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 Les Fleurs de Miror

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dale cooper

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MessageSujet: Les Fleurs de Miror   Ven 9 Mai - 15:54

Les fleurs de Miror



« La lune habile montre un chemin
Suivant le fil qu'on coupera demain
C'est si facile, main dans la main
D'y croire encore...

Là où on met les voiles
Ce soir on va danser
Compter les étoiles
Sans se soucier du passé »

Poom – Les Voiles


Le hublot circulaire offrait à Dan un paysage propice à la rêverie. Assis face à ce bout d'espace, ses pensées flottaient au gré du mouvement de l'astroport. Il avait débarqué de la navette depuis près de cinq heures déjà et attendait depuis des informations de la compagnie de transport. Tous les départs étaient suspendus jusqu'à nouvel ordre : une tempête solaire en provenance d'Epsilon Eridani empêchait momentanément le trafic spatial. Dan prit son mal en patience ; après tout il avait déjà parcouru des dizaines de parsecs depuis sa planète natale, il pouvait bien encore attendre quelques heures avant de reprendre son périple vers la Terre.

La station d'Eridan était sa dernière escale avant d'atteindre le berceau de la civilisation. Sa faible distance par rapport au système Sol en faisant l'un des terminaux les plus fréquentés de la galaxie. Les statistiques qui défilaient sur les panneaux d'information indiquaient que plus de cent millions de voyageurs la fréquentaient tous les ans (en années terrestres standard). Le chiffre lui paraissait incroyable : autant de destins qui se croisaient à bord ; quelles étaient les chances de rencontrer deux fois la même personne dans un tel endroit ?

Dan rit à cette idée ingénue. Les gens se fichaient bien du destin de leurs voisins. Après tout, chacun courait après ses propres rêves. Le sien l'avait poussé à quitter sa famille une semaine plus tôt. Il avait laissé le caillou froid de Volgorad, à des milliards de kilomètres derrière lui, attiré par la Terre et ses innombrables opportunités. Après des siècles d'exploration et de colonisation, la « vieille bleue » demeurait encore le centre névralgique de la galaxie humaine malgré sa position excentrée.

« Je peux m'asseoir là ? »

Dan s'extirpa de sa torpeur et leva les yeux vers la jeune fille qui s'adressait à lui. Il la dévisagea un moment, incapable de lui répondre, ses yeux fatigués d'avoir trop fixé la danse des étoiles.

« Bien sûr, allez-y, bredouilla-t-il. »

La fille s'installa. Blonde et élancée, elle jeta à bas son énorme sac à dos d'un geste vif. Elle semblait déborder d'énergie, ou plus exactement, habitée par une colère sourde.

