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 Vengeance

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Thelesias

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MessageSujet: Vengeance   Lun 11 Mar - 1:57

Le 25 décembre de l’année 2013.

Dans le monde entier on signale ici des émeutes, là des évanouissements, en passant par des meurtres ou des actes héroïques. Inhabituel mais insignifiant. Insignifiant devant la Magie. Des générations d’humains, hypnotisés par le Grand Effacement, se rappellent, se souviennent. Dans la mémoire collective la race, une évidence, une conviction, la magie existe, elle est tout, elle est la beauté du monde et si celui-ci est aussi laid, aussi vain, aussi futile, aussi abject, c’est qu’elle a été bannie il y a des millénaires, quand l’Atlantide glorieuse fut détruite, quand la légendaire Cité Blanche fut recouverte de cendre. Et cette conviction bientôt prouvée quand des milliers, puis des centaines de milliers, puis des millions de personnes peuvent utiliser la magie. La nuit du 21 au 22 beaucoup n’usent que d’un pouvoir faible, immature, mais d’autres accomplissent de véritables prodiges, ou des actes dont l’atrocité défie l’entendement. L’Angleterre sombre dans les flots tandis que des merveilles inouïes font leur apparition.

Mais rien de tout cela n’est vain. Rien de tout cela n’est aussi écœurant que l’étroitesse d’esprit des administrateurs et des législateurs, des carcans artificiels qu’une société faite de métal et de papier s’est imposés à elle-même. Aussi horribles que soient les crimes de ces mages à peine éveillés, au moins sont-ils d’une envergure telle qu’elle marquera à jamais les esprits de ceux qui en seront témoins. Quant aux merveilles de cette nuit de renouveau, elles mettent ce que les humains sans magie appelaient « art » au rang de gribouillages sans grâce.

Et le monde est sauvé. Sauvé de la grisaille. Préservé de cette brume terne et sale qui envahissait tout en ce début de troisième millénaire, de cette civilisation de fumée et de lois, de règlements et de limites. Cette Terre qui avait oublié toute Grandeur avec un grand G, qui survivait dans une collective médiocrité, qui cherchait à valoriser la morale plutôt que la majesté, la bien-pensance morne plutôt que l’audace, que l’originalité, découvrait qu’elle n’était au fond, pas si médiocre, mais qu’on lui avait en réalité volé ce qui faisait d’elle une beauté sans pareille.

Mais est-il vraiment sauvé ? Dans l’océan pacifique, destiné à être rebaptisé mer des Djinns, où d’immenses tours immaculées s’élèvent, perçant les flots comme autant de flèches divines, se trouvent les hommes et les femmes à l’origine du Renouveau. Descendants des Grands Mages des ères passées, ils étaient les seuls à se souvenir. A porter en eux la Mémoire Collective des époques glorieuses. Et, dans ces tours blanches, dans cette Cité des Origines qui renaissait de ses cendres. Là plus qu’ailleurs, l’exultation et la joie dominait. Après s’être cachés pendant tant de siècles, enfin l’objectif de plusieurs générations était accompli.

C’est peut-être parce qu’ils étaient si heureux qu’ils ne remarquaient pas l’homme aux yeux glacés qui marchait d’un pas moins allègre que ses pareils, dans les couloirs de la Tour Première. Ses traits harmonieux et son sourire lumineux semblaient se refléter sur sa crinière dorée, justifiant son surnom de Lion. Mais ses yeux… ses yeux n’étaient pas ceux d’un lion, plutôt ceux d’un serpent se préparant à mordre.

