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 Eux, c'est le goût

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dale cooper

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Mer 21 Mai - 19:42

X

Platitude



un chroniqueur de Télérama a écrit:
La littérature punk ça doit être écrit en gros avec pas beaucoup de mots. Genre un livre de littérature punk ça doit tenir facilement sur un pack de bière ou bien une feuille à rouler ou à la limite sur un mur ou le cul d'un chien.

Cyril Desmarnes, docteur ès lettres modernes à l'Université du New Brunswick, nous offre d'ailleurs cette définition éclairée – et qui a le mérite de la concision – dans son traité « La littérature punk du dernier tiers du XXème à nos jours » : « la littérature punk ça doit être écrit en gros avec pas beaucoup de mots ».

Parmi les chefs d'oeuvre du genre, le best seller de Jojo de La Turenne « va niquer ta mère, fils de notaire », dans le micro-recueil éponyme, reste le texte le plus commenté à ce jour. Inscrit sur une cagette volée dans la gare de triage de Pantin, cette très courte nouvelle a dans un premier temps été placardée avec ingéniosité à l'aide d'un essuie-glace sur le pare-brise arrière d'un Kompressor Mercedes garé non loin du squat de l'auteur. Le succès fut immédiat puisque le livre s'est arraché dans tous les Spar, Cocci et Proximarket du pays.

Le fonds comme la forme, tantôt incisifs, tantôt débonnaires, marquent le renouveau d'un genre sur le déclin depuis près de cinquante ans. Cependant il est aussi le point d'orgue du renouveau d'une génération d'auteurs motivés par une puissante énergie revendicative à l'égard d'un système corrompu par les valeurs consuméristes du contexte socio-éducatif oppressant de la période étudiée.

Loin d'être un produit de mode ou un archétype de page-turner, « va niquer ta mère, fils de notaire » est au contraire un hymne à la révolte passive, celle-là même prônée par une contre-culture alternative qui a du affronter la dénégation élitiste de ses contemporains. Pourtant il n'en reste pas moins, après près de quinze ans depuis sa sortie, une sorte de legs aux générations futures.

Il était donc logique que des artistes d'excellence issus tant de la scénographie dramatique que du cinéma post-nouveau-vaguiste, se penchent sur cette œuvre et lui offre un second souffle.

La pièce de théâtre « Le Refus » de la compagnie « Va chier courroucée », produit en collaboration avec la Scène Nationale de Sartrouville, a ainsi été présentée dimanche dernier lors de la biennale de Munster devant un public conquis. Le décor épuré, le jeu des comédiens, la mise en scène implacable... tout participe du génie dans cette création qui respecte l'esprit du texte original avec une ferveur non dénuée d'ingéniosité.

L'histoire on la connait tous déjà : Jojo, un punk à chien visionnaire se lève un mardi matin après un concert de ska à la MPT pour aller pisser contre le mur de la gare de triage. Là il rencontre le Kompressor garé non loin du buisson où, Jerôme, le berger allemand, a pris l'habitude de faire sa pissette. Devant l'irraisonnable incompréhension que ce coup du destin provoque sur ses perceptions philosophiques, Jojo, pris d'une colère insurmontable, cherche à faire face et à comprendre ce signe qu'il n'ose encore nommer « notre lot à tous ». Dans un cri unique et inique, il déclame donc  dans la fougue et le désarrois qui caractérise toute son œuvre, sa très fameuse formulation « va niquer ta mère, fils de notaire ». Le spectacle se termine sur une phase de quinze minutes où le comédien, Ursulin de la Rochambert, demeure titubant devant la voiture (interprétée par Mariah Baillard), dans un silence interrogatif, narguant le spectateur et interrogeant le public fasciné par cette performance, tandis que Charlène Duvalle, dans le rôle de Jérôme, le chien, cherche en vain l'accès au pissenlit sans pouvoir lever la patte.

Le directeur de la salle « Le Taudis », haut-lieu des expressions scéniques ultra-contemporaines, se déclare satisfait par cette première représentation qui fera date. La pièce sera prochainement reprise au festival d'Avignon avant de partir en tournée dans toute la France et d'être programmée pour deux-cent représentations à la Nouvelle Comédie Italienne à Paris.