« C'est pas croyable, ça, s'exclama-t-elle sans le regarder. Des siècles d'évolution et d'avancées technologiques, et nous voilà enfermés dans ce tas de ferraille à cause d'un courant d'air !
— C'est un tout petit peu plus complexe. À vrai dire, il n'y a pas de courant d'air dans le vide ; c'est un rayonnement solaire qui bloque la...
— Ouais, c'est ce qu'ils arrêtent pas de répéter au guichet. N'empêche que ça fait des heures qu'on est coincés et qu'ils sont incapables de nous dire quand on pourra repartir.
— Sur le panneau d'information, ils disent que l'étoile a un cycle de...
— On s'en fiche de ce que disent les panneaux ! Tu t'y connais en physique ?
— Non. Je suis...
— Excuse-moi, je suis en train de passer mes nerfs sur toi, alors que tu n'y es pour rien. Je m'appelle Mary-Ann.
— Enchanté. Moi c'est Dan.
— Salut, Dan.
— Tu étais sur le vol de Sisbak, non ? J'ai l'impression de t'avoir croisé dans la navette.
— Ouais ! T'as l'œil dis donc.
— Disons qu'avec ta tenue, on a du mal à te manquer, expliqua le garçon en détaillant les vêtements bigarrés de son interlocutrice.
— Qu'est-ce quelle a ma tenue ? lui demanda la jeune fille en se tournant vers lui.
— Rien ! s'exclama Dan, regrettant déjà sa remarque. C'est juste que là d'où je viens, les filles ne portent pas de couleurs aussi clinquantes.
— Et de quel coin paumé tu viens ?
— De Volgorad.
— Jamais entendu parler.
— Ce n'est pas étonnant. Il s'agit d'un tout petit satellite naturel autour d'une géante gazeuse d'où on extrait de l'hélium. À vrai dire, c'est un simple rocher gelé sur lequel on ne voit jamais la lumière du jour. Tout le monde vit à l'intérieur et s'habille en combinaison à cause des basses températures.
— Quelle horreur. Il y a un habitat comme ça près de chez moi. Personne ne veut y travailler, du coup la compagnie minière est obligée de payer une fortune les ouvriers pour les inciter à y aller.
— Et toi ? D'où tu viens ?
— Moi, j'arrive tout droit de Torpedo. Une planète pleine de poussière et beaucoup trop chaude. Tu connais ?
— Je crois en avoir entendu parler. Au moins tu vis en surface, c'est déjà pas mal.
— Maigre consolation. C'est un endroit d'un ennui mortel. Il ne s'y passe jamais rien.
— Tu ne t'y plais pas ?
— Disons que je ne suis pas faite pour la vie coloniale. C'est pour ça que je vais sur Terre. — Je veux aller vivre en Californie. Mes grands-parents sont originaires de San Francisco. S'il y a un endroit où je peux réussir ma vie, c'est bien là.
— Tu vas t'installer sur Terre ?
— Oui. Je compte bosser dans un bar ou un restau' pour me payer des cours de danse et démarrer une carrière. J'étais pas mauvaise dans mon genre sur Torpedo. J'ai gagné quelques concours, mais le public est un peu limité, si tu vois ce que je veux dire.
— Ne m'en parle pas. J'imagine très bien. Chez moi, c'est encore pire : il n'y a même pas de place pour creuser un théâtre ou une salle de spectacle. On se contente d'organiser des tournois de boxe ou de basket. Mais avec une gravité aussi réduite, les règles ont du être adaptées.
— Tu vas sur Terre, toi aussi ?
— Oui. J'ai besoin de changer de paysage. Je veux aller en Europe, à Paris. Il y a tant de choses à découvrir là-bas. J'en ai besoin pour trouver l'inspiration.
— L'inspiration ?
— Je voudrais être écrivain ou dramaturge pour les réseaux médias. Pourquoi pas tourner des films. Ce n'est pas sur Volgorad que j'y arriverai. On reçoit à peine les programmes galactiques, et toujours avec des années de retard.
— Et dire que je me plaignais des conditions chez moi !»

Mary-Ann adressa un sourire complice à son compagnon de voyage. Elle resta un instant à le détailler du regard. Le garçon avait le teint pâle et les yeux clairs des colons qui vivaient sous la surface tandis qu'elle portait sur sa peau le souvenir doré d'une étoile généreuse. Ils échangèrent encore plusieurs anecdotes sur leurs concitoyens respectifs et  leurs mondes d'origine. Au bout de quelques minutes ils s'étaient trouvés assez de points communs pour entretenir la conversation et ne plus se soucier de l'attente interminable. Ils parlèrent de leurs espoirs terrestres et de leurs ambitions.

De l'autre côté de la rangée de fauteuils, assis derrière eux, un autre voyageur venait de se réveiller et avait surpris leur échange. Il souriait à l'évocation de leurs aspirations. Lui-même était parti de la Terre vingt ans plus tôt, pour les raisons inverses qui animaient les deux jeunes gens. Il avait rêvé d'aventures à travers les étoiles. Ses pas l'avaient mené de planète en planète, jusqu'à Miror, un monde reculé et sauvage, presque entièrement recouvert d'une dense végétation dont la richesse était encore à explorer. L'homme s'approcha d'eux et interrompit leur conversation.

« Bonjour. Je vous écoute parler depuis tout à l'heure et je me demande si... Il se tut et regarda autour de lui avant de reprendre à mi-voix. Si vous souhaiteriez avoir un aperçu de votre future vie sur Terre. Vous semblez déjà savoir pourquoi vous y aller tous les deux, mais est-ce que vous voudriez découvrir si vos rêves y seront exaucés ? »

Mary-Ann explosa de rire. Elle observa le bonhomme aux allures de baroudeur d'un autre âge. Il semblait tout droit sorti d'un vieux film pré-colonial. Elle n'en croyait pas ses oreilles : ce type les prenait pour des touristes mal dégrossis et crédules.

« Dis-moi, Papy, tu veux nous dire la bonne aventure, c'est ça ? lui lança-t-elle. »

Dan demeura stupéfait devant l'aplomb de sa comparse. Mary-Ann était décidément une jeune femme surprenante.

« Oh, ne craignez rien, je ne suis pas là pour vous arnaquer. Je vois bien que vous ne ressemblez pas à ces colons ignares que j'ai l'habitude de croiser. Laissez-moi vous parler de cette petite fleur que j'ai découverte. »

L'homme tira de sa poche un sachet contenant une poignée de minuscules bourgeons violets. Il en extirpa trois du bout de l'ongle et les avala devant eux.