Il s’appelait François d’Acre, mais son nom de commémorateur était Urien. Vêtu d’une ample cape noire maintenue par une broche stylisée représentant son blason, sa puissance magique était perceptible et ceux qui le croisaient inclinaient la tête en signe de respect, tout affairés qu’ils soient à s’émerveiller sur la Cité des Origines. La splendeur de celle-ci était sans pareille, comme venue d’un autre monde, et dans un sens c’était le cas. D’immenses fresques colorées à la poudre de rubis, à l’extrait de saphir, envahissaient chaque pièce, chaque couloir, chaque voûte, représentant des combats et des actes magiques du très ancien passé. Déambulant à travers les couloirs, des golems à la silhouette humaine, coulés dans l’argent le plus pur, aux yeux de diamant, cherchaient à se souvenir de leur fonction et se dispersaient dans la Cité pour la réparer et effacer les outrages que le temps avait opéré.

Tous autant qu’ils étaient, ils pleuraient de bonheur devant chacun de ces petits bouts de splendeur, certains, dans leurs capes et leurs robes décorées de runes, étaient agenouillés dans une transe extatique. D’Acre, lui, se dirigeait vers le sommet de la tour et c’est à peine s’il considérait ces choses pour lesquelles il avait œuvré pendant toute sa vie. Ses pensées étaient confuses, floues, mais une idée surnageait, claire parmi les ténèbres, tuer. Et un visage aussi. Le visage de Diane Bomstock. Il la voyait dans chaque fresque, dans chaque portrait, dans chaque sculpture, dans chaque golem, dans chaque femme qui croisait son chemin.

Hanté par ces hallucinations, par ces voix du passé qui résonnaient en lui comme autant de condamnations, le trajet fut comme un rêve éveillé, tout juste devait-il penser assez rationnellement pour se donner l’air aussi heureux que ses frères et sœurs commémorateurs. Passant d’un étage à l’autre grâce à des plateformes de pierre qui faisaient office d’ascenseur, il parvint finalement au sommet de la tour. Le premier palais du tout premier empire de la première antiquité de l’Humanité. Bâti sur le sang et les os des esclaves d’Acherias, mais néanmoins d’une grâce et d’une magnificence telle qu’elle éclipsait la lune et les étoiles.

La porte des appartements de Jeaclès était ouverte, et aucun garde n’était en faction. Surprenant. Oh les commémorateurs étaient unis mais au fil des siècles un certain protocole avait entouré la personne du Maître. Pourtant… Le sourire faux du Lion d’Arc s’effaça, remplacée par une expression de douleur et de rage sourde. Sans se retourner, il passa la porte d’orichalque et entra.

La pièce était grande et en forme de cercle. Recouverte par une tapisserie aux couleurs vives et sur laquelle des images de chevaliers dragons livrant bataille à des spectres blancs s’agitaient, mus par la magie, images de cinéma sur fibres de soie. Les murs de marbres blancs étaient percés par des vitraux ovales qui, quand on concentrait son attention sur eux, devenaient transparents et offraient un panorama sublime sur l’océan et la cité qui ne finissait pas d’en jaillir. Ici et là, des meubles d’un bois inconnu aux gravures curieusement animées accentuaient l’aspect envoûtant de ces lieux à l’odeur de fleurs sauvages. Et, en au Nord de la pièce, sur une petite estrade, un bureau et un fauteuil de cuir. Devant le bureau, une femme aux très longs cheveux noirs et aux yeux dorés, à la beauté frappante. Iris. Urien ne la regarda qu’un instant, son attention attirée par l’homme derrière le bureau. Le Cent-Quinzième Maître, Jeaclès.

Ce dernier était exprimait une perfection des traits similaire à celle d’Urien mais son aspect était aussi différent que cela était possible entre deux hommes. Là où Urien avait des cheveux blonds s’arrêtant au cou, à la coiffure négligée, Jeaclès les avait d’un roux flamboyant et les portait en catogan. Là où Urien avait une peau hâlée, celle de Jeaclès était d’une pâleur de porcelaine. Ses traits étaient également plus fins, plus aristocratiques, que ceux de son visiteur qui quoique nobles par la force et l’expression étaient plus durs et plus rustiques. L’un était un patricien de naissance et l’autre un homme qui avait acquis la noblesse, une impression fausse mais qui ne pouvait échapper à un observateur attentif.