Dernière édition par q^p le Jeu 14 Aoû - 16:40, édité 1 fois
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Jeu 14 Aoû - 16:34

XI

Exactitude








« Faites entrer le prévenu ! » gronda la voix de Monsieur le Procureur de la République. Je m'installai sur le fauteuil que les deux flicards silencieux me désignaient. Je n'aimais pas trop l'idée de faire mon entrée en scène ainsi menotté. J'aimais encore moins le petit air satisfait que le petit fonctionnaire arborait fièrement, comme si toute la résolution de cette affaire était due à son seul et unique mérite.

« J'aime pas les magistrats, je ne les ai jamais aimé. Pour moi c'est de la racaille de luxe. Des mecs qui finissent leurs études à trente ou trente-cinq ans, ça a toujours éveillé en moi de la méfiance. J'ai toujours l'impression que ce type de personnages passent à côté d'une bonne partie de leur vie et qu'à un moment donné, ils vont péter un câble et vouloir rattraper les années perdues de leurs jeunesses studieuses. C'est assez embêtant si on y pense : des magistrats, des hauts fonctionnaires, des préfets, des officiers supérieurs qui se mettent à faire n'importe quoi. Avec toutes les responsabilités et l'argent public qu'ils sont censé...
— On se passera de votre avis, Monsieur « DVD ».
— dvb. Tout en minuscule. C'est un symbole graphique. Ça signifie...
— Taisez-vous ! On est pas là pour rigoler. Vous avez conscience de la gravité des accusations qui pèsent sur vous au moins ?
— Euh... non pas vraiment. L'instant juste avant de pénétrer votre bureau j'étais en train de me fumer un cigarillo, tranquillement installé derrière mon écran.
— Très spirituel, jeune homme. Bon, puisque vous semblez vouloir ignorer les raisons de votre présence en ces lieux...
— Attendez, attendez ! Personne ne parle comme ça en vrai ! Je veux dire, là on dirait que t'es en train de parler comme dans les dialogues d'un livre. Tu sais, avec des expressions toutes faites et typiquement narrative. Mais dans la réalité, personne ne parle comme ça, même pas les Procureurs de la République. À la limite quelques intellos frustrés et un peu cons, mais sinon je vois pas.
— Veuillez vous tenir tranquille et me laisser terminer la lecture du chef d'inculpation.
In the shade, in the shade.
— Que faites vous encore à la fin !
— Je chante le refrain de la chanson qui passe. C'est The Breeders, tu connais pas ? C'est un groupe de filles. Elles étaient number one.
— Vous êtes désespérant. On m'avait prévenu pourtant.
— Hey ! C'est moi le prévenu ! Lol !
— Il y a quelques années vous avez travaillé ici, dans les locaux de ce palais de Justice.
— Ouaip ! Je sais donc de quoi je parle quand je dis que les magistrats sont tous des...
— Vous n'avez pas laisser un très bon souvenir, vous savez. Vous étiez plutôt... « borné » n'est-ce pas ? Les greffières m'ont dit qu'à plusieurs occasions vous avez
— On s'en fout !
— Vous êtes donc prévenu d'avoir commis plusieurs crimes durant les derniers mois. Des infanticides, des violences sexuelles, des meurtres avec et sans préméditations, ainsi que diverses destructions de biens mobiliers et immobiliers privés et publics.
— De quoi ? Pfff.. n'importe quoi ! Alors ça, c'est vraiment nawak ! Tu débloques mon vieux ! Vas-y prouve-le qu'on rigole.
— L'enquête qui a suivi le carnage du restaurant de type fast food...
— Quoi ? Encore cette histoire de MacDo ? T'as lu tous les chapitres précédents ?
— Oh oui que je les ai lu. Un par un, dans l'ordre et sans oublier aucun détail morbide.
— Ouais, et ?
— Et il s'avère que nous avons la preuve formelle que vous en êtes l'unique auteur.