« Vous voyez, je les avale : ce n'est absolument pas dangereux. Je les ai trouvé sur la planète Miror. Vous pouvez consulter le réseau si vous voulez plus de renseignements. Sachez juste que cette plante sauvage a des propriétés très étranges. Elle est tout à fait digeste et ne contient aucun élément nuisible pour l'homme. Elle provient d'un genre de symbiote qui pousse sur un arbre-forêt cent fois millénaire. Je vous parle d'un écosystème vaste comme un continent, constitué d'une seule créature vivante : un réseau de racines et d'arbres qui n'est en fait qu'un seul et même individu. Imaginez, un esprit encore plus vieux que l'Humanité, essayez de concevoir la sagesse et les connaissances qu'il peut contenir. Je l'ai étudié pendant des mois et je me suis aperçu que ces bourgeons offrent des dons de prescience. Je sais bien, ça paraît complètement fou et moi-même j'ai du mal à me l'expliquer. Je pense que ces petites fleurs renferment une infime partie du savoir de l'arbre, un savoir qui touche toute la galaxie depuis son origine jusqu'à son lointain avenir. »

Le jeune couple écoutait avec attention les délires de l'inconnu. Dan tapota sur son écran média à la recherche d'informations sur la planète Miror. Les dires du voyageur coïncidaient avec sa base de données, y compris en ce qui concernait l'existence de l'arbre-continent. L'homme bailla, soudain gagné par la fatigue, avant de reprendre son discours.

« Je vais vous laisser un échantillon à chacun et vous en ferez ce que vous voudrez. Pour ma part je ne vais pas tarder à m'endormir, puisque la plante contient un léger soporifique. Si vous avez peur que je vous fasse les poches pendant que vous expérimentez ce petit miracle, rassurez-vous : j'en ai pris assez pour dormir pendant trois heures d'affilée. Avec une seule, vous ne vous assoupirez que pendant quelques minutes. Et si... et si vous vous tenez l'un près de l'autre, vous risquez de... de partager la même... »

L'inconnu plongea dans un profond sommeil avant de terminer sa phrase. Très vite il se mit à ronfler bruyamment ce qui amusa beaucoup Mary-Ann.

« Tu y as cru à ses boniments ? demanda Dan à sa nouvelle amie.

— Pas un seul mot. Ce type-là est un drôle d'oiseau. Je ne sais pas ce que contient sa plante, mais ça a l'air plus sympa que toutes les molécules hallucinogènes que j'ai pu avaler jusqu'ici. »

Dan n'osa lui avouer qu'il n'avait jamais avaler de drogue de sa vie. Pour la simple et bonne raison que les habitants de Volgorad étaient trop coincés pour en fabriquer avec les moyens du bord. L'étrange aventurier avait éveillé en lui une curiosité vicieuse. Il fit tourner la minuscule fleur entre ses doigts, indécis.

Mary-Ann se pencha par dessus les dossiers de la rangée de fauteuils et chatouilla le nez de l'homme avec son propre bourgeon. Il renifla dans son sommeil, mais ne se réveilla pas. Sa tête penchait désormais contre son épaule et ses ronflements s'étaient fait réguliers.

« Je devrais peut-être aller en parler à un agent de sécurité, conclut Dan, ne sachant quelle attitude adopter.
— Arrête, pas pour si peu. Tu en verras d'autres bien plus allumés que lui quand tu seras sur Terre. Moi je le trouve plutôt marrant. »

Une sonnerie en provenance du plafond annonça un message imminent de la compagnie de transport.

« Nous annonçons à nos voyageurs que la tempête solaire en cours atteindra son pic dans quatorze heures. Tous les vols demeureront suspendus pour les trente prochaines heures au minimum. Nous vous invitons à contacter vos responsables de guichet pour toute information utile. Nous vous prions de nous excuser à nouveau pour ce désagrément. »

Mary-Ann fit une moue désabusée à l'écoute de cette nouvelle. Elle s'affala et tourna la tête vers Dan, l'air renfrogné.

« Bon. Il va falloir trouver quelque chose pour passer le temps. »

Dan, posa les yeux sur les pétales violets.

« Tu crois qu'on devrait... commença-t-il.
— Tu as mieux à proposer ?
— Je pourrais t'inviter à déjeuner, proposa le garçon.
— J'ai pas encore faim, lui confia Mary-Ann avec un regard complice. »

Un couple de retraités bougons s'installa sur les siège en face des leurs. Leurs mines patibulaires et leurs murmures courroucés finirent par convaincre les deux jeunes voyageurs.

