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 Espoirs, Rêves et Machines

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Drystan
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MessageSujet: Espoirs, Rêves et Machines   Ven 29 Nov - 22:22

Les textes :

Le Palais aux Merveilles
Crépuscule
Les Etoiles Filantes
Les Eveillés
Le Pantin de Jade
Mécanismes
Muses

-

Le Palais aux Merveilles

Introduction à Espoirs, Rêves et Machines.

Il est là.
Un monarque de rocaille qui, de ses innombrables citadelles, contemple monts, vallées et forets. Des odeurs fluviatiles s’éloignent de ses murailles, mêlées au parfum de la nature, du temps, du rêve, de l’or et de l’argent. Il est, rêve d’un éclat. Il est, demeure des trésors d’autrefois. En son sein, les joyaux sont légions. En son cœur, les cauchemars sont mirmidons.
Que savons-nous de ce palais, perché sur les sommets de l’éternité, si ce n’est le silence émerveillé qui l’habite ? Que savons-nous sur ces lieux, perdus dans les brumes de l’infini, si ce n’est les mystères qui s’y sont endormis ?
De son histoire, seule une lettre ressurgit, usée, fatigué, reliquat d’un voyage au travers de mille époques passées.  
Voici ces mots, ces mots que même le temps n’aura su alterner. Ces mots que seule la vie pourra ranimer.

« Sous le silence lointain d’une montagne endormi, s’élève un cri. Il est le changement. Vif, magnifique, majestueux. Il advient là, sans que nul n’ai pu le prédire, sans que nul ne puisse l’apprécier. Qu’y voir, si ce n’est la folie d’un Univers capricieux ? Qu’y voir, si ce n’est la nécessité un choix, d’une évolution ? Qu’y voir, si ce n’est la mort du passé et la naissance de l’avenir ? L’Autrefois choit. Sa prison est un cercueil. Sa vie est devenue silence, ce non-dit impalpable et pourtant si tenace.
Un silence aux teintes d’ébène, aux accents de chaos, un démon qui s’insinue jusque dans les Limbes, brisant les songes avant d’en dévorer les cendres. Et cela, nous ne pouvons le permettre. En ces royaumes où le temps n’est qu’une abstraite nuance, en ces terres où l’infini rencontre l’éternité, où le tout n’est plus que néant, un Palais fut construit.
Un sanctuaire aux yeux d’argent, le regard tourné vers ce qui fut, les mains tendues vers ce qui disparut.
Un mausolée érigé en l’honneur des rêves, des songes, des espoirs et des pleurs des civilisations défuntes.
Le Palais aux Merveilles…

Oyez, oyez, voyageurs ! Entrez dans ce royaume d’imaginaire ! Découvrez les somptuosités venues des recoins les plus anciens de notre Univers ! Venez contempler ces merveilles que l’œil humain ne saurait observer ! Car voici le Palais aux Merveilles, quintessence du souvenir et de la création, gardien des illusions ! Y dorment les secrets d’une époque, les secrets d’un royaume,  les secrets d’une Civilisation ! Les plus étranges merveilles des temps jadis y reposent : Des marionnettes forgées dans de précieuses pierreries, des mécanismes établis par une humble métallurgie.
Un monde changeant, polymorphe, qui meurt avant de renaitre.
Voici le rêve qui sommeille par delà ces portes… Oserez-vous les franchir ? »


Crépuscule


« Le lien qui lie Marionnettiste et Marionnette est immuable.
Mais à la Fin, les Fils ne seront plus que noirceur et tristesse… »

-

La musique est. Longue, lancinante, éclat d’une unique note répercuté dans l’infini. Ceux qui l’écouteraient, ces reliquats d’une civilisation lointaine à présent perdue entre les dunes, y verrait le Silence. Pas un silence éphémère. Un Silence qui se nourrit du néant. Un Silence qui ne peut s’élever qu’au Crépuscule de toute chose, en cet instant terrible où l’espoir désespère, où l’imagination stagne. Où la vie se meurt. Et ceux qui, de leurs yeux crevés par la lente agonie du royaume dont ils furent les régents, pourraient contempler les landes où s’élève le Silence, ceux là ne verraient que le Vide. Le Vide de l’Esprit. Car en ces terres, seul le Sable perdure. Un Sable qui recouvre toute chose, tout être. Il est, tel la Musique avant lui. Nulle rivière ne le noie, nulle oasis ne l’abreuve. Les ruines d’anciens palais y survivent, mais elles sont aussi sèches que les charognes qui les entourent. Sur ce paysage d’apocalypse, brule une clarté si poignante qu’elle en devient mortelle.
Telle est la Déchéance des Temps.

