactitude. Pencher vers le haut… Lever la tête donc. Je me trompe peut être, mais se pencher seul, c’est plutôt compris vers l’avant que vers l’arrière et quand on est petite, on ne se penche pas pour embrasser un grand, on présente et offre des lèvres. J’aime bien ça offrir ses lèvres tiens. Refuser le cadeau…

Je m’arrête ici pour le moment, le reste est assez similaire dans la critique, dès que j’ai le temps je te décortique la suite, comme promis. Je n’ai pas mis de bons points, ça ne veut pas dire que ce n’est pas bon, je n’ai pas eu le temps de contrebalancer. Mais ma conclusion est relativement simple et classique. Mettez tous, vraiment, du descriptif, et travailler vos phrases plusieurs fois. Une page de qualité, c’est environ une journée de travail complète, à peser ses propres expressions pour essayer de se rendre compte de ce qu’on donne au lecteur. Sinon le sujet me fascine car je suis un Homme bourré de préjugé notamment sur tout ce qui touche au sexe : mes fantasmes et mon imaginaire sont débordants, pervers, et pourtant jamais je n’agirais comme ça. Et je suis content car à chaque fois que je lis sur ce sujet, la conclusion est toujours la même : la morale protège contre la souffrance. Vaut-il mieux respecter une ligne de conduite au détriment de la plénitude de certaines expériences ou vivre l’ensemble de ses propres rêves pour en souffrir en se rendant compte que le bonheur comme le plaisir sont une alchimie cent fois plus complexes que le simple tirage de gros tonnages en boîte de nuit.

Ah… Cette tendresse. J’aimerais parler plus longtemps du fond, sur l’ensemble mais bon. Je vais divaguer, et écrire comme au début, tellement j’aime les cœurs de poète. Qui n’a ni regrets ni remords, ne trouvera le bonheur que dans la sagesse de croire qu’il se connaît.
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Basculement   Jeu 31 Mai - 21:29

On sent dans ce texte à la fois un élan déjà connu dans tes précédentes créations, mais aussi (et surtout) une nouvelle approche. Plus secrète, plus intime.

Cette austérité sombre et ses aspérités, accroche le coeu comme autant d'épines. Il y a un cheminement plus qu'un basculement.

En cela tu as évolué.

Par contre tu retombes toujours dans les mêmes défauts du verbe : là aussi ça accroche et ça déchire un peu la lecture.

Je rejoins Tr0n sur cet aspect inégal du lexique : il faut se tenir à une unicité de style ou justifier le contraste pour servir le fond.
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MessageSujet: Re: Basculement   Jeu 31 Mai - 21:44

Merci grand chevalier bordelais pour le long commentaire j'attends la suite. Merci à toi david de contribuer aussi.

En fait je l'aurai bien mis dans la même phase que mes deux derniers textes sur les couples, une sorte de recueil. Hormis mes problèmes de français et une grammaire très lourde, qui mériterait de s'alléger, et je me doutais nico que tu me parlerais des détails, et bien je pense que le gros souci c'est que j'écris comme je parle, et donc je mélange les styles d'écriture, il faut que je me place dans une position d'auteur plus rigide.
Et je pense aussi que le problème vient que je fais plus acte d'expression, que d'écriture, j'expulse des idées, des images mais sans les travailler, sans m'y atteler sérieusement.
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Basculement   Jeu 31 Mai - 23:21

Le style parlé c'est aussi un style (truism /on !), ça mérite une attention toute aussi particulière au delà de la formulation brute et naturelle.