- Urien, tu te croyais donc si fort ? Il n’y a pas une personne que tu aies croisé qui soit passée à côté des intentions meurtrières que ton aura trahissait. Et ta cible était l’évidence même, fit Jeaclès d’une voix grave, de velours, qui mêlait le miel et le fiel. Cependant si tu fais demi-tour… ta perte t’a altéré l’esprit et je peux le comprendre.

L’air de la pièce se fit pesant, écrasant, comme une toxine qui envahirait chaque molécule, tandis qu’Urien, en réponse à son adversaire, déployait son aura magique, une aura qui puait le sang et la haine, une aura qui fit trembler le sol sous lui.

- Tu… as TUÉ DIANE ! TA SŒUR ! Comment… COMMENT-AS-TU PU ?

Iris secoua la tête, navrée, et Jeaclès fit le même mouvement. Le regard qu’il jeta à Urien fut celui, empreint de condescendance attristée, que l’on réservait aux fous et aux grands malades.

- Comment-ai-je pu tu dis ? Pauvre Urien, puissant mais sot. Ma sœur… ton amante, était la deuxième d’entre nous par la puissance. Et le rituel de Renaissance exigeait que je la sacrifie pour faire naître la première vague.

- Tu aurais dû te tuer toi-même, cracha Urien, pauvre lâche !

- Tes insultes ne peuvent m’atteindre en ce jour de gloire, fit Jeaclès, toujours imperturbable. D’autant qu’elles ne sont pas fondées. Tu ne peux pas le savoir puisque nous t’avons tenu dans l’ignorance, mais il fallait que le plus fort absorbe l’énergie du second, qu’il en soit le réceptacle. Et c’est aussi pour cela que tu ne me tueras pas, quand bien même tu le pourrais.

Le maître se leva et se planta quelques pas devant Urien, lequel affichait une expression de perplexité malgré sa haine. Sa haine qui ne diminuait pas, mais tempérée par la question qu’il se posait depuis des jours. Pourquoi ?

- Vois-tu Urien, je suis toujours le réceptacle de ce monde. Si tu possédais le don de seconde vue, tu pourrais discerner que tous les courants magiques de ce monde partent de mon corps pour se répandre. Une sensation… grisante je dois l’avouer. Cela ne va pas durer cependant, c’est une phase transitoire, le temps que notre dimension soit assez imprégnée de magie pour que le sort d’Effacement soit totalement brisé. Et si je mourrais maintenant cela provoquerait une grande déflagration harmonique, la magie trop présente pour disparaître mais le Grand Effacement trop présent pour mourir. Plus simplement, il y aurait un cataclysme. Détruirait-il la Terre ? Les humains deviendraient ils tous fous ? Je ne sais pas. Mais tu vois bien en tout cas, pourquoi tu ne peux pas penser à ma mort. N’est-ce pas ?

Il disait la vérité. Pourquoi mentirait-il ? Si sûr de lui, si froid, si détaché comme toujours. Et si Urien avait eu des doutes il lui aurait suffi de voir son aura. L’aura ne mentait pas. Alors oui, sa mort aurait bien les conséquences qu’il affirmait. Dans ce cas… condamner des milliards de gens, cette dimension entière à une apocalypse… pourquoi ? Cependant…

- Tu… as… TUÉ DIANE ! Tu l’as assassiné ! Je l’aimais Jeaclès !

Ce dernier fronça les sourcils avant d’éclater de rire.

- Je ne l’ai pas « assassiné », elle s’est sacrifiée volontairement même si c’est moi qui ai tenu le poignard. Et puis… tu vois c’est exactement à cause de cette réaction que nous t’avons caché ce que je viens de te dire. Parce que tu ne peux pas faire la part des choses, que tu es incapable de tout recul. Parce que tu n’es qu’un idiot.

