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 Le cachot divin

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Mike001
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MessageSujet: Le cachot divin   Lun 31 Mar - 13:55

Spoiler:
 


Le cachot divin


La pièce était de bonne taille, mais tristement décorée. Deux tables placées en parallèle remplissaient l'espace et des plantes artificielles masquaient les coins où de la moisissure s'étendait. Assis au bout de la table de gauche, deux femmes et un homme s'échangeaient des cartes. Leur extrême beauté et la finesse de leurs parures dorées flétrissaient le lieu ; d'eux s'échappaient les seules couleurs et chaleurs de la salle. Ils rayonnaient d'une puissance telle que les murs peinaient à les contenir. Un autre homme tout aussi magnifique faisait les cent pas à leur côté mais si les trois premiers paraissaient se contrôler, lui bouillait d'un feu intérieur indomptable. Soudain, l'une des femmes craqua :

« Arrête de tourner et virer !
— Combien de temps on va devoir rester ici ? répliqua-t-il d'emblée.
— Tu demandes ça tous les jours...
— À juste titre. Je n'en peux plus.
— Si tu nous rejoignais nous pourrions jouer à la belote.
— J'en ai marre de la belote. Je veux sortir !
— Je sais.
— Je sais que tu sais.
— Tu fais chier, Arès. Vraiment chier. Continue comme ça une ou deux décennies encore et je te jure que j'éclate ta tête contre le mur. »

L'homme cessa tout mouvement et fixa la femme.

« C'est tentant. Il y aurait enfin de l'action. Tu as vraiment de bonnes idées, Athéné. Vraiment. Le Père doit être si fier de toi, railla le dieu de la Guerre.
— C'est-à-dire que son choix n'allait pas se porter sur un gros crétin comme toi. Tu n'es bon qu'aux basses besognes, Arès. Je m'étonne même qu'on te laisse nettoyer les chiottes. »

Les deux divinités grecques se lorgnèrent, prêtes à en découdre à la moindre provocation de plus.

« Cessez vos enfantillages, réclama Apollon, ou je m'en vais et je préviens Père au passage.
— Balance, siffla Arès.
— Je crois que vous ne vous rendez pas compte à quel point vous êtes désagréables. Je devrais vous filmer et vous montrer les images.
— Tu as une caméra ? demanda Athéné.
— Moi non, Héphaïstos oui.
— Et bien prends-la alors.
— Il n'a pas voulu me la prêter, sous prétexte qu'il s'en sert.
— Qu'est-ce qu'il peut bien filmer d'intéressant dans ce trou ? interrogea Arès.
— À mon avis il l'utilise avec Aphrodite.
— Oh...
— À part Zeus et toi, quel autre mâle n'a pas joué à Kubrick avec elle ? s'intéressa Athéné.
— Pas moi en tout cas, se vanta Arès.
— Nous nous en doutions.
— Puisque tu refuses la chaleur de tes cuisses il faut bien que je trouve une paire de rechange.
— Quelle élégance ! rétorqua Artémis.
— Ah, mais tu as une langue ?! Ce n'est pas la peine de parler anatomie avec toi, tu es trop farouche. »

La déesse de la Chasse battit le paquet de cartes et fit quatre tas.

« Assieds-toi et mets-la en veilleuse.
Bon, bon. »

Ils jouèrent ainsi en silence pendant près d'une heure et enchaînèrent les parties avec une rapidité trahissant leur accoutumance à l'oisiveté. Un bruit lointain vint perturber ce calme fugace et fut suivit d'un tremblement. Un léger nuage de poussière se dégagea du plafond.

