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 Eux, c'est le goût

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dale cooper

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MessageSujet: Eux, c'est le goût   Ven 19 Avr - 23:10



Eux, c'est le goût



« De la frustration naît l'inspiration. »
Dracaufeu





I

Similitude







le journaliste d'un journal à sensations a écrit:
Fou, il tue sept personnes dans la même journée : l'épopée macabre d'un jeune homme sans problème qui bascule dans la folie furieuse. A lire en page 4.



L'indolence des négresses m'exaspère au plus haut point. Si je le pense trop fort je serai accusé de tous les maux. Mais je crois que j'en ai plus rien à foutre.

La pleine chiée de marmaille hurle de tout son saoul, renverse pailles et serviettes, bouscule la clientèle et se roule par terre à grand renfort de rires. La bonne humeur de ces enfants du soleil n'est pourtant pas communicative. Ils sont mignons les petits noirs, aimait à constater ma grand-mère. Je me demande si on lui aurait collé un procès au cul pour avoir tenu de tels propos aujourd'hui.

La mère et la tante - je ne sais quel degré de parenté les lie à vrai dire, puisque ni l'une ni l'autre ne fait le moindre effort pour canaliser la bruyante tribu – hésitent depuis près de neuf minutes devant la liste des menus standardisés. Le nez levé vers les affiches rétroéclairées qui ornent les comptoirs de tous les mac do du monde, elles confrontent les suggestions, chacune de leur tentative indécise entrecoupée d'interminables pauses silencieuse durant lesquelles rien ne se passe.

Mon sourire est figé depuis dix minutes. Je n'ose plus les quitter des yeux, j'entends déjà trop bien l'exaspération de la file de clients derrière elles. Une petite femme blonde exhorte son jules impavide à venir me casser la gueule pour abréger l'attente. Les soupirs ostensibles se succèdent comme autant de remontrances qui me sont directement adressées. Je sens le poids du regard de mon manager sur ma nuque, sentencieux et lourd de reproche. Il ne fera rien pour m'aider à me dépêtrer de cette inextricable échec.

Je suis en plein dans le rush de midi ; en onze minutes j'aurai déjà du servir au moins cinq commandes.

En salle, les tables les plus proches sont au bord de la révolte : les gamins commencent à s'en prendre aux clients. De mon poste je peux deviner le désespoir des pauvres consommateurs contraints à reprendre les sachets de sauces mayo-ketchup des mains des pygmées virulents. Ils n'osent pas les toucher ou leur adresser la parole. Ils esquissent à peine quelques gestes pour les faire déguerpir, comme s'il s'agissait d'une nuée d'insectes bourdonnante. Les plus farouches d'entre eux réussissent à leur lancer des regards noirs. Peine perdue, l'autorité parentale est en berne.

L'une des bonnes femmes me demande pour la troisième fois consécutive si elle peut utiliser un ticket restau en plus des bons de réduction pour régler les trois happy meal. Je lui explique pour la troisième fois consécutive qu'on ne peut utiliser qu'un seul et unique putain de bon de réduction par encaissement et que sa chierie de ticket restau ne peut lui aussi faire l'objet que d'un seul encaissement. Toujours avec le sourire.

Mes mains moites tremblent au dessus de l'écran tactile du panneau de commande. Je n'ai encore rien inscrit dessus depuis douze minutes.

L'autre bonne femme me précise qu'elles sont en fait là toutes les deux pour commander pour elles deux plus les trois enfants derrière. Le fait de les évoquer lui rappelle d'ailleurs leur présence dans son giron. Elle se retourne et siffle à l'attention de la petite la plus proche, un reproche à peine menaçant. Comme par miracle la petite se fige immédiatement et se met à se dandiner quelques instants jusqu'à ce que sa tante (ou sa mère) se retourne une nouvelle fois vers la liste des menus.

La minuscule femme blonde de la file d'attente, arrive à la caisse voisine. Pendant qu'une collègue de dix-huit ans lui prépare son sunday ca, elle en profite pour me lancer un regard qui tue de compétition. Elle doit l'avoir travaillé depuis des années. Je lui adresse un sourire maladroit. Son mec est en train de bouquiner le Air Mag du mois. Il y a Selena Gomez en couverture.

Un homme en costard classe porte de belles lunettes depuis treize minutes dans la file d'attente. Il est bronzé, a les cheveux courts, est impeccablement rasé. Il fait parti de ces méditerranéens dont on ne peut parvenir à identifier l'origine. Il pourrait aussi bien être rital, que tunisien ou portugais (ouais je sais il n'y a pas de Méditerranée au Portugal). Je déteste constater mon échec personnel lorsque je vois des mecs plus jeunes que moi habillés en costard et lunettes chic. Il s'avance d'un pas, très sûr de lui et demande aux deux dames noires de se dépêcher car il attend depuis un bon quart d'heure et il n'a pas toute la journée devant lui. Il a parlé au nom de toutes les personnes alentour, toutes celles témoin de mon naufrage professionnel.

J'envie les gens capables de prendre la parole pour les autres. Encore plus lorsque c'est fait avec dignité et sans animosité. Le mec sait parler, il doit être cadre, à la tête d'une équipe commerciale de vendeurs de téléphones.

J'entrevois une lueur d'espoir, je penche la tête de côté pour lui adresser un sourire reconnaissant. L'instant d'après mon manager fait irruption à mes côtés. Je ne l'ai pas vu venir celui-là. Je me tourne vers lui, mon sourire béat de gratitude toujours affiché sur mon visage. Je me heurte à son expression fermée et je parviens même à entendre le chapelet d'insultes qu'il prépare à mon attention lorsqu'il sera l'heure de la crise de management.  

Mon boss se penche au dessus du comptoir et répète plus ou moins ce que vient de dire le jeune homme bronzé. Mais de façon beaucoup moins polie, limite irrévérencieuse. Lui peut se le permettre : le privilège de la chemise.

Les négresses finissent par capituler ; dans un soupir de défaite, l'une d'elle extirpe de son fake sac à main Dior, une carte bancaire. Je vois bien que ce geste lui coûte. Je passe la commande satisfait de cet heureux dénouement. Lorsqu'elle me tend son moyen de paiement, je buggue une nouvelle fois. Une putain d'amex ! Connasse !

« Pardon ? »

Je l'ai dit ? Je l'ai pensé tellement fort : il se pourrait bien que le mot soit sorti du fond de mon cœur. Il va me falloir un stylo pour lui faire signer le reçu. Je suis hôtesse de vente : j'ai à ma disposition un écran tactile, un terminal de paiement électronique, parfois un pager à stylet pour prendre les commandes dans la foule. Je vis à l'ère du numérique, je sais à peine me servir d'un stylo. Je sais encore moins où en trouver un.

Je regarde autour de moi affolé. La blonde menue me toise avec le plus pur mépris entre deux bouchées de frittes, les gamins noirs se sont alignés sous mon comptoir pour contaminer le rebord de leurs mains salopées, le tunisien râle au téléphone pour raconter point par point à une collègue sexy l'incapacité du co-équipier du mad co qui l'a retenu vingt minutes dans la file d'attente : il va être obligé de prendre à emporter et de manger dans la bagnole de service ; il espère ne pas renverser sa Badoit et son Big Mac sur les sièges de la Audi.

La fillette de dix-huit ans à la borne d'à côté enchaîne les commandes comme une pute. Elle refuse de m'entendre lorsque je lui demande si elle a un crayon. Je me retourne. A travers les présentoirs à cheeseburger j'aperçois deux gars de la cuisine se foutre de ma gueule. Deux rouquins en charlottes. C'est rare de voir deux rouquins au même endroit au même moment. L'un d'eux me montre du doigt tandis que le second pose deux boites de six sur le plan incliné. Il fait exprès de ne pas les pousser vers l'avant. Je vais devoir perdre deux précieuses secondes pour les attraper au fond du couloir d'aluminium et les mettre dans les boites à happy meal.

Personne n'a de stylo. Si ! Mon manager à une flopée de stylo billes bien alignés dans la poche de sa chemise de manager. Il me regarde du fond de l'espace de vente. Son sourire en coin est

PUTAIN D'ENCULE DE CONNARD ! Tu vois bien que j'ai besoin d'aide.

Je sais que je dois lui faire signe pour lui demander de me prêter un de ses stylos. Je refuse : je suis conscient que c'est parfaitement suicidaire.

Je demande aux deux grosses si elles n'ont pas un bic pour signer leur saloprie de reçu. Je sais que ça va leur prendre au mieux quatre minutes pour retourner leurs sacs à mains de contrebande. Foutu pour foutu...

Le rital bien habillé est toujours au téléphone ; il tend un beau crayon tout fin en métal doré qui brille dans un rai de soleil. L'éclat m'éblouit. La rémanence rétinienne me cache une partie de l'écran tactile : je n'arrive plus à bien voir la liste de la bouffe que je dois servir. Une des négresses attrape le stylo sans se retourner ni même saluer la providence qui vient de le faire apparaître. Elle signe le reçu de l'amex et repasse le stylo derrière son épaule pour le remettre là où elle vient de le trouver.

Il manque un Deluxe. La salope de dix-huit ans vient de prendre le dernier disponible dans le présentoir derrière elle. Quand on n'est pas en plein rush de midi j'aime bien mater ses petites fesses qui s'agitent quand elle se penche au-dessus des tables pour nettoyer la salle. Une fois je lui ai proposé d'aller prendre un verre après le service. Elle a fait semblant de ne pas m'entendre et a enfourché une moto pour se caler contre le blouson d'un mec qui vient la chercher tous les jours après le boulot. Je me demande si ça l'exciterait que je la baise devant lui.

Il manque un Deluxe. Le Portugais vient de passer à la caisse de ma jeune collègue de dix-huit ans. Il édicte sa commande tout en maintenant son i-phone contre le revers de sa veste. On dirait un chirurgien qui appelle les instruments un par un : scalpel, coca zéro, écarteur, sauce mayo-ketchup, 10 centimètre-cube de sunday ca... Son infirmière de dix-huit ans exécute à la lettre chacun de ses ordres et recoud le sac à emporter pour conclure l'opération.

« Il manque un Deluxe, je vous l'apporte en salle. »

La mégère blonde est au stand des desserts pour retirer son café et le sunday ca de son jules. Celui-ci est resté à la table ; il se gratte les couilles en lisant un article sur Selena Gomez qui fait la couverture du Air Mag de ce mois-ci.

Mon manager arrive vers moi et déclare qu'il aura deux mots à me dire avant la fin de mon service. Je lui rétorque que ses deux mots il peut d'ores et déjà se les foutre dans le cul sans attendre la fin de mon service. Je le laisse à sa perplexité puis je le pousse un peu sur le côté pour pouvoir passer en cuisine. J'attrape la grille de frittes dans la friteuse et je la jette à la figure du premier rouquin que je croise. Juste après je trouve la pile de cartons réservés au Deluxe. Je vais à la place du deuxième rouquin qui vient lâchement de quitter  son poste de travail pour porter secours à son congénère qui brûle dans une flaque d'huile bouillante. Je pique une rondelle de tomate et une feuille de salade dans les bacs à légumes puis les dispose dans le carton à Deluxe. Ensuite je vais aux chiottes pour chier dans la boite. En retraversant la cuisine je donne un coup sur le tube verseur de sauce Deluxe pour recouvrir mon étron. J'enjambe mon manager qui est accroupi à côté d'un rouquin cramé. Je crois qu'il me reconnaît pas quand je passe à côté de lui. Il claque des doigts devant mon nez en me demandant d'appeler les urgences.

Je le laisse gérer son équipe, après tout : chacun sa merde.

Je pose la boite de Deluxe sur la table des bonnes femmes noires, leur souhaite un bon appétit, puis j'attrape une jolie femme blonde par les cheveux pendant qu'elle vide son plateau repas dans le container de la poubelle. Je l'entends hurler. Je me doutais qu'une grognasse pareille a une voix stridente. Elle me vrille les oreilles. Pour la faire taire je lui fracasse son plateau repas sur la tête. Je m'y prends à plusieurs fois avant qu'elle arrête de crier. A un moment le plateau se casse en deux, je me retrouve avec deux triangles pointus dans chaque main. La fille blonde est à terre ; elle couine comme une truie.

Ma jeune collègue de dix-huit ans s'est assise sur le comptoir. Elle a enlevé son pantalon moulant de coéquipière. D'habitude ce genre de tenue est atrocement laid et boudine les femmes qui travaillent à mac do. Il faut avouer que la plupart du temps, les filles qui travaillent chez mac do sont des trumeaux et des grosses moches. On garde les plus bonnes pour les mettre en vitrine devant les clients. Les moins bonnes, elles, sont parquées en cuisine. On ne vient pas chez nous par hasard non plus.