Urien expira doucement, sa rage, sa haine, submergeant toute autre considération. Et puis il se jeta sur Jeaclès, l’air autour de lui se sculptant, se modifiant pour former des lames aussi affutées qu’autant d’épées d’acier. Le maître, lui, ne tressaillit même pas, et ne fit qu’un geste de la main. Les lames se brisèrent, et une formidable déferlante d’énergie scintillante jaillit, projetant l’agresseur contre le sol, qui craquela sous l’impact. Jeaclès s’avança et se pencha au-dessus d’Urien, son masque d’impassibilité abandonné, laissant transparaître tout son mépris.

- Tu sais je n’ai jamais compris ma sœur, fit il en ponctuant sa phrase d’un coup de pied dans les côtes d’Urien, qui hoqueta de douleur. Elle s’est entichée de toi, toi qui est puissant mais imbécile, toi qui ne sais modeler la matière que pour la détruire. Tu n’as jamais, jamais rien compris. Tu participais aux préparatifs à la Renaissance évidemment, mais tu tiens de tes parents une espèce de sensiblerie pathétique. Oui, tu tiens d’eux une espèce d’amour pour ce… faux monde qui nous entourait.

D’un mouvement du doigt, Jeaclès fit léviter Urien au-dessus du sol. Le sang de ce dernier coulait abondamment de son nez et de son front, mais Jeaclès sentait une espèce de colère grandir en lui et se rendait compte qu’en fait il avait toujours détesté Urien. Encore une fois, l’air se modifia, pour
former des poids qui s’abattirent, les uns après les autres, sur le corps d’Urien.
- Oh oui, tu n’as jamais compris que tous les sacrifices étaient bons quand il s’agissait de faire revenir ce monde à la magie et à la GRANDEUR !

Prenant la tête d’Urien entre ses mains, Jeaclès l’abattit avec une extrême violence contre le mur, avant de lâcher sa victime comme on lâche un détritus contagieux.

- Il s’est évanoui. Bah, après tout qu’importe, je le pensais vaguement dangereux mais la différence de force est si importante qu’il n’est pas plus menaçant pour moi qu’une thermite. Iris, emmène le se faire soigner et veille à ce qu’il quitte la Cité des Origines. Je crois que Boston est encore plus ou moins dépourvue de courants magiques, qu’il aille donc s’ébaubir de son monde répugnant si ça l’amuse.

La femme aux yeux d’or opina du chef et, concentra ses pouvoirs pour faire léviter Urien à côté d’elle, avant de se diriger vers l’ascenseur magique. Jeaclès se détourna et allait regagner son fauteuil quand soudain… un bruit sourd. Le Maître pivota en un éclair, et tressaillit, abasourdi. Iris gisait, inconsciente, contre une table, et Urien… Urien était debout, entouré de magie, son aura rivalisant avec celle de Jeaclès. Mais cette magie, cette magie était étrange, incompréhensible…

- Tu… Non, bredouilla Jeaclès, comprenant soudain, c’est impossible ! Le sortilège d’Effacement est conscient ! Il comprend que nous voulons restaurer la magie et fait tout ce qui est possible pour nous en empêcher mais comme chaque commémorateur présent autour de nous partage le même objectif il ne… mais toi tu… il te prête sa non-magie, tu es son agent !

Urien respirait avec peine, non pas par manque d’air mais comme submergé par cette puissance qui l’avait brusquement envahi, et les mots du Maître mirent quelques secondes à faire sens dans son esprit.

- Je en sais pas… j’étais inconscient, brisé, et soudain cette force, murmura-t-il, cette force qui afflue en moi, cette chose immense qui est là, tout autour et qui partage mon objectif, qui veut m’aider…

- Pauvre fou, cria Jeaclès d’une voix horrifiée. L’Effacement ne veut pas t’aider, il veut priver le monde de sa magie une deuxième fois !

- Peu importe que ce soit l’Effacement, un démon ou que sais-je encore, mais désormais… tu vas mourir, Jeaclès, je vais te tuer, je vais te tuer comme tu l’AS TUÉ ELLE !