J'ai envie de dire que ça doit être travaillé suffisamment pour être crédible et naturel (est-ce que je le dirai vraiment ? faut-il forcé le trait ?)
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MessageSujet: Re: Basculement   Ven 1 Juin - 21:59

Ce que je veux dire c'est que quand je parle, je peux passer d'un registre à un autre sans faire attention, mais à l'écrit ça passe pas ça fait preuve d'incohérence.
Mais oui je ne me pose pas assez de questions, ne me pose pas tout court sur mon texte : erreur
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Melaka
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MessageSujet: Re: Basculement   Ven 1 Juin - 22:46

En ce moment je ne prends pas vraiment le temps de lire les textes des bibliothèques, mais j'avoue avoir été entraînée par le tien ... J'ai survolé les premiers mots, comme je le fais d'habitude en ouvrant machinalement les nouveaux sujets. Mais mes yeux n'ont rien voulu savoir et j'ai tout lu d'une traite !

Je suis incapable de te faire une explication aussi détaillée et intéressante que celle de Tr0n, mais je tiens quand même à te dire que j'ai beaucoup aimé ce texte. Il m'a transporté dans la douleur de cette fille que je trouve touchante.

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Tr0n

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MessageSujet: Re: Basculement   Lun 4 Juin - 13:06

Citation :
On sort, il prend sa voiture, démarre puis allume sa cigarette et reste silencieux.

Tu fais dans le verbe d’action très souvent, effectivement comme tu le dis si bien, tu écris ce que tu penses être une réalité sensible. Tu écris comme tu parles, et tu détailles une description trop souvent sous la forme d’actions. L’utilisation de subordination dans le descriptif le révèle. Par exemple, là, tu énumères un ensemble de déroulement. Pourquoi pas.

Citation :
L'angoisse me prend à la gorge. Je me suis encore fait avoir, quelle conne. Ça revient toujours au même.

A la suite de la première phrase, je m’attends à du détail « hors action ». Non que j’ai la folie de la précision (quoi qu’un peu quand même), mais j’aime quand je lis, comprendre l’ensemble de ce qui est donné et qui m’entoure : notamment pour me transporter dans un monde au-delà de la réalité. Là, tu décides de parler de l’angoisse du personnage. Soit. Par contre, juste dans la phrase d’avant, tu uses d’un mot qui devrait appeler à la métaphore (si tu veux faire dans le « so class ») ou qui permet de gagner en intensité transmise. Qu’est-ce que je veux dire par là ? Le silence. Le silence c’est lui qui est vecteur de l’angoisse dont tu parles. Pourquoi ne pas faire une analogie entre les deux, pourquoi ne pas rendre la scène un peu plus « pesante ». Un mot « angoissant » suivi d’une pléthore de pensées (que je suis quasi sûr que tu vas mettre ensuite), ne suffit pas à saisir un lecteur.

Si je te dis la chose suivante « je suis angoissé, pris à la gorge ; je me suis fait avoir, comme d’habitude », c’est juste, mais très pauvre. Il est assez « facile » de rendre l’ensemble plus fourni. Ecrire c’est toujours se poser des questions sur ce qu’on décrit. L’angoisse vient d’où ? Du silence. Le silence est comment ? Pesant. Pourquoi ? Parce qu’il est sans doute très tard, qu’on est dans une petite rue d’une ville. Tard comment ? Minuit, l’heure du crime. Et ainsi de suite. Tu forges ta pensée, ton lieu, les petits détails que tu veux voir apparaître pour rendre le texte et sa portée plus cohérente. Ne reste pas uniquement dans le descriptif d’action, ou de pensées brutes, ponctue le tout par du descriptif du lieux et pense toujours aux perceptions des personnages : la vue, l’odeur, le goût, le toucher etc. Projette ton propre regard dans la scène pour voir si elle te semble crédible. Un nouvel exemple à la suite de ce questionnement, le personnage peut aussi avoir un goût d’amertume dans la bouche, le champagne aidant, les bulles augmentant les battements du cœur et le stress. Ecrire, ma belle petite Xupi : c’est penser et faire ressentir. Je vois tout à fait le problème du théâtre et de la communication orale. Comme le dit Dvb au dessus, le langage parler à l’écrit nécessite un travail stylistique encore plus impressionnant, car la moindre erreur est visible comme l’acné au milieu du pif d’un ado d’vingt ans.