Au centre de ce Tout, pousse un Arbre. Il se nourrit des cendres des esprits jadis. Il se délecte de tout ce qui fut et ne sera point. Ses branches sont ténèbres, son tronc est noirceur. Sur son ossature, nulle feuilles. Car lui n’est point un aspect de la Vie. Il est Mort. A ses pieds, pourtant, s’inclinent en une grotesque révérence quelques pantins désarticulés, vouant un Culte à ce qui fut autrefois leurs raisons d’être. Puissance. Terreur. Force. Les vents dévorent leurs bois. Autrefois ouvragés, ils ne sont plus que les reflets désincarnés de ce que, tous, nous représentâmes. D’aucuns portent les attributs des rois, d’autres ceux des serviteurs. Mais tous plient à présent devant la Majesté de l’Arbre.
Telle est la Déchéance des Hommes.

Entre invisible et indistinct, se tient une Silhouette. Ses ombres se confondent avec celles de l’Arbre. Ses membres sont dénudés, plus noirs et longs que le Chaos lui-même. Son visage n’est plus que la quintessence déliquescente de ces dons que nous eûmes et que nous démystifiâmes. Une beauté surfaite, exagérée jusqu’à en devenir laideur ; Ce que nous appelâmes savoir sans y reconnaitre la bêtise, honneur sans y percevoir l’orgueil, y brille tel mille soleils. Et dans sa main, reposent quelques Fils, qui choient entre les branches jusqu’à atteindre les Pantins. Car eux sont ses fidèles et lui le dernier des Marionnettistes. Autrefois, il fut guide, sauvant ses peuples des dangers d’un Univers naissant. Ce fut de ses mains qu’il forgea les Hérauts et les Princes, qu’il amena les siens à la connaissance. Sa majesté fut dévorée par les Ages, sa grandeur emportée par les Siècles. Il s’assombrit alors que ses Serviteurs devenaient plus cupides. Les Fils s’étirèrent et s’assombrirent mais, jamais, ils ne rompirent. Lui resta là, au sommet de son Arbre, jusqu’au Crépuscule de toute chose. Et lorsqu’enfin, ses fidèles se retournèrent vers lui, il ne put rien faire. Car son pouvoir d’autrefois était mort avec la Gloire de son peuple. Car sa force n’était plus que faiblesse.  
Telle est la Déchéance des Dieux.