Ma jeune collègue de dix-huit ans s'est assise sur le comptoir. Elle a baissé son pantalon moulant de coéquipière jusqu'aux genoux. Elle me regarde en se masturbant. Je vois sa main droite agrippée au rebord du comptoir, elle se balance légèrement d'avant en arrière et prend bien garde à ne pas glisser. Sa bouche ouverte avale une mèche de cheveux bruns par la commissure. Je vois sa poitrine menue se soulever à travers sa chemise entrouverte. Un de ses tétons s'est échappé du tout petit bonnet de son soutient-gorge. Elle se masturbe en me regardant. Je n'ai jamais été aussi viril et désirable dans ses yeux qu'à cet instant.

Je lui souris tendrement et lui fais un clin d'oeil : j'ai envie de lui dédicacer son orgasme imminent.

Je baisse les yeux vers une femme blonde qui geint sur le carrelage désinfecté d'un fast-food. Je la regarde un moment. J'ai un doute, je ne vois pas ses mains. Serait-elle en train de se masturber, ainsi allongée en chien de fusil sur le carrelage souillé de pisse, de sang et sauce mayo-ketchup ? Non, je crois plutôt qu'elle souffre.

Dans mes mains je découvre deux triangle de verres taillés et tranchants comme des couteaux. Je prends une grande inspiration et lève droit devant moi ses baguettes de chef d'orchestre improvisées. Je vais jouer une ouverture de Beethoven, comme dans les films de Luc Besson. D'un geste je plonge les bouts pointus des plateaux repas dans le corps de la connasse blonde. Je m'étonne de ne pas avoir glissé sous l'effort ou de ne pas avoir senti de résistance au moment de l'impact. Je me recule d'un pas. Je suis debout dans un mac do presque désaffecté à l'heure de midi. A ma droite il y a une petite fille de dix-huit ans qui jouit assise sur un comptoir. De la sauce mayo-ketchup s'échappe entre ses doigts de petits sachets éventrés. A ma gauche il y a un type assis à sa table qui éjacule sur une photo de Selena Gomez.

Je comprends mieux ce qu'il vient de se passer. Par un heureux hasard, je viens d'enfoncer mes deux morceaux de plateau pointus dans le dos de la blonde, pile entre ses côtes. Je suppose que j'ai perforé de part en part ses poumons, puisque j'entends le bruit humide de l'air qui entre et qui sort des entailles. De minuscules bulles de sang bouillonnent à la surface de son chemisier rose tâché.

Mon manager me poursuit sur le parking, un doigt accusateur pointé vers moi. Il est en sueur et a complètement pété les plombs. Il me sert une bordée d'insultes ininterrompue depuis vingt mètres. J'arrive à ma voiture : une clio 2 diesel immatriculée dans le 56.

Mon manager me poursuit sur le parking depuis le moment où j'ai léché le reste de caramel fondu qui coulait sur le menton d'une collègue de dix-huit ans. Je sais très bien que le règlement intérieur interdit les rapports sexuels entre collègues dans l'enceinte de l'établissement pour des raisons d'hygiène. Il aurait au moins pu faire une exception pour cette fois-ci : il voyait bien que la petite me chauffait depuis tout à l'heure. C'était criminel de la laisser sur sa faim, la pauvre mignonne.

Avant de partir j'ai tenu à la remercier pour ces quelques mois passé à ses côtés. Ce fut un plaisir de travailler dans la même équipe. En guise d'adieu je lui ai offert le cunni-lingus de sa vie, agrémenté de glace et de caramel fondu. On a laissé tomber les cacahuètes, parce que j'aime pas trop la sensation de croustillant quand je bouffe le cul d'une meuf.

Je me souviens parfaitement que c'est au moment précis où on a entendu la chanson de Selena Gomez à la radio que tout est parti en couille. Un rouquin a fait une crise d'angoisse en cuisine et le manager est venu me rappelé qu'il avait deux mots à me dire depuis l'histoire des deux portugaises un quart d'heure plus tôt. Je lui ai rappelé que j'avais fini ma journée et que j'avais rendez-vous chez le vétérinaire pour récupérer la dépouille de mon chat mort. Je lui ai demandé si ça ne pouvait pas attendre demain.

Là il s'est mis à me poursuivre sur le parking en me traitant de tous les noms :

« Fils de pute, ta mère la pute, espèce d'enculé tu vas pas t'en tirer comme ça ! Je vais appeler les flics espèce de taré ! Si je te retrouve je te tue toi et ta mère la pute »

Je pense qu'il devait être sous le coup de l'émotion. C'est pas tous les jours qu'un client jute sur le magazine Air le Mag. En plus on était en plein rush de midi, il y avait des gosses partout. Moi quand j'ai envie de me branler au mac do, j'ai la décence de m'enfermer aux chiottes et de passer un petit coup de gel hydroalcoolique après moi.

Bref, il m'a bien pris la tête ce con.

J'ai essayé d'entrer dans ma voiture mais il a retenu la portière pour m'empêcher de la fermer. Je l'ai regardé droit dans les yeux et je lui ai dis tin cte ment conseillé d'ôter ses sales pattes de ma clio bleue.

J'ai une copine qui appelle la clio, « la clito ». Ca la fait marrer les jeux de mots péraves.

J'aurai du dire à ma collègue de dix-huit ans que j'avais grave envie de lui faire le cul. C'est pas bon d'avoir des remords. Mouarf ! A la limite je lui demanderai demain.

Mon boss m'a suivi de la salle de cuisine jusqu'à ma bagnole garée à vingt mètres plus loin sur le parking.

(oui j'ai été triste de découvrir mon chat empoisonné par mon connard de voisin mardi soir en rentrant du boulot)

(j'ai envie de le tuer, d'ailleurs je crois que c'est ce que je vais faire dès que je serai rentré à la maison)

Je lui dis distinctement d'ôter ses mains poisseuses de ma voiture. Il persiste et maintient la portière de ma Audi grande ouverte. Il a une rangée de stylos parfaitement alignée dans la poche de sa chemise de manager. Il est bronzé, parle avec assurance et sait diriger son équipe de commerciaux. Il pointe vers moi un doigt aiguisé comme un scalpel. Un peu plus loin sur le parking il y a trois enfants d'origine africaine qui jouent entre les cadavres éventrés des clients.

Ah ouais j'allais oublié un truc ! Vous avez remarqué comme le bonhomme en forme de logo sur les poubelles des mac do ressemble à Fido Dido ? Ca me fait rire à chaque fois ! J'imagine les vieux personnages de publicités des années 80 pointer au chomedu et demander un nouveau job à leur conseiller du pôle emploi. Genre Groquick des paquets de Nesquick qui se serait reconverti en agent d'accueil endimanché chez Pizza Pietro, ou le petit black des Cités d'Or qui serait devenu un plug anal dans un vieux hentaï pourri. Bah ouais normal : tu te souviens sa tête de gland ? Tu te souviens de la clinique Ogenki ? Ben c'est les mêmes.


A un moment je m'arrête sur le bord de la route, à l'entrée du viaduc. Je monte comme un bourrin sur le trottoir, étonné de voir deux collégiennes assises sur le parapet. D'habitude il n'y a jamais personne qui traverse à pied le viaduc (j'ai déjà écrit un passage d'une nouvelle qui ressemble un peu à ça, mais tu la verras pas). Du coup j'en ai profité pour m'arrêter.

En fait c'est pas deux collégiennes : c'est une collégienne ET UN collégien. Mais comme il a une touche à moitié de meuf de loin j'ai cru que c'était une fille. Je voulais faire trou-trou pour savoir laquelle des deux je pousserai dans le vide mais du coup j'hésite.

Crac !

Voilà, c'est fait. Je viens d'ouvrir la boite crânienne de mon patron. Je pensais que ça prendrait plus de coups de portières pour y parvenir, mais en fait non. Quatre auront suffit. Je suis un peu déçu d'ailleurs. J'avais pris soin de bien caler sa tête de con entre le rebord de l'habitacle et l'extrémité de la portière. A vrai dire j'espérais que le premier coup lui fasse tellement mal qu'il tombe à moitié dans les pommes ou un truc du style, comme ça il bougerait plus et ça serait plus facile de le finir.

Je dis ça maintenant mais sur le coup j'ai pas bien pris le temps de réfléchir en fait. C'est venu comme ça, d'un coup. Mon manager m'a cassé les burnes pendant pas mal de temps avant ce jour là. C'est un juste retour de manivelle. On a rien sans rien. Un jour il faut passer au tiroir-caisse pour effacer ses dettes.

Moi je lui ai tout effacé d'un coup. Non, en quatre coups. Le premier l'a assommé, le deuxième lui a pété le nez - il avait un peu glissé comme je l'avais lâché : j'avais peur de me coincer les doigts dans la portière un peu comme le lapin de Nesquick, le cousin de Groquick dans le métro parisien qui a peur de se faire pincer très fort – le troisième lui a arraché une oreille et une petite partie du cuir chevelu (ouais j'ai vu l'os du crâne nu en dessous la peau des cheveux) et le dernier coup de portière a été franchement immonde.

Sérieux j'ai cru que j'allais gerber. Je me suis retenu juste par respect pour le mort. La coquille du crâne a éclaté d'un coup et le cerveau tout chaud a giclé sur le volant de la bagnole. J'en ai eu plein les mains aussi, et j'ai pas mal taché mon costume. Je pensais pas que ça se percerait comme un bouton de sébum sous pression. Le cerveau en fait c'est comme un comédon qu'on éclate devant le miroir de la salle de bain. En plus rose et en tout chaud.

J'ai laissé la clio sur le parking. Ca puait trop la cervelle chaude. Et puis j'avais peur de m'assoir sur un bout de cervelet ou je sais pas quoi et que l'humidité traverse mon pantalon et mon slip pour venir toucher la peau de mon cul. Du coup j'ai pris les clefs de la Audi de mon manager et j'ai buté le tunisien bien rasé qui voulait la carotte.

Non je déconne, lui je l'ai plus revu depuis qu'il s'est barré avec son big mac et sa badoit.

Donc je pouvais pas faire à trou trou pour savoir lequel des deux enfants j'allais tuer. Je me suis dit : si je balance la fille, obligé on va me traiter de misogyne, et même si dans la vie de tous les jours c'est plutôt avantageux de l'être dans son comportement quotidien, dans une nouvelle ça le fait moyen. Bah ouais dès lors que c'est écrit, ça implique une certaine réflexion tout ça tout ça. Après j'ai envisagé le mec, mais comme j'ai dit avant qu'il ressemblait à une fille, les gens vont croire que c'est un crime homophobe, parce que les gens ça les choque les crimes homophobes, mais prendre des  raccourcis systématiques pour transformer un jeune garçon over looké et un peu efféminé en une pure tarlouze authentique, ça par contre ça les choque pas les gens.

Bon, le mec c'était hautement compromis. Déjà qu'avec trois récurrences du mot « négresse » je vais être spotted genre « raciste et tout », je me suis dit qu'il valait mieux butter la fille. Les crimes homophobes y'en a trop à la télé ces jours-ci, c'est pas le bon moment. Tandis que des meufs qui se font butter ça arrive tous les jours. Une de plus, une de moins, ça se perd dans la masse média.


J'ai donc poussé une fille du haut du véoliaduc. Avec le garçon on l'a regardé tomber sur la centaine de mètres de dénivelé. On a pas bien entendu ses membres se disloquer au moment où elle s'écrasait parce qu'un camion Norbert Dentressangle a traversé le pont juste à ce moment là.

J'étais tellement dépité par la mort de mon chat que j'ai foncé direct chez le voisin en rentrant chez moi. Je me suis dit à ce moment là, foutu pour foutu, autant atteindre le quota des sept morts annoncés par l'article de presse en incipit. Sauf que j'ai perdu le compte – attends y'avait la blonde, le patron, la gamine sur le pont... merde ça fait que trois : on a qu'à dire que le rouquin est décédé des séquelles de l'agression et que la collègue sexy du beau gosse italien bien rasé est morte dans un accident de voiture parce qu'elle conduisait au téléphone, en plus comme ça y a un message de la prévention routière et c'est une belle chose -.

Mon voisin est un chasseur. Il a un chien qui pue du cul et qu'il garde enfermé toute la semaine dans une cage minuscule. Il a aussi un fusil.

J'ai pris le fusil dans son garage. J'ai pris les cartouches dans la vieille soupière sur le guéridon et  qui contient les carnets de vaccinations des chiens et j'ai tué le voisin et sa femme.

Ouai je sais c'est un peu abrupte comme fin, mais t'avouera que





Dernière édition par q^p le Jeu 14 Aoû - 16:27, édité 13 fois
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Erlidann

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 20 Avr - 0:32

C'est l'histoire d'un mec qui en rentrant du boulot tu vois, il a eu une panne. Oui, un sous-entendu grivois serait de bon ton mais j'ai fait mon quota de la journée.