Citation :
J'ai envie de lui parler, de me partager. Je le connaissais de nom, il m'intéresse, son intelligence me charme.


Son intelligence charme le personnage. Soit. Par contre il va falloir m’expliquer en quoi le mâle qu’elle aborde est intelligent. Là, tu oublies énormément de matière, ça arrive comme un cheveux au milieu de la soupe, je ne comprends pas le pourquoi. Que son visage la charme, que ses gestes lui donnent l’envie, oui puisque tout n’est que physique depuis le début de la scénette, mais son esprit, incohérent par rapport à ce que tu viens d’écrire. Et n’étant pas dans ta tête, je ne sais pas pourquoi tu écris ça. Tu ne te serais pas paumé dans un de tes rêves en imaginant la scène, non ?

Citation :
Mais là rien de tout ça c'est animal. Il interrompt mes pensées : " tu veux qu'on s'arrête?", mais finalement je le veux, pas besoin de réfléchir : " non vas-y".

Effectivement rien de tout cela, alors pourquoi dire la phrase d’avant sur son intelligence. L’alternance du verbe « vouloir » est ratée. Tu peux éviter ici le descriptif entre les deux phrases. J’aurais plutôt tendance à faire un truc dans le genre :

- Tu veux qu’on s’arrête ?
- Non.

Et boum enchaînement directe sur un plaquage uppercut contre le mur ou mieux encore contre la voiture. Je trouve que c’est bien plus intéressant l’acte sexuel contre la portière de la voiture. Du genre, à peine ton personnage a répondu non que la scène se déroule. Et les pensées s’entremêlent ensuite dans un ensemble très nuageux de désir, de volonté, de peurs, d’angoisses, résumant les échecs d’une vie fragile, d’un comportement en marge face aux attentes de la société et des « on-dit ».


Citation :
On arrive chez lui; il me plaque contre le mur froid à côté de la porte d'entrée, prend ma tête dans ses mains et m'embrasse à pleine bouche. Je m'abandonne totalement à lui, me laisse guider par sa chaleur, et puis j'agis.

Y a matière… Dieu qu’il y a matière dans ce genre de scène ma louloute ! Elle agit ? C’est tout ? La chaleur guide. Belle image, mais quitte à le faire au niveau familier soit plus explicite. A moins que je me trompe – mais je connais ta perversion – je t’aurais plus vu écrire « guider vers la chaleur ». Le « vers » est important !

Citation :
On rentre chez lui, tout va vite. Comme si on se dépêchait avant de mourir. Valse de vêtements. Il n'y a plus que sa bouche. Plus que nos mains qui découvrent l'autre. C'est abrupt, un impératif qui ne supporte aucun arrêt. Je le sens en moi, plus que sexuel.

Abrupt ? Hum… Recherche de synonymes à effectuer pour que ça dure plus de trois lignes. Tu as deux choix, il me semble à ce niveau. Soit tu marques l’acte sexuel en une seule et unique phrase, violente pour montrer que c’est du rapide, du consommable, du primitif ; soit tu le décris entièrement : des moindres parcelles de corps suant de désir avec un petit arrière goût d’animalité. Le mot « abrupt » est insuffisant : primitif, animal, bestial, brutal. L’objectif est de rendre l’écrit vivant. En tant que lecteur, je veux être transposé dans cette scène de manière à comprendre ce qui est vécu, ce qui est transmis par tes mots.

« Comme si on se dépêchait avant de mourir ». C’est trop simpliste, se dépêcher, trop léger. Il faut y aller plus franco, ils vont mourir, c’est une réalité dans l’instant. Ils baisent comme s’ils allaient crever dans les minutes qui viennent, comme si le monde allait s’effondrer. Creuse l’idée, moi je ne me dépêche pas de faire l’amour avant de mourir. Je suis une bête dans ces circonstances : je le fais, violemment. Le désir c’est un sentiment « entier » qui nécessite une description « entière » : question de corrélation entre le sentiment dans sa plénitude et le contenu écrit qui doit être équivalent.