« Allez, la vie est faite d'aventures, conclut Mary-Ann. On ne risque pas grand chose à part une bonne sieste. À trois on y va ! Un. Deux.
— Attends ! J'ai envie de prendre une dernière précaution. »

Dan se leva et s'adressa au vieux couple de l'autre côté de l'allée.

« Bonjour. Excusez-moi de vous déranger. Mon amie et moi allons faire un petit somme. Ça ne vous dérange pas de garder un œil sur nos affaires pendant que nous dormons ? Ça serait très gentil de votre part.»

La vieille dame fut charmée par la politesse du garçon et lui assura de veiller sur leur sommeil. Dan revint s'asseoir près de Mary-Ann et lui glissa à l'oreille un mot rassurant.

« On peut y aller, maintenant. »

Ils gobèrent leurs bourgeons tous les deux et gloussèrent, excités par les promesses de visions qui les attendaient.

Mary-Ann se blottit contre Dan et lui prit la main.

« J'aurai moins peur comme ça, lui avoua-t-elle dans un dernier sourire. »

Dan passa un bras autour de ses épaules et sombra peu à peu dans le sommeil.




« Tu m'écoutes au moins ? »

La voix sévère de Mary-Ann tira Dan de sa rêverie. Il venait de passer cinq minutes, le regard fixé sur la fenêtre. Dehors la pluie ruisselait sur la vitrine du restaurant parisien. Il aimait toujours cette ville, même après quinze ans passés à arpenter les rues de la capitale française. Ils avaient trouvé cette petite brasserie au hasard de leur promenade dans le quartier Saint Michel. L'endroit leur avait de suite plu pour son cachet typique. Les serveurs en livrées et le vin de pays lui rappelaient les délices du vieux continent. Cet endroit semblait avoir traversé les siècles pour demeurer le témoin d'un mode de vie aujourd'hui disparu de la galaxie. Il avait puisé sa fameuse inspiration dans les ruelles sauvegardées des vieux quartiers. Il devait une grande partie de son succès d'écrivain à des lieux comme celui-ci. Son épouse, exaspérée par son mutisme, soupira et se cala au fond de sa chaise.

« Excuse-moi, chérie, répondit Dan. Je repensais à notre premier anniversaire de mariage. Tu te souviens ? C'était ici.
— Comment je pourrais oublier. On vient dans ce même restaurant depuis dix ans.
— Pourtant tu m'as toujours dit qu'il te plaisait. Le cadre, l'ambiance...
— Arrête, s'il te plaît, le coupa-t-elle sèchement. Tu refuseras d'ouvrir les yeux pendant combien de temps encore ?
— Pourquoi es-tu en colère ? Dix ans de mariage, ça devrait plutôt te...
— Me quoi ? Me rendre heureuse ? Sous prétexte que toi tu t'enfermes dans tes illusions, je devrais oublier mon quotidien et ma peine ?
— Il est parfait notre quotidien. Pourquoi cette rancœur ?
— TON quotidien est parfait. Mais il n'y en a toujours eu que pour toi, pas vrai ? Ta vie, ton succès. Et moi, mes rêves, tu t'en souviens ?
— Mais toi aussi tu as réussis, Mary-Ann. Tu voulais devenir danseuse et te voilà prof et vice-directrice d'une école de danse à Paris.
— Je voulais danser, pas rester enfermée dans un bureau comme une vulgaire secrétaire et dépérir comme une étoile éteinte.
— Je ne te comprends pas. On a tout pour être heureux : un superbe appartement, aucun problème d'argent et...
— Et quoi d'autre ? Tu oublies tellement facilement. Tu ne gardes que ce qui t'arrange.
— Qu'est-ce que j'oublie. Qu'y a-t-il de plus important ? Dis-le moi.
— Tous mes sacrifices pour rien. Pour une vie sans aucun sens, sans aucune saveur. Tous mes rêves sacrifiés pour les tiens.
— Tu es cruelle, Mary-Ann.
— Moi ? Cruelle ? Alors que j'ai renoncé à tout pour toi et toi seul ? J'ai tout plaqué pour venir te rejoindre ici. J'ai laissé ma carrière en Californie, tous mes espoirs les plus fous. J'avais quitté ma famille et ma planète pour devenir quelqu'un. Pas ton ombre ou ta béquille. C'est moi qui t'ai soutenue toutes ces années où tu n'arrivais à rien. Moi qui ai trimé pendant des années pour subvenir à tes besoins. C'est moi qui t'ai trouvé les contacts, les réseaux pour t'amener au succès.
— Tu parles d'une planète que tu détestais et d'une carrière de danseuse dans un bouge.
— Comment oses-tu... souffla Mary-Ann. »

Dan regarda les larmes de sa femme dévaler ses joues blanches. Elle avait depuis longtemps perdu le joli bronzage de Torpedo. Ses rondeurs juvéniles s'étaient dissipées pour laisser place à un corps sec et musclé. Dan ne reconnaissait plus la jeune fille enjouée et pleine de vie qu'il avait rencontrée quinze ans auparavant au milieu de l'espace.