« Qu'est-ce qu'ils ont ces humains à creuser sans cesse ? Un jour ils tomberont sur l'entrée et on aura pas l'air cons, maugréa Arès. Quand je pense que lui Il peut aller où Il veut !
— Ne revenons pas là-dessus, prévint l'incarnation de la Sagesse.
— Pourtant on devrait. Il nous a enfermé là depuis plus de deux millénaires et on ne doit rien dire ? On doit le laisser faire ?
— Si je me souviens bien tu as tenté de le transpercer de ta lance à plusieurs reprises sans réel succès, rappela Artémis. Il est plus fort que nous. Tout le panthéon gréco-romain était sur lui et il en est sorti victorieux. En riant en plus !
— C'est un frimeur.
— Il a de quoi frimer aussi, précisa Athéné. Il a muselé tous les dieux d'Europe, d'Afrique et d'Amérique. Nous avons été les premiers à tomber et pour achever Son tonitruant triomphe il s'est renommé : Dieu. Histoire d'enfoncer le clou.
— Il a été gracieux, nota Apollon.
— Ah ouais et à quel moment ? À aucun instant je n'ai remarqué que me faire enfermer dans un putain de bunker secret relevait d'une personnalité aimable ! gronda Arès.
— Il aurait pu nous tuer.
— Est-ce certain qu'il en ait la capacité ? Ça n'a jamais été prouvé, signifia Artémis.
— Au moins il nous a mis internet. »

Les quatre frères et sœurs pouffèrent.

« Ceci dit, on a évité le Tartare.
— Uniquement parce qu'il ne voulait pas mettre tous les œufs dans le même panier, c'est évident. »

Arès se pencha en avant et chuchota :

« J'ai un plan pour nous échapper.
— Toi ? Toi, le dieu sanguinaire tu as un plan ? Excuse-moi si cela me surprend un peu, se moqua la déesse de la Sagesse.
— On m'a aidé, confessa Arès, gêné.
— Qui ?
— Hadès, Poséidon et Hermès.
— Hermès en conspirateur ? Je peine à le croire, s'étonna Artémis.
— Je ne sais pas si je veux l'entendre. Si Zeus l'apprend...
— Il ne l'apprendra que si tu caftes, Athéné. Zeus n'est plus tout puissant. Zeus s'est fait détrôner, comme il avait détrôné Cronos qui lui-même avait castré son père, Ouranos. Ça fait des siècles qu'il ne règne plus, il ignore comment agir. Être enchaîné n'est pas son domaine. Ni le mien. Sauf que contrairement à lui j'ai la volonté de me barrer d'ici et fissa.
— Quel est ce plan alors ? hâta Apollon.
— Vous promettez de ne rien dire ? »

Artémis, Apollon et Athéné hochèrent la tête.

« Lucifer est la clef. L'archange déchu, l'angelot aux ailes noires. Il est le maître des Enfers. Si on s'y rend...
Comment tu veux y aller ? le coupa Pallas Athéné.
— Laisse-moi finir, tu veux ? Donc je disais : si on s'y rend et qu'on arrive à le convaincre de se battre à nos côtés, ou tout du moins de ne pas nous mettre de bâton dans les roues, on pourrait recruter une armée. Les Champs Élyséens sont remplis de héros, ils pourraient nous prêter leur force et leur épée, et alors nous combattrions Dieu et ses légions d'anges.
— Il y a d'énormes failles dans ce plan. De quelle façon tu comptes te rendre aux Enfers ? Lucifer nous aiderait ? Qui te dit que les héros nous suivront ?
— Pour se rendre aux Enfers il faut mourir, annonça le fléau des hommes. D'une certaine façon tu as raison, dieu des chants : Dieu ne voulait pas nous tuer car cela aurait été rassembler la mauvaise graine. Il ne désirait pas que nous fricotions en compagnie de son damné porteur de lumière. »