Citation :
Je me perds dans l'instant, il n'y a plus rien. Je n'existe plus, rien que la sensation et lui. Je ne veux pas le quitter, je me recroqueville contre lui, j'ai besoin de son corps, de sa force, de sa présence. Dans sa chaleur je me sens bien, épuisée. Je m'endors.

Inexactitude. Il n’est pas « fort » puisque neurasthénique. C’est plus l’aspect protecteur qui importe. C’est un tantinet trop tiré par les cheveux, les mots sont simples, trop simples, on ne ressent pas suffisamment ce sentiment du personnage.

Citation :
Et puis plus rien. Rien que le noir de cette chambre, de sa chambre. Je ne distingue rien, les yeux embués d’une larme. Je ne suis plus, je n’existe plus, épuisée. Recroquevillée contre lui, j’ai besoin de ce corps, de son corps, de ses bras qui m’enlacent encore. Son souffle roque sur ma nuque, la plénitude d’une jouissance éphémère, anéantie par le plaisir, je m’endors…

Ca c’est un exemple, et encore à creuser, un écrit c’est comme un être humain : il faut lui donner du corps, de l’esprit et une âme. Le corps c’est la forme, les mots et le vocabulaire. L’esprit c’est le style, la façon d’agencer le corps et l’âme c’est tout ce qui va rendre l’écrit vivant, le plus de 21 grammes qui va fasciner le lecteur. Pense toujours quand tu écris à ce que tu donnes, à ce que tu veux donner, à ce que l’autre va penser : non de l’écrit mais de ce que vit le personnage. Tu veux qu’il comprenne l’idée sous jacente alors donne lui les moyens de le comprendre : du cœur dans les mots. Ce genre de scène est tellement empreint d’émotions dans la réalité quand tu la vis que tu ne peux pas te tromper. Il suffit de mettre des mots et des phrases sur un ressenti. Cap de diou’s je pourrais t’écrire dix pages sur le fait de s’endormir après avoir fait l’amour, alors transporte moi un peu non de non .


Citation :
Il a disparu. Il a eu ce qu'il cherchait. Je ne m'attendais à rien de plus? Je ne veux pas y penser ici. J'ai besoin de sortir. Je me sens pas bien, coupable malgré moi. Je fuis en claquant la porte sans jeter un coup d'œil au mur.