Et en arrivant, le taxi lui a dit "Ah ben non, si je vous dépose chez vous, ça me sera pas remboursé hein donc prenez le bus."

Donc il est rentré chez lui et il a cramé ses poissons panés. Note qu'il est pas très doué pour réchauffer du congelé. Une histoire de concentration. Donc ce même mec a passé 1h30 à divaguer avant de tomber sur un texte qui parlait de ...

Et franchement, il a grave kiffé.

Non pas que ça sente la rose parce qu'un boîte de Mc Chiken tu vois, déjà que de base, c'est pas appétissant alors là avec de la salade en plus, c'est mort.

Bref, Like, j'ai pas d'arguments.


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gaba

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 20 Avr - 1:55

Mais comment ce type peut-il être aussi infect ?
Citation :
J'arrive à ma voiture : une clio 2 diesel immatriculée dans le 56.
Ah, oui, d'accord...
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Grendelor
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 20 Avr - 14:16

Comment dire... c'est... étrange.

ça se lit très bien jusqu'au fameux faux happy end. Qui casse tout. Tu nous sors totalement de l'univers dans lequel tu nous avais plongés pour nous mettre dans un truc à cent milles lieues de là. J'ai décroché. J'ai lu, évidemment, mais j'ai décroché du texte. Et c'est dommage parce que du coup, ça me laisse pas une bonne impression alors que toute la première partie m'avait plu, quand bien même elle était hyper violente et assez décousue dans sa narration. Alors que la fin à la bazaar de stephen king... bah elle n'a rien à faire là. Donne nous plutôt le reste de cette nouvelle à part.

En conclusion, j'suis déçue. Rien à dire sur le style, mais déçue quand même.

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 20 Avr - 14:27

Le faux happy end c'était un piège...
Marrant que tu évoques Stephen King, moi ça me fait plutôt penser à l'équivalent littéraire de Tarantino.
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 20 Avr - 14:45

oh... ben grendy !

zutalor


t'en veux encore du sale et du sordide ?
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 20 Avr - 15:01

C'est pas que j'en veuille encore. Là où tu t'es arrêté dans le sordide était très bien. Et l'idée de nous sortir un faux happy end en nous le présentant ainsi aussi. Mais j'aurai préféré quelque chose qui reste dans le ton, dans le thème, du genre, il se fait réveiller par l'une des négresses parce qu'il s'est endormi pendant leurs hésitations, ou tout autre débilité du genre. ça, ça m'aurait plu. Là, ça tombe à plat pour moi.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 20 Avr - 15:50

Ah vi.

mais comme indiqué dans la parenthèse (voilà quoi ^^)


Je pense qu'une prolongation "logique" aurait juré avec le reste du texte à mon avis. Sauf si...


Attends je crois que j'ai une idée.
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Dim 21 Avr - 15:34


II

Prélude




« C'est qui ce mec à qui tu parlais ?
- Je lui parlais pas.
- Lui il te parlait en tout cas. Me prends pas pour un con.
- C'est un mec du boulot. Qu'est-ce que tu crois ?
- Ah oui ? Et il te voulait quoi ?
- J'en sais rien, j'écoutais pas.
- Putain tu le fais exprès ! Qu'est-ce qu'il te disait ?
- Il me demandait si je voulais aller prendre un verre avec lui en ville.
- Ah ouai ? Et tu lui a répondu quoi ?
- Rien, je suis montée sur la moto, on est rentré et tu m'a pris la tête.
- Tu l'as pas envoyé chier ?
- Pourquoi j'aurai fait ça ?
- Pourquoi... je sais pas moi, parce qu'il te draguait devant moi p'tet ?
- Laisse tomber, je suis crevée j'ai pas envie de parler de ça.
- Ben on va pourtant en parler ma cocotte ! Je te rappelle que je suis ton mec et que personne te drague, compris ? Si t'es pas capable de faire comprendre ça au premier connard venu, moi je vais m'en charger. Je te jure qu'une fois que je lui aurai bien expliqué la situation, il aura plus envie de te faire chier.
- Tu vas lui péter la gueule à lui aussi ?
- Ben ouai ! Puisque t'es pas capable de dire les choses clairement aux gens, faut bien que je le fasse moi. C'est ta faute tu sais si les connards qui te draguent se retrouvent avec la gueule en miettes. Tu ferais pas ta pute en les laissant espérer, ça serait beaucoup plus cool pour tout le monde.
- Arrête, t'es grave.
- MOI JE SUIS GRAVE ? OH ! Tu lui parles au boulot ? Tu te marres à ses blagues ? Il te fait mouiller aussi ?
- Putain ce que t'es vulgaire !
- Je te jure demain de déboule au mac do et je lui arrache la tête !
- Ben voyons...
- Tu verras !
- Et je vais me faire virer à cause de tes conneries !
- Je vais envoyer des potes, que tu connais pas, n'importe quand. Je vais leur filer du blé pour qu'ils aillent bouffer là-bas et te tenir à l'oeil. Et s'ils me disent que tu lui parles, que tu fais ta salope avec lui, je te jure que j'arrive et je pète tout !
- Mais merde quoi ! C'est mon collègue de boulot, il tient la caisse à côté de la mienne, on a les mêmes horaires. Forcément que je dois lui parler ! Putain merde ! Si tu me voyais, si tu savais ce que je fais pour éviter les mecs, pour éviter de leur parler, rien que pour toi, pour pas que tu sois jaloux tout le temps comme ça... si tu voyais comment je suis irréprochable tous les jours, tu me prendrais pas le chou tous les soirs.
- Ca c'est ce que tu dis. Personne est là pour voir. Tu peux me raconter tout ce que veux. Le pire tu vois, c'est que tu le fais pour moi, par peur de me rendre jaloux. Tu évites même pas les mecs parce que tu dois pas leur parler, mais juste parce que tu sais que ça m'énerve. Tu le fais pas pour toi. T'as aucun amour propre.
- N'importe quoi ! T'es pitoyable. Et la confiance ? Tu me fais confiance ?
- Non ! Je sais très bien que tu peux pas t'empêcher de jouer ta bonasse dès qu'il y a un mec qui te reluques.
- J'en ai marre ! TA GUEULE !
- Tu vois : tu te braques, tu sais que j'ai raison et tu sais pas quoi répondre à ça !
- FOLLE ! TU VAS ME RENDRE FOLLE !
- Tu l'es déjà ma pauvre fille...
- Et pourquoi j'habite encore avec toi dans ces conditions ?
- Parce que t'oses pas partir et que tu sais que tu ferais rien sans moi.
- Pauvre type !
- Tu diras plus ça quand je te prendrai à quatre pattes tout à l'heure !
- Compte là-dessus !
- Quoi ? Tu préfèrerais que ça soit l'autre débile de ton boulot qui te lime le soir ?
- Tu me dégoûtes !
- Il t'excite ? Ce gros moche tout mou ? Il ressemble même pas à un mec, on dirait une grosse pédale. Si ça se trouve c'est un gros puceau frustré ! Il a quel âge ?
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
- Je cherche à savoir pour quel genre de mec tu mouilles. Que je sache de qui je dois me méfier... On dirait que t'aimes bien les pervers de trente ans qui reniflent les culottes de leurs mères.
- T'es taré. T'es complètement fou !
- Dis-moi que c'est pas vrai alors.
- …
- Tu dis rien ?
- …
- Putain, t'es encore pire que ce que je pensais. T'es une vraie...
- Je le connais pas. J'ai pas le droit de lui parler alors je lui parles pas. Et tu sais quoi ? En vrai ça me fait chier. Ca me fait chier de pas avoir de rapports normaux avec des collègues de boulot, ça me fait chier de devoir toujours me sentir surveillée, ça me fait chier de pas avoir d'amis et de rester enfermée dans ta baraque pourrie, de monter sur ta moto à la con, parce que j'ai pas le droit d'avoir une vie normale.
- Et là tu vas...
- Ta gueule ! Pour une fois écoute moi CONNARD ! Tu sais quoi ? J'aimerai lui parler, j'aimerai prendre un verre avec lui pour discuter, pour avoir quelqu'un à qui parler, quelqu'un de gentil parce que je suis persuadée que c'est un type bien, pas comme toi. J'aimerai me sentir libre, épanouie. J'aimerai décompresser après une journée de merde à un boulot de merde avant de rentrer dans ta maison de merde et continuer ma vie de merde ! J'aimerai qu'il me fasse rire, j'aimerai qu'il me rassure et qu'il me fasse douter. J'aimerai tout remettre en question et rêver de pouvoir me casser de cette vie à la con, sur ton canapé à la con. Et puis tu sais, j'aimerai qu'il me fasse l'amour. Pas qu'il me baise comme un porc sur une moquette puante en se prenant pour une star du X. J'aimerai jouir un jour, pour de vrai, avec des mains capables de me caresser et pas de me déchirer la chatte comme tu le fais. Et tu sais quoi ? Ptet bien que lui il me forcerai pas à le sucer quand j'ai mes règles et quand j'ai pas envie ou même quand je peux pas à cause des saloperies que t'as mis dans ma fente. Ptet que lui il saurait s'occuper de moi, et voir que je suis pas une salope mais une meuf normale, comme toutes les autres.
- …
- Tu dis plus rien ? »





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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Ven 26 Avr - 19:25

III

Étude




Oui allô, bonjour Monsieur, c'est Jocelyne du cabinet vétérinaire, je vous appelle à propos de votre petit chat. On a reçu les résultats des analyses du laboratoire et donc en fait votre animal est mort d'une infection des reins. C'est une cause de décès assez répandue chez les chats domestiques. C'était donc une mort naturelle. Vous m'aviez dit que vous pensiez à une intoxication ou un empoisonnement : je vous rassure ce n'est pas le cas. Je sais que ça ne vous rendra pas votre chat, mais j'espère que vous serez rassuré de savoir qu'il ne s'agit pas d'un geste de malveillance de la part de votre voisinage. Voilà. On a donc envoyé la dépouille au crématoire. Comme il s'agit d'une mort par maladie, à cause du risque infectieux, on procède comme ça. Je vous ai aussi fait parvenir la facture par courrier. Bonne soirée Monsieur. Au revoir.






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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 27 Avr - 10:51


IV

Latitude




Benjamin a écrit:

Vanessa,


Je voulai te le dire depui long temp déjà mai j'ai pa trouvé le courrage de te le dire en face alor j'aie préférer te l'écrire comme on l'aurai fait à l'époque de romantique.

Vanessa, sa fait des années qu'on se connais jusque de puis la petite école et on a toujour été ami. J'ai beaucoup de tendresse pour toi tu le sait et je serai toujour j'espère là pour toi à tes cotés. Tu c'est aussi que je suis resté là auprêt de toi au débu de l'anné soclaire à pour te sous-tenir et t'aidé même qu'en mon meilleur pôte était Anthonny et que tu te faches avec lui sans vouloir me le dire pourquoi. J'est respecté ton chois de rien me dire sans cherché à savoir pourquoi d'un jour au lendemains tu a arrétez de vouloir lui parlé alors que ça restez mon meilleur ami d'enfance comme même.

Je me sui disputé avec Anto et maintenant on ne nous parlons plus non plus. Mais je suis restais avec toi auprès de tes cotés parce que tu as toujour était ma best.

Je le dit et je me cache pa pour la vouer : tu est ma best, ma seul, ma meilleur ami et sa ne changeras jamai.

En fait je voulait surtou te dire que depui tous ces annés, je te regarde et je sent que en + d'être ma best tu ait aussi autre chose pour moi dans mon cœur.

Je t'aime Vanessa.

JE t'ai toujours aimé et je t'aimmerait à jamai.

Je c'est que tu ne voulais pas que je te dis ça, mais c'est la vérité. Je sait aussi que quand tu aura lu la lettre que j'écrit en se moment. Tu voudra certainement + me parlé et on soufrira tout les d'eux.

Je m'en vœux de te l'avoir à dire mais sait comme ça : je t'aime et je peut pas me passer de toi, quand on chatte le soir, quand on se sms la nuit, quand on ait loin pandant les vacs..... tous le temp je pense a toi, a tes yeux, a ton sous-rire, a ton corps aussi des fois, et quand tu est tous proche de moi des fois j'arrive + a parlé et tu me demande des foi pourquoi je reste sans rien dire c'est parce que je pense que je t'aime et que ça crie an moi sa urle comme des millions de cris qui me déchire l'hâme : souvent tu voit quand après on rentre de se voir aprè les cours souvent le vendredi je pleure parce que deja tu me manque tro et que j'aimerai te prendre dans mes bras pour te dire tous doucemant que tu es la fille de ma vie et la future femme de mon cœur et que je sais plus ce que je dois dire ou faire pour te le prouver.