Les Etoiles Filantes


Exister. Se battre. Se relever. Tomber. Continuer. Respirer. Aimer. Avancer, qu’importe les obstacles. Briller. Étinceler. Etre une lumière. Enflammer les cieux, l’espace d’un instant ; l’instant d’un souffle.
De ce souffle naîtra notre légende. La légende d’une étoile qui embrasa le firmament avant de disparaître, auréolé d’une gloire éternelle. L’avenir susurrera notre nom avec déférence, immortalisant ce que nous fûmes sans savoir ce que nous devînmes. L’éternité ne retiendra que l’instant où nous sommes entrés dans l’histoire.
Et nous, poussières défuntes, nous ne serons plus que des ombres, voilés par notre passé.
Nous n’existerons plus que dans les contes, laissant nos cendres nourrir un rêve d’immortalité, les laissant croire que, si nous avions vécu, nous aurions été là. Nous aurions alors pris part à ces réjouissances, celles là même qui célèbrent les héros d’autrefois : ce que nous avons été, alors que le temps lui-même venait de naître.
Nous aurions été éternels.
Nous aurions pu apprendre, comprendre, grandir. Contempler durant des années la croissance d’une fleur, se repaissant de sa splendeur. Nous aurions observé chaque pétale, chaque couleur, chaque nuance. Car nous aurions eu le temps de nous immerger dans les méandres de cette beauté si simple qu’elle en serait devenue parfaite.
Ce temps, qui, mortels, nous aurait oppressés, nous aurait laissé inchangés. Nous aurions pu attendre le futur sans avoir à le traquer, guidé par notre peur. La peur de nous voir s’évanouir dans les limbes avant d’enlacer nos chimères. La peur de ne jamais rejoindre cet avenir que nous espérions tant.
Mais l’immortel qui sommeille en notre âme l’aurait-il rejoint, lui ?
Sans crainte, nous aurions regardé la nature croître et dépérir, nous complaisant dans notre confort sans jamais chercher à le transcender. Nous aurions laissé les âges passer sans chercher à les dominer. Nous nous serions assis et, pensifs, nous aurions attendu l’improbable. Nos esprits auraient arpenté des méandres de l’imagination jusqu’alors inconnus. Nous y aurions trouvé, guidé par la patience, des secrets que, mortels, nous n’aurions jamais imaginés.
Mais aurions-nous été meilleurs ?
N’est-ce pas l’inéluctabilité de cette fin qui nous pousse à nous surpasser ? A imposer cette marque dans les livres, cette marque dont les échos se répercuteront dans les cœurs des générations futures ? Ne voulons-nous pas être une rose s’élevant au milieu du charnier afin d’inonder les ténèbres d’une lumière éphémère avant de disparaitre, silencieuse ?
Découvrir. Evoluer. Courir. Vivre. Décider. Choisir. Continuer. Agir. Emprunter la voie qui nous semble judicieuse avant qu’elle ne s’efface. Ecouter la voix qui nous semble sage avant qu’elle ne s’éteigne. Apprendre avant que tout savoir ne s’oblitère. Exister dans un monde en constant mouvement, y contribuer avant de rejoindre le néant. Cela ne vaut-il pas mieux que de le regarder évoluer depuis le sommet d’une tour d’airain ?
La postérité se rappellera de nous si nous choisissons d’en écrire l’essence.
Pas si nous restons en dehors du monde, puits de sagesse aux infinies vertus mais banni à jamais de cette quintessence qu’est humanité. Car tel est l’homme. Car telle est notre nature :
« Celle d’un cristal d’infini, d’une frêle plante ballotée par les vents, qui pousse difficilement entre ombre et lumières, afin de briller de mille feux avant de se flétrir. Un éclat que seul met en valeur la noirceur qui le précède, qui le poursuit, qui l’accompagne : Le feu qui brule à jamais n’attire point les regards. Seules les étoiles filantes le peuvent. Parce qu’elles ne sont là qu’un instant, majestueuses, magnifiques, auréolées de rêves et d’ambitions.
Parfois, nul ne le les voit et elles s’effacent dans l’ignorance. Mais quelques unes marquent l’imaginaire. Quelques unes marquent les esprits. Et elles sont immortelles. »

Pas parce qu’elles ont vécu à jamais.
Mais parce que nul ne les oubliera jamais.

Les Éveillés


Alors, dans cet océan d’infini, l’albâtre et l’opale s’unirent, effaçant les mers par les remugles de leur puissance. Leur colère devient tempête. Et, tel un voile d’apocalypse, les enfants de l’éclat figèrent l’univers. Au cœur de cette lumière naquit l’ombre. Le regard des hommes s’envola, enfermé dans la plus noire des prisons. Tous s’endormirent, noyés dans les entrelacs du silence. Oubliant l’avenir, les peuples vécurent au présent. Leurs vies n’avaient plus de sens. Eux ne parvenaient point à en retrouver. Lentement, ils se perdirent dans les fleuves de l’existence, s’enfonçant inlassablement dans la tourmente…

Les endormis gisent à présent au sein des déserts d’inexistence. Le sable, lentement, les enferme dans son carcan de ténèbres, oblitérant à jamais leurs derniers souffles d’humanité. La nuit déchire les corps aussi surement que les âmes. Et tous se meurent, sans s’en rendre compte, de leurs innommables défaites, pavanant joyeusement au cœur de leurs rêves alors que leurs chairs lentement se désagrègent.  