Sept phrases pour quelques pensées. Ca coupe et tranche. Choix pris, mais choix non mûri. Ca pique non à l’oreille mais au réveil, surtout, je voyais plus de langueur, de remarques, d’angoisses de ne pas voir ce qu’on veut voir. Toujours les mêmes remarques. Le personnage ne se sent pas bien ? Ah ? C'est-à-dire ? C’est quoi se sentir mal ? Il a la nausée, envie de vomir, l’esprit embué encore par les volutes du champagne qui l’ont aidé à transgresser ce sentiment de culpabilité qui rejaillit au matin. Elle se réveille comment ? Fenêtre ouverte ? Petite brise matinal, pluie dehors. Des choses qui peuvent te paraître anodine sur l’environnement mais que tu oublies constamment allègrement. Ces éléments descriptifs rajoutables donnent du corps à l’ensemble. Là j’ai juste l’impression d’un sentiment adolescent d’avoir enfreint une petite loi morale et d’une gamine de moins de vingt ans qui sort d’une vraie relation amoureuse et qui la recherche en découvrant une partie de la sexualité. Non ? Si si. Je t’assure. Le fait de se sentir mal, de culpabiliser en découvrant l’émotion d’un simple désir bestial c’est très « jeune » dans la façon d’être. Si tu veux vraiment marquer un problème psychologique, une façon d’être différente – il faut du détail. En tout cas c’est ma sensation : j’ai déjà vécu ce genre de situations suffisamment pour ressentir la diversité de la culpabilité après s’être envoyé en l’air en croyant des choses. Là, il manque des détails « vécus » et de l’ordre de l’expérience qui se doivent de donner de la profondeur pour éviter de sombrer dans la simplification d’un sentiment à outrance. Tous les jeunes écrivains de Ter Aelis font cette erreur de croire qu’en disant « je me sens mal » dans un texte, le lecteur aura l’impression de se sentir mal. Non. Ca va bien au-delà : le sentiment de mal être, le vrai, celui qui prend aux tripes, celui qui rapproche réellement de la folie et de la volonté d’en finir, il est beaucoup plus pernicieux, plus habile et malin, bien plus insidieusement développé dans la psyché, il prend à la gorge, cette énorme boule qui empêche de respirer, les tempes qui frappent, les jugulaires qui rougissent, la peur au ventre, l’estomac qui se tord, nauséeux, les glandes lacrymales qui sans cesse jouent avec les cernes, la fatigue, l’harassement, la peur du moindre bruit, l’agacement de la moindre contrariété, l’abattement, la lassitude… Bref, une foule de sentiment qu’il est impossible de rater ou de ne pas décrire. La profondeur manque, elle me manque terriblement quand je lis, et ce chez la majorité des auteurs contemporains d’ailleurs qui croient que seul l’esprit du texte importe. L’âme n’est alors plus reliée qu’à l’histoire qu’on évoque et plus à l’ensemble. Les poètes ne sont plus, c’est un constat. Ceux qui ont des tripes sont rares, et ceux capables de les vomir sur papier encore moins. Ton personnage, dans cette première partie il est au final… Anodin… Des filles comme elle, on en croise possiblement à tous les coins de rue, de plus en plus. Des êtres humains sans profondeur que leur propre malheur et qui se vautre dans le stupre de leur angoisse en croyant qu’elle est supérieure à la douleur de tous les autres. Et ce texte, aux manques descriptifs assez important, renforce cette vision là dans ce que tu transmets. Si telle n’est pas ta volonté, c’est ce que tu fais. Bilan, tu toucheras peut être un lecteur néophyte, qui se complait dans ce genre de situation, mais moi, non. Je ne suis ni meilleur, ni plus profond qu’un autre, juste que mon œil, et ma sensibilité parfois trop exacerbé, me laisse cette impression là : et ce sont tes mots qui me provoquent cette sensation, pas un jugement de ma part (c’est là toute la différence).

Citation :
Il n'était pas parti. Il s'était caché. Il voulait que je parte. Lui ne croit pas en l'amour, aux les relations sérieuses homme femme. Il ne veut pas oublier ce moment et a fouillé plus tôt dans son sac pour garder quelque chose d'Elle. Il a trouvé un carnet et l'a pris, vol délibéré. Il pense le remettre à sa place après l'avoir lu, mais il se laisse emporter par une émotion, une individualité, une tristesse.

Tu switchs du passé au présent, d’un violent coup et en plein milieu d’un paragraphe. Ca m’a fait soudainement mal. Passer au second personnage : effet très cinématographique. Tu reprends bien la bonne scène et tu ne décorrèle pas l’histoire : sinon je t’aurais insulté de faire dans la facilité pigiste des auteurs de Fantasy ou SF qui aujourd’hui ne font plus que ça (te coller une histoire par personnage, et changer à chaque chapitre : c’est une horreur littéraire qui donne une impression de longueur archi faussé, et qui permet de pondre de la ligne à tire larigot). Ouf, on ne tombe pas dans le piège. Par contre vraiment, ce présent qui apparaît d’un coup, ça tranche trop.

Citation :
Il est surpris par ce qu'il découvre d'elle, une spiritualité, hier c'était l'inconnue sauvage et là c'est une femme sensible.

Il est un peu bête ton mâle quand même (merci de nous prendre pour des êtres stupides mais quand même : il paraissait intelligent non !). Tout être humain normalement constitué sait que l’autre n’est pas qu’une image qu’il nous renvoie de nous même. On apprend cette façon de voir les choses en devenant « adulte ». La spiritualité n’a pas de lien direct avec la sensibilité. Il faudrait quand même, une nouvelle fois, déplié un peu ce journal qu’on est du contenu à se mettre sous les canines. Le « d’elle » est inutile aussi : « il est surpris par ce qu’il découvre ».