Vanessa je suis triste qund je vois que tu ais mal à cause des mecs avec qui tu sort et qui se foutre de toi juste pour tanté de te touché s'en cherché à savoir qui tu es à l'intérieur de toi dans ton cœur et dans ton esprit. Moi je sait qui tu est au dedans, je sait parce que tu est ma best et aussi celle que j'aime en silence et qu'on se dit tout. Tu voit on se dit tout : meme moi je te donne mon + grand secrêt ç'ait toi Vanessa, celle que j'aime.

Pardonne moi, il fallait que je le te dises.



Benjamin


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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Dim 28 Avr - 12:34



V

Magnitude





La lettre, soigneusement pliée en quatre et glissée entre les plis d'une enveloppe vierge, frottait à chacun de ses pas contre les doigts du jeune garçon. Il la transportait ainsi depuis des jours dans la poche de son blouson, tant et si bien que les coins s'en trouvaient écornés et froissé. A plusieurs reprises il avait envisagé de la décacheter et de la sortir pour la replacer dans un craft plus solide. Toutefois la couleur brune et terne de ce laborieux papier ne l'avait pas convaincue. Il préférait une surface blanche et pure, comme les sentiments contenus dans les quelques lignes. D'avantage, il ne voulait pas être tenté de la relire, d'y renoncer ou de la déchirer. Une enveloppe scellée dégage une solennité qu'il faut savoir préserver. Il était hors de question que Benjamin se défile à nouveau face au gouffre qui le séparait de la vérité, de l'unique vérité qui donnait un sens à sa vie. Le courage était à ce prix : il perdrait à tout jamais l'amitié de Vanessa. Lui restait à savoir s'il remporterait son amour.

L'affection d'une fille pouvait-elle se résumer à un lancé de dés ? A une partie de pile ou face ? Pile tu m'aimes, face je meure.

Si la lettre patientait ainsi sagement dans les replis d'un blouson depuis près d'un mois, c'est qu'elle n'avait pas encore trouvée le moyen de s'en extirper et de rejoindre sa destinataire. Les occasions s'enchaînaient sans toutefois se concrétiser. Le garçon ne parvenait pas à puiser le courage nécessaire pour remettre le pli à la fille.

Ils se croisaient tous les jours de la semaine ; dès l'aube ils parcouraient à pieds les deux kilomètres qui séparaient leur hameau du collège. Ils passaient ensuite la matinée en cours, jamais très loin de l'autre. Les intercours étaient le seuls moments où ils se gardaient un peu de temps pour communiquer avec les autres ado. A midi ils se retrouvaient à la même table avec un petit groupe d'amis communs. La pause qui s'en suivait était souvent le pire moment de la journée : Vanessa s'éclipsait à sa vue pour retrouver son copain du moment. Selon les envies elle passait une heure assise sur les genoux d'un garçon à le bécoter dans un abribus devant les passants ou les passagers en devenir, ou bien préférait s'enfermer dans la chaufferie du collège au fond du jardin mal entretenu derrière le bâtiment administratif. Benjamin l'avait suivi une fois, une seule. Il l'avait espionné de l'extérieur, à travers un coin de carreau cassé. C'était la seule fois où il avait vu Vanessa nue, entièrement, pas comme à la piscine. Il avait enregistré les images sur son téléphone. Dans les moments de honte désespérée, il lui arrivait d'abaisser les draps et la couette de son lit par dessus sa tête pour s'isoler devant le souvenir numérique d'une pureté dénudée. L'heureux spectateur légitime de l'impudique nymphette s'était masturbé devant elle assis par terre, avait joui à même la terre battue puis s'était relevé, avait remballé sa bite et avait rejoint ses potes dans la cours du collège pour leur raconter immédiatement l'anecdote.

Benjamin, lui s'inondait dans la culpabilité de son onanisme voyeur. Comme il aurait voulu ne jamais posséder ces dix-neuf secondes de corps dénudé... Des larmes se mêlaient parfois au parfum écoeurant de la semence versée en l'honneur de sa meilleure amie.

La souffrance s'était accumulée au cours des derniers mois. Leur amitié étaient demeurée sans ambiguïté pendant des années jusqu'au jour où Vanessa, par jeu, par provocation ou par goût de l'interdit lui demanda un petit service. Assise sur le parapet du viaduc, elle l'avait supplié de l'embrasser. Elle voulait s'entraîner à emballer avec la langue puisqu'elle avait prévu de sortir avec un garçon plus âgé et pus expérimenté. Elle ne voulait pas laisser passer sa chance sous prétexte de ne pas savoir rouler des pelles correctement. Benjamin s'était montré réticent ; l'idée était malsaine. Dans son imaginaire érotique simple de petit garçon, certains gestes devaient se réserver à l'amour seul et non à des contingences mesquines ou des calculs ambigus.

Elle lui avait servi son regard de biche, celui auquel succombe tous les garçons depuis la nuit des temps. Elle avait supplié comme une petite fille malheureuse, la tête de côté, prête à bouder et à lui déchirer le cœur. Il n'avait pas pu refuser ; personne ne l'aurait pu.

Le contact tiède et humide se prolongea plus que nécessaire. Benjamin devint soudainement avide de cette sensation. A la fin de la séance d'entraînement, il en redemanda. Vanessa lui sourit et lui expliqua que ce n'était plus nécessaire, elle savait tout ce qui lui était nécessaire. Elle se projeta du parapet sur le trottoir d'un vif coup de hanche et lui fit signe de la suivre jusqu'au hameau.

Une horreur se développa dès lors dans le cœur de Benjamin : une ronce parfumée et douce qui lui lacérait les entrailles à chaque fois qu'il voyait Vanessa. SA Vanessa. Les décharges d'adrénalines succédaient aux interprétations fumeuses quant à la réciprocité de cet amour naissant, à chaque fois que la fille lui parlait, se retournait en cours pour le regarder, lorsqu'elle se confiait à lui, lorsqu'il marchaient le long du viaduc et quand ils ne se s'arrêtaient pas sur ce muret où elle l'avait tué pour la première fois sur la bouche.

Ainsi persuadé d'être amoureux fou d'une jeune fille hors de sa seule portée, Benjamin ressassait des pensées contradictoires tard la nuit. Il revivait leur journée commune et tentait d'ana&lyser chacune des remarques ou gestes de la fille, une parole après l'autre, un regard après l'autre. Le pouvoir qu'elle avait sur le garçon, lui procurait de succulents ravages, de délicieuses tortures. Il se noyait dans une tristesse suave, il renonçait à la volonté de lutter, trop effrayé par l'échec. La moindre maladresse envers Vanessa lui serait fatale. Il préférait vivre à ses côtés, dans ces limbes brûlantes, antichambre de la passion qui le maintenaient prisonnier d'un espoir ténu. Il avait choisi cet abris injuste à la steppe glacée d'une éternelle nuit sans Vanessa. Il préférait souffrir de la voir heureuse à ses côtés, que d'être chassé de son paradis de frustrations.

Pourtant la fascination laissait peu à peu place à l'obsession. Benjamin avait perdu plusieurs kilos au cours de l'année, et ce n'était pas qu'un effet naturel de sa croissance. Vanessa l'épuisait jour et nuit, ses résultats scolaires s'en ressentaient ; son enfermement permanent et sa tristesse irascible lorsqu'elle s'éloignait pour quelques jours en week-end ou en vacances, en était un autre contre-coup.

Les ronces dans son être avaient desséché son goût de vivre. Des obsessions morbides commençaient à se faire jour derrière le sourire permanent qu'il affichait à Vanessa. Elle ne voulait rien voir ; elle refusait d'écouter les insinuations de moins en moins subtiles que le garçon lui servait. Benjamin en vint à se demander si elle était naïve ou si elle jouait de ses sentiments comme on joue d'un instrument de musique ? Dans ses regards perdus, Benjamin entrevoyaient les fils invisibles qu'elle tirait pour le manipuler. Ils étaient de plus en plus voyants, jusqu'à devenir des cordes de pendus.

Il avait écrit la lettre quelques semaines auparavant, mais aujourd'hui serait le dernier jour de son innocente cécité.

Vanessa lui glissa un billet dans la main, discrètement pendant le cours de math.


Vanessa a écrit:
« Rejoins-moi ce soir sur le pont, j'ai besoin de te parler et je ne veux pas le faire par téléphone ou internet.

A toute

Bises »


En fait ils ne se retrouvèrent pas sur le viaduc, mais ils s'y rendirent ensemble et en silence. Au delà de l'évidence qui les menaient de leur salle de classe à leur point de chute, la solennité leur imposait ce mutisme arpenté.

Vanessa sautilla du trottoir vers le parapet d'un coup de hanche pour s'y asseoir. Elle déplissa sa jupe pour que ses jambes nues ne s'écorchent par sur les pierres rudes. Puis elle croisa ses petits genoux. Le ponant tiède d'un printemps illuminaient ses iris multicolores. Benjamin avait exploré chaque tâche de rousseur de son visage, il connaissait par cœur les lignes du visage fin de son nez droit à ses pommettes, il savait comment chaque anglaise tombait sur son visages, mais il était incapable de définir les yeux de la fille. Il s'agissait d'un kaléidoscope indéfinissable de gris, de verts, de mordorés … Des yeux comme il n'en verraient plus jamais de sa vie. Les rais du couchant en face de Vanessa venaient embraser toutes ces couleurs irisées.

« Tu voulais me parler ?
- Ouai !
- C'est grave ?
- Non, pas vraiment. Enfin... pas pour toi. Pour moi c'est quelque chose qui compte vraiment.
- Dis-moi.
- Tu promets de répéter à personne !
- Enfin, Vanness', tu sais très bien que j'ai jamais bavé. Je te trahirais jamais.
- Jure-le quand même !
- Sans savoir de quoi tu parles ?
- Oui !
- J'ai pas le choix je suppose ?
- Non ! »

Qu'avait-elle à lui avouer ? Benjamin sentit son cœur battre très fort dans les rets de ronces. Les épines lui irritaient les chairs à chaque pulsion. L'adrénaline se répandait en lui comme une étoile électrique et sucrée. Avait-elle enfin compris ? Elle allait lui avouer son amour secret, loin de tous. Elle avait voulu venir ici, pour s'isoler avec lui. Elle ne voulait ps prendre le risque que les autres assistent à la naissance de leur relation. Tout le monde les connaissait et personne ne comprendrait comment un tel miracle était possible. Le paysage du collège changerait à jamais : les deux meilleurs amis du monde depuis toujours, à présent amants ! Il leur faudrait du temps à tous les deux pour appréhender cette nouvelle relation et la faire accepter autour d'eux.

Enfin Benjamin serait libéré de son silence. Il dirait adieu dans quelques instants à...


« J'ai décidé de coucher avec Alexis. Il en a très envie et c'est bientôt son anniversaire. »





SALE PUTE ! PUTAIN ! Crève MAIS CREVE BORDEL !

T'es conne ou quoi ?

Putain mais t'as rien dans la gueule ?

Tu vois pas que je t'aime !

Tu vois pas que tous les autres mecs veulent juste te prendre le cul ?

Tu t'es déjà affichée comme une pute, une fille trop facile qui se fout à poil sur demande dans une cabane de jardin pourrie au fond de la cours de récré !

Tu comprends rien BORDEL ! Moi je t'aime putain ! Je suis le seul à vraiment t'aimer, le seul qui t'accepteras jamais comme tu es !

MAIS MERDE QUOI VANESSA !

Tu réfléchis jamais ?


Pourquoi tu vois pas que je suis le seul qui te convienne ?

Pourquoi tu veux toujours sortir avec des connards ? Moi je suis un putain de mec bien pour toi !

J'ai envie de mourir ! J'ai envie de crever pour toi !

Je t'en prie...

FAIS CHIER !!!!