L’espoir. La foi. L’art. La noblesse. Tels sont les mots honnis en cette société de l’esprit. S’abandonnant aux passions d’un instant, les hommes auront plongé leurs âmes dans les sanctuaires de l’oubli. Les idéaux se sont taris. Les artistes se sont éteints. Aujourd’hui, rares sont ceux qui osent dresser les yeux dans l’immensité. Eux sont les parias, victimes de leurs sacrifices, brisés par leurs songes. Haïs d’avoir voulu être des héros, marchant pour leurs croyances plutôt que pour leurs pulsions. Lentement, ils s’extirpent du voile, glissant au travers d’intangibles chaines, ouvrant les yeux sur ce désert d’albâtre. Cette vision, certains ne pourront y survivre. Les siècles écoulés dans le sommeil de l’humanité auront rongé l’âpre planète. Leurs constructions auront embrassé la folie, ravageant d’une main d’acier les ultimes demeures de la nature. Un cimetière d’irréalité, tombeau dressé en l’honneur de ce doux fléau que nous fumes.

Rampant dans l’ombre, les survivants s’avancent. Leurs chairs n’est que rivières de sang, éternelles cicatrices gravés d’une plume d’ébène par ces songes insensés. Leurs yeux ne voient plus, lassés de cet éternel néant. Pourtant, ils continuent. Cet univers de larmes, nombre d’entre eux aimeraient l’abandonner. Hélas, le voyageur ne peut rejoindre les doux royaumes oniriques. En son épopée, seul demeure l’horizon, intangible, inaccessible, invisible. Il ne semble guère plus prometteur que les dunes venues s’engouffrer dans les ténèbres. Néanmoins, Eux n’ont plus que lui. Et l’espoir qu’au-delà, le sable devienne plaines. Les tempêtes, brises. Le soleil, pluie…

Parfois, leur voie vient se heurter à celle d’un endormi, immergé dans les confins des rêves. Sa chair fond lentement dans les méandres du désert, à l’instant où son visage s’orne d’une béatitude sans faille. Alors, un choix se trace dans l’âme de l’aventurier. Le laisser mourir dans sa complaisance, heureux par delà ses songes, ou lui ouvrir les yeux, l’emportant sur un éternel sentier d’échardes aiguisées ? Car telle est l’existence des éveillés, résumée à cette unique interrogation. « Dois-je ouvrir mon cauchemar aux rêveurs, où les abandonner dans cette joie qui, plus jamais, ne sera mienne ? ».

Le Pantin de Jade


« Bien avant qu’il ne crève, la langue noircie dans des essaims de fumées, le Pantin de Jade retrouvera l’Espoir. »

Son corps s’extirpe lentement de ses déjections, rampant au cœur des cendres. Ses articulations sont rouillées, rongés par l’inactivité. Pourtant, son bras se lève. Les câbles trainent à ses pieds, s’agitant mollement sous ses incessantes imprécations. La peinture s’est enlevée, lacérée par les griffes du temps. D’avoir trop pleuré, ses yeux se sont fermés. Mais, au cœur du chaos, il demeure. En vie.

D’un pas incertain, il s’avance, esquissant ces danses qui guidaient autrefois son existence. Ses ongles tracent de fines arabesques d’albâtre au plus profond des ténèbres. Et, guidé par les symphonies de son esprit, le pantin s’élance, bondissant, tournoyant, touchant le ciel à chaque mouvement. Les chaines s’emmêlent et se brisent, emportés par la fureur du prisonnier. Autour de lui, les barreaux de sa cage s’effacent. Une brume d’azur se trace, lacérant de son souffle l’acier du désespoir. Sur son visage, les mimiques d’antan s’envolent, noyant l’univers dans un océan d’émotions.

Couvertes de cicatrices, ses paumes se tendent vers l’avenir. Humant l’air de toute son âme, le pantin s’avance. Ses soupirs sont tout autant de mélopées. L’inextricable geôle aura fini par être terrassée. Et ses barreaux n’étaient qu’illusions, crachats d’un esprit perturbé, folies dessinées d’une main ensanglantée…

Mais aujourd’hui, le temps des pleurs s’est achevé. Et c’est avec fermeté que le prisonnier se saisit des clefs de la liberté. Ses fils reposent au sol, abandonnés à leur triste destin. Il est. Il ne possède point encore de cause digne d’un combat, mais il est, bardé d’espoirs et de rêves, vivant au travers du renouveau. Au cœur de l’avenir, sans se retourner, ne serait-ce qu’un instant, vers le passé…