Urien fut sur son ennemi en un instant, projectile d’air et de feu qui projeta Jeaclès à travers la pièce, à travers les vitraux, jusque dans le ciel au-dessus de la Tour. Jeaclès se défendait machinalement mais un sentiment de terreur l’envahissait petit à petit. C’était impossible, inconcevable ! Il était le seul, l’unique à pouvoir voler ! Depuis toujours il était le plus puissant, l’élu destiné à restaurer le monde, il ne pouvait pas être défié et pourtant, Urien, entouré de cette gangue de magie écarlate…

- Pauvre animal ! Animal obtus ! Puisque tu veux tant mourir je vais exaucer ton souhait !

Lueurs écarlate contre lueur dorée, forces d’une puissance incommensurables se heurtant dans un ballet mortel, les deux agents, celui de la Magie et celui de l’Effacement se heurtaient, modelant le vent pour former des lames géantes, édifiant des boucliers. Mais aussi, invoquant des créatures antiques venues d’autres dimensions, fouillis de griffes, de tentacules et de crocs qui volaient dans les couches nuageuses, abjections que la Mémoire Effacée désignait sous le nom de démons et incorporaient dans un concept de religion faussé et stupide.

L’eau se mêla au combat, les nuages transformés en autant d’armes, qu’il s’agisse de trombes d’eau si bouillante qu’elle brûlait jusqu’à l’air lui-même, ou au contraire sous forme d’une glace tranchante et impossible à briser. Malgré l’ampleur des forces déployées de part et d’autres, des forces comme on en avait plus vu depuis la bataille de Kregnoc, qui mit fin à l’Âge des Légendes et qui priva le monde de sa magie, aucun des belligérants ne sembla prendre l’avantage. Et c’est alors que… Urien, faisant apparaître une lame de vent aux dimensions kilométriques, la projeta en direction de la Cité des Origines, en contrebas. Avec un hurlement de rage, Jeaclès se transporta au-devant de l’assaut surnaturel et l’intercepta. Cependant, Urien ayant prévu son mouvement, il fut derrière lui avant que l’autre ne puisse se retourner, et lui asséna un puissant coup de poing chargé de non magie au milieu du dos. Jeaclès poussa un cri de douleur formidable et parvint tout juste à enrayer une chute qui aurait pu s’avérer fatale.

- Comment… peux-tu… attaquer la Cité ? Des Urien amoureux de leurs Diane, il y en a tant et plus à l’intérieur et toi tu…

- NE PRONONCE PAS SON NOM !

Cette fois c’était une sphère écarlate nourrie du sang des créatures invoquées par Urien qui se forma, suivie de mille autres, qui foncèrent toutes vers la Cité. Des larmes de désespoir aux yeux, Jeaclès se précipita pour les intercepter toutes, encaissant blessures sur blessures, ne pensant qu’à protéger la Très Glorieuse, la chose la plus splendide jamais édifiée par magie, la Cité des Origines. Mais quand il eut stoppé la dernière sphère, à quelques dizaines de mètres de la Tour, il était blessé à tous les endroits de son corps, de larges bandes de beau calcinées tombant de ses bras, son œil gauche fondant petit à petit et se liquéfiant en une gelée immonde qui coulait comme autant de larmes impuissantes. Hagard, envahi par la douleur mais anesthésié par l’incompréhension devant une situation aussi impossible, aussi incompréhensible, il ne perçut même pas l’approche de son ennemi et se retrouva avec les mains d’Urien autour du cou.

- Tu ne peux pas, souffla Jeaclès d’une voix désespérée… je t’en prie, attends au moins que la transformation du monde soit terminée, après tu pourrais me tuer mais tu ne peux pas…faire ça maintenant. Sinon la magie…

- Je n’en ai rien à faire. Je vais te tuer et je mourrais après. Et Diane sera VENGÉE !

- Non, non, non, non, non, non tu ne peux pas ! Je t’….

- La preuve que si.

Et Urien brisa le cou, son visage transfiguré de bonheur. Avant de stopper les battements de son propre cœur.