« Vanessa putain... c'est pas cool comme idée. Je veux dire c'est une idée à la con de coucher avec lui juste parce que c'est son anniversaire. Je veux dire : t'es vierge, c'est important, c'est un genre de trésor que tu peux offrir qu'une seule fois dans ta vie et...
- Oh c'est bon ! Moi aussi j'ai envie d'essayer ! L'anniversaire c'est juste le petit truc en plus, pour marquer le coup. T'en fais une drôle de tête !
- Je m'attendais pas du tout à ça...
- Tu t'attendais à quoi ? Tu pensais à quelque chose ? Tu as un truc à me dire ?
- Je t'...
- Hmmm.. ?
- Non rien, laisse tomber. C'est pas grave, ça peut attendre.
- Ok. Sinon euh... tu pourrais pas me filer des préservatifs ?
- Quoi ?! J'ai pas ça moi ! T'as qu'à aller à la pharmacie !
- Arrête ! Je suis une meuf, je vais trop me faire griller ! Je suis trop jeune, si ça se trouve le pharmacien va refuser, il va appeler mes parents ou appeler les flics ! C'est trop chaud ! Toi t'es un mec, tu peux y aller plus facilement. Déjà c'est moins l'affiche pour un mec.
- Pourquoi tu lui demandes pas à lui ?
- T'es con ou quoi ! Si je lui dis ça, il va se douter que j'ai envie de coucher.
- Ouai et... ? C'ets le cas, non ! Je vois pas où est le putain de problème !
- Qu'est-ce que t'as ? Pourquoi tu te vénères comme ça ?
- C'est rien. C'est juste que je trouve que c'ets une connerie. Tu mérites mieux.
- Ca va hein. Alexis c'ets pas un branleur, c'ets un vrai mec, il a déjà couché avec une meuf, il saura y faire mieux qu'un puceau.
- Bah alors s'il l'a déjà fait, t'as pas besoin de le faire avec lui.
- Hein ? Je vois pas le rapport !
- Ben si, réfléchis : il a déjà couché, il sait ce que c'ets, alors autant que tu le fasses avec quelqu'un qui... oh merde ! Laisse tomber. Fais pas gaffe.
- T'es grave !
- Ouai ça doit être ça.
- Benj', ça va je te dis. C'est cool : j'ai envie de le faire, ça vient de moi. Puis c'ets pas comme si j'avais pas déjà un début d'expérience non plus...
- Quoi ? Qu'est-ce que t'essaie de me dire là ? Vas-y explique toi !
- Bah tu sais bien !
- Non je sais pas ! »


Les mains moites du garçons se referment sur son téléphone. Est-elle vraiment en train de faire une allusion à ce film de dix-neuf secondes ? Elle le savait depuis le début et ça ne la gênait pas de savoir qu'il se...


« Bah je suis sorti l'été dernier avec Anthony, tu te souviens pas ?
- Non ! A la rentrée tu m'as juste dit que tu voulais plus lui parler et qu'il fallait que je l'évite moi aussi. Tu m'as ordonné de pas chercher à en savoir plus.
- Ouai mais c'ets ton meilleur pote, il a du te dire ce qu'il s'est passé !
- Bah non. C'est plus mon pote : je t'ai choisi toi. J4ai choisi ton amitié. Je parle plus à Antho depuis ce jour là. Il m'a rien dit !
- Sérieux ? Ca craint. Je pensais que vous vous racontiez tout entre mec ! Désolé si tu savais pas...
- Bah c'ets bon, tu peux me dire maintenant !
- Ouai bon, je suis sortie avec lui pendant les vacances d'été et après qu'on a fait nos trucs il m'a ignoré, genre le mec il avait eu ce qu'il voulait et il voulait pas qu'on nous voit ensemble après à la rentrée au collège.
- Quels trucs ?
- Bah, un mec et une meuf à poil quoi... Tu vois le genre.
- Vous avez couché ensemble ?
- Non ! Pas vraiment. En tout cas il m'a pas pénétré.
- Vous avez fait quoi alors ?
- Ben on s'est un peu tripoté tu sais. On s'est foutu à poils et je l'ai branlé et je l'ai sucé. Et après il a plus voulu me parler après les vacances ce gros lourd. Putain, ça m'a bien fait chier. Moi je l'avais fait parce que je l'aimais bien et tout tu vois et... C'est qui se type ? Pourquoi il s'arrête là ? Il a l'air trop chelou.
- Vanessa...
- Ouai ?
- Je sais pas si j'ai envie de mourir ou si j'ai envie de te crever. T'es qu'une salope ! T'as jamais voulu comprendre que je suis le seul qui t'aime. Tu sais même pas à quel point j'ai mal quand tu me dis tes saloperies. J'aurai tellement voulu qu'on s'aime Vanessa.
- Putain tu fais quoi là ? Arrête bordel ! ARRETE TES CONNERIE PUTAIN ! »
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Dim 28 Avr - 18:41

Citation :
L'affection d'une fille pouvait-elle se résumer à un lancé de dés

Ca me rappelle la vieille idée suivante :

Parental Advisory 2




Une vision passéiste du plaisir, mais tellement ancré dans notre culture de la possessivité qu'il est d'une difficulté extrême de comprendre que la femme n'est pas un objet de désir mais un être humain avec les mêmes désirs qu'un homme. En même temps la tendance est à croiser des femmes qui font fi complètement des désirs des hommes, à l'image d'un paquet d'hommes qui faisait ça par le passé. Tout le monde pense à soi. Il me tarde de voir le pli inverse, vision d'une femme qui se conduit comme ces hommes là. Il en existe un paquet. Un peu trop orienté pour faire passer l'homme pour un salopard quand même non ?

Il faudrait que je te passe de vieilles lettres envoyées à des nénettes quand j'avais 17/18 piges et les réponses. Ca ressemble vachement à ça. Qu'est-ce que j'ai pu être un salop à cet âge là dit donc (et en croyant avoir raison en plus). Quelle triste affaire. Tu pourras aborder le thème de société du pourquoi cette possessivité ou pas ?

Heureux
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Airet Syl
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Dim 28 Avr - 19:54

Ca me fait penser à un point d'orthographe, j'ai pas de quoi vérifier sous le coude.

Ne devrait-on pas dire "un lancer de dés" comme on dit "un coucher de soleil", c'est à dire avec une nominalisation du verbe? Il me semble que ca fonctionne pareil.

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Mer 1 Mai - 17:05

Airet Syl a écrit:
Ca me fait penser à un point d'orthographe, j'ai pas de quoi vérifier sous le coude.

Ne devrait-on pas dire "un lancer de dés" comme on dit "un coucher de soleil", c'est à dire avec une nominalisation du verbe? Il me semble que ca fonctionne pareil.

Ah nan mais oui, mais tout à fait ! J'ai fait mon kikoo, j'ai pas relu. C'est gavé de fautes et de répétitions. Je l'ai relu ce matin et je me suis dit que...

Bon, ben je m'y mets. Et je ferai une suite dès que l'envie m'en prendra !



Et Tr0n : c'est pas tout à fait le thème de société que je voualis aborder pour un des chapitres suivants... mais je crois que le parallèle sera abordé ^^
(j'ai le droit de parler de cul sur le forum ? je veux dire si c'est encadré dans une fiction quoi ! c'ets pour le côté artistique hein ! pas pour la gratuité de la horn-ographie !)

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Mer 29 Mai - 21:57



Interlude





- Maman c'est quoi un carnage ?
- C'est rien mon chéri. Tu finis pas tes frites ?
- Maman c'est quoi un forcené ?
- Tais toi et mange !
- Maman c'est quoi un...
- Arrête avec tes questions, finis ton mac do.
- … cunnilingus ?
- Ok. Un cunnilingus mon chéri c'est ce qui rend Maman folle le soir quand tu dors. Et ce qui la rend encore plus folle, c'est que ton père ne lui en fait plus depuis des années. Et tu sais pourquoi il ne m'en fait plus depuis des années ?
- Non.
- C'est parce qu'il a employé ces dernières années à devenir un parfait homme comme tout le monde, invisible et insipide.
- C'est quoi insipide ?
- Imagine le goût de tes frites sans sel.
- Beurk !
- Bah voilà, c'est ce qu'il pense du cunnilingus.
- Maman... est-ce que vous allez divorcer toi et papa ?
- Je sais pas mon chéri. Faudra sans doute attendre que tu passes ton bac d'abord...
- C'est dur le bac ?
- C'est plus dur que la bite de ton père en tout cas. Non... oublie ça.
- Maman ? Pourquoi les adultes ils pensent qu'au cul ?
- Tu veux que je t'avoue un secret ? Les grands ils pensent surtout au cul des autres et rarement au mien.
- Pourquoi ?
- Parce que...
- Madame ? Si vous avez terminés vous et votre fils, je vais vous inviter à quitter notre établissement. Un drame est sur le point de se produire et les acteurs doivent se mettre en place pour le carnage.
- Ah oui pardon, excusez-moi. On va partir tout de suite.
- Je vous en prie.
- Maman ? La vie c'est un drame ou c'est un carnage ?
- Si seulement je le savais mon chéri. Je crois surtout que la vie c'est aller de l'avant et essayer de comprendre l'histoire avant la fin.
- Mais elle commence quand la vie ? Des fois tu sais, j'ai l'impression que je vis pas et que tout ça autour de moi c'est une bande-annonce, c'est comme si je voyais ma vie avant qu'elle commence, comme pour m'entraîner. Comme ça, si je fais des erreurs, je pourrais les changer le jour où je vivrai vraiment.
- CARNAGE DANS DEUX MINUTES !
- Je suis désolée de te décevoir mon chou, mais la vie c'est maintenant. C'est ici. Après il sera trop tard.
- Maman ?
- Oui ?
- Il y a quoi après la vie ?
- Après la mort il y a... Qu'est-ce que tu as dit ?
- J'ai envie d'aller au petit coin.
- Bon vas-y mais dépêche toi, les acteurs du drame commencent à arriver...





Une bonne balle est une balle dans ta tête !

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Jeu 6 Juin - 0:32




VI

L'éducation ludique de Ludivine












Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Jeu 6 Juin - 9:36

J'ai une remarque. Deja je suis bien ravie que tu nous balance ce genre de texte, ça me rassure, je ne suis pas la seule a vouloir écrire des trucs plein de fornication. Et dans le même temps la condition de la femme et de sa sexualité c'est tabou mais tellement important d'en parler dans notre société actuelle.

Ma remarque et je pense que c'est la le coeur de ce texte tient en un seul mot: salope.
A la fin tu dis "Ludivine était une salope mais elle n'avait jamais compris en quoi c'était mal". Et bien tout simplement pq ce sont les autres (l'enfer), la société qui stigmatisent son comportement.
Parce qu'à partir du moment où une femme aime le sexe et le dit ou le revendique (seigneur, fille de peud e vertue que voila!) alors forcement, c'est une salope. Non une femme respectable ne doit pas jouir, pas avoir d'orgasme, n'aimer que le missionnaire et surtout ne rien demander d'extravagant. Bridage du plaisir, du corps et de l'esprit. je dis NON !

Et même si ta Ludivine a l'air d'etre une sacrée chieuse, Amen à sa libido !

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Il y a en toi le gâchis d'un soleil qui sommeille, plusieurs fois, on t'a dit : "Révèle".

I believe in you.

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Jeu 6 Juin - 15:18

Pas besoin de faire tout une analyse argumentaire, deux mots suffisent :

LA SALOOOOOPE !!


Plus sérieusement, le texte est bien écrit, comme à ton habitude. J'ai l'impression que le sujet de la salope est à la mode sur TA en ce moment, il semble inspirer vos talents d'écrivains. C'est plaisant mais aussi malsain à lire, on a l'impression d'être un genre de voyeur. Je regarde à gauche, à droite, surveille la porte comme si j'étais devant un film porno. Certes j'exagère, mais ça donne une bonne idée de la posture du lecteur. D'ailleurs, pourquoi ? Une femme qui aime écarter les cuisses plus que la moyenne est-il un acte si mauvais que ça ? Après tout, si Dieu aurait voulus qu'on soient "pur" comme le dise les religions (en tout cas les catholiques), il aurait fais les bras plus court pour l'homme et l'anus plus large pour les femmes.

Citation :
N'empêche que Ludivine est un peu salope quand même. Mais elle n'a jamais vraiment compris en quoi c'est un mal.

Le texte prends tout son sens à partir de cette phrase. Il apporte une petite réflexion au lecteur : "salope ou pas salope ?". On remet en cause tout se qu'on a lu et on pense qu'au final, la p'tite Ludivine n'est qu'une femme comme les autres, un être humain comme les autres, qui recherche du plaisir. Elle choisit la voie du sexe, libre à elle, d'autres choisissent l'alcool, la drogue, les jeux, la Tv, la bouffe,...quoi que nous fassions, nous serons toujours critiqués. Encore plus lorsque l'on est une femme.

Citation :
Bon Ludivine n'était pas non plus une oie blanche. Elle s'était un peu renseignée. A cette époque là il n'y avait pas internet dans tous les foyers, elle a donc fait à l'ancienne : boulard des familles tard le soir à la télé, discussions entre copines, magasines d'ado à la con et émissions de radio libre. C'est comme ça que ça marchait dans les années quatre-vingt-dix.

Oui bon ok, je met les citations dans le désordre, osef. Moi qui ais toujours connus internet et qui ais orienté la majorité de mes recherches via cet outil, j'avoue que ce passage a retenu mon attention. Je pense que tu aurais dût "exploiter le filon" encore plus loin. Exposer le tabou du sexe, toujours aussi fort à l'époque actuel (peut-être même pire, tout dépend du point de vue), l'appréhension du premier rapport sexuel avec un homme.