Mécanismes


« Nous sommes la plus majestueuse des mécaniques.
Tout en nous suinte de cette macabre efficacité. »

Voilé par l’océan d’airain, se dresse Hélios, immuable protecteur de notre journée. Ses lumières transcendent les cieux, emportant la brume dans les limbes. La plèbe s’éveille, emplissant les rues tel un fleuve de tempête. Les cadavres d’une obscurité achevée s’effacent d’un souffle. Seul demeure le matin, drapé d’une éternelle beauté. Ils sont innombrables, eux qui martèlent le sol par leurs empreintes souillées. Leurs pas prennent tous une consonance différente à l’oreille du penseur… Et, par ces sons, se tracent leurs objectifs. Chacun d’entre eux en possède un, apportant une infime contribution à la Machine.

Les enfants de l’humanité plaisent à se donner de l’importance, s’entichant de frasques affriolantes afin de sublimer leur existence. Pourtant. Il ne suffirait que d’une bourrasque pour que cette foule s’évanouisse, à l’instar d’une parcelle de sable égarée sur les berges. Avec ces vents, viendrait une paix silencieuse, ramenant à la terre sa tranquillité d’antan. Néanmoins, nulle brise ne vient frapper la plage. Dans les entrailles de la Machine, tout trouve une signification, y compris le chaos. La destruction de l’homme par l’homme apparait aux yeux du Constructeur telle la plus habile des purifications, remplaçant les pièces inutilisables afin d’en créer de nouvelles, promouvant les systèmes fonctionnels au détriment des moins habiles. Sous sa gouverne, les esprits se transforment, s’incrustant mollement dans les interstices du Mécanisme, tournoyant inlassablement afin d’alimenter cette infernale création, à la logique indistincte, aux espoirs incertains.  

Des articulations aux formes irréelles, s’agitant dans l’ombre afin de propulser le temps sur les routes de l’avenir. Un démon d’acier, réduisant en esclavage les civilisations afin de nourrir son immuable passion pour l’immortalité. Un monstre chevauchant les brumes avec l’intention de maintenir l’illusion. De donner l’impression aux peuples qu’ils contribuent à la construction d’un règne empli de gloire et de prospérité…  Pourtant. A l’instar d’un colosse à l’estomac continuellement vide, il n’attend que la subsistance offerte par ses rouages, nourrissant soigneusement leurs rêves afin qu’ils ne puissent entrevoir leur triste condition, traçant ceux qui auront déjoué ses artifices tels les parias de sa société.

Il est, seigneur des métaux. Chacun de ses Mécanismes possède une application à l’immuable précision. Et tous s’évertuent à glorifier cette grotesque divinité, sans but ni réalité…


Muses


« Certaines causes méritent que l’on se batte pour elles… »

Au cœur du désert, une fleur s’élève.
Les vents soufflent, plus puissants que jamais.

Dès la genèse des civilisations, Eux furent érigés tels les gardiens de l’envers du miroir, voilant le véritable aspect de la Consécration. Guidé par une insatiable fureur, Ils défendirent la réalité, embrumant l’esprit du Commun au travers d’un conglomérat d’aberrations voué à la seule protection du Secret. Ils creusèrent les sépultures des Endormis, y abandonnant les corps décharnés de ceux qui n’avaient point cerné la véritable étendue du mensonge. Ils s’opposèrent à l’odyssée des Eveillés, flouant leurs prunelles afin d’oblitérer leur marche jusqu’à l’Eden.

Néanmoins, une perle d’écume s’est incrustée dans les rouages de cette immuable mécanique. S’extirpant  des tréfonds de la fange, croissent de mirifiques naïades, reliquat des plus majestueux trésors de l’humanité. Elles sont la force qui brule au sein des peuples, cette ardeur qui, jamais, ne s’effacera. Elles perdurent à l’instar de ces astres qui resplendissent par delà l’horizon. Les sables chantent sous leurs pas, teintant l’âme des combattants d’une myriade d’espoir. Sous leur joug, les rêveurs se libèrent de leurs carcans d’immobilisme, marchant à leurs cotés dans les méandres du chaos.