D’abord il ne se passa rien. Ensuite il y eut un bruit. Un bruit qui ressemblait à un grésillement et que tous, absolument tous entendirent. Ensuite le ciel devint petit à petit écarlate. La lune et le soleil ne diffusèrent plus aucune lumière. La croute terrestre était secouée de pulsations, la planète entière gémissant de douleur au fur et à mesure que de ses plaies sortait un liquide poisseux et brûlant. Mais dans son dernier souffle, Urien sourit.
-
Ah… Diane, j’ai tout réparé.

- Je le sais bien, fit l’Effacement.


Dernière édition par Thelesias le Ven 22 Mar - 3:36, édité 2 fois
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Axel & Anders

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MessageSujet: Re: Vengeance   Mer 20 Mar - 20:49

En un mot ==> Magnifique.

J'ai vraiment adoré, le style d'écriture est superbe, l'histoire est foutrement bien imaginé...chapeau !

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Thelesias

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MessageSujet: Re: Vengeance   Jeu 21 Mar - 12:44

Hé bien tant d'adhésion, je te remercie !

Je suis d'autant plus ravi que je pensais avoir fait un gros flop avec cette nouvelle.

N'hésite pas à commenter d'autres écrits parmi ceux que j'ai posté :p

bah oui si c'est pour avoir des commentaires pareils hein
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Ruby

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MessageSujet: Re: Vengeance   Jeu 21 Mar - 13:48

J'avoue, je ne l'ai pas lu, car bon c'est pas trop ma cam', là le gros pavé me paraît un peu indigeste, je reviendrai et je le lirai en entier.
Mais bon j'ai pas mis un post juste pour dire que j'ai pas lu, j'ai lu la première ligne donc je commente la première ligne.
J'aurai mis évanouissement en premier, car dans ce genre de textes, on va en crescendo et c'est bizarre de passer d'émeutes à évanouissements je trouve que ça retombe. ça parait même étrange qu'on parle d'évanouissements d'un coup, par rapport aux meurtres etc..
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Vengeance   Ven 22 Mar - 1:21

Je prends la suite de Ruby et je commente la deuxième ligne :


Citation :
héroïques. Inhabituel mais insignifiant. Insignifiant devant la Magie. Des générations d’humains hypnotisés par le


moi perso je trouve que deux fois "insignifiant" juste séparé par un point ça donne une belle impression de symétrie. En plus c'ets à peu près au milieu de la ligne donc c'est cool comme un bébé pakistanais.

La magie ça fait rêver et l'hyponose aussi.

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Chikoun
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MessageSujet: Re: Vengeance   Ven 22 Mar - 1:21

Pour essayer de faire un commentaire global, et collaboratif !

Citation :
Grand Effacement se rappellent, se souviennent. Dans la mémoire collective la race, une évidence, une conviction, la

Je trouve que Grand Effacement, c'pas tip top comme nom propre, et en plus tu vois, Grand Effacement c'est au singulier, et ensuite tu mets un verbe au pluriel. Par contre j'aime bien l'effet de suspense que tu mets en laissant ta phrase comme ça, sans continuer plus loin.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Vengeance   Ven 22 Mar - 20:18

Merci Aligby :-)


Bon blague à part :

Le texte en lui-même est assez agréable à lire. On y retrouve tes thèmes et tes penchants habituels, en tout cas ceux qu'on a déjà pu découvrir dans tes autres textes.

Le principe de l'émergence d'une nouvelle réalité par la résurgence de la magie est assez originale je trouve, d'autant plus qu'il est appuyé par une vision assez terre à terre et institutionnalisée. Ca donne du contraste !

Pour ma part j'ai toujours un peu de mal avec la grandiloquence des dialogues, mais je dois avouer que cet aspect est bien plus atténué que dans "Ehl". Mais de toute manière je crois que ça fait partie de ton "style" et je vais finir par arrêter d'y voir un "travers d'écriture" ! (mais j'aimerai toujours pas !)