— Bah ouais !
— Vous reconnaissez donc les faits ?
— Les écrits !
— Peu importe. Vous êtes bien conscient que vous risquez la réclusion à perpétuité ?
— Alors ça, ça me ferait mal au cul. Ne serait-ce que pour le souvenir de tous les vrais écrivains qui ont été emprisonnés à cause de leurs idées et de leur amour de la liberté, putain ! Tu penses à Gramsci, connard ? Ce type enfermé pendant des années dans des geôles fâscistes par des trous du cul comme toi ? Non, j'ai jamais rien lu de lui et je connais que son nom. Pourquoi ? Parce que la théories marxiste ça me fait pas bander et que j'habitais une rue qui portait son nom.
— Toi tu vas prendre tellement cher !
— Ah ! On se tutoies maintenant ? Qui t'as permis, Monsieur le Procureur de la République – fils de pute !
— D'accord, je rajoute insultes à agent du Ministère Public. Vous n'êtes plus à ça près après tout.
— C'est moche ce que tu viens de dire. Je veux dire : ça sonne moche « à ça près après ».
— Mais Bon Dieu, vous allez la fermer ! Vous venez d'être pris la main dans le sac après avoir brutaliser, violenter et étriper près d'une vingtaines de personnes et vous ne trouvez rien de mieux à dire que des conneries plus grosses que vous ?! Je vais m'assurer que vous restiez derrière les barreaux pendant un long moment. Vous n'êtes pas près de revoir un MacDo !
— Si je veux !
— Quoi ?
— Si je veux ! Que je sache c'est encore moi l'auteur de ce dernier chapitre, non ?
— Vous n'êtes plus en pouvoir de rien du tout, Monsieur vb.
— dvb. Trois lettres. En minuscule.
— Vous allez être incarcéré dès ce soir jusqu'au jour du procès devant la Cour d'Assise. Et à mon avis, les jurés ne vont pas trop hésiter devant les preuves accablantes du dossier.
— Commencent à me faire chier ces menottes. Je peux fumer ? Pourquoi je demande, moi.
— Remettez vos menottes sur le champs ! Vous vous croyez tout permis ?
— Ouais ! Tu vois ton bocal de poissons rouges sur le bord de ton bureau ?
— Non !
— Normal, je l'ai enlevé du premier paragraphe. Du coup il est plus là. Il a jamais été là. C'est fort, hein ! Je peux plier ta réalité à ma volonté. Je vais faire de toi ma chose, si j'ai envie.
— Remettez immédiatement ce bocal de poissons rouges où vous l'avez trouvé.
— Non !
— Obéissez ! Je suis l'Ordre et la Loi.
— Ok, d'accord, promis, je vais le faire, dis-je en croisant les doigts derrière le bureau du magistrat.
— Que faites-vous ?
— Je fais des incises, connards, rétorquai-je très fier de moi.
— Vous trouvez ça drôle ?
— Oh tu me saoule, à partir de maintenant, on verra plus tes réponses.
—      , !     -  , ?
— C'est lourd, hein ?
—                  - ?!!!
— La ponctuation, c'est le top !
—  
— Tu trouves rien à répondre à ça, hein ?
—                     , en enfer, connard !
— Han ! Comment tu parles mal pour un Procureur de la République. Je suis choqué.
—    , :    .
— Ah ah ! T'as cru, hein ? Bon allez. Je t'efface, de toute manière t'es tout nul comme personnage.

Il était désormais temps de clôturer cet objet écrit intitulé « Eux, c'est le goût ». Je ne sus jamais comment les choses s'étaient enchaînées d'un chapitre à l'autre. Ma seule certitude était que je demeurerai encore longtemps impuni de cette frasque quand soudain, l'idée d'un autre puzzle, d'un autre dédale se fit jour dans mon esprit.

Et cette fois, il va y avoir du sport !





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MessageSujet: Re: Eux, c'est le goût   Ven 24 Avr - 14:41

Saison 2 :


Vésicule biliaire



(clique pas sur le truc vert, c'est dégueu !)
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