Les dieux prirent un instant pour réfléchir. Apollon gratta distraitement sa joue glabre et regarda sa sœur jumelle. Ils partageaient les mêmes yeux et traits fins que leur mère. Leurs cheveux étaient de délicates boucles d'or ; Artémis les portait longues et les tiraient en arrière pour les coiffer, tandis que son frère leur permettait d'onduler à chaque mouvement. Le nez les distinguait particulièrement : celui d'Apollon était écrasé et large alors qu'Artémis l'avait aquilin.
Pallas Athéné, elle, faisait plus âgée. Elle possédait un visage rond, et ses yeux profonds captivaient toute l'attention. D'ordinaire son regard impénétrable était la marque de son assurance, ses sourcils froncés de dures remontrances et les rictus au coin de son ample bouche exprimaient ses pensées insultantes. Là, Athéné connaissait l'incertitude. Devait-elle se passer des ordres de son père et décider par elle seule ou courir l'avertir des nouvelles traîtrises de ses enfants ?

« Alors, quel est votre choix ? requit le dieu de la Guerre à l'abondante barbe hirsute.
Nous partagerons ton sort, parla Apollon après que sa sœur eut accompli un imperceptible acquiescement.
Bien, merci. Athéné ? »

Voyant qu'elle ne répondait pas immédiatement il poursuivit :

« Toute ton existence tu t'es inclinée devant les décisions de Zeus. Aujourd'hui, il n'en donne plus. Choisir ta propre voie n'est pas manquer à un serment ou lui planter un poignard dans le dos, non. Tenter de libérer notre race n'est pas un crime. Tu es une brillante stratège, Athéné, ton aide serait inestimable.
— Il est rare de t'entendre parler si sagement, Arès, toi qui t'emporte si facilement.
— Selon les circonstances je peux devenir sérieux. Celle-ci est suffisamment importante pour requérir une certaine gravité. Si cela peut te rassurer je me départirai de toute cette solennité lorsque je planterai de nouveau ma lance dans ce maudis imposteur monothéiste !
— Parfait, j'en suis, dit-elle en souriant légèrement.
— Je vais voir Hadès pour l'avertir de votre participation. Hermès vous préviendra quand ça commencera. »
Puis, Arès quitta promptement la pièce. Artémis ramassa les cartes et ils entamèrent une nouvelle partie.

Une certaine tension était palpable dans le salon d'Hadès. En dépit de leur prestance divine, les six invités, vêtus de somptueuses cuirasses, s'agrippaient nerveusement aux armes qu'ils avaient apportées. Une haleine de mort se répandait hors de la gueule d'Hadès et imposait une obéissance craintive aux jumeaux et aux dieux de la Guerre. Poséidon qui ne subissait pas l'influence de son néfaste frère trahissait la même impatience meurtrière qu'Arès avait montrée précédemment. Quant à Hermès, son flegme et son désintérêt manifeste à l'affaire l'immunisait. Il s'était adjugé un fauteuil et écrivait des messages sur du papier.

« Tu es sûr que nous ne craignons rien, Hadès ?
— Combien de fois faudra-t-il que je le répète, Maître des chevaux ? Tu mettais fin aux vies avec tes séismes et tes raz de marée, mais moi j'accueillais ceux que tu envoyais dans l'au-delà. Je connais les arcanes de la mort.
— C'est qu'il est étrange d'imaginer que nous, immortels, finissions aux Enfers à l'instar des races inférieures, s'inquiéta Poséidon. Je préférerais ne pas finir dans l'estomac de Khaos si j'en avais la possibilité.
— Fais-moi confiance, mon frère, dit Hadès après un soupir mortifère. Tant que tu ne touches pas les eaux qui s'y trouvent tout ira.
— Que je sois le premier alors. »

Sans ambages l'ancien seigneur des Enfers souleva sa lance à deux fourches et transperça Poséidon sous l'aisselle. Ce dernier gémit de surprise  puis s'effondra lourdement. Ensuite, Hadès avança vers ses quatre neveux regroupés, ils tressaillirent et reculèrent par instinct de survie, mais il ne leur fut pas donné le temps de se soustraire au trépas. Sachant que son tour était venu, Hermès invita le coup en levant le bras pour que la lance s'enfonce aisément.
Les dieux apparurent successivement aux Enfers. L'endroit était une fournaise insupportable faite de lave et de roches luisantes à perte de vue. Une seule voie surplombait de quelques mètres le magma incandescent et le longeait. Des chaînes et des crochets rouillés pendaient çà et là en un cliquetis métallique au-dessus de leur tête.
Au plus grand soulagement de ses compagnons, Hadès surgit.

