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 Horreur en Aelis

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Layz
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MessageSujet: Horreur en Aelis   Mar 5 Nov - 1:18

Horreur en Aelis




Nourriture pour l’imaginaire


Jamais la nuit ne lui avait semblé si claire. La fumée s’envolait lentement vers le ciel et dvb restait les yeux dans le vague. Installé sur le chambranle de son balcon, il pensait à sa prochaine nouvelle. Déjà les héros prenaient place dans son esprit en pleine ébullition. Il cernait pleinement les rebondissements qui suivraient la séparation de Gontrand et Estelle et envisageait avec délice la surprise qu’il avait échafaudée pour surprendre le lecteur. Sa cigarette achevée il jeta le mégot par dessus la balustrade en fer forgé et il plongea sur son clavier pour mettre en forme les idées nouvelles qui lui étaient venues.
C’est sûr que Gontrand n’allait pas se laisser faire devant les incartades constantes de cette pouffiasse d’Estelle. Il s’apprêtait à écrire la tirade réservée au macho de première qu’était Gontrand quand ses doigts se figèrent.  Son esprit pourtant si dévoué à l’écriture s’évada un instant intrigué par un bruit sourd. C’était comme une bobine de fil qu’on dévide, un bruit discret mais continu dont il n’arrivait pas à localiser l’origine. Il était seul dans la pièce. Ces satanés chats devaient sans doute être encore en train de faire des leurs dans la chambre à côté.
- Titia ! Hurla-t-il. Tes chats font encore des malheurs ! Va voir, j’peux pas là !
Titia ne répondit pas. Il insista mais comme aucun écho ne lui revenait il se décida à quitter l’ordinateur.
Les chats n’étaient pas dans la pièce à côté. Il jeta un oeil dans la chambre où Titia dormait du sommeil du juste et descendit l’escalier pour trouver ces satanés chats.
Eux aussi dormaient à poings fermés, encastrés les uns dans les autres, leurs petites pattes en l’air, trop mignons pour être honnêtes.
Mécontent d’avoir perdu son temps pour rien, dvb retourna dans son bureau.
Le vent s’était levé, dvb passa la tête par la fenêtre et constata que le ciel s’était obscurci. Il se décida à la fermer, il était hors de question de risquer la pneumonie avant d’avoir bouclé ce fichu récit. Mais au moment de reprendre sa rédaction un blocage opéra dans son esprit. Il avait perdu le fil de l’intrigue.
- Satanés chats ! bougonna t-il.
Il eut beau fumer une deuxième cigarette et se servir un verre, rien n’y fit. Son imagination n’était plus qu’un vaste désert de Sul Nar, un désert aussi blanc que le document qui trônait sur son écran.
Il paniqua.
-Titia !
Et entrant dans la chambre en courant, il se prit les pieds dans la table basse. Il jura des sangs de dieux si bien que sa femme souleva sa tête embuée de sommeil.
- Mais qu’est-ce que tu fais ?
- C’est affreux, ma tête est vide plus rien ne m’inspire.
-Mmmm, viens plutôt te coucher. Tu verras ça demain. l’encouragea d’une voix molle Titia qui se laissait lentement reprendre par Morphée.
Désespéré, dvb s’allongea à côté de sa femme. Mais il ne put dormir. Il recherchait le fil qu’il avait perdu sans pouvoir en retrouver la moindre trace. La concentration intense finit cependant par avoir raison de lui et la fatigue le terrassa dans un sommeil sans rêve.




Le Faucheur


Dans la nuit claire, sous la lune ronde qui éclairait les ombres, le Scorff coulait  tranquillement. Seul un bouillonnement inhabituel contrariait la rivière luisante sous l’éclat de l’astre de la nuit. Les bulles éclataient, soufflées par l’être qui remontait vers la surface des eaux. Un spectateur attentif aurait pu discerner les longues fibres qui sortaient de l’eau comme autant de filaments serpentant vers le ciel. Elles cherchaient à capter quelque chose et semblaient tâtonner en se dirigeant vers toutes les directions à la fois. Soudain, le monstre jaillit dans une gerbe monumentale. Énorme, il s’ébrouait avec énergie, ses gigantesques tentacules en pleine action. Il sortit de l’eau, rampant à moitié vers le bois à proximité. Il flairait la ville. Lentement, il atteignit le point culminant du parc et lança ses dards invisibles vers la cité. Il tendait sa toile du bout de ses tentacules, appréhendant ses proies sans les toucher.




Séchage


Lorsqu’il arriva à Ter Aelis, dvb avait la mine lugubre des insomniaques et le teint gris de ceux qui n’ayant pas fermé l’oeil depuis plusieurs nuits ont fumé leur désespoir.
Il entra sans frapper dans le bureau de Tear. Le jeune homme, d’habitude si souriant, n’avait pas l’air dans son assiette. Il marmonnait dans une barbe à peine éclose et ne leva pas le nez de sa feuille à l’entrée du tutélaire littéraire.
Cependant, dvb n’en avait cure car ce n’était pas le jeune sculpteur qu’il cherchait mais son acolyte de tous les temps, Mike.
- Il n’est pas là, Mike ? On m’a dit qu’il était chez toi ?
Le ton était à la limite de la politesse et il était facile de deviner que l’exaspération assombrissait son mauvais caractère.
- Fiche moi la paix, j’ai autre chose à faire !
La réplique de Tear était suffisamment inhabituelle pour que l’esprit de dvb, bien que fort contrarié, s’interroge sur cette manifestation d’humeur agressive.
L’air de rien, il contourna Tear de manière à se placer dans son dos, là où il pourrait discrètement observer ce que le maquettiste était en train de créer.
Mais, la feuille comme l’écran étaient blancs. Les mains immobiles de Tear ne bougeaient pas même pour esquisser un semblant d’ébauche. Il resta ainsi un moment à contempler l’inactivité de son collègue.
Au bout d’un long temps de silence où chacun restait aussi raide qu’une statue, il risqua :
- Tu fais quoi ?
- Je réfléchis.
- A quoi ?
- Je ne sais plus.
- Ah ?.... Tu ne sais plus ce que tu étais en train de coder ?
- Non. Pourtant je suis parti me coucher hier soir avec les idées hyper claires. Mais ce matin au réveil, pas fichu de reprendre le fil de mon travail. Je suis complètement perdu là.