« J'ai contacté notre avocat. Je vais demander le divorce, Dan »

L'homme ne broncha pas. Il observa à nouveau le déluge qui se répandait sur la fenêtre. Les lumières se diffusaient dans chaque gouttelettes comme autant d'étoiles mourantes. Il tendit la main pour la poser sur celle de sa femme.

« Je t'en prie, Mary-Ann. Notre amour, il ne signifie plus rien pour toi ?
— Bien sûr que si. C'est pour lui que je suis restée si longtemps à tes côtés. C'est juste que...
— Repense à toutes nos années passées sur Terre. Si tout était à recommencer, ferais-tu les mêmes choix ?
— Je n'en sais rien. Tu sais, je repense parfois à ce vieux fou sur Eridan. Si on se réveillait tous les deux, l'un contre l'autre sur cette banquette, en sachant ce qui nous attend pour l'avenir : je ne suis pas sûre que je referais le voyage jusqu'au bout avec toi. Et toi ?
— J'avais presque oublié cette histoire. Moi ? Moi, je resterais ici à t'attendre dans ce restaurant. Je n'échangerais pour rien au monde cette vie avec toi.
— J'aurais du m'en douter...
— Non, Mary-Ann ! Où tu vas ? Reste, je t'en prie. »

Dan resta assis devant son assiette vide, incapable de retenir la femme blonde qui s'en allait et déjà se dissipait dans la nuit pluvieuse. Il repensa à une toute petite fleur violette et se maudit de n'avoir pas cru en leur destin.




Mary-Ann se réveilla seule dans le terminal spatial d'Eridan. Elle regarda sa main vide et paniqua. Où était Dan, son seul amour ? Était-il resté des années en arrière dans ce restaurant, refusant de la suivre jusqu'ici ? Elle le chercha du regard autour d'elle. Derrière son dossier, l'inconnu ronflait toujours, perdu dans ses propres visions. En face, le vieux couple somnolait l'un contre l'autre. Elle se précipita pour les réveiller. Elle les secoua jusqu'à les sortir du sommeil.

« Où est-il ? Où est le garçon qui était avec moi tout à l'heure ? »

La vieille femme, surprise, balbutia des mots incompréhensibles. Elle agrippa la jeune furie et la supplia de se calmer.

« Quel garçon ? De quoi parlez-vous, Mademoiselle ? 
— Mary-Ann ? Qu'est ce que... »

La jeune fille se retourna. Dan se tenait devant elle, deux tasses fumantes dans les mains. Mary-Ann se jeta à son cou et se mit à sangloter. Dan faillit perdre l'équilibre et renversa le thé bouillant sur la moquette du spatioport.

« Oh, Dan. Pardon. Je suis désolée. Je m'en veux tellement. J'ai cru que je t'avais perdu.
— Calme-toi. J'étais juste parti chercher du thé pendant que tu te réveillais. Ça va ?
— Oui. Ça va mieux maintenant.
— Dis, elle t'a bien secoué la plante de ce type. Tu as fait un cauchemar ? Moi c'était super, j'ai fait un rêve incroyable où toi et moi on voyageait ensemble jusqu'en Californie.
— Assieds-toi, je vais tout te raconter. »



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Axel & Anders

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MessageSujet: Re: Les Fleurs de Miror   Mar 3 Juin - 17:49

Quelle imagination je suis surpris de trouver une nouvelle comme celle-ci sur TA. Tu devrais écrire des romans, tu serais aussi célèbre que la reine d’Angleterre.

P.S : Tu as oublié une lettre à rancœur quelque part dans le texte (je ne retrouve plus la phrase).

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Aikoh kote

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MessageSujet: Re: Les Fleurs de Miror   Mar 3 Juin - 21:38

je voudrais bien manger une de ces petite fleurs pour savoir de quoi ma vie sera faite dans 10 ans. 
Ton histoire était formidable! j'ai accroché direct et suis resté scotché!  Blagueur

_________________
Si j'étais une enfant, je souhaiterais être une fée dans un monde magique ou tout est possible!
En tant qu'adulte, je souhaite redevenir enfant. ^_^

Et si tu découvres ce qui se cache sous mon masque, c'est que je t'aime bien.
 Blagueur
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Les Fleurs de Miror
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