« Hmm, ça a changé depuis la dernière fois. Regardez ce qu'ils ont fait à mes fleuves ! se plaignit-il. C'est tellement attendu comme mise en scène, une satanée faute de goût.
— Tu parviendras tout de même à trouver la route ?
— Naturellement, pour qui me prends-tu ? C'est moi qui ai fait le plus dur depuis le début je te signale. J'imagine que vous me prenez pour un dieu sans cœur mais ce n'est pas vous qui avez dû tuer d'autres dieux. J'aurai à vivre en compagnie du souvenir de six cadavres divins ensanglantés et prostrés à mes pieds.
— Oui, oui, tu nous es indispensable, tu as accompli un énorme sacrifice et on te remercie pour ce que tu as fait. On peut continuer maintenant ? hâta Poséidon.
— Tu ne connais la compassion. »

Ils marchèrent durant des heures jusqu'à ce que le décor change finalement. Une noire demeure était la destination de ces coulées de roches en fusion ; un manoir d'obsidienne aux gargouilles hurlantes, composé de tours qui griffaient et raclaient les sens. Les portes étaient une ode à l'art subversif voire déviant, mais bien que finement ciselées elles représentaient les actions les plus abjectes et repoussantes que des êtres vivants puissent commettre. Apollon, défenseur des beaux arts, fut le plus dégoûté par ce qu'il voyait et il dut prendre un temps pour récupérer ses esprits. Il remercia en silence l'absence des railleries paillardes qu'Arès aimaient proférer habituellement lorsqu'il en avait l'occasion. En fait, il ignorait que son frère évitait le moindre contact visuel avec les sculptures tant elles le mettaient mal à l'aise.

Les hautes portes s'ouvrirent, lentement en un son de mauvaise augure. Une fois qu'elles furent pleinement écartées, une longue allée entraîna les dieux grecs au milieu de colonnes démesurées. Un massif autel cérémoniel boisé avait été érigé ; des taches de sang en imprégnaient la surface.  Dix marches plus loin, un trône aux ailes de chauve-souris commandait.

« Bienvenue, accueillit chaleureusement Lucifer, bienvenue. C'est donc aujourd'hui que l'univers m’amène mon lot de surprises.
— Nous avons pu constater que tu as su apporter ta touche personnelle aux Enfers, répondit Hadès. Une surprise de taille également.
— Tu aimes ? Et comment vous avez trouvé ma toreutique ? Je l'ai faite moi-même. Exquise, non ?
— Honnêtement ? Pas du tout, j'ai eu l'estomac au bord des lèvres.
— Oh, dommage. Moi ça m'excite comme pas permis.
— Grand bien te fasse.
— Que puis-je pour vous ? Odieux qui ont quitté leur cachot ? Hihihi, vous avez entendu, j'ai fait un jeu de mots ?
— Nous avons besoin de ton aide, Lucifer, toi qui fut de notre race, le dieu de Lumière et de Connaissance, annonça Poséidon.
— Me voilà éclairé, plaisanta Lucifer.
— S'il te reste ne serait-ce qu'une once d'honneur joins-toi à nous. Ton ralliement à Dieu sera oublié lors du rétablissement de notre panthéon.
— Vous me demandez de retourner ma veste en somme.
— On peut dire que tu es passé maître dans l'exercice, non ? Tu nous as bien trahi pour rejoindre Dieu. Il t'a récompensé en faisant de toi un archange, l'un de ses lieutenants. Mais tu as voulu une part plus grande et tu as initié une rébellion. Tu croupis ici en récompense, dans la déchetterie du monde.
— Pendant que vous pourrissiez dans vos prisons moisies. Qui s'amuse le plus ? Mooooooi. »

Arès se pencha vers Hadès et Athéné, et souffla :
« Il est complètement dérangé.
— Silence, ne nous compromets pas. »

Lucifer se leva promptement et sauta sur son trône. Il riait fort et les éclats aigus se répercutèrent dans la cathédrale impie.