Elles sont la muse du poète.
Elles sont l’utopie du penseur.
Elles sont ce songe que nous espérions tous, cet avenir à l’immuable splendeur.

Leurs chaines s’évanouirent subtilement sous la puissance des cieux.
Ebréchant l’éternel recommencement, les légataires de l’Histoire auront abandonné leurs geôles, cessant de concevoir les mythes avec l’espoir de les vivre. Durant trop longtemps, ils auront été l’impalpable, naviguant à l’ombre des protagonistes de l’élégiaque épopée des Eveillés. Toutefois, les compagnes de Calliope auront eu raison de leur inconsistance, sublimant leur foi balbutiante, leur offrant une cause.

Et, à présent, ils s’avancent en conquérants sur les champs de bataille, porté par ces mélopées dont ils furent autrefois les auteurs. Nulle souffrance ne pourra oblitérer leur espérance. Nulle défaite ne pourra terrasser la fougue venue les animer. Car telle est la destinée de ceux qui contemplent le visage de la perfection : Vivre en héros ; Accepter tous les sacrifices afin d’admirer une dernière fois les traits de ces chimères. Lutter jusqu’à la fin ; Périr sous l’égide des croyances, en protecteur de ce joyau d’infini qu’est celui de l’Amour.


Dernière édition par Drystan le Jeu 26 Déc - 15:22, édité 3 fois
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Lilith
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MessageSujet: Re: Espoirs, Rêves et Machines   Lun 2 Déc - 11:49

C'est moi! Heureux

J'ai lu, les trois derniers textes pq leurs titres ont tout de suite accroché la fibre lectrice en moi.

J'ai beaucoup aimé le Pantin et Mécanisme (c'est un mot très beau d'ailleurs, très porteur). Et au début, en lisant les deux à la suite, j'ai cru qu'en réalité justement, ils se suivaient. Tu as marqué ça:
Citation :
Seul demeure le matin, drapé d’une éternelle beauté.
et moi j'ai lu "pantin" au lieu de "matin". Coincidence? Je ne crois pas.

Je me demande, car ce n'est pas clair, qu'elle est la logique entre ces deux textes? Ils ont l'air très liés et pourtant tu les as séparés. Dommage!

Sinon sur la forme, elle est très maitrisée mais nous laisse carrément sur notre fin. On dirait comme l'a dit Cassi sur un autre texte à toi, que tu nous livre un extrait de quelque chose de plus gros, de plus conséquent. Je ne sais pas si tu comptes prolonger ces textes mais il faudra changer la structure le cas échéant car ton écriture telle quelle ne convient qu'à ce genre de format très court. Même si très bien menée.


Enfin. Mon coeur va particulièrement au dernier texte "Muses". C'est horrible. j'ai eu un frisson. Un écho. Ce qui veut malheureusement dire pour toi que je vais avoir envie d'écrire un truc autour de ton texte ^^
Il m'a rappelé ce que j'avais écrit avec "Le palais d'obsidienne" et je l'ai trouvé très interessant. Il mériterait d'être développé en tout cas, moi j'ai envie d'en savoir plus Heureux

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MessageSujet: Re: Espoirs, Rêves et Machines   Lun 2 Déc - 12:35

Eh bien... Tu connais déjà mon avis sur le pantin, j'ai été ravie de découvrir les autres :-) je rejoins Lilith et Cassi, mais je pense que plus qu'écrire un tome long pour chaque tu purrais juste nous donner une "carte" de tes écris. Car on sens en quelque sorte qu'ils font partie d'un tout qui est en quelque sorte ton petit monde, et que ces textes sont autant de fenêtres qui nous en montre une infime partie.

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MessageSujet: Re: Espoirs, Rêves et Machines   Lun 2 Déc - 13:08

Je plussoie vivement.
Il n'y a pas beosin de faire un roman fleuve de chaque partie, mais une nouvelle, ou novella comme dirait Dvb, d'une dizaine de pages, c'est déjà pas mal!

Après personnellement, l'idée de faire un tome long sur un texte me bloque souvent. Je prégère me dire que je vais en faire une nouvelle et voir ce qu'il se passe. Comme ça pas d'obligation et pas de contraintes trop grandes. La nouvelle, c'est assez libre.