Lis a aimé votre publication.



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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Ven 7 Juin - 15:05

Je m'attendais à pire en fait pour ce passage. Ceci étant, valait mieux - et c'est ce que tu as fait - aborder le chapitre selon une certaine subtilité. GG. Next.

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MessageSujet: HELTER SKELTER    Sam 20 Juil - 18:30




*
* 7 *
*


Helter Skelter



« I got blisters on my fingers »

R.Starr





Le son. Absurde. Tourne dans ma tête au rythme des couleurs et des lumières, aussi saccadé et écœurant. Des cheveux blonds sentent la camomille et la vapeur rance ou sucrée des fumigènes de fête foraine. Je me souviens un jour en avoir inhalé au premier rang d'un concert. Mal dosé, dégoûtant. Les cheveux blonds me fouettent le visage ; ils donnent une consistance filandreuse au vent, à l'air de fête foraine.

Le manège roule et tourne et bat dans mes tempes, dans mes tripes et mes couilles. Quelque part entre l'arrière et le sol, Kurt Cobain gueule d'outre-tombe. J'aime ça. J'ai l'impression de vivre aussi vite que la nacelle qui nous projette d'un coup vers l'avant, la gauche, la mort ou la droite.

C'est violent et ça pue la friture, le sucre, la sueur et le vomis des précédents occupants.

Une mèche blonde tente de pénétrer mes lèvres. Je suis bourré – peut-être – et j'ai envie de lui dire que je l'aime, que je veux vivre avec elle, lui faire un enfant, on l'appellerait Margaux si c'est une fille, Gaston si c'est autre chose.

La blonde exulte et hurle et je vois une larme qui lutte dans le vent pour étaler dans son contre-courant le rimmel sur le côté de ses yeux allumés.

Elle gueule presqu'autant que Kurt, qui souffre, enfoui dans une enceinte quelque part là-bas, entre ici et en haut.

Ca tourne.

Ca sent le teen spirit à plein nez.

Ca tourne.

Ca tourne mal.

Je dois rendre mon rapport lundi matin à huit heures. Putain ! LA pensée qui fait chier ! Pourquoi je pense à ça ?! Maintenant ?! C'est dégueulasse.

Il fait déjà presque nuit. Je suis crevé de mon week-end. J'ai pas envie de lâcher cette petite blonde avant longtemps. Elle va vouloir rester encore ici une heure au moins.

Après il faudra rentrer en ville, par le bus. On est dimanche, il sera bondé et sentira le gros lourd pré-pubère et sué à plein nez. Ca sera pas glamour pour un sous. On descendra dans son quartier populo à côté du mien – aussi pourri et léthargique dans sa nuit de dimanche. Il faudra trouver un kebab, s'asseoir au fond de la salle, entre une télé qui débite des clips turcs trop forts et des choukins bavards et sans-gêne habitués des lieux et persuadés d'être les meilleurs potes des gérants parce que...

Il faudra lui acheter un loukoum en dessert parce que c'est ce qu'il y a de plus romantique à disposition dans un kebab.

Le pire ça sera de voir un marchand de fleurs indien.

Et après tout ça, il faudra rester une heure de plus dans le hall de sa tour, pour lui chuchoter des mots justes, des mots pesés, calibrés, ciblés, sincères et calculés à la virgule près.

Pourquoi ?

Pour la faire sourire, espérer, croire en de meilleurs lendemains et écarter le rideau sur les dix mois de romance à venir.

Ca prendra du temps, parce qu'il faudra alterner dans le bon ordre sourire, tendresse, approche dosée, naturelle et progressive. Une heure ? Une heure et demie ? Avant d'avoir valider le week-end par un baiser suave, langoureux, doux, tiède, amoureux, sans être précipité, baveux ou trop empressé.

Ca prendra du temps parce qu'il faudra se dissimuler et paniquer à chaque fois que la veilleuse du hall s'allumera pour accueillir les couche-tard , les lève-tôt et les demi-couple qui doivent sortir chien-chien, la dernière clope de la journée au bec.

Il faudra se dire au revoir enfin. Détacher les lèvres, les mains, les doigts et noyer les derniers regards dans l'obscurité qui s'étendra entre le hall éteint, la vitre glacée et les volutes de buée de ma bouche.

Et ensuite ?

Une séance post-liminaire d'échange de sms jusqu'à pas d'heure.

Elle : au chaud au fond de son lit dans sa chambre de gamine dans son pyjama Undiz à motif fleuri et son t-shirt d'un groupe de rock mort des années avant sa naissance – fucking hipsters.

Moi : dans mon lit glacé et ma chambre froide, fatigué, éreinté et frustré après deux heures d'érection dissimulée lors de sa proche compagnie.

Et pendant tout ce temps

Je serai resté obsédé par

Je n'aurai eu en tête que

Je n'aurai pas profité pleinement de ces moments privilégiés, de ce very delicated time, du commencement cher à Irulan.

Parce que durant des heures à partir de maintenant, mon esprit parasité n'aura fait que ruminer un putain de rapport à rendre demain à huit heures.

Oui Monsieur, c'est fait Monsieur, avec deux sucres Monsieur.


Une mèche blonde chatouille mon nez, j'ai envie d'éternuer, je n'arrive pas à atteindre ma poche, à en extirper le mouchoir taché de sang.

Je tourne trop vite. J'ai peur de faire tomber mes clefs, mon portefeuille, mon portable, mon étui de lunettes, ma bigaille, ma carte de bus, ma dignité en flaque de friture à peine mouillée de sucs gastriques.  

Je me rappelle un autre manège, une autre fille. En décembre cette fois-ci. Il y a deux ans. Même plan, même approche, mêmes espoirs morts-nés.

Je veux que ça s'arrête. Je veux descendre. Je m'aperçois que je suis crispé.

La sono crache le han-han des Breeders à fond dans mes oreilles. Ca résonne comme de la tension artérielle dans mes yeux.

Je tente un coup d'oeil dans la nacelle d'en face. Un mec de trente ou quarante ans reste impassible dans son perfecto du siècle dernier, assis à côté d'une gamine de je ne sais pas qu'elle âge, une petite blonde aux cheveux trop longs pour ne pas faire de guirlande dans le chaos de cet enfer stroboscopique. Sa fille ? Sa nièce ? Sa victime ? Je ne comprends pas pourquoi sa casquette rouge s'obstine à rester immune au cahots directionnels de cet envers mécanique.

Je déteste les mecs de trente ou quarante ans - ou plus - qui ont des gamines de dix ans qui gueulent et qui les aiment alors que se sont de toute évidence de vrais connards sociopathes, irascibles et incapables de rendre ou même d'exprimer la moindre réciprocité. Je les connais ces types, je les croise tous les vendredi soir au supru du quartier, lorsqu'ils font leurs courses pour le week end. Dans leurs paniers, car ils n'ont jamais de caddie, car c'est pas digne d'eux, car c'est un danger pour leur virilité, car c'est un attribut féminin, on trouve toujours les mêmes choses, qu'ils déposent soigneusement une par une sur le petit tapis roulant de la caissière en mâchonnant un cure-dent vieux d'une semaine sous leurs moustaches jaunies de fumeurs et d'alcooliques latents : la dernière valoche de bière de la semaine, deux steaks bons pour la croissance des jeunes enfants de couple divorcés, un dessert au chocolat et un paquet de mentos ou d'eau de Cologne pour que leur week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires ne remarque pas leur odeur fétide de cassos fumeurs et alcooliques notoires.

Papa il sent pas bon !

Ah ah !

Dans le sourire de cette gamine, dans le regard froid de ce type de trente ou quarante ans qui scrute à la ronde pour dégoter un éventuel adversaire avec qui mesurer sa virilité de vieux mâle déchu, j'entrevois la menace de l'assistante sociale, le conseil avisé de l'avocat de madame ex-épouse, l'avis réprobateur de deux paires de grands parents qui avaient prévenues que ce n'était pas une bonne idée de se marier avec quelqu'un comme ça.

Pas faute de vous avoir prévenu.

Une mèche blonde me ramène à mes pensées d'origine.

Je dois rendre un rapport demain à huit heure du mat' pour une réunion de cadres prêts à enculer des mouches toute la matinée.

Les cadres n'ont pas de vie. Ils ont un salaire. Ils n'ont pas de famille, ils ont un statut social. Les cadres ne se reposent pas, ils partent en vacances à Saint Martin.

Surtout ils sont prêts à m'obliger de me caler sur leur rythme de sept heures du mat' à tard le soir.



Le manège s'arrête. Quelqu'un devra encore faire le ménage.

La petite de dix ans a vomi sur les godasses de son père à la sortie de la nacelle. Il l'engueule et la secoue par le bras pour montrer qu'il possède encore le statut de bon père de famille, quoi qu'en dise juges, avocats, parents ou travailleurs sociaux.

L'injustice me fout la gerbe. Après tout c'est de sa faute à lui, il n'avait pas besoin de la gaver toute l'après-midi de glace, chichi, churros, pomme d'amour, bonbons, gaufre au nutella. Il n'avait pas besoin d'ouvrir aussi souvent son porte-monnaie pour lui prouver que papa aussi gagne encore de l'argent malgré tout ce que lui vole maman et son avocat. Il est le seul responsable de ce cataclysme.

Je me prends à avoir de l'espoir, une boule d'espoir pour cette fillette. Je voudrais qu'elle devienne quelqu'un dans le futur, qu'elle soit belle et forte et qu'elle ne couche pas avec des connards de son quartier, qu'elle ne fume pas de la drogue, qu'elle ne se pisse dessus à la sortie d'une boite miteuse le soir de ses dix-sept ans ou qu'elle finisse caissière au supru du quartier, à voir défiler des courses infâmes de pères divorcés et de choukins bavards et bruyants qui ne lui diront jamais bonjour, suce-moi salope ou merci.

Je voudrais qu'elle sorte une arme japonaise de son sac à main Desigual et qu'elle massacre le premier connard qui...



« Hey ? Tu viens ? On va faire un tour aux Helter Skelter avant d'y aller ? On a le temps avant le bus de dix neuf heures cinquante six. Ca te dirait d'aller prendre un kebab à côté de chez moi après ? »




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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Lun 22 Juil - 14:41




Ben ben ça me rappelle un peu le monde de Bukowski.
Du trash tout de même plus mesuré. Moins provocateur que le monsieur qui me fait rire quand il écrit d'ailleurs. Peut-être parce que j'ai l'impression de lire ici des notes souvent plus sérieuses, une protestation profonde qui mûrit et qui se retrouve à vomir l'injustice, justement. Je ne sais trop. Bukowski en rirait et c'est sûrement là la différence.
Mais pour moi, ce sont les mêmes mondes.

Charmant, le retournement de situation à la fin.


Ton dernier texte m'évoque le processus de pensée à "l'état brut". Je ne saurais trop décrire avec exactitude mais quand on pense sans fixer de limite et que les idées, les émotions, les impressions, les sensations, les images, les sons dans la tête se mélangent et muent à toute vitesse. Comme un grand huit dans le manège.


Tu auras mon point de vue de lectrice car jamais je ne serais professeur. Huhulule.