« Vous êtes un bon divertissement. Vous croyez tout savoir. Oui, tout. Mais non ! hurla-t-il. Son visage virait au rouge sous la colère. NON ! Moi seul sait. Il y en a peu qui sont au fait de l'affaire. Forcément, Dieu sait absolument tout, sinon je ne traînerais pas dans ce taudis. Zeus sait aussi, ainsi que son petit cabot ailé. Je parle d'Hermès en effet. »

Les dieux se retournèrent pour le regarder et lui demander des explications mais il était introuvable.

« Il est parti. Surpiiiiiiiise. Quelle bande de crétins vous faites. Il a toujours été fidèle à Zeus. Et oui, Athéné, tu vas avoir des problèmes. Vouloir renverser Dieu pour mettre Hadès ou Poséidon – quoi que d'après mon petit doigt Hadès a abandonné la première place en échange d'un royaume plus avenant que celui-ci – en lieu et place de Zeus, ce n'est pas très sympathique.
» Hermès est la fidélité incarnée. Comme moi.
— Toi ? Tu n'es qu'une sombre merde que je vais étaler sur ces colonnes ! avertit Poséidon.
— J'étais l'agent de Zeus chez Dieu. Pourquoi crois-tu que j'ai lancé une guerre civile à ton avis ? Seulement, le roi des dieux m'a abandonné à mon sort. Vous deviez nous rejoindre dans la bataille, les anges que j'avais réussi à corrompre et moi. Seulement Zeus a préféré manquer à sa parole. Résultat des courses : nous avons tous été enfermé deux millénaires !
— Je ne te crois pas !
— Tu devrais, tonna une nouvelle voix.
Oh non, sanglota Lucifer. Dieu. »

Dieu révéla sa présence, immobile au centre de la nef et équipé dans un style comparable à celui de ses opposants grecs. Sa lance était lourde et ne pouvait être soulevée et lancée que par sa main. Son casque au doux cimier d'or luisait. Son bouclier était épais de cinq couches et chaque centimètre de sa surface travaillé de telle sorte qu'il représente les étoiles, le ciel et des cités. Son armure étincelait et dispersait les ténèbres environnants. Il était une figure antique, les aèdes narraient son épopée, les poteries affichaient ses batailles et les guerriers scandaient son nom.

« Achille, murmura Artémis.
— Ne vous avais-je pas averti que Dieu savait tout ? déclara Lucifer.
— Vous deviez rester dans vos cachots, vous avez osé ne pas respecter mes ordres, signala Achille.
— Tu n'es pas notre roi ! rugit le dieu des mers.
— Non, je suis votre dieu !
— Ton nouveau nom est peut-être une insulte mais nous ne nous inclinerons pas à sa mention.
— Si la prison ne vous satisfait pas je peux vous trouver des cages personnelles. Je m'arrangerai pour qu'un corbeau vienne festoyer sur votre chair, ça rappellera quelques histoires. Sinon je peux vous balancer dans lave. Votre peau et vos os se liquéfieront au sein des fleuves enflammés.
— Il faut gagner du temps, Hadès, marmonna Athéné. Zeus va bientôt arriver.
— Très bien. Arès, tu sais quoi faire. »