D'ailleur. Point culture du jour: le prix Nobel de littérature a été attribué cette année à un recueil de nouvelles! Comme quoi Heureux

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MessageSujet: Re: Espoirs, Rêves et Machines   Lun 2 Déc - 13:15

J'ai l'impression que tu te retiens, comme si tu voulais ne pas trop charger l'histoire. Il ne faut pas partir dans l'excès, car, au final, on se lasse de lire un texte trop lourd. Mais il est dommage de n'avoir qu'une ébauche de toutes ces nouvelles. Après, en faire un/des Tome(s) Long je trouve ça peu judicieux, tu ne pars pas toujours dans ce que tu veux. A moins d'avoir toutes l'histoire dans la tête.

Merci d'avoir partagé !

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Drystan
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MessageSujet: Re: Espoirs, Rêves et Machines   Mar 3 Déc - 1:06

Tout d'abord, merci pour vos commentaires. Je suis très touché.
Ma sœur me connait bien. Les textes que j'ai écrit ici sont en effet des petits morceaux de mon Univers intérieur, de ces songes qui nous emportent quand nous avons l'esprit ailleurs. C'est aussi pour cela que je n'écris pas plus. Pour chacun de ces textes, j'ai laissé glissé mes mains sur le clavier jusqu'à que je sente qu'il était temps de s'arrêter, que la fibre d'inspiration était passée. Je pourrais certes les continuer, mais je les aime tels qu'ils sont, petits éclats d'une fresque gigantesque. Car oui, le Pantin, Muses, les Éveillés et Mécanismes sont liés dans le temps et l'espace, même si je ne conçois pas toujours ces liens - j'ai écris Mécanismes et le Pantin à plusieurs mois d'intervalle et ce n'est que suite à ta remarque; Lilith, que j'ai remarqué le lien évidant entre les deux. Ils racontent tous l'histoire d'un Crépuscule et de l'Obscurité qui s'en suit, elle qui laissera finalement place à l'Aube. Mécanisme est ce Crépuscule, le Pantin ses derniers soubresauts ou l'annonce d'un jour nouveau - c'est un chant à l'Espoir et l'Espoir vient à l'Aube ou au Crépuscule, pas lorsque tout est vain -, les Éveillés la Nuit et Muses - ce dernier étant construit sur le même fond que les Eveillés - l'Aube.
Ecrire une nouvelle sur ce sujet me sera difficile. Il s'agit de l'un de mes thèmes récurrents et il me faudrait vraiment m'y consacrer de toute mon âme et de toute ma plume pour arriver à un rendu qui me satisfasse. Qui plus est lorsque le Héros est une civilisation et son histoire celle des siens - j'ai déjà composé une nouvelle de ce type au travers d'un Arbre-Dieu, sans être satisfait du rendu final. J'attendrais d'avoir la particule d'inspiration adéquate - en espérant qu'elle ne tombe pas sur le chat de ma collocation, il ne saurait vraiment pas quoi en faire... - avant de me lancer sur ce texte. Et je continuerais sans doute de faire des OS sur le sujet, afin de compléter la fresque ! Car, hélas, ma plume est, pour le moment, une servante de la Geste d'Inconscience - là aussi, je mets fréquemment des "OS" en rapport avec le texte, lors que l'inspiration m'en prend... - et risque de le rester jusqu'à sa fin.
L.I.S, je te remercie pour tes commentaires, tant sur ce texte que sur le Cimetière de l’éternité. J'espère que je ne te décevrais pas dans mes prochains textes !
Tristan.

PS : Lilith, Si tu souhaites te servir des Muses pour écrire l'un de tes textes, j'en serais honoré. N'est ce pas la raison d'être des compagnes de Calliope que celle d'inspirer autrui ?
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Drystan
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MessageSujet: Re: Espoirs, Rêves et Machines   Jeu 26 Déc - 15:31

Ajout de deux autres textes :
- Une introduction de ce Sujet "Espoir, Rêves et Machines" intitulé "Le Palais des Merveilles".
- Un texte dans la Continuité des Eveillés et du Pantin de Jade, intitulé "Crépuscule".
Je vous souhaite une excellente lecture et de bonnes fêtes.
Drys'.
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MessageSujet: Re: Espoirs, Rêves et Machines   

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Espoirs, Rêves et Machines
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