Reformulation : « Surpris par cette trouvaille, il découvre une femme triste, sensible. Hier, encore une inconnue sauvage, sirupeuse sans âme ; aujourd’hui : un léger pincement au cœur.

Citation :
Il sort de sa cachette lorsqu'il l'entend claquer la porte. Que faire du carnet? Il sait qu'elle voudra le récupérer, dedans c'est une partie d'Elle. Quoi penser d'elle? Veut il la revoir? Quand elle l'avait défié, elle l'avait allumé. Il était sorti de sa routine, ça l'avait rendu curieux, il avait voulu la séduire, l'avoir. Sortir de sa monotonie de baisse hebdomadaire. Peut être Frédéric l'avait su en la lui présentant. Mais bien sur c'était ça la solution, refiler le carnet à Fred pour qu'il lui redonne, après tout c'est lui qui l'avait mis dans ses pattes.

C’est long. Je continue ma reformulation complète et tu regardes ce que tu peux en tirer.

Reformulation : « La porte claque et il sort de sa cachette. Un feuillet tombe du carnet : une tranche d’Elle qui s’échappe. Que penser… Hier elle l’avait défié, allumé, l’avait sorti de sa routine du Samedi soir, de cette monotonie de baise hebdomadaire. Provoqué et curieux, il avait voulu la séduire et la posséder, Elle. Aujourd’hui, ces quelques pages en disaient long, trop long : elle voudrait sans doute le récupérer.

Je reprends l’opposition « hier – aujourd’hui » au moins une fois par rapport au paragraphe précédent. J’ajoute une petite métaphore : une tranche d’elle qui s’échappe et j’articule le tout autour. Je réduis la voilure de la phrase, je change quelques mots de vocabulaire rapidement. Je ne cherche pas trop, je pourrais creuser pour rendre l’ensemble encore plus fluide, pour ajouter un ou deux détails de la pièce et les relier à des sensations. Tout est utile Xupi, dans une description de sentiment. Tu penses aussi en fonction de ce qui t’entoure : l’incidence est rarement perceptible mais existe bien. Sa chambre est sans doute un lieu où il n’aime plus trop être depuis qu’il y baise tous les samedi soir… Je ne sais pas moi.

Citation :
Des images défilaient dans sa tête, comme un film dont elle serait l'héroïne. Elle avait décidé de mettre cet épisode en parenthèses et de se mettre la tête dans le travail.

La tête au travail ça suffira non ?

Citation :
Puis cette bonne résolution avait été interrompue par Fred qui était venu la voir, l'air narquois en lui redonnant son carnet. Il savait ce qu'elle avait fait et ce qu'elle était par ses écrits. Elle fulminait intérieurement, elle avait joué le jeu, ne laissant rien paraitre de sa honte et de sa colère. Dès qu'elle avait pu, elle s'était rendue chez lui. Elle n'avait pas bu assez le jour d'avant pour ne plus se rappeler son adresse. Elle avait appuyé sans discontinuité sur la sonnette. Il lui avait ouvert. Il l'attendait.

Toujours les mêmes remarques « il savait ce qu’elle avait fait et ce qu’elle était par ses écrits ». Corne cul de la mère molle ! Mais l’art de faire compliquer quand on peut faire simple. « Désormais il savait qui elle était. Il l’avait dérobé comme un bandit au détour d’un chemin, volé son âme et marché dessus comme un vulgaire moustique qu’on écrabouille ». Je le fais vite, mais c’est ça la sensation. Puis viennent la honte et la colère.