Le dieu de la Guerre recouvrit une partie de sa bonne humeur perdue et fonça sur Achille. Artémis et Apollon bandèrent leurs arcs et décochèrent des flèches afin de pousser le fils de Pélée à se protéger derrière son bouclier. Arès porta une touche contre Dieu mais elle ne fit qu'érafler son armure. En retour, celui-ci frappa son adversaire d'un vif coup de bouclier et put grâce à cela percer sa garde. Le combat se serait terminé par une victoire éclair d'Achille si Poséidon et Hadès ne vinrent pas à la rescousse du dieu de la Guerre. Achille d'un geste de sa lance écarta l'attaque de l'un et bloqua l'estoc de l'autre au bouclier. Il fit cinq pas en arrière et observa les trois dieux. Il discerna du mouvement dans sa vision périphérique :

« Tu ne parviendras à rien de la sorte, Pallas Athéné, dit Achille. Sors de ta cachette. »

La déesse de la Sagesse quitta les ombres projetées par les colonnes et alla se positionner aux côtés des combattants.

« Six contre un. Ce n'est pas équitable. D'ailleurs, ça ne l'était pas quand vous étiez une vingtaine la fois d'avant. — Peut-être que je devrais me battre avec une main dans le dos pour vous accorder une mince chance.
— Ton arrogance n'a aucune limite, Achille.
— À moins que vous n'ayez un autre Pâris sous la main, vous ne pourrez me vaincre.
— Tu étais mortel alors et quand tu nous avais affronté tu étais une âme échappée des Enfers. Mais à présent tu es un dieu, Achille. Et les dieux meurent de la main d'autres dieux.
— Tue-moi, et je réapparaîtrai à l'extrémité de ce royaume.
— Tu vas connaître les joies de la combustion magmatique, cela mettra un terme à ton existence.
— Je vous attends, enfants incestueux ! Votre sang est faible, cracha Dieu. »

L'ouverture de la porte du manoir retentit et de nouveaux personnages firent une entrée théâtrale : Zeus menait un groupe composé d'Hermès, Héra, Aphrodite, Héphaïstos, Hébé, Héraclès, Déméter et Hestia, de nymphes, de naïades et de muses. Dieu perdit de sa superbe et fut décontenancé. Plus d'une cinquantaine de divinités l'entourait et elles étaient habitées d'une soif meurtrière.

« Abandonne, fils de Pélée, ordonna un Zeus drapé d'or, ou tu ne feras qu’amplifier ta souffrance.
— Jamais ! »

Les dieux autrefois défaits n'épiloguèrent pas. Ils bondirent sur Achille qui se défendit vainement. Il réussit à en blesser trois grièvement avant de se faire démembrer. Son corps morcelé finit dans le rougeoyant Styx. Zeus insista pour jeter personnellement la tête.

« C'est la fin de ton voyage, Dieu. Les anciens peuvent reprendre les rennes et effacer des mémoires ton règne éhonté, clama le roi des dieux. » Cela dit, il dévisagea ses deux frères aînés et ses quatre enfants. Ils resserrèrent les rangs tandis que Zeus marchait vers eux. Athéné se mit à genoux et embrassa les pieds du roi restauré.

« Zeus Père, pardonne-moi. Je n'ai pas agi pour que ta place te soit dérobée, mais pour que notre panthéon récupère son autorité.
— Ma fille. Ma naïve fille, dit Zeus, caressant tendrement les cheveux et le visage d'Athéné. Ton châtiment ne peut être différent. Je suis désolé. »

Elle écarquilla les yeux quand il lui enfonça sa foudre en plein cœur.

« Aphrodite, tu sais quoi faire. »

La déesse aux magnifiques courbes attrapa sa sœur et la traîna en direction de la sortie. Les cinq mutins restant reculèrent désespérément et atteignirent l'autel et le trône ailé. Hadès et Poséidon savaient que le dialogue était inutile ; les jumeaux, eux, imploraient la pitié de leur géniteur. Zeus leva haut la main, paré à assouvir sa colère et user des éclairs. Lucifer l'interrompit en surgissant d'une colonne. Il trancha net le bras du père des dieux et des hommes, et planta son glaive dans le cou.