Cela faisait des lustres que je n'avais lu de nouvelles.
Et ça m'a bien plu.
Hourra !
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Ven 14 Fév - 0:56


VIII


Caviardage



« Arrive un moment où il faut savoir arrêter les conneries. Je veux dire : stop à la merdouille. Ok, c'était bien fun, le temps où voilà... on se tapait des barres de rire pour des conneries. Là, maintenant, j'ai plus envie de traîner des plombes, tu vois, genre on va faire un truc, mais on sait pas quoi, alors on s'en roule un, on fait tourner et on dit de la merde le temps que ça fasse le tour du salon et puis celui qui arrive au cul du punk il râle parce qu'il en a pas eu assez alors il s'en roule un deuxième et puis quatre heures plus tard on a rien foutu. Tu vois, c'est un peu comme un cercle vicieux où le monde continuerait à avancer pendant que nous on reste assis en rond à se faire tourner des joints. Bah, voilà, clairement, ça j'en peux plus. J'ai envie de passer à autre chose. Genre, des trucs qui nous relèveraient un peu le niveau. Mais le problème avec les boulets qu'on traîne, c'est qu'ils nous tirent vers le bas et on avance pas, on reste comme des cons à glander toute la semaine en se disant que le week-end d'après on va faire des trucs cool, et puis en fait le vendredi soir on se défonce tellement que le samedi on se réveille à seize du mat' et qu'il est déjà temps de rejoindre les autres glandus pour s'arracher la tête encore une fois le soir. Et dimanche rebelote.
— Ouais, mais dimanche c'est chiant : y'a rien à faire de toute façon.
— Il est pas là le problème : on fait toujours les mêmes conneries. C'est à dire rien. Rien du tout. Les semaines et les mois passent et voilà quoi. C'est déjà le réveillon du nouvel an d'après et on recommence une année pleine de rien. J'en ai marre de ce vide en moi, en nous... Pas toi ?
— Tu me déprimes, mec !
— C'est parce que j'ai raison. Et tu sais que j'ai raison. Faut qu'on se sorte les doigts du cul.
— Tu dis tout ça parce que t'as pas de meuf, c'est tout.
— Ouais, ben parlons-en. T'as vu les meufs qui traînent avec nous ?
— Et ben ? Elles sont plutôt bonnes, de quoi tu te plains ?
— Elles sont bonnes, d'accord. N'empêche qu'elles sortent pas avec nous, ou alors c'est juste pour se faire tirer de temps en temps quand elles se font larguer en attendant leur mec suivant.
— Je vois pas où est le soucis : on a les avantages sans les inconvénients ! Tu veux pas non plus entretenir une Cyndie ou une Cassandre ? De toute manière, on aura jamais les moyens. Ou alors il nous faudrait genre un pur taf de ouf.
— Eh ! Si je bosse, c'est pas pour payer des coups à quatre-vingts euros la bouteille le vendredi soir au Clarck's.
— Ouais, t'as raison, ça ferait chier. Déjà qu'on est obligé de se cotiser à cinq pour se payer une bouteille et avoir une table...
— Et puis t'as pas remarqué ? C'est toujours les mêmes qui rincent. Et à chaque fois on doit payer des coups aux autres crevards qui se bourrent la gueule à nos frais ! J'en ai ma claque !
— T'as pas tout à fait tort.
— Faut qu'on se bouge. Mon père m'a demandé de le rejoindre à Blois.
— Chez lui ? Pour quoi faire ?
— Je sais pas. Je crois qu'il veut me pistonner pour bosser avec un de ses clients ou je sais pas quoi.
— Quoi comme taf ?
— Un truc genre dans un bureau.
— Chiant quoi !
— Non... pas forcément. Et puis c'est joli comme coin. Y'a des parcs, des jardins... les châteaux de la Loire tout ça.
— Me fais pas rire, mec.
— Si tu veux je peux demander s'il a moyen de te prendre toi aussi. On pourrait squatter chez mon père quelques mois. Le temps de faire un ou deux CDD. On reviendrait après avec du fric et on serait plus autant dans la galère.
— Arrête ! On est trop bien ici. Toi t'es chez ta mère, à la bien. Moi j'ai un appart' payé par mes vieux, les allocs, le chomedu. Peinard, quoi. Pourquoi on irait se faire chier dans un trou au milieu de nulle part ?
— Ça nous changerait d'air. Au moins on serait pas ici en train de faire... rien ! »

Marc me gave, j'écoute à peine ses lamentations. Il faut que je me casse avant qu'il ne ruine complètement ma soirée. Je vide le reste de ma canette de Kro et me lève pour aller en chercher une autre dans le frigo. Dans le garage j'entends les rires des filles qui s'éclatent. Je sors mon paquet de blondes pour aller les rejoindre. Quand j'arrive c'est ambiance coin fumeurs et contre-teuf. Je m'arrête sur le seuil et je tente d'allumer ma clope, en équilibre sur la petite marche qui délimite le couloir du garage. Je manque de me casser la gueule et je me rattrape sur le premier truc qui passe : Molly.

J'ai retenu son nom parce qu'il est bien pérave et aussi parce qu'elle est rouquine et trimbale une paire de nichons ça comme. D'après ce que j'ai compris, elle est Irlandaise, lectrice à la fac (j'ai jamais su ce que ça voulait dire), elle a genre vingt-et-un ans. C'est ce que m'a raconté Vince quand on est arrivé et qu'il a tenté de me présenter aux gens que je ne connaissais pas déjà.

Je m'excuse auprès de Molly, lui offre un grand sourire, laisse ma main sur sa hanche et fait semblant d'être offusqué lorsqu'elle me prend ma cigarette de la bouche pour la mettre dans la sienne. Je fais une moue dépitée et m'en allume une autre.

Molly me prend la bouteille de bière des mains et s'avise de la boire cul sec. Je suis dépouillé de tous mes trésors de soirée, j'ai l'impression de ne plus ressembler à rien, ou d'être tout nu. Pas grave, je vois qu'il y a une valoche qui trône sur la table de jardin au milieu du garage. J'attrape deux bouteilles et en tends une à Molly. Je lui conseille de ne pas la siffler d'une traite et de prendre son temps, genre comme ça on peut discuter. Elle passe un bras autour de ma taille : je crois qu'elle a besoin d'un support pour ne pas trop tanguer. Elle a dû arriver tôt à la fête pour être déjà à moitié déchirée.

Un verre en plastique vient de se renverser sur la chemise de Tony. Il râle un bon coup, fait mine de menacer un type à lunettes qui passait par là et se marre comme un con. J'entraîne Molly un peu plus loin, histoire qu'on se rapproche du groupe des filles. Et là, j'hallucine un moment. Cyndie est en soutif en train de se trémousser façon lap dance, assise sur les genoux d'un gus dont je ne vois que les jambes écartées qui dépassent d'une chaise de jardin. Je crois que c'est Vince qui se la donne. Quoi que derrière Cyndie j'aperçois deux bras levés : un qui tient un gobelet de whisky et un qui tient une clope. Vince ne boit pas de whisky.

« Tu es venu avec qui ? me demande Molly avec son accent mignon. »

Du salon j'entends un gros beat de dub step ; je tends le cou vers le couloir pour voir ce qui se passe là-bas. Karenne et Jules sont eux aussi torse-poil et sautent à pieds joints sur le canapé. Bonne soirée.

« Je suis venu avec Vince et Marc et Karenne et... euh... ah ben je suis venu avec elle aussi : celle qui est presque à poil sur le mec, là. Et toi ? »

En fait je n'ai jamais vu Molly avant ce soir. Elle est pas super jolie, elle ressemble à un mouton roux avec ses cheveux qui frisottent. Enfin, ce sont les premières impressions que j'ai eu quand on me l'a présentée à notre arrivée. Je la regarde de plus près pour vérifier. En fait elle n'est pas si dégueux que ça : elle a un pur sourire et des yeux genre bleus, je crois. De grands cris couvrent un instant la musique au fond de la baraque. Karenne vient de se vautrer sur le divan avec Jules. Ils ne vont pas tarder à faire un bébé devant tout le monde, comme d'habitude quand ils se retrouvent dans une même soirée.

« Moi, j'habite ici avec Jeannette et Mélanie. »

Je souris à Molly et bois un coup. Je ne sais pas qui sont Jeannette et Mélanie mais je suppose que je suis chez elles en ce moment même. Ça me fait penser que j'ai apporté dans mon sac à dos une super bouteille que je devais picoler avec Marc au cas où on se fasse chier.

« Salut ! Tu t'es trouvée une épaule pour te réconforter, ma puce. »

Une petite blonde ébouriffe les cheveux de Molly avec un sourire sincère. Elle lui parle comme à une gamine. Je suppose que les gens confondent toujours les étudiantes étrangères avec des mongoliennes ou des demeurées parce qu'elles ont un accent.

« Ah, Jeannette, oui, merci. Tiens je te présente... euh...
— Dan, dis-je en tendant une main à mon hôtesse. Je suis incapable de me souvenir si je l'ai déjà croisée en début de soirée.
— Salut, Dan. Enchantée. »

Visiblement, non, je n'ai pas salué Jeannette en arrivant chez elle une heure plus tôt. À moins qu'il ne s'agisse d'un effet de ces consensus de soirée très utiles: mémoire sélective, salutations ringardes et hypocrites à l'arrivée, vite remplacées par une convivialité proportionnelle au degré d'alcoolémie ambiant.

« C'est vrai, ça ? Elle a besoin d'une épaule pour s'épancher ? dis-je pour m'intéresser au sort d'une Molly de plus en plus souriante.
— Oh, oui. La pauvre s'est faite larguer par mail par son mec de Dublin.
— Dat sonavabitch ! rage la jolie rouquine entre ses dents.
— Oh ! C'est nul ça, mignonne, interviens-je pour marquer un point. J'ai jamais compris comment on peut oser faire des vacheries pareilles. »

Je fais un bisou dans les cheveux de Molly parce que c'est ce que me dicte mon code d'honneur. J'ai trouvé ma mission pour ce soir : montrer à Molly que les mecs de ce côté-ci de la Manche sont autrement plus intéressés par son opulente poitrine.

« Tu sais quoi, Molly ? J'ai apporté un petit remontant. Ça me ferait plaisir de le partager avec toi et après on pourrait... »

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je suis saisi par un courant d'air des plus désagréables. Au même instant, j'entends trois ou quatre gonzesses gueuler de leurs voix saoules et s'adresser au connard qui vient d'ouvrir la porte du garage. Elles le prient de « bien vouloir s'il te plaît fermer la porte, parce que ça caille méchant ». Je suis assez d'accord avec elles à vrai dire. Molly, qui porte juste un t-shirt, se met à avoir la chair de poule ; j'en profite pour lui masser les bras le plus près possible des aisselles.

Le type qui vient de débarquer est un super-héros à la con. Un clone de Spiderman, je me dis. Je crois que c'est Calvaire Borrowitz ou bien Miskatonic ; je les confonds toujours ces deux-là. Le fait est que le mec en collants est pas du tout serein. Il referme le portail de PVC du garage et braille aussitôt en direction de Cyndie et du mec sous elle. Là je vois la tête de Vince qui dépasse de derrière l'épaule de Cyndie. C'était bien lui alors.

Calvaire Borrowitz continue de leur cracher dessus, il insulte le pote Vince en lui disant qu'il n'est qu'un enfoiré, que ça ne se fait pas d'éclabousser du whisky premier prix sur les nibards de sa meuf et qu'elle, elle doit se rhabiller fissa et rentrer avec lui. Marc et Jules viennent d'arriver dans le garage et s'approchent de moi.

« Vous saviez qu'elle sortait avec un super-héros, Cyndie ? je leur demande.
— Non, moi je le savais pas, me répond Marc.
— Ouais je me doute que tu le savais pas : tu sais jamais rien toi, lui répons-je pour me foutre de sa gueule. Et toi, Jules, t'étais au courant.
— Karenne m'avait fait jurer de pas vous le répéter, c'est pour ça que je vous l'ai pas dit : vous savez pas fermer vos gueules.
— Calvaire Borrowitz, quoi ! Putain ! Elle aurait pas pu s'en trouver un mieux. C'est une vraie tanche ce mec ! »

Sans m'en rendre compte j'ai passé la main sous le t-shirt de Molly pendant qu'elle s'est collée encore plus près de moi. Je suis en train de jouer avec la bretelle derrière son omoplate.

« T'es sûr que c'est Borrowitz, me demande Marc.
— C'est Marlon-Y, du collectif Y-Génération.
— C'est encore pire ! Vous avez des super-héros en Irlande, vous aussi ? je demande à Molly.
— Ouais, mais ils sont aussi tout pourris que les vôtres on dirait. »

Molly pose sa tête dans le creux de mou cou. Ses cheveux frisés me chatouille le nez. Je l'écarte un peu pour boire une gorgée de bière. Quelqu'un dans le salon a baissé le volume de youtube et presque tout le monde s'est massé dans le garage pour assister à la scène de ménage.

Marlon-Y est en rage, il attrape Cyndie par le bras et lui jette un manteau sur les épaules pour la couvrir. Un manteau qu'il vient de ramasser sur le tas de fringues posé sur le babyfoot. Mon manteau. Je vais pour lui dire que c'est le mien, que j'en ai besoin parce qu'il y a mon vapoteur au caramel dedans et que de toute manière c'est trop tard, tout le monde a déjà vu Cyndie à poil et qu'il a pas a réagir comme ça, mais je suis pris de court quand Jeannette arrive pour se planter devant lui. Elle a bousculé tout le monde pour essayer de s'approcher du haut de son mètre quarante.

« Nan, mais t'es pas de la gueule, toi quand même. Tu te pointes chez moi en costume alors que je t'ai déjà dit de plus venir me faire chier à la maison.
— T'occupes pas de ça, Jeannette. C'est pas pour toi que je suis venu.
— Ah ouais ? C'est pour cette pétasse ?
— Hey ! Insulte pas ma copine, tente Vince qui s'est redressé pour se servir un nouveau gobelet de whisky.
— Toi, ta gueule, connard, le tance Super Y.
— Tu veux bien ne pas insulter mes invités, trouduc, lui répond Jeannette. »

Molly me glisse des pistaches une par une dans la bouche pendant qu'on est tous en train d'admirer l'esclandre. Je me dis que la petite Jeannette est une sacrée mignonne et qu'elle doit être une furie au lit. Je crois qu'elle va lui péter la gueule d'ici pas longtemps.