Citation :
Il avait passé la journée à y penser. Quand elle était arrivée et s'était plantée devant lui, attendant une quelconque explication, excuse, il n'avait su quoi dire mais était heureux de la voir, Elle ressemblait à la femme qui l'avait séduit, même avec les cheveux en pagaille et l'air furieux, Il avait souri. Quel affront! Elle s'était mise en colère et à déblatérer toute sorte de mots qu'il n'écoutait pas. Il n'avait plus l'air paresseux mais décidé, il la saisit par les hanches et l'embrassa tendrement, Elle s'était laissée faire, comme si elle n'avait attendu que ça de cette journée,
Ils s'étaient apprivoisés.

Mouerf, ça fait une nouvelle fois cheveux sur la soupe. Il faut les donner « toutes ces sortes de mots qu’il n’écoutait pas ». Ca donnera du corps.

Ses mains saisirent ses hanches.
Elle se laissa faire.
Il l’embrassa.
Elle dévora ses lèvres.
Ils avaient attendu ça toute la journée.

Tu peux jouer la fin de la scène « plus cuttée » par exemple. Rallonge l’engueulade d’avant et coupe comme une fourbe à la fin. Ca donne de la hauteur de vue, du rythme. Tu passes d’un truc violent à l’amour naissant et la tendresse. Ca marque plus en général qu’un ensemble uniquement cohérent et « monocorde ».


Citation :
Dans un bar au décor boisé, et aux lumières chatoyantes de rouge et de doré, elle se trouvait.

Yahouuuu. Mais c’est quoi cette inversion soudaine et soutenu face au langage familier usité ?

Citation :
La tête qui vacille, tout peut arriver, elle peut terminer à l'eau ou sous les rails. Ses pulsions n'ont pas de limite. Elle a chaud. Ça tambourine dans sa tête, elle a besoin d'expulser le rythme. Primitive. Pas ce soir. Elle entoure ses bras autour du cou d'un inconnu. Il n'existe plus. Elle s'accroche à lui pour ne pas tomber. Elle titube plus qu'elle ne danse, Elle a soif d'ivresse et de sexe, Elle prendra le premier qui voudra, comme d'habitude, Elle se fait violence, cherche à se bousculer mais rien ne change, Elle n'arrivera pas à prendre sa revanche, Elle se débecte, se transcende, Elle rêve de cet individu, qui lui prendrait la main et non les hanches, qui la ferait valser dans la rue, au milieu des passants, qui l'embrasserait dans la chambre après l'avoir courtisé, après lui avoir parlé, après l'avoir aimé. Elle se sent plus légère et oublie les mains collantes qui lui caressent grossièrement les fesses, Elle ferme les yeux. Elle a le tournis et le sourire. La mélodie se fait lointaine. Elle quitte cet amant de circonstance et sort. Elle fouille dans son sac et ne sait plus trop réellement ce qu'elle s'attend à y trouver. Elle prend une cigarette machinalement, y met feu avec une allumette, elle aime sentir l'odeur du souffre. C'est son état d'esprit, en guerre contre la vie, contre elle-même, Première bouffée, elle grille son corps, s'intoxique ses lèvres. Elle sait qu'elle s'empoisonne et c'est pour ça qu'elle le fait. Elle est fatiguée de cette soirée sans cesse répétée, quand sera fini la traque? Viendra t-elle à bout de ce type de vie ou bien la mort la guettera t-elle encore? C'est comme si elle était deux, l'une à la voix rauque qui crie, et l'autre fluette qui s'excuse d'exister. Elle longe les bords du fleuve, croise les badauds et se demande pourquoi elle n'est pas eux, mais va dans la direction opposée, Elle s'assoit sur un banc et pleure. Elle a mal, sans trop savoir pourquoi. Elle explose petit à petit. Une minuterie qui arrive bientôt à zéro. Elle se détache, voit de la grandeur dans son geste. Elle se relève, écrase son mégot, et regarde hypnotisée l'eau stagnante. Si elle saute c'est fini. Le veut elle vraiment? Elle entend une musique. Tout revient. Lui. Lui. Lui. Elle ne sait plus, se réfugie dans sa tête, crée des moments, des gestes, des eux,