Sur le fond de l'histoire, la thématique centrale de la vengeance et de la réalisation égocentrique est bien rendue notamment grâce à l'aveuglement complet du personnage, incapable d'accepter les conséquences, de percevoir les implications et les forces qui poussent dans l'ombre.


Sur la rédaction, quelques coquilles de-ci de-là, rien de bien méchant, mais ce qui m'a un peu dérangé du point de vu purement technique, c'est une certaine lourdeur dans la tournure des phrases. La syntaxe est correcte, mais elle mériterait de gagner en fluidité. A mon avis ça tient essentiellement dans ta propension à abuser des pronoms relatifs (beaucoup trop de "que"). Du coup ça fait énormément de propositions dans les phrases, là où il serait possible de les atténuer par d'autres formulations : les conjonctions de coordination peuvent être utiles tout comme la reformulation des idées sur plusieurs phrases, ou encore un choix élargi aux pronoms relatifs variables (duquel, lequel, auquel...).

exemples :

Citation :
Il n’y a pas une personne que tu aies croisé qui soit passée à côté des intentions meurtrières que ton aura trahissait

Le regard qu’il jeta à Urien fut celui, empreint de condescendance attristée, que l’on réservait aux fous et aux grands malades.

Dernière chose sur le côté pesant des tournures : j'ai remarqué dans ce texte à plusieurs reprises une tendance à "lister" ou énumérer :

Citation :
se rappellent, se souviennent
une évidence, une conviction
aussi laid, aussi vain, aussi futile, aussi abject,
quand des milliers, puis des centaines de milliers, puis des millions de personnes
Mais rien de tout cela n’est vain. Rien de tout cela n’est aussi écœurant
de cette civilisation de fumée et de lois, de règlements et de limites.
chaque pièce, chaque couloir, chaque voûte
dans chaque fresque, dans chaque portrait, dans chaque sculpture, dans chaque golem, dans chaque femme
par ces hallucinations, par ces voix du passé
plus fins, plus aristocratiques,
pesant, écrasant,
son aura magique, une aura qui puait le sang et la haine, une aura qui fit trembler le sol sous lui.
fouillis de griffes, de tentacules et de crocs

C'est une forme qui n'est pas inintéressante puisqu'elle donne une certaine "poésie", un certain lyrisme au texte. Mais je trouve qu'on la retrouve trop souvent. D'un point de vue esthétique tu remarqueras peut-être que certaines sont plus efficaces que d'autres, je pense surtout à celles qui ont la conjonction "et" qui donne un rythme plus construit à mon sens.

Sinon pêle-mêle :

Citation :
Ce dernier était exprimait une perfection des traits similaire à celle d’Urien mais son aspect était aussi différent que cela était possible entre deux hommes.
il y a deux verbes là

Citation :
Et, dans ces tours blanches, dans cette Cité des Origines qui renaissait de ses cendres. Là plus qu’ailleurs, l’exultation et la joie dominait.
ici ça devrait tenir en une seule phrase avec une virgule à la place du point.

Citation :
Le sourire faux du Lion d’Arc
erreur de frappe ou choix délibéré ?



Quant à la discussion qui s'était immiscée à la suite de ton texte hier soir, j'ai bien envie d'aborder le sujet ailleurs, mais de façon calme, constructive et participative ^^

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Thelesias

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MessageSujet: Re: Vengeance   Sam 23 Mar - 15:17

Merci pour ton commentaire très construit :p

Donc je suis content que le rendu te plaise tout d'abord. Ensuite oui je reconnais tout à fait que je gagnerais à faire plus fluide mais j'ai beaucoup de mal. Quand j'essaye d'alléger j'allège trop et au final ça devient un texte sans style (à supposer que celui là en ait disons x), et tout à fait morne. Disons que je suis pas encore arrivé à trouver un juste milieu :p

Je note pour l'énumération, j'étudierais les meilleures et les moins bonnes.

Pour la compression en une seule phrase, bof. Je trouve ça pas mal en deux phrases mais je vais essayer si ça sonne mieux en une.

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MessageSujet: Re: Vengeance   

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