« Vois ton supplice : j'ai ma revanche. »

Libérés du danger, les mutins eurent un sourire cruel. Une promesse de sang planait entre eux et les suivants de Zeus. L'affrontement pour le titre de Dieu s'annonçait.

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Dernière édition par Mike001 le Sam 5 Avr - 14:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le cachot divin   Ven 4 Avr - 22:53

Une histoire mythologique fort sympathique. Je ne savais pas que l'on pouvait aussi appeler Athéna, "Athéné". Comme toujours, bien mené et bien écrit. Un bémol, toutefois, avec cette chute extrêmement brutale - je suppose voulue - qui ne dessert pas vraiment le reste du texte. Dès l'arrivée de Zeus, les événements s’enchaînent beaucoup plus, voir trop, vite. Et c'est un peu dommage.
Sinon, une petite faute :

Mike a écrit:
— Vous deviez rester dans vos cachots, vous avez oser osé ne pas respecter mes ordres, signala Achille.
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MessageSujet: Re: Le cachot divin   Sam 5 Avr - 14:04

Je partage ton avis avec la chute, je la trouve médiocre. Mais d'un côté je n'avais pas envie de poursuivre plus loin le récit et d'ajouter un pavé de description d'un nouveau combat. Si je trouve comment mieux la tourner, j'éditerais.

Merci d'avoir lu, commenté et corrigé (:

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MessageSujet: Re: Le cachot divin   Mar 22 Avr - 23:11

très sympa comme histoire. le mélange de mythologie, de stratégie, de guerre, tu pourrais écrire des contes que ça se publierait très certainement et très bien! ^_^

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MessageSujet: Re: Le cachot divin   Mar 29 Avr - 21:28

Excellent et étonnant. J'avais déjà pensé à une histoire dans le même genre, mais l'idée de mettre Achille au rang de Dieu unique est géniale. Je pense que tu devrais revoir la fin, et nous balancer une suite de cette histoire, pourquoi pas en faire une série. La mythologie du 21ème siècle vu par Mike, tu maîtrises vraiment le sujet, qui mieux que toi peut le faire sur TA ?

Par contre je n'aime vraiment pas l'idée que les dieux tels que Arès, Héphaïstos et toutes la clic puissent parler aussi grossièrement.


Mike a écrit:
« Arrête de tourner et virer !
— Combien de temps on va devoir rester ici ? répliqua-t-il d'emblée.
— Tu demandes ça tous les jours...
— À juste titre. Je n'en peux plus.
— Si tu nous rejoignais nous pourrions jouer à la belote.
— J'en ai marre de la belote. Je veux sortir !
— Je sais.
— Je sais que tu sais.
Tu fais chier, Arès. Vraiment chier. Continue comme ça une ou deux décennies encore et je te jure que j'éclate ta tête contre le mur. »

C'est un choix "humoristique" je pense, mais je trouve que sa casse le rythme du récit. Je n'ai pas apprécié la nouvelle comme il le fallait à cause de se choix dans tes dialogues. Les descriptions sont biens menées par contre, j'ai encore l'image de Dieu dans la tête. Après, dit-toi que je suis le plus grand lourdingue de la planète lorsqu'il s'agit de dialogue, je ne suis jamais satisfait.

Si de suite tu ne nous proposes pas, j'espère que tu continueras à nous partager des textes dans le même style.

Merci pour le partage, c'est toujours un plaisir de te lire !

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MessageSujet: Re: Le cachot divin   Sam 3 Mai - 14:20

Haha, je t'invite à passer deux millénaires entre quatre murs avec les mêmes mecs relous et assoiffés de sang, on verra si tu gardes un langage soutenu. Du reste, ce n'est pas parce que ce sont des dieux qu'ils doivent dès lors bien parler.
Et non, il n'y aura pas de suite.


Merci d'avoir lu et commenté (:

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