Elle se sent mal et se penche alors contre la balustrade vers l'eau et se libère.
Ses tripes, ses boyaux sont mis à mal. Elle vomit sa bile. Elle est vide, comme toujours mais peut être qu'un peu de sa douleur est partie pour un instant. Elle essuie ses larmes qui glissent sur ses joues bouffies. Les gens la dévisagent, il est tard, elle s'en moque. Elle veut se perdre, finalement abandonne. Elle marche jusqu'à chez elle, s'endort recroquevillée sous sa couette. Chaleur du foyer qui la protège pour un temps. Elle dormira des heures. Si quelqu'un l'appelle, elle se lève.

Personne n'appelle.

Cette scénette m’intéresse bien plus. Elle est mieux. Il y a plusieurs inexactitudes mais ce n’est plus le sujet réel, il y a déjà tout le reste à retravailler. Je ferais exactement les mêmes remarques : de très grosses lourdeurs soudaines, des mots parfois mal choisis et mal agencés. Le reste est plutôt juste et plutôt plus approfondi. Pourtant tu constateras qu’il ne se passe pas grand-chose. Tu devrais pouvoir faire une bonne page de plus rien que sur la danse, la « boîte de nuit » ou le « bar de nuit ». A jouer des lumières, du son, des échos sur ses sensations.

Bref, pour conclure brièvement bref, bref. J’ai déjà tout dit je crois. Le sujet m’intéresse car j’écris beaucoup dans ce genre de registre : les gens qui vomissent, baisent, boivent et éclatent leur esprit c’est mon crédo. Alors prend un peu de hauteur, pose toi les bonnes questions, décris les lieux, lient les aux sentiments, enlève l’inutile et met y de ton style « franc parler » au lieu d’essayer de l’éviter.
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Tr0n

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MessageSujet: Re: Basculement   Lun 4 Juin - 13:07

Now,

1- Je veux ma grenadine.

2- Trouve moi une nana comme ça. Je l'épouse.
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Green Partizan
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MessageSujet: Re: Basculement   Mer 13 Juin - 15:46

Je n'ai pas encore parcouru les autres commentaires, alors je vais peut-être revenir sur des éléments déjà soulevés.

J'ai l'impression qu'il y a des problèmes de concordance de temps dans les premières lignes ("j'étais à la mode", pourquoi cet imparfait ? Avec quoi va la phrase ?).


Citation :
On rentre chez lui, tout va vite. Comme si on se dépêchait avant de mourir.
Une expression qui saisit tellement bien le parfum du moment. Sans voix

Citation :
elle grille son corps, s'intoxique ses lèvres
Un possessif en trop peut-être ? "Intoxique ses lèvres" (pour correspondre à "son corps"), ou "s'intoxique les lèvres". Ou alors il faut revenir avant, "elle se grille son corps, s'intoxique ses lèvres" (original mais peut-être un peu lourd).


Franchement, ce texte me plait assez, il m'intéresse. En cela que tu sembles parfois à la limite des clichés et lieux communs mais que tu les esquives au dernier moment vers une suite inattendue.
Il y a une sorte de combat dans ce récit. J'aime ce côté, et le fait que notre personnage lutte contre la facilité d'une peau, à laquelle elle ne résiste finalement pas ou peu. C'est peut-être un versant qui me plait moins, l'héroïne un peu faiblarde et dépressive, mais ça doit être une question de goût.
En tout cas c'est truffé de formules que je trouve superbe (je n'en ai relevé qu'une seule mais il y en a un certain nombre d'autres). Quelques lourdeurs à certains endroits. La chute est plutôt efficace, silencieuse, mais éloquente.

Pas mal du tout. Peintre

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Ruby

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MessageSujet: Re: Basculement   Lun 25 Juin - 20:00

Merci à tous pour vos commentaires, ils me sont vraiment très utiles. Que ça soit très détaillée ou un ressenti.
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