Tear, exaspéré se leva brutalement. Il était contrarié d’avoir formalisé à haute voix ce qui lui martyrisait le cerveau depuis son réveil.

- Je rentre chez moi !

Plusieurs bureaux étaient vides. Décidément les gens ne s’étaient pas levés ce matin. Dvb se dirigea vers la cafétéria. C’était leur taverne à eux et ils nommaient le barman “le brigand grivois” pour s’amuser.
Ils étaient presque tous là, accoudés au comptoir, le nez triste dans leur tasse de café, attestant de la véracité des conseils prodigués par Ramrod sur l’importance du petit déjeuner.
Il n’eut pas à attendre longtemps pour comprendre le malaise qui atteignait chaque créateur : Tous déploraient la perte pure et cruelle de leurs idées et se trouvaient devant des pages blanches. Un trou noir en lieu et place de leur imagination si brillante.




Bombance


Tapi sous la roche, il éructa bruyamment. Ses tentacules dépassaient à peine de la cachette dans laquelle il avait trouvé refuge. La peau de son énorme ventre était tendue comme celle d’un tambour. Seuls les fils presque invisibles se propageaient vers tous les foyers de la cités. Il avait en une nuit, tissé une toile qui dont chaque fils avait une provenance humaine.
Il n’avait encore jamais trouvé lieu plus propice à faire ripaille. Il s’était délecté des sucs savoureux des jeunes pousses savamment fécondées par ces cerveaux imaginatifs. Il avait fait bombance de tous leurs traits de génies et maintenant s’en léchait les babines de contentement, empli jusqu’à la moelle. Si repu, qu’il n’en pouvait plus bouger.
Bientôt, il achèverait son repas.


Dvb avait visité chacun de ses amis, tous ses collègues. Pas un seul n’échappait à la règle. Tous se morfondaient devant la page blanche, le pinceau à la main, inertes et perdus. Aucun n’était passé à l’écart de la perte violente de son inspiration. C’était comme si, quelque part, une source unique pour tous s’était tarie.
Alors, il était sorti, le visage hagard, les mains dans les poches. Un peu d'air lui ferait du bien.
Ses pas le menèrent malgré lui vers le guet de Pors Breign. Malgré lui, car le lieu n'avait pas sa préférence. S'il aimait se promener dans la campagne, il n'appréciait pas les eaux marécageuses du Scorff sur cette partie de son parcours. Ici le mot odeur prenait toute sa signification.
Il décida cependant de s'asseoir sur un rocher qui surplombait les eaux stagnantes. Celles-ci étaient le coin favori d'une espèce d'oiseau assez peu fréquente dans la région : l'ibis du Nil. Les oiseaux en général raffolaient de l'endroit.
Mais, le marécage était vide. Les oiseaux, quels qu'ils soient avaient fui les environs. Pas un seul piaillement ne s'élevait alentour.
Curieux, il s'approcha en faisant bien attention de ne pas se mouiller les pieds. La puanteur était à son comble. Elle en était presque palpable.
Se bouchant le nez, il s'apprêtait à faire demi-tour quand il aperçut les traces larges et profondes laissées par le monstre .
Ne sachant à quoi les attribuer, il les suivit. Il lui semblait suivre la purulence en même temps que les empreintes et s'attendait à découvrir le cadavre de quelque bête abattue depuis plusieurs jours. Mais la curiosité étant toujours la plus forte chez lui, il ne parvint pas à abandonner sa recherche.

C'est la vue de la tentacule qui stoppa sa progression. Très vite, il s'aperçut qu'il avait affaire, non pas à une tentacule, mais à une myriade de tentacules digne d'un roman de Lovecraft.
A ce moment, la peur eut raison de son incrédulité. Il se retint seulement de crier avant de prendre les jambes à son cou.




Le complot


Plusieurs jours étaient passés durant lesquels dvb était resté cloîtré chez lui, à l'affût mais incapable d’agir. Il lui fallu être convaincu que le monstre aperçu était lié au désastre de son esprit pour réussir à se pousser dehors.
Il convoqua toutes les personnes jugées responsables de Ter Aelis afin de les persuader de la véracité de ses propos. Il dut les traîner par petits groupes à proximité de l’antre de la bête pour leur prouver qu’il n’était pas fou.
Après avoir parlementé durant des heures afin de trouver le moyen de se débarrasser du monstre, ils se mirent enfin d’accord.

- Nous irons deux par deux, un graphiste et un littéraire, jamais l’un sans l’autre !
Nous allons nourrir le monstre ! Nous allons le nourrir jusqu’à l’en faire crever !
Nous allons organiser le phrasévisuel le plus phénoménal qui soit et le monstre qui se repait de nos énergies créatives finira par éclater !





(cliquez ci-dessus pour rejoindre nos rangs dans cette lutte acharnée)





Cassiopée & Laylay

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Dernière édition par Laylay le Mar 5 Nov - 13:04, édité 1 fois
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dale cooper

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MessageSujet: Re: Horreur en Aelis   Mar 5 Nov - 2:34




Je vais y botter le train moi à votre monstre !

Il va filer droit ce fils de philistin syphilitique ><

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Horreur en Aelis
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