« Écoute, Jeannette, continue Marlon, c'est ni l'endroit, ni le moment pour... »

Waow !

Un éclair bleu vient de frapper Marlon en plein dans les couilles. Je vois le tout petit poing de Jeannnette qui crépite encore. Elle vient de lui balancer une décharge de plasma bien placée. Molly se met à me caresser les fesses. Je me dis que je lui brouterais bien le minou si elle n'a pas ses machins.

J'ai un regard dépité pour Marlon-Y, roulé en boule par terre. Je l'entends geindre comme un gosse. C'est pitoyable. Il finit par se relever et se dirige vers le couloir en bousculant quelques invités. En quittant le garage, il marche sur le pied de Marc.

« Aïe ! Fais gaffe, Dugland. Regarde où tu mets les pieds. Et t'excuse pas surtout ! lui lâche Marc. »

Marlon-Y lui répond un truc incompréhensible et lui lance un regard mauvais avant de disparaître dans le couloir.

« T'as pas de super-pouvoirs, toi au moins ? je demande à Molly.
— Si un peu.
— Oh ! Du genre ?
— Je suis un peu télépathe, mais il faut que je touche les gens pour lire les pensées.
— Merde !
— Trop tard ! Je t'ai entendu.
— T'as entendu quoi ?
— Que tu voulais me bouffer la chatte. T'as de la chance, j'ai pas mes machins.
— Cool. On va boire un coup et on attend la fin de soirée pour passer dans ta chambre ? Tu habites bien ici, non ? Tu as une chambre à toi ?
— Ouais, à l'étage. T'es sûr que tu veux pas y aller maintenant ?
— Bah disons que j'ai une super bouteille dans mon sac à dos et que j'ai bien envie de...
— Ok, d'accord si c'est du Scotch fumé, je veux bien attendre.
— C'est marrant, ça. Tu arrives à savoir tout ce que je... Oh merde ! T'as entendu ça aussi ?
— Merci ! Je prends ça comme un compliment. Tu sais, tu peux les caresser si tu veux... »



Dernière édition par dvb le Ven 14 Fév - 13:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Ven 14 Fév - 2:39

IX

Multitude



C'est l'histoire d'un gars qui tombe par terre dans un abribus. Sauf qu'au lieu de se faire mal et de salir ses vêtement dans l'eau de pluie, il meurt. Du coup les passants qui l'ont vu se gameler rigolent un peu au début et après ils ne se sentent pas très bien quand ils voient le sang qui sort de ses oreilles et de sa bouche. Il y a même une jeune fille qui se met à pleurer et un instituteur qui appelle les pompiers et qui conseille aux autres gens sous l'abribus de ne pas toucher le mort. Ça fait un foin pas possible. Les gens dans l'abribus n'ont pas trop envie de rater le bus. Déjà qu'il ne fait pas beau et qu'ils sont en retard pour aller au travail, à l'école, au lycée, au Pôle Emploi ou chez leur tante. Une  dame de trente-sept ans observe nerveusement le panneau d'affichage électronique. Elle espère que le bus arrivera avant les pompiers et la police, sinon elle sera obligée de rester au moins une heure avec des agents pour faire une déposition en tant que témoin. En réalité elle aimerait bien que la police arrive avant le bus, ça lui ferait un bon prétexte pour ne pas aller travailler ce matin. En plus elle a une réunion avec tout son service pour préparer le bilan annuel de la boîte, et elle ne comprend jamais rien à la lecture des plans comptables.

À côté d'elle, il y a un jeune avec une casquette rouge. Il flippe de voir arriver la police avant le bus parce qu'il a un bout de shit dans son paquet de clopes qu'il doit vendre à son pote Hacine à la récré de dix heures. Il tend le cou au-dessus du cadavre pour voir si le bus arrive au bout de la rue. Il préfère s'en aller sans rien dire et marcher jusqu'à l'arrêt de bus suivant pour ne pas être embêté

L'instituteur agit de manière très professionnelle. Comme c'est lui qui a appelé les pompiers puis la police et qui a donné tous les détails aux standardistes, il se sent responsable de la situation. Il tend les bras et invite les badauds à s'écarter et à ne pas s'approcher du macchabée.

Assises sur le petit banc de l'abribus, il y a deux vieilles dames dont les cheveux gris dépassent de leurs bonnets de laine. Elles ont tout vu et elles trouvent ça triste ce qui est arrivé au monsieur tué par terre. Elles parlent tout haut car elles sont un peu dures de la feuille et ne se préoccupent pas trop des autres gens autour d'elles. Elles habitent le quartier depuis plus de cinquante ans, elles sont veuves toutes les deux et depuis vingt-sept ans elles étaient persuadées de se détester mutuellement car le mari de l'une avait couché avec l'autre. Mais c'était il y a longtemps et ce matin elles font semblant de ne pas se reconnaître. Elles ont les mêmes préoccupations et elles aiment commenter les faits divers et colporter les ragots du quartier. L'une dit à l'autre que ça lui rappelle le crime de sang qui s'était passé en 1987 à deux rues d'ici quand une mère et sa fille avait été retrouvées violées, attachées et brûlées un matin de novembre. Une histoire affreuse qui les avait empêchées de dormir pendant des semaines. Elles avaient pensé déménager mais le mari de l'une avait insisté pour rester dans le quartier pour continuer à coucher avec l'autre.

Debout tout au fond de l'abribus, adossée contre la vitre de l'espace publicitaire, se tient une étudiante chinoise. Elle ne comprend pas ce qui se passe et préfère écouter de la musique sur son i-pod nano. C'est un autre étudiant étranger qui suit les mêmes cours de littérature en deuxième année qui lui a conseillé de télécharger l'album de ce groupe ivoirien. Comme elle ne connaît rien en musique du monde, elle trouve ça intéressant. L'affiche publicitaire derrière elle représente une belle femme blanche de moins de vingt-quatre ans en sous-vêtements blancs. Elle est blonde et souriante et le slogan qui cache pudiquement ses genoux vante les mérites d'un savon au PH neutre.  

Il y a de plus en plus de monde dans l'abribus. L'instituteur a beaucoup de mal à contenir la foule qui vient voir le mort et prendre des photos du sang qui se déverse sur le trottoir et coule dans le caniveau pour se mêler à l'eau de pluie. Une grosse dame est descendue de l'immeuble juste au-dessus pour venir voir ça de plus près. Elle habite au premier et a été étonnée de voir cet attroupement sous sa fenêtre. Elle essaie de pousser d'autres curieux pour voir l'atrocité. Elle tient un tout petit chien dans ses bras, un genre de bâtard jaune au museau fin. Le chien aboie de sa petite voix stridente ; il est excité par l'odeur du sang et aussi nerveux car il se sent oppressé par la foule d'humains qui s'échangent des commentaires et commencent à tweeter sur leurs smartphones. L'instituteur dit à la femme obèse de sortir du périmètre parce que son chien énerve les gens et risque de sauter pour faire on ne sait quoi. La grosse dame lui fait comprendre qu'elle est offusquée par son comportement et lui dit d'aller se faire foutre parce qu'il n'a pas à lui parler comme ça et qu'il n'est pas de la police. La grosse dame est très énervée, sans doute parce qu'elle n'a pas encore bu son premier verre de porto ce matin à cause de tout ce grabuge.

On entend au loin une sirène de pompiers. Ça y est, ils arrivent, déclare l'instituteur qui est déjà prêt à répondre à toutes les questions qu'on s'apprête à lui poser. Il aimerait que des journalistes de la télévision locale soient bientôt là. Comme ça il pourrait montrer à sa femme ce soir devant la télévision qu'il n'est pas ni incapable ni irresponsable et qu'il peut prendre les choses en mains. Ainsi elle réfléchira la prochaine fois qu'elle voudra lui parler de divorce. Mais si ça se trouve elle lui reprochera d'avoir fait son intéressant au lieu d'éviter les problèmes et d'arriver encore une fois en retard à l'école. Peut-être qu'elle lui fera un scandale comme jeudi dernier, lorsqu'il a refusé de rejoindre sa classe et qu'il a préféré la suivre en voiture. Depuis des mois il la soupçonnait d'aller prendre le petit-déjeuner chez ce type tous les jeudis matins. Cette fois, il en avait eu la preuve : il avait sonné chez le mec et l'avait trouvé en peignoir, une tasse de café à la main. Il l'avait bousculé pour courir jusqu'à la cuisine et avait trouvé sa femme en train de manger goulûment un croissant. Elle l'avait engueulé comme si c'était lui qui était fautif. Cette pute l'avait traité de tous les noms et le type en peignoir l'avait fichu à la porte en le menaçant d'appeler les flics.

La grosse dame a de plus en plus de mal à tenir son petit chien qui montre désormais les crocs entre deux cris ridicules. L'instituteur en a assez. Les pompiers ne parviennent pas à accéder à l'abribus car il y a un camion de livraison qui bloque la circulation quatre-cents mètres plus loin. La grosse dame alcoolique continue à déblatérer et traite désormais l'instituteur de petit pédé. Lui est dans son bon droit, il est un citoyen exemplaire. Il veut la faire reculer, mais le chien le mord au poignet. Dans un accès de fureur il arrache l'animal des mains de la bonne femme et le jette à terre pour lui flanquer un coup de pied. Il n'y arrive pas, le chien est trop petit et l'abribus est bondé. La dame hystérique se jette alors sur lui pour lui griffer le visage. Il la gifle mais sa main dérape et il frappe un jeune homme en jogging en train de filmer la scène. Le téléphone du jeune homme tombe dans la petite marre de sang qui s'est formée près de la tête du cadavre. L'instituteur veut s'excuser, mais le jeune type fait un pas en avant et lui crie dessus de sa grosse voie malpolie. Il l'attrape par le col et lui demande quel est son problème, s'il veut qu'il lui colle une rouste et exige qu'il s'excuse auprès de la grosse femme qui cherche son chien.
Profitant de la confusion, le petit chien s'est mis à lécher la flaque de sang près du téléphone encore allumé.

Les deux vieilles dames commentent la dispute et estiment que l'instituteur est un bon à rien frustré et qu'il a voulu se mêler de ce qui ne le regardait pas. Le bus arrive enfin, en même temps qu'une voiture de police. Un agent fait signe au chauffeur d'arrêter le moteur et de s'immobiliser. L'arrêt ne peut plus être desservi jusqu'à nouvel ordre. Les passagers doivent descendre et aller à pied jusqu'à un autre arrêt. Parmi eux, une jeune femme tient son petit garçon de cinq ans par la main. Lorsqu'il descend du bus, le garçonnet voit un petit chien jaune en train de manger un homme mort au milieu d'une foule. Il tend son doigt vers l'animal et demande à sa maman de regarder. Celle-ci l'entraîne plus loin sur le trottoir.

De l'autre côté de la rue, une femme se tient nue à sa fenêtre et observe la scène derrière son rideau. Elle a un peu froid mais ne veut rien rater. Inconsciemment elle se caresse la poitrine et pense à son amant qui viendra tout à l'heure la menotter sur son lit conjugal. Elle soupire lorsque son chat se glisse entre ses jambes pour lui réclamer un peu d'attention. Elle a hâte de se faire enchaîner puis prendre en levrette tout à l'heure avant le déjeuner. Sa main glisse désormais sur son ventre rond. Elle pense à la vie qu'elle abrite et à la mort qui courre dans la rue. Elle aime les jeudis matin de RTT. Son téléphone vibre derrière elle sur le buffet de sa cuisine. Son amant vient de lui envoyer un message. Il sera un peu en retard aujourd'hui ; il y a eu un incident hier dans un des macdo dont il est manager et il doit se rendre sur place.
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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Sam 15 Fév - 13:47

Bon, y a mon chat qui a renversé (effacé) le bon petit plat (commentaire) que je t'avais cuisiné, va falloir que je te réchauffe une quiche du coup. D'ailleurs il se fout d'ma gueule parce que, dit-il, j'ai l'air d'un débile à écrire n'importe quoi et à dire que j'ai kiffé tes derniers chapitres. Tu devrais les renommer d'ailleurs, comme si cT un livre de recettes, la rouquine donne faim !

Je vais aller me rouler un p'tit cône sous l'abribus avec du Dubstep et Helter Skelter dans le téléphone tiens. J'fais tourner, n'oublie pas ton costume de Super Dvb en poil de chien jaune.


Edit = Rolling Stones s'mieux quand même

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   

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Eux, c'est le goût
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